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reux que celui de l’Aube. Il eut cependant ce dernier pour approbateur, et celui du Jura qui, tout en opinant qu’il falloit éviter ce qui pouvoit avoir l'air de les brouiller avec la cour de Rome , et par conséquent retrancher la proposition du procès-verbal , pretrndit qu’elle étoit d’une vérité éternelle et qu’elle n’avoit jamais été condamnée
Le ag , un m mbre du second ordre ayant dit que le conseil d'état s’ocrupoit à discuter le code civil, où se trouvoit un article sur le divorce, oppose aux règles du christianisme ; et qu’il convenoit que le concile sollicitât auprès du gourvemement, en faveur des catholiques , une disposition qui s’accordât avec leurs mtélêts temporels et les principes de leur religion, sa proposition fut renvoyée à une congrégation. Dans la séance de 8 août suivant, Cougoureux renouvela sa même motion.
Kllc fut encore appuyée surtout par l’evêquc de la Somme, qui profita de la circonstance pour faire une sortie vigoureuse contre le clergé dissident : « Ces hommes impudents, >■ dit-il , qui osent encore tromper » le peuple , se disent les martyrs de » cette religion, et ont, sous ce pré- » texte, la bassessede prétendre aux « plus excessives largesses des fidè- » les. » On chargea une commission de rédiger un mémoire relatif à l’affaire du divorce ; mais d’autres événements ayant tourné ailleurs les pensées des Pères , il ne fut plus question de réclamations à faire auprès du gouvernement sur cet objet.
Le 5 août, Grégoire lut la suite de son rapport sur la liturgie. C’est un long traite en cinq chapitres. L’auteur parle dans le premier . de la nature , de l’obiet et de l’utilité de la liturgie; dans le second, de la diversité des liturgies, et de la nécessité de les ramener à l’uniformité ; dans le troisième et le quatrième il donne ses vues d'amélioration ; et dans le
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cinquième chapitre , il présente un plan pour les livres liturgiques
« Content d'etaler le fruit de ses » lectures et de montrer son érudi- » tion et sa critique,dit encore l'au- » teur des Mémoires pour servir à I his- » taire ecclésiastique pendant le di.t-hui- » tieme siècle , dont nous venons » d'emprunter déjà lelangagc ( l’é- •• vêque de Loir-et-Cher ) , dis—
>> serta longuement sur plusieurs » usages attribués à différentes égli- » ses; et ramassant à ce sujet des » anecdotes vraies on fausses, il s’ap- » pesanlit sur des details frivoles ,
» s’égaya sur des pratiques singulie- » res, et ne montra qu'une envie » immodéréedecritiquer et de faire » rire- On fut scandalisé, mêmedans » le concile de son affectation à »> railler. »
Nous pourrions nous en tenir à ce jugement. Nous ajouterons cependant qu’on trouve quelques observations utiles dans le premier chapitre , où il définit la liturgie , <• le » culte public soumis à des règles » méthodiques. »ll en venge , quoique assez légèrement , l’utilité contre les sophistes , et la sainteté contre les novateurs. Mais dans son second chapitre, où se trouvent beaucoup de détails et d’anecdotes peu graves , il dit , en parlant des cas réservés , qu’il n est pas lt seul a désirer qu on applique cette peine aux crimes de conspiration contre la souv eraineté du peuple et l'existence de ta république. Dans le troisième chapitre, après avoir émis son mot contre tant de monstruosités royales , contre la publication de l’édit d’Henri II , qui se faisoit tous les ans au prône; contre les droits honorifiques, les évêques anciens qui avoient la langue liée comme Zacharie, et contre une foule d'associations pieuses établies dans les églises des religieux. 11 désire qu’on ne voie plus qu’un autel dans une église, et qu’on n’y célèbre plus qu'une messe par jour. Il s'unit à ceux qui reprochent au bréviaire romain (il eut
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pu en ajouter d’autres encore ), ces apostrophes adressées à la sainte Vierge ; Solvevinclareis, etc. Il dit que GregoireVHy tient la place d’autres saints qui devroient y être; tels que Gerson et Clément XIV. 11 veut u’on examine s’il ne convient pas 'établir l’usage de réciter à haute voix les paroles du canon : « la meil- » leure maniéré d’assister au sacri- ■> ficc n’est-elle pas de suivre le celé- » brant, d’unir sa voix à la sienne P»
Plus loin il place le catéchisme de ISaptes parmi les meilleurs ouvrages de ce genre. Partout enfin il fournit des preuves multipliées que l’auteur des Mémoires l’a jugé sans exagération et avec vérité. Cependant la discussion du projet de décret qui terminoit ce rapport fut renvoyée à huit jours apres l’impression et la distribution de ce projet , et cette discussion n’eut pas lien
Le même Henri Grégoire fit , le 7 août, une motion remarquable.
