‹ Dictionnaire des concilesChapitre 60 sur 263 · XII · texte numérisé non relu

XII

XLI Ve Srss. Le pape y fit lire une bulle, par laquelle, pour satisfaire au décret de iatrente-neuvièmesession , il nommoit , avec le consentement des Peres , la ville de Pavie pour la tenue du prochain concile.

X LV' et dernière Srss. Le 2a avril i4-i8- Le pape lut un discours après une messe solennelle ; et un cardinal, par ordre du pape et du concile, dit aux assistants ; Messieurs , allez en paix. Ce concile dura trois ans et demi.

CONSTANTINOPLE (Conciliabule de) l’an 336 , convoqué par les eusébiens (c’etoit la principale

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branche des ariens ) , dans la vue de faire recevoir Arius d’une maniéré éclatante dans Constantinople : ils firent convoquer cette assemblée des diverses pro\ inces du Pont, de Cappadoce, d’Asie , de Phrygie , de Rithynie, de Thrace et d’autres parties de l’Europe.

Saint Alexandre, évêque de Constantinople, voyant que les cusebien* y dominoient , s'efforça de les faire séparer, mais il ne le put. On y traita l’affaire de Marcel d’Ancyre , qui avoit toujours été fort attaché à saint Athanase. On l’accusa de sabellianisme ; c'étoit le reproche ordinaire que les ariens faisoient aux catholiques : on le déposa et on l’excommunia. Les eusebiens y dressèrent une profession de foi, dans laquelle, par des explications captieuses , ils déclaroient en quel sens ils approuvoient le mot de consubstantiel. Mais leur principal but, dans ce concile, etoit le rétablissement d’Arius. Car saint Alexandre, n’ayant pu empêcher l’empereur de faire venir Arius à ce concile, avoit déclaré qu’il ne le recevroit point dans son église. Cependant , voyant que les eusebiens ctoient les maîtres , et que l’impie Arius etoit sur le point de réussir dans son dessein , il s’enferma dans son église , se prosterna au pied de l’autel , couché le visage contre terre , et étendant ses mains vers Dieu , il lui demanda , avec larmes, de venir au secou rs de ses’scrv iteursparquclque signe éclatant. Le prêtre Macaire ui étoit avec lui , et de la bouche uquel saint Athanase l’apprit, entendit qu’il disoit à Dieu : « S’il » faut, Seigneur , qu’Arius soit de- » main reçu dans l’Eglise, délivrez » votre serviteur des liens de ce “ corps , et ne perdez pas le juste "avec l’injuste; mais si vous avez >> encore pitié de votre Eglise, et « je sais, Seigneur, que vous en au- » rez pitié; ne permettez pas que >> votre héritage tombe dans l'avi-

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» lisse ment et dans le mépris : ôtez » Arilis du monde, de peur que » s’il entre dans votre Eglise , il ne * semble que l'hérésie y eutre avec » lui, et que l’impiété ne passe dé- » sonnais pour la pieté. » 11 parnît ne Dieu exauça les vœux ardents e son serviteur ; car, pendant que les eusebiens menoient , comme en triomphe , Arius dans les nies de Constantinople pour le faire entrer solennellement dans l'Eglise, cet hérésiarque , se sentant pressé d’un besoin naturel, fut obligé de quitter son cortège , et d’aller dans un lieu où il mourut subitement, apres avoir perdu une grande quantité de sang. Tout le monde attribua cette mort aux prières de saint Alexandre, ainsi qu’à celles de saint Jacques de Nisibe , qui etoit alors à Constantinople et qui engagea les fidèles de faire, pendant sept jours, des jeûnes et des prières pour détourner le malheur qu’il craignoit.

CONSTANTINOPLE ( faux C.

de ) l’an 36o , par les acariens, pour renverser tout ce qui s’etoit fait au concile de Seleucie : il y eut environ cinquante evêques, à la tête desquels etoit Acace de Césarée et Euaoxe d'Antioche. Ils y firent venir les évêques de Bithynie. Ou y confirma la formule de Riniini : on la fit signer par tromperie aux semiariens, et à tous les autres de rassemblée, en leur promettant de condamner le dogme des anoméens : ce qu’on ne fit pas. Le concile déposa Aèce du diaconat , et le chassa de l’Eglise, à cause de ses écrits impies.

