‹ Dictionnaire des conciles suivi d'une collection des canons les plus remarquablesChapitre 101 sur 257 · Ô TAK · texte numérisé non relu

Ô TAK

j^allicanc, et il pcnsoit qu'on ne devoil pas s'en ecarler , (|uan(l il étoit uriaiiinie ou même forme par la maieurc partie. «Je sais, » ajouta-t-il , qu'on doit vous soui> mettre avant peu , un mcramentmre » français , tandis que dans tous les >• synodes et conciles métropolitains, » il n'y en a pas \\n qui n'aitdeman- » dé qu'il restâten latin.... lly a des » députes qui sont chargés par eux » de protester contre tout ce qui » .seroit fait en langue vulgaire ; » d'autres pour ce qui est relatif au » bréviaire, la pénitence publique, » etc. » L'orateur demanda la formation d'une commission, à laquelle on remettroit tous les actes des assemblées synodales et métropolitaines , pour en faire le dépouillement.

La discussion s'engagea.

L'éveque du Cher qui vit dans le concile national une autorité plus grande, et une assistance spéciale du Saint-Esprit, rejeta la motion. L'cvêque de l'Eure s'unit à de Torcy.

Vernerey prétendit qn'i/ ne fa//oit pas que la représcnlation allât contre le vœu de ceux qui Foi-oient nommée. Plusieurs membres du second ordre opinèrent dans le même sens. Mais l'evcquede la Somme s'éleva fortement contre la motion et ceux qui l'avoiont défendue. « Permettez-moi, dil-il,de »> vous exprimer la douleur que j'é- " prouve en voyant avec quelle lé- » gèreté , et même avec quelle per- » fidie on lance inopinément cer- » tainesquestionsau milieude vous :

» si jamais ie concile pouvoit ac- »» cueillir les intentions plus que cer- >• taines qui ont fait naître la motion » dont on s' occupe , seroit-il imagi- » naire le reproche que nos advcr- »» saires font au clergé de pencher >» vers le presbytérianisme ? N'eût- »» elle pas excité tous les murmures " et l'improbation générale , cette >• motion , si elle eût été proposée à »» un concile canoniquemcnt composé, je » veux dire, un concile compose d\vc-

PAR

'> /7/;r;, et non par une a.ssenibh'e dorî » les prêtres forment plus de la moi - » tic. 'Examinez en eiVot, cequesonV '> ces synodes dont on veut aujour- " d'hui que les délibérations fa^scnt ') la règle de vos décrets. ISe sont-ils » pas tous formés dans la presque » totalité par des prêtres? Dans cna- >' cun d'eux vous ne voyez qu'un » évêquc qui, sous le nouveau nom » de président , et surtout dans » / élal actuel de l'espnt des prêtres » ( constitulioiniels ) , n'est devenu " que leur instrument : en cumulant )< ensemble toutes les présidences » d'évêques, reconnoissez-vous l'ac- » tion du corps episcopal , de ce »> corps dont ie jugement fait seul » loi dans l'Eglise ? Ainsi , en efleuil- » lant l'opinion de M. de Torcy, " vous ne voyez que le preshytiria- » nisme ; et l'avis des synodes n'est

» que l'avis àes prêtres On a dit

» que les députés etoient les te- » moinsdeleurséglises: maisdansles » conciles connoît-on d'autres té- » moins de la foi des églises que les

» évêques PJ'ai entendu parler

» de protestations : si le Saint-Esprit » est au milieu de vous , comme les » promessesde Jesus-Christnenous » permettent pas d'en douter, que » veulent dire de pareilles protesta- ') tiens ? pour mettre le comble à j> notre douleur et à notre etoune- » ment, il ne restoit plus qu'à parler » de mandats particuliers donnés « parles synodes et par les conciles "métropolitains, à leur députes.

» ï ous connaissez tous le/ufçeme/it solen- >' nel i/uc r assemblée eonstituanle porta sur » la question des mandais particuliers. (l\ eut bien fallu laisser là ce funeste jugement; mais c'est un evêque constitutionnel qui parle; il faut bien qu'il soit conséquent. ) « iMais » surtout que doivent être de pa- » reils mandats devantun conciler»

Suivant l'evêque de l'Aube, " dire » que le concile national doit suivre » les conciles métropolitains, et '• ceux-ci les synodes , c'est unpriir

PAR

n cipe héréltque qu'il ne convient pas »• d'émettre dans cette assemblée . »

L'évêque de l'Eure, effraye peutêtre de cette hérésie, adoucit sa première proposition.

Malgré ces fortes réclamations, le concile voulut bien encore ouvrir un large flanc aux coups des dissidents, et prouver qu'il étoit une assemblée où les prêtres formoient les décrets et les décisions au préjudice de l'autorité des evêqucs. 11 arrêta « que chaque congrégation » désignera dans son sein un mem- » brc pour former la commission j> demandée par le V . de Torcy. »

Le concile s'étoit beaucoup occupé d'une instruction à rédiger sur la soumissiondueà la puissance temporelle. L'évêque de l'Isère avoit lu deux projets dans les séances du 28 et du 2g juillet. L'évêque de la Nièvre en avoit présenté un autre, le 7 août, dont la lecture avoit beaucoup plû ; et on l'avoit proclamé dans la séance solennelle du g. Cependant on revint encore à la discussion sur ce même objet, le jour suivant. Comme cette pièce ne se trouve pas dans les actes du concile , nous n'en parlerons pas ici , non plus que des discussions qui eurent lieu toutes les fois qu'il s'agit de cet important objet.

On rejeta, le 11, un rapport de Lagirardière, qui avoit pour objet la reformation des mœurs du clergé.

