DUB
de Conrad son parent, duc d'Austrasic, qui avoit épousé sa proche parente. I) M.
DOUZI près de Mouzon ( C. de) Duziacense , l’an 871, 5 août. Hincinardc Laon y fut déposé, n’ayant pas voulu répondre aux plaintes que le roi Cliarles-lc-Clanve avoit laitescontre lui. Ce prince l’accusoit d’avoir mainjué aux serments qu’il lui avoit prêtés; d’avoir excité des révoltes contre lui; de s'être emparé , par voie de fait , des biens qu’il pretendoit appartenir à sou eglise ; de l’avoir calomnié auprès du pape ; de lui avoir désobéi jusqu'à lui résister à main arinee.
llmcniarde Reims présenta aussi sa requête au concile, remplie de griefs et de plaintes contre Hiucinar de Laon, son neveu. Sa déposition lut souscrite par vingt-un évêques présents, par les députés de huit evêques absents, et par huit autres ecclésiastiques. T. VIII. C. /». (187 .
DOUZl (C. de) l’an 874, 18 juin, assemblé par l’ordre du roi Charles. Un y écrivit une grande lettre aux evêques d’Aquitaine contre deux abus fréquents en ce temps-ià, les mariages incestueux et l’usurpation des biens de l’Eglise.
Ou y déposa le prêtre Humbert , et 011 y mit en pénitence la religieuse qu’il avoit seduite. Greg. XII. Ep.
3i. inlerr. 7.
DUBLIN en Irlande (C. de ) Duilinense l’an 1 186, àla mi-carême, par Jean, archevêque de Dublin, contre l'ivrogncricet l’incontinence des clercs. L’archevêque y prononça une sentence contre les clercs du comté de Vixford, qui étoient convaincus d’avoir épousé publiquement des concubines ; et il les sus- " pendit des fonctions ecclésiastiques et de la jouissance de leurs bénéfices. Un y reprit le clergé d'Irlande sur le même vice de l’ivrognerie , et on convainquit les supérieurs de négligence à cet égard, pour empêcher ces désordres. Garni. II. Gest.
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ElVIRE en Espagne ( C. d’) ou d’illiberis, dans la province Relique, et qui ne subsiste plus, à deux ou trois lieuesde Grenade, Elibiritanum , vers l’an 3oo , selon l’opinion la plus vraisemblable. 11 fut compose de dix-neuf évêques , dont on trouve les noms à la tête du concile. Le célébré Osius de Cordoue tint le second rang. Vingt-six prêtres y prirent séance avec les évêques : les diacres etaut debout et le peuple présent , qui assista à la publication des décrets. On attribue à ce concile quatre-vingt-onze canons pénitentlaux , qui commencent par l'idolâtrie , comme le plus grand de tous les crimes. Ces canons sont tous bien dignes de l'antiquité, très-importants pour la discipline, et n’ont rien que d'utile et de saint. Ils ont été expliqués par Mendoza , évêque espagnol, et par M. de l’Aubespine, évêque d'Orléans , dans la collection du père Labbe. Quelques-uns les regardent comme un recueil de différents canons tirés de plusieurs auteurs et de plusieurs conciles, plutôt que comme l’ouvrage du seul concile d’Elvire. Ce concile est trèsfameux par les divers jugements qu’on a faits de la sévérité de sa discipline , et sur le temps où il a été tenu. C. T. I.p. 9G9.
ENHAM en Angleterre (C. d’) F.tnihnmense, l’an 1009. 011 y fit vingttrois canons pour la reformation des mœurs et de la discipline. D. M.
EPAONE (C. d’) fcpaontn.it, qu’on croit être Yène au diocèse de Belley, l’an 517. Saint Avit de Vienne y convoqua vingt -cinq évêques , tous du royaume de Bourgogne, sous Sigismond. llavoit converti ce prince à la foi catholique. Les plus illustres de ces évêquesetoient, saint Viventiolde Lyon, saint Apollinaire de Valence, saint Grégoire de Lan-
gues et saint Pragmace d'Autun.
