‹ Dictionnaire des concilesChapitre 122 sur 263 · RIM 34S · texte numérisé non relu

RIM 34S

tiendrait deux fois l’année des conciles provinciaux selon la constitution au concile de Nicée. Tom. IIL C. p • ia85. a. b. Till.

RIGA (C. de ) en Livonie, Ri'gense; l’an 1429, par Henri, archevêque de cette ville. Ce concile envoya à Rome seize députés , tous prêtres, pour se plaindre de ceux quiopprimoient l’eglise de Riga ; mais ayant ete arrêtes sur les confins de la Livonie par le gouverneur du fort de Goswin , chevalier de l’ordre Teutonique , cet homme barbare les fit jeter pieds et mains liees dans une rivière glacée , où ces prêtres innocents et malheureux furent noyés.

On n’a rien de ce concile qui re- . garde l’état de l'Eglise. Tome XII , Conc. p. 4o5.

R I M I ÎS 1 ( C de ) yf riminense .dans , la Roinagne , sur le bord de la mer i Adriatique , l’an J5g , convoqué par l’ordre de l'empereur Constance, qui y fit venirtousles évêques d’Oc- I cident,leurfournissant des voitures ■ et tout cequi ctoit necessaire pour 1 leur entretien ; mais ceux des Gau- I les , pour dépendre moins de l’em- I pereur, voulurent vivreà leurspro- , près dépens : il en vint plus de natre cents à Rimini, d'illyrie, 'Italie, d'Afrique , d'Espagne , des Gaules et d’Angleterre : dans ce nombre il yen avoit environ quatrevingts qui etoient ariens.

Lescvêques catholiques, dont le pluscelebreetoit Restitntusde Carthage, ayant d’abord proposé d’anathématiser l’herésie arienne avec toutes les autres, tout le monde s y accorda excepté ceux de la faction d’Ursace et de Valens, qui etoient ariens. Ceux-ci tentèrent de surprendre les catholiques par divers artifices, en représentant que le mot de consubstantiel etoit inutile ; qu'il valoil mieux dire semblable au Pere en toutes choses, que d’introduire des mots nouveaux qui 11e serventqu’à exciter des divisions , et qui d’ailleurs ne sont point dans l’Ecriture

Les orthodoxes , qui composoient le plus grand nombre, répondirent qu’il n’etoit plus question d'aucune nouvelle formule : ils se plaignirent hautement de la duplicité desariens , et déclarèrent qu'ils n’êtoient nas venus pour apprendre ce qu'ils dévoient croire, mais pour s'opposer à ceux qui combattoient la verke et ui introduisoient des nouveautés ans la foi ; qu’il falloit condamner la doctrine d’Arius, et recevoirclairement la foi de Nicée. ün déclara que la profession présentée par tlrsace et Valens etoit entièrement contraire à la foi de l'Eglise, qu’on ne pouvoit l'approuver. On confirma ce qu i avoit ete fait à Nicée, et on déclara qu’on ne devoit j ajouter quoi que ce fût. Valens et ceux de sa faction ne voulurent jamais acquiescer à cette résolution du concile ; ainsi le concile les condamna comme des fourbes et des hérétiques, et les déposa de vive voix. Trois cent vingt évêques souscrivirent à ce décret ; la doctrine d'Arius fut anatbematisée , ainsi que les erreurs de Photin et de Sabellius. Jusques-là la foi catholique étoit triomphante dans le concile de Rimini. Les Pères du concile écrivirent en même temps une lettre à Constance , dans laquelle ils témoignent qu’ils n’avoient rien trouvé de plus propre pour assurer la foi , que de s’attacher au symbole de Nicée , dont ils font un grand éloge, sans y ajouter ni en diminuer quoi que ce soit : ils ajoutent que tous les efforts que Valens et les autres avoient faits, n'avoient servi qu’à faire coBnoître les mauvais desseins et l’impiété de ces personnes , et qu’ils avoient été contraints de les séparer de leur communion.

