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» les objets de sa profession (i) »
En conséquence, Marsile nicttoit sur la mèuie ligne , en fait d'autorité distinguée de rautorité atlacliée h l'ordre même, le simple prctre, l'éveque et le souverain pontife ; et cela , disoil-Il , d'après Tinslitulion de Jésus-Christ.
On volt que nos législateurs l'ont copié sur beaucoup de points , et sur d'autres ils l'ont dépassé , puisqu'ils ont donné aux infidèles, c'està-dire aux acatholiques qui étoient dans leur assemblée , le droit d'établir des lois pour la discipline spirituelle, et à d'autres acatholiques, celui d'élire les pasteurs de la nouvelle église de France.
Jean XXII condamna comme hérétiques plusieurs propositions extraites du Defensorium paris, et comme hérésiarque Marsile de Padoue, auteur principal de ce livre , et Jean de Jandun , son collaborateur. La bulle de ce pontife , datée du i3 octobre iSay, futpubliee dans tous les royaumes catholiques, notamment à Paris , dit l'abbé Pey. T.
des 2puiss. t. 2, p. lo6.
Edmond Richer , syndic de l'université de Paris , ayant renouvelé à peu près les mêmes erreurs en 1612, le pape proscrivit son écrit sur la puissance ecclésiastique cl cn'ile , que lesconciles provinciaux, de Sens etd' A.ix, condamnerenlaussi comme contenant des propositions , des expositions , des allégations fausses , erronées , s:andaleuscf et schisma'itjues , et, dans le sens qu'elles préseritenl, hérétiques.
Cependant, afin de consolider i'cchafandage de leur nouvelle église , les législateurs de lygo annexèrent la constitution cit'ile du clergé , comme crlicles constitutionnels à la constitution générale qu'ils vouloient imposer à, la France ; et ils exigèrent de tous les ecclésiastiques employés au saint ministère , le 5(r/-/nf/i/ de la maintenir de tout leur pouvoir.
(l) Fcller, aurnot Murcile de Padoue,
PAR
Des innovations si étranges, et na seniR'ut si impie, excitèrent le zèle des premiers pasteurs de l'église gallicane et celui du souverain pontife.
Sur cent trente et un evêques qui remplissoient les sièges dans le royaume, cent vingt-sept s'élevèrent avec force contre la prétendue constitution cn'ile du clecf^é, et refusèrent le serment inique (i). A ces prélats fidèles s'unirent soixante-deux mille prêtres du second ordre , tant réguliers que séculiers, lesquels aimèrent mieux s'exposera l'indigence, et à courir les dangers d'une persécution facile alors à prévoir, que de céder aux promesses magnifiques du/;ei//V<^io«irrain au prix de ce qu'ils dévoient a la foi et à l'unité catholique. Exemple sublime de dévoûment et de fidélité , unique peut-être depuis que la paix fut rendue à l'Eglise par Constantin, à cause du nombre étonnant des ecclésiastiques qui le donnèrent dans une seule nation. Il faudrolt reunir à ces généreux confesseurs, une multitude immense de fidèles (le tout rang , de toute condition et de tout sexe, qui demeurèrent invinciblement attaches à l'unité. En 1794 , après que la persécution eut rudement frappé sur les pasteurs et sur les ouailles, environ un tiers de la population de la France n'avoit point encore participé au schisme constitutionnel.
Nous avons joint aux evêques de France, le chef de l'Eglise universelle. En effet, après en avoir discuté les dispositions et les principes dans des assemblées de cardinaux, Pie VI déclara , dans un bref doctrinal adressé aux. evêques de l'assemblée nationale, sous la date du 10 mars 1791, que le décret sur la con-
(1) Les evêques qui prêièient la main aux innuations , furent les evêques d'Aulun , d'Orléans, de "Viviers , et l'arrhevêqi.e de Sens qui etoit a\iwi cardiii;\l , auxquels se j-'lgnil le suffragsnt de Bùlc, avec l'cYCijuc de Bal'jlonc.