Saint Avit se plaignit, dans la lettre de convocation , de la cessation des conciles, ettemoigna que le pape lui en avoil faildes reproches. Nous avons quarante canons de ce concile, doutplusieurs parlent des fonds de l’Eglise, dont la jouissance etoit accordée aux clercs, pour en percevoir les revenus, les distinguant soigneusement des biens propres.
T. IV. i557.
EPIIÈSK (premier C. d’) Ep'iesinum, l’an ig(», tenu sous Polycrate, évêque de cette ville, pour célébrer la pâque le i4 de la lune, quelque jour de la semaine qu’il tombât. V.
Rome. Eustb. / . Ihst. i!+.
ÉPHESE ( C. d ) l'an 4.01 , composé de soixante-dix évêques d’Asie et de Lydie, à la tête desquels etoit saint Chrysostdme , pour l'élection d’un évêque à Ephèse. On choisit, par ses avis , Heraclide , son diacre.
Six évêques simoniaques y furent déposés après qu’on eut entendu les témoins et reçu la confession de ces évêques, et on mit à leur place des personnes dignrsdcla remplir. Saini Chrysostômc signala, dans ce concile, sa vigueur épiscopale. Cependant ses ennemis ne laissèrent pas d’y trouverdes crimes. V ai lad. l)ial.
EPHESE ( C. d’)Ill* Concile général, l’an 43i, contre l’beresic de Nestorius. Pour être au fait de ce concile, il est nécessaire de prendre les choses de plus haut que le temps de sa tenue, afin de faire connoître le caractère de Nestorius et la nature de son hérésie.
Des que Nestorius fut elevé sur le siège de Constantinople, il parut avoir un grand zèle contre les hérétiques , mais un zèle que les plus sages trouvèrent indiscret et trop violent : car, dès le premier sermon
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qu'il fit le jour de son ordination , il dit ces paroles, en s’adressant à l’empereur Théodose-le-Jeune , en presenrc de tout le peuples ■< Faites, » grand prince, que la foi orthodoxe » regpe seule dans toute la terre, et » moi je vous ferai régner avec Dieu » dans le ciel : aidez-moi à extermi- >• ner les hérétiques, et j’extermine- » rai les Perses avec vous. » Les plus^ sages, dit Socrate, jugèrent, en l’entendant parler de la sorte , qu’il avoit beaucoup de présomption et de vanité. En effet , il donna bientôt des marques de cette chaleur indiscrète : il fit abattre une cglise où les ariens tenoient leurs assemblées , et il persécuta tous les autres hérétiques sous divers prétextes. La maniéré avec laquelle il déclara la guerre aux quartodécimans ocrasiona des séditions du côte de Sardes , dans lesquelles un grand nombre de personnes perdirent la vie.
Le môme Socrate remarque que Nestorius se rendit fort odieux par cette conduite si opposée à l'esprit et à lacoutumede l’Eglise, qui aime mieux souffrir la violence que la faire, en sorte que, lors même qu elle a été obligée d'implorer le secours des princes catholiques pour arrêter l’insolence des hérétiques, elle a eu soin en même temps d’empeclier qu ils ne se portassent aux dernières rigueurs , et qu’ils Remployassent , pour la vérité , des voies dont ses défenseurs auroient pu rougir.
Mais on sera moins étonné de tous leseffortsque faisoit Nestorius pour éteindre toutes ces hérésies, quand on sauraqu’il n’avoit pour but que de faire recevoir plus facilement la sienne : c’est la reflexion de Vincent de Lerins. Or voici quel était le nouveau dogme qu’il cherchoit à établir: Il pretendoit que, parles deux naturesen Jesus-Christ il falloit entendre que Jesus-Christ n’etoit véritablement qu’un pur homme, uni au Verbe et rempli de
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la vertu divine beaucoup plus que tous les saints : d’où il s’ensuivoît que le Verbe s’étoit bien uni a I homme, mais qu’il ne s’etoit point fait homme; qu’il n’etoit point ne delà Vierge et n’etoit point mort, et que la Vierge n’étoit point mere de Dieu , mais mere de l’homme , ou , comme il l’appeloit , mère de Christ, , voulantquece mot de Christ marquât non un homme-Dieu, mais un homme uni à Dieu. Il vouloit néaomoinsqu’a cause decetteunion, qn pût donner à Jésus-Christ la qualité de Dieu , l’adorer même, lui attribuer les autres titres avantageux quel’Ecritureel la tradition lui donnent, mais il vouloit que ce fût en un sens impropre , comme quand l’Ecriture appelle Moïse le Dieu de Pharaon. Il consentoit même quelquefois qu’on donnât à la Vierge la qualité de mere de Dieu, pourvu qu’on dît que c’etoit en un sens impropre , et seulement parce que Jésus-Christ etoit le temple de Dieu.
