‹ Dictionnaire des conciles suivi d'une collection des canons les plus remarquablesChapitre 102 sur 257 · Ç)8 PAR · texte numérisé non relu

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et îmmcdiatemenl à ces sociéle's. Ils {(Clivent donc, s'il leur })laîi, (aire revivre les anciens canons qu'un long usage contraire a abroges , donner 4les constitutions civiles et autres à leur cierge , sans le consulter , même contre la reclAmation du pirin'nr des pontifes et de tous les evêcjues de la catholicité ; parce que le corps des premiers pasteurs ne représente qu'imparfaitement la /««ist;, puisqu'il forme un gouvernement qui NE SE PRESCRIT PAS DES RÈGLES, MAIS

LES REÇOIT; tandis qu'au contraire , les chefs des nations et des peuples ont droit de faire des lois pour l'Eglise et d'obliger tous les membres des sociétés auxquelles ils président, d'obéir ponctuellement à ces lois.

Mais si ces supérieurs temporels étoient des déistes , des juifs , des protestants ou d'autres ennemis jures de la religion catholique, et qu'ils s'avisassent de brouiller tout dans les dogmes et dans la discipline, que faire alors? Marsille de Padoue remet, dans ce cas, la juridiction ecclésiastique entre les mains du peuple fidèle, et la fait couler de là immédiatement aux pontifes; mais les constitutionnels ne veulent pas de tant de précautions : ils nous apprennent , parleur exemple, qu'il faut encore se soumettre, soutenant avec hardiesse que l'on ne se sépare pas de l'Eglise universelle, que la foi demeure intacte ; qu'il ne s'agit que dune discipline re'glenientaire , qui peut varier; que la chaîne de la succession n'est pas rompue, dès lorsqu'on est choisi par le peuple , et ordonné validement, etc. , etc.

Tel est donc le gouvernement de 1 Eglise : la puissance temporelle y a la primauté , et le corps des premiers pasteurs y tient le second rang; mais soit les princes , soit les évêques sans exception du premier d'enir eux , reçoivent toute leur juridiction du peuple, qui est le seul souverain et la pource d'où émane tout pouvoir de souverner. Il est vrai qu'un lelprin-

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cipe renverse la coastitiilion que Jésus- Christ a donnée lui-même a son Eglise; qu'il est hérétique, schismalique, subversifde tout ordre dans le sacre bercail; n'importe : les constitutionnels en ont besoin. Sans cette planche, helas! bien frêle et bien rasuelle , ils coulent à fond , et entraînent avec eux la consliiuiion ci' ii/e du cierge, leurs élections, leurs litres, leurs sièges, leur succession légitime, la juridiction de la plupart et tous leurs droits. Quel allreux naufrage ! faut-il s'étonner s'ils s'attachent si fortement à cette planche, toute mauvaise qu'elle est?

Cependant Moyse va nous montrer de la modération et nous en donnerdesconseils.il veutbien qu'il y ait des circonstances si fâcheuses , qu'elles commandent qu'on suspende pour un temps , le plus court possible, l'exécution des canons antiques, et qu'on y substitue des remèdes passagers, capables de sauver la religion en danger. On a vu quelquefois naître ces circonstances déplorables dans les siècles passés; mais jamais elles ne furent plus impérieuses qu'au moment où il parle. En conséquence, il ne veut pas qu'on « se laisse aller » avec trop de chaleur aux impres- » sions défavorables qu'inspire ne'ces- » sairemenl ce qu'on appelle un con- )' cordât. Si jusqu'à présent fl«fz/« «'« » pu soutenir les regards de la justice et de » la pieté; si ceux de Venise et de la » ijermvme sont condnninaùles h plu- » sieurs égards ; si celui de Léon X et » de François I doit être marque du )> sceau d'une e'ternelle réprobation , s en- X suit-il qu'il ne puisse pas en exister » un seul vraiment utile, vraiment » salutaire, ou, si vous le voulez, » moinsfunestequelesdechirements » et les calamités qui nous acca- » blent?» 11 faudroit le suivre dans les objections qu'il se fait et les réponses qu'il y donne. Un concordat est une brèche faite à la discipline sainte; il a toujours été, de la part du pa^je , un acte d'oppression exercée sur 1 E-

PAR plisf , ou un contrat nioMStnienx par lequel il traite d'elle , pour elle et sans «lie. On dit que le nouveau concordat accorde au pontife romain des droits que les canons lui refusent, le droit d'instituer les evêques. Pourquoi faut-il que Rome n'accorde pres- (jue jamais des secours charitables aux grandes enlises, sans stipuler la violation de quelques-uns des saints décrets; et leur fait-elle presque toujours acheter la justice par des complaisances pour ses prétentions que toute l'antiquile desavoue?

Viennent encore les brefs sans authenticité quelle ne désuioua jamuisnoni'muli\imenl. Mais << quand on est au "for.d d'un puits, 11 faut saisir la chaîne » qu'on descend pour nous en tirer :

» il n'est plus question si elle pourra » nous blesser; il est question de savoir " si l'on veut périr. Se precaution- » ner,s'il est possible, contre le danijer , >' c'est sagesse: rejeter le moyen, ce '> seroitfolie. » D'ailleurs, apresavoir » re(;u du pape ces /nstilulions inuliles, qu'on peut regarder comme des lettres de communion toujours tns-precieuses , les evêques de France pourront encore s'adresser au nietropoli tain ou à son premier suilragant ,/wi;r obtenir la confirmation canonique , etc.

L'evêque du Jura perd un peu de sa modération , quand il envient aux précautions à prendre. Ecoutons-le dans sespropres expressions.

« A plus forte raison il faut se >' mettre en garde contre les dangers >' d'un concordat , particulièrement >' contre celui de voir la volonté du " pape substituée à la lettre et àl'es- » prit des saints canons. H faut se » mettre en garde, et contre les » clauses même d'un concordat, et » contre X intention perfide avec la-

> quelle la cour romaine, cettecour >' qui ne recule jamais, pourroit en- >' treprendre de les faire agréer. 11

> est dangereux de lui permettre '' d'opérer dans des circonstances >> particulières, ce qu'elle ne man- >= qucroit pas de s'altriinicr le droit

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> de (aire toujours : il ne l'est p^s ■ moins de lui laisser omettre le^

> actes qu'elledolt a i'equrté, et dont i) elle presenterolt bientôt l'omission » comme un titre pour se dispenser » a jamais de rendre justice. O-ndoIt » se défier de ses paroles usiucieuics >' et de son silence ujfeeié ^ des rcstric- » tions, et surtout des équivoques » dont elle sait user avec tant d'a- » vantage pour déguiser ses prelcn- » tions, quand elle est foible,et pour )> les faire valoir hautement, quand » elle a acquis celte forceabsolue ou » relative que l'intrigue et les mal- » heurs publics ne lui donnent que ') trop souvent.

