‹ Dictionnaire des conciles suivi d'une collection des canons les plus remarquablesChapitre 53 sur 257 · II. p · texte numérisé non relu

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î"5r.s.i. L'empereur y fut préspnt, accompagnéde treize de sesolficiers, et occupa la première place. A sa gauche, étoient les légats du pape et celui du patriarche de Jérusalem ; à sa droite, les deux patriarches de Constantinople et d'Antioche. L<s saints Evangiles étoient au milieu de

,i4 co^•

rassemblée. SI n'y eut, dans celte première séance, qu'environ quarante éveques , les autres n'ayant pu encore y arriver. Les tleputés des absents tinrent le ran;; des siéi^es dont ils éloient députes, quoi(]ue simples prêtres. Les Icj^ats du pape parlèrent les premiers, et adressèrent la parob' à rem[)ereur. Ils lui exposèrent que , depuis environ qu?.rante ans, Seri^ius, patriarche de Constantinople, et d'autres, avoient enseigne qu'il n'y a en Jésus- Christ qu'une volonté et qu'une opération : que le saint Siéiic avoîl rejeté cette erreur , et que ceux qui sont du coté de l'éj^lise de Constantinople dévoient dire d'où vcnoit celte nouveauté. On lut les actes du concile d'Ephèse. Ari. I. p. Tng.

M'^ Se.ts. lo novembre. On lut le concile de Calcédoine , et l'on vint à l'endroit de la leltre de saint Léon à Flavien, oùil dit : << Chaque » nature fait ce qui lui est propre » avec la participation de l'autre. Le » Yerbe opère ce qui coiivîcnt au » Verbe, etiachairce qui convient a » la chair : » à quoi Macaire d'Antioche, et ceux de son parti, ne purent répondre rien de solide.

111' Sess. i3 novendjre. Oti Int la

f)réface du cinquième concile , et es légats se plaignirent qu'on avoit falsifie l'endroit où l'on fait dire au pape Vigile , une opération eu Jésus- Christ. On lut la définition de foi tout entière, et on n'y trouva rien touchant une opération. L'empereur ordonna que Macaire et ses adhérentsprouveroient leur doctrine par des passages des Pères, suivant leur promesse.

IV' Se.<s.<:. i5 novembre. On lut les deux lettres du pape Agathon et de son concile. On vérifia quelques écrits qui avoient été falsifies, et particulièrement le cinquième concile , dont les nionothclites avoient corrompu plusieurs endroits.

V Sess. Macaire d'Antioche produisit des passages des Pères, par

CON

lesquels il prétendoit prouver qur Jfsus-Christ n'a (ju'une volonté, qui est celle du Père et du Saint- Esprit.

\ l' Sess. Les légats représentèrent à l'empereur que Macaire avoit corrompu CCS passades, et <lemanderent qu'on apportât les livres originaux d'où étoient tirés les passages produits.

^ II' Sess. On lut le recueil de."; passages des Pères , produits par les légats du pape.

Vlll' Srss. 7 mars. Le patriarche George déclara qu'il avoit examine les passages produits par les légats, et qu'il les avoit trouves conformes aux livres des Percs. .Alors les éveques de la dépendance de Constantinople déclarèrent qu'ils recevoienl les deux lettres du pape Agathon.

et qu'ils confessoicnl deux volontés et deux opérations. On voulut obliger Macaire de confesser la même vérité , ce (|u'il refusa. On le convainquit d'avoir tronque les passages des Pères, qu'il avoit produits. Sur quoi le concile s'ccria : Anatheme au nouveau Dioscore, et on le dépouilla de son palliTim.

IX' Sess. Macaire n'y assista pa.?

ni aux suivantes, ju.squ'à la quatorzième. On continua l'examen des passages qu'il avjit produites.; et, après cet examen, le concile dil à Etienne , moine et disciple de .■Nîacaire: « Tant s'en faut que vous •^ et Macaire, votre maître, ayez » prouvé l'unique volonté de Jésns- » Christ : au contraire nous avons » trouvé que saint Athanase en- » seigue clairement deux volontés , » quoique vous ayez tronqué les » passages à votre ordinaire. Ainsi , » comme convaincus d'avoir cor- » rompu la doctrine des Pères , nous » vous déclarons déchus de toute » dignité et fonction sacerdotale. »

X*" Sess. On apporta, par l'ordre de l'empereur, le recueil des passages des Pères , produits par les Romains, qui prouvoieut deux volontés

CON

ot lieux opcrations en Jc'sus-Christ.