Pour. repondre aux objectionsqu’on lui faisoit il distinguoit le Verbe, du Fils de Dieu; voulant bien que Jesus-Christ fût fils de Dieu et Emmanuel, mais non qu’il fût le Verbe : il vouloit qu’il eût reçu la divinité en la manière qu’il la lui Vouloit bien accorder par un progrès de grâce et par le mérité de sa vertu.
Ainsi le fond de son erreurétoit que le Fils de Dieu s’etoit uni au fils de l'homme, mais ne s’étoit pas fait fils de l’homme.
D’abord, Nestorius ne produisit son dogme que d’une manière obscure et pleine d’ambiguites , pour ne pas sedeclarerouvertemenlcontre la doctrine reçue communément dans l’Eglise; mais il se Hattoil qu'etantevêque de Constantinople il au— roit assez de crédit pour obliger toutlemondeasiiivreses sentiments par la crainte des mauvais offices qu’il pouvoit rendre à ceux qui s’y opposeroient. Son orgueil etoit extrême. Vincent de Lerins dit qu'il
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sp vantoit d’être le premier et le seul qui entendit l'Ecriture; que tous ceux qui avoieut etc avant lui, docteurs, evôpies, martyrs, avoicnt tous été des ignorants.
Apres qu’il eut insinué son hérésie d’une maniéré couverte , dans les sermons qu’il faisoit fréquemment, il crut pouvoir la mettre au jour ouvertement. Le prêtre Anastasc , son syncelle , homme fort hardi, prêchant un jour dans l’Eglise, profera ces paroles : « Que » personne n'appelle Marie mère de » Dieu ; elle ctoit nnc femme, et il » est impossible que Dieu naisse » d’une femme. » Le trouble universel qu’excita cette parole n’épouvanta point Nestorius ; il soutint dans ses sermons la doctrine d'Anastase, et déclara ouvertement, que d'appeler la Vierge mere de Dieu , ce seroit justifier la folie des
ÏiaVens, qui donnoient des meres à eurs dieux.
Quelques ecclésiastiques et moines de Constantinople , ayant désiré savoir de lui-même si ce que l'on disoit de sa doctrine étoit véritable , savoir, que la \ ierge n’avoitenfanté qu’un homme consubstantiel à elle, uisque ces paroles n’etoient pas ’un orthodoxe , il les fit arrêter, les fit battre outrageusement et mener en prison. Kn vain plusieurs autres du clergé de Constantinople s'opposèrent hautement à Nestorius, celui-ci , violent et cruel , s’en vengea sur quelques fidèles qui avoient témoigné qu'ils n’avoient plus d’evêque , et il les fit déchirer a coups de fouet , de la maniéré la plus barbare.
