PAL
PAR
P/VLKNCIA (C. de) en Castille.
Piilentmum, l'an i38G , par Pierre fie Lune, légat en Espagne pour le pape Clément. Le roi Jean V' y eloit présent , et il s'y trouva trois archevêques et vingt-cinq évoques.
On y publia sept canons, lesquels renouvellent les peines contre les clercs concubinaires et contre les adultères. Les evêques et autres )u ges ecclésiastiques y sont exhortes à corriger les clercs selon les canons. 7'()/« AL Gonc.p. 20G8.
PALME (G. (le )Srnodus PaJmaris.
J'ovfz Rome an 5o3.
■PALEST1ÎSE( C. de ) l'an igft, tenu à Jérusalem par quatorze cvêqucs,à la tête desquels etoit ie célèbre saint Narcisse, evêque ùc Jérusalem , et saint Ti'.eophile , cvêque de Cé.<arée. C'éloit sous le pontificat de Victor. On y traita la question de la p.àque : une partie des fidèles croyoient qu'il falloit faire fuiir le jeiàne de Pâques le quatorze de la lune , quelque jour de la semaine qu'il arrivât , et faire ce même jour la fête de la résurrection : ils s aulorisoient de l'exemple de saint Jean et de saint Philippe anôtres , et de saint Polycarpe , et à autres grands hommes dans l' Asie- Mineure , que l'on disoit avoir suivi cette pratique. D'autres soutenoient qu'on ne pouvoit finir le jeune, et .solenniser l.i résurrection que le dimanche; et cette pratique qui l'a enfin emj>orté etoit aussi fondée sur la tradition des apôtres, c'està-dire de saint Pierre et de saint Paul : il est vrai de dire que l'AsieiMineure etoit seule dans la pratique contraire, et que tout le restede l'Egll-sc , selon le témoignage d'Eusèbe, avoit fixé au dimanche la solennité delà résurrection. On croit que ce concile suivit cette dernière opliion.
Il se tint divers conciles sur ce sujet , et non-seulement dans la Palestine, mais aussi en diversesprovinces, comme à Rome sous le pnfK* Victor, à Ephese , dans le royaume du i'ont , dans l'Osrhoéne en Mésopotamie , à Corinthe , et dans les Gaules sous saint Irénée.
J^e concile d'Asie , tenu à Ephèse sous Polycrate , évêque du lieu et qui jouissoit d'une grande considération , refusa de recevoir ce que les autres avoient décidé. Polycrate écrivit au pape Victor , et témoigna que la tradition de son église etoit fondée sur l'exemple de saint Jean et de saint Philippe apôtres, et sur celui d'autres grands saints, qu'ainsi ils ne pouvoient la changer. Victor, touche de la résistance des asiatiques, menaça de séparer ces églises de sa communion : ce qui déplut à beaucoup d'evêques quiluitemoignerciît leur sentiment , en l'exhortant à conserver l'unité et la charité. Saint Irénée fut de ce nombre : il écrivit à Victor au nom des évêques des Gaules ; il lui expose que fou devoit à la vérité célébrer la résurrection le dimanche , mais qu'on ne devoit pas pour ce sujet séparer de la communion du saint Siège, des églises tout entières : il écrivit encore à d'autres cvêqsios sur le même sujet , et il vint à bout d'apaiser cette dispute, en sorte que chacun demeura dans la pratnjue qu'il avoit reçue de ses prédécesseurs sans y rien changer, ce qui subsista jusqu'au concile général de iNicce. TilL
Kli::.'h. /. 5 C. 2.1. /J. 290.
PAt\iS ( G. de )"ran 3Go , selon la ]>!uscomHiune opinion, sous Julien l'apostat, déclaré vVugu.sle dans Paris au mois de mai decetle année.
Ce concile se tint peu apns (}ne saint Hilaire, qui revenoit de(jonstanti.'iopîe, fat ariiv.' dans les Gaui-i
aïo PAR
les. On y rcjela à sa sollicitation la formule (le Kiniini , drccsée par 1rs ariens, et on s'en tint à celle rie Nicee. Nous avons clans les fragments de saint llilaire, une lettre «le ce concile aux èvêqucs «l'Orient. Les
firelats y rendent {grâces à Dieu , de es avoir delivr(*s eux-m(?mes de l'Iieresie , et de leur avoir fait connoîlre les véritables sentiments des Orientaux. Ils y font une profession ouverte et une exposition trèsclaire de la consubstantialite : ils se rétractent de tout ce qui s'eloit fait par ignorance contre leur devoir à Rimini , promettant d'exécuter tout ce que les Orientaux demandoient d'eux , sous peine de déposition et d'excommunication contre ceux qui y contreviendrolentdans les Gaules, et ils y appellent saint Hilaire le fidèle prédicateur du nom de Dieu.
Dans ce concile, les évoques reconnurent que ceux qui avoient consenti à supprimer le mot ovcrîa, ou substance, soit à Rimini , soit à îNysse en Tlirace , ne l'avoient fait la plupart que sous l'autorité du nom des Orientaux : Vous avez , disent- ils, dans la lettre dont on vient de parler, introduit ce mot autrefois, contre l'hércsie des ariens :
nous l'avons reçu et toujours inviolablement conservé ; nous avons embrassé le mot d'<i;Aooûcjioç pour exprimer la vraie et légitime naissance du Fils unique de Dieu , détestant l'union introduite par les blasphèmes de Sabcllius. Quand nou.s disons, qu'il est d'une même substance , ce n'estque pourexclure la création , l'adoption , ou la simple dénomination.... Nous ne convenons de ressemblance digne de lui , que celle d'un vrai Dieu à un vrai Dieu.... Ainsi connoissant que l'on a abusé de votre simplicité touchant la suppression du mot de substance.... nous révoquons tout ce qui a été fait mal à propos et par ignorance : nous tenoas pour excommuniés Auxence , Ursace et
PAR
Valens, etc. , suivant ladéclaratîow de notie Irere Hilaire.
On tint dans le même temps plusieurs au très concilesdanslestiaulea, par les soins de saint Hilaire de Poitiers, dont il paroît que Dieu se servit particulièrement pour préserver et délivrer l'Occident de l'hérésie arienne. Baron. 35^. § 245. ////.
fra{;. 2. p. I. Po^i. an. 'M}2. n. a3.
PARIS (G. de) l'an 53 1, cire.
tenu par vingt-sept évoques, dont six étoient métropolitains : ils dcpo^ sèrent Saiîarac , éveque de Paris, pour un crime considérable, et ordonnèrent Eusèbe à sa place. Tom.
l . Conc. p. 811.
PARIS (G. de) l'an Say , on y fit dix canons , qui tendent particulièrement à empêcher l'usurpation du bien des églises. 1^ V11I« porte, qxie l'on n'ordonnera point de veque malgré les citoyens, mais celui que le clergé et le peuple aura choisi avec une pleine liberté; qu'il ne sera point intrus par le commandement du prince , ou par quelque pactioa que ce soit , contre la volontc du métropolitain et des evêques comprovinciaux. G<îs canons furent souscrits par qui:ize évêques , dont la plupart sont honorés par l'Eglise conmie sainis, entre lesquels etoient saint Prétextât , archevêque de Rouen , saint Léonce de Bordeaux, saint Germain , evêque de Paris , saint Enphrone , de Tours, etc.
PARIS (G. de) l'an 670, tenu par trente-deux évêques, dont six etoient métropolitaijis. 11 fut assemble par le roi Gontran , pour terminer un diJTerend entre ses deux frères, Chilperic et Sigebert. Promotus , sacré éveque de Ghàteaudun , par Gilles , archevêque de Reim.s, à la réquisition de Sigebert, roi d'Austrasie , y fut dépose ; mais Sigebert le maintint dans ce siège , maigre les évêques qui assistèrent à ce concile. Promotus ne fut chassé de Ghàteaudun qu'après la mort de Sigebert. Tom. /'. Cl. p. 3i8.
PARIS (C. de) l'an 577, tenu dans Péislise de Saint- Pierre. Le roi Cliiiperic y fit déposer Prétextât , arclifVcque de Rouen , par quarante-cinq évoques , pour avoir, disoit-il, favorisé la révolte de son fiis Mérouee. Prétextât fut exilé, et on mit à sa place Mclanius. (jresoirede Tours ne consentit point à cette deposition. Gr,-^'. V. Ilisl. c. ig.