Cette condamnation , au fond , étoit pour obéir à Tordre de l'empereur, et tâcher d’ôter l'impression qu'on avoit donnée à Constance, qu’ils auivoient la doctrine de cet alliée.

Ainsi il se trouva condamné, nonseulement par la souscription des orthodoxes, maisde ceuxmêmes qui étoient dans ses sentiments. On prononça aussi une sentence d’excom-

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munication contre dix évêques qui refusèrent de signer cette condamnation. Aère fut d'abord banni dans la Cilieie , ensuite sur les confins de la Pisidie où il publia son hérésie plus impudemment que jamais Ensuite les mêmes évêques du concile déposèrent plusieurs autres évêques semi-ariens, qui furent bannis, entr’autres Macedonede Constantinople, comme coupable d'un graud nombre de meurtres. On prétend que ce fut alors qu’il se déclara contre la divinité du Saint-Esprit. 11 ne faut pas s'imaginer, dit M. de Tille— mont , que tous les crimes qu'on alleguoit contre ces prélats fussent bien prouves. Leurs actions furent examinées sans observer aucune loi.

Car ces évêques, pour satisfaire leur passion contre les scmi-ariens,étoient en mêmetemps les accusateurs et les juges.

Les acaciens , ayant chassé et dépose tous ces evôques , partagèrent entr’enx leurs églises comme il leur plut. Bien plus, ils envoyèrent par tout l’empire b formule de Bimini, avec un ordre de l’empereur, que tous ceux qui refuscroient de la signer , seroient envoyés en exil; Acace et Eudoxe d’Antioche, n’ayant point de plus grand désir que d'abolir , s’ils l'eussent pu , la foi de Nicée. Cette exaction fut la source d'une infinité de maux : elle remplit l’empire de trouble , et exposa les églises à une persécution e'galeà celle des empereurs païens. « La sou- » scription, dit l’auteur ci-dessus, fut >■ une des dispositions nécessaires » pour entrer et se conserver dans » l’épiscopat. Ceux qui avoientparu >* invincibles jusqu’alors cçdcrent à >• cette tempête : si leur esprit ne tom- » ba pas dans Tbercsie, leur main y •< consentit : peu s’exemptèrent de » ce malheur, n’y ayant eu que leur » vertu qui les fit résister genéreu- » sement. Dieu les conserva, afin » qu’il restât encore quelque se- » mence et quelque racine pour

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» faire refleurir Israël et lui donner » une nouvelle vie par les influences » du Saint-Esprit. >•

Saint Hilaire de Poitiers, qui étoit pour lors à Constantinople, tut de ce nombre. Voyant que la foi étoit en péril , parce que les évêques occidentaux avoient été trompés par la formule qu’on leur avoit fait recevoir àRimini, demanda audience àl’empereurparun écrit, où il fait voir 1 abus de tant de formules de foi , et il s’offrit d'en prouver l'absurdité en présence du concile; mais les ariens ( ou acaciens ) refusèrent son défi , et le firent renvoyer à Poitiers comme un homme qui troubloit l'Orient.

Saint Jérôme marque , sur cette année , que des évêques , en grand nombre, s'oublièrent jusqu’à faire nnion avec les ariens , sous prétexte d’avoir la paix , et d’obéir à l’empereur.

Voilà , dit saint Grégoire de Nazianze, quelles furent les suites de l’absence de saint Athanase. Voilà quels furent les ravages que les ennemis de la vérité firent dans l’Eglise, après avoir banni ceux qui en etoient comme les gardiens. Sozom- IV. c. 1 4- Scv. Sulp. p. 4.3a. Grcg. or. ai. p. 38q.

CONSTANTINOPLE ( C. de ) second concile général , l’an 38 1.

Ce fut par l’ordre de l’empereur Théodose que ce concile fut convoqué. Les principaux sujets de cette convocation furent d’y faire confirmerla foi de Nicée, de donner un évêque à l’église de Constantinople, ( de travailler à la réunion des églises ) et faire des réglements pour le bien de l’Eglise. Les évêques y vinrent de toutes les provinces de l’Orient hors l’Egypte. On en compte cent cinquante , selon la plus commune opinion. Les souscriptions marquent tes noms de cent quarantedeux. Les plus renommés de ces évêques etoient saint Mélèce d’Antioene, saint Grégoire de Nysse,

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saint Pierre de Sébaste son frère , saint Amphiloque, saint Pelage de Laodicée, saint Euloge d’Kdessc, saint Cyrille de Jérusalem , Ilellade de Césarée en Cappadoce , Diodore de Tharse, Acace de lieree. Il n’y a point eu de concile dans l’Eglise, dit M.de Tillemont, où l’on trouve un plus grand nombre de saints et de confesseurs ; mais il y en avoit aussi qui avoient dés qualités bien différentes.

