‹ Dictionnaire des concilesChapitre 110 sur 263 · FAR · texte numérisé non relu

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point an concile, et sembloient se soucier peu de ce qui s’y feroit , n'ayant donne aucune excuse de lcurabsence. Pour comble de malheur on n'avoit point encore pu remplir tant de vides, ou parce que les diocèses etoient entièrement au pouvoir des dissidents , tels que celui de l’Oise, ou parce que les sujets, nommessuccessiveinent à ces sieges, avoient cru devoir refuser.

On raconte serieusementque Tardiveaux , l’un de ces derniers , ayant écrit an pape pour lui demander des bulles, n’avoit reçu de home aucune réponse.

Cependant , afin de donner quelque soulagement à la douleur qu’inspiroit aux Peres du concile le spectacle assez lugubre que presentoit l'etat où se trouvoit leureglise, on reporta leurs yeux sur les protestants, dont on leur fit esperer la réunion prochaine. Plusieurs evêques parlèrent dans ce sens. Le métropolitain de l’Est, evêque du Doubs, raconta que, se trouvant sur les frontières de la Suisse en 1800, il y eut un entretien avec un ministre reforme , qui lui apprit que dans une de leurs assemblées , il droit élê dit que le moment n éloit pas éloigné oit les deux communions se réuniraient ; que lui , Demandre , avoit répondu que la chose etoit facile ; et que si les protestants connoissoient les sentiments des Français sur la cour de Rome , ce seroil bientôt fuit : >■ mais qu'un, jour nous leur ten- » (Irions la main pour les embrasser.

Nous tromperions-nous P cette réponse nous paroît très-judicieuse et très- vraie. En effet, les constitutionnels admeltoicut déjà le principe fondamental de la reforme , puisqu’ils substituoient leur jugement particulier au jugement péremptoire de l’Eglise universelle ; ilseloientd accord sur la suprématie de la puissance civile en matière de religion ; puisqu'ils avoient juré le maintien de la constitution civile du clergé, qui n'étoit qu’une application

pratique de cette suprématie , et du dogme qui la soutient, et quant à ce ni regarde le respect et l’obeissance us au pontife assis sur la chaire de saintPierre, les protestants 11e le regardant plus depuis long-temps comme l'antechrist, le pas qui les eût placés sous les enseignes des constitutionnels, ne pouvoit se faire à cet égard avec beaucoup de peine.

Quelques confirmées amicales sur le reste eussent mis aisément le concert dans les deux communions, moyennant que des deux côtés l’on eut fait quelques sacrifices peu coûteux sur la croyance. 11 est étonnant que les partisans de la constitution civile du clergé n’eussent pas vu plus tôt la facilité d’opérer cette réunion, et qu’ils n'y eussent travaillé dès le moment de leur existence ; une jonction de cette nature eût fortifié merveilleusement leur parti , et l’eût rendu redoutable ; ils eussenteu à manier contre leurs adversaires d'autres armes que des invitations charitables et même que la terrible massue de la vérité. Mais les hommes les plus adroits ne sont pas toujours a l'abri des oublis les plus funestes à leurs intérêts.

Après ces réflexions consolantes sur la réuuion espéree des protestants avec les constitutionnels, on s’éleva, dans le concile, contre les prêtres qui attendoient oisivement lerésul ta t des événements , et contre ceux qui avoient renoncé à leurs fonctions. On demanda contre tous un décret ; mais cette proposition fut renvoyée, ainsi quelerapport du promoteur sur l’état des diocèses à la congrégation de la discipline ecclésiastique.

Dans un rapport sur les fêtes , que Grégoire fit , le 18 juillet , au nom de la congrégation de la discipline intérieure, cet évêque commence par dénigrer les dissidents de Paris, auxquels il donne le nom d’acéphales, c est-à-dire, sanschef. llleurreprocbe qu’on les avoit vos tour à tour

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lupprimer les fêtes par crainte', et ensuite les rétablir. Conduite qui ofTroit un grand con traste avec celle qu’avoicnt tenue dans le même temps les évêques catholiques. C’est ainsi qu’il appelle les cvêqucs de son parti; et il dit qu’à l’égard des fêtes , ceux-ci ne furent point ébranlés par lu crainte d'être jetés au-delà des mers , dans les marais meurlriers</e/u Guyane.

