‹ Dictionnaire des concilesChapitre 144 sur 263 · Mutill. .4 nuire. Tom. J. p · texte numérisé non relu

Mutill. .4 nuire. Tom. J. p

TRENTE (C. de) Tridrnlinum , dernier CoNctl.E GÉNÉRAL. Voici ce qui donna lieu a la tenue de ce concile Les progrès rapides de l'hérésie de Luther, de Zuiugle et de Calvin , et le relâchement de la discipline , ayant fait sentir à tout le monde la nécessité d’un concile, l'empereur Charles-Quint le sollicita lui-même pendant long- temps, et le pape Paul III donna une huile pour la convocation d'un concile général a Mantouc, le 23 mai i53y. Il y exposa qu’ayant tou jours désiré de purger l'Kglise des nouvelles hérésies, et d’y rétablir l’ancienne discipline, il n’avoit pas trouve d’autre moyen que d'assembler un concile geueral , et il lit eu même temps notifier sa bulle à tous les princes. La réponse des princes protestants fut en substance, qu'ils ne vouloienl point d’un concile où le pape et les evêoucs assisteroient comme juges.

Luther s’emporta même en cette occasion avec une audace extrême contre l'autorité du pape. D’un antre côte leduc de Mantouc n’ayau I pas voulu accorder sa yille pour 1a tenue du concile , le pape prorogea jusqu’en novembre l’ouverture du concile sans designer le lieu. Ensuite, par une autre bulle, il le prorogea jusqu’en mai i538, et désigna la ville de Yicencc. Il nomma quelques cardinaux et quelques prélats pour travailler à la reforme : en conséquence ils firent un long mémoire, où ils exposoient les abus à reformer. i.°Cenx qui regardoient l'Eglise en général; 2.° ceux qui etoient particuliers à l’egiise de Rome. Le pape Paul 111 proposa lu i-même la reforme en plein consistoire, mais les sentiments étant partagés, on la renvoya au jugement au concile

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Aucun évêque ne s'étant rendu à Vicence, le pape prorogea le concile jusqu’à Pâques i53g, et sur un nouveau partage d'avis en consiste ire, le pape suspendit le concile ronvoque jusqu'au temps qu'il lui plairoit de le tenir.

Enfin au bout de trois ans , et en i54-3, apres bien des contestations entre le pape, l’empereur, et les princes catholiques sur le lieu du concile , car ceux-ci vouloient qu’il se tint en Allemagne, comme a Ratisbonne ou à Cologne, et le pape Paul 111 exigeoit qu’il se tînt en Italie: la ville de Trente proposée par le pape fut acceptée par les princes catholiques. En conséquence , le pape indiqua par une huile le concile à Trente, pour le l5 mars de l’annee suivante iS-j.3 , et nomma pour ses légats les cardinaux del Monte, évêque de Palestine, Marcel Corvin, prêtre, et Polns, diacre : mais les contestations oui snrvenoicnt tons les jours firent différer encore pins de deux ans l'ouverture du concile, qui ne se lit qu’au i3 décembre i5£5.

1" Srssien. Les trois légats accompagnes de quatre archevêques , et de vingt-deux évêques, s'elant rendus à Trente, tinrent la première session. L’evêque de Bitonte fit un discours ; et apres les prières accoutumées , le cardinal del Monte prononça ia bulle de l’indiction du concile, et exposa les molifsqiiil'avoient fait convoquer ; savoir, I extirpation des heresies, le rétablissement delà discipline ecclesiastique , et la reformation des mœurs ; et il exhorta les Pères à éviter toute dispute, à n'a voir en vue que la gloire de Dieu, dont les yeux etoient ouverts sur eux , de même que ceux des anges et de toute l’Eglise- Il indiqua ensuite la session prochaine au 7 janvier i54<i.

Dans l'intervalle de la première session à la seconde, on tint plusieurs congrégations. Dans la première.

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le 18 décembre le cardinal de!

Monte proposa quelques reglements pour le bon ordre pendant la tenue du concile , et régla qu'on examineruit les matières qui dévoient être traitées dans les congrégations et dans les sessions, et la manière dont on feroit cet examen. Les légats firent trouver bon aux Peres que le pape nommât des officiers pour le concile.

Dans la seconde congrégation , le ig décembre y l’archevêque d’Aii et l’évêque d’Agde , prièrent les légats de ne rien traiter d'essentiel avant l’arrivée des ambassadeurs du soi de France.

Dans la troisième, aq décembre , «n accorda voix délibérative aux abbés et généraux d’ordre, et on chargea trois prélats de voir les procurations des évêques et marquer leurs places. Les légats ayant écrit au pape surla manière d'opiner daus le concile , c’est-à- dire , si on opine- Toit par nations comme on avoit fait au concile de Constance et de Bâle, ou si chacun auroit son suffrage libre en décidant à la pluralité des voix , comme on avoit fait au dernier concile de Latran ; le pape décida qu’il falloit suivre cette dernière maniéré d’opiner -.ajoutant qu'il falloit traiter des points de religion, en condamnant la mauvaise doctrine sans toucher aux personnes, et ne point traiter de la reformation , ni avant les dogmes, ni conjointement avec eux, parce que, disoit-il, cen’étnit pas la principale cause de la tenue du concile; que s’il s'élevoit quelque dispute sur ce qui concerne la cour de Rame, il faudrait écouter les prélats , non pour les satisfaire dans le concile, mais pour en informer le souverain poutife qui appliqueroit les remèdes convenables.