Il y en avoit Irenle-iieuf tires de treize Pères. Knsuilo on vérifia, «laiis le même recueil , les passages lies liireli(iucs,qui ne reconnoissent qu'une voiftnie et qu'une opération en .lesus-Clirist.

Xl" Sesd. On lut la lettre de saint Sophrone, palriarciie de .ïerusauMn,à Seri^ius <!e Constantinople, et quelques eerits de iMaeaire et de son diseiple, (jui eloient conformes à ceux des hérétiques.

X!l*>cw. Les quatre magistrats, nommés par l'empereur pour y assister en son nom , s'y trouvèrentîl y avoit quatre-vingts evêques, car le nombre croïïsoit à cliaque session.

On lut la lettre de Seri;!us au pape Honorius, et la réponse de ce pape.

Ou envoya à iMacaire les notaires pour lui faire reconnoître ses écrits, qu'ilconféssa être a lui. Les évê(}ues demandèrent qu'il fût banni de Constantinople avec ses sectateurs.

Xlir Sess. Le concile prononrn son jugement , qui est conçu en ces termes : «Ayant examiné les lettres » de Sergius de Constantinople à » Cyrus, et les réponses d 'Honorius » à Sergius, ellestrouvanteloignées » de la doctrine des apôtres et des » sentiments de tous les Percs, en '•rejetant leurs dogaies impies, » nous croyons que leurs noms doi- » vent être bannis de TF-giise. Nous >• les déclarons frappés d'analbeme » avec eux. Nous croyons devoir *• analliematiser Honorius, jadis n papederancienneRome,parce(iue •> nous avons trouvé , dans sa lettre » de Serglus, qu'il suit en tout son » erreur, et autorise sa doctrine » impie. »

XI V<: Sfss. Le 5 avril. On procéda a l'examen de la falsification du cinquièmeconrile , qu'on avoil déjà reconnue dans la troisième session ; et les evêques, après avoir examiné îes deuxvolumes en parclicmin et le rolo en papier qui étoit l'original de Kl seplièinc session , reconnurent

qu'on y avoit ajouté le prétendu distours (il* Mennas à Vigile, et ceux de Vigile à Justinîen. Tout le concile dit anatlième à ceux qui avoienl falsilielesaclesdu cinquième concile, et à tons ceux (pii enseignent une seule volonté et une seule operation en Jesus-Christ.

X V'^.S'oi. Le 2 G avril. On obligea Polychrone, prêtre el moine, accuse de soutenir les erreurs de Macaire, d'expliquer sa créance, il déclara qu'il ne croyoit qu'une volonté et cpi'une opération theandrique : on le déposade tout rang et fonction sacerdotale, comme hérétique manifeste et imposteur , ayant osé tenter le Saint-Esprit ; car il avoit dit qu'il ressusciteroitun mort, en confirmation de sa doctrine ; et le mort ayant été apporté , il demeura dans le même état, après que Polychrone lui eut parlé à l'oreille autant de temps qu'il voulut.

XVl^ 5f.M. Le 9 août. On écouta la confession de foi de Constantin , prêtre de l'église d'Apamée en Syrie; et on trouva qu'il soulenoit la doctrine de Macalre sur l'unité de volonté en Jésus-Christ; et comme il persista, on le chassa du concile.

XV! ie Si'-:s. On y convint de nouveau de la définition de foi.

XVin<: jvii\ L'empereur y assista en personne ; il s'y trouva plus de cent soixante evêques : on y lut la définition de foi, courue ainsi : Le concile déclare (pi'il adhère aux cinq conciles précédents; il rapporte les syudjoles de Nicée et de Coustanliiu)ple; il condauuie les auteurs de l'erreur, et nommément, Théodore de Pharan , Sergius Pyrrhus, I\'iul etPierr»! de Constantinople, le pape Honorius , Cyrus d'Alexandrie, IMacaire d'Antioche, et Etienne son disciple ; il approuve les lettres du pape Agathon ; il explique le mystère de l'Iiuarnation , el décide qu'il y a en Jesus-Chrisl deux vo lontés et deux opéralitms naturelles, et défend d'enseigner a\itre

1 16 CON

chose Sous peine de déposition pour les clercs el d'analhème pour les laï- <|ue5. On réiléralesanatlienries contre les hérétiques, sans eï.ccpter le pape lionorius. Ensuite les légats et les cent soixante-cinq evêques donnèrent leurs souscriptions. Le concile confirma la définition de foi, par plusieurs acclamations.

