VI. Conc. r. . r
VERONE (C. de), Veroncnsc , l’an n84, premier août, jusqu’au novembre. Le pape Luce , ou iicius 111 y fit une constitution contre les hérétiques, en présence de l’empereur Frédéric , où l’on voit le coucou rs de deux puissances pour l'extirpation des hcresies. L’E glise y emploie les peines spirituelles ; et l’empereur, les seigneurs et les magistrats, les temporelles : mais on vouloit réprimer la fureur des cathares , patarins et autres hérétiques du temps ; car les cruautés inouies qu’ils exerçoient contre les ecclesiastiques , exigeoient la même sévérité dont les empereurs romains avoient autrefois usé contre les circnncellions.
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On voit dans ce concile, comme l’origine de l'inquisition contre les hérétiques, en ce que l’on ordonne aux évêques de s’informer, par euxmêmes ou par commissaires , des personnes suspectes d’hérésie , suivant le bruit commun et les dénonciations particulières. On y distingue les degrés de suspects , de convaincus , de pénitents et de relaps , suivant lesquels les peines sont différentes; et après que l’Eglise a employé contre les coupables les peines spirituelles, elles les abandonne aù bras séculier , pour exercer encore contre eux les peines temporelles , avant reconnu que plusieurs chrétiens , et particulièrement ces nouveaux heretiques , n'etoient plus sensibles aux peines spirituelles.
Tom. X . Conc. p.
VEZELA1 ( C- de ), J izeliarensc, l’an xi 4b , 3imars. Leroi Louis le Jeune s’y Croisa avec la reine Aliéner, et grand nombre de seigneurs.
Saint Bernard y prêcha la croisade, et fît , cn celte occasion, plusieurs miracles. 1). M.
VIENNE cn Autriche ( C. de ) l’an i iqg . en décembre. Pierre de Capone , légat, étant sur les terres de l’empire, en préscncedeplusieurs évêques, publia I interdit sur toutes les terres de lobeissancc du roi. avec ordre à tous les prélats de l’observer, sous peine de suspense. J). M.
VIENNE ( C. de ) l’an i2fi7,par Gui, cardinal légal. Un y publia une constitution de dix-neuf articles , assez semblable à celle du synode tenu à Cologne l'année précédente.
On y ordonne aux clercs qui entretiennent publiquement des concubines de les quitter dans un mois , à peine d’être prives dès-lors de leurs bénéfices. Un défend la pluralité des bénéfices sans dispense , etc. T. XI.
VIENNE en Dauphiné ( C. de ) l'an 892 , tenu par l’ordre du pape Formose, où présidèrent ses deux légats Pascal et Jean. On y fit quatre
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on cinq canons contre les usurpations des biens de l’Eglise, les meurtres, les mutilations et autres outrages faits aux clercs. l’Iusieurs évoques y souscrivirent. Tom. IX.
VIENNE ( C. de ) l'an 1060 , en janvier, par Etienne, légat. 11 ne reste que trois canons sous le nom de ce concile , qui regardent princi-
Salement la simonie et l'incontinence es clercs.
VIENNE (C. de) Fan ma, 16 septembre, par Gui, archevêque de Vienne et légat. Les évêques y jugèrent que l'investiture, reçue «l’une main laïque, etoit une heresie. Ils condamnèrent le privilège extorque par le roi Henri : ils l’anathema lièrent et le séparèrent du sein de l’Eglise, jusqu’à une pleinesatisfartion.
C’est ce que n’avoit point faille pape au roncile de Latran de la même année 1112; mais il confirma celuici par une lettre du 20 octobre.
Au fond , Yves de Chartres ne crojoit point l'investiture permise, mais il ne la croyoit point aussi une hérésie , comme on le voit dans une lettre à Joceran , archevêque de Lyon, écrite cette même année. Joceran lui répond que l’investiture , en soi, n’est point une hérésie; mais que l'bercsie consiste à soutenir qu'elle est permise. Godefroi de Vendôme soutient que l'investiture est une heresie suivant la tradition des pères, et que celui qui l’autorise est un herelique. On le croit le premier auteur qui se soit servi de l'allégorie des deux epees. Tom. X. C.
VIENNE (C. de) l’an ip4,par le légat Pierre de Léon , qui fut depuis antipape, sous le nom d’Anaclet , mais on lie sait rien de ce qui s’y passa.
VIENNE en Dauphine' ( Concile GÉNÉRAL de ) l’an i3w et i3|2,sou$ le papeClément V, qui y présida : c’est le XV.C concile general. 11 fut assemblé pour l’extinction
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de l’ordre des templiers et le rétablissement de la discipline. Le roi Philippe le Del avoit cette afFaire lort a rcenr,et il assista à ce concile, accompagne de son frere Charles de \ alois , et de ses trois fils , Louis roi de Navarre, Philippe et Charles.
