XVI DISCOURS
iMoraU," ; c'est en se conformant à leur esprit, que l'un évite àc toin- IxT dans le rclacliement, et de suivre des oi»inions contraires à la siniplicilc de l'Evanijile et à la doctrine des Pères.
Lorsque les canons ont été renouvelés en difTérenls conciles , on doit ordinairement les rep;arder comme plus imporlanls : on doit encore avoir beaucf)np d'égard aux canons insc-rés dans les codes ou collections des églises ; ils méritent une considération particulière : la durée du temps pendant lequel on les a reconnus et observés fait juger de leur utilité.
Nos rois sont les protecteurs des canons, et ils ont droit de les faire exécuter. En France nous faisons [)rofession de garder les canons , même ceux de discipline, qui ont été dressés dans les quatre premiers conciles qui sont universellement reçus , de même que ceux des anciens conciles de France.
La quantité des canons est immense : on peut s'en convaincre par les collections qui en ont été faites, soit celle de Denis-le-Petit, soit celle de Gratien et des autres. Ce scroit la matière d'une étude fort longue si on vouloit les savoir tous. Le recueil que nous en dontions dans cet ouvrage lient un milieu entre trop de brièveté et trop d'abondance. Nous avons cru devoir faire un choix des plus remarquables , et particulièrement des canons des plus célèbres conciles. On s'est donc attaché à ceux qui ont pour objet les matières les plus importantes de la morale et de la discipline ; à ceux qui peuvent faire connoître en quelque manière cet esprit primitif de l'Eglise; cette substance, pour ainsi dire, de la religion, que les Pères des anciens conciles avoient reçue de plusprès et avec plus d'abondance, comme ayant puisé à la source même.
Collections des plus célèbres des conciles ou des canons.
Ancien code de l'Eglise Orientale. C'est la collection des canons la plus ancienne : elle commençolt par les dix-neuf canons du concile de Nicée, ensuite étolent les vingt-cinq canons de celui d'Ancyre, métropole de la Galatle, les quatorze de Néocésarée, métropole du Pont , les vingt de Gangres , les vingt-cinq d'Antioche , les soixante célèbres de celui de Laodicée dans la Phrygie, pacatienne, tenu vers l'an 365, et les trois de Constantinople.
Ce fut , quelque temps après le concile de Constantinaple , as-
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'eiubié en 38 1 par Théodose, que tous ces canons furent t t'unis m un seul corps par les soins de queKjue savant dont la mémoire n'est pas venue jusqu'à nous. Il y a des gens qui croient qu'Etienne .VEplièse en fut l'auteur. Dans cette collection , les vingt-cinq canons du concile d'Ancyre y sont placés après ceux de Nicoe, avec cette observation dans le titre : Qui qui d cm prions sunt Niccenis , sfd ide'o posifjositi sunt profiter auctoritatem synudi œiunienicœ. En effet le concile d'Ancyre est plus ancien de onze ans que celui de iSicée, celui-ci étant de l'année SsS et celui-là de l'année 3i4, immédiatement après la fm des persécutions. C'est de ])enis-le-Petit' que nous apprenons tous ces faits qu'il a lui-nieine développés dans sa préface.
Cette collection , qui étoit déjà en usage avant le concile général (le Calcédoine-, fut entièrement rendue authentique et comme calionisée par ce concile : car le premier canon en parle en ces termes '• Canaries qui à sanetis patrihus in iinâquâque synodo hiicusque constituai sunt, ohservari œquum censuimus. Elle fut d'abord traduite en latin par un auteur dont on ignore le nom ; mais comme celte ver- .sirm latine étoit dans tm grand désordre, Denis-lc-Petit en enlrejnil une nouvelle trailuction et s'attacha fidèlement à l'ordre des conciles et aux nombres (jui disllngucicnt les canons. Avant ceux (le î>(icée, il ajouta les canons apostoliques jusqu'au cinquantième, na lieu des quatre-vingt-cinq, n'en ayant peut-être pas davantage. Après les canons du concile de Constanlinople, il ajouta vingt-sepi canons du concile de Calcédoine; mais ce fut indépendamment de la suite, dans laquelle il avoit rapporté les autres. Enfin il ajout,» les vingt-un canons du concile de Sardique, et tout le code de 1 o ijjise d'Afrique, contenant plus de cent îrenie-huit canons , sous le nom de concile de Cartha;;e, et divisé en cent quatre-vingt- b'jit < hapilies. C'est ce code que les Pères ont regardé comme un Irésir de la disci[)liiie eccléslasli.-ae. C'est en cffel un illustre monument de l'antiquité.
Le succès de la version qu'avoit faite Deois-le-Petit de cette collection , fat si grand , (juc peu «h' temps après l'Eglise romaine l'adopta et en embrassa Tordre. En effet le pape Vigile^ ayant déposé Rustique cl Sébastien , tous deux diacres de l'Eglise romaine, et leur ayant fait savoir leur déposition et les raisons ait cette punition , dans sa quaiorzièine lettre, qci fut lue dans la septième conférence du V" concile général, il cite les canons grecs
» Denisic-Pcî. Pr.i r. i;. Co.l. Cm. Graec. — - C. Calch, i. C Toui. 4- p. jSf---
^5Yi(5.Ep. I.;.