CONSTAINTINOPLE ( C. de ) dit in Tmllu. L'an 692. On l'appelle aussi Quin scxlum, parce qu'il est rej;arde comme un supplément aux cinquième et sixième conciles , où l'on n'avoit fait aucun canon pour les mœurs. 11 se tint comme le toixièmedans le dôme du palais, dont le nom lui est demeure. Les Orientaux jugèrent donc à propos de faire en celui-ci un corps de discipline qui servît à toute l'Eglise , et on le divisa en cent deux canons. On y protesta , i.° de conserver la foi des apôtres et des si.x conciles généraux, et on condamna les erreurs et les personnes qu'ils avoient condamnées.

2.° On déclara les canons que l'on prétendoit suivre, savoir : les quatre-vingt-cinq attribués aux afiôtres, ceux de îvicee , d'Ancyre , de Neocésaree, de Gangres, d'Antioche , de Laodicée ; ceux des conciles généraux de Constantinople, d'Ephèse et de Calcédoine. Le concile :ipprouva encore les epîtres canoniques de saint Denis et de saint Pierre d'Alexandrie, de Saint Grégoire Thaumaturge, de saint Athanase, de saint llasile, de saint Grégoire de Nysse , de saint Grégoire de Nazianze , de saint Amphiloque , de iheopliile et de saint Cyrille.

3. "On y fit ces canons fameux qui ont servi depuis aux Grecs et à tous le.i chrétiens de l'Orient de règle universelle , touchant la continence des clercs, et qui sont en vigueur dans l'Eglise grecque depuis plus de mille ans. Selon la disposition de ces canons , i." il n'est point permis aux clercs , qui sont dans les ordressacrés,desemarieraprèsleur

CON

ordination 2." Les évêqucs doivent garder la continence pafaite , soit qu'ils aient été auparavant maries ou non. 3.* Les prêtres , les diacres ei les sous-diacres, dcja maries , peuvent garder leurs femmes et haniter avec elles, excej)te les jours qu'ils doivent approcher des saints mystères: en sorte que si quelqu'un, comme il est expliquédans le iS'canon, est juge digne d'être ordonné sous-diacre , diacre ou prêtre , il n'en sera pas exclus pour êtreengai^e dans un mariage légitime ; el dans le temps de scm ordination, on ne lui fera point promettre de s'abstenir de la compagnie de sa femme , pour ne pas deshonorer le mariage que Dieu a institue et béni par sa présence.

L'empereur Justinien souscrivit à ces canons le premier , et avec du cinabre, ce qui etoit un privilège de sa dignité. On laissa vacante la placedupape(Sergius 111.) Les quatre patriarches souscrivirent ensuite et tous les autres évêques , au nombre de deux cent onze. Mais le pape, à qui l'empereur envoya un exemplaire de ce concile, refusa absolument de le souscrire , étant persuade qu'il etoit nul. Entre ces cent deux canons , il y en a de fort bons qiie les papcsont approuves, et d'autres mauvais qu'il ont condamnés.

En eflét, on a reproche aux Grecs, avec un juste fondement, de ce que dans ce concile ils avoient ose vouloir régler seuls la discipline de toute l'Eglise, et ordonner à TEglise romaine de changer ses u.sages; ils croient user de condescendance en permettant aux prêtres latins de ne pas demeurer avec leurs femmes.

'Nous leur donnons , disent-ils, cette permission à cause de la foiblesse de leur courage et de la Icgerete des mœurs étrangères : comme si c'étoit une imperfection de tendre à la continence parfaite. T. V. Conc. p. l\^2l^.

CONSTATsTlîSOPLE (C. de) Tan 71^, ( non reconnu) ; tenu par les monothelites contre le sixième

CON

concile général sous l'empereur Phîîippique- C(JNSTANT1N0PLE (G. de)

la même année , tenu t outre les mouothelltes , en faveur du sixième concile général, sous l'empereur

COiNSTANTlNOPLE (C de) Tan 780, le 7 janvier, (non reconnu) tenu par l'empereur Léon , où il fil un décret contre les images, et voulut engager saint Germain de Constantinople à le souscrire, mais ce saint ayant refusé fut chassé de son siège avec outrage.

