‹ Dictionnaire des concilesChapitre 66 sur 263 · EPI · texte numérisé non relu

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non , souj un faux prétexte de paix , on met la division dans toute l'Eglise , et qu'eu déposant Nestorius d'une part, et tous les évêques catholiques de l'autre, en la personne de saint Cyrille, on laisse les ariens et leseunoniiens maîtres de tout : il»

protestent qu'ils sont résolus de s'exposer à toutes sortes de maux , jusqu'au martyre, avec ceux qui ont la même foi qu’eux

L’empereur, touche de la requête du clergé de Constantinople, permit aux Peres du concile de lui envoyer iiuit députés, avec les instructions convenables. Les Orientaux en envoyèrent autant de leur cAté. Les uns et les autres se rendirent, par l’ordrede l’empereur, S Calcédoine, qui etoit vis-à-vis de Constantinople, mais de l'autre cAtc du Bosphore : re fut là que les affaires du yroncile (TEphèse se terminèrent enfin à l'avantage de l’Eglise. L'empereur s’y étant rendu , donna audience pendant cinq jours differents aux deux partis, et demanda que chacun fît une exposition de sa creance. On ignore le detail de ce qui se passa dans ces audiences. On lait seulement que les Orientaux se plaignirent beaucoup des anathematismes de saÎHtCyrille,etque les catholiques ne voulurent jamais entrer en conférence avec eux.

On a droit de supposer que l'empereur,étant mieux instruit, rendit justice à la vérité, piiisqu'ctant de rrtourà Constantinople , il ordonna, par une lettre aux députés catholiques de venir dans cette ville pour y ordonner un nouvel evêque à la place de Nestorius , à qui il avoit fait dejaordonner de sortir d’Ephèse et de se renfermer dans son monastère près d'Antioche : ce qui jeta les Orientaux dans la consternation.

Enfin il ordonna, par une lettre, que tons les évêques, même saint ( .vrille et Memnon , s’en retourn-roient chacun dans leurs églises.

On voit, par cette lettre, qui est

comme laconelusion du concile, que quoique ce prince fût encore dans quelque doute, et qu'il ne voulût point juger ni pour les uns ni pour les autres, il preferoit neanmoins ceux du concile, comme ayant plus de leur cAte les marques de la communion catholique. Ainsi finit le célébré concile d Kphèse, que l’Eglise a toujours reçu comme un concile, oecuménique, nonobstant l'opposition que les Orientaux y firent pendant quelque temps. Fl.

Innoc. Ep. 18. n. a. loin. III. Cône, p. 777 c/,780. TiH. td. p. 74.0.

KPHÈSE (Conciliabule ou brigandage d' ) Lalrocinium l-.phn.tnum , l'an 449- L'beresiarque Èutychès, couvoit depuis long- temps dans son coeur le dessein de se venger de saint Flavien, par qui il avoit etc déposé dans le concile de Constantinople de l'annee precedente :il avoit déjà mis en usage les mensonges et les cabales pour surprendre Theodosc et obtenir de lui un concile , dans la vue de perdre saint Flavien , s’il eût pu , et de triompher de scs adversaires. Il etoit singulièrement protégé par l'eunuque Chrysaphius , oflirier de l’empereur. Cet homme , dont le nom est célébré dans les monuments de l'Eglise , par les maux qu’il lui a faits.se voyant l’arbitre de U souveraine puissance par l’ascendant qu’il avoit pris sur son maître , dont il gouvernoit l’esprit, s’etoit persuade que rien ne lui pou voit résister,et qu’il viendroil à bout de faire casser dans un concile la sentence de déposition prononcée contre Eutychès.