Depuis long- temps cet ordre etoit décrié à cause de sa mauvaise foi, de son indocilité et de l’abus qu’il faisoit de ses privilèges. Dans la bulle de convocation du concile, le pape dit qu’il a appris avec douleur, que cet ordre etoit tombe dans l’apostasie,et dans des crimes abominables :
il y est dit encore , que Philippe le i'el , roi «le France , lui a donne des instructions sur ce sujet : qu'il ne l’a fait que par zèle pour la foi sans aucun nmtif d’intérêt, puisqu'il ne prétend rien s'approprier des biens de cet ordre. Nous en avons interrogé , dit le même pape , jusqu'à soixante et douze , en presence de plusieurs cardinaux , et ils ont confessé que dans la réception des 1 f tores , celui qui est reçu renonce à Jesus-Chrîst, craché sur une croix qu’on lui présente , et qu'il fait d'autres actions que l’honnêteté ne permet pas de dire.
E11 France , les templiers avoient été arrêtés dans tout le royaume par l'ordre de Philippe le 1 ici , et la plupart avoient dépose les mêmes faits, c'est-à-dire, des impiétés sacrilèges et des impuretés horribles.
Il est vrai de dire aussi , que pour leur faire confesser ces crimes , on lesappliquoit à la question , et qu’on les y tonrmentoit cruellement : 011 doit ajouter encore, qu’il y a une variété étonnante dans la manière dont les historiens racontent les circonstances de ce triste et célébré evcneinent.
Quoi qu’il en soit , le pape donna encore une autre bulle pour ordonner à tous les évè«iues d’informer contre les templiers qui se tronvoient dans chaque province , et nomma des commissaires pour pro-
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céder contre tout l’ordre. Le grandmaître, Jacques de Molis , d'autres l’appellent Molay, fut cité à Paris devautles commissaires, qui étoient, l'archevêque de Narbonne , les évêques de Bajeux , île Mende , de Limoges, trois archidiacres de differents diocèses : on lui lut ce qu'il avoit confessé devant les cardinaux qui l'avoient interrogé : il fit deux fois le signe de la croix ; témoignant l’horreur qu’il a voit des cri mes qu’on lui imputoit, ajoutant que s'il eût été en liberté il auroit parlé autrement.
On en Drûla cinquante-neuf dans les champs à Paris , près l’abbaye saint Antoine , dont aucun n’avoua les crimes dont on les accusoit : tous soutinrent jusqu’à la fin qu’on les faisoit mourir injustement, ceqni frappa extrêmement le peuple. À Seulis, après un concile tenu par l’archevê- i que de Reims , on en brûla neuf, j qui pareillement désavouèrent à la mort ce qu’ils ayoieat confessé auparavant , et dirent que c’cloit la rigueur des tourments quileuravoit fait confesser des crimes qu'ils n'avoient pas commis.
A ce concile se trouvèrent trois cents évêques sans compterles abbés et les prieurs. Dans la première session, le i3 octobre, le pape fit un sermon dans lequel il exposa les trous causes de la convocation du concile. 11 se passa ensuite un au jusqu’à la seconde session : on l’employa en conférences sur l’affaire des templiers; et tous les évêques furent d’avis qu’on devoit érouter ce que les accusés avoient à dire pour leur defense.
Le aa mars de l’année suivante l 3i2 , le pape , en présence de plusieurs prélats avec les cardinaux , abolit par sentence provisoire l'ordre des templiers , réservant à sa disposition et à celle de l'Eglise leurs biens et leurs personnes.
Dans la seconde session qui se tint le 3 avril i3ia , en présence du
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roi Philippe le Bel , de son frère et de scs trois fils , le pape publia la suppression de l'ordre des templier* qui avoit subsisté cent quatre-vingtquatre ans. On donna leurs bien* aux hospitaliers de l’ordre de saint Jean de Jérusalem , appelés aujourd'hui chevaliers de Malte , à l’except ion des biens situés dans les royau me* de Castille, d’Arragon , de Portugal et de Majorque : rar ils furent destinés à la defense du pays contre le»
Musulmans. A l’egard de la personne des templiers, il fut réglé que ceux qu’on jugerait innocents seraient entretenus sur les biens de l’ordre :
queceuxqui auraient confessé leur* crimes seraient traites avec indulgence, et les impénitents rigoureusement punis: que ceux qui auraient souffert la question sans avouer, seraient réservés et séparés des autres pour être jugésselon les canons.
