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AFRIQUE (G. d') tenu à Cartilage l'an 4^^ 1 1^ premier mai, composé de plus de deux cents éveques. On y décida neuf articles de doctrine conlre les pelagiens : ils furent dressés par saint Augustin , qui fut l'àmede ce concile. Ces neuf articles ou canons sontvenusjusqu'à nous, et sont datés du premier mai 4i8. Les trois derniers décident absolument qu'on ne peut point dire qu'aucun homme soit sans péché, et cette vérité fut décidée solennellement, avec analhème à quiconque la combaltroit. Outre ces Imit canons , le plus ancien code de l'Eglise romaine en met un nouveaii , el placé après le secoi-id , par lequel le concile condamne, avec analhème, ceux qui prélOiidrnt que les enfaiîts morts sans baplc::-r;e , jouissent d'ui:e v:o li-unnue hors d" roya'jme des
cieux. Pholiiîs, rju'on nepeuldouter avoir eu de bons manuscrits, dit M. de Tillemoul , reconnoît ce canon. Et ce qui fortifie celle preuve , c'est ce que ditsaint Augustin, dans sa lettre à Roniface, que lesconciles et les papes avoient condamne l'erreur des pelagiens qui osoient attribuer aux enfants non baptises, un lieu de salut et de repos liors du royaume des cieux. C. t. 2. p. iS'ji't. b. c. Conc. t. 2. p. I124. El p- l6(i4. l>. c. Phot. Bil>l. c. S'a. p. 4i. ^^ug. ad Bon. l, 2. c. 12. p. 492. I. d.
On fit, dans ce même concile, dix autres canons qui regardent les donatisles. On ordonna que, dans les endroits où il y avoit eu des catholiques et des donatisles, qui avoient reconnu divers eveches , les donatisles, en quel(jue temps qu'ils eussent été convertis , dependroient de l'éveché que les anciens catholiques du lieu avoient rcconjui. Que si l'évêque donaliste s'étoit converti , les paroisses ainsi mêlées , où les donatisles dépendroient de lui, cl les catholiques de l'évêque d'une autre ville, seroient partai:,ces également entre l'un et l'aulre, le plus ancien partageant et l'autre choisissant. Ce même concile ordonna, par un autre canon remarquable, que si les prêtres el les actres clercs inférieurs se plaignent du jugement de leur évêque, ils pourront être jugés par les évêques voisins agréés du leur, el appi'lerd'euxau primai, ou au concile d'Afrique ; mais que s'ils prétendent appeler outre mer , personne dans l'Afrique ne communiquera avec eux. 11 permet encore de voiler et con.sacrer une vierge avant 2^ ans, lorsque sa chasteté se trouve eu danger par la puissance de ceux qin la demanderoieni en mariage, ou qn'elledemandecelle grâce étaiiten danger de nicrt, pourvu que ceux dont elle dépend ia demandent avec elle. Comme le,9 évêques de ce concile attendoient ce que îe pnj.'c Zozime ferolt au su)e'
dos pelasions, les principaux <î'cntrVxixdeiaeiîrèrent h Garthafçe, el y formèrent lori}^-tem{>3 comme tin ronrilc général. Au reste le pape Zozime , ayant reconnu qu'il sétoit laisse surprendre par les pela- ^iens, donna sa sentence par laquelle il confirma les décrets du concile d'Afrique et, conformément au juf^ement du pape Innocent son prédécesseur , il condamna de nouveau Pelage et Celestius , les réduisit au rang des pénitents, s'ils al))uroient leurserreurs ; sinon illesretranchoit absolument de la communion de l'Eglise. Il écrivit encore une fort grande lettre à toutes les églises du monde , et tous les éveqnes catholiques y souscrivirent. L'empereur îîoiiorius fil uneordonnanceconlre IfS pelngjens , et appuya de son autorité la décision de l'Eglise. Conc.
. 2. p. 1128. fùid. p. ioG4- i- ll'id.