Malgré son audace et sa furent, dans le temps qu’il soutenoit que le Verbe n’etoit pas ne de Marie, mais qu’il habitoit et etoit uni inséparablement avec le Fils de Marie, un simple laïque ( on croit que c’étoit Euscbe de Dorilee ) eut le courage d'éiever sa voix et dit tout haut ; « Que le même Verbe, né du Pere
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> avan t tons les siècles , ctoit né ■> une seconde fois de la Vierge selon » la chair. » Ce qui fit un grand bruit parmi le peuple ; et les plus instruits lui donnèrent de grands eloges; mais Nestorius ne leur répondit que par des injures. Cependant son herésie n'en fit pas moins de progrès par les homélies qu'il répandoit partout : car elles pénétrèrent jusque dans les deserts habites par les saints moines , et elles jetèrent, dans les âmes, des doutes dangereux sur les mystères Ce fut à cette occasion que saint Cyrille , patriarche d'Alexandrie , craignant que l’erreur ne prît racine, ecrivitsa lettre aux solitaires, et dans laquelle il dit, entr’autres choses:» J’ad- » mire comment on peut mettre en » question si la sainte Vierge doit » être appelée mère de Dieu : car si •• Notre-Seigneur Jésus-Christ est >* Dieu , comment la sainte Vierge >* n’cst-elle pas mère de Dieu P C’est » la foi que les apôtres nous ont cnseignée ; » quoiqu'ils n’aient pas » employé ce mot. Vous direz peut- » être : La Vierge est-elle donc mère » de la Divinité? Nous répondons, »qu'etant mere de l’homme, uni » personnellement avec le Verbe, » elle doit être appelée mère de Dieu » quoiqu’elle ne soit point mere de >• la Divinité. ■*
Nestorius, croyantdétourner l’orage qui s’elevoit contre lui, fit tenir un prétendu concile contre ses adversaires où il déposa diversecclési astiques comme sectateurs des impiétés des manichéens. Il y ajouta l’exil et toute sorte de mauvais traitements ; car il n’y avoit rien à quoi ne le portât son orgueil , la confiance qu’il avoit dans ses richesses , l’audace que lui donnoit la puissance de scs malheureux partisans et la protection de l’empereur • ainsi scs violences firent un terrible effet sur les personnes foibles. Nestorius fut neanmoins fort irrité de la lettre de saint Cyrille aux solitaires ; mais ce
>ogle
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saint évêque , qui s’étoit , pour ainsi dire , consacre à la défense de la foi catholique , doit résolu de soutenir la vérile jusqu'à la fin : ainsi il écrivit à l’empereur Tlieodose et à ses sœurs, une lettre dans laquelle, apres avoir réfuté les heresies qui s etoient élevées jusqu’alors sur l'incarnation , il expose et prouve la foi de l’Eglise contre ceux dont le sentiment alloit à diviser Jésus-Christ en deux , -c’est-à-dire contre Nestorius, quoiqu'il ne le nomme pas.
Cependant, pour arrêter les progrès de l'erreur , il assembla à Alexandrie un concile des evêques d’Egypte, leur communiqua les lettres qu’il avo't écrites à Nestorius,et celles qu’il en avoit reçues , et on délibéra qu’il écriroit lui-même en leur nom au pape Celestin; c’est le sujet de la lettre célébré que nous avons encore , et qui fut fort approuvée du pape. y . Alexandrie, an 43o. De son cote , le pape fil tenir un concile à Home OÙ il présida. 1'. Rome.
L’abbé Basile et les moines que Nestorius avoit maltraites, écrivirent aussi à l'empereur une lettre , dans laquelle ils représentent les violences que Nestorius avoit faites et faisoit tous les jours aux catholiques , appuyé de l’autorité séculière, et le conjurèrent d assembler uneoncilececnmenique. Jean d’Antioche écrivit même à Nestorius , pour lui persuader d'abandonner son erreur , et , quoique ses raisons soient très- solides, Nestorius ne fut pas moins aheurté dans son sentiment.
Saint Cyrille, ayant reçu les lettres que le pape Celestin lui écrivit au nom du concile de Rome, atssembla de nouveau lesévêques de sa province , et ce concile écrivit à Nestorius une lettre qui devoit lui servir de troisième munition de corriger ses erreurs : on y ajouta les douze célébrés aualhemés de saint Cyrille.
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Nestorius alors, pour ôter de l'es" prit de l’empereur les fâcheuses impressions qu’on auroit pu lui donner de sa foi , crut devoir aussi demander à Tlieodose un concile œcuménique , se Hat tant d'y pouvoir brouiller les esprits par le crcdit
3u’il avoit à la cour et par l'appui es Orientaux , ou du moins faire évanouir les poursuites du pape et de saint Cyrille contre lui.
L’empereur, sollicité parles deux partis, crut qu'il etoit nécessaire de convoquer Un concile général pour apaiser tous les troubles dont il eroyoit saint Cyrille auteur. Eq conséquence , il fit écrire une lettre circulaire de convocation pour tous les métropolitains, leur déclarant qU'il avoit èlioisi la ville d’Ephese pour le concile, et leur ordonnant de s’y fendre à la Pentecôte prochaine avec ceux de leurs suflragauts, mais en petit nombre. Ce prince fit écrire jusqu’en Afrique pour ce concile , alin que cette provincesicotisiderablcpar son eleudue et par lenombfe des evêques, et devenue si illustre par la pureté de sa discipline èt par les lumières et le zelc de saint Augustin , prît part à l’ihterêt commun de toute l’Eglise.