Le grand-maître, les commandeurs de Normandie et d’Aquitaine qui avoient d’abord été condamnés par trois cardinaux légats, à une prison perpétuelle , parce qu’il»
avoient confessé les crimes dont on les avoit chargés , ayant ensuite rétracté leur confession et soutenu qu’ils étoient innocents , furent remis entre les mains du prévôt ; et Philippe le Bel , sans appeler aucun clerc , et de l’avis de quelquesuns qui etoient auprès lui , les fît brûler dans une petite île où est à présent la place Dauphine. Ils persistèrent jusqu'à la lin à soutenir leur inuocence avec une fermeté qui leur attira la compassion des assistants.
Le pape Clément V avoit mandé à tous les évêques d'apporter au concile de Vienne des mémoires de tout ce qu’il eonvenoit d’y regler pour le bien de l’Eglise. Nous avons deuxde ces mémoires; l'un de Guillaume Durand, evêque de Mende, et, l’autrcd’un prélat dont on ignore le nom , mais qui est un ouvrage digne d’un grand évêque. Ce der--
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nier propose divers moyens pour j Je rétabliscmcnt de la discipline, et le retrancliementde plusieurs abus :
entr'autres, la quantité des excommunications sur des sujets légers ; les voyages frequents des ecclesiastiques a Rome ; la quantité de bénéfices que la cour de Rome donnoit aux ecclesiastiques au préjudice du droit des prélats qui sont sur les lieux , la pluralité des bénéfices , la ■vie de réglée des beneficiers , la superfluité de leur table, et le luxe de leurs habits.
La mémoire de l’évêque de Mende n’est pas moins remarquable : il désire qu’on rappelle l'antiquité , et dit, que de parler contre les anciens canons , c’est blasphémer contre le Saint- Esprit qui les a inspires; il veut qu’on réduise les dispenses à de justes bornes ; il recommande la tenue des conciles provinciaux, etc.
Il propose d’assigner la dixième partie des bénéfices aux pauvres écoliers qui etudient dans les universités, afin de mu Itiplier le nom lire des hommes savants capables de servir l’Eglise : il désire qu’on réforme aussi les universités afin que les écoliers s’appliquent sérieusement à le tu de , que l’on donne aux curés un livre facile à entendre où l’on mette les canons peiiitentiaux avec une instruction solide touchant le sacrement de penitence et les autres sacrements : il demande une sérieuse reforme dans la cour de Rome , dans les evêques , dans tout le cierge , etc.
En ce même concile , on parla beaucoup des exemptions. Les evêques demandoient qu’elles fussent abolies; et que tous les ecclésiastiques. tant séculiers que réguliers leur fussent soumis. Cette demande excita une longue contestation, a." On termina le célébré différend de Philippc-le-Bel avec le pape Boniface VIII. Le cnucile déclara que le pape Boniface, dont Philippe-le-Bel avoit tou;ours pour-
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suivi la condamnation comme d’un hérétique, avoit toujourseté catholique et qu'il n’avoit rien fait qui le rendit coupable d’herésie : niais pour contenter le roi, le pape lit un decret portant qu’on ne pourroit j amais reprocher au roi , ni à ses s uccesseurs, ce qu’il avoit faitcontre Boniface.
Le concile condamna quelques erreurs attribuées à Jean d’OIivi, frere-mineur. On décida que le Fils de Dieu avoit pris les parties de notre nature unies ensemble , savoir , le corps passible et l'âme raisonnable , qui est essentiellement Ja forme du corps. Quiconque osera soutenir , que l'âme raisonnable n'est pas essentiellement la forme du corps humain , doit être tenu pour hérétique.
Dans la troisième et dernière session , le 6 mai , on publia une constitution que le pape avoit faite pour reunir les frères mineurs dont les divisions duroient depuis longtemps, et qui 11e les termina point.
On fit plusieurs reglements louchant les mendiants. On régla en detail la vie que doivent mener les moines noirs et les chanoines réguliers : on condamna les femmes appelées beguiues : on fit un réglement cclcbre sur les hôpitaux , entr'autres , on ordonna que le gouvernement n’en seroit confie qu’a des hommes prudents, capables et de bonne réputation. a.° Le pape, toujoursau nom du concile , fit deux constitutions touchant les privilèges des religieux et autres exempts; l’une pour les défendre des vexations des prélats, l'autre pour retrancher les abus : par celte dernière, il est défendu aux religieux sous peine d'excommuuication ipso fui la; de donner l’extrêmeonction, l’eucharistie (et le viatique) et la bénédiction nuptiale, sans la | permission expresse du cure, et de détourner les fideles de la fréquentation de leur paroisse.
Le pape confirma l’établissement afi