On ne voit point qu’il y ait eu ni lettres, ni députés envoyés de la part de Damase , ni des autres Occidentaux. Théodose n’avoit assemblé ce concile que de l’Orient, parce que les erreurs que l'on y vouloit condamner 11’a voient cours qu’en Orient. Saint Mélèce présida d’abord à cette illustre assemblée; mais ses incommodités l'obligerent souvent de s’en absenter.

On traita d’abord de ce qui regardoit l’eglisc de Constantinople :

on déclara que Maxime , nommé le cynique , n’avoit été et n’etoit point évêque; que son ordination et tout ce qu’il avoit fait en cette qualité étoit illégitime, et qu’il étoit un usurpateur du siège de Constantinople. On élut à sa place saint Grégoire de Nazianze ; 011 fit violence à sa modestie , on l’obligea , malgré ses gémissements et ses cris, d’accepter le siège de Constantinople, et on le plaça comme malgré lui sur le siège épiscopal.

Sur ces entrefaites, Dieu retira, à lui saint Melèce , au milieu de ce grand nombre d’évêques qu’il avoit rendus témoins de sa piété. Après sa mort , ce fut saint Grégoire de Nazianze qui présida au concile. Ce grand évêque fit alors tous ses efforts pour qu’on laissât Paulin gouverner l’église d’Antioche : c’etoit dans la vue d’apaiser le schisme qui divisait cette église ; mais tous ses soins furent inutiles. Les évêques d’Egypte et de Macédoine qui arrivèrent, s'opposèrent à ses bons de*ç.

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seins, se montreront ses ennemis, Ct critiquèrent son élection sur ce prétexté qu’étant e\ êque d’un autre siégé , on l'avoit fait passer a un autre. Ce qui porta saint Grégoire ii l'action la plus hcroique, qui fut de supplier les evêques de lui permettre de quitter le siégé de Con stantinople, si sa démission desoit procurer la paix : ce qu’il fit en effet, après avoirdeja fait regner l'ordre et la pieté d’une maniéré ad mirabledans l’eglise de Constantinople. On mit à sa place Nectaire.

Dans cet intervalle, Théophile d’Alexandrie présida au concile. Nectaire avoit ete prêtre de cette ville ; et, bien loin de s'être exerce dans les degrés inférieurs comme les canons l'ordonnent , il n'etoit pas encore seulement baptisé. Plusieurs disent qu’il fut élu par le parti des évêques qui avoient montré le plus de passioncontre saint Grégoire. D'autres , qu’il fut enlevé par le peuple dont il ctoit aimé à cause de sa douceur , et qu’il fut sacré par les cent cinquante évêques , dont plusieurs , selon Sozomène , s'étoient d’abord opposés à son elertion. Quoi qu’il en soit, ce fut Nectaire qui présida au concile aussitôt après son élection.

On ne sait pas précisément en quel temps les actions suivantes du concile se passèrent.

On travailla à réunir les macédoniens , et on leur proposa de recevoir le concile de Nicce ; mais ils aiitièrent mieux se retirer, etle concile les déclara hérétiques. On fit ensuite plusieurs canons.

Le même concile renouvela , par son second canon , l’ancienne loi de l’Eglise, autorisée par les quatre, cinq et sixième canons de Nicée , qui vouloient que les élections des evêques de chaque province se fissent par ceux de la province même, et par les prélats voisins que ceux-ci vondèoierit appeler : ce qui est dit non-seulement à l’égard desj élec-

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lions, mais encore dans les autre* affaires de l’Eglise; cependant ou il’en doit pas conclure que les évêques prétendissent défendre d’appeler à Rome. Ce même canon donne à l’eglise de Constantiuople la prérogative d’honneur ou le premier rang après celle de Rome , par cette seule raison que Constantinople étoit la nouvelle Rome : aussi ce canon a-t-il beaucoup souffert de difficultés de la part de Rome ; et les suites en ont été fort importantes; car au lieu d’une simple dignité pour le siégé de Constantinople , ce fut bientôt une juridiction fort elendue.