CONSTANTINOPLE (C de) ou du palais d'Hiérie , sur la côte d'Asie , vis-à-vis de Constantinople, l'an 754 depuis le 10 février jusqu'au 8 aoiit, sous l'empereur Constantin Copronyme , (non reconnu) et tenu par trois cent trente-huit évoques iconoclastes , à la tête desquelsétoit Grégoire de iSéocésarée :

il n'y avoit aucun patriarche, ni personne de la part des grands sièges de I\ome , d' /Alexandrie , d'Antioche , ou de Jérusalem, lis firent un long décret, rempli deplusieurs faux raisonnements contre l'honneur que l'on rend aux images, et de pi usieurs passages de l' Kcr it u re et des Pères mal appliqués : ils en conclurent, que l'on devoit rejeter de l'Eglise toute image peinte de quelque manière que ce fût; et défendirent à toute personne d'en faire aucune à l'avenir, de l'exposer dans une église ou dans une maison particulière, sous peine aux évoques, aux prêtres et aux diacres , de déposition ; aux moines et aux laïques, d'anathème , sans préjudice des peines portées par les lois impériales. Ils ièhcifèrent l'empereur d'avoir aboli l'idolâtrie, etanathématisèrent saint (iermain de Constantinople qui avoit été obligé de sortir de cette ville , George de Chypre , et Jean ])ama.scène qui deléndoit avec force la doctrine catholique par ses écrits. Ils ajoutèrent à ce décret

CON 117

j)lusieurs art'cles en forme de canons avec anathème. Ceux qui regardent la Trinité et l'Incarnation , sont catholiques. Tom. J'II. Conc.

CONSTANTIISOPLE (C. de)

l'an 789, commence le 2 août, et, dissous par la violence des iconoclastes , assistés de soldats. Les catholiques furent obligés de se retirer, quoiqu'ils fussent protégés par l'empereur Constantin , et par l'impératrice Irène.

CONSTANTINOPLE (C de) l'an 80G, (non reconnu). Le patriarche Nicéphore, avec environ quinze évêques, y rétablit par condescendance le prêtre Joseph qui avoit été déposé par Taraise en 797.

Saint Théodore Studite s'opposa au décret de ce concile, et se sépara en conséquence de la communion du patriarche. Tom J II. Conc. p.

"c()NSTANTINOPLE (C. de)

(non reconnu) l'an 809. Un grand nombre d'evêques y déclarèrent que le mariage de Constantin avecThéodore, fille de la chambre del'impératrice Marie qu'il avoit répudiée, étoit valide par dispense , et l'on excommunia saint Platon, saint Tliéodote Studite , et son frère Joseph , qui regardoicnt ce u'ariage comme un adultère, et qui rcfusoient de communiquer avec le prêtre Joseph pour l'avoir fait. La persécution contre les moines de Stude, célèbre monastère de Constantinople, fut très-grande à l'occasion de ce mariage. Ibid.

CONSTANTINOPLE (C de) (non reconnu) l'an 8i5. Ce fut un grand concile des iconoclastes sous l'empereur Léon. Les abbés de Constantinople s'excusèrent d'y aller : i.° Sur ce que les canons leur defendoient de faire aucun acte ecclésiastique touchant les questions de foi , sans le consentement de l'evêque : c'étoit alors le patriarche Nicéphore. 2. "Sur ce qu'ils savoient

ii8 CON

f]ue cette convocation ne ten(1oit qu'à renverser le second concile «le Nicée. Les moines, qui vinrent a ce concile exposer ces raisons , furent chasser : on maltraita les evt^ques catholiques qui ne voulurent pas changer de sentiment : on y dressa une prétendue définition «le foi; en conséquence de ce concile , toutes les peintures des églises fuient effacées partout avec de la chaux, les vases sacrés hrisés, les ornements déchires , et la persécution fut grande contre les catholiques. J'ila ISiceph. «. yS.

COINSTAÎSTINOPLE (C. de) l'an 8/^3, sous l'empereur ÎMichel , et sous fimperatrice Théodora sa mère. Ceconcile fut très-nombreux.

On y confirma le second de Nicée.

On y analliémalisa les ennemis des saintes images. On «leposa Jean l'Economante de Conslantinople et on mit à sa place Méthodius , qui avoit tant souffert pour les saintes images sous JMichel-ie-lîègue et sous Théophile : et les images furent rétablies solennellement. Ce fut le second dimanche de carême, ]our auquel les Grecs font encore la fcte de l'orthodoxie , en mémoire de ce qui se passa ce dimanche. Or. in. S.