Il lance en passant un regard de dédain sur ta fêle du sacré cœur, dont il attribue l’invention rérente à un protestant; dont on a démontré , dit-il , l’inconvenance , et qu’il regarde comme un moyen de rappeler des contestations déplorables, il est vrai querelle institution pieuse et touchante déplut toujours ans jansénistes. Aussi Grégoire et ceux de sa congrégation opinent-ils qu’on doit la supprimer, et quanta l’office et quant à la solennité. Nous passons le reste du rapport , dans lequel on rencontre quelques bonnes observations ; et le projet de décret, qui demeurera dans les archives de P histoire , et qui n'offre d’ailleurs rien de bien curieux.

Le 20, Dégola toucha le cœur des Pcres par un acte modeste de générosité. Affligé de voir la triste pénurie dans laquelle étoient réduits « ces dignes disciples de la u vérité crucilice , » il fit parvenir au president une lettre anonyme, quicontenoitunc billet de 5oo francs dans la vue de leur procurer au moins un léger soulagement. C’étoit tout ce que lui permettoil l’etat actuel de sa fortune , qni avoit souffert des suites affreuses de la révo- Intion. Comme le concile témoignoit son regret de ne pas connoîlre le nom du prêtre généreux , auteur de cet acte de bienfaisance , Grégoire l’indiqua., et la lettre fut déposée dans les archives par ordonnance du concile.

Le 21 , l’évêque de l’Eure lut un projet de lettre srnodinue aux églises des pays réunis à la république française.

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Il prouve, par l’histoire , que le» révolutions civiles ont étendu et resserre les limites des églises nationales ; et par le concile de Calcédoine , que les églises des pays réunis à la France doivent (aire partie de l’eglise constitutionnelle.

Apres ce beau raisonnement, il exhorte le clergé de ces églises à venir siéger dans le concile. Nous « croyons... qu’ayant le droit de *• délibérer en commun avec nous, » les lois qui doivent émaner de » l’ Eghse de France , auroient, par » votre concours , par votre con- » sentement , par votre présence an «concile, un poids et une autorité >• plus imposante et plus obligatoire » pour vos diocèses. Nous sommes « convaincus que si vous refusiez de «vous y tronver , ce seroit, de >> votre part , renoncer au droit ho- *> Durable attaché à vos églises; ce ■» seroit négliger les rapports néces- “ saires qui vous unissent à votre «église nationale, et par consé- » q lient à P Eglise universelle. » Il prêche l’oubli des querelles et des divisions politiques. Il répond aux prétextes qu’on pourrait alléguer , que les constitutionnels ont altéré le dépôt sacré de la foi , tandis que , depuis dix ans , ils ont tout souffert pour elle; qu’ils se sont sépares de l’Eglise romaine , pendant qu’ils n’ont cessé d’honorer et de plaindre Pie VI , de manifester leurs sentiments envers Pie Vil , de reconnoître la primauté d’honneur et de juridiction , comme les églises des pays réunis. « Mais nous osons dé- « clarerà l’Europe chrétienne, que » nous n’avons par aucune faute >> provoqué ces jugements, ces brefs , » qui ne sont revêtus d’aucune mar- » que d’authenticité ; ces preten- » dus brefs qu’on a répandus avec « profusion dans toute la France ; » ces brefs équivoques , ou qu i ne sont « pas l’ouvrage dn saint Père , ou » qui ont été surpris à sa religion ; « ces brefs dangereux qui ont désolé

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* réglue de France , qui nous ont » profondément affligés , et qui ont ■ causé tant de scandale parmi les fi-

• deles. Ne craignez donc pas de » vous réunir à ceux qui sont restés » observateurs zélés des lois canani- » ques , etc. » Le a du mois d’août , on proclama solennellement cette lettre et le décret qui la suivoit , lesquels avoient ete adoptés definitivement la veille.

L’évêque de l'Aube posa, dans un rapport qu’il fit le 28, sur le schisme et l’excommunication , des principes avec lesquels les schismatiques peuvent aisément se defendredece nom odieux; et les heretiques déjouer l'anathème dont ils sont frappés. 11 suffit aux premiers c’e protester qu’ils ne veulent point se séparer; car on ne peut être schismatique malgré soi , et on peut mortel mourir dans la charité et la sainteté , hors dt la communion du pape même (1). Les seconds n’ont qu à dire que la censure lancée contr'eux, estou unecxcommunication lata sentenliœ, inconnue à la vénérable antiquité, contraire aux libertés de l'église gallicane, et qui n’a pas lieu en France , ou que du moins elle n'a pas etc prononcée au nom et du consentement de toute l’Eglise; puisque leurs nombreux adhérents, qui étoieut incontestablement du corps de l'Eglise avant

(1) Le premier principe de Blampoix est captieux. Le schisme est sans doute une séparation volontaire ; mais on tombe dans cc crime, quand on pose le mur de séparation, quoiqu’on assure qu’on ne

firetemle point se séparer. Ainsi les pcajpens et les manichéens ne laissèrent pas d’etre schismatiques, malgré leurs protestations d'union avec l’Eglise et leur obstination à s’y tenir caches. Blampoix allègue en preuve de son second principe l’exemple de saint Cyprien et Firmitien ; mais il £>Uoit prouver que ces illustres personnages avoient été frappés d’excommunication par le pape saint Etienne, fait que ne soutiennent que ceux qui ont intérêt de l’admettre , et que nient beaucoup de savants critiques.