'< De tous les concordats connus, » celui dont on parle maintenant eu » France, est leseulquipuisse n'êtr£ » pas rejeté par des eveques pené- '> très de lasainlete de leurs devoirs, » pourvu toutefois qu'il ne dctruisepas » les droits des fidèles ( leurs droits de » nommer aux evêchéset auxcures, " etc ) ■••• et qu'il n'exige ( des pre- » lats ) rien de contraire à la vérité, » à la justice, o ! même à l'honneur » de l'episcopat. li (??t le seul qui ne •> soit pas entache du vice houleux » de la simonie; le seid que oe.s cir- » constances impérieuses puissent » forcer de souffrir, du moins si I on a » pris toutes les précautions que nous i e- » nons d'indiquer. » Il faudra donc rester au fond du puits, si ces précautions salutairesonteieoubliees. Kn eiïet, un grand nombre de ces messieurs s'y sont tenus; plusieurs ysont morts, et quelques-uns y vivent encore.

Apres ce préambule plein d'erreur , d'heresies et d'injures contre la cour de ilome , l'evcque du Jura examine la prendere question sur les denussiou.';.

Ici , après avoir déclamé de nouveau contre la cour de Rome et contre les eveques de France du dixhuitieme siècle , l'auteur du mémoire, supposant que le nouvel ordre de choses ne dépendra pas , oii tju'il ne déucudra que roil-lemeal l'c

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l'acceptalicn des constitutîonnols,et qu'ils n'auront pas la faculté de paître 1 unique troupeau quileurctoit confie en vertu de leur titre, décide que la démission de ses collègues est, dans toutes les hypothèses possibles , un acte dontilsnepeuvent se dispenser, sans trahir la p\us jusif des causes, sans se deshonorer et flétrir leur episcopat. Suivant lui, le titre qu'ils ont commeconstitutionnels, est pluslionorable que celui qu'on pourra leur donner: il ne faut donc pas avoir l'air de le mèconnoître , de le regarder d'un œil d'indifférence , ni, à plus forte raison, laisser à penserqu'il étolt nul. En conséquence, il est nécessaire de se démettre, quand même le pape s'y opposeroit ; surtout de peurque lacourde Home ne prenne de là occasion de blaspht'mer ce titre, et de dire qu'au commencement du dix-neuvicme siècle, les eWgues de France ont reconnu qu'ils ne sont que les vicaires d'un autre eWque, de qui seul \\s\\tViX\cni\Q\\T délé^alion.

Cependant il y auroit un cas où 1a démission deviendroit inutile :

ce serolt celui où le prcinier pontife et le gouvernement français, voulant opérer un changement général, opération que les circonstances, inonïes jusque-là , peuvent commander, supprimeroient tous les sièges , pour créer à l'instant le petit nombre de ceux qui doivent exister sur le sol de la France ; car on ne se démet pas de ce qui n'existe plus.

Sur la deuxième question , la démission « doit présenter un carac- » tere de spontanéité dans son prin- » cipe, de dignité dans ses motifs, de » justice et de zèle dans ses condi- » tiens, d'uniformité dans ses clau- >'ses,et de simultanéité dans son ^' exécution. » A ce prix elle sera » un monument d'honneurpourl'é- » piscopat français du dix- neuvième «siècle, et la source d'une gloire » immortelle pour l'église gallicane, « c'est à-dire constitutionnelle.

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»> Cet acte généreux, nous l'avons » ofiért dans plusieurs circonstan- » ces; et nousn'yavonsmis d'autres » conditions que celles qu'exigent » impérieusement la justice , la vé-

» rite et la charité Waiss'il étoit

" ordonné , il perdroit tout son mé-

" rite 11 seroit houleux pour

»nous, déshonorant pour nos » églises; il ne pourroil nous être en- » joint que dans des vues perfides , » et pour nous empêcher de le n'ali- » 5f/-.Untel ordre, emanât-il du pape » ou de tout autre individu, devroit » être dénoncé à l'Eglise assemblée » en concile général , seule compé- » tente pour le donner , et au lieu » de courber indignement la tête " sous ce scandaleux empiétement "d'un orgueilleux despotisme, il " faudroitle condamner solennellc-

'> ment Un tel ordre, à suppo-

» ser qn'il ne renfermât pas une » monstrueuse vexation , laisserait » soupçonner au moins quelque doute sur la

» li'gilimile' de l'episcopat français Et

» sans nous mettre en peine de ven- )' ger l'outrage fait à la vérité, nous » acquiescerions, par une servlle , » par une folle obéissance , à un pa- » reil ordre ! INon , ce seroit un » crime. Si donc le pontifedeRome » dedaroit nos sièges vacants, nous "lui dirions qu'il n'en a pas le droit.» En effet , comment le pape pourroit-il déclarer vacants des sièges créés uniquement par une assemblée révolutionnaire et sans autorité spirituelle; des sièges dressés au fond des rivières, sur des montagnes, audessus de rochers escarpes, ou au milieu des neigeseternelles desAlpes; des sièges enfin que l'Eglise ne reconnut jamais, et dont la juridiction, si juridiction y étoit, ne s'etendoit pas sur des sujets dont les noms doivent trouver place ici ?

