TA R
Éise , on un contrat monstmeux par quel il traite d'elle , pour elle et sans elle. On Hit que le nouveau concordat accorde au pontife romain des droits que les canons lui refusent ,1e droit d’instituer les evêques. Pourquoi faut-il que Rome n’accorde presque jamais des secours charitables aux grandes églises, sans stipuler la violation de quelques uns des saints décrets; et leur fait-elle presque toujours acheter la justice par des complaisances pour ses prétentions que toute l’antiquité désavoue?
Viennent encore les brefs sans authenticité qu elle ne désavoua jamais nominativement. Mais « quand on est au « fond d’un puits, il faut saisir la chaîne » qu’on descend pour nous en tirer :
» il n'est plus question si elle pourra » nous blesser; il est question de savoir » si l'un veut périr. Se précaution- » ner,s’il est possible, contre le danger, « c’est sagesse; rejeter le mo> en, ce » serait folie. » D’ailleurs, apres avoir » reçu du pape ces institutions inutiles, qu'on peut regarder comme des lettres de communion toujours Ires-préeieuses, les evêques de France pourront encore s'adresser au métropolitain ou à son premier suflragant .pour obtenir la confirmation canonique , etc.
L’évêque du Jura perd un peu de sa modération , quand il en vient aux précautions à prendre. Kroutons-ledans ses propres expressions.
« A plus forte raison il faut se » mettre en garde contre les dangers » d’un concordat , particulièrement » contre celui de voir la volonté du « pape substituée à la lettre et àl’es- » prit des saints canons. Il faut se «mettre en garde, et contre les » clauses même d’un concordat, et » contre X intention perfide avec la- « quelle la cour romaine, cettecour « qui ne recule jamais, pourrait en- » treprendre de les faire agréer. Il « est dangereux de lui permettre « d’opérer dans des circonstances » particulières , ce qu’elle ne man- • queroit pas de s'attribuer le droit
PAR agg
» de faire toujours : il ne l’est pas «moins de lui laisser omettre les » actes qu’elledoit à l’équité, etdont » elle présenterait bientôt l'omission « comme un titre pour se dispenser » à jamais de rendre justice, (in doit » se défier de ses paroles astucieuses » et de son silence affecté , des restric- « lions , et surtout des équivoques I « dont elle sait user avec tant a’a- ■> vantage pour déguiser ses préten- » tions. quand elle est foible,et pour » les faire valoir hautement, quand » elle a acquis celte force absolue ou « relative que l’intrigue et les mal- » heurs publics ne lui donnent que » trop souvent.
« l)e tous les concordats connus, » celui dont on parle maintenant eu » France, est leseulquipuisse n’êtne » pas re)eté par des evêques petie- « très de lasainteté de leurs devoirs, » pourvu toutefois qu'il ne détruisepas » les droits des fidèles ( leurs droits de » nommer aux évêchés et auxcurcs, « etc ) et qu’il n’exige( drs pre- » lats ) rien de contraire à la vérité, » à la tustice, 01 même à l'honneur « de l’episcopat. Il <J4 le seul qui ne » soit pas entache du vice honteux « de la simonie; le seul que des cir- » constances impérieuses puissent >* forcer de souffrir , du moins si I on a » pris toutes les précautions que nous rr- » nous d'indiquer. « Il faudra donc rester au fond du puits, si ces précautions salutaires ont ete oubliées. En eflet, un grand nombre de ces messieurs s’y sont tenus; plusieurs ysont morts, et quelques-uns y vivent encore.
Après ce préambule plein d’erreur, d’héresies et d’injures contre la cour de Home , l’evêque du Jura examine la première question sur les démissions.
Ici , après avoir déclamé de nouveau contre la cour de Rome et contre les evêques de France du dixhuitième siècle , l'auteur du mémoire, supposant que le nouvel ordre dcchosesne dépendra pas, cru qu’il ne détiendra que foibiement de
3oo PAR.
l’acceptation fies constitutionnels, et qu'ils n'auront pas la faculté de paître 1 uniquclroupeau quileuretoit confié en vertu de leur titre, décide que la démission de ses collègues est, dans toutes les hypothèses possibles, un acte dontils ne peuvent se dispenser, sans trahir la plus juste des causes, sans se déshonorer et flétrir leur épiscopat. Suivant lui, le titre qu’ils ont comme constitutionnels, est plus honorable que celui qu’on pourra leur donner: il ne faut donc pas avoir l’air de le méconnoître , de le regarder d’un œil d’indiflerence , in, à plus forte raison, laisser à penserqu’il etoit nul. En conséquence, il est necessaire de se demeure, quand même le pape s’y opposeroit; surtout de peurque lacourde Home ne prenne de la occasion de blasphémer ce litre, et de dire qi? au commencement du tiix-neuvieme siecle , les écéques de J'rance ont reconnu qu’ils ne sont que les ficaires d un autre e'véque, de qui seul ils tiennent leur délégation.
(Cependant il y auroit un cas où la démission devieudroit inutile :
ce seroit celui où le premier q/ontife et le gouvernement français, voulantoperer un changement general, operation que les circonstances, îiiouïes jusque-là , peuvent commander, supprimeroient tous les sièges, pour creer à l'instant le petit uombre de ceux qui doivent exister sur le sol de la France ; car on ne sc demet pas de ce qui n'existe plus.
Sur la deuxième question , la démission « doit présenter un carac- » tere de spontaueité dans son prin- » cipe, de dignité dans ses motifs, de » justice et de r.ele dans ses condi- » tions , d’uniformité daii9 ses clau- » ses, et de simultanéité dans son •» execution. » A ce prix elle sera » un monument d’honneur pour l’é- » piscopat français Am dix-neuvieme » siecle, et la source d’une gloire ■» immortelle pour l’eglise gallicane, « c’est-à-dire constitutionnelle.