PARIS (C. de) l'an Gi^., composé de toutes les provinces des Gaules nouvellement réunies , sous .•e roi Clotaire. Comme il est le plus nombreux des Gaules jusqu'à ce temps-là, il est appelé général par celui de Reims de l'an 625. Soixantedix-neuf évêques qui s'y trouvèrent, y firent quinze canons. Le premier tend à réprimer l'autorité que les rois s'attribuoientdansl'electioi! des eveques : il porte, qu'à la place d'un evêque mort, on ordonnera celui qui sera clioi.-i par le métropolitain avec ses comprovinriaux, le dérive et le peuple de la ville , et gratuitemetit : s'il arrive autrement , par la puissance de quelqu'un, l'efeciion sera taille. Les autres canons regardent les donations faites à l'Ej^lise.
Le roi Clotaire donna un édit pour l'exécution de ces canons, maisasec quelque modification : car sur le premier il dit , que l'éveque élu par les eveques, le clergé et le peuple, sera ordoinie par ordre du priuce; et que s'il est lire du palais, il ne sera ordonné que pour son mérite. Ces canons et cet edit furent approuvés dans un concile tenu que^jne temps après, dont on ne sait ni le temps précis ni le lieu. Tom. J\ Conc.p.
PARIS(C. de) i'an 825, en novembre. Les eveques y trouvèrent bon que le pape Adrien eût blâmé ci-devant ceux qui brisoient les ima^^es ; mais ils le blâmèrent d'avoir ordonné de les adorer superstitieusement; ils blâmèrent aussi le second concile de Nicee et encore plus celui des iconoclastes, de l'an 754,
PAR 2 1 1
et ils s'en tinrent aux livres carolins.
PARIS (C. de) l'an 829, G iuin, composé de quatre provinces , de Reims, de Sens, de Tours et de Pvouen : on le compte pour le sixième de Paris : il s'y trouva vingt-cinq eveques , outre les quatre métropolitains ci-dessiis. il s'assemblèrent dans l'église de Saint-Etienne le ^ieux, qui ne subsiste plus : elle étoit à l'entrée de la catbedrale, et l'on y donnoit la confirmation : à gauche étoit le baptistère, c'est-àdire nu lieu où etoit saint Jean-le- Rond. Les actes de ce concile sont divisés en trois livres. Le premier contient cinquante-quatre articles, et dont la plupart regardent les eveques. Le second en contient treize, qui regardent les devoirs des rois.
Dans le troisième , les eveques rendent coiiqjle aux empereurs Louis et Lotiiaire, et ils répètent vingtsept articles du premier, en demandant en particulier aux empereurs rexéculion de dix de ces articles. I^e plus important est sur les eut reprises des deux puissances. i.°I)ela royale, en ce que les princes singèrent depuis long-temps dans les affaires ecclésiastiques ; et en ce que les évoques, partie par ignorance , partie par cupidité, s'occupent plus qu'ils ne devroient des alfaires temporelles.
On doit noter que, dans l'assemblée tenue à Aix-la-Cliapelle, sur la fui de 828, l'empereur Louis ordonna la tenue de quatre conciles : savoir, à ]Mayence,à Paris, à Lyon et à Toulouse; mais on n'a que les actes de celui de Paris, dont il est ici question.
Lesévêquesse plaignirent encore, coumie d'un pernicieux abus , que les conciles ne se tinssent plus deux fois par an , selon les canons , et ils ordonnent qu'ils se tiendront au moins une fois. Les eveques , dit ce concile, doivent imiter en tout les exemples des saints Pères , et conserver l'ancien us.ige d avoir avec
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eux des clercs qui ne les quitlcnl jamais ni le jour ni la nuit , afin qu'ils aient toujours des témoins de la pureté de leur conduite. Le concile se plaint encore que les évêqucs s'aljsentent souvent de leurs éi^lises, etc.
Prœf. Tom. VII. C.p. iSq». a.
PARIS (C. de) l'an 847,, i4f<ivrier , tenu pour l'allaire d'Ebbon , que Lothaire, pour se venger de Charles , entreprit de rétablir à Reims plus d'un an après l'ordination de ïiincniar, qu'il savoitêtre fidèle à Charles. Cette entreprise fut inutile : on y confirma les privilèges de Corbie , et vini^t evcques y souscrivirent. Tum. J'III. C.p.'df)-
PARIS (C. de) l'an 849 , en automne , composé de vingt deux evcques desquatre provinces, de Tours, Sens, Reims, Rouen. On écrivit une lettre de reproches à Nomenoi, prétendu roi de Bretagne, sur ce qu'il avoit fait au concile de Redon de l'année précédente. On le blâme, par exemple, de ce qu'il avoit réduit, à son usage, les biens des églises, qui sont le patrimoine des pauvres; de ce qu'il avoit chassé de leurs sièges les evcques légitimes, et qu'il avoit mis à leur place des voleurs et des mercenaires ; de ce qu'il favorisoit la révolte de Lambert, comte de Nantes , contre le roi Charles , etc. lùid. p. 58-
PARIS (C. de) l'an 853, tenu pour l'ordination d'Enée. Saint Prudence de Tours , ne pouvant s'y trouver, y envoya quatre articles contre les pèlagiens, et contraires à ceux d'lIincmar,pourles f^iire souscrire par Enée, avant que de consentir à son ordination. lùid. p.
PARIS (G. de) l'an 1024. On y donna le titre d'apôtre à saint Martial de Limoges. I). 31.
PARIS (G. de) fan io5o, 16 octobre, composé d'un grand nombre d'évêques , en présence du roi Henri I." On y lut une lettre de Berenger , dont le concile fut scan-
PAR
dalise : on le condamna avec tousses complices , de même (|iio le livre de Jean Scot sur 1 cuclinristie, d'où les erreurs que l'oncondauuioit etoient tirées -.eton déclara que si Rèrengcr ne se retractoit avec ses sectateurs , toute l'armée de France, ayant le clergé à la lele, en habit ecclésiastique, iroit les chercher, quelque part qu'ils fussent, et les assiéger jusqu'à ce qu'ils se soumissent à la foi catholique, ou qu'ils fussent pris pour être punis de mort. Tum. lA.
Conc. p. 1062. FI.
PARIS (C. de) l'an iio4, 2 décembre. Lambert , èvêque d'Arras, qui avoit été chargé par le pape de donner l'absolution au roi Philippe, se rendît en ce concile. En conséquence, ce prince vint dans l'assemblée, nu-pieds, et avec de grandes démonstrations irhumilité : il toucha les Evangiles, et promit, par serment, de n'avoir plus de commerce criminel avec Rertrade, et de ne la voir jamais qu'en présence de témoins non suspects. Rertrade fit le même serment, et ils reçurent l'absolution de l'excommunication.
T. X. C. p. "iLl. FI. ho. Carn.
Ep. 35.
PARIS (C. de) l'an 1129, tenu dans l'abbaye de Saint-Germaindes-Pres, en présence du roi Louisle-Gros. On y parla de la reforme de plusieurs monastères, et en particulier , de celui d'Argenteuil , dont on dispersa les religieuses, pour y mettre des moines de saint Denis.
PARIS (C. de) l'an 1147 , après Pâques , par le pape Eugène 111 , assisté (le plusieurs cardinaux et d'un grand nombre de savants hommes.
On y examina les erreurs de Gilbert de la Poirée , evêque de Poitiers , sur la Trinité. Celles dont on l'accusoit principalement étoient de dire que l'essence divine n'est pas Dieu ; que les propriétés des personnes divines ne sont pas les personnes mêmes; que les personnes divines ne sont attribut enaucuneproposition;
PAR
enfin que la nature divine ne s'est pomt Incarnée , mais seulement la personne du Fils, etc. Saint Berna rd, qui assista à ce concile, disputa contre Gilbert : mais le pape remit la décision, sur cette dispute, au concile qu'il devoit tenir l'année suivante, /'.le concile de Reims, an II 48. 7'. V. C. p. n5o. rfiiai.