ISiceph. Boll. Tom. IJf.p. 320.

C0NSÏA1NT1N0PLE (G. de) l'an 858, tenu par les évêques de la province de Gonstantinople, i.° à l'occasion de ce que saint Ignace avoit été chassé de la ville le 23 novembre 857, parle césar Bardas, oncle du jeune empereur Michel, à qui il avoit refusé très-justement lacommunion, après lui avoir donné des avis charitables sur le scandale que causoit sa vie déréglée. 2.° Parce que Photiusavoitété ordonné à sa place le aS décembre suivant. Ils déclarèrent Photius déposé, avec anathème,tant contre lui que contre quiconque le reconnoîtroit pour patriarche. Il est bon de remarquer que Photiusetoit un des plus savants hommes de son siècle, maisThom-

cors

me le jilus dévoré d'ambition , <:fe l'esprit le plus fourbe, le plus artificieux ,el le plus hypocrite qui fût jamais.

GONSTANTINOPLE ( G. de ) la même année (non reconini ).

Photius, quarante jours après son onlination , y proiion(;a une sentence de déposition et d'anathème contre saint Ignace , absent et exilé dans 1 île de Terebinthe. Il déposa ensuite les évequesattachésàcesaint elles fit mettre en prison. lîien plus, ayant voulu inutilement obliger ce saint patriarche à donner sa démission , sur son refus , il le fit mettre dans une étroite prison , où il souffrit les plus indignes traitements.

GONSTANTINOPLE ( C de ) l'an 86i , ( non reconnu ) convoqué par Photius. Il s'y trouva trois cent dix-huit évêques, en comptant les légats du pape. On avoit déjà fort intimidé ceux-ci : on les avoit tenus enfermés trois mois , en sorte qu'après huit mois de résistance, et crainte d'être persécutes plus violemment, ils avoient succombé et s'etoient rendus aux injustes volontésdePhotiustouchant la déposition de saint Ignace. L'empereur Michel assista à ce concile avec tous les magistrats et un peuple nombreux : ce prince avoit surpris le pape Nicolas, pour la tenue de ce prétendu concile pardes lettres artificieuseseidesprésents : ce qui lui fut d'autant plus facile, que le pape ignoroit toutes les violences qui s'etoient commises à Conslantinople à l'égard de saint Ignace et de ses défenseurs. Il avoit fait appeler à ce concile ce saint patriarche, qui etoit alors en exil à Mitylene, dans l'île de Lesbos. On l'obligea de coniparoître en habit de simple moine.. L'empereur le chargea d'injur«^s. On le pressa de dojiner sa démission ; mais on ne put l'ol)lenir et on le renvoya.

On le cita aux autres sessions ; il répondit qui! n'iroit point, parce qu'oii ne faisoit rien selon Icsrèjjles

COM

Quelqiics jours après on !e mena par ("eue au concile On produisit contre lui soixante et douze témoins qtronavoit saines, et qui jurèrent qiï'Ii;nace avoit cte ordonné^ sans aucun décret d'élection. Ensuite on pronon(;a contre lui une sentence de déposition : on lui ôta le Pallium et les habits sacres , en disant qu'il etoit indigne du sacerdoce. Après on le renferma en prison , où il souffrit les plus indignes traitements; car on le mit entre les mains de trois hommes cruels , qui pendant huit jours le laissèrent sans nourriture , et l'empêchèrent de dormir et même de s'asseoir. Dans cet état , et lorsqu'il pouvoit à peine respirer, un de ses trois bourreaux lui prit la main de force, et lui fit marquer une croix sur un papier qu'il tenoit, et qu'il porta à Photius qui y ajouta ces mots ■. moi, Ignace, indigne patriarche de Constantinople , je confesse que je suis monté sur ce siège sans décret d'élection ,et que j'ai gouverné tyranniquement. Ensuite on le délivra de sa prison . Alors Ignace, pour se dérober à la fureur de ses persécuteurs , ayant pris un habit d'un ]>auvTe esclave , sortit de Constanttnopleetsecacliaendivers endroits.

