VI. C. p
COMPÏEGNE ( C. de ) l’an 8a3 , tenu sur le mauvais usage des choses saintes. !)■ M.
COMPÏEGNE ( C. de ) l’an 833 assemblée non reconnue et rejetée de tous les siècles , où l’empereur Ixmis-le- Débonnaire fut mis en pénitence publique , et regardé comme ne pouvant plus porter les armes ou comme étant déposé. D..M
COMPÏEGNE (C. de ) l’an 877 , premier mai , assemblé par l’empereur Charies-le-Chauve , et composé des évêques de la province de Reims et de quelques autres-
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11 y fit dédier , avec grande solennité , en sa présence et celle des légats , l’église de Saint-Corneille et de Saint-Cvprien. 1). M.
COMPÏEGNE (C- de) l’an to85. Renaud , archevêque de Reims , y
S résida , assisté de dix évêques et de ix-neuf abbés. Evrard , abbé de Corbie , y fut déposé , et on y confirma les privilèges de l’église de Saint- Corneille. Tom. X. C. p.
COMPÏEGNE (C. de) l’an 109a.
Cire. Rosceün y fut convaincu d’erreur et obligé ae l’abjurer ; mais par crainte d’être assommé par le peuple, comme il le déclara depuis. Il disoit que les trois personnes divines étoient trois choses séparées, comme trois anges; en sorte, toutefois, qu’elles n’avoient qu’une volonté et une puissance , autrement il auroit fallu dire, selon lui , que le Père et le Saint-Esprit s’étoient incarnés ; il ajoutait que l’on pourroit dire véritablement quec’etoient trois Dieux, si l’usage le pemettait. J). M.
COMPÏÈGNE ( Assemblée appelée parlement de) l’ail 1 ig3. L’archevêque de Reims , légat du saint Siégé, prononça avec les évêques, que le mariage au roi Philippe Auguste, avec Ingeburge, était nul, à cause de parenté, lngerburge en appela a Rome. D- M.
COMPÏEGNE (C. de} Tan i?35, 5 août, tenu sur certains articles qui blcssoient la liberté de l’Eglise , selon l’archevêque de Reims. Cet archevêqueet six de ses suft’ragantSj allèrent à Saint- Denis , faire au roi une seconde monition ; ce qui donna occasion aux seigneurs de se plaindre au pape des prélats et des ecclésiastiques par une lettre datée de l’église de Saint- Denis, au mois de septembre de la même année.
On croit aussi que ce fut à l’abbaye de Saint-Den is que le roi saint Louis fit une ordonnance, portant que ses vassaux , et ceux des seigneurs, ne seroient point tenrs ( en matière
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civile) dê répondre aux ecclésiastiques ni à d’autres, au tribunal ecclesiastique ; que si le juge ecclesiastique les cxcommunioit pour ce sujet, il seroit contraint, par saisie de son temporel, à leverl excommunication ; que les prélats , les autres ecclesiastiques et leurs vassaux seroient tenus , en toutes causes civiles , de subir le jugement du roi et des seigneurs. Le pape exhorta saint Louis à révoquer cette ordonnance , par une lettre du i5 février ia3G, où il dit , entr’autrcs choses, que Dieu a confié au pape, tout ensemble , les droits de l'empire terrestre et du celeste; mais il ne par oïl point que le saint roi eût été emu de cette lettre ; car il ne révoqua point son ordonnance : et comme il eut tou jours à cœur de conserver au clergé ses véritables droits, il ne veilla pas moins à défendre ceux de la couronne. Tom.
AI. C.p. Soi Pr. I,t. de CEft. Gai.
c. HI. n 7
COM PIEGNE (C- de) l’an u78, par l'archevêque de Reims avec ses sufTragants. On y fit un decret contre les chapitres des cathédrales qui
Frétendoient avoir droit de cesser office divin, et démettre la ville en interdit pour la conservation de leurs libertés. Tom. A. C.p. io3i.
COMPÏEGNE ( C. de) l’an i3o4, 4 janvier, par Robert de Courtenay, archevêque de Reims, huit evêques, et les députés de trois absents. On y fit des statuts compris en cinq articles. On y remarque ceux-ci : defense aux officiers des seigneurs temporels de mettre à la taille les clercs maries ou non , sous le faux prétexté qu’ils exercent les marchandises, dont ils se rendent juges eux-mêmes, sans permettre aux juges ecclesiastiques d’en prendre connoissance. Ceux qui après avoir été deux ans excommunies, seront morts sans satisfaire à l’Eglise , seront privés de la sépulture ecclésiastique comme suspects d’hé-
COM
résit. Tous les ecclésiastiques de la province se contenteront dans leurs repas de deux mets outre le potage.