« Depuis plus d’un mois que nous » sommes réunis , dit-il , de grands •> travaux ont été proposés par une » partie des congrégations , mais » d y en a en peu d’adoptés. Cepen- » dant il ne faut pas laisser courir *> le temps , sans que te concile ne fasse
» des actes éclatants 11 y a un tra—
» vail surtout dont est chargée la » congrégation de discipline ecclé- » siastiqur , sur la nécessité et la » possibilité d’un condle oecuménique ; » un autre sur une espèce de confé- >• dération entre t église de France et les » élises étrangères. 11 faudroit s’oc— « cuper de ces deux objets le plus » promptement possible. » Il revint encore à ces objets , le io août.
Le jour suivant , de Torcy fit remarquer que toutes les opérations du concile avoient été jusque là indépendantes de ce qui s etoit fait dans les synodes et les conciles métropolitains qui avnient précédé le concile national. 11 croyoit cependant apercevoir dans le résultat de ces assemblées le vœn de l'église
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gallicane , et il peDsoit qu'on ne devoit pas s’en écarter , quand il étoit unanime ou même formé par la majeure partie. «« Je sais , « ajouta-t-il, qu’on doit vous sou- » mettre avant peu , un sacramentuire » français , tandis que dans tous les » synodes et conciles métropolitains, » il n’y en a pas un qui n’aitdeman-
» dé qu’il restâten latin Il y a des
» députés qui sont chargés par eux » de protester contre tout ce qui » seroit fait en langue vulgaire ; » d’autres pour ce <jui est relatif au » bréviaire , la pénitence publique , » etc. » L’orateur demanda la formation d’une commission j à laquelle on remettroit tous les actes des assemblées synodales et métropolitaines , pour en faire le dépouillement.
La discussion s’engagea.
L’évêque du Cher qui vit dans le concile national une autorité plus grande, et une assistance spéciale du Saint- Esprit, rejeta la motion. L’évêque de l’Eure s’unit à de Torcy.
Yernerey prétendit qu 'il ne falloitpas que la représentation allât contre le vau de ceux qui f acoient nommée. Plusieurs membres du second ordre opinèrent dans le même sens. Mais l’évêquede la Somme s’éleva fortement contre la motion et ceux qui l’avoient défendue. « Permettez-moi , dit-il, de » vous exprimer la douleur que j’é- >■ prouve en voyant avec quelle lé- » gèreté , et meme avec quelle per- » fidie on lance inopinément cer- *• taines questions au milieu de vous : » si jamais le concile pouvoit ac- » cueillir les intentions plus que cer- » taines qui ont fait naître la motion » dont on s’occupe, seroit-il imagi- “ naire le reproche que nos advcr- » saires font au clergé de pencher » vers le presbytérianisme ? N’eut- » elle pas excite tous les murmures » et l’improbation générale, cette » motion , si elle eût été proposée a » un concile canoniquement composé, je * veux dire, un concile composé d'évé-
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» ou», et non par une assemblée dont » les prêtres forment plus de la moi— » tie ? Examinez en effet, ce que son* » ces synodes dont ou veutaujour— » d’hui que les délibérations fassent *> la réglé de vos decrets. Ne sont-ils •> pas tous formés dans la presque » totalité par des prêtres P Dans ena- » cun d’eux vous ne voyez qu'un » évêque qui, sous le nouveau non] » de président , et surtout dans » l'état actuel de l'esprit des prêtres » ( constitutionnels ) ., n’est devenu " que leur instrument : en cumulant » ensemble toutes les présidences » d’evêques, reconnoissez-vous l ac- » tion du corps épiscopal , de ce » corps dont le jugement fait seul » loidans l’Eglise P Ainsi , en effeuil- » lant l’opinion de M. de Torcy,' » vous ne voyez oue le presbqrtéria - » nisme ; et l’avis des synodes n’est » que l’avis des prêtres.... On a dit » que les députés étoient les té- » moinsdeleurséglises: mais dans les » conciles connoîl-on d’autres té- » moins de la foi des églises que les
« évêques PJ’ai entendu parler
>> de protestations : si le Saint-Esprit » est au milieu de vous , comme les » promessesde Jcsus-Christnenous » permettent pas d’en douter, que » veulent dire de pareilles protesta- » tions ? pour mettre le comble à » notre douleur et à notre ctoune- » ment, il ne restoit plus qu’àparler » de mandats particuliers donnés <• parles synodes et par les conciles » métropolitains, à leur députés.