Les ariens de leur côté avoient déjà envoyé à Constance des députés fins et rusés qui prévinrent l’esprit de ce prince contre le concile, en lui montrant la formule qu'on y avoit rejetée; ce que l’empereur trouva

mauvais. Ainsi lorsque les députe»

du concile furent arrivés à Constantinople , on refusa de les admettre à l’audience de Constance , et on les traîna en longueur sous divers prétextes sans l«ur faire aucune ré-* ponse ; cependant Constance écrivit aux Peres de Rimini, qull vouloit finir les affaires de l’etat, avant d’achever celles de l’Eglise; il affecta des longueurs sans fin , dans l’espérance que tous ces évêques ennuyés de demeurersi long-temps à Rimini, séparés de leurs églises , céderoient à sa volonté et se verroient contraints d’abandonner les termes de substance et de consubstantiel.

D’un autre côté les ariens , ayant fait venir malgré eux à Nicée, dans laThrace,les dix députés du concile, elles ayant intimides par les menaces et affoiblis par les violences qu’ils leur firent, les obligèrent à l’abolition des mots de substance et de consubstantiel, ctàrecevoiruneconfession conforme à celle qui avoit été faite à Sirmium, deux ans auparavant ; elle disoitque le Fils etoit semblable au Père selon les Ecritures, sans ajouter autre chose : elle rejetoit le mot de substance comme nouvellement introduit , et celui d’une seule hypostase,

( c’est-à-dire , substance ) en la personne du Pere , du Fils, du Saint- Esprit, et disoit anatlieine à tout cequi etoit contraire à la doctrine exprimée dans la formule. Enfin ils les engagèrent à faire un acte de réunion avec les ariens, et à laisser tout ce qui avoit été fait à Riinini

Cependant l’empereur manda an prefet Taurus , de ne point souffrir que le concile se séparât jusqu’à ce que tous les évêques eussent souscrit cette formule de Nicée. 11 enjoignit aux evêques de supprimer les mots d ’ousia et A' homoousios , c’est-à-dire, de substance, et de consubstantiel : car Ursace et Valens, avec les autres ariens, disoient seulement , que le Fils étoit sembla*

ble en substance , au lieu que les | Occidentaux , c’est-à-dire les vrais catholiques , le reconnoissoient de mime substance ; par la les ariens tâchoient de persuader aux catholiques, mais par une véritable tromperie , que la suppression du mot de substance reuniroit l’Eglise, sous prétexté qu’il ne se trouvoit point dans l'Ecriture, et qu'il scandalisoit les simples par sa nouveauté.

Comme le prefet Taurus avoit ordre de ne point laisser sortir les évêques de Rimini, qu’ils n’eussent tous signé cette confession de foi , appelée formule de Nice ou de Rinnni, la plupart d'entr’eux , vaincus par foiblesse ou par ennui, cédèrent à la violence et souscrivirent cette formule : le nombre de ceux qui refusèrent constamment se trouva réduit à vingt. Parmi ceux-ci, saint Phebade, evêque d’Agen , et saint Servais deTongres, se montrèrent les plus fermes, mais ils ne purent se dégager des pièges que leur tendirent Ursace et Valens.

Ceux-ci leur exposèrent qu'on ne pou voit sans crime rejeter une proposition de foi très-catholique, produite, disoient-ils, ( mais faussement ) , par les evêques d’Orient ; que si la fdrmule dont il s'agissoit ne leur paroissoit pas assez claire , ils pouvoient ajouter ec qu'ils voudroient- Les catholiques , à qui il tardoit de se tirer de cette affaire par quelque moyen que ce fût , acceptèrent cette proposition avec joie. On produisit bientôt des professions de foi , dressees par Phebade et Servais : elles portoient la condamnation d’Arius et declaroient le Fils égal à son Père, sans commencement et sans aucun temps; mais lorsqu’on les dressoit, Valens, comme pour y contribuer de sa part, dit qu'il falloit mettre que le Fils n'est pas une créature comme les antres créatures; or cette proposition , sous prétexte de distinguer le Fils d’avec les créatures , en faisoit

une véritable créature relevée seulement au-dessus des autres : 011 ne s’en aperçut pas néanmoins pou r lors Ces prélats, dit M. de Tillemont, qui avoieut la simplicité de la colombe, mais non l'adresse du serpent , crurent avec trop de facilite et ne reconnurent pas le piege qu’on leur dressoit ; ils souscrivirent ainsi par surprise une formule qui renfermoit le venin de l’hercsie arienne.