11 adressa sa lettre à ce saint docteur, ét il leprioit instamment de se trouver au concile ; mais lorsque la lettre arriva à Carthage , le saint evêqne étoit parvenu à la fin de ses travaux, et il s’ètoit allé reposer en Dieu dès le 28 août.
Le pape Celèsltn , ne jugeant pas à propos de venir au concile y envoya trois légats, Arcade et Projectus , évêques, et Philippe, prêtre; ils sont qualifiés légats ët députés de l'Eqlise rorfiaine, et envoyés par Célëstin , tenant la place du iicgç aposiolique ét celle des évêques d (Jccident.
Néstorius arriva des premiers au concile indiqué au 7 juin 43 1, avec une suite nombreuse, et accompagné du cofnte Ircuée, son ami et son
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protecteur : celui-ci l'avoit roulu suivre sans aucun ordre de l'empereur. Saint Cyrille arriva aussi, ainsi que Juvenal de Jérusalem , il avoit amené 1er evêques d'Egypte au nombre de cinquante.
Memnon d'Ephèse avoit assemblé plus de quarante évêques de sa juridiction. Le nombre des evêques montoit à deux cents ou un peu plus, tous célébrés par leur science, et éminents par leurs vertus. Candidien , comte des domestiques , qui commandoit les troupes dans Èphese, fut envoyé au concile par f ordre de Theodose pour y maintenir la tranquillité, et afin que chacun eût la liberté de proposer ce qu’il jugeroit à propos ; neanmoins il parut toujours favoriser les intérêts de Nestorius.
Le jour auquel le concile devoit s’ouvrir arriva ; mais Jean d'Antioche et les autres evêques syriens ou d'Orient n’etoient pas encore venus , et il etoit arrive des evêques de plus loin : on les attendit encore quinze jours, quoiqu'on vit bien à quel dessein ils différaient de se rendre :
on remit ainsi l'ouverture du concile au aa juin.
Pendant ce temps- là, saint Cyrille examina laquestion de l'Incarnation et fit des extraits des livres de Nestorius, et Memnon d’Ephèse adoptoit en tout les sentiments du saint évêque d'Alexandrie. Les partisans de Nestorius , de leur côté , se plai-
Î;noient des diverses violences qu’on eu revoit faites, par le moyen des clercs et des matelots égyptiens. 11 est vrai de dire que tout le peuple d’Ephèse étoit affectionné pour le concile , et fort oppose à Nestorius ; et que l’aversion qu’on avoit pour son Hérésie et pour son orgueil , rendoit le parti de saint Cyrille le plus fort et le plus nombreux.
Cependant, Nestorius découvroit de plus en plus son hérésie , car plusieurs evêques s'entretenant avec lui, et lui prouvant par les Ecritures
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que Jcsus-Christ etoit Dieu et qu’il étoitné de la sainte Vierge selon la chair, il proféra ces paroles impies : Je ne saurais dire qu’un enfant de deux ou trais mois soit Dieu : il dit même qu’il ne pouvoit se résoudre à adorer un enfant nourri de lait, ni à donner le nom de Dieu à celui qui s’étoit enfui en Egypte. Ce qui excita l'indignation des évêques.