« Et forcés d'opter. ... entre la « doctrine chrétienne et les atter.tats d'une » cour corrompue, (i), nous saurions

(i) Moyse étoit famlliariié avec re

PAR

9> refuser hautement, et reniçHr nos » devoirs. Si dans sa bulle il insi- » nuoit le moindre doute .<:ur la /<^/- » limité de notre episcopat (ce qui « n'etoit pas fort nécessaire ) , celle » bulle seroit déclarée irimimlle... ; » s'il se iaisoil sur ce point impor- » tant , sa balle seroit reruvrn » comme insuffisante. » Que falloit-il donc que le pape fitl* JMoyse nous l'apprendra bientôt. « Dans tous n les cas, elle ne sera acceptée que » par voie de ]'us;emeril , et ne pour-

» ra être publiée que d'après

» l'adhésion constatée des iréqucs »

» (constitutionnels).... « Si le pape , » après avoir reconnu , SAiSS » EQUIVOQUE , la canoniale de J> notre episcopat, el de toutes les foncî> lions que lous Oivns exercées (ce qu'il » nepouvoitque dans le sens ci-des- 3) sus), nous ENVITOIT, au nom 3> de la paix, à nous retirer — , nous '> nous rendrions avec transport aux j> clia ritables aiis de notre frère aîné. » il en dit autant dans le cas d'une invitation officiei'e et honorable faite par fe gouvernement, pourvu qu'on soit assuré que les nominations vont être annoncées, et que les nouvelles institutions sont prêtes.

Quant, aux motifs qui doivent présider aux démissions , elles seront données par le désir de resserrer les liens de l'unité et de la charité; de pacifier des troubles prétendus religieux , d'assurer la tranvf|uillité intérieure des diiers membres lie l'état; de n'avoir plus pour les catholiques qu'un troupeau et qu'un pasteur , comme il n'y a dans la republique qu'une première magistrature et qu'une société civile.

Mais ces démissions ne doivent Otre données, que pour valoir au îîiomcnt où les sièges seront remplis , et que « sous l'agrément des » églises qui nous ont choisis , et à

Lingage plein d'aigreur : depuis longtemps il ne parloit de la cour de Rome qui- ah itaic.

>• qui nous appartenons : c est que " nous ne sommes pas les maîtres " absolus de disposer à volonté des » droits des fidèles, qu'on semble avoir » scandaleusement oublies depuis long- '- temps. » Ces droits naturels, imprescriptibles et inaliénables, que lesconstitulionnelsontconstammenî défendus, et que même ils eu.'srnt crées , s'ils n'avoient pas existe déjà, le concile de 1797 nous apprend qu'ils consistent à choisirlcs pasteurs.

Moyse indique la manière dontil faudra s'y prendre pour obtenir à coup sûr l'agrément de leurs diocésains.

Une lettre pastorale, dans laquelle on exposera , avec une éloquence touchante, le sublime devoùment dont leurs premiers pasteurs sont animes, les sacrifices généreux qu'ils veulent bien faire, et les supplications pathétiques qu'ils adressent à leurs chères ouailles, pour les engager à recevoir docilement le nouveau pasteur et à lui transférer l'attachement qu'il avoit pour l'evêquequine s'en sépare qu'extérieurement non pas de cœur; cette lettre pastorale (non indispensable) fera toute l'affaire.

(Cependant l'uniformité est nécessaire dans les clauses. « Une for- » mule convenue par tous les evê- »ques, et déposée aux archives, pour » en faire usage en temps opportun , >> contiendra la déclaration simple , » mais énergique , des sentiments » invariables de tous les prélats fran- » cals., ou l'expression de leur dernier » testament. » Il faut se ressouvenir toujours que par répiscopal français et autres expressions semblables concernant le cierge de France , on entend exclusivement dans la nouvelle église, l'episcopat ou le clergé constitutionnel. En effet, le clergé insermenté etoit déchu , suivant les décrets, ensuite du simple refus du serment condamne; et suivant le concile de 1797, par suiled'emigrationou d'une déportation indéfinie.

Ce clergé ne prc.<entoit doTic, da:!s le

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sens fîes consllhitionncls , que tlfs (-vOqueSsaiis sic^es, cpisroposraciititcs, *-t que (les pasteurs sans Lcri;erics , lesquels , par conséquent , ne pouvoient être comptés pour rien dans le clergé de rE;;llse {pallie anc.

Il estvraique, quand Jesus-Christ dit à ses envoyés , que lorsqu'ils seroient persécutes dans nne ville , ils eussent à s'enfuir dans xineautre, i' n'ajouta pas qu'ils perdroicnt ,par cette démarche, l'autorité sur les iideles quidemeuroient sur les lieux «l'on ses envoyés se retireroient. Il est vrai que saint Athanase persécuté par les empereurs ariens et relègue à Trêves , ne laissa pas d'être reconnu par tous les evêques orthodoxes comme évêque d'Alexandrie pendant sa fuite ou son exil. Il est vrai que saint Chrysostome regarda toute sa vie comme un intrus, le prétendu successeur qu'on lui avoit donné, pendant qu'il etoit traîné «l'exil en exil par l'ordre de l'empereur de Constantinople. Il est vrai encore que toutrecemment l'evêqiie de Gand , dont l'arrêt qui le con- (lamnoit à l'exil avoit été affiché sur un échafaud entre deux malfaiteurs,dans le royaumedes Pays-Bas, par ordre de l'autorité publique, n'a pas laissé de gouverner, jusqu'à sa mort , son diocèse , par ses vicairesgénéraux et par Ini-même, depuis le séjour qu'il avoit choisi pour sa retraite. Enfin, ilest vrai que jamais on ne regarda, dans l'Eglise, comme irrégulier, demis ou déchu, aucun pasteur proscrit, détenu, prisonnier ou exile pour la foi ou de l'unité catholique, de quelle part que fussent émanes les ordres persécuteurs et tyranniques. Mais les constitutionnels ont le courage de croire le contraire ; non pas néanmoins sans quelque contradiction de leur part. Car, quoique demisauprcs de la puissance civile et interdits par leur jrere aîné, on en a vu q u i rempi issoient encore de temps en temps des fonctions éplscopales , sans l'agrcmeut

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d'aucune de ces deux autorités suprêmes. Mais la contradiction est pcrmi.'îes aux novateurs , et elle fait très-bien, <piand elle est maniée avec beaucoup d'art et de reserve : laissons donc paisiblement entre les mains de nos constilutionnels celle arme si précieuse cl si efficace. Cependant écoutons encore le docteur qui donne de si belles lettons au concile.