Dans celle du 5 janvier 1S46. on traita de la maniéré de proposer les questions : on décida sur I avis du pape qucceuxqtii étoient chargés de procuration n’ auraient point voix

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délibérative dans le concile. On agit* long-temps la question sur le titre

?|u’on donnerait au concile ; car 1* ormule, par laquelle le décret devoit commencer, et que le pape avoit envoyée aux légats, causa beaucoup de disputes. Elle étoit conçue ainsi :

Le saint et sacré concile de Trente, oecuménique et général, Us légats du Siège uposlolique y présidant. Or la plupart des Pères du concile eloient d'avis qu’il falloit ajouter, Représentant t'Eglisc universelle: à' anins vouloient retrancher le nom de presidents, mais on s’en tint à la formule du pape.

On régla qu’on établirait une congrégation pour chaque matière qu'on devoit traiter dans le concile , et

Îiu’on nommeroitdes personnes pour onner les décrets, sur lesquels chacun dirait son avis dans les congrégations generales.

11* Sess. 7 janvier i546. 11 s*y trouva trais légats, le cardinal de Trente, quatre archevêques, vingthuit evêques, trois abbés bénédictins , quatre généraux d’ordres , et environ vingt théologiens. On lut une bulle qui défendoit d’admettre le suffrage des procureurs des absents , et un décret qui exhortoit le»

fideles qui étoient à fiente , à- vivre dans la crainte de Dieu , à prier sans cesse , et à s’acquitter des devoirs de la religion. On recommanda aux evêques et aux moines de mener une vie irréprochable , de jeûner tous les vendredis , d'avoir une j table frugale, etc. Le concile exhorta tous ceux qui étoient versé# dans, les saintes lettres de s’appliquer chacun, avec une sérieuse attention, à la recherche des moyens, par lesquels la sainte intention qu'on avoit eue en assemblant le concile , pût être remplie. On recommanda a tous les membres de l’assemblée , conformement aux statuts du concile de Tolede, lorsqu’ils tiendraient leur# séances, de ne pas s’emporter par des bruits indiscrets, ni par des contestations opiniâtres, mais quccba-

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cnn tachât d'adoucir ce qu'il auroit àdirr par des termes si anables et si honnêtes , que ceux qui les enten- (1 roient n’en fussent pas offensés.

On tint ensuite plusieurs congrégations.

Dans la première , on renouvela la dispnte sur le titre des décrets, plusieurs voulant qu'on y ajoutât :

Représentant / Eglise universelle . On convint d'attendre que le concile fût nombreux pour employer ce titre à la tète des décrets les plus importants, et on convint qu’on ajouterait aux mots de saint et sacré concile ceux A' œcuménique et universel. On proposa les trais chefs qui faisoient l’objet du concile ; savoir : l'extirpation des hérésies, la «“formation de la xdiscipl inc , et l'un ion entre les princes chrétiens.

La seconde fut sur l'examen des matières : après plusieurs contestations, les Pères conclurent qu’il falloit traiter ensemble les matières de ht foi , et celles de la reformation.

Dans la troisième, on fit la lecture des lettres que le concile avoit fait écrire aux princes. On divisa lese'vêques du concile en trois classes, pour s'assembler dans le logis de chacun des légats avant de porter leurs délibérations à la congrégation générale , afin qu’elles y fussent reçues avec moins a altercation , et on fit le choix des Peresqui dévoient composer ces trois classes : on fit un décret pour la publication du concile de Constantinople à la session prochaine.

111e Sess. 4 février. On lut un décret qui exhortoit les Peres à mettre leur force et leur confiance dans le Seigneur, et dans sa vertu toutepuissante; et qui ordonnoit que le concile commençât par sa profession de foi. On examina le canon des livres de l'Ecriture sainte : on convint de l’approuver ; on nomma six commissaires pour examiner les endroits qui s’jr trouvoient altérés. On disputa long-temps sur l'autorité

du texte original et des versions, et particulièrement de la Yulgate, et on conclut d'après l’avis d'André Vega, espagnol et de l'ordre de raint François, que la Vulgate devoit être déclarée autheutique, c’est-à-dire, qu'elle ne contenoit rien de contraire à la foi ni aux bonnes moeurs, quoiqu'il y ait quelques expressions qui ne soient pas conformes au texte original , parce qu’elle étoit rcspectéedans l'Eglise depuis plus de nulle ans ; que les anoieus conciles s'en étoient servis comme exempte de toute erreur dans la foi et dans Ica mœurs. On lut le symbole de Nicee , et on indiqua la session suivante.

On tint plusieurs congrégations sur la tradition, c'est-à-dire, la doctrine de Jésus-Christ et des apôtres, qui n’est pas marquée dans les livres canoniques et qui est venue jusqu'ànousparsuccession, et qu'on trouve dans les ouvrages des Pères.

On examina l’article des sens et des interprétations de la même Ecriture.

IV* Sess. 8 avril. On lut deux décrets, le premier sur les livres de l'Ecriture sainte. Il porte que le saint concile reçoit tous les livres de l'ancien et du nouveau Testament , aussi-bien que les traditions qui regardent la foi et les mœurs , comme dictés de la bouche mêmede Jésus- Christ, ou par le Saint- Esprit , et conservés dans l’Eglise catholique parunesuccessioncontinue, et qu'il s’yattache avec unégal respect. Ensuite le décret rapporte le catalogue des Livres saints tel qu’il est dans la Vulgate, et le concile frappe d'anathème ceux qui ne les reçoivent pas pour canoniques.

Le second décret déclare authentique la version vulgate comme approuvée dans l'Eglise depuis de longs siècles; ordonne qu’elle soit imprimée avec tout le soin possible; défend d’employer les paroles de l'Ecriture aux usages profanes; veut queceuxqui eu font des applications

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