Le retardement de Jean d’Antioche et des evêques d’Orient quil’accompagnoicnt, inquiétoit déjà les esprits. Les évêques crurentqu’il ne vouloit pas se trouver au concile , parce qu’il craignoit devoir déposer Nestorius dont il étoit ami , et qui avoit ete tiré de son Eglise. On peut croire en effet que Jean d’ Antioche vouloit ruiner cette affaire par ses longueurs, et qu’il difleroitde venir pour lasser la patience des évêques, se disposant , quand il serait arrivé , à chercher de nouveaux moyens pour empêcher qu’on ne jugeât Nestorius. D’un autre côté , il paraît que, quand Jean d’Antioche fut arrivé, il soutint qu’il n’avoit pu venir plutôt qu’il n’avoit fait, qu’il
firolesta à l’empereur qu’il avoit fait e chemin d’Antioche à Ephese en quarante journées , sans avoir prb aucun temps pour se reposer; cependant, on regarda ses excuses comme de vains prétextes.' D'ailleurs quelquestroubles que pût occasioner son retardement , aconsiderer la disposition où etoient les choses , dit M. de Tillemont, il y en eût encore eu de plus grands s'il fût arrive avant fa condamnation de Nestorius , car il eût fait un terrible bruit sur les anathematismes que saint Cyrille n’eut garde de desavouer; et Nestorius subsistant encore dans son autorité, son parti eût ete considérable. Je ne sais, poursuit-il, si on ne peutpoint dire , que saint Cyrille prévoyant ce mal, et la brouiUerie qui fût encore arrivée sur le droit «le présider au concile , aima mieux se hâter et essuyer tout cequi.gppourroit arriver,
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que de s’exposera un hasard si fâcheux pour lui et pour l'Eglise. On doit ajouter à cela , que divers évêques éloient tombes malades , et que tous disoient (ju’il ne falloit pas attendre Jean , qu assurément il ne vouloitpas se trouver au concile.
Toutes ces raisons firent juger à saint Cyrille et aux autres évêques, qu’on avoit assez attendu les Orientaux , et qu’il falloit commencer le concile ; ce oui fut execute le 22 juin , maigre lcsopposilions de Nestorius, qui ctoit soutenu du comte Candidien ; maigre la protestation qu’il fit faire au concile lorsqu'il fut cité la veille pour venir s’y justifier, et celle de soixante-huit evêques qui demandoient qu'on attendit Jean d’Antioche.
Le concile s'assembla dans la grande eglise d’Ephèse , du nom de la sainte mère de Dieu. Tout s’y passa selon les réglés. Saint Cyrille y présida , comme occupant le second siège de l’Eglise , et comme tenant la place du pape ; le concile même l’appelle le chef de tous les evêques assemblésàEphèse. Après luiétoient Juvenalde Jérusalem, Flavien de Pliilippes, Firme de Cesaree, Mentnon d’Ephese, Acace de Melytène, Theodote d’Ancyre, et les autres, selon leur rang et leur dignité, au nombre de cent quatre-vingt-dixhuit , la plupart de la Grèce, de l’Asie mineure, de la Palestine, et de l’Egypte , selon les souscriptions que nous en avons. Les livres des saints Evangiles etoient placés au milieu de rassemblée. Socr. I. 7. c.
2g. p. 370. c. d. I. 7. c. 3i . p. 372 .c. J inc. Ler. Commonil. c. 16. p. 33g.
Pelav. Dogm.lom. JP. I. l.c.'j . § l^.p.
36. cl c. g. p. 43. Conc T. J II. p. 1124- a- b-c.ii.p.Zyj. T. III. Conc.
p- 588. Cyr. Ep. p. q36. Conc. Ep.
p. 748. TiU. Conc. T. III. p. 547.
Première séance. Dès que les évêques furent assemblés, Candidien vint les prier d’attendre, pour tenir le concile, queles Orientaux fussent
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arrivés ; mais ils ne crurent pas devoir deferer à ses instances. D’abord on lut la lettre par laquelle l’empereur avoit convoqué le concile.
On rapporta la réponse qu’avoit faite Nestorius à la citation du concile; savoir, qu’il viendrait s’il le jugeoit necessaire. Cependant, pour se conformer aux canons, et avant de faire le rapport des pièces qui concernoient cette affaire , on députa trois evêques à Nestorius pour seconde monition de venir au concile, et justifier sa doctrine; mais les evêques députés trouvèrent sa maison environnée de soldats armés de massues , et ne purent jamais obtenir de lui parler: Nestorius leur avoit fait dire que, quand tous les evêques seroient assemblés, il se rendrait alors au concile. On lui fit une troisième citation , et les évêques, apres avoir attendu fort longtemps , furent traites avec beaucoup de mépris par les soldats, qui leur déclarèrent qu’ils etoient là par l’ordre de Nestorius, pour ne laisser entrer personne de la part du concile. Sur cela, les Pères, ne songeant
filus qu’à defendre la foi et à suivre es canons , firent lire : i.° Le symbole de Nicée comme la règle de la foi. a.» La seconde lettre de saintCyrille à Nestorius, à laquelle tons les Pcres donnèrent de grands eloges.