PARIS (G. de) l'an ii85. Philippe Auguste y ordonna à tous les prélats assembles à Paris d'exhorter tous ses sujets de faire le voyaj^e de Jérusalem pour la défense de la foi.
PARIS ( Assemblée à) pour la croisade , l'an ii88 , 27 mars , composée des prélats et des seigneurs du royaume. Philippe Auf;usle y ordonna que chacun donneroit, pendant cette année , la dîme de ses revenus et de ses meubles : celte dîme fut appelée la décime saladine.
PARIS (G. de) l'an iigG, composé de deux légats, avec tous les evC-ques et les abbes du royaume , ])0ur examinerlavaliditc du mariage de Philippe A tiguste avec Ingelburge do Dancmarck. On n'y décida rien ; la crainte ayant empêche d'agir sur le vrai sujet de la légation et du concile. J). M.
PARIS (G. de) l'an 1201. Octavieil, légat, avec les cvêques du royaume , convainquit d'hérésie Evraud de îsevers , qui fut conduit à ÎSevers même , et brûlé publiquement, au grand contentement du peuple, qu'il avoit auparavant opprimé, étant gouverneur de la terre de ce comté.
PARIS (G. de ) l'an 1210. On y condamna les erreurs d'Amauri , mort depuis peu ., et quatorze de s*es disciples à êlre brîilés le 20 décembre. On y condamna aussi au feu les livres de la métaphysique d'Arislole, apportes à l'aris, et traduits du grec en iatiu, avec defcu.se de les transcrire, de les lire , on retenir , sous peine d'excommunication.
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PARIS (G. de) l'an 1212. Robert de Gourçon , cardinal et légal , ({ue le pape innocent avoit envoyé en France pour prêcher la croisade, y publia plusieurs constitutions pour la reformation de la discipline , i.o dans le clergé séculier, 2.° dans les monastères des religieux. S." dans ceux des religieuses , 4" parmi les prélats. Défense aux cures de prendre la ferme d'autres cures, ou de donner à ferrie les leurs. Le cure est nommé le propre j>re'tre dans un article de ce concile. Les prêtres ne se chargeront point de tant de messes qu'ils soient obligés de s'en décharger sur d'autres pour de l'argent.
(>uant aux religieux , le concile défendit d'en recevoir avant l'âge de dix-huit ans : il ordonna de murer les petites portes des monastères.
Lorsque les supérieurs leur permettront quelque voyage , ils leur donneront de quoi le faire, afn qu'ils ne soient pas réduits à mendier, à la honte do leur ordre.
Gomme les religieuses n'étoient pas encore daiis une clôture exacte, on défendit de laisser auprès d'ell es des clercs on des serviteurs dont on pût a'\oir du soupi^on. On enjoint aux évêques de réduire le nombre des religieuses, suivant les facultés du monastère. A l'égard des prélats, on leur recommande la modestie et la gravité dans leurs habits et dans tout leur extérieur ; on leur défend de s'occuper d'afialres temporelles, pendant le service- Ils ne prendront rien pour leur sceau, ni pour le rachat des frais de visite, lorsqu'ils ne visitent point, ni pour souffrir aux prêtres leurs concubines, ou pour dispenser les beneficiers de recevoir les ordres , ou pour la dispense des bans de mariage. On défend la fête des fous , ce qui marque c|u'elle n'étoit pas encore abolie ; c'etoit une rejouissance profane qu'on faisoit dar.s l'église cathédrale le premier jour de janvier, et où l'on conimelloit plu.'iieurs excès, noti-
seulement en paroles sales et bouffonnes, mais, en actions criminelles, jusqu'à cflusion de sang. Cette Icte avoit déjà été défendue, sous pciue d'excommunication , par le légat Pierre de Capouc, envoyé en Yrancc l'an iigo ; et sa défense fut confirmée par une ordonnance d'Eudes de Sulli , évêque de Paris. Tom.
XL C.p.57.
PARIS (C. de) l'an i2i5,aout.
Robert de Courçon v fit des règlements pour les écoles ae Paris. D. 31.
PARIS (C. de) l'an 12 13, par le cardinal Conrad, évêque de Porto, légat en France contre les albigeois.
Idem .
PARIS (C. de) l'an i225,par xm légat qui traita avec Louis ^ 111 dcsaflaires d'Angleterre et des albigeois. En conséquence Louis cessade poursuivre ses droits contre les Anglois , et marcba contre les hérétiques. Id.
PARIS ( C. de) l'an 1226, 28 janvier. Ce concile est appelé national : il fut tenu par Louis VUI, et le légat romain ; celui-ci , de l'autorité du pape, y excommunia Raimond, coniie de Toulouse et ses t'omplires : et confirma au roi et à ses lioirs, à perpétuité, les droits sur les terres de ce comte, comme d'un hérétique condamne. Amauri , comte de Montfort, et Gui son onde, cédèrent au roi tous les droits qu'ils avoient sur les terres du comte de 'l'oulouse.
Le 20 mars de la même année le roi convoqua encore à Paris uncon- ( ile ou parlement : 11 y traita amplement avec le légat, les évrques et les barons, de l'affaire des albigeois, et lit ensuite expédier des lettres pour mander à tous ceux qui lui dévoient service de guerre de le venir trouvera Rourges Iciymai.suivant.
PAR! S et d'abord de Meaux ( C de )i'an 1229. Raymond , comte de Touiouse , y fit sa paix avec l'Eglise el avec le roi , par un traite signé à Paris au mois d'avril avant Pâques.
PAR
PARIS (C. de )l'an 1 256, par Henri , archevêque de Sens, et cinq autres évêques ,au sujet du meurtre du chantre de l'église de Chartres.
En ce concile , le maître de l'ordre des frères prêcheurs se plaignit que quelques séculiers, docteurs en théologie, avoient enseigné et prêché publiquement plusieurs faussetés et plusieurs erreurs contre les bonnes mœurs, que quelque.s-uns tournoient au préjudice de leur ordre.
Les prélats appelèrent Guillaume de Saint- Amour et I^urent , tous deux docteurs-régents en théologie à Paris, et ils demandèrent à Saint- Amour , si la plainte des frères prêcheurs etoit fondée : il le nia , et dit qu'il étoit prêt à soutenir ce qu'il avoit prêché , s'il étoit vrai , et de le rétracter s'il méritoit correction.
Ensuite le même Saint-Amour supplia, au nom de l'université, les prélats, de s'informer des périls dont l'église gallicane étoit menacée par les faux prédicateurs et de prendre soin de les éloigner. H composa à cette occasion un écrit intitulé :
J)is périls dis derniers temps , dans lequel il attaque vigoureusement le.s frcres prêcheurs, et sans aucun ménagement. Son livre echaulla encore plus la querelle : en sorte que saint Louis , pour apaiser cette affaire , envoya a Rome des docteurs pourfaire examiner le livre de Saint- Amour. Mais le pape Alexandre IV se declaraentièrement pour les frères prêcheurs et mineurs contre l'université. FI
PARIS (C. de ) l'an 12G0, 21 mars, par ordre du roi saint l>ouis, pour nnpiorer le secours du ciel contre les conquêtes des Tartares.
11 fut ordonne qu'on feroit des processions, qu'on pnniroit les blasphèmes, que le luxe des tables et deshabits seroit réprime , les tournois défendus pour (\c\\x ans , et tous les jeux , hors les exercices de l'arc et de l'arbalète.
PARIS ( C. de ) l'an i2f.i, lO
PAU
avril. On y renouvela , pour se prémunir contre les Tartares, tout ce oui avoit été résolu au concile de 1 année précédente. D- -î/.
PARIS ( C. de ) Tan 1264, G août. Simon de Brie, cardinal, y présida ; et saint Louis, de l'avis de toute l'assemblée, y iit publier une ordonnance tres-severe contre les jurements et les blaspbemes. On croit que le légat obtint dans ce concile la décime sur le cierge de France, sans laquelle Charles d'Anjou ne vouloit pouit entreprendre la conquête du royaume de Sicile. Tom.XI. Conc. p.
"paris ( c. de) Tan 1281, en décendire, composé de quatre arclievêquei et de vingt evêques. lis s'y plaignirent des religieux mendiants, qui prêchoientetentendoient les confessions malgréeux dans leurs diocèses , sous prétexte qu'ils avoient pour cela des privilèges des papes.