Il commença donc par engager Dioscore, evêque d’Alexandrie, a prendre la defense d’Eutyches et à attaquer saint Flavien , à quoi Dioscore n’etoit que trop porté ; car il l’avoit pris en aversion , à cause que saint Flavien protegeoit les parents de saint Cyrille , que Dioscore persecutoit. Ensuite se joignant à Eutyches pour solliciter Theodpsç et

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l'engager à convoquer un concile œcuménique, il obtint ce qu’il desiroit. En conséquence, l’empereur lit écrire à Dioscore de se rendre à Ephese au premier août, avec dix métropolitains et autant d’evêques d'Egypte , avec défense qu’il ne s’y trouvât pas d'autres évêques ; il avoit marqué, par sa lettre, que le sujet du concile etoit pour terminer une question de foi émue entre l'evêquc Flavien et Eutychès, et chasser de l'Eglise ceux qui favorisoient l'erreur de Nestorius. 11 écrivit dans les mêmes termes aux autres évêques , fixant toujours le même nombre de métropolitains et d’évêques , et il fit voir par cette lettre combien il etoit prévenu contre les Orientaux , et particulièrement contre Théodoret qui , par son esprit et par sa science , s'etoit rendu redoutable aux ennemis de la vraie foi : car il lui fit defendre de sortir de son diocèse.

Il ordonna a l'abbé Barsumas, fauteur d' Eutychès , qui etoit venu à la cour pour cabaler contre les évêques d’Orient , de se rendre au concile, et d’y décider toutes choses avec les évêques. 11 envoya pour ses officiers , Elpide et Euloge , avec pouvoir de prendre toutes les troupes necessaires pour faire exécuter ce qu’ils jugeroient à propos. Ils avoieut ordre d’empêcher qu’il ne se fît aucun trouble, de faire décider l’affaire de la foi avant toute accusation personnelle, et que les evêques,qui avoient été juges d’Kutyches fussent présents au concile , mais non comme juges. Enfin, comme pour laisser un libre cours aux violences que devoit exercer Dioscore, qu’il traitoit de saint et de très-orthodoxe , et rendre l’oppression des evêques plus complété, d lui donna la primante dans toutes 1rs affaires qui regardoient le concile.

Eutycbès , pour faciliter son absolution , obtint de l’empereur de faire

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tenir une assemblée avant l’ouverture du concile, dans laquelle il pretendoit faire voir qu’on avoit falsifie les actes de sa condamnation, et qu’on avoit ôté de ses réponses des expressions qui faisoient voir la purete de sa foi ; mais les actes furent reconnus pour sincères, et on ne put y trouver aucune fausseté.

Cependant le pape sain* Leon , en conséquence de la lettre de l’empereur , envoya ses légats au concile , savoir , Jules , évêque de Pouzzole, et le diacre Ililaire ; le troisième mourut en chemin. Ce fut dans ce même temps qu'il écrivit à saint Flavien sa célébré lettre sur l’Incarnation, où toute la question sur cette matière est traitée avec beaucoup de solidité : il y ruina les deux erreurs opposées de ÎSestorius et d’Eutychès , et il fit en sorte que cette lettre fût tirée de la doctrine de l’evangile et des apôtres.

On voit dans cette lettre ce que l’Eglise croit et enseigne sur ce mystère. Saint Léon y prouve , par les divines Ecritures , que Jesus- Christ n’a pas seulement la forme d'un homme , mais un corps véritable, tiré de sa mère, et que l'operation du Saint-Esprit n’a pas empêché que la chair du Fils ne fût de même nature que celle de la mère ; et qu'ainsi l’une et l’autre nature demeurant en son entier , a été unie avec une même personne, afin que le même médiateur pût mourir, demeurant d’ailleurs immortel et impassible , et le \ erbe et la chairgardant les operations qui leur sont propres. Il prouve également par l’Ecriture la vérité des deux natures: Eutycbès, ajoute-t-il, niant que notre nature est dans le Fils de Dieu , doit craindre ce que dit saint Jean : Tout esprit qui confesse que Jésus-Christ est venu dans la chair, est de Dieu ; et tout esprit qui divise Jésus-Christ n’est pas de Dieu , et c’est l’antechrist.

Car qu'est-ce que diviser Jésus-

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Christ ? si ce n’est en séparer la

nature humaine.