Le sixième canon , qui ne se trouve point dans le recueil de Denis-le-Petit, regarde la discipline de l'Eglise, et veut que toutes sortes de personnes soient admises à accuser les evêques et les autres ecclésiastiques des torts qu’elles prétendront en avoir reçus; mais que pour ce qui regarde les matières ecclésiastiques,on ne doit poiutrecevoir pour accusateurs ni les hérétiques, ni les schismatiques , ni les personnes excommuniées ou déposées , ou accusées de quelque crime, avant que de s’être justifiées.

Le septième réglé la manière dont les heretiques doivent être reçus dans l’Eglise; c’est-à-dire que les uns seront seulement obligés de donner une requête et d’anathématiser toutes sortes d’hérésies , après quoi ils seront signés pour recevoir le Saint-Esprit, et oints du saint chrême au front, aux yeux, au nez , à la bouche et aux oreilles , et que les autres seront reçus comme païens , catéchises , exorciséset baptisés. Le concile avoit en vue diver»

hérétiques. Au premier rang étoient les ariens , les macédoniens , les novations, les quartodécimans et les apollinaristes. Dans le second étoient les eunomiens , les montanistes , les sabelliens et autres ; mais ces hérétiques , que le concile ordonne de

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baptiser , ou n’avoient point du tout reçu le baptême, ou ils ne l’avoieut point reçu dans la forme de l'Eglise.

Pour ce qui regarde la foi, le concile condamne les ariens et leseunomiens , qui combattoicnt la divinité il u Verbe, les macédoniens qui refusoient de reconnoitre celle du Saint-Esprit, et les apollinaristcs , qui ruinoient la vérité de l'Incarnation. Les uns et les autres l’avoient déjà été par divers conciles particuliers.

Le concile décida i.° que le Saint- Esprit est consubstantiel au Pereet au Fils, a.0 11 confirma le concile de Nicée, et anatbématisa par écrittoutes les nouvelles hérésies. 3.° Après avoir approuvé ce que les autres conciles avoient fait de bien, il fit une profession de foi plus étendue , dans laquelle on croit , avec juste fondement , que le symbole , que l’église latine et la grecque chantent à la messe , étoit contenu : il comprend celui de Nicec tout entier , avec quelques additions; les unes touchant le mystère de l'Incarnation, à cause des apollinaristes ; et les autres sur le Saint-Esprit, à cause des macédoniens. Ainsi après ces mots du symbole de Nicée : il t'est incarné, celui de Constantinople mit ceux-ci : par le Saint-Esprit et de la vierge Marie. Le symbole de Nicee disoit seulement : il a souffert , est ressuscité le troisième jour , est monté aux cieux et viendra juger les vivants et les morts ; le symbole de Constantinople dit : il a été crucifié pour nous sous Ponce-Pilate ; ilasoufTcrtetaété enseveli; il est ressuscité le troisième jour, suivant lesécriturcs;ilest monté aux cieux; il est assis à la droite du Perc, et il viendra encore avec gloire juger les vivants et les morts : son royaume n'aura point de fin.

Le symbole de Nicée disoit simplement : nous croyons aussi au Saint-Esprit , et ne parloit point de J

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l'Eglise. Celui de Constantinople dit ; nous croyons aussi au Saint- Esprit, Seigneur et vivifiant, qui procède du Père , qui est adoré et glorifié avec le Pere et le Fils, qui a parlé par les prophètes. Nous croyons en une seule Eglise , sainte , catholique et apostolique :nous confessons un baptême pour la rémission des péchés : nous attendons la résurrection des morts , et la vie du siècle futur. Amen.

Tout le commencement du symbole du concile de Constantinople est le même que celui de Nicée :

c’est ce symbole de Constantinople ■que l’on dit à la messe.

Ce concile fit ces additions pour expliquer davantage les articles attaqués par les hérétiques et exclure les faux sens qu’ Apollinaire, Valentin et Macédone lui donnoient.