Dans les autres séances de ce faux concile , on fit pour la forme un décret en faveur des images , et dixsept canons dont la plupart regardent les moines et les monastères. Photius écrivit au pape Nicolas une lettre remplied'hypocrisie, afin qu'il confirmât son élection; mais ce pape ayant appris la prévarication de ses légats à Constantinople, ne voulut point confirmer l'élection de Photius non plus que la condamnation de saint Ignace , et il tint à cet effet im concile à Rome. Photius ne perdit point courage; ilgagna les bonnes grâces de l'empereur Basile, et persécuta ouvertement tous ceux (jui s'étoient séparés de sa communion ; Ses uns furent bannis , d'autres dcoouillés de leurs digtiités, d'autres

COM 1 1 9

mis en prison, d'autres fouet les tt tourmentés avec la nirnie cruaule que sous les empereurs païens. Tom .

J III. Conc. p 1260.

CONSTANTINOPLE (Cde) l'an 8G6 , ( non reconnu ) forgé et fabriqué par Photius : cet imposteur, voyant que le pape Nicolas persistoit à le séparer de sa communion , convoqua cette assenibke à qui il donna le nom de concile œcuménique, où il fit présider les empereurs Michel et Basile , et les legatsdes trois grands siegesd'Orient:

il y introduisit des accusateurs qui publièrent les prétendus crimes du pape Nicolas , et les témoins qui appuyoient les plaintes. Enfin, il y fit prononcer une sentence de déposition contre ce pape , et d'excommunication contre ceux qui communi queroient avec lui; il fit souscrLic ces prétendus actes par vingt et un évêques, en y ajoutant environ mille fausses souscriptions.

Apres une action aussi hardie, il ne garda plus aucune )nesure avec le pape. Pour mettre dans son parti les Orientaux , il écrivit une lettre circulaire pleine de fausseté, dan.-laquelle il osoit accuser ou vertement d'erreur toute l'Eglise latine. Sur quoi il est bon d'observer que Photius n'a fait cette accusation que depuis sa condamnation; car l'addition Filioquc au symbole et les autres pratiques dont il fait un crime aux Latins, n'ctoient pas alors nouvelles; mais dès que Basile fut seul empepcur , après la mort de Michel ,il chassa Photius du siège de Constantinople, et rétablit le patriarche Ignace.

CONSTANTINOPLE ( C de ) l'an 867. L'empereur Basile ayant rappelé saint Ignace le dimanche 2H novembre , Photius fut déposé dans ce concile tenu peu de temps après et envoyé en exil.

CONSTANTINOPLE ( C de )

V1II« CONCILE GÉNÉRAL l'an 8^9 ,

sous le pape Adrien II , et l'enipercur Basile, commenceTe 5 octobre

120 CON

effini ie aSfévrîpr 870. Saiiilli^nafe et l'empereur Basile, ayant ju};e trèsnécessaire latenue d'un concile pour remédier aux maux que Pholiiis avoitfails,écrivirenlau (>apc Adrien qui avoit succédé à Nicolas, pour concourir avec eux dans cette entreprise. Adrien, se prêtant avec 7,èle à leur dessein , envoya à Gonstantinopic trois léi^ats chari;;es de deux lettres. On fixa le jour de la tenue du concile.

On en fit l'ouverture le 5 octobre <!ans l'église de Sainte-Sopliie.

1" Session. A la première place éloient les lé;;ats du pape Adrien, à qui l'empereur lîasile avoit fait rendre de grands honneurs lors de leur entrée à Constantinople; car ce prince prit de sa main les lettres du pape et les baisa : ayant ensuite embrassé les légats , il les pria de travaillera rétablir la paix de l'Eglise. Après eux étoient Donat et Etienne évêques,el le diacre Marin; ensuite saint Ignace, patriarclie de Constantinople , et les légats des patriarches d'Antioche et de Jérusalem. On fit d'abord entrer les evequcs qui avoient été persécutés par Photius : ils étoient au nombre de douze: et on leur dit qu'on les estimoit très-heureux d'avoir souffert pour la défense de l'innocence opprimée. On lut les lettres du pape à l'empereur et au patriarche : on lut les pouvoirs des légats d'Orient, et la formule de réunion que ceux du pape avoient apportée.

Il" Sess. Les évêques, les prêtres et les diacres qui avoient succombé dans la persécution de Photius, se présentèrent et témoignèrent leurs regrets : ils exposèrent les maux qu'on leur avoit fait souffrir, disant-.On nous chargeoit de chanies et de carcans de fer, et après plusieurs jours, oa noas donnoit du foin pour nourriture : plusieurs ont été enfermés en des prisons obscures et infectes; d'autres ont été condamnés à scier des marbres, et frap-

CON

pes à coups d'c'pée. On fit entrer h .s prctres ordonnés par Methodius et par Ignace , qui demandoient d'être reçus à pénitence , ils étoient onze.