3." La réponse que Nestorius avoit faite a cette lettre, et le concile trouva qu’elle ne s’accordoit point avec la foi de Nicée. 4-°ün lut vingt articles tirés du livre de Nestorius , contenantun recueil de sessermons, et les Peres v trouvèrent des blasphèmes horibles (ce sont leurs expressions ) et ils s'écrièrent tous :
Nous anathématisons l’heretiquc Nestorius, et quiconque ne l'anathématise pas , qu'il soit anatheme.
5.° La dernière lettre de saint Cvrille à Nestorius , terminée par les douze anathematismes, sur lesquels il n’est point marqué , dit M.deTillemont , que l'on ait dit la moindre
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chose. G.* On produisit divers passes des Peres pour faire \ oir quelle •av oit été leur doctrine sur l'incarnation. Après quoi tous les Peres s'écrièrent : Ces paroles sont les nôtres : voilà ce que nous disons tous. 7.0 On reçut les dépositions des évêques qui avoient entendu de la propre bouche de Nestorius sa doctrine impie.
Ensuite on prononça la sentence contre Nestorius. Noire-Seigneur J esus-Christ, que Nestorius a blasphémé, a déclare, par ce saint concile , qu'il est prive de toute dignité épiscopale et retranche de toute assemblée ecclesiastique. Cette sentence fut sigueedecent quatre-vingt dix-huitevêques, selon al. de Tillemont, et par plus de deux cents, selon M. de Fleury. Elle fut aussitôt signifiée à Nestorius, et affichée dans les places publiques; cequicausa une grande joie dans la ville d’Epliese. On en informa par lettres le cierge de Constantinople , en lui recommandant de conserver tous les biens de l'Eglise pour en rendre compte au futur évêque.
Cependant, Nestorius ayant appris celte nouvelle, protesta contre tout ce qui avoit ete fait au concile , et Candidien, de concert avec lui , euvoya à l'empereur une relation de ce qui s'étoit passé, fort désavantageuse au concile, disant que saint Cyrille, Memnon et les autres n'avoient pas voulu attendre les Orientaux; qu’on avoit agi dans ce concile d'une maniéré tumultueuse et avec des marques visibles de haine et de passion. Nestorius lui en envoya une pareille.
Les Peres du concile, pour détruire les mauvaises impressions, qu’on auroit pu donner à l'empereur de leur conduite , jugèrent à propos d’envoyer à l’empereur les actes du concile; mais les partisans de Nestorius à Constantinople le servirent si efficacement , qu'ils empêchèrent que tout ce qui venoit dq(
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la part du concile n’arrivât ]usqu*3t l'empereur; et d’un autre coté, Candidien employa la violence contre les evêques , mit des gardes partout , pour empêcher qu’on ne leur jiortàt les choses dont ils avoient nesoin , ni qu'ils envoyassent personne à la cour , et les tint enfermés a Kphese comme dans une prison
Au milieu «le ces divers mouvements, Jean d’Antioche arriva enfin a Kphese le aG juin, suivi de vingtsept evêques et escorté de soldats.
Pique de ce que le concile n’avoit point attendu son arrivée , il donna les marques les plus violentes et les plus irregulieres de son ressentiment, il commença par se rendre inaccessible aux députés «pie le concile lui envoya pour lui faire part de ce qui s’etoit passe touchant Nestorius. 11 fit repousser ces evêques de l'entrec de sa maison pardes soldats, dont ils eurent à essuyer les insultes avec unepatience incroyable, et jusqu’à courir risque de leur vie. Mais pendant qu’il les faisoit ainsi attendre, il tint un pi étend u concile avec Nestorius et ses Orientaux. C’està-dire, (comme remarque M. deTillemont ,) que quarante evêques entreprirentd’en juger deux cents; le tout sans accusateur, sans citation, sans examen, sans aucune formalite. Ils y déposèrent saint Cyrille et Memnon comme au teursdu trouble et ils séparèrent de la communion tons les autres evêques, c’est-à-dire qu'ils pretendoient que ces evêques ne pouvoient plus communiquer avec eux dans la célébration des mystères.