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siitution du clergé remersoit hsdo^mcs les plus sacres , et la discif'line de f tïf^hsc la plus certaine ; quil abolissoit Us drvils du premier s'u'^e , ccus des eWques , des prêtres , des réguliers des deux sexes; supprimoil de sainte rites , tnleçoil a l'Ef^ltce ses rei'enus et ses fonds , et qu enfin , il produisait des calamite's si déplorables ^ qu on ne pourrait les croire ^ si en ni les Uivil pas sous lesfiux. Or , ce que. Pie M avançoit dans ce jugement, il l'appuya ensuite sur rexameii des dispositions contenues dans la constitution ciiile du clergé, qu'il discuta avec beaucoup de soin dans ce long bref doctrinal.
Dans un autre bref qu'il adressa au cierge et au peuple français, le i3 avril 1791, après avoir rappelé celu i du I o mars précédent , le même pontife déclare que personne ne peut ignorer que , d'après son jugement et celui du saint Siège apostolique , la nouvelle ton-
itilution du cler"
ne soit composée
» de principes puisés dans l'heresic ; » qu'en conséquence elle ne soit he- " retique dans plusieurs de ses dc- » crets,etopposee au dot^nie cttho- » lique; qu'en d'autres, elle ne soit » sacrilège, scbismatiquc, eversive » desdroitsdela primauté et detcnx » de l'EgUse, contraire à la disti- » pllne, tant ancienne que moderne, » et qu'elle n'ait ete inventée et pu- » bliee que dans le dessein de dc- )> truire entièrement la religion >' catliolique. »
11 ordonne à tous les ecclésiasti- ([ues et à tous les religieux, qiii ont prête le serment tel que l'assemblée nationale l'avoit prescrit (serment qu'il taxe d être une source empoisonnée et tontine de toute sorte d' erreurs ^ ainsi que la cause principale des maux qui ufjiigcnt l\glisc de fiance), d'avoir a le rétracter dans l'espace de quarante jours, sous peine d'encourir, par la ntcme , la suspense de tous leurs < rdres, et de tomber dans l'irrégu »
laritL', s'ils ont !a tenieritcd'en faire (!, suite quelque fonction. 11 déclare lilégitinies, sacrilèges, enticrcmcni
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nulles, et il abcl il tonte.* les èleclions faites, et relies qui se feront encore conformément a la nouvelle consiitution du clergé, eî décide que les élus, soit à des sièges cpiscopaux, soit à des cures, n'ont et n'auront aucune juridiction eccle;iaitique et spirituelle. H déclare encore criminelles, iUegîtimes, sacrilcf.es et faites contre les canons, les consccraticns qui ont eu lieu, et que ceux qui les ont reçues, sont suspens de tout pxprrice de Tordre episcopal, etc.
îl,nfin , il exborte le.s fidèles à ne point communiquer avecles intrus, surtout dans lescboses .saintes.
Dans un autre bref, en date du ig mars 1792, et adressé aussi au clergé et au peuple français. Pie VI, pour repondre aux assertions mensongères des constitutionnels , affirme l'authenticité do ses brefs précédents. 11 déclare que par ses ordres ils ont été imprimes a Rome et envoyés, non-seulement en France, à l'adresse des métropolitains, mais encore dans toutes les parties du monde catholique, et qu'il en sera de même de ce dernier. Il s éleve avec force contre le prétexte de défaut de forme dans la publication qu'alleguoient les mêmes constitutionnels pour se soustraire a l'autorité de son jugement. En effet, où en seroit la religion, dans un pays où la puissance séculière etabliroit l'erreur et le schisme, ou les couvriroit de sa protection , si la voix réclamante de l'Eglise ne pouvoit s'y faire entendre, qu'après être sortie avec permission des bureaux de cette puissance ennemie? Pie^ I menace le cierge intrus de lancer contre luiunesentenced'excommunication.et de le dénoncer sépare de la communion de l'Eglise, si dan.s deux fois soixante jours, terme qu il assigne pour seconde et troisième monition canonique, 11 ne revient k résipiscence , et ne donne pas à l'Eglise unejiiite satisfaction : menace qu'il intente au.'sijpour être execui5.
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Ice dans 5:nn temps, aux ailleurs , aux fauteurs, et à tous ceux qui (uit iiiie la coiislituliori cii'ile du clir^r , soit laïques, foit surtout ecclcsia.stiqucs, s'ils persistent opiniâtrement dans leur contumace. Enfin, il ordonne à tous les fidèles de s'attacher irrévocablement à leurs pasteurs légitimes, et de n'avoir aucune communication, spécialement dans les choses saintes, avec les intriis et les refractaires, quels qu'ils soient.