Cette pièce jugée incomplète et défectueuse , ne se trouve pas dans les actes du concile. Mais on y lit un aveu non exagéré, échappé de la bouche de l'évêque de la Somme, sur le compte du clergé de son parti , pendant la discussion du rapport dont il s'agit. « Il faut avouer, dit ce Père, '» qu'après l'établissement du pro- » testanlisme , à la suite des guerres » civiles , les mœurs des ecclcsias- » tiques ont été fort relâchées : nous » sommes h peu près dans la mente cir- » constance;\\ est à propos de faire » ce qu'ont fait ( les conciles pro- » vinciaux tenus depuis le concile

PAR aSj

» de Trente ) pour arracher le clergé » au désordre qui l'entraîne. »

Un autre objet occupa aussi le concile dansla même séarjce. Grégoire nous en instruira. «Les VV. Dcgola " et Bergancini ( ont rédigé ) une " lellre de communion de plusieurs églises » d Italie UiTC le clcrj^é cl le peuple fran- » çais^ laquelle a été imprimée et » em'Oft'e en Italie pour recueillir les si— » ^natures : quand une fois toutes ces » signatures seront recueillies, il sera » utile d'en faire un dépôt aux ar- » chives. Un respectable laïque en » a fait la traduction; si le concile » le juge à propos , on lui en fera » lectvire » Les Pères consentirent volontiers à cette communication, et Moyse lut.

A entendre ces églises d'Italie, qui parlent sans douter , par l'inspiration de l'évêque de Loir-et-Cher, et par l'organe de deux de leurs transfuges, elles ont garde jusqu'ici le silence, parcequ'ala vuedesmaux terribles qui pesoient sur le cierge constitutionnel, il leur paroissoit plus convenable de verser des larmes, que de se répandre en de vains discours; mais elles adrcssoient en même temps au ciel des vceux fervents, pour qu'il ne permît point que les preuves éclatantes de constance, données déjà par ce cierge dans une foule de dangers effrayants, fussent jamais souillées par quelque acte houleux de lâcheté.

Elles avouent que , dès les preru'ers instants qui virent naître la republique, elles n'aperçurent ni schisme, ni hérésie dans la soumission exigée par la loi; et que celle-ci même ne blessoit en rien les noeuds de l'unité, ni l'intégrité de la foi.

Elles déplorent que les vœux formes depuis long-temps pour l'extinction des erreurs et la repression des abus , aient trouvé dans la cour de Pvome une résistance toujours invincible. Elles assurent que nos ancêtres, dont les cœurs furent iqueliiucfois enflammés de l'amour

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de la vérité , coniballîrcnt <le temps en temps avec force contre celte cour; mais que nos rois ne surent que trop, pour le malheur de l'E- {^lise, associer alors son esclavaj^e avec ses droits. Pendant que les choses étoient dans ce triste ctat, et que les dispositions des supérieurs ecclesi.istiqiies au milieu desquels régnoient Tenvie et la discorde , ne permettoient pas d'espérer qu'un concile général viendroit remédier à de si grandes calamités, un événement soudain et presque céleste en présenta tout-à- coup le remède. Eut-on pu le rejeter P Cependant quand \3i conslilitlion cwile du f/if/-^/ parut, il s'éleva de toute part un cri : la foi est perdue ; le ministère saint et l'honneur du sacerdoce sont détruits ; on provoque lespeuplesàl'impiété. Beaucoup d'hommes sensés admirent ces inculpations absurdes, ou par la crainte qu'ils avoient des curialistes ( des amis de la cour de Rome), ou par haine pour les Français, ou peut-être encore par ignorance. IMaisleséglises qui parlent, regardèrent comme très-légitime tout ce que l'assemhlée nationale faisoit , ayant son roi à sa tête. C'ctoit la représentation de tout le peuple , qui adminiitroit les droits suprêmes; l'histoire offre six cents exemples où l'Eglise usa de patience et de soumission à l'égard de lois qui , sans blesser les dogmes, afïoiblissoient légèrement la liberté chrétienne. Une chose néanmoins faisoit naître quelque dissidence dans les opinions, et des scrupules dans certaines consciences : c'étoit l'article qui abolissoit des sièges épiscopaux , qui en érigeoît de nouveaux, et qui fixoit les limites de tous. Les uns ne virent rien qui ne fût temporel dans ces dispositions; et ils en attribuèrent aisément la compétence à l'assemblée qui avoit porté le décret : d'autres crurent y apercevoir du spirituel , parce que In juridiction épi-

PAR

scopale est de ce ressort ; et ils cii.<!sent voulu l'intervention des deux puissances, ou du moins, que les évoques guérissent cette plaie faite à leur puissance, en consentant euxmêmes positivement à la loi; au surplus, si quelque grave inconvénient éloit à craindre , ii falloit mettre en sûreté la foi, et conserver l'unité.

Tous néanmoins se reunissoient à donner des éloges à la loi. On se réjouissoit d'y voir les anciennes élections rétablies , les deux ordres rapprochés par le renversement de ta domination épiscopale , l'antique discipline ramenée dans toute sa pureté. On ne s'étonne point que les esclaves de la cour romaine eussent crié au crime, ni que les évêques même eussent craint que leurs droits ne fussent sacrifiés, ainsi que ceux du souverain pontife : ces prélats , aux yeux des églises qui dogmatisent si admirablement, furent entraînés, ou par envie , ou par avarice. Mais plusle serment, qui fut bientôt prescrit, causa de clameurs et de troubles, plus il dut être rigoureusement exigé , et plus il devint indispensable de le prêter. La belle occasion pour le chef miriis/ericlde l'Eglise, de terminer les discordes et ramener le concert dans les cœurs! Mais la cour romaine, qui ne sait point fIéchir,so refusa à cette bonne œuvre. D'abord elle garda le silence, comme pour délibérer : car il n'étoit plus, le temps où elle pouvoit à volonté frapper d'anathème les églises et les empires. Nous gémissons qu'un te!

silence mît la religion dans le danger d'être entièrement perdue , si tous les évêques montroient en France la même résistance et la même opiniâtreté. Il falloit ou obéir, ou émigrer. Déjà depuis long-temps quelques-uns avoient abandonné leurs troupeaux par la fuite; ceux qui restoient , formoientune résistance vaine et dangereuse : la puissance civile les traitoit comme des ennemis jurés du salut public En vain qi!,\-

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tre (Vcntr'cux leur donnèrent un t^rand exemple. Ceux-ci jurèrent :

«t nous ( rtinics que le ciel les avoit «fjnsprvès , pour le soutien de la reli;;ion, et pour placer à la tête des diocèses le nombre des évoques admis iiar la loi civile. Les ennemis de la liberté sourioient h ces débats : ils esperoient y trouver une armepuissanle pour renverser l'ordre établi.