i.° en ce qu’elle ne disoit pas ce qu'il ctoit alors essentiel de dire ; 2.0 en ce qu’elle condamnoit tout ce qui lui etoit contraire, et par conséquent la doctrine catholique, et ils s en retournèrent chez eux, ne s’apercevant pas qu’ils av oient été trompés.

O11 croit que la dernière action de ce concile, dont les commencements etoient si beaux, fut la nomination des députés que l'on envoya à Constance, U rsace e t V alens en fu ren t les chefs. Ceux-ci et les compagnons de leur malice ne tardèrent pas à publier leur victoire , et à se vanter qu’ils n’avoient pas dit que le Fils ne fût pas créature , mais qu’il n’étoitpassemblableauxautres créatures. Rien plus, ils expliquoienten des sens hérétiques les paroles catholiques dont ils s’étoient servis à Rimini , pour tromper les autres.

Cependant , cette formule fut envoyée apres le concile de Rimini dans l’empire , principalement en Orient, avec ordre d’exiler tous ceux qui ne vouloient pas y souscrire : ainsi le plus grand nombre signèrent , les uns plus tôt , les autres plus tard , soit par crainte, soit par intérêt , soit par ignorance. Ursace et Valens, chefs de la faction arienne avoient ordre de chasser les evêques qui refusoient de siqncr cette formule et d’en mettre d autres à leur place; et comme la persécution fut générale , le nombre de ceux qui souscrivirent fut trèsgrand.

Tout l’uuivers gémit de cette sur-

prise , et s’étonna d’être devenu arien , selon la célébré expression de saint Jérfime, qu’il ne faulpas néanmoins prendre dans une rigueur littérale , puisqu’enfin les évêques qui ne se trouvèrent pas au concile de Rimini ne souscrivirent pas la formule ; et rejetèrent ce concile lorsqu’ils en furent instruits. C’est cette fin si déplorable qui a rendu le nom du concile de Rimini si odieux à toute l'Eglise , et qui l’a fait mettre par saint Athanase an nombre des conciles ariens. Saint Ambroise l’avoit en horreur.

Mais tous les autres évêques qui n'étoient pas à Rimini détestèrent ce concile , et la plupart de ceux qui étoient tombés dans des jpieges aes ariens, reconmirentbientot la grandeur de leur faute , quand ils en virent les suites funestes- On les vit accourir aux pieds des saints confesseurs , protester par le corps du Seigneur , et par tout ce qu’il y a de sacré dans l'Eglise , qu’ils étoient toujours demeurés dans la purete de la foi; qu’ils n’avoient manqué que de prudence, pour découvrir la duplicité des autres, et qu’ils étoient prêts à condamner et leur propre signature et tous les blasphèmes des ariens. Ceux de France avouèrent presque tous leur erreur , comme on voit par un concile de Paris, où ils confessent que leur simplicité a été abusée par la fourberie de ceux qui leur ont fait supprimer le mot de substance. Saint ililaire dit généralement, que le concile de Rimini fut cassé par tout le monde. Le pape Libère , dans l’historien Socrate , assure à tout l’Orient, que ceux qui avoient été ou trompés ou surmontés à Rimini , étoient depuis rentres presque tous en eux-mcmes, qu’ils avoient anathématisé la profession de foi de ce concile , et avoient souscrit le symbole de Nicée.