Tom. XI. C. p. i4oa.
COMPÏEGNE (C. de) l’an i3sg, le 9 septembre, par Guillaume de Trie, et trois evêques ses sufTragants , avec les députes des autres absents. On y fit un réglementde Vil articles : il y est ordonne, entr’autres à tous les juges ecclésiastiques de porter des censures chacun dans leur territoire, contre reux qui auront viole les droits de l’Eglise ; et aux curés, de les publier tous les dimanches
COMPOSTELLE ( C. de) Composlcllanum , l’an goo , le 6 mai , tenu pour la dédicacé de lanouvelleéglise de Saiut-Jacques, où dix-sept evêques se trouvèrent , avec le roi Alphonse , la reine son épouse , ses iils, treize comtes, et un peuple innombrable. Tom. IX. Cône. p. 5oa.
COMPOSTELLE ( C. de ) Tra 971. Saint Cesaire, abbé, y fut élu et sacre archevêque de Tarragone ; mais l’evêque de Narbonne s’y opposa avec les évêques d’Espagne qui le reconnoissoicnt pour métropolitain. JD. M.
COMPOSTELLE (C. de) l’an io56, on y fit d'excellents réglements sur la discipline. 1). M.
CONSTANCE (C. de) en iog4.
dans la semaine sainte, par Gebehard , evêque de Constance et légat du pape en Allemagne. On y renouvela la defense d’entendre l office célébré par des prêtres simoniaques ou incontinents; et on y fixa les Quatre-Temps du mois de mars à la première semaine de carême , et reux de la Pentecôte , à la semaine de l’octave de la même fête.
CONSTANCE ( C. de ) XVII* concile général. Le pape Jean XX III ( Balthasar Cossa ) etoit fort sollicité par l’empereur Sigismond de tenir un concile général. 11 avoit grand besoin de ce prince pour se defendre contre Ladislas roi de Na-
g es , qui l’avoit obligé de sortir de orne avec précipitation.
Le pape , dans sa bulle de convocation du concile , auquel il invita toute la chrétienté , écrivit des lettres particulières dans tous les royaumes et les états de son obédience. 11 y représenta qu’Alexandre V, son prédécesseur, n’ayant pu achever la reformalion de i'Kgltse dans le concile de Pisc , l’avoit renvoyée au printemps prochain ; que l'empereur Sigismond et lui ctoient convenus de la ville de Constance pour le Heu du concile. Et il se rendit en effet à Constance le a8 octobre de l’an i4i4-
Cette ville se trouva remplie d’une sigrande affluence de monde, que l’on y compta jusqu'à trente mille chevaux, ce qui peut faire juger de la quantité d’hommes. Jean Husserendilà Constance muni d’un sauf-conduit de l’empereur Sigismond.
L’ouverture du concile se fit le 5 novembre , et la première session se tint le seize. Le pape y présida et prononça un discours. On y lut la bulle de convocation , et on nomma les officiers du concile , c'est-à-dire dix notaires, un gardien du concile, les auditeurs de rote, quatre avocats, deux promoteurs ou procureurs, et quatre maîtres de ceremonies.On y lut un canon du XI.' concile de Tolède , tenu sous le pape Adéodat,l’an 675, qui marque la
Dans l'intervalle de la première à la seconde session, on mit en prison Jean Hus , par ordre du pape , malgré son sauf-conduit, et oncommen-
Sa son procès. Ses accusateurs, au’on it avoir étésesennemis particuliers, dressèrentunmémoirede ses erreurs qu'ils présentèrent au pape et au concile: entr’autres, d avoir enseigné publiquement qu'il falloit communier le peuple sous les deux espèces ; que dans le sacrement de
CON , 9t l’autel , le pain demeure pain après la consécration ; que les prêtres , en peche mortel , ne peuvent pas administrer les sacrements, qu’au rontraire toute autre personne peut le faire étant en état de grâce; que par l’Eglise il ne faut pas entend te le pape ni le clergé; que l’Eglise ne peut pas
fiosséder des biens temporels ; et que es seigneurs séculiers peuvent les lui ôter. Et on nomma des commissaires pour instruire son prpcès.