Par ce moyen , dit M. de Tillemont , ce symbole si sage , si sain-, taire et si digne de la grâce de Dieu qui le produisoit, fut suffisant pour nous instruire parfaitement de la véritable foi touchant le Père, le Fils elle Saint- Esprit, et le mystère de l’Incarnation. Le concile dit seulement que le Saint-Esprit procède du Père; les Latins y ont depuis ajouté , et du Fils : addition qui fut dans la suite une occasion aux Grecs de se plaindre des Latins. Cette addition Fitioepu commença en Espagne l’an 4-47- Les églises de France ont fait ensuite la même chose, et celle de Rome les a imitées après le

ne nous reste que le symbole et les canons avec la lettre qui les adresse à Thcodosc. Ce concile est reconnu

pour le 2e concile œcuménique par le consentement que l’Occident a donné depuis à ce qui avoit été décidé touchant la foi. Theod. !.. F. e.

7. et 8. P- 711. c Sozom. I. V. c. 8. p. y 1 4. a. Chron. Prosp. Facund. I. F.

r CONSTANTINOPLE (C. de)

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fan 38a, terni pour apaiser les divisions d’Antioche, dont Flavien avoit été nomme évêque au concile de Constantinople precedent, du vivant de l’évêque Paulin. La plupart des évêques qui avoient composé le dernier concile se trouvèrent à celui-ci. On ne sait rien de bien positif de ce qui se passa à ce concile, sinon qu’on y confirma l'élection de Flavien : ils écrivirent une lettre aus Occidentaux pour s'excuser d’aller au concile de Rome qui se tenoit dans le même temps, carsaint Ambroise et les évêques d'Italie s’étoient plaints que les Orientaux s’étoient assemblés pour fuir le concile de Rome. Ils ajoutent à cela une déclaration expresse de lenr foi, tant sur la Trinité que sur l’Incarnation.

Ils disent ensuite que les canons de ISîcée voulant que les ordinations de chaque province’ se fassent par les prélats «le la province même, c’ctoit selon les réglés que Nectaire avoit été élu évêque de Constantinople, dans le concile œcuménique de ce nom, et qu'ils avoient reçu l’élection de Flavien pour le siège d’Antioche faite par tout le diocèse d’Orient , et reconnu saint Cyrille pour légitime csêque de Jérusalem. Throd. I V. c. 9/j. 7 1 4 - CONSTANTINOPLE (C. de) l'an 383, Théodose y assembla, de tous côtés les cvêqnes de toutes les sectes pou ries réunir toutes; elles furent toutes condamnées par l’empereur, excepté la catholique. Il faut croire que re prince consulta les évêques catholiques qui étoient à ce concile. Socrate dit , qu’ayant lu leurs diverses confessions de foi, il rejeta toutes celles qui divisoient la Trinité , et n’approuva querelle du consubstantiel. Pag. Fl. Soc. V. c 10. Sozom. VII. c. ia.

CONSTANTINOPLE (C. de) l’an 3q4> le 29 septembre, tenu pour là dédicacé de l’Eglise des apôtres, bâtie par Ruffin, préfet du prétoire, alors tout-ouissant , et

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que Ton croit avoir fait assembler les évêques pour rette cérémonie.

On y traita d abord du différend de Ragade et d’Agape , qui se disputaient l’cvêché de Rostres , métropole de l’Arabie. Nectaire de Constantinople nresidoit en présence de Théophile a Alexandrie , et de Fia— vien d’Antioche. On y décida que le nombre de trois évêques, qui est suffisant pour l'ordination, ne suffit point pour la déposition.

CONSTANTINOPLE (C. de) l’an 4o3, tenu par quarante évêques en faveur de saint Jean Chryssostôme , injustement déposé au concile du Chêne, pour avoir refuse d’ycomparoître : l'empereur l’exila, mais son exil ne dura qu'un jour, et il revint comme en triomphe à Constantinople.

CONSTANTINOPLE (faux C.

de) 4o3- Saint Jean Chrysostôme y fut déposé une seconde fois. On prétendit y faire valoir contre ce saint le quatrième canon du concile «l'Antioche, qui dit, que si un évêque déposé par un concile ose s'ingérer dans le ministère, il n'aura plus d’espérance d’être rétabli dans un autre concile. Les ennemis de saint Ohrysostômepretendoient qu’il était dans le cas de ce canon; mais ses amis soutenoient que ces canons avoient «'té faits par les ariens , contre saint Athanase. Malgré cette raison, la cabale formée par les évêques , qui avoient été séduits par la libéralité de la cour, et la haine de l’impératrice F.udoxie contre ce saint , l’emportèrent sur son innocence. Il fut chassé de Constantinople par un ordre de l'empereur Arcade, et envoyé à Cucur.e en Arménie. Ce prince , il est vrai , dit iAcacede Reree et à Anliochus de PtolemaVde , qu’ils prissent garde de lui avoir donné un mauvais avis; mais ilsdirent hardiment -.nous prenons sur notre tête la déposition de Jean ; tous ceux qui étoient attachés à saint Chrysostome souffrirent

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«ne cm file persécution. Alsace fut élu en Sa place. Fl. HUl. Eccl. Paltad. p. 77. Socr. VI. c. 18. Sozom. VIII.