Cependant , Jean d’Antioche , ayant terminé son conciliabule , permit à la fin qu'on fît entrer les députés du concile d’ Kphese, mais à peine ceux-ci lui eurent-ils exposé le sujet de leur commission, qu’ils se virent accables d’injures et de coups de la part des évêques et du qomte lrénée qui entouroient Jean «l’Antioche Après avoir ete aiusi
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maltraites, ils allèrent porter leurs plaintes au concile , des mauvais traitements qu’ils avoient essuyés.
Les Peres, surpris d'une conduite si étrange, separerent Jean d’Antioche de leur communion jusqu’à ce qu’il fût venu se justifier , et regardèrent avec mépris la sentence informe de son conciliabule. Mais Nestorius et les Orientaux, n’écoutant que leur ressentiment , écrivirent plusieurs lettres à la cour pour justifier leur conduite, et l’empereur, prévenu par Candidien , écrivit une lettre aux Peres du concile, par laquelle il desapprouvoit la déposition de Nestorius, et declaroit que,;usqu a ce que le point de doctrine lut décidé , il ne soufiriroit point qu’aucun evêque sortît d’Epliese. l.es Peres firent une réponse a la lettre de I empereur, dans laquelle ils juslifioienl leur conduite , et se plaignbiciit des faux rapports de Candidien.
Les Orientaux , fiers de la lettre de l’empereur , tentèrent d ordonner un nouvel evêque à Ephese ; niais des qu’on sut leur dessein , on se hâta de fermer la porte de l’Eglise , et ils furent obliges de se retirer avec confusion. Cependant , quoique les partisans de Nestorius fissent leurs efforts pour empêcher que l’empereur ne fut instruit de la vérité, un mendiant forqa toutes les barrières et porta à Constantinople, dans une canne creuse qui lui servoit de bâton , une lettre écrite d'Epbese , et adressée aux evêques et aux moines qui étaient à Constantinople. Dés qu elle fut répandue, tousles moines quittèrent leurs monastères , et allèrent comme en procession trouver l’empereur.
L’abbé saint Dalmace , qui depuis uarante-huit ans n’etoit pas sorti e son monastère , étoit à là tête.
La lettre fut présentée à l’empereur : sur quoi ce saint abbé lui rapporta tout ce qui s’etoit passe à Ephese , et loi représenta comment on avoit surpris sa religion, ibeo-
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dose témoigna approuver tout ce qu’ avoit fait le concile , et remercia Dieu de lui avoit fait connoître la vérité. En conséquence, le concile envoya quelques évêques à l’empereur, et les Orientaux, de leurcoté, engagèrent le comte lrénée à aller trouver l’empereur , et le chargèrent de plusieurs lettres.
Cependant , saint Dalmace et les ecclesiastiques de Constantinople écrivirent une lettre aux Pères du concile , qui fut pour eux une sorte de consolation dans la persécution qu’ils essuyoient. Dans cette lettre, le cierge de cette ville témoignoit aux Peres du concile la joie qu’ils avoient de la déposition de Nestorius , et ils les pnoient de travailler au rétablissement de leur église.
Mais les affaires du concile furent encore quelques temps traversées par l’arnvee du comte lrénée à Constantinople. Comme il étoit entièrement livré au parti de Jean d’Antioche et de Nestorius, l’exposé qu’il fit à l’empereur , remit ce prince dans ses premières préventions contre le concile , ou plutôt le laissa indécis en faveur de qui il se declareroit. Ainsi, sansdistinguer les deux partis, il confirma la déposition de Nestorius, faite par les Pères du concile , et celle de saint Cyrille et de Mcmnon , faite par les Orientaux, et cassa tout ce qui avoit été fait par les deux partis : il envoya à Ephese le comte Jean pour reglerles choses comme il jugeroit à propos Sur ces entrefaites, les légats du saint Siégé arrivèrent à Ephese. 7.