PAR
» Cet acte généreux, nous l'avons » offert dans plusieurs circonstan- » ces; etnousn’yavonsmis d’autres >• conditions que celles qu’exigent » impérieusement la justice , la vé-
*> rité et la charité Mais s’il étoit
•> ordonné , il perdroit tout son mé-
« rite 11 seroit honteux pour
•> nous, déshonorant pour no»
» églises: il ne pourroitnousêtre en- « joiut que dans des vues perfides ,
» et pour nous empêcher de |e réali- » ser. Un tel ordre, emanàt-il du pape « ou de tout autre individu, devroit » être dénoncé a l'Eglise assemblée « en concile général, seule cnmpé- » tente pour le donner , et au lieu » de courber indignement la tête 11 sous ce scandaleux empiètement » d’un orgueilleux despotisme, il » faudroit le condamner solennelle-
» ment Un tel ordre, à suppo-
» ser qu'il ne renfermât pas une » monstrueuse vexation , laisserait » soupçonnerait moins quelque doute sur la
» légitimité de l'épiscopal français Et
» sans nous mettre en peine de ven- ■> ger l’outrage fait à la vérité, nous >> acquiescerions , par une servile, » par une folle obéissance, à un pa- » reil ordre ! Non, ce seroit un » crime. Si donc le pontifede Home » declaroit nos sièges vacants , nous » lui dirions qu’il n'en a pas le droit.» En effet , comment le pape pourroit-il déclarer vacants des sièges créés uniquement par une assemblée révolutionnaire et sans autorité spirituelle ; des sieges dressés au fond des rivières, sur des montagnes, audessus de rochers escarpés, ou au milieu des neiges éternelles desAlpes; des sieges enfin que l’Eglise ne reconnut jamais, et dont la juridiction, si juridiction y etoit, ne s’etendoit pas sur des sujets dont les noms doivent trouver place ici?
« Et forces d’opter entre la
« doctrine chrétienne et les attentats dune » cour corrompue, (i), nous saurious
(i) Mu J se étoit familiarisé avec ta
PAR
• refuser hautement, et remplir nos ■ devoirs. Si dans sa bulle il insi- » nuoit le moindre doute sur la légi- » limite de notre épiscopat ( ce qui » n’étoit pas fort necessaire ) , cette » bulle seroit declaree criminelle... ; « s'il se taisait sur ce point imperia tant , sa bulle seroit renvoyée » comme insuffisante . » Que falloit-il donc que le pape fît? Moyse nous l’apprendra bientôt. « Dans tous » les cas , elle ne sera acceptée que » par voie de jugement , et ne pour-
» ra être publiée que d après
■> l'adhesion constatée des évêques »
» (constitutionnels).... « Si le pape , » après avoir reconnu , SANS » EQUIVOQUE , la canonicilé de » notre épiscopat , et de toutes les fonc- » lions (tue nous avons exercées (ce qu'il » nepouvoitque dans le seus ci-des- »sus), nous ÎNVITOIT, au nom » de la paix, à nous retirer.... , nous » nous rendrions avec transport aux » cha ritables avis de not re fre re aîné . » il en dit autant dans le cas d'une invitation officielle et honorable faite par le gouvernement, pourvu qu'on poit assuré que les nominations vont être annoncées, et que les nouvelles institutions sont prêtes.
Quant aux motifs qui doivent présider aux démissions , elles seront données par le désir de resserrer les liens de l’unité et de la charité ; de pacifier des troubles prétendus religieux, d’assurer latran-
Suillité intérieure des divers membres e l'état; de n’avoir plus pour les catholiques qu'un troupeau et qu’un pasteur , comme il n’y a dans ta république qu'une première magistrature et qu’une société civile.
Mais ces démissions ne doivent être données, que pour valoir au moment où les sièges seront remplis , et que « sous l'agrcmcnt des » églises qui nous ont choisis , et à
langage plein d’aigreur : depuis longtemps il ne parloit de la cour de Borne que ub irato .
PAR 3oi
» qui nous appartenons : c est que » nous ne sommes pas les maîtres » absolus de disposer à volonté des » droits des fideles, qu’on semble avoir » scandaleusement oubliés depuis longr temps. >< Ces droits naturels, imprescriptibles et inaliénables, que iesconstitutionnelsontconstammen»
défendus, et que même ils eussent créés , s’ils n’avoient pas existe déjà, le concile de 1797 nous apprend qu'ilsronsistentàcïioisirles pasteurs.
Moyse indique la maniéré dontil faudra s'y prendre pour obtenir à coup sûr 1 agrément de leurs diocésains.
Une lettre pastorale, dans laquelle on exposera , avec une éloquence touchante, le sublime devoiîmrnt dont leurs premiers pasteurs sont animes, les sacrifices genereux qu’ils veulent bien faire, et les supplications pathétiques qu'ils adressent à leurs cheres ouailles, pour les engager à recevoir docilement le nouveau pasteur et à lui transférer rattachement qu’il avoit pour l’evêq ue qu i ne s’en séparé qu’exte rieu renient non pas de cœur; cette lettre pastorale ( non indispensable ) fera toute l’affaire.
Cependant l’uniformité est necessaire dans les clauses. * Une for- » mule convenue par tous les évê- »ques, ctdeposee aux archives, pour » en faire usage en temps opportun , » contiendra la déclaration simple , » mais énergique , des sentiments » invariables de tous les prélats francs çais , ou l'expression de leurdernicr » testament. » II faut se ressouvenir toujours que par l'épiscopat français et autres expressions semblables concernant le clergé de France, on entend exclusivement dans la nouvelle eglise , l’episcopat ou le clergé constitutionnel. En effet , le clergé insermenté etoit déchu , suivant les décrets, ensuite du simple refus du serment condamné; et suivant le concile de 1797, parsuited’emigrationou d’une déportation indéfinie.
Ce clergé ne présentait donc, dans le
3o» PAR
PAR
cens des constitutionnels , que des ëvêquessans sièges, rpiscopos vacantes, et que des pasteurs sans bergeries , lesquels , par conséquent , ne pouvoient être comptés pour rien dans le clergé de l' Kg lise gallicane.
