‹ Dictionnaire des conciles suivi d'une collection des canons les plus remarquablesChapitre 123 sur 257 · SA · texte numérisé non relu

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Bënévent, Maximin de Trêves , Eupli ratas de Cologne , Gratus de Cartilage, saint Athanase , IMarcel d'Ancyre et Asclepas de Gaze. Le pape Jules, après s'être excuse au eoncile de ce qu'il n'y alloit pas, envoya à sa place deux prêtres et un diacre. Du côté des Orientaux, il y eut environ quatre-vingts evêques^ presque tous eusebiens ou attachés à leur parti , les uns par passion , les autres par crainte ou par ignorance.

Les principaux etoient , Théodore d'Héraclec, ISeroniade , Ltienne d'Antioche, Acace de Cesarée, Ursace de Singidon , Yalens de Murse, Maris de Chalcédoiue, etc.

Saint Athanase, Marcel d'Ancyre et Asclepas de Gaze, etoient à la tête de ceux qui venoient se plaindre des violences des eusebiens. Il y avoit quantité de personnes oui venoient porter pareillement les plaintes de leurs parents et de leurs amis , qui etoient en exil , ou à qui les eusebiens avoient fait perdre la vie. Les députés de plusieurs églises venoient représenter les maux qu'ils avoient endures. Les uns montroient les chaînes dont on les avoit chargés ; d'autres, les coups d'epées qu'ils avoient reçus ; ceux-ci représentoient la faim qu'on leur avoit fait souffrir : ceux-là , les insultes d'une multitude Je soldats, armés de massues, et les menaces des juges s'ils ne communiquoient avec les ariens. Et tous, en gênerai , représentoient les églises br{ilées , les vierges dépouillées, et autres semblables excès,

Enfin il y en avoit qui venoient se plaindre des lettres que l'on avoit supposées. Théognis en avoit fait de ce genre pour irriter les empereTirs contre saint Athanase : car telle et oit la noire méchanceté des eusebiens, que , quoiqu' ils fussent les auteurs de tous les maux, ils imputoient aux autres leurs propres excès. Ils avoient l'Impudence de dire , que l'on voyoit arriver d'A-

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lexandrie et de Conslantinople à Sardique une multitude prodigieuse de scélérats, et d'hommes perdus, coupables d'homicides , de brigandages, de pilieries , en un mot de tous les désordres imaginables; qu'ils avoient rompu les autels , brûlé les églises , profané les mystères sacrés, et massacré les plus sages d'entre les prêtres

Les eusebiens , ayant donc bientôt compris que ce concile seroit un jugement purement ecclésiasti<^ue , où les soldats ni les comtes n auroient point de place, n'y vinrent qu'à regret, d'autant plus qu'ils apprirent que l'on y envoyoit de toutes parts des gens pour les accuser de tous leurs excès , avec les preuves en main.

Us virent bientôt qu'ils ne ponrroient soutenir ni leur doctrine, ni leur conduite, dans une assemblée où l'on craignoitDieu beaucoup plus que Constance. Dans letrouble, dont ils se virent agités , ils résolurent , dès ce moment , de n'y pas comparoître. Ainsi, dès qu ils furent arrivés à Sardiciue, ils se logèrent dans le palais , s y tinrent renfermés, et ne laissèrent la liberté à aucun d'entr'eux de venir au concile. Mais deux évêques , Macaire de Palestine et Astère d'Arabie , se dérobèrent à cette violence ; ils se rendirent à l'assemblée , ils découvrirent les mauvais desseins des eusebiens et les menaces qu'ils faîsoient à ceux de leurs confrères qui etoient dans de bons sentiments.

Comme les Pères du concile avoient reçu saint Athanase et les autres accusés , les eusebiens , qui ne cherchoient qu'un prétexte pour s'en retourner , prirent sujet de dire qu'ils ne pouvoient communiquer avec le concile , à moins qu'on n exclût saint Athanase, Marcel d'Ancyre et plusieurs autres. Mais le concile rejeta ces propositions, et répondit qu'on ne pouvoit pas traiter comme coupables , des évéque*

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declaiTs innocents par un juj^cinent authentique quo le concile de l\ome avoit rendu en leur faveur, et jtar le lemoignaj^e que qualre-vinjjts eveques d'Egypte avoient rendu à leur innocence ; que d'ailleurs les empereurs avoient permis au concile de discuter ,de nouveau , toutes les matières depuis leur origine, et examiner ce que les autres avoient déjà ju^é. Mais la vérité ne satisfit pas ceux qui aimoient le mensoiif^e; les eusebiens crurent devoir allej^uerqu ils ne pouvoientse trouver dansune assemblée où l'onadmetloit des sens coupables de sacrilej^e et d'homicide , et de tout ce qu'il leur plaisoit d'imputer a leurs adver- «aires , et ils persi^iereIlt plusieurs jours dans la demande qu'ils avoient faite.

J.es Pères, de leur côté, les pressojent de sp présenter, et de prouver leurs accusations, disant quec'etoit se condamrer eux-mêmes que de se tenir caches. Saint Athaîiase leur faisoit faire les mêmes instances , et leur protesioil qu'il se ]usiiîieroit de toutes leurs calomnies, in;ijs toutes les propositions qu'on leur fit furent inutiles.