Guillaume de Màcon, eveque d'Amiens, soutint, par les autorites du droit , que ces privilèges n'avoient point déroge au décret du concile de Latran- En effet, ou trouve une bidle de Martin IV, du xo janvier î 200, qui confirme à la vérité ces privilèges aux frères mineurs, mais avec cette clause : îsous voulons que ceuxquiseconfesseront à ces frères, soient tenus de se confesser à leur cnré, au moins une fois l'année, suivant l'ordonnance du concile ( de Latran) et que les frères les y exhor- U nt soigneusement et efficacement.
/. uhoular, T. III. p. 4-65.
PARIS ( C. ou assemblée de) cnmpoït-e des seigneurs et des pre- !:its de France, l'an 1002, le 10 avril. Voici quelle en fut l'occasion. Le roi Phllippe-Ie-Bel, ayant fait mettre en prison , l'année précédente , Jsernard deSaisset, premier evêque dePamiers, le pape Boniface Vlll s'en plaignit au roi par uneleliredu 5 décembre de la même année, et il lui envoya en même temp^Ia bulle Auscolia,^/i, où il s'applique ces pa-
PAR 2i5
rôles de Jérémie : Ecce conslitui le hodic super gcntes et super refîna , ut ei'el/as et Jeilruas , et disperdas et dissipes, et arii fiées et plantes. Ensuite il dit au roi ces paroles remarquables : Ne vous laissez donc point persuader que vous n'ayez point de supérieur, et que vous ne soyez point soumis au chef de la hiérarchie ecclésiastique : qui pense ainsi , est un insensé , et qui le soutient opiniâtrement est un infidèle séparé du troupeau du bon pasteur.
Philippe-le-Bel, surpris et troublé de cette bulle, assembla les seigneurs et les prélats à iSotre-Dame de Paris : il y fit des plaintes contre le pape et sa bulle qu'il fit lire. Les seigneurs en écrivirent aux cardinaux une lettre très-forte, où ils se plaignent de ce que le pape prétend que le roi est son sujet, quant au temporel, et qu'il le doit tenir de lui : au lieu que le roi et tous les seigneurs ont toujours dit, que pour le temporel, le royaume ne relevé que de Lieu seul. Ils ajoutent : Nous disons avec une extrême douleur, que de tels excès ne peuvent plaireàaucun hommedebonne volonté; que jamais ils ne sont venus en pensée à personne , et qu'on n'a pu les atlendre que pour letem.psde l'anfeclirist:etquoique celui-ci dise (pTil agit ainsi par votre conseil, nous ne pouvons croire que vous consentiez à de pareilles nouveautés, ni a de folles entreprises: c'est pourquoi nous vous prions d'y apporter tel remède que l'union entre l'Eglise et le royaume soit mainlenue, etc.
Cependant le roi voulant avoir la réponse des prélats, ceux-ci s'efforcèrent d'excuser le pape, et exhortèrent le roi à conserver l'union qui avoit loujoursete entre l'Eglise romaine , ses prédécesseurs et luiluême ; mais on les pressa de repondre sur-le-champ, «ton leur déclara que si quelqu'un paroissoit être d un avis contraire il seroit tenu jiour ennemi du roi et <lu royaumCt
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Dans cet omijarras , ils crurent devoir ticrirc au pape. I^eur lellrc est moins forte que celle des barons :
ils exposent a iioniface, que dans réniolion où sont les choses, ils y voient la porte ouverte a une rupture entière avec l'Kglise romaine:
nous vous supplions lalarnie à l'œil, disent-ils, de conserver l'ancienne union entre ri^lise et l'état : et de pourvoira notre sùrete, en révoquant le mandement par lequel vous nous avez appelés à r\onie,etc. , car le pape auroit voulu luj^er cette affaire avec eux ; ce que le roi et les barons déclarèrent qu'ils ne souffriroient en aucune sorte.
les cardinaux repondirent aux scie;neurs français, que le pape n'avoit jamais écrit au roi qu'il dût reconnoître tenir de lui le temporel de son royaume : désaveu remarquable, dit M. de Fleury, qui a joute; mais le lecteur peut juj^er, s'il est sincère : car le pape dit dans sa réponse aux cvcques : Ne s'efîorcet-on pas d'établir deux principes, quand on dit que les choses temporelles ne sont point soumises aux spirituelles; et il les blâme di' ce que les puissances temporelles l'ont emporté sur eux, etc. //.
PAlvlS (Assemblée du Louvre, à) Tan i3o3, le 12 mars. Le roi Philippe-le-Bel y fut présent avec plusieurs seigneurs : les archevêques de Sens et de Narbonne, les évoques de Meaux, de Ne vers etd'Auxerre, s'y trouvèrent; ainsi que Charles, comte de Valois, et Louis, comte d'Evreux, frères du roi, et llobert , duc de Koursogne , avec plusieurs autres seigneurs. Guillaume de Nogaret y présenta une requête au roi contre le pape Boniface, qu'il accusoit de n'être point pape, d'être hérétique manifeste et simoniaque, en le chargeant de crimes énormes : enfm il prioit le roi, et tous les assistants de s'employer pour faire convoquer un concile général , où on put le condamner et
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meiire un autre eu sa place; il s'offroit de prouver son accusation devant le concile. Dijférendde Philip, etc. p. 5'i.
PAHIS (assemblée du Louvre à) l'an i?)o3, le i3 juin, tenue dans la chandjredu roi, où se trouvèrent plusieurscvcques et abbés^ plusieurs seigneurs et autres nobles. Lecomte d'Evrenx, Louis, frère du roi; Gui comte de Saint-Paul; Jean comte, de Dreux, se déclarèrent parties contre le pape Boniface, disant que l'Eglise étoit en grand danger sous sa conduite, attendu qu'il étoit coupable d'hérésie et de plusieurs autres crimesdetestables. Guillaume du Piessis y présenta une reipiête contre Boniface , qui contenoit vingt-neuf articles; on y disoitentr'au très chefs, il ne croit point que le corps de Jésus-Christ soit en hostie consacrée; et il lui rend peu ou point de respect ; le bruit commun est qu'il dit, quela fornication n'cot pas un péché :
il a prêché publiquement que le pape ne peut commettre de simonie : on dit hautement qu'il est simoniaque , etc. Le même du Plessis .s'offrit (le prouver tous ces faits au concile général ou ailleurs. J.,e roi y appela lui-même, et prétendit y assister en personne : il appela encore aii concile de toutes les procédures que pourroit faire Ijoniface. Les prélats au nombre de trente-sept , formèrent aussi leur appel, portant les mêmes clauses, auxquelles ils ajoutèrent,qu'ils y etoient contraints par uneespece de nécessite, elqu'ils ne vouloient point se rendre parties.
Depuis ce jour jusqu'au mois de septembre inclusivement , le roi obtint plus de sept cents actes d'appel de consentement et dadhesion du chapitre et de l'université de Paris, desevêques, des chapitres de cathédrales et de collégiales, des abbés et religieux de divers ordres , même des frères mendiants et des comnniiiautes des villes.
Le pape Boniface ayant appris ce
qui s'e'tolt passiî a Pari> di^puls le 12 mars jiisqu'à la salut Jeaa , publia i)iuj;icars biiUes datées du i5 août i[ioj. 11 conclut la première en menaçant le roi et ses adhérents de procéder contre eux en temps et lieu selon qu'il sera expédient. La seconde porte , que les citations laites par le pape dans la salle du palais, et ensuiteaflicheesaux portes de la Jurande enlise du lieu ou réside la cour de Home, vaudront comme si elles avoient été faites à la personne citée , au bout d'un Ir mps proportionné a la distance des l'iuix.