Cependant , malgré la chute de la plupart des évêques de l’Occident ,

ROM

il est constant qu’il y en eut plusieurs qui furent exempts de cette surprise- L’histoire remarque particulièrement le pape Libère, dont le concile de Rimini auroit dû attendre le sentiment plus que d’aucun autre, Vincent de Capoue, Grégoire, évêque d'Elvire en Andalousie, et plusieurs autres. Cela n’empêcha pas que les ariens ne causassent une horrible confusion dans l’Eglise et dansl'ctat, par la persécution qu’ils allumèrent, en voulant obliger les évêques à signer la formule de Rimini, et en persécutant tous les orthodoxes qui vouloient garder fidèlement le depot de foi. Al/ian. de Sin. p. 874- Ambr. de fid. I. 3- c. y. p. î f>Q . Hier, in Lucif. c. 7 .p. i43. Bil. in Aux. p. 122. Sacr. I. 4- c. 12. p. 223. Theod. I. II. c. i7. p. 618. 77//. Fl.

ROME ( C. de ) Romanum , l'an igft , convoqué pour décider que la Pâque devoitêtre célebree le dimanche après le i4 de la lune. La même année, il se tint divers conciles sur le même sujet parmi lesquels on compte ceux de Césarée en Palestine , de Pont en Asie , de Corinthe , d’Osrboenne et de Lyon.

ROME ( C. de ) l’an yj ou environ. Le pape Victor y vofclut excommunier les Asiatiques quartodecimains; mais Polycrale, evêqne d'Kphèse, ainsi que les Asiatiques , ne firent pas grand compte de ces menaces. Plusieurs autres évêques, et, en particulier , le célébré saint Ircnée de Lyon , écrivirent à ce sujet à Victor pour le porter à conserver la paix. Il semble néanmoins, dit M. de Fleury , que cette observance, étant devenue dangereusej ne devoit plus être toleree. Quoi qu’il en soit, elle dura quelques siècles en Asie et en Orient.

ROME ( C. de 1 l’an 25 1 , sur les tombés , tenu par le pape saint Corneille. Ce concile fut fort nombreux : il s’y trouva environ cent soixante évêques, parmi lesquel* il y

ROM

avnit un grand nombre de confies- 1 seurs de la foi. On y vit aussi une grandequantitéde prêtres et de diacres. On y décida qu’il etoit permis de donner la paix aux tombes, parce qu'il falloit secourir les pecbeurset les guérir par les remèdes de la pénitence. Saint Corneille embrassa le sentiment des évêques d’Afrique, qui alloit à admettre les tombes a la communion après une longue pénitence, et même avant la fin de la pénitence , s’ils eloient en danger de mourir. Le même concile conclut que l’on devoit regarder comme ennemis de l’Eglise, Novatien et les autres schismatiques qui suivoient son sentiment inhumain; savoir, que ceux qui avoient abandonne la foi , dans la persécution , ne sauroienl plus espérer de salut, quelque pénitence qu’ils pussent faire. Et les évêques, voyant qu'ils ne pouvoient vaincre l’opiniâtreté de Novatien et de ses adhérents, et l’obliger de renoncer à une opinion qu'iis s'efforçoient d'établir avccunechaleur qui dégénérait en passion , les retranchèrent du corps de l’Eglise. On confirma, dans ce concile,. les canons pénitentiaux du premier concile de Carthage. Au reste, dans le mois de novembre de la même année, les confesseurs schismatiques ayant renoncé au schisme de Novatien , furent reçus à la communion de l’Eglise par le même pape et par cinq autres évêques , au grand contentement de tous les fideles. Cypr.

F.p. 5a. p. gG. Theod. h. I. III. t. 5.

^ ROME ( C. de ) l’an 5i3 , a octobre, sur le schisme des donatistes, à l’afTaire de Cecilien. Il fut convoqué par l’ordre de l'empereur Constantin , et tenu dans le palais de l’impératrice Fausta , nommé la maison de Latran. Le pape Miltiade y présida à la tête de dix-neuf evêques. Cécilien, évêque de Carthage, y tint le rang de partie : ses accusateurs y comparurent , à la tête des-

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