» Vous connaissez tous le jugement solen- >< ne! que l'assemblée constituante porta sur » la question des mandats particuliers^ Il eut bien fallu laisser là ce funeste jugement; mais c’est un évêque constitutionnel qui parle ail faut bien qu’il soit conséquent. ) « Mais » surtout que doivent être de pa- » reils mandats devant un concile?»
Suivant l’evêque de l’Aube, «dire *> que le concile national doit suivre » les conciles métropolitains, et » ceux-ci les synodes , c’est un pria*
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• cipe hérétique qu'il ne convient pas » d'émettre dans cette assemblée . »
L’évêque de l’Eure, effrayé peutêtre de cette hérésie, adoucit sa première proposition.
Malgré ces fortes réclamations, le concile voulut bien encore ouvrir un large liane aux. coups des dissidents, et prouver qu’il étoit une assemblée où les prêtres formoient les décrets et les décisions au préjudice de l'autorité des évêques. 11 arrêta « que chaque congrégation » désignera dans son sein un mein- » bre pour former la commission » demandée par le V . de Torcy. »
Le concile s’étoit beaucoup occupé d’une instruction à rédiger sur la soumissiondueà lapuissance temporelle. L'évêque de l'Isère avoitlu deux projets dans les séances du a3 etduaj) juillet. L’évêquede la Nièvre enavoitprésenteunautre,le 7 août, dont la lecture avoit beaucoup plû ; et on l’avoit proclame dans la séance solennelle du g. Cependant on revint encore à la discussion sur ce mérneobjet , le jour suivant. Comme cette piece ne se trouve pas dans les actes du concile , nous n’en parlerons pas ici , non plus que des discussions <^ui eurent lieu toutes les fois qu’il s agit de cet important objet.
On rejeta, le 11, un rapport de Lagirardière, qui avoit pour objet la réformation des mœurs du clergé.
Cette pièce jugée incomplète et défectueuse , ne se trouve pas dans les actes du concile. Mais on y lit un aveu non exagéré , échappe de la bouche de l’évêque de la Somme, sur le compte du clergé de sou parti , pendant la discussion du rapport dont il s’agit. « Il faut avouer, dit ce Père, » qu’après l’établissement du pro- >> teslaritisme , à la suite des guerres » civiles , les mœurs des ecclésias- » tiqu es ont été fort relâchées : nous » sommes à peu pris dans la même cir- » constance: il est à propos de faire » ce qu’ont fait ( les conciles pro- » vinciaux tenus depuis le concile
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» de Trente ) pour arracher le clergé » au désordre qui l’entraine. »
On autre objet occupaaussi le concile dansla même séance. Grégoire nous en instruira. « Les V Y. Degola » et Bergancini ( ont rédigé ) une » lettre de communion de plusieurs église t » d’Italie arec le clergé et le peuple fran- » fais, laquelle a été imprimée et » envoyée en Italie pour recueillir les si—
» gnatures : quand une fois toutes ces » signatures seront recueillies, Usera » utile d’en faire un dépôt aux ar- » chives. Un respectable laïque en » a fait la traduction; si le concile » le juge à propos, on lui en fera » lecture » Les Pères consentirent volontiers à cette communication, et Moyse lut.