La simultanéité est le dernier caractère qui doit signaler les démissions. Oui , « il faut que le même » jour éclaire ce noble dévoûment » de tout l'episcopat fran(;ais,€t force » ses détracteurs eux-mêmes à vene- » rer ses vertus siiù/imcs, ou du moins » à rougir de l'avoir calomnié. »

Abordant la dernière question, Moyse ne permet pas à ses collègues de remettre leurs démissions enlre les mains du pape, parce qu'il ne les a pas institués , et qu'/7 nen a jamais eu le droil.W ne veut pas non plus qu'ils les transmettent au gouvernement : " une puissance temporelle et » toute séculière, qui n'a pourobjet » que de procurer aux citoyens le » bonheur de ce monde, n'a par Ici » même aucune relalicn Qicc des offices tout » cp/n/W:..» Pourquoi donc disiez-vous dans votre long préambule , et sans aucune restriction, que l'Eglise doit être gouvernée aussi par des lois e'mane'ci de la puissance protectrice F Ne VOUS aperceve/.-vouspas qu'en changeant ainsi de principes , et que , refusant a la puissance temporelle toute nlulion ufcc des offices tout spirituels, vous renversez d'm» seul coup la base fon<iamentale sur laquelle repose la légitimité de votre episcopat et de votre ministère? Car, si la puissance temporelle, « qui n'a pour ob)et que " de procurer aux citoyens le bon- " heur de ce monde , n'a par là raê- » me aucune relation avec des ofti- » ces tout spirituels," la constitution civile du clergé , établie par cette seule puissance , tombe , tt elle entraîne nécessairement dans sa chute, vos

PA1\, sièges , vos élections, vos litres , tous vos droits: vous ne fûtes donc jamais que des évoques sans evêché , épisropiracank's. IN'est-ce pas, en effet, cette puissance toute scculure qui décréta la constitution en île du clergé , en conséquence de laquelle vous fûtes élus, sacres, institues, elev<s sur les sièges crées par elle ? Si donc cette même puissance n mvil aucune relation Oi-ec desoffices tout spirituels, il faut que vous avouiez , ou que vos élections, vos confirmations, vos sièges, par conséquent tous vos titres , n étoicnt que des objets temporels , relatifs seulement au bonheur du monde ; ou que , si ces choses etoient spirituelles et liées avec des offices de cette nature , elles n'etoient point de la compétence d'une puissance qui na aucune rclaliun aicc des offices tout spirilucls. D'où il suit très- nécessairement que vos titres ne furent que des mots vides de sens dans le discours, et que des chimères trompeuses dans la realité.

En vain vous alléguez que vous avez été choisis parle peuple, institués suivant les anciens canons, ^ous nous forcez par la même à vous dire que vous cherchez à en imposer sur ces deux questions, et (jue vous y faites percer votre mauvaise foi. Eh ! qu'entendez-vous ici par le peuple f Est-ce la population entière des départements respectifs «!ans lesquels vous fûtes individuellement élus , ou seulement la collection des catholiques habitant les mêmes arrondissements , population ou collection represen lee par des électeurs ? Si vous entendez le moi peuple dans le premier sens , quel droit vousdonneroit uneelectionà laquelle pouvoient contribuer exclusivement des hommes de tout autre religion que la religion catholique ?

car laioi admcttoit au nombre des électeurs desc.'Vwv2.'>ac///isansegard à !a religion qu'ils proléssoient (i).

(i) INou» n'ignorons pas que les

PAR 3o3

Si vous prenez le moi peuple dans le second sens, vous forcez évidemment cette même loi ; vous la changez , ou plutôt , vous y en substituez une autre de votre création, nulle par conséquent.

Mais quand vous auriez été élus par le peuple considère dans le meilleur sens possible , qui avoit donné à celui-ci un pouvoir si grand et si exclusif.^ Les canons antiques.

Outre qu'ils etoient tombes en désuétude depuis bien des siècles, et qu'ils ne pouvoient plus avoir par eux-mêmes force de loi, jamais canon ne prescrivit un pareil mode d'élection : le cierge y fut toujours appelé, et le jugement, ou le choix définitif, appartint constamment aux evêques, suivant les règles de l'ancienne discipline. Le mode donc de vos élections, ce mode nouveau et très-etrange, ne dut son existence qu'a la puissance toute yéculiere qu i « ti aucune relation avec des offias

laïques votèrent autrefois dans les clcrtions (les évèqucs, mais la part qu'ils cxerçoient dans ces actes etoit de peu (le conséquence; elle se réduisoit à peu près à proposer le sujet qui leur etoit agréable; encore cloit-ce par une concession de l'Eglise, dont saint Pierre avoit donné Texcmple , lors de rélection du successeur de Judas. Election que saint Chrysos'ôme assure que le prince des apôtres eut pu iaire lui-même. Lis nominations des princes temporels donnent aux sujets nommés quelques droits; mais ces nominations et ces droits n'ont l:cu qu'en vertu de lois ecclésiastiques ou de concordats par lesquels le chef de lEglisc a pris des arrangements avec la puissance séculière. Il est vrai qu'indépendamment de tout accord particulier, ou de toute loi, cette dernière puissance pourroit requérir l'Eglise de placer sur les sièges de .«es états , des pcrsoniies dont la iidelité ne lui fût pas justement suspecte, etc. Riais il n'y a rien dans tous ces objets qui ressemble au mode d'élection établi par la constitution civile du clcrp^o ; lien (;!ii favorist ce mode inouï.

3o; PAR

tmt spîriluels .ce mode c'toît donc rnil, et lie (loniioit pas le moindre droit.

Vous fûtes institues, dites-vous , d'après les anciens canons. Mais ces canons t'toient ahroi;e.s depuis longtemps par un u.sago contraire, cotisa rrc par le respect de l'E'^lisc : qui les a fait revivre;' 11 faut que vous en reveniez sans cesse à cette puissance temporelle , qui n(i aucune relation anr des offices tout spiriliie/s , et qui ne pouvoit en conséquence ressusciter un mcwle de confirmation uniquenient relatif à des offices d'une natiire toute spirituelle. Et encore , les canons antiques, tous ceux du moins que vous nous citez dans votre concile, attribuoient aux métropolitains Je droit de confirmer leurs suflraçants. Dites-nous donc quels evêques de cette dii;nite instituèrent les premiers évêques constitutionnels i' Ceux que vous appelez les anciens :' ]ls s'en gardèrent bien : et les décrets vous defendoient de vous adresser à eux, parce que tous, excepté l'archevêque de Sens , avoient refusé le serment. Les eveques d'Autun , d'Orléans . de Viviers, de Babvione et de J^ydda, qui imposèrent leurs mains sacrilèges sur les premiers intrus, etoient-ils des métropolitains?

l'etoient-ils de toute la France '^ Vous fûtes donc dans l'impossibilité d'être institués suivant les canons que vous réclamez en vain. Il est vrai que des décrets vousautoriserentà vous présenter successivement et de porte en porte , accompagnés de deux notaires, à tous les eveques jureurs de l'arrondissement de vos métropoles respectives, et qu'au défaut d'evêques assermentés, cesmêmes décrets vous obligèrent à recourir aux directoires de département, afin que ceux-ci vousdcsignassentd'office l'éveque de France que vous deviez requérir, avec vos deux notaires , de vous donner la confirmation canonique. Dites-nous encore à quel canon ces derniers modes d institul!0;i etoient confornies?