La troisième est contre (ierard , archevêque de Nicosie en Clivpre , (|ui etoit un des appelants avec i'h'ilippe-le-iiel. La quatrième suipend ious les docteurs, jusqu'à ce que le roi se soumette aux ordres de l'E- :;li5e, déclarant nulles les licences qu'ils donneront au préjudice de cette défense Enfui, par une dernière bulle, le pape réserve à sa disposition tous les evèchés et toutes les abbayes de France, qui vaqueront, jusqu'à ce que le roi revienne a l'obéissance du saint Sié2;e.
i»oniface composa même une dernière bulle qu'il vouloit publier le 8 de septembre , oà il disoit , <iue comme vicaire de Jesus-Christ, il a le pouvoir de i^ouverner les rois avec la verj^e de fer et de les briser comme des vaisseaux de terre, etc.
il la concluoil en disant que le roi avoit manifestement encouru les excommunications portées par plusieurs canons : ses vassaux et tous .-^es sujets y étoient absous de la iidelilc qu'ils lui dévoient même par serment ; et nous défendons, ajoutolt le pape, sous peine d'anatheme, de lui obéir et de lui rendre aucun service. iMals la veille que cette bulle devoit être publiée, Guillaume de No^aret arriva en Italie avec (les troupes, lioniface en ayant (MI avis, se revêtit de ses habits pontificaux , mais cela n'emiiêcha pas iMo;;arel de s ; saisir de sa per
PAU 217
sonne , et de le tenir à la e,ardc des Fran<;ais, depuis le samedi jusqu'au lundi g sejdeiiîbre, ([ii'il en fut retire par les habitants d'A^^uauie , lesquels se repentant d'avoir abandonne le pape, le délivrèrent des main? des Français.
iioniface partit aussllôt d'Ai^nanle pour Pvome, où il |)icteiidolt assembler un concile pour se ven- ;;er du roi de France; mais le chat;rin et le desespoir de la confusion qu'il avoit essuyée lui causèrent une violente fièvre dont il mourut le 11 octobre i3o3.
Benoit XI son successeur termina cette triste alïaire, en pape vraiment pacifique, en accordant au roi Piiilippe l'a'osolulion des censures, qu'il n'avoit point demandée, mais qu'il avoit ordonné à ses envoyés de recevoir si on la lui oflroit , et en remettant toutes choses en France, dans le même état qu'elles etolent auparavant. Il donna sur cette paix dillerenles bulles des mois d avril et de mai i3o4.- Dans l'une il absout ceux qui avoient eu part a la prise deBoniface, et il n'en excepte que Nogaret, dont il se reserve l'absolution. Clément V donna aussi une bulle du premier juin 1807, où il dit : jNous révoquons et annulons toutes les sentences d'excommunication, d'interdit et autres peines prononcées contre vous, etc. il absout Guillaume de Noj^aret et I\enaud de Supino, qui avoient pris 5)0nlface, pourvu qu'ils se soumettent à la pénitence qui leur sera imposée par trois cardinaux qu'il nomme. F. Vienne. I^'jf- de Pliiliy}!.
elc. p. 10 1. et srq.
PAfllS ( C de) l'on i;'.io, pir Philippe de jMarii;ni , archevêque de Sens. {)n y examina les causes des templiers en particulier , et tout considéré , on décida <jue quelquesuns scroient simplement dcchar;.;es de leur ent^a^ement à l'ordre ; d'autres renvoyés en liberté après avoir accuiupli li pcullcuccqui leur
2i8 PAR
c'toit enjointe; (raulres^^nnlc's éfroitemciil en pri-son; plusieurs crifernies pour toujours ciilre quatre murailles; quelques-uns comme relaps , livres au bras séculier après avoir ete dégrades par Tevcque, s ils eloient dans les ordres sacrés , ce qui fut exécute On en brûla cinquante dans les cliamps, près l'abbaye Saint-Antoine , dont aucun n'avoua les crimes dont on les acrusoit ; mais tous soutinrent jusqu'à la fin qu'on les faisoit mourir injustement, de quoi le peuple fut extrêmement frappé, foyez le conc.
de Senlis. C. ÏSan^is. p. 63- Uulaz.
Tom. I. p. 16. 71.
PARIS (G. de) l'an iSi^Jey mai et suivant, par Philippe de Mari;;ni, archevêque de Sens. Ce concile est qualifie provincial : on y lit un décret de trois articles. Il y est dit que les cures de la province admonesteront et requerront ceux qui retiennent des clercs dans l'étendue de leurs paroisses , de les rendre incessamment à leurs ordinaires, et que s'ils ne le font, les curés les dénoncerontexcoinmunies.
T. X- Conc. p. 1G02.
PARIS (G. de) Tan iSa^ , 3 mars. Guillaume de Melun, archevêque de Sens , y publia un statut de quatre articles, répète presque mot pour mot du concile de la même province , par le même prélat , en i320. Il y ordonna que chaque évêf!ue exhortât son peuple à jeûner la veille du saint Sacrement, et 11 laisse à la dévotion du même peuple la procession qui se fait aujourd'hui solennellement le jour même; car dans la bulle d'Urbain IV, pour 1 institution de cotte fête, il n'est parle en aucune manière de la proc-^ssion : celle-ci s'est introduite par la dévotion des peuples en quelques églises particulières : d'où elle s'est étendue à toutes les autres. Ihli.p.
PARIS ( G. do) fan ï3U,par îe même archcvê-juc do Sens , et
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cinq évêques, depuis le Q mars jusqu'au 14. On y ht treize canons, dont le premier se plaint q te les j-uges séculiers font de jour en jour emprisonner, mettre à la question , et même exécuter à mort des ecclcsiasli(iues ; maisonnedit pointqu'ils soient innocents , on se plaint seulement, que c'est au préjudice delà juridiction ecclésiastique. Les autres canons regardent les biens temporels de l'Eglise. Ge concile iinit par l'indulgence de Y Juj^dus , accordée à ceux qui le disent à la lia de la journée, par une bulle de Jean XXll , du 7 mai i327. Ib. c. 1711.
PARIS (G. de) CONCILE NATIO- NAL de France, l'an iSgS, compose de deux patriarches : celui d'Alexandrie, administrateur de celui de Garcassonne, et celui de Jérusalem , administrateur de l'église de Saint-Pons, de sept archevêques, de quarante-six évoques, de neuf abbés, de quelques doyens, et degrand nombre de docteurs qui sont tous nommés. On y délibéra, par ordre du roi Gharles VI , sur les moyens de faire cesser le schisme que causoit dans l'Eglise Pierre de Lune, dit Benoît XIII, et Robert de Genève , dit Glement VII. Simon de Gramaud, docteur célèbre et éloquent,presidoitau concile, qui dura un mois. Le très-grand nombre conclut , le 2 février , que la cession des deux papes contendants étoit la voie la plus courte et la plus propre pour parvenir à l'union si nécessaire et si désirée. Les nonces du pape Benoît, qui etoient alors à Paris, obtinrent du roi qu'on renvoyât au pape la dernière décision du concile, et on envoya à Rome, enambassade, les ducs de Barri, et de Bourgogne, oncles du roi, arec une instruction dont le premier chef étoit qu'il ne falloit point procéder par voie de fait , parce qu'elle attireroit des guerres, et qu'il failoit prendre celle •le la cession. L'instruction entre dans le détail pDui pouvoir execu--
PAR
1er crltc derincrevoie, et elimui autre pape. Jd.p. 25i5.
PARIS (C de) NATIOîsAL, l'an i3g8, convoqué par le roi Cliarlcs M , le 22 mai. Il s'y trouva , avec le patriarche il"AleyandrJe,onze archevêques , soixante évoques , soixantedix aLbes.soixante-liuit procureurs de chapitres, le recteur de l'université de Paris , les députes des universités d'Orloans, d'Ani;f'rs,de Montpellier et de Toulouse , outre un trcs-grand nombre de docteurs en théologie et en droit : Simon de Gramauden fit l'ouverture.
Dans la deuxième séance , qui se tint au mois de juillet . on convint que le meilleur moyen de mettre le pape Benoît à la raison , etoit de lui ôter. non-seulement la collation des bénéfices , mais tout exercice de son autorité, par une soustraction entière d'obéissance ; et , pour cet ctTet , le roi en donna des lettres patentes, le 27 juillet, qui furent dressées par Arnaud de Corbie , enrei^istrees nu parlement le 2g août suivant , et publiées à Avi2;non , où se tenoit Benoit XIII , au commencement de septembre. Cette soustraction dura jusqu'au 3o mai ^l^o6 ; crr le roi la révoqua ce jourla et restitua, pour lui et pour son royaume, une vraie obéissance au pape Benoît XllI. Ce pape pretendoit d'abord disposer de tous les bénéfices qui avoient vaque depuis la soustraction ; mais le roi ordonna que tout ce qui avoit été fait pendant cette soustraction , quant aux provisions des bénéfices, demeureroit en sa force et vertu par sa déclaration du 19 dectmbie, la mt^me année. Spicil. Tant. / 7. p. iSy. La- Lour. /^65.