Sur ces entrefaites arrivèrent des décrets de la cour de Rome, remplis de réprimandes et de menaces.

Mais la republique devenoit plus redoutable chaque ]Our ; sa valeur et sa puissance croissoient au milieu des dangers.

Les églises d'Italie examinent ensuite les plaintes des évêques insermentés ; bien entendu qu'elles les présentent en peu de mots , et comme le jugent à propos leur inspiraieur et leurs organes. Apres quoi elles les réfutent avec aisance , facil'i ne^otio Nous n'entrerons pas ici dans leurs raisonnements, ni dans la discussion des faits qu'elles puisent dans l'histoire. Saint Athanase, saint Ghrysostôme et un pjpe chassé et remplacé injustement, leur fourni.sserit des armes avec lesquelles elles chantent victoire. Les efforts de l'impiété contre la religion ne les elTrayèrent pas non pi us; elles furent seulement touchées de compassion à la vue delà persécution airoce qui frappoit plus encore sur les nouveaux pasteurs que sur les ouailles.

Mais Robespierre tomba ; on cessa les massacres; la paix se remontra ; les temples se rouvrirent , et le clergé de France offrit au monde le spectacle admirable d'un concile assemblé pour le bien de la religion. Jusqu'à quand donc les évêques anciens querelleront-ils les nouveaux évoques ? Quant aux églises italiennes , elles se rejouissent de présenter à leurs frères «ne preuve de charité qui passera aux siècles à venir comme un monument illustre en faveur de la vérité (Icfciidnc.

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Cette lettre est datée de Gêne.s , 23 octobre 1798 ; et ce n'est pas sans quelque mystère. Il falloit donc qu'on eût rencontré de grandes difficultés à recueillir les signatures , puisque prés de trois ans après l'émission de cette pièce, c'est-à-dire le II août 1 801, époque où l'on en parla dans le concile, cette opération qu'on ne soupçonnera pas d'avoir été conduite avec lenteur et négligence , n'etoit pas , à beaucoup près, terminée , et puisqu'un des réunie, qui devoit être fort instruit des secrets , proposa de prier Degola de travailler à faire parvenir de nombreuses signatures qu'on esperoit encore de la part du clergé d'Italie.

Un père demanda aussi s'il ne seroit point à propos de renvojer cette lettre à une congrégation , afin de lui donner un plus f^rand curaclere.

Un autre observa qu'on disoit que l'original latin étoit admirable , et qu'en conséquence il ne falloit pas y loucher. Un troisième déclara que , malgré les éloges qu'on en faisoit, il desiroit qu'on en niranchûl certaines, expressions qui lui paroissoient injurieuses à la cour de Rome. Ajoutons l'exposé de Grégoire que nous avons rapporté plus haut. Eût-on parié ainsi d'une lettre si avantageuse, si elle eût été composée à Gênes et envoyée dans toutes les parties de Y\ talie depuis plus de deux ansl'' D'ailleurs, si, à l'époque dont nous parlons , les signatures apposées à cette pièce se fussent trouveesdeja unpeii importantes par le nombre , pourquoi le concile n'adressa-t-il nommément des remercîments qu'aux seuls ^V. Degola , Rcrgancini ci CnriY^a , tandis que le premier de ces vénérables l'assuroit, qu'a part certaines personnes , qui pourroient être compromises et dont il connoissoit les noms, on pou voit designer les autres sans aucun danger ? Tout ceci rappelle cette mascarade fameu^ se qu'on introduisit au commencement de la révolution iVài^', l'asseui-

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Liée qui donnoit des lois à la France, avec tout l'appareil dû aiixanibassadeursde cent tetps couronnées :

mascarade qui coût.? cher à la France. Mais qu'importe que ce tcnioiiçnase de communion donné par )|uelques in<!ividus, et non par les pt^lises d'Italie, à nos con^lituliontiels, ait ete fabriqué à Paris, et pendant la session même du concile, ou qu'il ait pris naissance à Gênes , le 23 octobre 1798 ? L'cvêque râwi que nous venons de citer, voyant que cet acte recevoit l'approbation t';enérale de rassemblée, ne voulut pas qu'elle ignorât que l'on devoit ■< cet ouvraj^e au zèle infatii^able de » l'évêque der>lois( Loir-et-Cher), » qui depuis long-temps n'a cesse » d'entretenir des correspondances » dans toutes les parties de l'Europe » avec les églises. » Quoi qu'il en sQÎi, ce monument de défection et de schisme est rapporté en latin assez beau dans les actes du concile , et on y raconte ensuite , dans la même langue, qu'il fut souscr't par un i^rand nombre (quàmplurcs)de menbres du clergé d'Italie , dont les signatures sont à Paris, sans doute <!ans les rt/-f /jàr5 de l' histoire, à côte des archives du clergé constitutionnel, dont le concile de 1801 confia le dépôt à lienvi Grégoire.

L'avis de Lcymonerie, qui demandoit des retranchements dans cette lettre schismalique qui nous occupe, occasiona des saillies admirables de la part de quelques Pères Révérends.

Deberthier, evêquc de l'vVveyron et jiromoieur du concile , s'exprima ainsi : " Se crois que, dans tous les » temps , les âmes timides ont perdu » la chose publique : il faut avoir le » courage de .se prononcer pour la » vérité ; et pour la faire connoitre, ^> il faut nécessairement allaquer la »> cour de Rome. » Suivant l'évêque du Jura, <> il seroit honteux de biai- ^ .ser et de mollir sur cet article des » prétentions *ïune cour oi'ibitiruse et a o'-^ucdlrw.e, etc.» Au reste, on de- |

PAR

manda une réponse digne des ég!i.;os d'Italie : le concile la décréta , et eu chargea la congrégation des libertés de l'église gallicane.