PAÎl

IMais vous parlez de ne'ces.Mîf.

Vous abondonnez donc déjà unp grande partie du terrain : voyons si vous tiendrez long-temps sur celui où vous établissez vos derniers retranchements.

Les églises ne peuvent pas être sans pasteurs.— Soit.— L'ancien epi- .scopat etoit déchu de ses droits. — Qui vous l'a dit, sinon encore, par ses décrets, cette puissance /o«/f */cttlicre , qui nn aucune relaJion Oicc des offees tout spirituels, et qui ne pouvoit donc rien statuer de semblable ?

iMontrez-nous la loi ecclésiastique qui prive de son office un évêque, un prêtre, etc., proscrit, détenu eu prison, exilé, ou obligé de fuir, pour la cause de la foi ou de l'unité catholique? 11 n'exista jamais une pareille loi dans l'Eglise. Les sièges que vous envahîtes, etoient donc encore, ou canoniquement remplis , où canoniquement administres. Où est votre nécessite prétendue ? Mais les évêques etoient la plupart hors de France. — Qu'importe ? Les canons ne leur permettoient-ils pas d'exercer leizr juridiction gratieuse depuis les lieux de leur retraite , quoique hors de leurs diocèses? — Mais ils etoient éloignes. — Qu'importe encore ? n'avoient-ils pas sur les lieux mêmes des vicaires- généraux , pour terminer les affaires qui ne souffroient pas de retard i' — Mais quelques-uns etoient morts. — Fort bien ; mais alors , ou les chapitres avoient pourvu à l'administration des diocèses, selon leur droit; ou ils ne l'avoient pas fait.

Dans le premier cas, l'administration se faisoit encore canoniquement, et votre nécessite etoit de reste. Dans le second cas^, Icscanons attribuoient cette même administration à un des prélats de l'arrondissement de la métropole : et votre nécessité n'cxistoit pas encore. Enfin , si l'archevêque et tous les prélats de son ressort avoientpaye le tribut à la nature sans que les chapitres respectifs eussent pu s'assembler ensuite pour nommer

PAÎ\ «îes administrateurs, le j>apc alors avoit droit de pourvoir ininiediatement aux besoins des diocèses livres à une si penibledotresse. Ainsi, dans tous les cas possibles, votre lucessitc n'etoit qu'un prétexte apporte pour couvrir votre ambition n>asquée sous le voile hypocrite du zèle et de l'amour de la reliî^ion. Revenons au mémoire.

IMoyse désire que ses collègues remettent leurs démissions, les métropolitains entre les mains de leurs premiers siillragants , tous les sufi rayants entre les mains de leurs métropolitains. Il suggère ensuite des mesures à prendre pour diflèrentes circonstances; puis il présente un inodt le i;niforme de denn'ssion qu'il soumet a la discussion des evêqiies du concile. Il dit dans ce modèle, qu'ils ont ete « appelés par le clrr^e » et par le peuple , en vertu d'clec- " tioiis Confirmées , comme le prrscrneril " Ifs saillis canons, pour remplir des " siej^es lacanls de droilct de fait, con- " sacres par l'ordination sainte, con- " formement au rît de l'Kglise ; ins- " talles rej^ulicremcnt , et sans aucune ■' opposition canonique; par conse- " quent ^euls légitimes àéques de nos " diocèses respectifs. » Que de faussetés reunies dans ce peu de lie;ncs !

On peut aisément s'en convaincre d'après tout ce que nous avons vu jusqu'ici. Il ajoulequ'ils n'ont «con- » senti, malf^ré notre extrême n'piij^nan- " ff, à nous laisser imposer leredou- » table fardeau de l'episcopat, que » parce que ces églises ne pouvoient " rester sans /)as7rari, etc. » Il seroit a souhaiter pour ces évêques que les archii-es de l histoire nous transmissent quelque monument solide de la violence qu'ils se sont faite pour courber leurs épaulesrobustes sous le fardeau redoutable de l'episcopat constitutionnel. Voici du plus curieux encore. «Nonobstant tout acte éma- » né ou à émaner de qui que ce soit, » nous PERSISTONS INVARIABLE- » MENT DANS LES PRINCIPES QUE

PAU

JoK

" N<llS AVONS <.0>STAMMENT PRO- " FESSÉS, et que nous avons confir- » mes par i-erment ou par promesse. »

Triste enp;aiiement , dont l'orgueil porte aux derniers excès, est seul capable. " Un tel acte, continue

» ]Nloyse, sera votre ouvrage

» H contiendra ce que vous devez à » !a gloire de l'église f^al/icane , ainsi

» qu'à votre propre honneur Si

» quelque prélat vouloit donner

>' individuellement sa démission sous » une forme particulière, il en seroit » le maître : mais, certes, il n'iroit " pas la faire entre des mains sérulie- >' res, ni même entre les mains du >' pape. En se retirant, i! n'auroit pas » la lâchcttàe se taire sur la canonicité >' de ses litres , sur la L'^ilimité de ses » serments, sur \e^ droits de son église., » sur la nnte des principes qu il a pro- » fesses. »

Nous lisons dans les Mémoires pour senir à l histoire ecclésiastique pendant le dix-huittime siècle, quelque chose qui revient à notre sujet.

« Enfin, lescuverain pontife n'oubli?

