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11e et 111e Séances. 10 juillet. Des leur arrivée , les Peres s assemblèrent, et les légats prirent seance avec eux et les trois députés d Occident : on lut la lettre du pape saint Célestin au concile. Elle portoit, qu’il envoyoit ses légats pour faire exécnterce qu’il avoit ordonne farinée précédente dans le concile de
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Rome ; à quoi les Pères donnèrent de grands applaudissements. Cetle lettre porloit creance pour les trois députés d'Occident; iis rendirent compte aux légats de ce qui s'etoit passé, et ils trouvèrent que tout svoit été fait selon l’ordre des canons ; et les légats déclarèrent qu’ils condamnoieut îsestorius , et le deposoient au nom du pape , dont l’autorité emportoit celle de tout l'Occident, puisque, dirent-ils, les evêques d'ürienl et d'Occident ont assiste au concile par eux , ou par leurs députés.
IVe Séance. 1 6 juillet. Le concile reçut la requête de saint Cyrille et de Me innon , par laquelle ilsdemandoient justice de la sentence rendue contre eux par Jean d’Antioche et les Orientaux , il les fit citer : mais les évêques qu'on y envoya furent insultes et repousses par des soldats, et ne purent parvenir jusqu'à lui. A la seconde citation , Jean leur fit dire qu’il n’avoit point de réponse à faire à des gens déposés et excom munies.
V* Sranct. 17 juillet. On délibéra de faire une troisième citation à Jean d’Antioche ; et les députés rapportèrent , que l’archidiacre de îsestorius etoit venu à eux , et avoit voulu leur donner un papier, niais qu'ils n’avoient pas juge a propos de le recevoir. Sur quoi il leur dit; vous n’avez pas reçu mon papier, je n’ecoute point ce que dit le concile ; nous attendons une decision de l'empereur. Sur le rapport de ces députes, le concile prononça, contre Jean d’Antioche et ses complices, au nombre de trente-trois, parmi lesquels on comprit Theodorct, une sentence qui les retranchoit de la communion ecclesiastique ; ajoutant , que s’ils ne reconnoissoieut leur faute, ils s'atlireroieut la dernière condamnation,
Oa doit rapporter à cette séance du 17 juillet, les canons contre les Orientaux et Ncstorius : ce sont
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ceux qui nous restent du concile d’Epbese, du moinsselon Baronius.
Au reste, ils ne contiennent rien qui regarde la discipline publique de 1 Eglise.
Le concile informa l’empereur de ce qui venoit de se passer : il se plaignit beaucoup de ce que trente evêques avoient osé se soulever contre plus de deux cents, et avoient prétendu former un second concile.
IjC concile manda aussi au pape ce qu’il avoit fait contre les pelagiens ; car ils etoient venus à Conslantinor pie en 4*9 , et y avoient ete appuyés par le crédit de Nestorius ; mais Théodose les fit chasser de la ville.
Le concile confirma ce qui s’etoit passé lors de leurcondamnation sous ie pape Zozyme eu 4i& Fl. Till. Ila~ ron. 43i. § ga.
VI* Sf'ance. a 2 juillet. Saint Cyrille présida comme vicaire du pape, .c concile condamna un symbole de Théodore de Mopsueste , sans nommer cet evêque , et défendit à toute personne de composer ni de faire signer à ceux qui rentreroient dans l’Eglise aucune autre profession de foi que celle de ISicee , sous peine de déposition pour les ecclesiastiques , et d'anatheme pour les laïques.