PARIS (C. de) l'an i^o^, 21 octobre. On y arrcta huit articles pour la conservation des privilèges pendant le schisme, ^oici le premier. Les moines deCluny et de Cîieaux, et tous les autres exempts, tant ré{?uHers y\\\v séculiers , proco
PAR iig
deront a l'ordinaire dans Ieurj;ouvernement , (tiiime ils laisoient avantla neutralité ; maislesexeiujits, qui n'ont point de supérieurs audessous du pape, seront confirmés par leveque diocésain. 7cm. \1. C-
PARIS (C. de) l'an i4of;,ro^r.lLE N.^lIONAL, compose de tout le <lerge de France, et tenu pour terminer le schisme : on re.'^onit de demander la convocation d'un coiuile i^encral, et de se soustraire à loheissancedupape riCnoîtXlII. Cette soustraction fut faite If 7 août, en tant que ce prpe touchoit aux finances, et il (ut défendu de porter aucune somme hors du royaume ; mais dans la séance suivante, qui fut à la saint INIarlin , les ihrolo^^iens et canonistes y parlèrent, les uns pour Benoît, les autres contre ; ensuite Simon de Cramaud, cvt-que de Poitiers : enfin, le 20 décembre, dans la dernière séance, Jean Juvciial des L'rsins , avocat du roi , adhéra a la demande de l'université pour la convocation d'un concile, et la soustraction entière d'obéissance à Benoît : on en vint aux opinions, et l'un et l'autre point fut résolu.
Gret^oire Xll et Benoît Xill se promirent alors par lettres de céder le pontificat , sans avoir envie ni l'un ni l'autre de le céder en eUet , quoique toute l'Ef^lise le souhaitât peur finir le schisme dont elle étoit désolée.
En 14.08 , Gre;;oire XIÎ ayant (reé quatre cardinaux malgré les anciens, ceux-ci se retirèrent >!c son obédience, et en appelèrent a luimême, à Jésus-Christ et au concile gênerai , où l'on avoit , disoient-ils , coutume d'examiner et de juger toutes les actions , même des papes.
Ils en appelèrent encore au pape futur , auquel il apiiartenoit de reformer ce que son prédécesseur avoit mal fait , et ils proteslrrent (ontre tout ce qui pourroit cire fait ou attenté à lt»;r préjudice pendant le
2?.o PAR
roiirs (le cette appcllalion : mais <j icj^oirenedefera point. à cet appel.
U'iiue autre part, J>eiioîtXlIl donna une bulle où il exconiiinuiia tous ceux, (le quelque coiidilitn qu'ils fussent , lurnic rois ou princ os , qui rejetoient la voie de la conférence pour reunir iKi^lise, tous ceux qui approuvoient la voie de la cession, tous ceux qui ne pensoient pas comme lui, etc. Cette bulle fut ccn- «îanuiee à Paris , et lacérée , comme blessant la fci , séditieuse et injurieuse à la niajeste royale ; et Pierre de Luue déclaré schismalique , opiniâtre et même beretique, perturbateur de la paix et de l'union de lEiçlise ; défense de l'appeler Pcnoît, ni pape, ni cardinal, et à toute personne de lui obéir, sous peine d'être fauteurduscbisnie,etc. C'est ce que le docteur Jean Cour^ tcc\iisse prononça au nom de l'université, le 21 mai i4o8, en présence du roi et di's princes. Labour. Soy,
PARIS (C. de) l'an i4o8,CO>;- «ILE NATIONAL, depuis le II août jusqu'au 5 novembre. On le convoqua pour délibérer sur le i;ouvernemcnt de l'E^i^lise et sur la provision des bénéfices. D'abord , on y i.t la déclaration des fauteurs et adbérents de Pierre de Lune. Ensuite on y dressa un j;rand nombre d'articles sous le nom d'avis , sur la manière dont l'eglisc gallicane se devoit j;ouverner pendant la neutralité.
C'est un rciAlement provisionnel qui roule sur cinq cbefs. i.° Sur 1 absolution des pecbés et censures réservées au pape , pour lesquelles le concile j»crmet d'avoir recours au pénitencier du saint Sicge, ou, ^1 on ne le peut , de s'adresser à l'ordinaire. 2.° Sur les dispenses des i rre;j;u!a rites , et ce qui a rapport au mariage. On y dit qu'il faut sadrrsser aux conciles provinciaux, «■M qui le concile reconnoît le pouvoir de les terminer, comme le pape les termineroit, s'il ) tu avoit un reconnu dans l'Eglise. 3.» Sur l'ad-
PAR
ministration de la justice, pour les quel sujet les arclievêques tiendront un concile tous les atis avec leurs suilraganls ; et les r( ligienx tiendront les leurs selon la forme de droit. 4-° Sur les appellations , à l'égard desquelles en suivra les degrés de juridiction, d'abord devant les ordinaires, c'est-à-dire de l'archidiacre à l'évêque, de l'evêque à l'archevêque, de l'archevêque au primat , et s'il n'en a point , au concile provincial. En cas d'appel , et en attendant la tenue du concile, le doyen des evêqucs pourra donner à l'excommunie l'absolution ad cauiclam. 5." Sur la collation i\es bénéfices, il est dit que les élections «les prélats se feront, suivant les règles de droit , sans violence ou autres ('i;freprises de la part des séculiers ; que celles des évêques seront confirmées par les métropolitains ; celles des archevêques par les primats , ou par le concile des évêques de la province. A l'égard des élections des abbes des monastères, même exempis, elles seront confirmées par les ordinaires.
Les collations des autres bénéfices se feront par les ordinaires , et les réguliers seront nommes dans le rôle de l'université comme les séculiers. En un mot, toutes les affaires qui etoient portées au saint Siège le seront au concile de la province.
Cl " Tous les revenus des bénéfices de France, possèdes par ceux qui sont au service de Pierre de Lune , seront saisis et mis entre les mains du roi, pour être emploies à procurer l'union. Il est dit à la fn que ces règlements sont faits , sauf les droits de la couronne et les libertés de l'église gallicane, sauf aussi le res pect dû au saint Siège apostolique, et au pape futur légitime , c/oir «t)« errante. Tom. XI. Co'ic . p. 2820 Spial. p. iGi. Jlloine Saint Dtius. /. 28.
PARIS (C. de) Tau li^g, du
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premier mars au 23 avril , par Nauton , archevêque tle Sens ; les évoques de Chartres, de Paris, de Meaux et de Troyes; ses suffrat^ants s'y trouvèrent avec les procureurs des evêques d'Auxerre et de Nevers. Il y eut un grand nomlire d'ahbes, de prieurs conventuels, d'ecclésiastiques séculiers et réguliers , de docteurs et de membres de l'université de Paris. On y dressa quarante reniements touchant les devoirs et les mœurs des eclesiastiques , des moines et des chanoines réguliers , la célébration des mariages et les dispenses des haiis : voici les plus remarquables.
Le premier ordonne aux chanoines et autres clercs des églises de célébrer l'office divin d'une manière édifiante , de chanter les psaumes modestement, en faisant une pause au milieu des versets ; qu'un coté du chœur ne commence point que l'autre n'ait fini, sous peine d'être prives de la rétribution. Le quatrième exhorte les clercs d'être tin modèle de pieté et de régularité à tous les iideles , à ne point s'acquitter de leurs fonctions avec nonchalance , a ne point accepter de bénéfice pour le revenu.
Le huitième interdit l'entrée de l'Eglise pour trois mois aux évoques qui eleverontau sacerdoceceux dont la vie ne seroit pas réglée , et qui ne sauroient pas lesepîtres, les évangiles , et le reste de l'office : il veut que les curés ne soient choisis que sur le témoignage que Tonreiidra de leur pieté : on ordonne aux evêques et autres prélats, d'avoir avec eux unou deux savants tlieoiogleiis pour les aider de leursconseils et de leurs lumières. On ordonne aux cures d'exhorter leurs paroissiens à s£ confesser aux cinq grandes solennités de l'année, Pâques, la Pentecôte, rAssomption , la Toussaint et ^ioël, outre le commencement de l'année.
