‹ Dictionnaire des concilesChapitre 86 sur 263 · Pelr. Dam. Opusc · texte numérisé non relu

Pelr. Dam. Opusc

LYON ( C. de ) l’an 1079 ou 1080 , tenu par Hugues de Die , légat qui y déposa Ma nasses de Reims.

LYON (C. de) XIII* concile

f.F.NtRAL , sous le pape lnnocentl V , l’an 1245. Voici quelle fut la cause de la tenue de ce concile. Le pape Grégoire IX , prédécesseur d’innocent IV, avoit excommunié l’empereur Frédéric, l’an 1228. En outre, il l’avoit déposé de la dignité impériale; il avoit absous ses sujets du serment de fidelité, et il avoit fait publier solennellement cette excommunication le jeudi saint , de l'an 123g. L’origine , du moins apparente , du grief de ce pape contre ce prince , étoit , qu’il n’etoit pas allé an secours de la Terre-Sainte, auoju’il eût fait vœu dans une maladie ’y aller. Ce fameux différend, dont la cause ne parott nullement assez grave pour avoir en des suites si fâcheuses, attira neanmoins la ruine de cet empereur et de sa maison; réduisit l’Allemagne aune anarchie

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de ' trente ans , et plongea l'Italie dans des maux sans nombre.

Après la mort de Grégoire IX , Innocent IV , qui a voit été élu, convoqua par une lettre circulaire le concile général de Lyon ; il y appela les rois et les autres princes , et il y cita l’empereur Frédéric.

Au temps marqué pour la tenue du concile , les évêques se rendirent à Lyon. On y vit Baudouin , empereur de Constantinople , et Raymond, comte de Toulouse. Les prélats étoient au nombre d’environ cent quarante , tant archevêques qu’évêques; ils avoient à leur tête trois patriarches latins; savoir, de Constantinople, d’Antioche, d’Aquilée ou de Venise : il y avoit plusieurs procureurs des prélats absents , et des députés des chapitres :

l’abbé de Saint-Alhan , en Angleterre, y envoya on religieux de son abbaye.

Le détail de ce concile a été donné par Matthieu Paris, moine de ce monastère.

Dans la congrégation préliminaire , Thadée de Suesse , ambassadeur de Frédéric , offrit au pape, an nom de son maître, «le s’opposer aux Tartares, aux Corasmiens, aux Sarrasins et aux autres ennemis de l’Lglise , et d’aller à ses dépens délivrer la Terre-Sainte des mains des infidèles : mais le pape rejeta ces offres , disant que Frédéric ne tenoit jamais ses promesses.

Première Session. 28 juin. Le pape ajant à sa droite l’empereur de Constantinople, et à sa gauche quelques princes séculiers, lit un discours dont les principaux points ctoient le dérèglement des prélats et des. peuples, l'insolence des Sarrasins, le schisme des Grecs, la cruauté des Tartares, la persécution que l'empereur Frédéric avoit faite au pape Grégoire, son prédécesseur, ajoutant que ce prince étoit hérétique et sacrilege.

^ Thadée de Suesse parla pour son

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maître, et entreprit défaire voirque ce prince n’étoit plus obligé de tenir ses promesses, le pape ayant manqué à la parole qu'il lui avoit donnée ; et il tâcba de réfuter l’accusation d’hérésie.

1 1* Sess. 5 juillet. Quelques évêques parlèrent avec chaleur contre Frédéric ; mais on répondit avec force à leurs accusations.

Ill* Sess. 17 juillet. i.° Le pape ordonna avec l’approbation du concile , que désormais on celébreroit l’octave de la nativité de la Vierge, a.» On lut dix-sept articles de réglements , dont la plupart regardent la procedure judiciaire. 3.° Le pape ordonna quon procureroit du secours à l’empire de Constantinople, et qu’on y emploieroit la moitié du revenu de tous les bénéfices. 4-° Les députés d'Angleterre se plaignirent des exactions de la cour de Rome , au nom de tout le royaume d’Angleterre,