Le concile s'ouvrit au jour indiqué : il s’y trouva environ cent trente évêques, dont le plus fameux doit Dio5core d’Alexandrie. Les historiens , qui nous ont tracé son caractère , remarquent que cet evêque n’etoit nullementcapable d’instruire, mais que c’etoit un homme superbe, impérieux et cruel à l'egard de tout le monde, et surtout envers les parents et les amis de son predecrsseur. On voit , par les requêtes présentées au concile de Calcédoine , de quelles violences il doit accuse, combien sa vie particulière doit dereglee, et que depuis longtemps il avoit fait voir que , sous l'apparence d’un evêque etd’un pasleur, il avoit la mechancete et la cruauté des loups.

Apres lui, on compte Domnus d’Antioche , Juvénal de Jérusalem, Thalassius de Cesaree en Cappadoce, Euslathe de Beryte , Basile d'Ancyre et Basilede Seleucie. Saint Flavien de Constantinople s’etoit aussi rendu à Ephèse avec plusieurs de scs ecclésiastiques. Le moine Eutychès et Barsumas ne manquèrent pas de s'y rendre , chacun accompagne de ses moines.

Le concile se tint le 8 août. Dioscore y prit la première place , assis suruntrône elevè, en vertu du pouvoir de l’empereur, et saint Flavien, qui etoitdejà regardé comme partie, et non comme juge, ne fut place qu'au cinquième rang. Une partie de ceux qui avoient assisté au concile de Constantinople etoient au nombre de quarante-deux, mais réduits à demeurer dans le silence, parce que l’empereuravoit ordonné qu’ils n’auroientpoint de voix dans le concile , non plus que saint Flavien ; ce qui etoit une violence ouverte et contraire aux canons, ajoute M. de Tillemont.

Dès qu’on fut assis, Dioscore fit lire les lettres de l’empereur pour

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la convocation du concile. Ensuite les légats du pape saint Leon présentèrent la lettre qn’ilccrivoit au concile, mais on ne la lut pas. Après quoi, levêque Thalassius proposa qu’on examinât la foi ; à quoi Dioscore répondit , que la foi des Pères ne devoit pas être mise en question; qu’il s’agissoit de voir si on l'avoit suivie dans le jugement rendu contre Eutyrhès. Elpide donna ordre qu’on le fit entrer. Eutychès étant entré , présenta sa requête , dans laquelle il se plaignoit d’être persécuté pour 11e vouloir point avoir d’autres sentiments que ceux du symbole de N icee , qu’il y a voi t inse ré tout entier, protestant qu’il ne pouvoit en ôter ni ajouter quoique ce fût ; il y rap— portoit, à sa manière , le jugement:

rendu contre lui, et l’appel qu’il en avoit interjeté , et il demandoit , selon la rigueur des canons, la punition de ceux qui l'avoient persécuté.

Alors saint Flavien prit la parole, et représenta qu'il falloit faire entrer Eusèbe de Dorylée, qui étoit l’accusateur d’Eutychcs. Mais Elpide, d’un ton d’autorité, dit quêta fonction de l'accusateur étoit finie, et que c’étoit au juge maintenant à répondre de son jugement. Dioscore ajouta à cela, que l’empereur avoit défendu qu’Eusebe entrât au concile.

On voit, dans le concile de Calcédoine qui se tint deux ans apres, qu'Eusebe accusa Dioscore de l’a • voir empêché de se trouver au concile, et de n'avoir point voulu permettre à saint Flavien de defendre la justice de sa cause.