II estvraique, quand Jésus-Christ dit à ses envoyés , que lorsqu'ils seroient persécutes dans une ville, ils eussent à s'enfuir dans uneautre, i1 n'ajouta pas qu’ils perdroient ,par cette démarché , l’autorité sur les fideles quidemeuroient sur les lieux d’où ses envoyés se retireroient. 11 est vrai que saint Athanase persécuté par les empereurs ariens et relègue à Trêves, ne laissa pas d’être reconnu par tous les évêques orthodoxes comme évêque d’Alexandrie pendant sa fuite ou son exil. Il est vrai que saint Chrysostôme regarda toute sa vie comme un intrus, le prétendu successeur qu’on lui avoit donné, pendant qu’il étoit traîné d'exil eu exil par l’ordre de l’empereur de Constantinople. 11 est vrai encore que tout récemment l’évêque de Gaud , dont l’arrêt qui le eondamnoit à l’exil avoit été affiché sur un échafaud entre deux malfaiteurs, dans le royaume des Pays-Bas, par ordre de l'autorité publique, n’a pas laissé de gouverner, jusqu a sa mort , son diocèse , par ses vicairesgénéraux et par lui-même , depuis le séjour qu'il avoit choisi pour sa retraite. Enfin, il est vrai que jamais on ne regarda, dans l'Eglise, comme irrégulier , demis ou déchu , aucun pasteur proscrit, detenu, prisonnier ou exile pour la foi ou de l’unité catholique, de quelle part que fussent émanés les ordres persécuteurs et tyranniques. Mais les constitutionnels ont le courage de croire le contraire ; non pas néanmoins sans quelque contradiction de leur part. Car, quoique démis auprès de la puissance civile et interdits par leur frire o/né, onenavu qui remplissoicnt encore de temps en temps des fonctions épiscopales, sans l’agrément
d’aucune de ces deux autorités suprêmes. Mais la contradiction est permises aux novateurs , et elle fait très-bien, quand elle est nianiee avec beaucoup d’art et de reserve : laissons donc paisiblement entre les mains de nos constitutionnels cette arme si precieuse et si efficace. Cependant écoutons encore le docteur qui donne de si belles leçons au concile.
La simultanéité est le dernier caractère qui doit signaler les démissions. Oui, « il faut que le même *• jour éclairé ce noble dèvoûment » de tout l’episcopat français, et force » ses détracteurs eux-mêmesà vené- » rer ses vertus sublimes, ou du moins » à rougir de l'avoir calomnié. »
Abordant la dernière question, Moyse ne permet pas à ses collègues de remettre leurs démissions entre les mains du pape, parce qu'il ne les a pas institues , et qu’iV n'en a jamais eu le droit. U ne veut pas non plus qu'ils les transmettent au gouvernement : « unepuissance temporelle et » toute séculière, qui n’a pourobjet » que de procurer aux citoyens le » bonheur de ce monde, n a paria » même aucune relation acre des offices tout » spirituels.» Pou rquoi donc disiez-vous dans votre long préambule , et sans aucune restriction, que l’Eglise doit être gouvernée aussi par des lois émanées de la puissanee protectrice ? Ne vous apercevez-vous pas qu'en changeant ainsi de principes, et que , refusant à la puissance temporelle toute relation avec des offices tout spicilueis, vous renversez d’un seul coup la base fondamentale sur laquelle repose la légitimité de votre épiscopat et de votre ministère? Car, si la puissance temporelle, «qui n'a pour objet que a de procurer aux citoyens le bon- » heur de ce monde , il a par là mê- » nie aucune relation avec des offi- » ces tout spirituels,» la conshiuiion civile du clergé, établie par cette seule puissance , tombe , et elle entraîna nécessairement dans sa chute , vos
PAR
sièges , vos élections, vos titres , tons vos droits: vousne fûtes donc jamais que des évêques sans évêché , episcopi vacantes . N’est-ce pas, en effet, cette puissance toute séculière qui décréta la constitution civile du clergé , en conséquence de laquelle vous fûtes élus, sacres, institues, elevés sur les sièges créés par elle P Si donc cette même puissance n 'avoit aucune relation avec desoffices tout spirituels, il faut que vous avouiez, ou que vos élections , vos confirmations, vos sièges, par conséquent tous vos titres , n'etoient que des objets temporels , relatifs seuleinentau bonheur du monde ; ou que , si ces choses etoient spirituelles et liées avec des offices de cette nature , elles n’etoient point de la compétence d’une puissance qui na aucune relation avec des offices tout spirituels. D'où il suit tres-nécessairementquevos titres nefurentquedes mots vides de sens dans le discours, et que des chimères trompeuses dans la réalité.
En vain vous alléguez que vous avez été choisis par le peuple, institues suivant les anciens canons.
"Vous nous forcez par là même à vous dire que vous cherchez à en imposer sur ces deux questions, et que vous y faites percer votre mauvaise foi. Eh ! qu entendez-vous ici par le peuple ? Est-ce la population entière des departements respectifs dans lesquels vous fûtes individuellement élus , ou seulement la collection des catholiques habitant les mêmes arrondissements , population ou collection représentée par deselecteurs ? Si vous entendez le mot peuple dans le premier sens , quel droit vous donnerait uneelection à laquelle pouvoient contribuer exclusivement des hommes de tout autre religion que la religion catholique ?
car la loi admettoit au nombre des électeurs dts citoyens actifs sans egard à la religion qu’ils professoient (i).
(l) Nous n’ignorons pas que les
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Si vous prenez le mot peuple dans le second sens , vous forcez évidemment cette même loi ; vous la changez , ou plutôt , vous y en substituez une autre de votre création , nulle par conséquent.
Mais quand vous auriez été élus par le peuple considère dans le meilleur sens possible , qui avoit donné à celui-ci un pouvoir si grand et si exclusif? Les canons antiques.
Outre qu’ils etoient tombes en désuétude depuis bien des siècles, et qu’ils ne pouvoient plus avoir par eux-mêmes force de loi , jamais canon ne prescrivit un pareil mode d’election : le cierge y fut toujours appelé, et le jugement, ou le choix definitif, appartint constamment aux évêques, suivant les réglés de l’ancienne discipline. Le mode donc de vos élections , ce mode nouveau et très-etrange, ne dut son existence qu'à la puissance toute séculière qui nu aucune relation avec des offices
laïques votèrent autrefois dans les élections des évêques, mais la part qu'ils exerçoient dans ces actes étoit de peu de conséquence; elle se réduisoit à peu près à proposer le sujet qui leur etuit agréable; encore étoit-ce par une concession de l’Eglise, dont saint Pierre avoit donné l'exemple , lors de l’élection du successeur de JnJas. Election que saint Cbrysostôme assure que le prince des apôtres eût pu faire lui-même. Les nominations des princes temporels donnent aux sujets nommés quelques droits; mais ces nominations et ces droits n'ont lieu qu'en vertu de lois ecclesiastiques ou de concordats par lesquels le chef de l'Eglise a pris des arrangements avec la puissance séculière. Il est vrai tju'independamment de tout accord particulier, ou de toute loi, cette deruiéia puissance pnurroit requérir l’Eglise de placer sur les sièges de ses états , des peisonnes dont la fidélité ne lui fi" I pas justement suspecte, etc. Mais il n’y a rien dans tous ces objets qui ressemble au mode d’election établi par la constitution civile du clergé; rien qui favorise ce mode inouï.