* ao.

CONSTANTINOPLE (C. de) Fan 4?6, pour y ordonner l’évêque Sisianius.

CONSTANTINOPLE (C. de) Tan 44®i 8 novembre , tenu par

saint Flavien , évêque de Constantinople , pour la condamnation d’Eutycbès. Eusèbe de Dorylée y présenta une requête contre cet hérésiarque , dont il est tres-importan t de faire connoitre ici la personne et les erreurs.

Eutychès étoit abbé d'un monastère considérable , hors la ville de Constantinople, et faisoit grande profession d'humilité ; il etoit déjà fort avancé en âge lorsqu'il commença à passer pour hérétique.

Saint Léon l'appelle un vieillard egalement imprudent et ignorant. En effet, il 11'avpit aucune érudition ni aucun {aient. Mais son ignorance étoit accompagnée d'orgueil ; car ce qui le fit tomber dans terreur, fut uue , dans les obscurités du mystère pe l'Incarnation, U aima mieux suivre son propre esprit que de s’en tenir à fa doctrine de l'Eglise. S’étant mis dans l’esprit de combattre l’héresie de Nestorius , qui vouloit , selon ses propres expressions , que le Fils de la Vierge ne fût qu'hommc , et non pas Dieu , il soutenoit qu'il étoit Dieu , et tellement qu’il n’étoit pas véritablement homme , et p’avoit que l'apparence et non la vérité du corps humain.

Nestorius ne vouloit pas que le Verbe se fût fait homme en unissant la nature humaine à sa nature divine , et Eutychès vouloit qu’il se fût fait homme , en ne faisant de la nature divine et de la nature humaine qu'unestibstance et une nature.

Le principal point de son hérésie, et qui a cte embrassé par toutes les branche» sorties de ce mal heureux tronc, , ejqt qu’il çrqyoit qu’il n'y g qu’une j

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seule nature en Jésus-Christ, et qu’on ne peut point dire qu'il y en ait deux ; car if soutint opiniâtrement cette erreur dans le concile dont il est ici question , sans la vouloir corriger.

Pour la rendre moins odieuse, il disoit que Jésus-Christ étoit de deux natures avant l'union , mais qu’après l'union ces deux natures n’en'faisoient qu’une. Celte erreur entrafnoit d'étranges conséquences; rar Eutychès , en ôtant à Jésus • Christ la vérité de la nature humaine , lui Ôtoit la qualité de médiateur ; il détruisoit la vérité des souffrances , de la mort et de la résurrection du Sauveur , puisque toutes ces choses appartiennent à la nature humaine , et non à l'apparence du corps passible et mortel ni à la divinité même , puisqu'il s'ensuivrait de là que c’étoit la divinité même qui avoit souffert U croix et la mort , et qu'en un mot , Jésus-Christ étoit un homme faux ou phantastique , et un Dieu paisible.

Il parut qu’Eutyehès. s’engagea peu à peu dans cette erreur, par son aversion pour ceux qu'il s’imaginoit être nestoriens ; tels que Diodore de Tharse et Théodore de Mopsueste. Il répandit ensuite le venin de son heresie , non par des écrits, mais par desdiscours, dont il’ entretenoitee grand nombre demoiues qu ’ il gou vernoî t , sous prétexte de leur donner des instructions ainsi qu’à des séculiers. I! fut assez malheureux pour réussir dans ce dessein et faire tomber beaucoup de personnes simples etpeu instruites dans la foi. Celte heresie avoit déjà fait des progrès dès l'année precedente, puisque Theodoret la combattoit alors par ses discou rs et par ses écrits. Eusebe de Dorylee fut celui dont le zele se signala le plus en cette occasion; et on doit le regarder comme la principale cause de la première condamnation d’Eutycbes. N’etant