» pas même les evêques établis par »' la constitution civile du clergé ; et » dans un bref adressé à M. Spina , » il le chargea de les exhorter à re- » venir promptemcni à l unité , à donner >' chacun par écrit leur profession d'ohéis- » sanceet de soumission au pontife romain , » à manifester leur acquiescement sincère » et leur entière soumission aux jugements » émanés du saint Siéj^e sur les affaires » ecclésiastiques de France , et à renon- " cer aussitôt aux stéffes épiscopaux dont » ils s'étoient emparés sans r institution » du sié^e apostolique. Ce bref qui com- » men(;oit par ces mots : post mullos » labores , étoit rempli d'expressions » touchantes de bonté et d'indul- » gence ; et quoiqu'il n'ait pas eu » tout l'efTet que le chef de l'Eglise » etoit en droit d'en attendre , on » sait cependant que plusieurs de » ceux qu'il concernoit , s'y sont » conformés, etont pris sincèrement » le parti de l'obéissance. Quant » aux démissions qu'on demandoit

3o.S PAiV

" a CCS cvêqucs , il les dvnncrtnl >' TOUS entre les mains du f^ouu/ne- " ment- » lom. 3. /^n^'. i(o5 </ .«^u/-

Le même jour, i4 aoTit, Grégoire présenta le cvinple uhrc^é des travaux des rt'unh , depuis le concile de 1797 jusqu'au concile de 1801. Ce travail qu'il cul pu resserrer sans en retranc lier rien de piquant, occupe 208 pa;^. dans les actes que nous analysons.

En remontant jusqu'au premier synode des constitutionnels , l'auteur du compte rcinlu , en relevé les lieureux résultats. ],a collection des conciles n'en oflre aucun dont les décrets soient mieux redises, peutêtre peu qui l'ej^alent en précision.

Jusqu'en 1801,011 ne counoissoit encore aucun acte d'hostilité de la part des dissidents contre ce concile ; leur silence force' est une preuve en sa faveur. Publies princifialenient par les soins de Raymond , alors evêque de l'Isère , les canons et décrets de cette assemblée furent bientôt traduits en allemand et en italien. Lacombe, évêque delà Giron de, s'etoit aussi charité d'en faire une version latine ; mesure indispensable pour qu'/7 prenne rang dans la collection des conciles.

Mais il falloit pourvoir à l'exécution de ses décrets. Vinf^t-quatre evêques furent sacrés et envoyés sur autant de siej^es. Si d'autres enlises en plus ^rand nombre demeurèrent vacantes , ce ne fut point la faute des réunis , qui se lavent aussi les mains de ce que les mendiants circulent encore dans les églises de Paris , et de ce qu'on n'y chante pas partout la prière ordonnée pour la république.

Le concile de 1797 avoit ordonné la rédaction d'un rituel uniforme pour toute la France , dans lequel Padministration des sacrements devoit être en français, sauf les formules essentielles. A l'invitation des réunis^ Posignon exécuta ce projet ;

el CIcn.ent, (\'*(ji;e de Seine-et- Oi.-e, consentit , 1 econimanda même <lu'r)n ^-n fit ^es^ai dans sa ville episcojalede ^ ersailles, pour y conférer le baptême, le mariai^e et les sacrements des mourants. De suite on sentit tout l'avanlaf^ie de cette nouveaulé])recieu.-e. Cependant il y eut bientôt des ecrits])0ur et contre, même des proteslatious dans lv.

dernier sens. Grégoire, qui assure qu'on a tout dit dans le parti dei l'opposition , et qu'il reste a dire du' nouveau dans le parliqià approuve, promet l'impression pro( liaine d'un ()uvra;;c ou il espereinsererdu neuf , pour appuyer l'usage de la lanj^ue vulj;aire dans l'administration des sacrements.

iXous ne suivrons pas le rapporteur dans lenumcration de lisiis les tra\aux des nunis. De leurs uiains, et des mains d'une foule de plumes savantes dont ils avoient invoque les lumières , sortirent une ((jule d'écrits nouveaux et dabre^es d'autres ouvrai^es. On travailla sur les indul:;ences , le jubile, la pénitence publicjue, les fonctions d'arciiijuêtres et d'archidiacres , sur les formu les d'installation pou ries evêques, les dypti(|ues a remettre en usage, etc. Presque tous les evê(iues et plusieurs prêtres se signalèrent par des écrits lumineux , quelquefois même pcremploires contre les dissidents. Grégoire parle encore ici , on ne sait d'après quelle cohérence avec son sujet , de la c/iéiive théologie de Collet , enseignée dans la plupart des séminaires , où l'on dounoit aux aspirants au sacerdoce , une éducation pitoyable; apparemment parce qu'on n'y enseignoit pas les maximes de la petite église. 11 dit que de ces séminaires et des monastères infectés quelquefois d'impiété, ctoient sortis des prêtres ignorants et mauvais sujets qui , dans le cours de la ré%olulion , scandalisèrent la France. « L'histoire n'oubliera pas » de remarquer qu'ils ont été or-

donn

es p.

ics c%ôqucs (lo rancien »> rei;iine , cl lioii jcir nous >• Oui ; mais elle dira aussi que res prêtres is^nnrnnls et luainuis siijtls furent les véritables colonnes de votre enlise ; que ce sont t:\\X'.\m mndionnertut la ccnstilution a\i!e i/ii (Ic/ge déclarant par un juf^i/nenl 1res- juridique , en s'y soumettant , qu'elle necontenoit rien qui fut contraire a la foi , , vraie di:>cipline , aux druils n'cis de l' Ei-'u-'^e ; que sans eux , et le renfort de quelques autres moins ignorants, sans doute , et moins mauvais nijtis , l'église constitutionnelle n'eût pu se former, manquant par le fondement ; que vos sie;;es fussent demeurés à jamais vides , et (jue vous leur devez tous vos droits a l'épiscopat et à vos sièges. Vous êtes forces d'en r.cnvenir , à moins que vous ne pjeferiez avouer que vous n'eliez e\\'qurs iju en vertu d une lot purement civile. De Torcy ne vous fit-il pas toucher au doigt toutes ceschoses , dans la séance du premier juillet de votre concile de i8oi ? Toilà donc ce que racontera encore l'histoire , en ] eigiiant l'humiliante retraite que firent les évêques du synode à la vue de cet argument redoutable.

Vit-on jamais déroute plus complète et plus honteuse.