3oi PAR
tout spirituels; Cl mode e'toit doncnul, et ne donnoit pas le moindre droit.
Vous fûtes institues, dites- vous , d’après les anciens canons. Mais ces canons ètoient abroges depuis longtemps par un usage contraire , consacre parle respect de l'Eglise : qui les a fait revivre? 11 faut que vous en reveniez sans cesse à cette puissance temporelle , qui n'a aucune relation avec des offices tout spirituels, et qui ne pouvoit en conséquence ressusciter un mode de confirmation uniquement relatif à des offices d’une nature toute spirituelle. Et encore , les canons antiques, tous ceux du moins que vous nous citez dans votre concile , attribuoient aux métropolitains Je droit de confirmer leurs suffraants. J)ites-nous donc quels evêques e cette dignité instituèrent les premiers evêques constitutionnels P Ceux que vous appelez les anciens ?
Ils s’en gardèrent bien ; et les decrets vous defendoient de vous adresser à eux, parce que tous, excepte l’archevêque de Sens, avoient refuse le serment. Les evêques d’Autuu , d’Orléans, de Viviers, de Babylone et de J.ydda, qui imposèrent leurs mains sacrilèges sur les premiers intrus , etoient- ils des métropolitains?
l’etoient-ilsde toute la France? Vous fûtes donc dans l’impossibilité d’être institues suivant les canonsqne vous réclamez en vain. Il est vrai que des decrets vousautoriserenta vous présenter successivement et de porte en porte , accompagnes de deux notaires, à tous les evêques jureurs de l’arrondissement de vos métropoles respectives, et qu’au defaut d’evêques assermentés, ces mêmes décrets vous obligèrent à recourir aux directoires de departement, afin que ceux-ci vousdesignassent d’office i’evêque de France que vous deviez requérir, avec vos deux notaires , de vous donner la confirmation canonique. Diles-nous encore a (jnel canon ces derniers modes d’institution etoient conformes?
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Mais vous parlez ; de nécessité.
Vous abondonnez donc déjà une grande partie du terrain : voyons si vous tiendrez long-temps sur celui où vous établissez vos derniers re- . tranchements.
Les églises ne peuvent pas être sans pasteurs.— Soit.— L’ancien épiscopat etoit déchu de ses droits. — Qui vous l’a dit, sinon encore , par ses décrets, cette puissance toute séculière, qui n a aucune relation acre des offices tout spirituels, et qui lie pouvoit donc rien statuer de semblable ?
Montrez-nous la loi ecclesiastique qui prive de son office un evêque, un prêtre , etc., proscrit, détenu en prison, exile, ou obligé de fuir, pour la cause de la foi onde l’unité catholique? Il n’exista jamais une pareille loi dans l’Eglise. Les sieges que vous envahîtes, etoient donc epeore, ou canoniquement remplis , où canoniquement administres. Où est votre nécessite prétendue ? Mais les evêques etoient la plupart hors de France. — Qu’importe ? Les carions ne leur perinettoient-ils pas d’exercer leur juridiction gratieuse depuis les lieux de leur retraite , quoique hors de leurs diocèses? — Mais ils etoient éloignés. — Qu’importe encore ? n’avoient-ils pas sur les lieux mêmesdes vicaires-généraux , pour terminer les aflaires qui ne souflroient pas de retard?— Mais quelques-uns etoient morts. — Fort bien ; mais alors , ou les chapitres avoient pourvu à l’administration des diocèses, selon leur droit; ou ils ne l’avoienl pas fait.
Dans le premier cas, l’administration se faisoit encore canoniquement, et votre nécessite etoit de reste. Dans le second cas, les canons attribuoient cette même administration à un des prélats de l’arrondissement de la métropole,: et votre nécessite n’existoit pas encore. Enfin, si l’archevêque et tous les prélats de son ressort avoientpayeletribut à lanature sans que les chapitres respectifs eussent pu s’assembler ensuite pournommer
PAU
des administrateurs, le pape alors1 avoit droit de pourvoir immédiatement aux besoins des diocèses livrés à une si pénible drtresse. Ainsi, dans tous les cas possibles , votre nécessité n’etoit qu’un pretexte apporte pour couvrir volve ambition masquée sous le voile hypocrite du zèle et de l’amour de la religion. Revenons au mémoire.
M oyse desire que ses collègues remettent leurs démissions, les métropolitains entre les mains de leurs premiers sullragants , tons les suffragants entre les mains deleurs métropolitains. Il suggéré ensuite des mesures a prendre pour differentes circonstances; puis il présente un modèle uniforme de démission qu'il soumet à la discussion des evêques du concile. Il dit dans ce modèle, qu'ils ont été « appelés par le cierge » et par le peuple, en vertu d'olec- » tions confirmées , comme le prescrivent » Us saints canons, pour remplir des » sièges vacants de droite I de fait, con- >» sacres par l’ordination sainte, con- » formément au rit de l'Eglise ; ins- » tallés régulièrement , et sans aucune » opposition canonique ; par consé- » quent seuls légitimes évêques de nos *» diocèses respectifs. » Que de faussetés reunies dans ce peu de lignes !
On peut aisément s’en convaincre d’apres tout ce que nous avons vu jusqu'ici. Il ajoutequ'ils n’ont « con- » sent i , maigre notre extrême répugnance et, à nous laisser imposer leredou- » table fardeau de l’episcopat, que parce que ces églises ne pouvoient » rester sans pasteurs, etc. » Il seroit à souhaiter pour ces évêques que les archives de l’histoire nous transmissent quelque monument solide de la violence qu’ils se sont faite pour courber leurs épaulés robustes sous le fardeau redoutable de l’episcopat constitutionnel. Voici du plus curieux encore. ■■ Nonobstant tout acte émail né Ou à émaner de qui que ce soit, » nous PERSISTONS INVABIABf.E- » UE NT DANS LES PRINCIPES QUI.