ISous ne croyons pas devoir ajouter ici des observations sur la lettre des prétendues églises d'Italie. Ou n'y trotive rien de tout ce qu'il faudroit démontrer pour en faire un juste appui au parti constitutionnel.

On est loin d'y établir, par exemple, qu'il appartienne à la puissance civile de donner aux évêques la juridiction spirituelle, de la soustraire aux uns , d'en étendre , et d'en resserrer les bornes à d'autres, et de fixera tous lesrèglesd'après lesquelles ils doivent l'exercer. On n'y prouve pas, non plus , que cette même puissance puisse restreindre au.^.si la juridiction du chef de l'Eglise, ou la lui ôler entièrement. C'est demêmesansen allégueraucun fondement qu'on énonce que les evêques pouvoient , par leur consentement , remédier au vice radical qu'entraînoient les changements opères dans les sièges episcopaux , par la réduction et l'érection des diocèses. Et pouvoient-elles , ces églises prétendues , avec quelque connoissance de l'histoire , assimiler les élections établies par la constitution civde du clergé , aux élections pratiquées anciennement dans l'Eglise , etc., etc. ? Mais qu'on nous montre donc les signatures originales de cette fameuse lettre. Si l'on craint pour les signataires, pourquoi faire mention dans les actes du concdc d'une pièce signée du seul Dégoia? d'une pièce qui n'a aucun caractère d'authenticité , et qui a toute la physionomie de l'imposture et du mensonge ? Quel e.^t donc riiommesenséqui n'y reconnoîtra pas le dessein évident de trom.per, et d'opposer à la vérité conniie des armes de toute espèce ? Mais c'en seroit trop pour un objet de .si peu d'importance , si l'on n'y voyoit des niarques saillantes de la n">aumise foi dos constitutionnels.

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Vf rnerey y prouva son érudition PII faisant, le 12 août, au nom de la congrégation de la/w, des maurs et de l'ensri^nt nient, un rapport sur /Vdu cation des clercs.

Remontant au commencement de TEglise , l'auteur dit que Téducation des jeunes ecclésiastiques n'exigeoit presque rien de particulier, parce qu'alors les chrétiens etoient presque tous des saints; que les ministres de la religion pou voient se passer de l'étude des langues étrangères, et qu'il leur suflisoit , pour apprendre la religion , d'assister aux explications de l'Écriture sainte avec les autres fidèles; les hérésies ne causant point encore d'embarras pour les confondre. Mais à mesure que celles-ci se multiplièrent et qu'elles se répandirent, indépendamment de la connoissance des Livres sacres avec de hons commentaires , il fallut lire les Pères qTii refutoient les novateurs, et constilter les monuments où se irouvoieiit les preuves de la tradition. Le travail s'accrut encore par la suite, quand la langue de l'Eglise , des conciles et des Pères cessa d'être la langue vulgaire. Depuis long-temps on voyoit des écoles célèbres établies en diversesvilles. Celles «l'Athènes et d'Alexandrie formèrent de grands hommes. Les évoques réunirent aussi de jeunes gens auprès d'eux , et en prirent .soin par eux-mêmes. îilais dans le 12^ siècle, on crut suppléer à ces séminaires episcopaux, en y substituant des universités. Alors parurent les universités de Boulogne ,de Pavie et de Paris, (fameuses par le nombre des élèves qui s'y rendoient de toute part) ; mais peu propres à peupler ie clergé de sujets édifiants et solidenient in.struits. En eflèt, la licence .s m troduisit bientôt ( dans ce monde déjeunes gens occupés là pendant de nombreuses années , sous un réf^ime qui, ^ans doute, ne pouvoil ;fs contenir assez. L'histoire génut '.n rapportant les excès auxquels

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cette déplorable licence fut quelquelois portée ). D'un autre côté, les professeurs, ( imbus des subtilités de l'ancienne philosophie ), s'attachèrent à des questions métaphysiques, minutieuses, souvent inutiles, tandis qu'ils negligeoient des objets essentiels, (ou dont ils ne parloientpas même , ou qu'ils nefaisoient que comme saluer en passant ). Les collèges particuliers présentèrent de meilleurs résultats ; mais ces institutions n'ayant point pour objet d'élever des clercs, ce but si nécessaire ne s'y trouvoit pas renipli. Heureusement le concile de Trente vint au-devant des besoins, en ordonnant l'érection d'un séminaire dans chaque diocèse, pour former les aspirants au sacerdoce , à la vertu, aux sciences ecclésiastiques, et aux règles sacrées du saint ministère.

Venant ensuite aux vues qu'il propose , l'orateur désire que l'éducation cléricale commence dès le bas âge ; et il désigne pour p/<^^o^u<'i aux enfants qui montreront d'heureuses dispo.sitions à l'état ecclésia.stique,les cures de leurs paroisses, il indique à ceux-i i les livres qu'ils pourroient mettre entre les mains de leurs élevés. Mais, dans la tâche qu'il leur impose envers ces jeunes plantes, i!

n'a peut-être pas assez égard au défaut si commun de capacité dans l'art difficile de l'enseignem.ent ,à la multitude des livres nécessaires pour cette profession et surtout aux soins tres-a.ssidus que les pasteurs doivent a leurs troupeaux.

Quoi qu'il en soit. Vernerey reporte ensuite l'attention du concile sur l'établissement à former, d'écoles spéciales. Celles-ci seroient composées d'une douzaine d'elcves qu'un ecclésiastique condiiiroit .sous linspeclion innnediate d'un arcliiprêtre, avec S'agrément de lévêque diocésain. Ici, les langues française et latine, 'es éléments de la langue grecque , 1 histoire sacrée et un petit «9-

?q2 l'Aî».