Les légats ayant insisté qu’on lût la lettre du pape au concile , et celle qu’il avoit écrite à saint Flavien sur l'Incarnation , Eutychès déclara qu’ils lui etoient suspects. Dioscore promit de la faire lire , mais elle ne fut jamais lue, et on en sent bien la raison : il y auroit trouvé la condamnation des erreurs d’F-utychcs. 11 se contenta donc de faire lire les

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actes «lu concile de Constantinople, et on ne trouva rien à condamner dans ce «pie saint Flavien avoit dit pour l’exposition de la foi : mais quand on lut , que Basile de Seleucie avoit dit qu’il faut adorer Jésus- C.lirist en deux natures, aussitôt les evêques d'Egypte et les moines qui suivoient liarsumas s'écrièrent : Déchirez en deux celui qui dit deux natures i c’est un second Nestorius. On s’éleva de même contre Seleucusd'Amasie, qn i s’étoit servide la même expression à Constantinople, et contre Juliende Cos, quiavoitditqu’ilconfessoit deux natures. Et quand on (ut àl'endroit où Eusèbeprcssoit Eutychès de confesserdeuxnatures, on entendit un grand nombre de voix s'écrier, qu’il falloit brûler Euscbe tout vif , puisqu'il déchiroit Jésus- Christ,et tous s’écrièrent : Quiconque admet deux natures en Jesus- Christ qu’il soit anathème. Cependant , au concile de Calcédoine , les Orientaux protestèrent qu’ils n’avoient point eu de part à ces cris.

Dioscore etlesautres après lui déclarèrent qu'ils ne croyoicnt qu’une nature avec Eutychès. Après cela, Basile de Seleucie, par crainte de Dioscore, se rétracta «le ce qu’il avoit dit de deux natures dans le concile de Constantinople. Seleucus d'Amasie eut la même foihlcsse. Alors Eutychès voulut inférer de ces rétractations, que les actes du concile de Constantinople avoient ete falsifies; mais saint 1 lavien prouva qu’on ne pouvoit les accuser de faux , et il témoigna en même temps que f injustice avec laquelle on le traitoit, i empêchoit d’en dire davantage, et qu’il mettoit sa confiance eu Dieu sur tout ce qui pouvoit arriver.

Après cela , Dioscore demanda les avis des evêques sur la croyance d’ Eutychès. Juvénal de Jérusalem , opinant le premier, dit qu’il étoil parfaitementorlhodoxe; etcommo la crainte avoit soumis tout le monde à Diosi ore , les autres évêques u’ose-

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rent point contred ire ce jugement, et s’écrièrent qu’i* étoit juste.

Doirnus d’Antioche consentit qu’Eulychès fût rétabli dans la dignité de prêtre et dans la charge d'abbé , et aucun évêque ne fit difficulté de dire la même chose.

Quelques-uns même soutinrent qu’il avoit été condamné contre les lois, et ouvrirent par-là à Dioscore le chemin à la condamnation de saint Flavien. Les moines d’Eutychès y contribuèrent plus que tous 1rs autres, en présentant au concile une requête contre leur propre évêque, sur ce «ju’il avoit déposé leur abbé.

Ensuite Dioscore proposa de lire ce qui avoit été fait sur la foi dans le concile d’Ephèse : il avoit ses vues en faisant cette proposition. O11 lut la sixième seance de ce concile, et la defense qu’il avoit faite, sur peine de déposition et d’anatheme , d'employeraucun autre symboleque celui de Nicée ; ce que le concile n’avoit fait «jue pour arrêter la témérité des particuliers qui voudroient faire de nouveaux symboles, et il n’avoit pas prétendu que quand on voudroit éclaircir des points de foi qui ne sont pas exprimes nettement dans le concile, qu'il fût défendu de prendre d’autres termes qui continssent clairement ces vérités. Dioscore se servit néanmoins de ce decret; et, sous pretexteque saintFlavicn avoit exprime la doctrine de l’Eglise eu des termes plus précis que ceux du symbole, il demanda si celui qui avoit recherche quelque chose audelà du symbole de Nicée, n’etoit pas sujet à la punition ordonnée par le concile d'Ephese : comme si ce concile avoitdefendn eu termes exprès , de rien discuter, de rien rechercher hors des termes de ce symbole : aussitôt les évêques qui luietoient livrés, s'écrièrent qu’ils anathématisoient quiconque diroit ou rechercheroit quelque chose hors du symbole de Nicée. Sur cela on fit entrer les notaires qui lurent tout

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