AFRIQUE ( G. d') tenu h Cartilage l'an f^.n) le 25 mai, dans la 5>asili(jue de Fauste , et convoqué par Aurcle, éveqne de Cartbagc, assisté du primai de Nnmidie, et de Fausiin , légat du pape. î^es députés des diverses provinces d'Afrique, c'est-à-dire, des deux Numidies, de la Byzacène, de la Mauritanie, delà Césarienne, do la Tripolitaine cl les évoques de la Proconsulaire , s'y trouvèrent : ce qui faisoit deux cent dix-sept évêques. Saint Aurèle y présida. Le légat du pape, qui etoit évêtjue , fui placé après les <\c\\\ présidents : à la suite des évê- 'jueseioientlesdeux légats, prêtres : les diacres otoient «lebout. Saint Augustin y assista. Dans la preniièrc séance, on lut l'instruction du pape à ses légats , et le premier canon qu'il produisoilpourmontrer que tous les êvêques peuvent appeler au pape. Saint Alype représenta que, comme il ne se trouvoit point dans les exemplaires grecs qu'ils avoient du concile de Nicée , il falloit qu' Aurèle envoyât à Couslaa-
tinople où étoit l'original du concile' pour qu'on en fît venir une copie authentique. Cependant il fut dit, pour ne pas offenser le légal du pape , que l'on se contenteroit d'en écrire à Zo/àme , et que néanmoins on observeroit ces canons. 2." On lut celui qui regardoit les appellations, et saint Augustin promit qu'on l'observeroit jusqu'à ce qu'on eut des exemplaires plus assurés du concile de Nicée. 3.° On lut le symbole de INicée avec les vingt canons ordinaires , et divers règlements faits dans les conciles d'Afrique tonus sous Aurèle. 4-.° On traita de l'affiiire d'Apiarius : c'étoit un prêtre de Sicquedaus la Mauritanie. Après s'être rendu coupable de diverses fautes , il avoit éié déposé et excommunié par son éve((ue ( Urbain); il avoit appelé de lui au pape , quoique cela fût défendu par plusieurs conciles d'Afrique , et que le concile de jNicée eût ordonné que les affaires des ecclésiastiques se termineroicnt dans leur province, ne leur accordant point d'autre appel.
Néanmoins le pape Zoziuse, .seloj!
C.Tronius, reçut l'appel d'Apiarius, et le rétablit dans sa communion.
Les cvêqucs d'Afrique ne voulurent point coîiveuirde la prétention du pa;!0 sur les appellations des cvêquesà Home;cequitausa degrandes conlesîations, qui donnèrent sans doute lieu à un concile , mais dont il ne nous reste aucun monumenl.
Et connue les évêques africains s'étoient plaints que Zozime , en recevant Apiarius, vioîoit les règles de la discipline ecclésiastique , ils furent fort surpris lorsqu'ils eurent entendu le légat Faustin , que le pape avoit envoyé en Afrique pour cette affaire , de voir que Zozime altribuoit au concile de îSicée ces canons. Ils soutinrent que les canons, allègues sous le nom de Nicée, pour justilier la prétention de Zo.^îme, ne se trou voie;nt dans auci?n exemplah'e grec ni laîia. En cHj:
c'ctoicnt àcs canoBS tlu faux coiu ilo de Sardique , que les donatistes avoient substitues à la place du \crilable. Ces mêmes e\Cquos vouloieut bien que les clercs j)ussenl se plaindre du inr,ement de leurs evêques au primat et au concile de la provnice, mais non aux evcques ries provinces voisines. Au reste saint Cyrille fit délivrer au prêtre Innocent, de})utedu concile de Cartliai^e, la copie lidde du concile de Nicee , tirée de Voni;,inal, qui etoii gardée dans les archives de son ej;lise. Dans la seconde séance on fit six canons touchant les accusations des clercs.
C'est le dernier concile dont il nous reste des actes dans la collection des conciles. Tom. 2. Conc. />. iSbyc/ p. l6o3. Bar. 419. § Go. Conc. l. 2. /'. 104.1 fl lli+9-
AFRIQUE (C.d') terni l'an 4.26 a Toccasion du même Apiarius.