PAR 3o5
» NOUS AVONS CONSTAMMENT PRO- « FESSÉS , et que nous avons confir- >> mes par serment ou par promesse »
Triste engagement, dont l’orgueil porte aux derniers excès, est seul capable. « Un tel acte , continue
» Moyse , sera votre ouvrage
» Il contiendra ce que vous devez à » la gloire de l’eglise gallicane , ainsi
» qu’a votre propre honneur Si
» (jueltpie prélat vouloit donner
» individuellement sa démission sous >* une forme particulière, il en seroit >• le maître : mais, certes, il n’iroit •i pas la faire entre des mains sérulie- » res, ni même entre les mains dn » pape. En se retirant, il n’auroit pas » la lâcheléàe se taire sur la canomcité » de ses titres, sur la légitimité de ses » serments, sur les droits de son église, » sur ta vérité' des principes qu’il a pro- » fessés. »
Nous lisons dans les Mémoires pour servir à l’histoire ecclésiastique pendant !c dix-huilhme siècle, quelque chose qui revient à notre sujet.
« Enfin, lesouverain pontife n’oublia » pas même les evêques établis par » la constitution civile du clergé ; et » dans un bref adressé à M. Spina , » il le chargea de les exhorter à re- » venir promptement à l’unité , à donner » chacun par écrit leur profession cf o/éis- « sanceet de soumission au pontife romain , » à manifester leur acquiescement sincère » et Uur tnliere soumission aux jugements » émanés du saint Siège sur les affaires » ecclésiastiques de France , et à renonce cer aussitôt aux sièges épiscopaux dont » ils s’étalent emparés sans P institution » dusiégr apostolique. Ce bref qui com- » mençoit par ces mots : posl multos » labores , étoit rempli d’expressions « touchantes de bonté et d’indul- » gence ; et quoiqu’il n’ait pas en » tout l'effet que le chef de 1 Eglise » etoit en droit d’en attendre , on » sait cependant que plusieurs de >• ceux qu’il concernoit , s'y sont » conformés , et ont pris sincèrement » le parti de l’obeissanre. Quant » aux démissions qu’on demandoit ao
3o6 PAR
» à cps évêques , il les donnèrent » TOUS mire Us mains du gouyeme- » ment- » 'lam. 3. pag. 4o5 et sul~ mutes.
Le mtime jour , i4 août, Grégoire présenta le compte abrégé des travaux des réunis , depuis le concile de 1797 jusqu’au concile de 1801. Ce travail qu’il eut pu resserrer sans en retrancher rien de
Eiquant, occupe 238 pag. dans ;s actes que nous analysons.
En remontant jusqu'au premier synode des constitutionnels , l’auteur du compte rendu , en releve les heureux résultats. J .a collection des conciles n’en oflre aucun dont les décrets soient mieux rédigés, peutêtre peu qui l'egalent en précision.
Jusqu’en 1801, on ne ronnoissoit encore aucun acte d'hostilité de la part des dissidents contre ce coucile ; leur silence forcé est une preuve en sa faveur. Publiés principalement par les soins de Raymond , alors évêque de l'Isère , les canons et décretsde cette assemblée furent bientôt traduits en allemand et en italien. Lacoinbe, evêque de la Giron de, s’etoit aussi charge d’en faire une version latine ; mesure indisnsable pour qu'il prenne rang dans collection des conciles.
Mais il falloit pourvoir à l’exécution de sesdéercts.Yiuftt-quatreévêques furent sacrés et envoyés sur autant de sièges. Si d'autres églises en plus grand nombre demeurèrent vacantes , ce 11e fut point la faute des réunis , qui se lavent aussi les mains de ce que les mendiants circulent encore dans les églises de Paris, et de ce qu’on n’y chante pas partout la priere ordonnée pour la république.
Le concile de 1797 avoit ordonné la rédaction d’un rituel uniforme
Four toute la Erance , dans lequel administration des sacrements devoit être en français , sauf les formules essentielles. A l’invitation des faisais , Posignon exécuta ce projet ;
PAR
et Clément, évêque de Seine-et- Oise, consentit , recommanda même qu’on <m fit l'essai dans sa ville episeopalede Versailles, pour y conférer le baptême, le mariage et le* sacrements des mourants. De suite on sentit tout l'avantage de cette nouveautéprecieuse. Cependant il y eut bientôt des écrits pour et contre , même des protestations dans ce dernier sens. Grégoire , qui assure qu’on a tout dit dans le parti de l'opposition , et qu’il reste à dire du nouveau dans le partiqui approuve , promet l’impression prochaine d'un ouvrage où il esperc insérer du neuf, pour appuyer I usage de la langue vulgaire dans l'administration des sacrements.
Nous ne suivrons pas le rapporteur dans l’enumeration de tous les travaux des réunis. De leurs mains , et des mains d’une foule de plumes savantes dont ils avoient invoque les lumières , sortirent une foule d’écrits nouveaux et d’abrégés d’autres ouvrages. On travailla sur les indulgences, le jubilé, la pénitence publique, les fonctions d'archiprêtres et d’archidiacres , sur lesformulesd’instaliationpour lesevêques, les dyptiques à remettre en usage , etc. Presque fous les evêques et plusieurs prêtres se signalèrent par des écrits lumineux , quelquefois même péremptoires contre les dissidents. Grégoire parle encore ici , ou ne sait d’apres quelle cohérence avec son sujet , de la chétive théologie de Collet , enseignée dans la plupart des séminaires , où l’on donnoit aux aspirants au sacerdoce , une éducation pitoyable ; apparemment parce qu’on n’y enseignoit pas les maximes de la petite eglise. 11 dit que de ces séminaires et des monastères infectés quelquefois d’impiété , étoient sortis des prêtres ignorants et mauvais sujets qui , dans le cours de la révolution , scandalisèrent la France. « L'histoire n’oublier» pas >» de remarquer qu'ils ont eie or-
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* donnes par les évêques de l'arrien 1 » régime , et non par nous >■ Oui ; mais elle dira aussi que res prêlres ignorants et maniais sujets furent les véritables colonnes de votre oglise ; que ce sont eus qui sanctionnèrent ta tçnstitulion mile du clergé déclarant par un jugement tres-juridique , en $'j soumettant, qu’elle necontenoit rien qui fut contraire à la foi , vraie discipline , aux droits réels de l'Eglise ; que sans eux , et le renfort de quel-
3 nés autres moins ignorants, sans oute , et moins mauvais sujets, l’eglise constitutionnelle n’eût pu se former , manquant par le fondement ; que vos sieges fussent demeures à jamais vides , et que vous leur devez tous vos droits a l’épiscopat et à vos sièges. Vous êtes forces d’en convenir , à moins que vous ne préfériez avouer que vous n’étiez ite'ques qu 'en vertu d une loi purement civile. De Torcy ne vous fit-il pas toucher audoigt toutes ces choses , dans la seanre du premier juillet de votre concile de ifioi P Voilà donc ce que racontera encore l’histoire , en | eigiunt l'humiliante retraite que firent les evêques du synode à la vue de cet argument redoutable.