On les rétablit dans leur rang après leur avoir impo.sé une satisfaction.

lll"^ et IVe .SV.«. Apres quel'|ues contesta tions, on fit enlrerTIieophile et /acharie, qui dirent, qu'ils communiquoient avec Photius, et on leur fit plusieurs questions. I..es légats d'Orient interroges , dirent qu'ils n'avoient jamais reçu Photius dans l'église d'Antioche; qu'ils ne lui avoient point envoyé des lettres de communion, etqu'ilsn'enavoient point reçu de lui.

Y* Sess. ]jes légats du pape ordonnèrent qu'on fît venir Photius. Dès qu'il comparut , ils .s'ecrierent :

Quoi ! c'est là ce Photius qui a troublé toute l'Eglise et qui a taché de la renverser autant qu'il a ete en lui ?

Photius affecta de garder un profond silence et ne répondit que par quelques passages de l'Ecriture dont l'application etoit fausse et injurieuse au concile, et qui faisoient connoître l'excès de l'hypocrisie de cet imposteur. Mais comme il continua à garder le silence , les légats dirent : «Voici un homme quia » bouché ses oreilles comme faspic, » et ne veut point entendre la voix » du concile. » On somma Photius de se soumet! re au concile et à l;:;nace, pour être reçu à la conniuinion laïque; mais il ne lit que des réponses qui ne signifioient rien , et mêlées de fausses applications de TEcriture , et on le ft retirer.

Vl*^ St's.<;. L'empereur Basile y assista, assis à la première place. On fit entrer , par son ordre , les évêques du parti de Photius, dont oiî réfuta les objections, et l'empereur les exhorta à renoncer au schisme.

Plusieurs de ces évêques se soumirent au concile , et obtinrent le pardon. Tom. fin. C. p. 978

Vll^Vr^.. Photius parut. Oa lut un moiiitoire.à lui et à ses partisans,

CON

pmir los exhorter, snu.s peine «1 anatiième, à se souiiiellre au jugement (lu tonfilc. Plifttius lie dit autre rliose, sinon qu'il n avoit rien à répondre à des caloniiiies.

VHP Scss. i." On fit apporter, par l'ordre de l'empereur, toutes les promesses que Pholius avoit exigées du cierge et des secidiers de tout elatjlcs actes du concile contre saint li^uace,et les livres fabriques contre le pape jNicolas, et on les jeta dans un brasier qu'on avoit allinné au milieu de l'assendilee. 2." On découvrit toutesles fourberies dePholius et toutes les menées par lesquelles il avoit tache de séparer l'éç^lise d'Orient de celle d'Occident.

3."^ On cerui l'abjuration de plusieurs iconoclastes. On prononcja un ana thème contre ceux de celte secte , et on finit en répétant les anathèmes déjà prononces contre Photius.

IX* Scss. Kllc fut tenue trois mois après la précédenle. C)n imposa luie [lénitence aux faux temonis, «[ue l'empereur ÏMichei avoil fait déposer (outre Ignace , à rinsti;;alion de i'hotius. On inlerro;;ea ceux qui s'etoicnt prêles à l'impielé comnn'sc par l'empereur Michel et ses couriisans, qui avoient tourné en ridi- ( nie les plus saintes cérémonies de ia reli^ioii. On leur représenta l'énorunte de leur sacrilci^^e : ils s'ex- ( iis( rentsur la crainle (piilsavoient de l'empereur, et snr le mal ([u'il pou voit faire à desi;ens connue eux, «lui etoient chari^esde famille. L'empereur ne se trouva point à cette neuvième session, mais on y vit, pour i.i première fois, le Icf^at du patriarche d'A ntioche.

X' et dernière Scss. L'empereur Basile s'y trouva avec son fds Conslanlln et vinj^t patrices, les trois ambassadeurs de Louis, empereur d'Italie et de France, et ceux de Michel roi de Bulijarie. Les évèques eloient au nombre de cent. On y approuva les sept conciles scncraux,

CON 1 2 1

auxquels on )oij;nit celui-ci comnsc le huitième. On confirma la condanmalion prononcée contre Photius, par les papes iNicolas et Adrien.