A entendre ces églises d'Italie, qui parlent sans douter , par l’inspiration de l'évêque de Loir-et-Cher, et par l'organe de deux de leurs transfuges , elles ont gardé jusqu'ici le silence, parcequ’àla vuedesmaux terribles qui pesoient sur le clergé constitutionnel, il leur paroissoit plus convenable de verser des larmes, que de se répandre en de vains discours ; mais elles adressoient en même temps au ciel des vœux fervents, pour qu'il ne permît point que les preuves éclatantes de constance, données déjà par ce clergé dans une foule de dangers effrayants, fussent jamais souillées par quelque acte honteux de lâcheté.
Elles avouent que , dès les premiers instants qui virent naître la république, elles n’aperçurent ni schisme, ni hérésie dans la soumission exigée par la loi; et que celle-ci même ne blessoit en rien les nœuds de l’unité , ni l'intégrité de la foi.
Elles déplorent que les vœux formes depuis long-temps pour l’extinction des erreurs et la répression des abus, aient trouvé dans la cour de Rome une résistance toujours invincible. Elles assurent que nos ancêtres, dont les cœurs furent quelquefois enflammés de l'amour
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de la vérité , combattirent de temps en temps avec force contre cette cour; mais que nos rois ne surent que trop, pour le malheur de l’Eglise, associer alors son esclavage avec ses droits. Pendant que les choses étoient dans ce triste état, et que les dispositions des supérieurs ecclésiastiques au milieu desquels régnoient l’envie et la discorde , ne permettoient pas d’espérer qu’un concile général viendroit remédier à de si grandes calamités, nn événement soudain et presque céleste en présenta tout-à-coup le remède. Eut-on pu le rejeter P Cependant quand la constitution civile du clergé parut , il s’éleva de toute part un cri : la foi est perdue ; le ministère saint et l’honneur du sacerdoce sont détruits; on provoque lespeuplesàl’impiété. Beaucoup d’hommes sensés admirent ces inculpations absurdes, ou par la crainte qu’ils avoient des curialistes ( des amis de la cour de Rome), ou par haine pour les Français, on peut-être encore par ignorance. Maisleséglises qui parlent, regardèrent comme très-légitime tout ce que l’assemblée nationale faisoit , ayant son roi à sa tête. C’étoit la représentation de tout le peuple , qui administroit les droits suprêmes; l’histoire offre six cents exemples où l’Eglise usa de patience et de soumission à l’égard de lois qui, sans blesser les dogmes, afloiblissoient légèrement la liberté chrétienne.
Une chose néanmoins faisoit naître quelque dissidence dans lesopinions, et des scrupules dans certaines consciences : c’étoit l’article qui abolissoit des sièges épiscopaux , qui enérigeoit de nouveaux, et qui fixoit les limites de tous. Les uns ne virent rien qui ne fût temporel dans ces dispositions; et ils en attribuèrent aisément la compétence à l’assemblée qui avoit porté le décret : d’autres crurent y apercevoir du spirituel , parce que la juridiction e'pi-
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scopale est de ce ressort ; et ils cn*sent voulu l’intervention des deux puissances, ou du moins, que les évêques guérissent cette plaie faite à leur puissance, en consentant euxmêmes positivement à la loi; au surplus, si quelque grave inconvénient etoit à craindre , ii falloit mettre en sûreté la foi, et conserver l’unité.