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• encoreque laïque, il s'étoit déjà élevé ! cite au concile, répondit aux députés contre 1 impiété de Nestorius. qu’il ne pouvoit venir au concile , Après avoir essaré en vain de parrcque, des le commencement de faire revenir F.utycbr» de son er- sa retraite , il a voit forme la resolyretir , il avertit saint Fiavien de ce tiondenc jamaissortirdesonmonasqui se passoit ; et profitant de foc- tere; qu’F.usebeetoitson ennemi; et, casion du concile que tint saint Fia- parlant de sa croyance , il dit que , arien , touchant quelque diflerend quand intime on lui montreroit, survenu entre le métropolitain de dans les Peres, que Jésus-Christ est la Lydie et deux de ses snfTragants , de deux natures unies hypostatiqueil présenta une requête au concile, ment , il ne le recevroit point, par laquelle il arcusoit Kutychès Les députés ayant fait leur rapd'hérésie, et demanda par le* consi- port , dans la troisième séance , de dérations les plus pressantes qu’on la réponse d'Eutychès , le concile ne négligeât point cette affaire, et jugea à propos de le faire citer une qu’on fit comparoître Eutyches; ce seconde fois : et, dans cet intervalle, qui (ut aussitôt ordonné. on vérifia , dans le concile , qu’Eu-

Dans la seconde seance du 18 tychès envoyoit signer dans les monovembre,où il se trouva dix-huit nasteres un tome ou écrit dont on évêques , on lut , sur la demande ignorait fauteur , et qu'il travailloit d'Eusèbe , la seconde lettre de saint a faire déclarer les moines pour lui. Cyrille a Nestorius , confirmée par Les députés du concile étant ailes le concile d’F.phèse , et celle par la- trouver Eutvchès pour le sommer quelle il s'etoit reuni avec les ürien- une seconde fois de comparoître au taux. Après cette lecture , Eu- concile, il persista à dire qu’il ne se Le déclara que ces lettres conte- pouvoit pas violer la résolution noient sa foi, que c’étoit par elles qu’il avoit prise, et voulut même qu'il combattoitreuxquiattaquoient exposer ce qu’il croyoit. Marnas, la doctrine de l'Eglise. Saint Fiavien un des députés, lui ayant demande déclara qu’il recevoit ces deux par quelle nature le Verbe avoit lettres, et exposant plus particulie- voulu relever la nature humaine , rement sa foi sur lemystere de fin- il éluda la question en demandant carnation, il dit que Jésus-Christ qu'on lui montrât les deux natures est Dieu parfait et homme parfait, dans l’Ecriture sainte, et qu'il ne consubstantiel à son Père selon sa consentirait jamais à ce ternie- Les divinité , et à sa mère , selon son députés ayant rapporte la réponse humanité : que des deux natures d’Eutychès au concile, il fut dit unies en une seule hypostase et en qu'on le citerait pour la troisième une seule personne , il résulte apres et derniere fois. Eutyches n’attendit ('Incarnation un seul Jésus-Christ, pas la troisième citation : il envoya Après cette exacte profession de au concile l'abbé Abraham pour foi que tous les évêques approu- parler de sa part; mais on lui dit vèrent par leurs avis, et qui le fut que c’étoit à Eutyches à venir se encore authentiquement dans la justifier lui-même. Dans le même suite par le concile de Calcédoine . temps , la troisième citation lui il ajouta : quiconque admet une ayant été faite , il dit qu’il viendrait croyance contraire, nous le séparons au concile le lundi suivant aa nodes miristres de l’autel , et du corps vembre.

sacré de l’Eglise. Tous les evêques Les Pères , à la prière de Fiavien confirmèrent la doctrine de saint qui eloit plein de charité pour lui , Fiavien , et opinèrent de même, accordèrent ce delai; mais Eutyches Cependant Eutyches , qui avoit etc en profita pour recourir à la puis-

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sance ae Chrysape , dont il étoit le parrain ', et sous prétexte que sa vie étoit en danger s’il se présentait au concile, il en obtint une nombreuse escortede soldats et d’officiers du Prétoire, pour l’accom-

Sagner au concile. L’empereur Théoose lui donna même le patrice Florentins pour assister au jugement du concile , à quoi saint Flavien s'opposa , représentant combien il étoit étrange de voir un officier de la cour assister à une ailairede cette nature , mais ce fut inutilement.