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cette sentence , n’y ont ni prête’ leu r nom, ni donné leur consentement ; d’où il suit que cette excommunication n’est ni canonique, ni valide. Ainsi Photius eut raison de brüver l’anatlieme de Nicolas I , et Luther celui de Leon X avec sa bulle Exurge, Domine : car ils avoient l’un et 1 autre une foule de partisans, quand les foudres partirent contr’eux de la nue du siège apostolique. En exigeant que l’excommunication fût ; prononcée au nom et du consentement de toute t Eglise, Blampoix renouvela la XC* proposition de Quesnel, et il ressuscita le richerisme tout entier dans ce qui concerne le gouvernement de 1 Eglise , à la face de tout le concile ; sans aucune réclamation authentique de la part de cette assemblée qui se pretendoit assistée du Saint-Esprit (1).

11 y a plus, encouragé par l’exemple de son illustre collègue qui venoit de si bien dire , l’evêque de la Somme voulut signaler aussi son zèle en faveur du jansénisme. « Quant à ■> ce qui concerne l'excommunica- » tion, dit-il , il n’y a presque rien à »> ajouter à ce qu’a dit le R. évêque » de Troyes : sinon un célébré arti- » cle,quil faut que nous ayons le » courage de rétablir... Peut-être >• qu'en remontant dans l’antiquité, " on trouvera que l’excommuiiica- >• tion n’est point du tout dans l’es- « prit de f Eglise ; que c’est une plan- » te parasitequi s’yest introduite....

» Je prie en grâce la rom mission ?

» en faisant usage des armes que Ini » fou missent la philosophie e t la raison , » de penetrer à travers cette espèce » de tribunal qu'on a établi sur » nous, et qu’enfin on examine cet » article censuré : La crainte d'une » excommunication injuste ne doit pas » nous empêcher de faire notre devoir. »

11 est étonnant qu’un évêque ait

(1) Voyez le dict. des hères, nouvelle édition, imprimée chez Petit, t. a. p.

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pu affecter autant d'ignorance. Jésus-Christ institua lui-même cette censure, en parlant de celui quin’écouie pas l’Eglise. Saint Paul enfit usage contre l’incestueux de Corinthe. Les premiers novateurs en furent frappes, et l’Kglise ne cessa point de recourir à cette arme puissante, pour punirles schismes , les hérésies et beaucoup d’autres crimes scandaleux. Combien ne voit-on pas encore d’excommunications dans le droit, qui sont présentement en vigueur ?

Quant à la proposition que Desbois de Rochefort veut que l’on rétablisse, nous ne pouvons mieux faire que d’emprunter à cet egard les pa- . rôles d’un auteur judicieux. *• On » sait que c’est la XCIe des propo- » sitions condamnées par la bulle » Unigenitus. Les modernes partisans » de Quesnel eussent été ravis de » faire approuver par les conslitu- » tionncls assembles cette assertion » de leur patron, quiappeloit injuste » toute censure portée contre les » siens, et qui faisoit consister son a devoir à défendre ses erreurs. Ils » eussent voulu pouvoir opposer un a concile prétendu national al’auto- » rite du saint Siégé qui avoit don- » né la bulle , et de l'Kglise qui l’a- » voit acceptée. 11 y eut des débats à »■ ce sujet. L'évêque d'Iile-et-Vi- » laine, Lecoz, president du cona cile, trouvoit ta propositiou dana gereuse,et vouloit qu’on la sup- » primât. La plupart furent de son a avis , quoique Desbois se défendît a avec chaleur. Sa proposition étoit » d 'une e'iernellt vérité. IS’ous a i ons dé- » duré sous le sceau du serment, que ta » résistance à l’oppression est U plus sain! » devoir. Cette proposition est restée sur

» la charte des droits de l'homme fie

a sommes-nous plus les enfants de h » liberté? On ne s attendoit pas à voir » rappeler dans un concile la sainte a insurrection ; mais c’est un des réunis » qui parle ici , et qui parle dans un > concile constitutionnel. « Ainsi '%’évêquede la Somme fut moins heu-

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