Cours de logique cccuperoîeiU principalement les élevés: ( au lieu de présenter d'abord les fables du pai!;anisnie et les auteurs profanes assez peu utiU's sous quelques rapports ) , on leur niellroit devant les yeux des endroits bien choisis dans les Pères , où , tout en ][)uisant des leçons capables de porter ces jeunes gens à la vertu , ils trouveroient encore des eonnoissances d'une utilité reconnue.

Au reste , le rapporteur n'exclut pas l'explication des poètes , des historiens et des orateurs distingues, qui honorèrent la langue romaine dans le beau siècle d'Auguste. Des extraits de ces illustres écrivains vien- (îroient achever de polir un travail commencé heureusement avec d'autres instruments.

Enfin, arrivant à l'étude de la théologie, à laquelle il associe encore celle du grec et de l'hébreu , il a recours , comme par nécessité , aux .séminaires. 11 fixe le cours à trois ans d'études publiques ,que l'évêque pourroit encore restreindre, en cas de pauvreté. 11 joint à l'étude théologique, pour laquelle il demande qu'on compose un nouveau cours qui seroit suivi dans toute la France, et qu'on associeroit au code civil pour le niariaf^c , ainsi que pour certaines matières de justice, il y joint , disonsnous, l'instruction des règles du ministère pastoral, et une sorte de rhétorique, qu'il trouve placée là })lus avantageusement que dans les cours précédents. Quant à la théologie à composer, il en écarte tout système , toute question inutile et les formes syllo^isllqties dans la rédaction. 11 divise ce cours en trois parties ; la positive , qui comprend l'histoire rt \i critique des monuments de la religion ; le dogme et la morale.

Mais entendons un instant le rapporteur dans ses propres expressions.

" Plus l'ultramontanisn.e fait !' d'efforts pour soutenir son em- )' pire clia'.urK^nt , plus aussi il est

PAR » nécessaire d'établir les vrais prîn- » cipes, si chers à nos pères. 11 fauê )> que toutes les vaines prétention.-»

» de la cour de Rome soient détail- » lees et solidement combattues.

» Combien d'autres questions en- » core sur la compétence de la » puissance civile dans les matières "ecclésiastiques, sur, etc.; doi,l » l'ignorante a occasionc tant de maux » en France dans ces derniers temps , » qu'il est par conséquent néces- » saire de traiter ? « Ilelas ! ce que dit ici le rapporteur sur ïi^norance qui a été funeste à la France, n'est que trop vrai, soit que cette ignorance déplorable ait été réelle , soit qu'elle ait été affectée ; mais il faut en appliquer le défaut ou le crime à d'autres qu'à ceux qui sont demeurés dans la foi etdans l'unité catholique; démarche qui exclut éminemment l'ignorance pernicieuse dont on parle ; car ils ont du moins su qu'ils dévoient se soumettre à l'église , et être prêts à tout sacrifier plutôt que de manquer à xn\ devoir si indispensable dans la circonstance.

Au reste , on est fâché que Vernerey veuille mettre entre les mains des jeunes gens l'Histoire ecclésiastique de Fleury , dont les cinq premiers volumes sont excellents , mais qui, dans d'autres, montre une prédilection excessive pour l'ancienne discipline , et ailleurs, une partialité impardonnable sur le compte des papes ; partialilé qu'il a puisée dans des sources suspectes , d'où découloient avec une égale malice le fiel noir de la haine et le poison amer de la calomnie. Mais que dire , quand il substitue à ces livres dangereux , un plus dangereux encore, l'Histoire de l'abbe Racine , où l'on retrouve tout le venin du jansénisme, surtout dans le supplément et les lettres de Philalèthe à Morénas , production acerbe de Clémencet? Et pourquoi encore placer sous les yeux de la jeunesse des livres

PAR

eniaclic's delà ni«^nie erreur et le Catéchisme de Montpellier , sans exif;er l'édition corri{;ee par de Charency ? Pourquoi donner tant d'ologes aux écrivains de Portl\oyal , re;^retlaiit de ne pouvoir en tirer une tlieolo^^ie complète ? Veriierey , forme à la science ecclésiastique dans un séminaire si orthodoxe , eleve au doctorat par une université jusque-là si ennemie des nouveautés profanes , se seroit-il laissé gagner au parti de la petite église , de longue main , par des lectures ou des insinuations perfides , ou tout-à-coup , en hantant trop familièrement , dans le concile même , quelques-uns de ces Pères qui etoient les fermes colonnes de ce parti tant de fois condamne i* Assurément non ; du moins pour ce «jui concerne la doctrine de la grâce; car nous savons qu'il adhère aux huiles qui condannierei!t,àcet égard, les erreurs de EaVus, de Jansenins, de Quesnel. 11 faut donc croire qu'il fut comme forcé par des membres de la congrégation au nom de laquelle il parloil , d'insérer l'adoption de livres pernicieux : et que quand il s'exprima d'après sa propre pensée, après avoir loue, à quelques égards, la théologie de îjyon, il la rejeta comme incomplète , et surtout , parce qu'on y ilncutoit (crtains systèmes ; expressions que nous entendons du jansénisme qu'on y insinue en plusieurs endroits. Il est cependant vrai que les constitutionnels ont besoin des jansénistes, et qu'ils doivent l'être, du moins à certains égards pour ce qui concerne l'aulorite des deux puissances.

Nous ne rapporterons pas le long projet de décret qui snivoit ce rapport. Il y eut des débats pour savoir si on 1^ discuteroit , ou si ou le re-

fetteroit sans discussion : si on le èroit imprimer , ou si on le discuteroit sans cette mesure. Nous passons ces débals qui se terminèrent

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par la resolulioii d'imprimer ce nicme projet au plutùc, et de le dis('uter trois jours après l'impression. On nomma aussi une comn)ission jnnir examiner lu j'arlie e/in couccriioit la lliéolo^ie.