Il faut entendre Grégoire hiîmêmes'ir la persécution touchant le décadi. On appeloit ainsi chaque dixième jour du mois républicain, jour consacré au repos dans le dessein de faire tomber les dim?nches et les autres solennités de la religion catholique. « Des fêtes décadaires » etoient ordonnées dans toute la »> France : des écrivains à gages » etoient chargés de les organiser; » des journalistes , de les vanter; des >► orateurs , d'y haranguer ; des " poètes, de préparer des chansons »' pour les célébrer : l'argent fut pro- >• digue; les églises furent encom- » brees de tous les échafaudages qui » pouvoient gèiier ou empêcher les » solennités du ciniblianisme- » Pres-

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que toujours on y voyoit figurer les bustes du patriarche des impies et du citoyen de Genève. «On /niv/« les )' prêtres, sous peine de déporlution , » a transférer les offices du di- " manche au dùudi : en y joignit la » promesse dacceltrer le paiement » de leurs pensions : on s'empa- » roit des clefs des églises , avec dé- » fense de les ouvrir autre jour que » les dccadis. » Mais des plumes courageuses écrivirent; le rapporteur publia deux opuscules; il parla à la tribune nationale d'où il fut entendu de toute la France : décadi ]i(ivdit tout son crédit; et la révolution du 18 bruinuire le fit bientôt diiparoître.

Venant ensuite aux dissidents, l'évêque de Loir et-Cher exhale contr'eux tout le fiel de sa bile , les peignant sous les couleurs les plus hideuses, leur faisant les reproches les plus sanglants , les accusant de crimes grossiers, d inconséquences étonnantes, d'ignorance, de calomnie, de haine contre les constitutionnels et contre la republique. Un des crimes lesplus atroces des incommunicants etoit une prière pour le roi, prescrite dans rOrdo de Langres pour 1796.

Un abbe Ilespelle avoit aussi ose remercier Paul 1 de ce quU a fait pour notre auguste monarque. Ils ne censurèrent non plus jamais les séditieux qui crient contre la vente des biens du cierge devenus nationaux? Les constitutionnels se montrèrent, au contraire, toujours animés dune charité douce , officieuse , et qui cherchoit toutes les occasions d'obliger et de sauver leurs adversaires.

Tels furent constamment en particulier les sentiments et la conduite d'Henri Grégoire. C'est dommage que ses écrits ne furent pas toujours d'accord avec son excellent cœur.

Parlant du séjour de Pie VI on France , il assure que lui et les siens prirentlaplus vjvepart aux malheurs de ce pontife, et qu'ils cherchèrent

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» le sotilag/?r par tons les moyens qui etoient en leur pouvoir, excepte par des sacrifices pécuniaires, qui ne «lependoient pas d'eux. Dans l'intention de venir an secours de ce père commun des fidèles, les /-/«nAentretinrent des relations avec les evêques voisins des lieux où il etoit. Ils eussent bien désire lui faire parvenir leurs réclamations ; mais il avoit été circonvenu fiar les dissidents qui les avoient caomniés auprès de sa Sainteté; lui avoient fermé les oreilles , exaspère le cœur : en sorte que jamais il ne voulut écouter leurs représentations; les condamna sans les entendre, par des bulles dii^nes de Grégoire VU, d'Alexandre M, et de Jules 11 , et que pendant l'espace de dix ans, ils n'en entendirent parler qu'au milieu des foudres dont on disoit qu'il vouloit les accabler. Pourquoi ne pas dire plus clairement que PieVl refusa constamment, même pendant son séjour en France, d'avoir aucune communication avec eux? Nouvelle preuve que jamais il ne biaisa, ni sur ses principes, ni touchant ses jugements , ni dans sa conduite à l'égard des innovations introduites dans le royaume.

Cependant Grégoire s'extasie de plusenplussurles sentiments derespect,de pieté et d'amour queles ecclésiastiques et même les laïques constitutionnels témoignèrent â Pie M, avant et après sa mort. Mais changeant tout à coup de langage , et en empruntant un bien peu digne d'un chrétien , à plus forte raison d'un évêque, il s'écrie : « Français catho- » liques, craignez qu'au milieu des » orages de notre révolution , on " n'abuse encore de votre attache- «< ment filial , de votre sensibilité si » connue pour vous égarer. SOU- » VENEZ- vous QUE VOUS ÊTES » CITOYENS , AVANT d'ÊTRE CHRÉ- » TIENS , QUE VOUS ÊTES FRANÇAIS » AVANT d'Être ADMIS DANS l'é- » GLISE ROMAINE. »

I^ous ignorons si le concile er.

l'AÎ'v tendit ces parohs , (|ui eussent mieux figuré dans un club ou dans labouclif d'un prédicaiit de décade que dans une assemblée religieuse et sur 1» > lèvres d'un ecclésiastique , quelque fût son rang. Les actes diseiit bien que l'évêque de Loir-et-Cbci présenta ç^ rompit a/m'f^t; mais on n''voit point que le concile y eût fait 1j moindre observation , ni qu'il en eu t loué l'auteur; nous craindrions donc, de le calomnier, si nous l'accusions de ne s'être pas eleve avec indignation contre un pareil discours , après l'avoir entendu. Mais comment al-on osé l'imprimer et l'insérer dans les actes du concile?

A iennent ensuite les relations des réunis avec le gouvernement. Files furent nulles pendant quelque temps ou plutôt elles se réduisirent à une pétition qui, aprèsavoirete adoucie , mutilée, délayée plusieurs fois, avoit enfin été rejetée par la conimissioa des inspecteurs, et n'avoit pu parvenir à son adresse. Sur ces entrefaites le clergé constitutionnel et même quelquefois ses adhérents enduroient des persécutions cruelles , où il y eut des victimes : le vénérable Teissier fut massacré dans le Haut-Rhin; et dans le Finistère , le révérend Audrein périt sous la hache des persécuteurs, comme il portoit à ses diocésains les secours de la religion.

D'autres furent traînes dans des cachots; quelque-uns subirent la peine de déportation. Mais ce fut autre chose , quand le gouvernement consulaire eut pris la place de celui qu'on avoit vu à la tête des con ju res contre le christianisme. Apres la révolution du i8 brumaire, les /•/</«« eurent des relations avec les ministres des f'naïues ,de la marine, de l'intérieur et de la police. Ce dernier surtout, Fouché de Nantes , leur témoigna une grande bienveillance. Un de &es plus signales bienfaits fut la protection efiicace qu'il accorda au révérend Blampoix , pour favoriser sou installation sur le siège de l'Aube^

PAR

entra\r'p par une opposilion puissante. Kii loulel partout, le ministre do la police prouva son empressement à oblii^er, a protéger, les ^asleurs amis tJe la république.