V il-on jamais déroute plus complété et plus honteuse.
Il faut entend re Grégoire luimême sir la persécution touchant le décadi. On appeloit ainsi chaque dixième jour du mois républicain, jour consacré au repos dans le dessein de faire tomber les dimanches et les autres solennités de la religion catholique. « Des fêtes décadaires » etoieut ordonnées dans toute la » France : des écrivains à gages » etoient chargés «le les organiser; » de* journalistes , de les vanter ; des «orateurs, d’y haranguer; des >• portes, de préparer de* chansons « pour les célébrer î l’argent fut prcv » digue; les églises furent eurom * b rets de tous les échafaudages qui » pouvoient gêner ou empêcher les » «uieunilestiu christianisme. »Pres-
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que toujours on y vovoît figurer les bustes du pat riarche nés impies et du citoyen de Genève. «On imita Ica » prêtres , sous peine de déportation,
» a transférer les offices du di- » manche au décadi : on y joignit Ia « promesse d’accelerer le paiement » de leurs pensions : on s’empa- >• roit des clefs des églises , avec dé- » fense de les ouvrir autre jour que » les décades- >» Mais des plumes courageuses errivirent; le rapporteur publia deux opuscules; il parla à la tribune nationale d’où il fut entendu de toute la France -.décadi perdit tout son crédit ; et la révolution du 18 biumuire le fit bientôt disparoître.
Venant ensuite aux dissidents, l’évêque de Loir et-Cher exhale coutr’eux tout le fiel 'de sa hile , les peignant sous 1rs couleurs les plus hideuses, leur faisant les reproches les plus sanglants , les accusant de crimes grossiers, d’inconsequeuces étonnantes, d'ignorance, de calomnie, de haine contre l»s constitutionnels et contre la république. Un des crimes les plus atroces Aet, incommunicants etoit une pricre pour le roi, prescrite dans l'ürdo de Langres pour tyg6.
Un abbe Hespelle avoit aussi ose remercier Paul I de ce qu’il a fuit pour notre auguste monarque. Ils ne censurèrent non plus jamais les séditieux ui crient contre la vente des biens u cierge devenus nationaux? I,eg constitutionnels se montrèrent^ au contraire, toujours animes dnng charité douce , officieuse , et qui cherchent toutes les occasions d oshliger et de sauver teursadversaires.
Tels furent constamment en particulier les sentiments et ta conduite d'Henri Grcgcire. C’est dommage que ses écrits ne furent pas toujours d’ accord avec son excellent coeur.
Parlant du séjour de Pie VI en France , il assure que lui et les siens prirent la plus vîvopai t aux malheurs de ce pontife , et qu’ils cherchèrent
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a le soulager par tons les moyens qui etoicnt en leur pouvoir, excepté par îles sacrifices pécuniaires, qui ne dépemloient pas d'eux. Dans l'intention de venir au secours de ce père commun des fideles, les réunisent retinrent des relations avec lesevêques voisins des lieux où il etoit. Ils eussent Lien desire lui faire parvenir leurs réclamations ; maisilavoiteté circonvenu par les dissidents qui les avoient calomnies auprès de sa Sainteté; lui avoient ferme les oreilles, exaspère le cœur ; en sorte que jamais il ne voulut écouter leurs représentations; les condamna sans les entendre, par des bulles dignes de Grégoire VII, d'Alexandre VI, et de Jules Il , et que pendant l’espace de dix ans, ils n’en entendirentparlerqu’au milieu des foudres dont on disoit qu’il vonloit les accabler. Pourquoi ne pas dire plus clairement que Pie VI refusa constamment, même pendant son séjour en France , d’avoir aucune communication avec eux P Nouvelle preuve que jamais il ne biaisa, ni sur ses principes, ni touchant ses jugements , ni dans sa conduite à l’egard des innovations introduites dans le royaume.
Cependant Grégoire s’extasie de plusenplussurles sentiments derespeot,de piete et d'amour que les ecclesiastiques et même les laïques constitutionnels témoignèrent à Pie VI, avant et après sa mort. Mais changeant tout à coup de langage , et en empruntant un bien peu digne d’un chrétien , à plus forte raison d’un évêque, il s’ecrie ; « Français catho- » liques, craignez qu’au milieu des »> orages de notre révolution , on » n'abuse encore de votre attache- « ment filial , de votre sensibilité si » connue pour vous égarer. SOU- •• VENEZ-VOUS QUE VOUS ÊTES » CITOYENS , AVANT D’ÊTRE CHRÉ- » TIENS , QUE VOUS ÊTES FRANÇAIS » AVANT D’ÊTRE ADMIS DANS l’É- » Gi.ISE ROMAINE. »
Nous ignorons si le concile en-
tendit ces paroles , qui eussent mieux figure dans un club ou dans la bouche d’un predicant de decade que dans une assemblée religieuse et sur les levres d’un ecclésiastique , quelque fût son rang. Les actes disent bien que l’evêque de Loir-et-Cher présenta recompte abrégé; mais on n’y voit point que le concile y eût fait la moindre observation , ni qu’il en eût loué l'auteur; nous craindrions donc de le calomnier, si nous l’accusions de ne s'être pas eleve avec indignation contre un pareil discours, apres l'avoir entendu. Mais comment at-on osé l’imprimer et l’insérer dans les actes du concile?