Dans cette lettre , il y étoit dit , que les prédécesseurs d’innocent IV , voulant enrichir les Italiens , dont le nombre est devenu excessif, leur ont donne des cures dont ils ne prennent aucun soin,nipourla conduite des âmes , ni pour la défense des monastères dont elles dépendent ; qu'ils ne s’acquittent, ni de l'hospitalité , ni des aumônes ; qu'ils ne songent qu’à prendre les revenus et les emporter hors du royaume, au préjudice de nos frères et de nos parents qui devraient posséder ces bénéfices ;qu’en un mot, les Italiens tirent de l’Angleterre plu* de soixante mille marcs d’argent ; que le légat Martin, que le pape avoit envoyé, vouloit encore disposer d'autres bénéfices semblables , en les reservant a la disposition du saint Siège, quand ils viendront à vaquer; qu’il extorque des religieux des taxes excessives , et qu’il jette des excommunications et des interdits sur ceux <jui s’opposent à ses entreprises; qu'ils ne pouvoient croire qu’il agît par

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son ordre, et qu’ils le prioient d’y remédier. Mais le pape embarrasse , ▼oyant que tous les evêques gardoient un grand silence , répondit seulement que cette a /Taire demandoit une mure deliberation.

IV* Sets. Thadee déclara que si le pape vouloitprocedercontre l'empereur Frédéric, il en appeloit au pape futur et au concile. général .

Ensuite le pape , après avoir dit que le concile etoit general , prononça une sentence de déposition contre F rédéric , et absout de leur serment tous ceux qui lui avoient jure fidélité, menaçant d’excommunication quiconque lui donueroit secours ou conseil. Les crimes de ce prince, du moins selon qu’il étoit dit danscette sentence , etoient le parjure , le sacrilège, l’héresie , et la félonie. Dans le titre de cette sentence , le pape dit qu'il b prononce en présence au concile : mais la sentence ne porte point a etc l' approbation du concilt , comme il est porté ordinairement dans les décrets; car il seroitinjuste d'attribuer à ce concile une telle entreprise sur l’autorité temporelle.

Ou fit encore dix- sept decrets, dont il y en a un pour le secours de l’empire de Constantinople , et un autre pour b croisade de b Terre-Sainte.

T. XI. C.p. 658.

LYON (C. de) X 1 Y* concile général, l’an 1374. U s’y trouva cinq cents évêques , soixante-dix abbés , et environ mille autres prélats inferieurs. Le concile se tint dansl’éelise métropolitaine de Saint- Jean. Le pape Grégoire X etoit monté sur un jubé construit exprès, revêtu de ses nabits pontificaux , et assisté de plusieurs cardinaux. Dans 1a nef de leglise , sur des sièges élevés, etoient deux patriarches latins de Constantinople et d’Antioche.

D’un côté étoient les cardinaux-évêques, entre lesquels etoient saint Hojnaventure et Pierre de Tarantaise , evêque d’Ostie ; et de l'autre etoient les cardinaux-prêtres; ensuite les

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primats , les archevêques , les évêques , les abbés , les prieurs en très-?

grand nombre : on y voyoit encore les ambassadeurs des rois de France, d’Allemagne, d’Angleterre, de Sicile , et de plusieurs autres princes ; les grands maîtres de l’Hôpital et du Temple , et les députés des chapitres.

Première Session, 7 mai. Après les ■prières accoutumées , le pape fit une espèce de sermon, et prit pour texte ces paroles de l'Evangile : Desiderio desidtravi hoc Pascha manducare vobiocum : il y exposa les motifs de la convocation du concile , savoir , le secours de 1a Terre-Sainte, b reunion des Grecs , et b reformation des 'mœurs.

Dans l’intervalle de b première il la deuxième session , le pape obtint des évêques et abbes une décimé des revenus ecclesiastiques. Luc.XXIJ.

11' Sers. On publia des constitutions touchant la foi ; et on congédia tous les députes des chapitres, les abbés et les autres prélats inferieurs.