Les abbés, abbesses, prieurs des ordres de saint r>ennît et de saint
PAR 22 1
Augnsîin (iomlront leur chapitre tous les ans, et feront rendre compte troisfois l'année à leurs economesde la recette et de la dépense des revenus de leurs monastères. Le concile prescrit une exacte modestie aux religieuxdans leurs habits, leursgeslcs et leurs démarches. On ne pourra rien exiger pour ceux qui entrent dans le monastère, sous quelque prétexte que ce soit : on permet seulement de recevoir ce qui seradoimé volontairement par les parents.
11 y aura dans chaque monastère des maitres propres a instruire les jeunes religieux , afin qiriis soient en état de lire et d'entendre l'Ecriture sainte , dont la m.editation , dit le concile , fait croître la pieté. Les evêques ne souffriront point dans leur diocèse des clercs incontinents, et ils les priveront de leurs bénéfices. L'entrée du sanctuaire doit être interdite aux laïques pendant qu'on célèbre les saints mystères. 7'om.
XI ! . Conc.p. 872.
PAI\1S (C. de) Tan 1028. Dejîuis le 3 fevrierjusqu'au 9 octobre.
Ce concile se tint dans l'eglipe des grands augustins : le cardinal du Prat , archevêque de Sens et chancelier de France, y présida, assisté de SIX evêques ; ses suUragants; savoir, Chartres, Auxerre, Meaux, Paris, Orléans , Nevers et Troyes.
On s'y proposa deux objets, la condamnation des erreurs de l>uther, et la reformation delà discipline. On fit sur le dogme seize décrets qui embrassent la plupart des points qui furent décides depuis dans le concile de Trente.
Le premier déclare (jue l'Eglise ne peut tomber dans aucune erreur sur la foi , et touchant les mœurs , étant la colonne et le soutien de la vérité. Le second, qu'elle estime, sainte, infaillible, indéfectible , visible. 3.° Qu'elle est représentée par les conciles géiu'raux, qui ont le pouvoir de décider les articles qui regardent la foi, Textlrpalion dea
aî3 PAR
f.('re>iCb , et la rerorr.^ation des nuEiirs. 4 " Qiio (.'est a ciln qii il appnr lient (le marquer Tan thon licite des livres canoniques , et de distinguer leur véritable sens. 5/' Que les traditions apostoliques sont certaines et nécessaires, et que l'on doit croire et observer les choses qu'on a reçues par cette voie. 6.'^()uc 1 on doit se soumettre avec respect aux constitutions et aux usaj^e^ de TEgiise, etobeir à ceux qui sont préposés pour notre conduite. 7.° Que conx(jui n'observent point les je unes cl les abstinences, destinés à réprimer les tentations de la chair , sont anatheniatises. 8." Que le célibat des prêtrescst ordonné dans l'Eglise latine ; qu'il a ete toujours pratique et marqué dans le second concile de Cartha^e , comme une loi ordonnée du temps des apijtres; et ceux qui enseignent le contraire , sont mis au nombre des hérétiques. 9." Que les vœux monastiques ne sont point contraires a la liberté chrétienne, qu'ils sont d'obligation. lû." A l'égard des sacrements, que ceux qui en diminuent le noudtre , ou qui nient qu'ils aient la vertu de corifcrer la £;ràce, doivent être traiiés comme !:cretlques. Le décret explique chaque sacrement en particuber. 1 1." Que la nécessite du sacrilice de la messe est appuyée d'un grand nombre de témoigna;;es de lEcriture , et particulièrement en saint Luc chap. 22. Acceplopnne, de.
hoc facile m mcam coinmenioraliunfin • que cet holocauste , cette victime pourle péché, ce sacrifice continuel, est cette oblation pure , que le prophète Malachie a prédit qu'on devoit oiirir dans tous les lieux du monde.
12." A re;;ard du purgatoire et de la prière pour les morts, lecoudle, apresavoir refutel'erreur de Luther sur ce point, statue que la coulpe àcs peciies étant remise après le baptême, les pécheurs peuvent encore être débiteurs de la peine tcn> porollc , et obligés ù'expicr leurs
fautes en l'autre vie, cl que c'est u ne prali(] ue salut ai red'olTrir le saint sacrifice pour les morts. i3.° Sur le culte des .«.aints, il est dit qu'il est établi solidement dans l'Eglise; que les saiîits entendent nos [irieres, qu'ils sont touches de nos misères et sentent de la joie en nous voyant heureux : ce que l'on prouve par l'Ecriture, i^." Sur le culte des images; qu'il n'est point une idolâtrie ; (ju'elies sont destinées a honorer ceux dont on voit la représentation et à imiter Icursactions saintes. i5.°Que le libre arbitre dont tout homme jouit n'exclut pas la grâce : que ce secours n'est pas tel qu'on n'y puisse pas résister : que Dieu nous prédestine et nous choisit; mais qu'il ne jjlori'ie qiie ceux qui ont rendu leur vocation certaine par leurs bonnes œuvres. G." Que la foi n'exclut pas les ceuvres, surtout la charité , et que les hommes ne sont pas justifie»
par la seule foi.
Ou fit aus'si quarante règlements sur la discipline : voici les plus ren^arquablcs. On susi)Cndra de.s ordres sacrés ceux qui auront été ordonnes sans avoir la science neces* saire , jusqu'à ce qu'ils aient ete suffisamment instruits. Les cures sont obliges de résider etde bien instruire leurs p-Troissiens : on évitera avec grand soin de toucher sur les orgues des airs profanes. (Il y a encore plusieurs canons sur la pieté, avec laquelle l'office divin doit être célèbre. ) Dans les monastères des filles, on ne recevra des religieuses qu'à proportion du revenu , et on n'exigera rien pourl'entreeetpour la religion, sous quelque prétexte que ce soit. Labbc CoUcc. Conc. T. .VIT. p. 482.
PAIvISfConciliabulede) tenu en 1797 , par les constitutionnels.
Pour donner uneidée de cetteassemblee de schismaliques , il est nécessaire de remonter un peu plus
h.iUt.
En 17H0, apresavoir essayé vainement d'autres moyens pour com-
PAR
Merle défini énorme qui se t.rmivoit «lans les finances puMiques, Louis XVI convoqua les etats-generaux , comme une dernière ressource au «langer qui menaçnit la France. La circonstance n'ctoit pas favorable :
les écrits impies et séditieux tle Voltaire, de Rousseau et de quelques autres predicants subalternes de la nouvelle philosophie, avoient fascine un grand nombre de tètes , et les avoient remplies d'idées de libertés, d'e'iîalite , de reforme, d'anarchie, d'irréligion. Il regnoit une vive fermentation dans les esprits imbus des nouvelles doctrines- La France se voyoit comme sur un volcan prct à éclater à la première étincelle : et dès que les étais furent reunis , on put prévoir déjà une partie des désastres qui alloient fondre sur ce beau royaume.
Un des premiers effets de l'effervescence qui l'agitoit, fut la fasinn des trois ordres en une seule assemblée; laquelle prit le titre d'asseinhlânaliûiuile : prétendit représenter tout le corps de la nation ; se mit au dossus des serments prêtes par ses membres, et ne consulta j)as même les mandats qu'ils avoient re(;us de la main de leurs commettants.
Ce premier essai de la philosophie moderne, dont les chauds partisans dominoicnt l'assemblée, fut bientôt suivi d'un autreplus funeste encore et pluspcnn'cieux.Onposa pour base de législation, on décréta comme un point fondamental queTonncdevoit plus perdre de vue que loule lu'issancc el loulc uulonlélcgilime émanount du peuple , el lui apparhnoienl comme à leur seule Terifable source. Et de ce dogme , subversif de tout ordre en politique, hérétique en matière de religion «juand on l'applique au gouvernement spirituel, découlèrent des décrets, des lois, des constitutions, des reformes , des renversements sans nombres , lesquels se succédèrent avec unerapidité qui effraya toute i'turope .
PAR 2 23
Il n'entre pas dans notre plan de suivre ici la marche précipitée et révolutionnaire de ces législateurs philoso{>hes, ni de peindre toutes les diverses atteintes qu'ils portèrent surce.'^sivement à la religion, dont ils vouloient le bouleversement et la destruction totale.