Viennent ensuite les relations des réunis avec le gouvernement. Files furent milles pendant quelque temps ou plutôt elles se réduisirent à une pétition qui , aprèsavoircte adoucie , mutilée, délurée plusieurs fois, avoit enfin cte rejetée par la commission des inspecteurs, et u’avoit pu parvenir a son adresse. Sur res entrefaites le clergé constitutionnel et même quelquefois ses adhérents enduroient des persécutions cruelles , où il y eut des victimes : le venerable Teissier fut massacre dans le Haut-Rhin ; et dans le Finistère , le révérend Audrein périt sous la hache des persécuteurs, comme il portoit à ses diocésains les secours de la religion.
D’autres furent traînes dans des cachots; quelque-uns subirent la peine de déportation. Mais ce fut autre chose , quand le gouvernement consuls ire eut pris la place de celui qu’on avoit vu a la tête des conjurés contre le christianisme. Apres la révolution du 18 brumaire, les /-«/n/t eurent des relations avec les ministres des finances,de la marine, de l’interieur et de la police. Ce dernier surtout, Fouché de Nantes, leur témoigna une grande bienveillance. Un de ses plus signales bienfaits fut la protection eflicace qu’il accorda au révérend iilampoix , pour favoriser son installation sur le siégé de l'Aube,
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entravée par une opposition puissante. En tout et partout , le ministre de la poliie prouva son empressement a obliger, à protéger, les pasteurs amis de la république.
Les réunis eurent aussi des relations avec les églises des contrées nouvellement annexées à la France.
Tandis que des dissidents tres-ignares faisoien l des e flort s pou r s’ int rod u i re à Genève, les réunis conçurent le projet d’y placer un évêque. Ils en écrivirent à leurs collègues les plus voisins de cette ville. Us nommèrent même plusieursprêtres , ontr'autres le citoyen Verherey , pour y aller au secours des catholique:. ,qui s’y trouvent en grande nombre. On se chargeoit de fournir à la dépense. Mais les prêtres désignés refusèreut ; et l’église catholique de Genève tomba entre les mains des dissidents. Les relations avec la Belgique ne furent guere plus heureuses. Ce pays habite par les savants le Plat , SchédeJ, etc.
et qu’avoient illustre Opstraët, Jlcnrp de Saint- Ignare , J an- Esprn, etc. , étoit soumis à l'influence de Rome, rempli des maximes ultramontaines.
«> Tons nos eflortspoury disséminer » les bons écrits et former des cor- » respondances utiles, n’ont pas » jusqu’ici produit les fruits que >• nous désirions. « 11 faut en dire à-peu-près autant des diocèses de Trêves , Cologne , Mayence , "Worms et Spire , dont ce qui est place sur la rive gauche du Rhin , est désormais partie intégrante de la république. Celle-ci etendit pendant. quelque temps son domaine jusqu'aux îles Vénitiennes et à Malle. Aussitôt les réunis y ouvrirent aussi des relations, y envoyèrent des écrits de leur façon ou du moins de leur parti, entr’autres, les numéros les plus recents des annales de U religion avec le recueil des canons et décrets de 1797, ainsi que plusieurs pièces imprimées à cette occasion. Cet envoi considérable étoit accompagne d'une lettre en grec ,
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adressée aux vénérables archevêques, étiques , et à tous les pasteurs des fies de Corfou , Xante , Cépkalonie , Cérigo , Sainte-Maure , et autres , réunies récemment à la république française.
Supposant , dans cette lettre , que les maux de l’eglise de France ont retenti dans leurs cantons , les réunis parlent ainsi : <• La première assem- » blee nationale ayant juge neces- >• saire d'opérer quelque reforme » dans les anus quidesbonoroient la » police extecieure de l’Eglise, ( ré- » formes commandées par la nécessité et la » sagesse ) une partie des ecclésiasti- » gués refusa de s’y soumettre ; » l'autre partie crut devoir suivre » le prerepte de l’Evangile , en ren- » dant à César ce qui est à César, >• et à Dieu ce qui est à Dieu. Cer- » tes , si la foi de Jésus-Christ avoit «été attaquée, nous serions morts » mille fois plutôt que de souffrir •> qu’on y portât la moindre atteinte : » mais les reformes opérées n’éloient » qu 'une sage correction des abus , rt un » retour à l'ancienne discipline de F tgli-
» se. Nos adversaires firent pleu-
» voir sur nous une multitude de >• calomnies ; et ils les répandirent >> dans toute l’Europe. Notre con- » duitc a confondu 1 imposture ; et «quant à leurs arguments, nous y » avons répondu d’une manière » irréfragable : nous VOUS envoyons » qu elq u es-u nsdes ou vrages publiés ** à ce- sujet. »
Pourquoi parler toujours de calomnies, et les attribuer sans cesse aux dissidents ? Les écrits que vous disséminiez partout, comme vous le témoignez dans ce compte rendu, ne contenoient-ilspasvos principes, vos maximes , vos règles, vos apologies P Les annales de la religion , dont vous étiez les rédacteurs, et que vous répandiez au loin , ne peignoient-elles pas aux yeux de l'univers , la manière de penser et d’agir de tous , les excès de plusieurs , les scandales qu'un trop grand nombre d'entre vousdoiinoient à la France ?
Sio FAR
Si quelques traits manquoient à ce tableau , par oubli ou par une réticence ctudiee de votre part ; si même quelques-uns de ces traits y éloient dénaturés par une main infidèle et portée au déguisement , ne se trouvoit-il pas presque aussitôt des écrivains périodiques, qui se bâtoient de su ppleer avec zele a ces defauts , et de les reuarer ? Les dissidents n'avoient donc que faire de chercher à inventer sur votre compte; et puisque vous vous dénigriez vous-mêmes avec tant de soin, et que vouscliez encore aides en cela par les témoins de votre conduite publique , au point de déconcerter le génie le plus fécond dans l'art de creer, vos adversaires avoient assez à dire, en répétant seulement à l'Europe , ce qu'ils avoient lu dans vos propres écrits et dans ceux de vos auxiliaires
Mais où sont ces réponses irréfragables dont vous vous vantez ici avec tant de confiance ? Sans doute que si elles eussent existe quelque part , on en trouve roit au moins quelquesunes des principales dans vos conciles nationaux, où vous vous proposiez de faire triompher votre cause , et de démontrer d’une manière invincible la légitimité de vos titres. Cependant on n’y voit rien de semblable. Il est bien vrai que vous jex altez vos lumières étendues, votre grand devoûment à la république , vos vertus sublimes, votre amour brûlant pour vos frères sépares, tout en parlant d'eux avec un peu d’aigreur. Vous y relevez avec excès la vivacité de votre zèle, la légitimité de votre ministère , les sacrifices généreux que vous Ôtes disposés à faire , les persécutions atroces que
vous avez endurées, etc Mais
toutes ces choses et beau coup d’au^ très encore , faciles à réduire à leur juste valeur ; toutes ces jactances; en un mot , sont-elles des réponses irréfragables ? Dcmontren t-elles que •vous teniez vos premiers titres ,
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votre mission , vos sièges d’ailleurs que d'un décret purement mil ; et que si vous avez créé d’autres mesures pourk .,uite,cesmesurrs n’éloient autre oit que des inventions arbitraires, inefficaces, qu’il vous avoil plu de vous tracer à vousmêmes sansautorite , pour parvenir à propager et eterniser votre parti?