Disons-le ici, le ju^jenient porte par le saint Siège , dans le bref du i3 avril 1791 (pour ne pas parler des autres brefs dont aucun n'excita des réclamations), devint bientôt le jugement de l'Eglise universelle.
Adressé directement à la France, comme nous l'avons dit, tous les évêques, qui ne s'etoient pas souillés du serment inique , le reçurent avec respect, le souscrivirent en jugeant avec leur chef, et y donnèrent toute la publicité que les circonstances orageuses purent permettre. Envoyés officiellement à tous les autres évêques de la chrétienté catholique, plus de i35 prélats étrangers y joignirent leur adhésion expresse; les autres ne réclamèrent point;et partout les ecclésiastiques exiles de France , pour avoir refusé le serment criminel , furent accueillis par les premierspasteurs, comme de vrais confesseurs de la foi et de l'unité catholique. Aussi, après avoir cherché de tout côté de l'appui , les constitutionnels n'osèrent énoncer d'abord en leur faveur, f»armi les évêques des églises établies ioTsdeFrance,queceluideNoli,qui se fit mieux connoître encore par son opposition isolée à la bulle auctorcm iîdd, reçue dans toute l'Eglise.
Cependant, malgré le jugement solennel du siège apostolique, la résistance courageuse de la majorité du clergé , et le mécontentement d'une très-grande partie du peuple français, les législateurs philosophes poursuivirent avec ardeur le projet
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qu'ils avoient formé àc décalholiciser la France ; et le schisme s'établit dans ce beau royaume. Un clergé nouveau s'empara, souvent à main armée, des sièges , des cures et des autres postes ecclésiastiques, aux quels le clergé fidelcfut réputé avoir renoncé, par cela seul qu'il n'avoit
{las prêté le serment prescrit. Em- )arraisc.s pour trouver de quoi remplir tant de places que les décrets declaroient vacantes, les nouveaux evêques ne se montrèrent pas fort difficiles dans le choix des sujets à élever au sacerdoce et à placer. Un zèle ardent pour maintenir la constitution cuile du clergé, et pour propager la soumission aveugle aux lois pliilosophiques, tint souvent lieu de talents, de connoissances thèologiques , et peut-être d'autres qualités non moins essentielles dans les ministres de la religion. On ne doit donc pas s'étonner si Ton vit bientôt ce clergé formé, ou plutôt créé à la hâte et jeté hors du sein de l'unité , s'avilir par des orgies scandaleuses , des apostasies criantes, des mariages contractes contre toutes les lois de l'Eglise, et par mille autres excès, qui servirent du moins à ouvrir les yeux à un grand nombre de ses partisans , et les engagèrent à rentrer dans le saint bercail.
Notre plan ne nous permet pas de parler ici de la persécution atroce que les philosophes, armes de l'autorité, se hâtèrent d'exercer bientôt contre les ecclésiastiques et les simples fidèles demeures inébranlablement attachés à la religion catholique. Alors on apprit à connoître le vrai sens de ces mots humanitt', tolérance, bienfaisance , lumicrcs , dont les sophistes avoîent rempli leurs écrits, et fait retentir les sons avec tant d'emphase. Alors on s'aperçut, mais un peu tard, que, doux, humbles et caressants, tandis que, foibles encore et obligés de se cacher, ils n'osoient rien entreprendre, ils savoicnt devenir plus féroces que des tigres.
i>Al\ dès qu'ils avcient le pouvoir on main, et qu'ils etoient en état de compter sur leur nombre. Leçon triste ! mais dont l'Europe avoit besoin. Heureuse, si elle apprend à en profiter , pour s'attacher à la religion qui l'a policée, et qui seule peut faire son bonheur et sa sûreté.
Après ce préambule nécessaire pour faire connoître les constitutionnels , il est temps de parler du conciliabule qu'ils tinrent à Pari.s, dans l'église de ÎSotre-Danie , en 1797.
Cette assemblée, commencée le i5 août et terminée le 12 novembre suivant, avoit ete convoquée par six évêques, que le dessein de rejoindre les éléments de l'église constitutionnelle, et de lui rendre une sorte d'existence, de solidité, de .'splendeur, avoit reunis dans la capitale.