Dans ce même intervalle, beaucoup de seigneurs , tant ecclesiastiques que séculiers, arrivèrent à Constance ; entr’autres le célébré Pierre Dailly, cardinal de Canibray.
L’empereur Sigismond y arriva le a4 décembre : il assista le lendemain, en habit de diacre , à la messe célébrée pontificalement par le pape , et il y chanta l’évangile <le la première messe du jour de Noël.
Dans le moisde fèvrieron vitarriver des députes de Benoît et de Grégoire,qui avoientcauseleschisme, et qui avoient été déchus de toute dignité au concile de Pise, et déclarés s:h ismatiq n es et ennemis de l’Eglise. On tint plusieurs congrégations, et l’on prit des mesures pour engager le papeJean XX 111 à abdiquer le pontificat, à cause de scs vices personnels.
On résolut d'opiner par nations, eton partagea le concile en quatre nations ; savoir , l'Italie , la France , l’Allemagne etl’A ngleterre.On nomma un certain nombre dedéputés de chacune, avec des procureurs et des notaires. Ces députés avoient à leur tête un président que l’on changeoit tous les mois. Chaque nation s’assembloil en particulier pour délibérer des choses qui dévoient être portées au concile. Quand on étoit convenu de quelque article, on l’apportoità une assemblée générale des quatre nations ; et si l'article étoit unanimement approuvé , onlesignoit eton le cachetoit pour le porter dans la session suivante, afin a’yêtre autorise partoutle concile.
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Dans une de ces congrégations', on présenta une liste d'accusations les plus graves contre le pape , et en lui envoya des députés pour l'engager à renoncer de lui-même au pontificat. Il- répondit qu’il feroit tout ce qu’en demandoil de lui, si les deux autres contendants prenoient le même parti : mais il remit de jour en jour de donner une formule claire et précise de sa cession. Pendant ce temps-là , les députés de l'universitéde Paris arrivèrent à Constance , ayant à leur tête le célèbre Gerson , chancelier de cette université , et en même temps ambassadeur du roi Charles VI.
IIe Seat. Le pape y prononça une formule précise , par laquelle il faisoit serment de renoncer au pontificat, si son abdication pou voitéteindre le schisme : elle avoit été dressée par trois nations du concile. Mais comme dans une congrégation , qui se tint ensuite , on proposa de donner un pape à l’Eglise; Jean XXIII, s’étant déguisé en postillon , sortit secrètement de Constance et se retiraàSchafifouse. L’empereur voyant le trouble que la fuite du pape avoit cause dans les esprits, déclara que la retraitede Jean XXIII n’enipêcboit pas le concile de travailler à la réunion de l’Eglise. Gerson, de concert avec les nations , fit un discours pour rétablir la supériorité du concile au-dessus du pape.
Ce discours fut l'origine de laquestion qui fut vivement agitée alors, si le concile est au-dessus dunapeou non. Gerson prouva que l’Eglise ou le concile a pu et peut , en plusieurs cas , s’assembler sans un exprès consentement ou commandement du pape , quand même il auroit été canoniquement élu , et qu’il vivroit régulièrement. Or ces cas sont, selon cet auteur, si le pape étant accusé et tiré en cause pour écouter l’Eglise, refuse opiniatrément de l'assembler, a. o S’il s’agit de matières importantes concernant le
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Snnvernement de l'Eglise, et qui oivent être terminées dans un concile général que le pape ne veuille pas convoquer. Ce discours contient douze propositions, dont la dernière est , que l'Eglise n’a point de moyen plus efficace pour se réformer elle-même dans toutes ses parties., que la continuation des conciles généraux et provinciaux. Labbt ColUci. Cône. tom. XII. p. 16.
Gerson. Oper. Tom. II. Pari. II. p.
aoi.
HP-Sar. Le cardinal de Florence y lut une déclaration faite au nom du concile , par laquelle il est dit ; i.° que ce concile est légitimement assemblé. a.° Que la retraite du pape ne le dissout point , et qu’il ne sera point séparé jusqu'à ce que le schisme soit éteint, et l'Eglise réformée à l’égard de la foi et de* mœurs. 3.* Que le pape Jean XX11F ne transférera point hors de la ville de Constance, la cour de Rome ni ses officiers, et ne les obligera point à le suivre, si ce n’est pour cause raisonnable et approuvée du concile. 4-° Que toutes les translations des prélats , privations de bénéfices, etc. , faites par ce pape , depuis sa retraite , seront de nulle valeur.
iV» Ses s. L’empereur y assista. Le cardinal de Florence y lut les articles dont les Pères du concile étoient convenus. Le décret.le plus remarquable porte, que le dit concile de Constance, légitimement assemblé au nom du Saint-Esprit , faisant un concile général , qui représente l’Eglise catholique militante, a reçu immédiatement de Jésus-Christune puissance à laquelle toute personne , de quelque état et dignité qu’elle soit , même papale , est obligée d’obéir dans ce qui regarde la foi, l’extirpation du schisme, et la. «formation de l’Eglise dans son chef et dans ses membres.