Cependant, pour colorer leur fuite de quelque prétexte, ils dirent que l'empereur leur avoit mande qu'il venoit de remporter une victoire sur les Perses, et que cette raison les oblige de partir pour aller lui en témoigner leur joie. Le «concile , bien loin d'approuver uiw.

raison si peu sérieuse, leur écrivit qu'ils eussent auparavant ,à se défendre des crimes dent on les a<< uioit ; qu'autrement il }es pp decl.^- Tre.rojt coupables. Alors la frayeuf i^s surprit , et , pendant \^ nuit , iji se retirèrent eo dili;^eri,ce : leur fuite fortifia les preuves que l'on avoit de leur conduife irré^ulière.

Le cciHcile traita ensjjîlc de ce 'jui refiardpit la foi ; il déclara qu'il ne fiiHyit plus aj^ilpr les rpemes queslioljs, if):i\§ §e ^pnfer.ter du

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symbole de ISicee , pour ne donner aucun prétexte à de nouvelles formules. 2." On y admit saint Athanase , et les autres accuses , à prouver leur innocence. 3.° La conduite des eusebiens fut mise dans tout son jour. On examina les plaintes formées de toutes parts contr'eux.

La plus importante etoitqu ilscommuniquoient avec les ariens, condamnesau concile de jSicee. Arscne, vivant , et mcme que l'on croit avoir été présent à ce concile , fut une conviction manifeste de l'iniposture de ceux qui disoient qu'Athanas;,' lui avoit ôté la vie.

On fut également convaincu de la fausseté du calice rompu , par la déposition de diverses personnes veniies d'Alexandrie, par le témoignage de quatre-vingts eveques d'Ei^yptedans leur lettre au pape Jules, par l'information même de la jMaréote, pui,sque ceux qui avoient été charges delà faire ne meritoient aucune créance , et qu'elle se combattoit elle-même ; enfin par le refus que les eusebiens eux-mêmes avoient fait de venirà Fvome ,y étant appelés par le pape. Les Pères du concile , frappes de tant d'impostures si grossières, confirmerait saint Athanase dans la communion de l'Eglise , et le reçurent comme un innocent injustement persécute ; ils déclarèrent, aussi innocents, quatre prêtres d'Alexandrie, bannis par les eusebiens, et contraints de s'enfuir pour éviter la mort.

Qn exaniina eiisuite la cause de ^Larcel d'Ancyre, accusé par les eusebiens : il se présenta au concile ppur se jusiifier. Ses accusateurs renferfnc»|ent tous ses crimes dans son livrp. Le concile , après en avoir f^ijt l'esanien, decjîra qu'ayant lu ce qui précedoit et ce qjn suivoit les endroits que j/es eusebiens accu- .wicpt, il as/oil trouvé que }es accusateurs pfeiioi<^nt nialicieusemenf , poi:r les seutin^enls de Marcel j (c q:/'i' i.e dispil qiip cor^îme par (pU;i~

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lion , et pour chercher la vérité, et que ses véritables sentiments étoient entièrement contraires aux hérésies qu'on lui imputoit. Ainsi il le déclara innocent , légitime et unique évêque d'Anryre.

On fit voir que Théognis avait supposé de fausses lettres pour animer les empereurs contre saint Atlianase Le concile ne crut pas devoir laisser sans punition des evcques qui calomnioient leurs frères, qui bannissoient et qui cmprisonnoient, quituoient,qui brûloientles églises.

11 cassa les ordinations de Grégoire et de Basile , ordonna qu'on ne les regarderoit ni comme eveques ni comme chrétiens. 11 déclara innocents ceux qu'ils avoient déposes , et usurpateurs ceux à qui ils avoient donne leurs églises ; déposa les principaux chefs des eusebiens , savoir :

Acace de Césaree, George de Laodicée , Ursace de Singidon , \ alens de Murse, Théodore d'Héraclee ; ces trois derniers avoient été les commissaires envoyés à la Maréote contre saint Athanase. Le concile les déclara anathematisés , prives de la communion des fdeles, et entièrement séparés de l'Eglise : il en fit de même à l'égard de Grégoire , usurpateur du siège d'Alexandrie.

Le concile écrivit aux empereurs pourlessupplierdemettreen lilerte ceux qui gémissoient encore sous l'oppression ; de faire en sorte que les églises ne fussent plus infectées de la contagion des ?riens. 11 écrivit aussi une lettre circulaire à tous les evêques de l'Eglise , par laquelle les Pères du concile les i>rient tous de s'unir a eu^K , et dt souscrire à leur doctrine. Ils y appellent l'hérésie arienne , l'hérésie d'Eusebe : ils y déclarent que cetix qui étoient morts, par la persécution des eusebiens, avoient acquis la gloire du martyre.

Tel fut le vrai concile de Sardique.

Dans les actes de ce concile , il est dit qu'Osinis demanda un régle- Hient pour empêcher les evêques

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