III' Scm. 7 juin. Ony publia douze constitutions touchant les élections des évêques et les ordinations des clercs. Elles portent , entr’autres choses, i.°Que ceux qui s’opposent aux élections et en appellent, exprimeront, dans l’acte d’appel, tous leurs moyens d’opposition , sansqu ils soient reçus ensuite à en proposer' d’autres. a.° Que, dans le partage de l’élection , si les deux tiers sont d’un côté , l’autre tiers ne sera pas recevable à rien objecter contre I élection ou contre l’elu. 3.' Quoique les appels des élections doivent être portes au saint Siège comme causes majeures , toutefois si l’appellation interjetée hors jugement est frivole, elle ne sera point portée au saint Siège. 4-® Les avocats et les procureurs feront serment de ne soutenir que les causes justes, et le renouvelleront tous les ans. Ensuite on attendit Tarrivee des Grecs.

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IV* Stu. 6 juillet- Les Grecs que l’empereur Michel avoit envoyés au concile, étant arrivés, on tintla quatrième session. Ces Grecs ctoient, Germain, ancien patriarche de Constantinople , Theophane , métropolitain de Nicee , et plusieurs sénateurs. Le pape exposa les trou causes de la convocation du concile., et ajouta que les Grecs venoient librement à l’obeissance de l’Eglise romaine sans demander rien du temporel. On lut la lettre de l’empereur Michel et celle des évêques , traduites en latin- La première contenoit la profession de foi envoyée à Michel par le pape Clement I\ ,sept ans auparavant. Puisl empereur disoit : « Nous reconnoissons cette foi » pour vraie, catholique et ortho- » doxe.etdanslaconfessiondecœur

» et de bouche ; et nous promettons » de la garder inviplablement : seuil lement nous prions que notre » église dise le symbole , comme elle n |ç disoit avant le schisme , et » qu'elle conserve scs usages. » On lut la lettre des évêques au nombre de trente- cinq. Ensuite George Acropolite , grand logothète , fit au nom de l’empereur le serment par lequel il abjuroit le schisme , acceptoit la profession de foi de 1 Eglise romaine , et reconnoissoit sa primauté. On chanta le Te l)eum et le symbole en latin : ensuite le patriarche le chaiita en grec, et on y chanta deux fois l’addition Filioi/ue proctdit.

V' Sess. 16 juillet. On lut quatorze constitutions. La première regloit la maniéré dont on doit procéder à l’election d’un pape. Dans la deuxième, il y est dit : Excommunication de plein droit contre ceux qui auront permis de tuer, de prendre ou molester , en sa personne , ou en

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ses biens, un juge ecclésiastique, pour avoir prononcé quelque censure contreiesrois,lcsprinces, leurs officiers , ou quelque personne que ce soit : defense , sous même peine, à toute personne de quelque dignité que ce soit, d’usurper sur les églises le droit de régale ou d’avouererie, pour s'emparer des biens de l’église vacante. Ceux qui cont en possession de ces droits sont exhortes à n’en point abuser.

Les autres constitutions contiennent divers canons contre les bigames , sur le respect dû aux églises , contre les usuriersmanifestes à qui on defend de donner l'ahsolutioD ou la sépulture ecclesiastique.

VI* etdemicre Sess. le 17 juillet.

On lut deux constitutions : l’une pour empêcher la multitude des ordres religieux, l'autre ne se trouve plus. Ensuite le pape dit qu’a l’egard de la troisième cause de la convocation du concile qui etoit. la reformation des mœurs, que si les prélats se corrigeoient il ne seroit pas necessaire de faire des constitutions pour leur reformation; qu’il s’etonnoit que quelques-uns qui menoient une vie dereglee ne se corrigeassent point; et ils déclara que s ils ne le (aisoient, il le feroit lui-même avec beaucoup de sévérité , ajoutant que les prélats etoient cause de la chute du monde entier. 11 promit de remédier à plusieurs autres abus : ce qu’on n’avoitpu exécutera cause de la multitude des aiîaires.

On parla aussi dans ce concile de l’affaire de la Terre-Sainte. Au reste, les constitutions publiées dans ce concile , et dont le pape fit faire un recueil, composent lrente-un àrticles qui furent, dans la suite, insérés dans le texte des décre taies.

Tons. XI. Coru. p. 955

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