Mais tandis que le concile se livroit à de grandes specidations ; que ses congrégations composoient à l'envi des rapports sur les matières les plus importantes, et qu'il sem- Lloil aux Pères que l'âge d'or alloit renaître de leurs travaux dirigés par la main de la sagesse même, un evcneuient subit vint tout-à-coup renouveler , parmi eux , la confusion qui avoit autrefois disperse les enfants de jSoé , et faire cesser leur entreprise téméraire. L'assemblée eut la nouvelle officielle, le i3 aoîit, que les négociations entre le saint Siège et le premier consul etoient terminées , et que des mesures etoient prises, dans le nouveau concordat , pour ramener elHcacement la paix en France. En même temps elle re(;ut, de la part du gouvernement, l'ordre posiiit de cesser ses travaux et de se séparer. Les actes dissinndent cette circonstance inattendue ; mais l'embarras où se trouvèrent les Pères, quand ils curent reçu cet ordre . la décèle. Et si leur séparation eloit volontaire, pourquoi s'en effrayèrent- ils .'' Si elle pouvoit avoir des suites fâcheuses , enhardir les ennemis de la trunquilhlé publique a larer de ncmrllia perseculions aux paslcurs , pourquoi effectuèrent-ils une séparation si à contre-temps. Si le gouvernement ne leur ordonnoit pas de desemparer, pourquoi y eurent-ils recours afin de lui soumcllre parliculterement cet ulijtt , et de le recommande/cl à sa sagesse et à sa prc'ivyunee :'

La députa lion envoyée au gouvernement par le concile , eloit composée des evêques d"îllc-et-\ilaine, du P\hône,deLoire-el-C!ier , <le rAvcyron. et du Puy-de-Dcnir.

11 rcsuile de l'cnlrctient cff.citi

cuVlle cul avec le niinistrp i]c la police , (lisent les aclrs , " i ."' que le )' concile a (ait riinpressioii la plus » profonde sur tous les meii.bres du » f^ouvernenient et les habitants dt » Paris ; qu'on a i;eneralenient ad- " miré le developpcnieiit des lui> niieres que renlennoit cette as- » semblée , où il se trouve un i;rand >' nombre d'hommes éclaires et à » j^rand caractère ; qu'on avoil ete » frappé du maintien grave et reli- » ijieux de tous les membres, et >> et qu'on avoit été loin de s'at- » tendre à une reunion aussi im- >' posante. 2.° que le f^ouverne- » ment ayant reçu de Sa Sainteté une " bulle pour la pacification des trou- " bles relij;ieux de France , il atten- >' doit des dispositions patriotiques » et relisienses duconcile , qu'il con- " courroit de tous ses moyens à une " si importante opération ; et qu'il >• transmettroit à la postérité un " monument durable des disposi- » tioiis pacifiques, qui n'aicic/il rfssé » daiiiiner le clergé coiistilultonntl.»\jânteur des actes n'en dit pas davantage sur cet entretien , afin de ne point s'écarter de son plan de dissimulation. Mais un père du synode alla plus loin , et dit, dans uneautre occasion , que le ministre de la police leur avoit fait entendre que le concile seroit seulement suspendu , et qu'il pourroit reprendre ses travaux dans un temps plus opportun.

Ceci étoit un motif de consolation pour les membres de l'assemblée constitutionnelle , et c'est pour nous une preuve nouvelle de notre asser tion.

Il fut décide' que la dernière séance auroit lieu le iGaoiit,quî ctoit un dimanche cette année-là.

" Mais que deviendront les libertés » de l'ej^lise gallicane P On ne peut » présumer que ses droits qui fu- » rent dans tous les temps le soutien » de la religion et de l'état, aient été " sacrifies ; mais s'ils avoient clé » méconnus le concile ne pourroit

" se séparer sans en réclamer ia coni> servalion et en solliciter le réta- " blissement. Le mémoire qu'il con- » viendroit i\v. {«resenter sur ce su- » ]et, deviendra un moimment pour » la postérité ; il prouvera tout ce » qu'ont fait des evêques et des prê- » très, pour les soutenir, pendant » près de douze ans, au milieu des » circonstances les plus extraor- » dinaires. L'éveque de Loir-el - » Cher , en donnant a cette opi- " nion une plus i^rande extension , » fait connoître toute limporlance » de cette réclamation; et les évê- » ques du Jura , «les liautes- » Pyrénées et de l'Aube , sont '< nommés pour redii^er ce nie- >' moire, j»

On ordonna aussi la rédaction d'une lettre synodique au premier consul, pourlui temoii^ner la reconnoissancedu conciIe;cefutla tacite imposée aux évêques de Loir-et-Cher, du Kliôncet de laSeine-Inferieure.

Le lendemain j4., cette tâche fut transférée entre les mains des év«^ques de la Somme, des Vosges et du prêtre Orange. En demandant de nouveau la rédaction de cette lettre, ])esbois émit celte phrase remar- (juable : « En vertu de quoi nous " separons-nous ? n'est-ce pas par " une délibération commune avec ' ( le gouvernement ) ï »

On en etoit h l'avanl-veille de Ja clôture solennelle ; le temps etoit court ; et les Pères faisoient des motions divergentes. Ici ,on deniandoit une lettre aux fidèles sur la clôture ; là , on parloit de la mission canonique ; plus loin, on prioit le concile de préciser les objets à discuter ; ailleurs, on exhortoit les Peresà ne pas émettre plusieurs propositions à la fois. Ne seroit-il pas possible d'exposer les raisons qui nous font cesser nos travaux , dit-on d'un côté ? Il faut que toutes les paroles soient pesées , répo!id-on de l'autre , ne faire que deux lignes, et pas davantage. Vun veutqu'yn ecri-

PAPt

TC au pape pour lui annoncer la fin du concile ; un autre prétend qu'on adresse la même lettre aux disiidents, pour leur dire que , vu la pacification , il n\ aura pay de conforences. Elles auront toujours lieu , repond un troisième et elles sont décrétées de nouveau. — Aucun concile ne ^'est séparé dans de pareilles circonstances , notre conduite doit donc ctre aussi extraordinaire que notre séparation ; et si dans la bulle il y a des articles qui ne nous conviennent pas ,comment nous trouverons-nous après avoir écrit ? — 11 faut écrire au pape avant que de connoître la Lulie; car il pourroitse faire qu'après en avoir eu connoissance , on ne pourroit lui écrire, etc. Enfin, on désire qu'on parle sur les démissions.