Sur quoi M.de Tillemont remar-
3ue , qu’Eutychcs dans le briganage d Ephese , et les evêques d’Egypte , dans celui de Calcédoine , abusèrent de cette ordonnance, que l’on ne doit pas prendre à la rigueu r ; et qu’ils s'eu servirent pour se couvrir sous la généralité des termes du concile, de Nicée, et pour rejeter ce qui avoit été ajouté parle concile de Constantinople ; qu'on objecta cette même ordonnance à saint Cyrille même, sur ce qu’il avoit reçu d'autres professions de foi de quelques evêques soupçonnés de nestorianisme; niais il répondit que ce décret du concile d’Ephese, quelque saintqu' il fût, n'empêchnit point que quand des personnes ctoieul soup-
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çonnees de ne pas bien entendre .e symbole de Nicée, elles ne dussent déclarer leurs sentiments par des paroles plus expresses : d'où il est aise de conclure, poursuit le même auteur , que quand l'Eglise a à combattre des hérésies , que le symbole de Nicee ne condamne pas formellement, elle a droit d’y ajouter ce qu’elle juge être necessaire pour l’éclaircissement de la vérité ; et c’est ce que le concile de Constantinople avoit déjà fait , et ce que d’autres ont encore fait depuis.
VIIe et dernière Séance. 3l juillet.
Reginus,evêque de Constanliadans l’île de Chypre, présenta une requête au concile , en son nom et au nom de deux autres évêques , pour se plaindre que le cierge d'Antioche entreprenoit contre la liberté dont ilsetoient en possession, et qu’il pretendoit s’attribuer le droit des ordinations contre les canons et la coutume établie. Le concile, par sa seutence , conserva les évêques de Chypre dans la libre possession de faire par eux-mêmes les ordinations des évêques, suivant les canons et la coutume , si l'évêque d’Antioche n'est point fonde en coutume ; mais comme ce dernier n’étoit point présent au concile, il ne put defendre son droit , qui étoit néanmoins fondé, dit M. de Fleury; car cette possession n'avoit été interrompue qu’à l’occasion des ariens, comme il paroît par une lettre du pape saint i inocent , à Alexandre d’Alexandrie , vingt ans auparavant.
Peu apres cette seance, Théodose envoya le comte Jean à Ephèse, et d’s que celui-ci fut arrivé, il lut aux Pères du concile la lettre de l'empereur , qui ordonnoit la déposition de saint Cyrille , de Memnon et de Nestorius ; et comme les evêques protestèrent qu’ils ne consentiroient point à celle des deux premiers, il les fit arrêter tous trois, et il donna en garde Nestorius au comte Caudidicn son ami ; saint
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Cyrille et Memnon furent gardes fort étroitement. Bien plus , il tint les évêques enfermés à Ephese comme dans une prison, et leur fit souffrir beaucoup d'incommodités, leur ôtant tout commerce avec qui que ce fût. Cependantl’empereurse flattant de pouvoir réunir les évêques , voulut obliger les orthodoxes a communiquer avec les Orientaux; mais ils protestèrent encore qu’il 11e consentiroient jamais à cette réunion , si les Orientaux ne cessoient ce qu’ils avoient fait contre saint Cyrille et Memnon , et s’ils n’anathematisoient par écrit Nestorius et ses dogmes.
Enfin les Orientaux, étant un peu revenus à eux- mêmes, crurent devoir se prêter à la paix de l’Eglise, et après avoir eu beaucoup de peine à s’accorder , ils donnèrent une profession de foi sur l’incarnation et sur la sainte Vierge. On la trouva fort catholique , et on s’en servit dans la suite pour pacifier les esprits. D’un autre côté, les Pères du concile écrivirent à l’empereurenfaveur de saint Cyrille etde Memnon, et l’instruisirent de la vérité des choses : ils lui représentèrent avec quelle injustice on opprimoit une assemblée telle que le concile; et pour détruire les impressions que pouvoit avoir faites dans l’esprit de Théodose la relation infidèle du comte Jean, ils écrivirent une lettre semblable aux orthodoxes de Constantinople. Ceux-ci ne balancèrent point à se déclarer hautement pour tant d’évêques ainsi persécutes, et ils adresserentà l’empereur, au nom de tout le clergé, une requête pleine de force et de générosité.
Ils y disent que, comme la religion chrétienne oblige les sujets à obéir à leurs princes, elle veut aussi que, lorsqu’on ne peut leur obéir sans blesser son âme , on leur parle avec la liberté et le courage d un enfant de Dieu. Ils lui représentent , qu'en coudamuaut saint Cyrille et Ment-
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