Tous néanmoins se reunissoient à donner des eloges à la loi. On se réjouissoit d’y voir les anciennes élections rétablies, les deux ordres rapprochés par le renversement de la domination épiscopale , l’antique discipline ramenée dans toute sa pureté. On ne s’étonne point que les esclaves de la cour romaine eussent crié au crime, ni que les évêques même eussent craint que leursdroits ne fussent sacrifies , ainsi que ceux du souverain pontife : ces prélats, aux yeux des églises qui dogmatisent si admirablement, furent entraînés, ou par envie , ou par avarice. Mais plusle serinent, qui fut bientôt prescrit, causa de clameurs et de troubles, plus il dut être rigoureusement exigé, et plus il devint indispensable de le prêter. La belle occasion pour le chef ministeriel de l’Eglise, de terminer les discordes et ramener le concert dans les cœurs! Mais lacour romaine, qui ne sait point fléchir, se refusa à cette bonne œuvre. D’abord elle garda le silence, comme pour délibérer : car il n’étoit plus, le temps où elle pouvoit à volonté frapper d’anathème les églises et les empires. ÎKous gémissons qu’un tel silence mît la religion dans le danger d’être entièrement perdue, si tous les évêques montroient en France la même résistance et la même opiniâtreté. Il falloit ou obéir, ou émigrer. Déjà depuis long temps quelques-uns avoient abandonné leurs troupeaux par la fuite; ceux qui restoient , formoient une résistance vaine et dangereuse : la puissance civile les traitoit comine des ennemis jurés du salut public. En vain qua-
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tre d’entr'eux leur donnèrent un grand exemple. Ceux-ci jurèrent :
et nous crûmes que le ciel les avoit conserves , pour le soutien de la religion, et pour placer à la tête des diocèses le nombre des évoques admis par la loi civile. Les ennemis de la liberté sou rioient à ces débats: ils esperoient y trouver une arme puissante pour renverser l’ordre établi.
Sur ces entrefaites arrivèrent des décrets de la cour de ï\ome, remplis de réprimandes et de menaces.
Mais la republique devenoit plus redoutable chaque jour; sa valeur et sa puissance croissoient au milieu des dangers.
Les églises d'Italie examinent ensuite les plaintes des évêques insermentés; bien entendu qu'elles les présentent en peu de mots , et comme le jugent à propos leur inspirateur et leurs organes Après quoi elles les réfutent avec aisance , facili negotio Nous n'entrerons pas ici dans leurs raisonnements, ni (fans la discussion des faits qu’elles puisent dans l'histoire. Saint Athanase, saint Chrysostôme et un pape chassé et remplacé injustement, lenr fournissent des armes avec lesquelles elles chantent victoire. Les efforts de l'impiété contre la religion ne les effrayèrent pas non plus; ellesfurent seulement touchées de compassion à la vue delà persécution atroce qui frappoit plus encore sur les nouveaux pasteurs que sur les ouailles.
Mais Robespierre tomba; on cessa les massacres; la paix se remontra ; les temples se rouvrirent , et le clergé de France offrit au monde le spectacle admirable d'un concile assemblé pour le bien de la religion. Jusqu'à quand donc les évêques anciens querelleront-ils les nouveaux évêques ? Quant aux églises italiennes , elles se réjouissent de présenter à leurs frères une preuve de charité qui passera aux siècles à venir comme un monument illustre en faveur de la vérité défendue.
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Cette lettre est datée de Gênes , a3 octobre 1798 ; et ce n’est pas sans quelque mystère. Il falioit donc u’on eût rencontré de grandes dif— cullés à recueillir les signatures , puisque près de trois ans apres l'émission de cette piece , c’est-à-dire le 11 août 1801 , époque où l’on en parla dans le concile, cette opération qu’on ne soupçonnera pas d’avoir été conduite avec lenteur et négligence , n’éloît pas , à beaucoup près, terminée, et puisqu'un des réunit, qui devoit être fort instruit des secrets . proposa de prier De'gola de travailler à faire parvenir de nombreuses signatures qu'on espéroit encore de ia part du clergé d’Italie.
Un père demanda aussi s’il ne seroit point à propos de renvoyer cette lettre à une congrégation, afin de lui donner un plus qrund caractère.