Après avoir ete rétabli par le concile précèdent, et, étant retombe dans des crimes énormes , qui le iirent priver de la communion et tbasser de Tabraca, \ille dans la Proconsulaire d'Afrique , il se réfugia à Rome, l.e pape Celestiu, ayant ajoute foi à toist ce qu'il lui plut d'imai;iner pour se iustificr, le rétablit dans la communion : il y )oi(;nit une lettre pour les e\êques d'Afrique. Celle conduite du pa}ie donna lieu à ces exêquesde s'a.sscmbler de toute l'Afrique à Cartliai;e , el d'y tenirun conc ile universel. De tous ceux qui s'y trouvèrent on n'a les noms que de quijize , entre lesquels on voit Aurele deCarlhage, Servus-Dei, qui etoit confesseur, Fortunatien , etc.
Apiarius se présenta au concile avec Fauslin, qui y jarut plutôt son ]>rotecieur cjue son jui;e : il voulut même exij^er d'eux qu'ils reçu.ssent Apiarius dansleiir communion. Les Pères crurent devoir auparavavit exanii'ier sa coîiduite criminelle, dont, il clier( lia à se justifier p.ar ses artifices ordinaires; ntais Dieu per-
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!r,:î, pour tirer les ë\ûjues d'iîu examen dont leur pieté souflroit beaucoup , qu'Ajûarius ne pût résister aux remords de sa conscienic et qu'il avouât , malj^re lui , les crimes dont on l'accusoit. I,es I-eres ni' purent s'en>pêclier de roi:i:ir, en entendant l'aveu detnnt d'infamies, m fondu' iuqnlud-iie'i. Faustiu céda a l'évidence de la vérité , et le coi:pable lut retranclie i\\\ corps de li'plisc. Comme les Pères du concile avoient eu réponse de l'Orient . el avoient appris que les canons, cites jiar Zo7,in)e,n'etoient point du concile de îsicee , ils écrivirent au pape Celestiu une lettre, dans laquelle, après s'être plaints de ce qu'il avoil abscHiS Apiarius, ils le prient de n'ecoiiter phis si facilement à l'avenir ceux quiviendroicu'l d'Afrique:
de vouloir bien ne plus recevoir à la communion ceux qu'ils en auroienl sépares, lui repre.senlant qu'il ne le peut faire sans violer le concile deiSicee, qui veut que ces sortes d affaires soient terminées dans leurs provinces; de sorte qu'on ne peut les porter autre part sans une définition particulière de l'Eglise :
Sinon {.'eut espérer aussi raisonnablement la i;race et la lumière du Saint- ]{sprit poiirjilusieursevêques assembles librement dans chaque province , que pour un en parliculier; et qu'il est plus naturel de jui;er les affaires où elles sont nées, et où l'on trouve des instructions et des témoins, que de les transporter au-delà desmers, l'.nfm ils supplient le ] apedene plus envoyer des lei^ats pour faire exécuter ses jneemcnts , pour ne pas introduire , di serit-ils , le faste du siècle dans r]\i;!ise de Jesus-Christ , qui df>i!
présenter la lumière delà simjdicile el la splendeur de l'humiiile à tous iVMs. qui ne cherchent que Dieu.
On prciend que l'eidi-»' d'Afrique se maintint dans la pos.se.ssicn de j'îgf r les prêtres définitivement el .•^nn.s iapj».!, jus([t!'h saint Gre^oire-!e-
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(irand. Conc. t. 2. p. ii/^S. e! «quint.
AFrxIQUE (C. fV) Fan S^S , f rnii pour établir la discipline ((iiil lalloil observer en Afrique, (^n lut un abrège <les canons laits sous Aurèle.
Les trois derniers .'^out pour défendre absolument d'appeler outre mer, sans distini^uer enlre les evêques et les autres. Ia* dernier canon y est cité du vinj^tiènie des conciles d'Afrique , et le pénullienie du seizième , d'où Ton infère qu'entre celui de 4'0 ^^ celui de 426,1! s'est tenu deux conciles généraux, dont nous n'avons point de conuoissance.