Le jour de la séance, aa novembre, les evêques s’etant assembles au nombre d’environ trente, on demanda si Eutychès étoit venu; et, comme on falloit chercher, il arriva avec un grand éclat, accompagne d’un grand nombre de moines et de soldats. Un officier présenta au concile une lettre de l'empereur, sur le choix qu’ il avoit fait de Florentius , pour assister à ce qui se passeroit dans l'assemblée. Cette lettre lue, on fit des acclamatious à l’empereur , et Florentius arriva

fieu après. Le concile fit d’abord ire les actes desseanres précédentes.

On demanda à Eutychès s’il croyoit l’union des deux natures, et il dit u’il la croyoit selon son idée des eux natures avant l’union. Eusèbe lui demanda s’il croyoit qu’il y eût deux natures apres l’incarnation , et que Jésus-Christ fût consubstantiel aux hommes selon la chair.

Se voyant presse de repondre , et ne trouvant plus de subterfuge, il dit qu’il n’étoit pas venu pour disputer, mais pour rendre compte de sa foi , et il présenta en même temps un papier qu’il dit contenir sa croyance. On lui dit de le lire , il le refusa, et saint Flavien ne jugea pas à propos de recevoir ce papier , et dit à Eutychès qu’on n'avoit pas besoin de papier pour rendre compte de sa foi. Eutychès dit qu’il confessoit que Jcsus-Christ, incarne, etoitvenu de b sainte Vierge , et

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s’étoit rendu homme parfait i>our notre salut.

Comme saint Flavien vouloit quelque chose de plus précis , il lui demanda s’il croyoit que Jesus- Christ fût consubstantiel à sa Mere et à nous selon son humanité , et qu’il fût de deux natures. Surle premier point, il dit qu'il etoit prêt de iavoner, puisqu’on jugeoit à propos qu'il le dît. Sur le second, et répondant à la questionde Florentius, il dit qu’il avait été de deux natures avant l’union; mais qu'apresrunion il ne reconnoissoit qu'une nature.

Basile de Seleucie lui dit ; Si vous ne dites deux natures apres l'union, vous admettez un melauge et une confusion. On lui dit qu’il falloit qu’il anathématisât tout ce qui etoit contraire à ce qu’on venoit de lire de saint Cyrille; mais il le refusa absolument, disant que s'il etoit assez malheureux pour le faire, il anathematisoit ses Peres. Sur quoi le concile se leva ets’ écria qu’Eutyches même etoit auatheme. Les actes du concile le portent ainsi.

Les evêques furent d'avis qu’il méritoit d’etre déposé; mais, avant qu'on prononçât sa sentence , on lui fit de nouvelles instances pour reconnoître deux natures en Jésus- Christ après l'incarnation. Florentius même l'exhorta à confesser les deux natures, ajoutant : celui qui ne dit point de deux natures et deux natures n’est pas orthodoxe.

Mais Eutychès ne répondit autre chose à toutes les instances qu'011 lui fit, sinon qu'on lût les écrits de saint Athanasc , marquant saus doute, dit M. de Tillemont, quelques ouvrages attribues à ce saint, que l'on prétend être d'Apollinaire.

Et , comme il ne se rendoit point , tout le concile s’écria en disant,

3u'il ne falloit plus penser à persuaer cet homme obstine, etqu'ou n’y gagnerait rien. Alors le prêtre Astere lut la sentence de déposition.

Elle portoit qu’Eutyches, ayant

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été pleinement convaincu de mi ivre Ici erreurs de Valentin et d'Apollinaire, étoit entièrement prive de la dit» ni le ecclesiastique , de la communion de l'Eglise et de la conduite de son monastère : et queqniconque ne se séparerait pas de sa conversation, seroit séparé lui-même de la communion de l'Eglise. Cette sentence fut signee par les trente ou trente-deux evêques, et par vingttrois abbes. On prétend qu Kutyrbra dit tout bas à Florentius, qui! en appelait au concile œcuménique , et qu 'il lui donna , apres le concile , une copie de la requête d'appel, qu'il disoit y avoir présentée. La condamnation d'Entychès fut signée par les abbes de Constantinople et les évêquesd'Orient; mais les moines d’Egypte rejetèrent cette condamnation. Entychès présenta une requête à l'empereur , etil vint a bout, par ses mensonges et ses cabales, de surprendre Theodose , et d’obtenir de loi un concile œcuménique. V.

Ephese ( brigandage d’ ). Lco. Ep.

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