Il paroît que le f;ouverneinenl les avoitproposeesaux evcques du concile. Cependant les Pères ne se montrcrent pas d'accord sur ce point :

quelques-uns crurent qu'on les demandoitd'une manière très-posiiive; d'autres prétendirent qu'on avoit \oulu seulement pressentir leurs dispositions à cet égard ; plusieurs soutinrent que du moins on ne les exiseoit pas sur-le-champ.

Moyse s'etoit prépare sur cet objet. 11 reclama l'indulgence et lut un mémoire très-long , où il examinoit, i.° si, dans Tliypothese proposée , les evêques constitutionnels , exerçant actuellement leurs fonctions, dévoient donnerleur démission : 2. ''supposé que cet acte fijl jugé nécessaire, à quels caractères il devoitêtre marqué ,et quelles qualités principales il devoit avoir ; 3. ° dans la même supposition, en quelles mains cette démission dévoit être donnée.

Mais avant que d'en venir à la discussion de ces questions imporlanles, IMoyse demanda qu'on lui permîtdetraiter avec quelque étendue un seul article, sur Icqr.cl il vrevovoit que ses collègues pour-

PA1\ 2f)?>

roient être obligés bientôt de prendre un parti, d'où dependroit la

f^loire iinmorlille ou Xelernelle i^noni/nie de l'e^lise gallicane , c'est-à-dire , de la société constitutionnelle.

Apresce préambule assez piquant, l'évêque du Jura s'exprima ainsi ; « Jesus-Cbrist , en envoyant son » ambassade à tous les peuples et à " tous les siècles, ne faulorim pas à >' e.riger de qui que ce fût d'autres de- » toirs, que ceua: dont lui-même oioit » jirescrilFohsinalion; mais enetablis- » sant l'Eglise , ///ù/c/L'««a le droit tt » lui imposa l'ollli^alicn de prendre en

.. MASSE, ou PAR IŒPliES£.\-

» TAi\ TS, les moyens d'exécuJton né- » cessaires pour procurer , de lO pari de » ses membres , l'accomplisiemenl exact » des lois e\'an^éliques ; avec ordre de » punir de peines purement spirituelles, ei » d'exclure même de son sem ceux qui " refuseroicnl de s'y soumettre. AulSi " consacra-t-il le pouvoir qu'a toute >' société de statuer ce qu'elle juge » nécessaire pour atteindre son but, » se conserver, prévenir la confu- » sion et se garantir du désordre, '> en é%itant toutefois ce qui peut » troubler l'ordre public. »

~^'oila, sans doute, des principe^; excellemment lumineux , et grandement capables de préserver de l'ignominie la nouvelle église gallicane. Quel donmiage qu'ils se trouvent plus en harmonie avec lesliéresies de Marsille de Padoue, de Lu tlier, de Richer, etc. , qu'avec l'Evangile, la foi catholique et la conduite que tinrent constamment les apôtres, tandis qu'ils foruièrent sur la terre l'ambassade dont on nous parle ici! ^lais si le Eils de Dieu n'autorisa pas les apôtres à imposer d'autres devoirs que ceux qu'il avoit lui-même prescrits, pourquoi leur dit-il : " Toute puissance m'a ete » donnée dans le ciel et sur la terre, » ( Matih. 28, 18.), je vous envoie » com.me mon Père m'a envoyé » (Juan. 20, 21. ) ; tout ce que I » vous aurez lié sur la terre, ser;i

at^G PAR

t> lié aans le ciel : et tout ce que vous n aurez délié sur la terre , sera aus- »> si délie dans le ciel ( Matth. i8, » i8.)P" Pou rmioi les apôtres qu'on n'accusera pas d avoir ignore la commission que Jesus-Clirist leur avoit confiée, ni même d'en avoir ambitieusement dépasse les liornes sacrées, établirent-ils des lois et des reniements de discipline, sans avoir préalablement consulte la nov^r niles /rprésin/anis ile la société des fidèles? Pourquoi le clief de lEi^lise et ses collet^ucs dans fcpiscopat suivirentils le long des siecl-^s, les exemples <!es premiers envoyés du Sauveur ; et reclamerent-ils tant de fois contre les empereurs, les rois, les maj^isirats , qui vouloient se mêler de décider sur la doctrine chrétienne et d'usurper la puissance ecclésiastique ? D'ailleurs fi le pouvoir de gouverner appartient à la société catholique , à charge par elle de l'exercer en ma^sv ou par des rcpn'senlants , les premiers pasteurs ne sont donc à cet égard que ses délégués , tes commis, ses ministres; elle a donc droit de les choisir , de leur communiquer la juridiction , de les déposer et de les punir : tout ce qui se fait légitimement , se fait donc aussi en son nom et de son consentement au moins présumé ; l'Eglise forme donc, dans toute la rigueur de l'expression, une république, dans le sein de laquelle nul n'occupe le premier rang ou d'autres dignités eminentes,sielle-mêmenedistribue tn musse , ou par ses représentants, ce rang et ces dignités supérieures.

Car il faut admettre toutes ces circonstances et bien d'autres encore dans le système hérétique de l'evêque du Jura. Ne soyons donc plus surpris , si dans le concile de 1797 , on donna au pape le titre de chef mimslénet de l'Eglise , et si , dans son docte mémoire, Moyse l'appelle constamment , ou le premier des pontifes ou le premier ricaire de Jésus- Christ.