Voilà sur quoi il falloit vous défendre , et répondre d'une manière irréfragable. Mais il ii'etoit pas aisé.
Revenons à la lettre aux insulaires.
Les réunis y racontent les persécutions qu’ils ont essuyées ,let>onbenr qu'ils ont eu de tenir un concile national , de voir renaître la piété, de pourvoir aux églises veuves en sacrant des evêques, de tenir des synodes. Ils espèrent que des conciles métropolitains préluderont, l'année prochaine, à un nouveau concile national ,quise tiendra l’annee séculaire, et où ils auront la joie de voir sans doute les évêques des îles annexées à la France , venir partager les travaux de leurs collègues. Enfin , il.-> se disent soumis en tout à la foi de l’Eglise catholique, apostolique et romaine ; unis à Pie VI , successeur légitimé de saint Pierre, comme centre de l’unité ; soumis aux lois de la république française ; et ils terminent en se recommandant aux prières des pasteurs et des fidèles des îles nouvellement reunies à la France.
Cette lettre , souscrite par Saurine, Royer, Wandelaincourt, Clément, Grégoire et Desbois, demeura sans réponse. On attribue ce silencefàcheux aux événements qui changèrent ensuite la destination de ces îles. Il nous paroît neanmoins que si cette lettre et les ouvrages qui l’avoient accompagnée , avoient été reçus favorablement, les chan-
f;ements politiques survenus apres a réception de tous ces objets , et surtout du premierconcile national, n’auroient pas dû empêcher les evê-
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ques insulaires d’adresser des remercîments et des félicitations à des toile gués si dévoués et si obligeants.
Quoiqu'il en soit , passant de là aux Antilles, Grégoire parle de quelques prêtres de Saint-Domingue qui lui avoient mande le désir qu'ils avoient de renouer leur correspondance avec la France catholique, et qui changèrent ensuite de sentiment. Il dit que Toussaint- Louverture , ( ce chef de révoltés ) l’a- \oit invite, par plusieurs lettres, à envoyer dans la même ile douze ecclesiastiques vertueux, éclairés, patriotes , et à s'y transporter lui-même. « Cette correspondance , 10m- » mencee avant le concile national » de 1797 , avoit amène le decret » par lequel cette assemblée y erigea » cinq sieges , en nommant des ti- » tulaires pour plusieurs « En conséquence, les reunis adressèrent aux insulaires une lettre pastorale, sacrèrent Mauvitl eveque des Cayes, l’instituèrent ; et ce courageux apôtre partit pourse rendre à sa destination. Tout cela est admirablement ’ légitimé. Aussi Grégoire en parle-t-il en ces termes; l'acte d’ins- » titution canonique donne par nous « au nouveau prélat , a un carac- » 1ère spécial , qui en fait une pièce » unique et remurquubie dans l'histoire » ecclésiastique. »
Après avoir raconté cette expédition singulière, Grégoire porte les yeux vers l'Orient, où il voit l’archevêque d’Alep, arménien de nation, mais catholique, emportant d'Italie en Asie, un attachement sincere à l’église de France. Déjà ce prélat avoit fait traduire en arabe, l'histoire ecclesiastique de Fleury, le catéchisme de Mesenguy , la bible de Sacy ; et il attendoit encore , il y a peu ,un exemplaire de la Défense du clergé de France , pour en faire de même. En general les Arméniens «voient pris un vif intérêt aux succès de Buonaparte en Egypte.
Transporté tout-à -coup d’Ar-
PAR Su
ménie en Angleterre , notre rapporteur n’y trouve que quatre vicaires apostoliques , « tandis que plus de » cent de ces contrebandiers ecclésiasü- » q u es infestaient la France, il ya quel- » ques années. « il reçoit ensuite une lettre du doyen du clergé réforme de Berne , dont il donne cet extrait. « Si du sein de votre église >> il sort encorequelquesapôtrcs tels » que vous, mon respectable evê- • que et ami, il est impossible que le v moment soit éloigné , où vous re- » cevrezles protestants sous les ban- >• nières de la reb’gion catholique.
» Qu’est-ce qui a occasionne cette » scission ? n’etoit-ce pas quelques » abus trop peu voilés? Le remede que » vous apportez à ces abus sera en >* même temps le moyen le plus in- » faillible de notre réunion. •> C'est dommage que l'eglise constitutionnelle n'ai pas fourni un assez grand nombre d apôtres aussi zélés contre les abus que celui à qui le deyen érrivoit ces choses. Mais comment les protestants ont-ils pu se décider à quitter le sein de l'Eglise antique, parce qu’ils ont cru y voir ou qu'ils ont vu en e fié t quelques abus trop peu voilés ? Si un pretexte de cette nature pouvoit commander une séparation ou seulement l'autoriser, quelle société humaine, naturelle, civile ou religieuse, pourroit subsister? Eh !
partout où il y a des hommes, n’y a-t-il pas aussi des passions , des foiblesses , de l’ignorance , des abus ?
celui qui ne veut rien souff rir de cette nature , il faut qu’il sorte de ce monde et de soi-même. Or, une rupture faite , ainsi avec une église dont les litres , qui n'appartiennent qu’a elle, remontent sans interruption jusqu’à son divin fondateur :
uneéglise dont la doctrine 11’a jamais varie, dont le ministère descend depuis les apôtres jusqu’à nous par une succession constante , dont le culte fut toujours essentiellement le même ; une Eglise à laquelle il faut nécessairementappartenir pourêtre