Ve Sets. Premier avril. On y relut les articles qu'on avoit déjà lus dans
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la IVe session , et ils furent approuvés unanimement, dans la même forme que les decrets des autres sessions.
L’assemblée du clergé de France, de l'an 168a, qui, dans les quatre articles célébrés qu’elle dressa, fit une déclaration nette et précise de la doctrine de l'église gallicane , sur l’autorité des deux puissances, l'ecclésiastique et la temporelle , déclara,dans le second de ces quatre articles , son attachement inviolable aux décretsdu saint concile œcuménique de Constance , contenus dans les sessions IV et V , coinme étant approuvés par le saint Siège apostolique , confirmés par la pratique de toute l’Eglise et des pontifes romains, et religieusement observés de tout temps par l’église gallicane.
La mfme assemblée ajoute qu’elle n’approuve pas l’opinion de ceux qui donnent atteinte à ces decrets, qui les affaiblissent, en disant que leur autorité n’est pas bien établie:
qu’ils ne sont point approuvés, ou que leur disposition ne regarde que le temps de schisme, puisqu'ils furent confirmés à Bâle , et après l’extinction du schisme.
On conclut, dans cette session, que l’empereur pourroit faire arrêter tous ceux qui voudroient se retirer de Constance eu habit déguisé
Vf' Sess. et saie- Le 17 avril. L’empereur y assista. On fil sommer le pape Jean XXU1 de venir au concile, ou de donner une bulle, par laquelle il déclareroit qu’il n’étoit plus pape; mais on vit par la répo»se qu’il fit aux députes , qu’il n’avoit d’autre dessein que d’amuser le concile. Les Pères résolurent dèslors de procéder contre lui , comme contre un schismatique et un hérétique notoire. On lut les lettres de l’université de Paris à ses propres députés au concile et à l’empereur, dans lesquelles elle exhorloit les uns et les antres à ooursuivre con-
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stamment l’affaire de l’union malgré l’absence du pape.
Dans l’intervalle de la sixième à laseptième, ilveutdes contestations entre les théologiens sur la manière dont devoit être conçu le décret , portant condamnation des erreurs de Wiclef. Plusieurs vouloientque ces articles fussent condamnés, au nom du pape , par l’approbation du concile. Les autres prétendoient qu’il ne falloit faire mention que du concile , sans parler du pape. Pierre Dailly , cardinal de Cambray, fut de ce dernier sentiment, et il composa dès-lors un mémoire pour appuyer son avis. 11 y soutient , par de solides raisons, que c’est une erreur et même une hérésie de prétendre , comme font les adversaires, que le concile n’a aucune autorité par luimême, mais seulement par le pape qui en est le chef, parce qu’il s ensu ivroit de là que le concile de Pise n’au roit point eu d’autorité , n'ayant été assemblé paraucun pape, et que par conséquent Jean XXIII auroit été mal élu, puisqu'il auroitsuccédé à Alexandre V , élu par ce concile.
2.0 Que ce même concile a été évidemment au-dessus du pape , puisqu'il en a déposé deux, et que tout autre concile général en peut user de même : d’où il conclut que c’est une opinionevidemmentfausse de prétendre, qu’il n’y a que le pape qui ait le droit de décider dans un concile ; que le concile n’a que celui déconseiller : que le pape peut ne pas suivre l’avis ou la deliberation du concile, au lieu qu’il faut s’en tenir au sentiment du pape quand même il seroit opposé à celui du concile; et pour montrer la fausseté’ de cette opinion , il soutient que l'Eglise universelle , et par conséquent le concile qui la représente , a reçu de Jésus-Christ , et non du pape , le privilège de 11e point errer dans la foi ; privilège que le pape n’a point , puisqu’il peut errer. Gcrson üper. Tom. JJ.p. ySo