Un autre observa qu’on disoit que l'original latin etoit admirable, et qu’en conséquence il ne falioit pas y toucher. Un troisième déclara que , malgré les éloges qu'on en faisoit , il désiroit qu’on en retranchât certaines ex pressions qui lui paroissoient injurieuses à la cour de Rome. Ajoutons l’exposé de Grégoire que nous avoirs rapporté plus haut. Kût-on parle ainsi d'une lettre si avantageuse , si elle eût été composée à Gênes et envoyée dans toutes les parties de l'Italie depuis plus de deux ans? D’ailleurs, si, à l’epoque dont nous parlons, les signatures apposées à cette pièce se fussent trouvées déjà un peu importantes par le nombre , pourquoi le concile n’adressa-t-il nommément des remercîments qu’aux seuls W. Dégola , Bcrganciui et Carrela, tandis que le premier de ces vénérables l'assuroit , qu'à part certaines personnes, quipourroient être compromises et dont il counoissoit les noms, on pouvoit desiguer les autres sans aucun danger ? Tout ceci rappelle cette mascarade fameuse qu'on introduisit au commencement de la révolution dans l’assein- >9
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Lice qui donnait des lois à la France, avec tout l'appareil dû aux ambassadeurs de cent têtes couronnées :
mascarade qui coûta cher à la France. Mais qu'importe que ce témoignage de communion donné par quelques individus, et non par les églises d’Italie , à nos constitutionnels, ait été fabriqué à Paris, et pendant la session infime du concile, ouqu’il ait pris naissances Gênes , le 23 octobre 1798 ? L'évêque reuni que nous venons de citer, voyant que cet acte recevoit l’approbation generale de l'assemblee, ne voulut pas qu’elle ignorât que l’on devoit « cet ouvrage au zele infatigable de » l'évêque de J51ois( Loir- et-Cher), » qui depuis long-temps n’a cesse » d’entretenir des correspondances » dans toutes les parties de l'Europe » avec les églises. » Quoi qu'il en soit , ce monument de défection et de schisme est rapporté en latin assez beau dans les actes du concile , et on y raconte ensuite, dans la même langue , qu’il fut souscr't par un grand nombre (quant j>!ures)(\e menlires du cierge d’Italie , dont les signatures sont à Paris , sans doute dans les orchit es de l'histoire , à cote des archives du clergé constitutionnel, dont le concile de 1801 confia le dépôt à Henri Grégoire.
L’avis de Leymoneric,quidemandoit des retranchements dans cette lettre schismatique qui nous occupe, occasiona des saillies admirables de la part de quelques Pères Héverends.
Heberthier , évêque de l’Aveyron et promoteur du concile , s’exprima ainsi : « Je crois que, dans tous les » temps , les âmes timides ont perdu » la chose publique : il faut avoir le « courage de se prononcer pour la » vérité; et pour la faire connoître, » il faut nécessairement attaquer la » cour de Rome. » Suivant l'évêque du Jura, « il seroit honteux de hiai- « ser et de mollir sur cet article des » prétentions d'une cour ambitieuse et a trgueideuse, etc.» Au reste , on de-
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manda une réponse digne des églises d’Italie : le concile la décréta , et en : chargea la congrégation des libertés
- de l’eglise gallicane.
Nous ne croyons pas devoir ajou— • ter ici des observations sur la lettre i des prétendues églises d’Italie. On
- n’y trouve rien de tout ce qu'il faut droit démontrer pour en faire un , juste appui au parti constitutionnel.
1 On est loin d’y établir, par exemple, r qu'il appartienne à la puissance ci- I i île de donner aux evfiques la juri- 1 diction spirituelle, de la soustraire ï aux uns , d’en elendre, et d’en rest serrer les bornes à d’autres, et de
■ fixera tous lesreglcsd'après lesquel- , les ils doivent l’exercer. O11 n’y ! prouve pas, non plus, que cette nifi- 1 me puissancepuisserestreindreaussi
■ la juridiction du chef de l'Eglise, ou la luiôterenliereinent. C'est de mêmcsanseii alléguer aucun fondement qu’on énoncé que les évêques pouvoient , par leur consentement , remédier au vice radical qu’entraînoienl les changements opères dans les sièges épiscopaux , par la réduction et l’erection des diocèses. Et pouvoient-elles , ces églises prétendues, avec quelque connoissance de l’histoire , assimiler les élections établies par la constitution civile du clergé , aux élections pratiquées anciennement dans l’Eglise , etc., etc. ? Mais qu’on nous montre donc les signatures originales de cette fameuse lettre. Si l'on craint pour les signataires, pourquoi faire mention dans les actes du concile d’une pièce signee du seul Dégola? d’une pièce qui n’a aucun caractère d’authenticité , et qui a toute la physionomie de l'imposture et. du mensonge ? Quel est doncl’bommesenséquin'y reconnoîtra pas le dessein évident de tromper, et d'opposer à la vérité connue des armes de toute espèce ? Mais c’en seroit trop pour un objet de si peu d'importance , si l'on n’y voyoit des marques saillantes de la mauvaise foi des constitutionnels.