Les /-///«/s curent aussi des relations avec les Ciilises des contrées nouvellement annexées a la IraHce.

Tandis que des àissidmls tres-i^nans raisoientdeseHortspours'introduIre a Genève, ks réunis conrur^nt le projet d'y placer un éveque. lis en f'crivirentà leurs collègues les plus voisins de cette ville. Ils nommèrent même plusieurspretres ,e-ntr'autres ic citoyen Vernerey , pour y aller au iecoiirsdescatlioliques ,qui s y trou- \ eut en grande nombre. On se cliarreoit de fournir a la dépense. Mai»

les prêtres de.-ignes réinsèrent ; et ICglise cnlLoliqne de (jeneve tomba entre les mains des <//.«Wr«/s. Les relations a-ec la î>elgiqne ne furent guère plus heureuses. Ce pays habite par les savants le Plat , Scfu'del , etc. etqu'avoient illustre Opstraët, Ihnn di- Saint-Ignare , f an- Es/un, etc. ,Ctoit soumis à l'influence de l\ome, rempli des maximes ultramontaines. << Tons nos eilorts pour y disséminer » les bons écrits et former des cor- " respondances utiles , n'ont pas » jusqu'ici produit les fruits que » nous désirions. «< 11 faut en dire à-peu-pres autant des diocèses de Trêves , Cologne , Mayence , Worms et Spire, dont ce qui est placé sur la rive gauche du Rhin , est désormais partie intégrante de la republique. Celle-ci étendit pendant quelque temps son domaine liisqu'aux îles ^ eniliennes et à V.:.\te. Aussitôt les n'unis y civriii ii!

aussi des relatio?i;, y <.':ivoie.fent des écrits de leur fn<X)n ou du moins de leur parti , en li'autres, les numéros les plus récents des annales de la relij^wn avec le recueil des canons t'i di'creis de 1797, ainsi que plusieurs pièces imprimées à cette occasion. Cet envoi considérable étoit accompagné d'une lettre en grec ,

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adressée avx lénérables archaêques , cxe'çuei , et à tous les pasteurs des iles de Corfuu , Zante , Ctjihalonie ^ Ce'ri^o , Sainte- Maure , ci autres , réunies récemment à la réptiblique française.

Supposant, dans cette lettre, que les maux de l'église de France ont retenti dans leurs cantons , les réunis parlent ainsi : « La première assem- » blee nationale ayant juge neces- » saire d'opérer quelque reforme » dans les abus quideshonoroient la " police extérieure de l'Eglise, ( ré- » formes commandées par la nécessité et la » sn'^esse ) une partie des ecclesiasti- » ques refusa de s'y soumettre;.

» l'autre partie crut devoir suivre'' » le précepte de l'Evangile , en ren-^ » dant à César ce qui est à César, '• et a Dieu ce qui est à Dieu. Cer- » tes , si la foi de Jesus-Christ avoît «» ete attaquée, nous serions morts » mille fois plutôt que de souffrir » qu'on y portàtla moindre atteinte :

» mais les reformes opérées néloient » qu 'une sa/fe correction des abus , et un » retour à l'ancienne discipline de F Egli—

» ve.Nosadversaires firent pleu-

» \oir sur nous une multitude de )' calomnies ; et ils les répandirent >' dans toute l'ï^urope. ISotre con- » duitc a confondu Y imposture ; et >> quant à leurs arguments, nous y » avons repondu d'une manière » irréfragable : nous VOUS envoyons » quelques-unsdes ouvi âges publies » à ce sujet. »

Pourquoi parler toujours de calomnies, et', s attribuer sans cesse aux diss^i '(;Ls ?Les écrits que vous '^"?sti..ii-iez partout, comme vous !t' témoignez dans ce compte rendu, ne contenoient-ilspasvos principes, vos maximes , vos règles, vos apologies ? Les annales de la rcfi/^ion , dont vous étiez les rédacteurs, et que vous repamliez au loin , ne peignoient-elles pas aux yeux de l'univers , la manière de penser et d'agir de tous, les excès de plusieurs, les scandales qu'un trop grand nombre d'entre vous donnoient à la Franc* ?

3io l'Ail

Si quelques traits manquoienl à ce tableau , par oubli ou par une réticence etvuliee de votre part; si même quelques-uns de ces traits y éloient dénatures par une main infidèle et portée au déguisement , ne se trouvoit-il pas presque aussitôt des écrivains périodiques, qui se hâtoient de suppléer avec zèle à ces défauts , et de les reparer r Les (/«fidents n'avoient donc que faire de cherclier à inventer sur votre compte; et puisque vous vous dcniç^riez vous-mêmes avec tant de soin, et que vous étiez encore aides ericela par les témoins de votre conduite publique , au point de déconcerter le jienie le plus fécond dans l'art de créer, vos adversaires avoient assez à dire, en répétant seulement à l'Europe, ce qu'ils avoienl lu dans vos propres écrits et dans ceux de vos auxiliaires

Mais où sont ces réponses irréfragablesdont vous vous vantez ici avec tant de confiance ? Sans doute que si elles eussent existe quelque part , onentrouveroit au moins quelquesunes des principales dans vos conciles nationaux, où vous vous proposiez de faire Iriompber votre cause , et de démontrer d'une manière invii>cil)le la lej^itimite de vos titres. Cependant on n'y voit rien de semblable. Il est bien vrai que vous y exaltez vos lumières étendues, votre grand dévoûment à la république , vos vertus sublimes, votre amour brillant pour vos frères séparés, tout en parlant d'eux avec un peu d'aigreur. Vous y relevez avec excès la vivacité de votre zèle .la légitimité de votre ministère , les sacrifices généreux que vous êtes disposés à faire , les persécutions atroces que

vous avez endurées, etc Mais

toutes ces choses et beaucoup d'autres encore, faciles à réduire à leur juste valeur ; toutes ces jactances ; en un mot , sont-elles des repo'ises irréj ra^Mi's ? Demontrent-elles que vous teniez vos premiers titres,

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