IV
Sur Icr, canons.
Les canons , considérés en eux-mêmes , ne sont autre chose que les lois de l'Eglise qui a Jésus-Christ pour chef et pour son époux. Considérés, par rapport à leur matière et à leur but, ou ils décident quelque controverse touchant la foi , ou ils ont voulu résoudre des difficultés sur la morale, et apprendre par celte résolution comment il faut régler sa conduite. Dans ces deux différents points de vue, on sent quel est le prix des saints canons. Ceux qui appartiennent à la foi , et ceux qui renferment les premiers principes de la morale, subsistent et subsisteront toujours : ce qu'ils contiennent étant invariable. A l'égard des canons de pure discipline, quoiqu'ils soient sujets au changement , il y en a encore beaucoup qui sont en usage, ou en tout, ou en partie; et d'ailleurs il n'y en a point qui n'ait quelque liaison avec la foi et avec la morale. On voit par le concile de Carlhage de l'an 4ï9ï T^e c'étoit une pratique de recueillir les canons des conciles particuliers et de s'en former une règle de conduite. On doit aussi beaucoup respecter ceux qui ont été faits pour contraindre, par les peines spirituelles, à régler la foi et les mœurs sur la parole de Dieu et les décisions de l'Eglise.
C'est dans les saints canons que les ecclésiastiques s'instruisent de leurs obligations , et qu'ils apprennent comment ils doivent administrer les choses saintes et travailler utilement à la sanctification des peuples.
La connoissance des canons est recommandée dans plusieurs conciles, et entr'autres dans le IV' de Tolède, le I" de Mâcon, dans ceux de Constance et de Bàle , dans le IV^ de Milan sous saint Charles, qui dit que par la connoissance des canons il faut entendre celle des anciens conciles , des écrits des saints Pères , et celle de l'Histoire ecclésiastique. C'est en les étudiant , que l'on acquiert cette science que le Sage appelle la science des Saints , puisque c'est le Saint-Esprit qui les a inspirés; que ce sont les con- <ûles , ou les saints papes , qui les ont publiés. C'est dans les canons que l'on trouve les véritablea et solides principes de la théologie