On les vit bientôt eidever à l'Eglise toutes ses possessions temporelles, renverser à la fois tous les ordres religieux, prohiber l'émission des vœux solennels, chasserde leur?
cloîtres les personnes do l'un et de l'autre sexe , qui s'etoient consacrées à Dieu , pour observer , dans le silence de la retraite , les conseils evangcliques. Ils firent des efforts incroyables pour soulever le cierge du second ordre contre le cierge du premier ordre , et pour appeler sur tous les ministres do la religion , le mépris des peuples , le plus odieux avilissement. Mais ce (jue nous ne pouvons passer ici sous silence , parce que nous y trouvons le ber^ ceau et le fondement de la secte nouvellequi s'établit alors enFrance , et qui fut ensuite connue sous le nom ôi église conslitultonnelle , c'est la consliluticn dite cn-ile du cleri^é , laquelle fut décrétée le 12 juillet l'go et sanctionnée par le roi, le 24 du mois d'août «Je la même année.
Celte consl i I u lion , rj u i fu t com me une pomme dediscorde jetée au milieu de la nation française, suppose en principes , que le peuple est scii;verain en matière de goxivernement spirituel cl ecclésiastique, qu'il a exclusivement le droit d'ériger et de renverser les sièges épiscopaux; de créer et d'abolir les bénéfices; de disposer de la juritliclion des nu'nis- Ires sacrés ; de fixer la manière dont elle e.-'t transmise dans leurs raains, et «le déterminer les règles canoniqiies qu'ils doivent suivre pour l'exercer Icgitinienienl. FJIesuj'pcse encore que les evêques ne sont p?s aii-ùei::us des prêtres , dans tout ce
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qui concerne le ^gouvernement de lenrb diocèses; que le pape e.=;t un ceulre d'unité sans autorité <lan> ri'.iilise universelle.
Toute cette doctrine anti-chrétienne est fondée sur la conslitulion ikitcdu c(er^c\ et elle en est une analyse très-exacte.
En efïet , si on considère rassemblée qui porta ce décret étonnant, on ne peut disconvenir qu'elle n'avoit tout au plus qu'une autorité temporelle; qu'elle reconnolssoit tenir tous ses pouvoirs du peuple , et qu'elle tranchoit en souveraine sur des matieresecdesiasiiques sans le concours de l'Ei^lise , même contre les vives réclamations des evequcs qui etoientdans son sein.
Si de là on reporte les yeux sur la constitution elle-mcme, on voit qu'elle sape tout d'un coup cinquante-un évcclies ; qu'elle en crée dans des lieux où iln'y enavoitpas ,et qu'elle fixe les limites de tous, étendant et resserrant les bornes de plusieurs , et par conséquent les limites de la juridiction epiicopale (i).
On voit 2.» qu'elle abolit loui les Lénelices, les dii^niles et les offices ecclésiastiques , sauf les evechés , les curés, les vicariats , etc. (2).
Elle veut 3.° qu'il n'y ait plus que la voie des élections p.our arriver à l'cpiscopat et pour être promu à des cures , et que les élections des evêques soient faites par les électeurs qui nomment aux assemblées de département; celle des cures, par teux qui nomment aux assendjiees de district (3). Ainsi, les protestants, les juifs et autres catholiques concourront avec les fidèles laïques, }}our donner à l'église de Frauce tous ses pasteurs; et l'éveque, qui est le chef de toutson diocèse, levêque sans lequel rien ne doit se
(i) Conslit. civ. du cierge. Tilre I. ait. I. — (2^ Ibid. art. ao. — (3) Titre 2. art. i o, 25.
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faire dans l'ordre delà religion, ainsi (|ue l'enseignent les Pères, n'a aucun droit sur le choix des prelns qu il emploie dans son diocèse comme cures. Convenons cependant qu'il y est parle d'examens qui pourront se faire , du métropolitain élu , par le plus ancien évêque de l'arrondissement métropolitain; de l'éveque élu , par le métropolitain luimême, et du cure aussi élu ,par son evêque ; mais en pn-^ence di Iturs conseils respectifs , asec charge, s'ils jugent devoir refuser la confirmation ou l'institution, d'en remettre aux sujets elusdcs écrits soussignesd'eux et 6.4 liurs conseils , contenant les raisons de leurs refus, afin que les parties intéressées puissent se pourvoir par voie d'appel comme d'ahus, auprès de la puissance civile (i).
^-'^ La même constitution donne aux curés le droit de choisir leurs vicaires, avec injonction de ne pouvoir arrêter leur choix que sur des prêtres ordonnis ou admis pour !e diocèse par t'eit'i]ue. D'où il suit qu'on peut donc exercer les fonctions vicariales sans approbation, ou que l'assemblée nationale donne de son chef aux curés la faculté d'approuver leurs vicaires (2).
S.*^ 11 est encore statue que la confirmation des evê(]ues nouvelleuient élus sera donnée , non par le pape, que le décret exclut uommémentde celte fonction , dont lui seul est cependant eu possession <lepuis des siècles dans toute l'Eglise (3); mais par le métropolitain , aux evêqucs de l'arrondissement de sa métropole , et au métropolitain lulmêiue, par l'evêque le plus ancien du même arrondissement (4).
6.° Quant au pape , 11 est défendu à toute église, à toute paroisse et à tout français de reconnoitre en au-
(l) Iliid. art. 17 , cl 3('. — (a) iiml. art. 4^. — (3) ibid. ait. 19. — (i) l'oid. art. if- rt 17-
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can cas, et sous quelque prétexte que ce soit, son autorite, ni celle de ses (leiesuës résidants en France ou ailleurs (i). L'article que nous citons, ne nomme pas expressément le pape dans ceque nous venonsde rapporter, mais tout nrque ordinaire , ou riutropu- Ittain, donl le siège serait claùli sous la domination d'une puissance étrangère. Et afin de faire entendre que le pape est compris sous cette dénomination , le même article porte aussitôt : « Le tout sans préjudice de Tunite » de foi et delà communion qui sera » entretenue avec le chef visible de » l'Eglise universelle , ainsi qu'il » sera dit ci-après. » Or tout ce qui est décrète ensuite relativement au pontife romain, se réduitàce peude mots : « Le nouvel èvêque ne pour- " ra s'adresser au pape pour en ob- » teniraucune confirmation, mais il » lui écrira comme au chef visible » de l'Ej^lise universelle, fa/f'wio/^f/ïa^f » de l'unité de foi et de la communion » (ju il doit entretenir atec lui (2). » Cette lettre est donc tout ce qu'un Franc;ais peut avoir a faire avec le pape, et tout ce que le pape luimême peut avoir à faire avec la France.
7.° Enfin, "Y é\!lquG ne pourra faire " aucun nelc de juridiction, en ce qui con- » cerne le gouçerncmcnl du diocisc et du '» séminaire , qu'après en avoir déli- » béré avec '> les vicaires des églises cathédrales , les vicaires supérieurs et directeurs du séminaire., qui formeront son conseil habituel (3). On lui accorde néanmoins la faculté de rendre seul des ordonnances pr-H>imrcs, dans le cours des visites diocésaines (4.).
Nous supprimons d'autres articles non moins révoltants que les précéilents.
Il est donc clair que la consliiution ch'ile du clergé , décrétée par une au-
(f) Titre I. art. 4, — (2) Titre. l. »;: î<j.—(.^) Titre i.art. 14.— (4)lb.
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torilé purement temporelle , et sans le concours de la puissance ecclésiastique , siqtposc dans le peuple une autorité souveraine en matière de gouvernement reli^leuxet spirituel ; qu'elle bouleverse la discipline la plus sacrée de l'Ei^lise , anéantit la puissance que Jesus-Christ a donnée au corps des premiers pasteurs et à leur chef, et renverse celle des evêques dans leurs diocèses. Cette constitution émane donc de principes hérétiques et schismatiques.
Principes puisés dans plusieurs hérésies précédentes , déjà condamnées ; mais que Marsile de Padoue osa le premier réduire en système , au commencement du quatorzième siècle.
En effet, ce novateur hardi ne
craignit pas d'enseigner, dans un