PAR

On n'exigera pas de nous, sans doute, que nous réfutions ces erreurs «Icjà condamnées tant de fois , ni <|ue nous en montrions toutes les suites affreuses. On peut consulter le traité des dtu.i puissances de l'abbé Pey , le conférencier d'Angers sur la hiérarchie ecclésiastique , le dictionnaire des Af'm/r.';, imprime àl>esan(;oni8l7, t. 2. pu}^. 84.0, et suuantes ; d'où nous extrairons seulement le texte suivant. «' En enlevant des mains des " pontifes, qui forment, ainsi que » nous l'avons dit , l'Eglise en.sei- » gnante , l'autorité spirituelle, suu- » veraine que Jesus-Christ leur a « confiée directement et immédiatcinrnl » dans la personne des apôtres , et la » transférant au pcujiles, aux ma- >' gistrats , aux princes temporels, » en un mot, à tous les membres du » corps mystique, comme si cette » même puissance avoit ete donnée »> primitivement et originairement à touS » les fidèles , non pas , il est vrai, ^o«r » l'exercer par eu.v-mémes ^ mais par les » premiers pasteurs , qui sont leurs com- » mis , et qui douent af(ir de leur eonscn- » ment présumé, ( ou bien en masse, » ou par représentants ) , il est clair " que ce principe hérétique ouvre >' une large porte à la révolte contre » la puissance spirituelle légitime ; » qu'il fomente le schisme et l'here- " sie ; qu'il mine, par conséquent , » l'unité catholique jusque dans ses » plus solides fondements, qu'il tend » a renverser la hiérarchie sainte » établie de Dieu même , à détruire » toute subordination, toute har- " monie dans l'Eglise ; qu'il fournit » à tous les novateurs accrédites, des » moyens de se soutenir , et de con- » tinuer à propager tranquillement » leurs dogmes antichretiens, mal- « gré les anathemes les plus justes et » les plus canoniques ; et qu'enfin il » autorise à se relever et à renaître '• comme de leurscendres, toutes les » erreurs proscrites depuis lestemps » apostoliques jusqu'à nos jours. .

» Car quelle eit la nouveauté hetc-

» rodoxe, antique ou rccente, qui 1» s'avouera jamais avoir ete frappée « par tous les talhollques, du moins, >» de tous ceux qui .<c disoient ou »' croyoient l'être ? \^ icief , Jean » Hus , Luther et Calvin curent-ils » besoin d'une autre base , pour » appuyer leur résistance opinià- » tre, etayer leurs dogmes monj> strueux ?»

Moyse poursuit : «C'estsur ces ba- »> SCS que s'établit le gnineninnent eci> ilésiaslique ; ce gouvernement de » douceur, de confiance, de persuaj' sion et d humilité, qui rend le >' premier des ponlifvs le serviteur de » tous..; ce gouvernement nouveau » qui , par sa nature , exclut jusqu'à » l'idée de l'arbitraire et de la domi- '> nation , ne se pnsen/ pns dis re^/cs , j> mais les reçoit , s'y conforme et les 3' fait observer...; ce gouvernement ■» tout spirituel... , dont les moyens j> ne peuvent jamais rien avoir de î> coaclif, et se réduisent à maintenir la » rigueur des saints canons. »

Si on demande à notre dogmatiste d'oîxie gouvernement ecclésiastique, si tant y est qu'on puisse l'appeler ainsi d'après l'idée qu'il nous en donne , reçoit les rej^les qui le dirigent, puisqu'// «f i'f« fait pas à luimême F 11 fera valoir de suite sa masse. Si on lui réplique, mais où at-on jamais vu cette masse composée de tous ses éléments et de toutes ses parties, enfanter des canons, des lois et des règlements ? il recourra à ses représentants. Si on le prie de dire quels sont ces représentants nés ou délégués ? il montrera les empereurs , les rois , les chefs des republiqTies, les magistrats , et en sous-ordre , les papes et les évêques ; car il ne veut pas ries prêtres. Si onajoute, qui a donc nommé tous ces représentants et leur a communiqué les pouvoirs de tout genre .'' Il reviendra encore à sa masse : en sorte que cette masse est merveilleuse ; car elle veut sans y penser, elle agit sans se remuer, elle parle sans articuler un mot, elle gou-

PAR uQy

verne sans s'en apercevoir, elle faii tout sans y prendre garde : ne faudroit-il pas la placer à côté de l'étonnante massue delà vérité.''

Quoiqu'il en soit, gouvernés alors parla moM^de Moyse," pendantdouze » ou treize siècles, les jiapes, lors » de leur exaltation , juroient d'ob- » server toutes les règles ecclesiasti- » ques contenues dans les conciles » universellement reçus, et de ne » pas soufirir qu'il y fût porté la

» moindre atteinte Pendant une

» longue suite de siècles , les premiers » ricaires du Sauveur (\ec\!irèTeï\i con- » stamment, authentiquement que, » loin d'avoir la funeste autorite de » violer ou de détruire les canons , » ils etoient obliges à s'y conformer >' avec exactitude, et à les faire rc- >' vivre si on avoit cessé de les res- » pecter.... Pvégulièrement parlant, » l'Eglise doit être gouvernée , non » par la volonté arbitraire de son >' premier minis're , ni par des déirélales » Traies ou fausses , moins encore » par des spécidations diplomatiques » ( des concordats ) ; mais unique- >' ment en conformité des canons » consacres par le respect de tout » l'univers catholique , et des lois » émanées de la puissance protectrice. »

Que faire donc des decrétales vraies , qui ont été reçues et qui sont encore respectées dans toute l'Eglise .''En les rejetant sans distinction IVJoyse ne se contredit-il point luimême.'' Sans doute; mais elles ont etéentachees<i'ar^//-fl/><'dans la source d'où elles sont émanées : il faut bien les abjurer. Et celte puissance séculière dont on veut qu'on suive les lois spirituelles avec la même docilité qu'on doit aux saints canons, qui l'a investie de l'autorité législative dans les matières purement ecclésiastiques et spirituelles i' Encore la masse:' Eh ! oui ; car les chefs des gouvernements représentent les nations qu'ils régissent; ils ont par conséquent toute l'autorité civile et religieuse qui appartient esscnlîellemeut

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