On liitvinî^t-sept canonsquiavoient été faits dans le concile , dont b plupart etoient contre Photius. Oa publia la définition de foi du con cile. Celle définition contient uujî ample confession de foi , avec anallienie contre les hérétiques , particulièrement les monotîielites et les iconoclasles : les Pères du concile témoignèrent leur consentement par plusieurs acclamations.

Les trois légats du pape souscrivirent les premiers ; ensuite le patriarche Ignace , puis Joseph, legat d'Alexandrie ; Thomas, archevêque de Tyr, représentant le siège d'Antioche vacant, et Elie, legat de Jérusalem ; ensuite l'empereur , et Constantin et Léon, ses deux fils, enfin les évêques , au nombre de cent deux. C'etoit peu , vu la quantité d'evêques qui dépendoient encore de l'empire de Constanlinople.

Mais Photius avoit dépose la plupiart de ceux que ses prédécesseurs avoient ordonnés , et en avoit mis d'autres à leur place, dont aucun ne fut reconnu evêque dans ce concile : il ne se trouva que ces cent qui eussent été sacres par les patriarches précédents.

Au reste, Anastase apporta à Rome la copie des actes de ce concile, et les présenta au pape Adrien, qui engagea ce même Anastase à les traduire mot à mot ; et cette version latine est la serde que nous ayons des actes de ce concile , du moins en entier ; car les actes grecs , imprimés, n'en sont qu'un abrégé.

C0NSTA]ST1ISÔPLE(C. de) l'an 879 (faux VHP), assemblé par les intrigues de Photius. Ce mécliant iiomme avoit regagné, par ses artifices , les bonnes grâces de fcmpereur Kasilc , par l'ordre duquel i!

avoil d'abord été envoyé en exil , (tù il passa huit ans; et, par le credii

de cet empereur , il avoit repris le siège de Constantinople. Alors il s'appliqua à gagner la plupart des èvêqueSjIes uns par des presonts, les autres par des menaces. Enfin il vint à bout de se faire reconnoître pour patriarche légitime par le pape Jean YIII. Pour couvrir de quelque ombre d'équité toute cette trame d'impostures et de fourberies, il convoqua le concile dont il est ici question , et le rendit le plus nombreux qu'il lui fut possible : il en régla toutes les opérations selon ses vues, et il mit dans ses intérêts les légats du pape et ceux des patriarches d'Orient. H s'y trouva trois cent quatre-vingts évêques.

l^'Sess. Photius y présida. Le cardinal Pierre , légat du pape , fit les compliments de Jean VI 11 au concile , et dit que le pape vouloit tenir Photius pour son frère; ensuite il lui remit les présents que le pape lui envoyoit. Zacharie , évêque de Calcédoine , prenant la parole, fit un éloge flatteur et outré de Photius.

On n'entendoit que les louanges de cet imposteur : on lui donna le titre d'homme divin ; on le loua sur son esprit, sa science prodigieuse, sa modération, sa douceur, son humilité ; et tous les éveques applaudirent à ces éloges. Enfin, dans les acclamations , on nomma Photius avant le pape.

11^ &5.J. 17 novembre. On lut la lettre du pape à l'empereur, traduite en grec, mais altérée danstous les endroits peu favorables à Photius , sans que les trois légats y trouvassent à redire : ainsi on supprima l'ordre du pape , portant que Photius demandât pardon. Le concile dit qu'il recevoit la lettre du pape sur l'union avec Photius, mais non à l'égard de la prétention du pape sur la Bulgarie. On lut la lettre du pape à Photius , mais avec des changements notables, car on y avoit supprimé ce que le pape disoit , que Photius devoît le consulter avant

CON

que de rentrer dans le siège de Constantinople, et demander pardon en plein concile. Les évêques , repondant aux questions du cardinal Pierre, dirent qu'il n'y avoit point eu de violence de la part de Photius, dans sa rentrée sur le siège de Constantinople, et que tout s'étoit passé avec douceur et tranquillité. Ensuite Photius fit sa propre apologie, disant , entr'autres choses , qu'il étoit monté sur le siège malgré lui , et qu'il avoit répandu beaucoup de larmes ; que l'empereur lui avoit fait des instances réitérées pour l'engager à remonter sur ce siège, et le concile dit : il est ainsi. On lut les lettres des patriarches de l'Orient à l'empereur et à Photius. Celle du patriarche d'Alexandrie donnoit de grandes louanges à ce dernier. Celle du patriarche de Jérusalem contenoit les mêmes choses , et tendoit à reconnoître Photius pour patriarche légitime de Constantinople. Tom.

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