Kn eflet , peu d'années après son ctablisscment par les décrets de l'assemblée nationale , d'autres décrets abattirent cet échafaudage comme peu digne d'une republique dont les conducteurs et les partisans zèles, après avoir adoré la dtesse raison, n'admcttoient plus d'autres dogmes que l'existence de je ne sais quel Eire suprême , dont ils se disoient parties , l'immortalité derâme,!c respect des propriétés, des lois anthropophages, l'amour de la révolution et de la république une et indivisible. Mais des décrets plus récents et moins bar- Lares avcient permis aux constitutionnels de redresser leurs autels, et de rétablir leur culte.
Le synode s'intitula COîSCILE ^A- TIONAL. Il s'y trouva trente-trois eveques , dix prêtres fondes de pouvoirs , cinq représentants ae si.'^ges censés vaquer, parce que la secte n'y avoit pas actuellement d'evcques, et cinquante-trois autres prêtres , qui se disoient députes des diocèses. Lecvz y présida assiste de Graticn et Scrmtl. Il etoit alors metropolitaind'Uect-\'ilaine, et les deux vice-presidcîîts etoient au.^si métropolitains; le premier de Seii.t-hjferieurc, le
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second de Hautr-Garonne. Ro/er f encore evêque de l'Ain, remplit les fonctions de promoteur; on lui associa Perrier, evêque du Puy-de- Dôiiie , et Moyse , evêqiie du Jura.
Le concile accorda aux prêtres, quoiqu'un peu à regret , le droit de voter avec les évêques.
11 établit dans son sein onze congrégations , dont la première avoit pour l)ut de s'occuperdcs mesures de paeifier l' Eglise ; la seconde , de travailler à la pleine et entière justification des titres dex pasteurs nom-eaux : l accord entr'elles etoit par conséquent un peu difficile. Les objets des autres congrégations etoient la foi, les moeurs, le développement et la défense des libertés de leglise gallicane , les sacrements , surtout le mariage , les encjcliques à revoir et r«/'^a/j«a//yn des diocèses, les livres qui manquent et ceux à reimprimeri les institutions religieuses, les fêtes à supprimer et à établir, les principes fondamentaux de la liturgie, enfin, l'administration temporelle des église? diocésaines et paroissiales.
Apres s'être déclarés constitués en concile national , etavolr renouvelé la consecrationde laFrancesousla protection delà très-sainte \ierge, les l'eres décrétèrent qu'on écriroit au pape, pour lui signifier l'ouverture du concile.
Au commencement de cette lettre, qui porte la date du i5 août, les constitutionnels , eveques et prêtres , oubliant que, hors de l'unité catholique^ il ne peut y avoir ni confesseurs ni martyrs de Jésus-Christ, se vantent d'être sortis récemment la plupart « des cachots et des fers, u et tous disposésàbraver les mêmes >■> dangers , si l'intérêt de la religion » czÛ\o\\(\Mequenouf professons, diseul- " ils , le demande. » Ils témoignent ensuite qu'ils sont très-cloignes de laisser subsister la moindre omhre de duision entre le chef de l'Eglise uniiersclle et eux. Ils appellent le pape a !ei>r secours , pour les aider à éteindre le
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Icn (\cs divisions, et à rendre la paix a I Eglise ; paix qu'ils font dépendre entièrement de lui. Us le sermonent d'une manière admirable sur les lirefs , « qui , disent-ils, ou ne sont Il nullement sortis de vos mains , ou
» ne sont que def IcUres jurlnes
» (jne la ruse et le meii^on^e ont surprises » à voire religion , et rnurquîes du sceau » apostolique. " ils attribuent à CCS /Jr/tendus brefs tous les désastres qui ont fondu sur la France- Puis ils s'écrient : '< Et ces atrocités , ô très- » saint Père , ô vous que nous rc- » connoissons,que nous proclamons » le plus doux des bommes , et ces » atrocités ....! jNotrc cœur se ré- X volte à l'idée de retracer ici , et de » mettre sous vos jeux de si révol- » tantes imputations ! « Mais oubliant bientôt que les brefs de Pie "Si ne sont que prétendus , ils se plaignen i d'avoir été condamnes sans qu'on les eût préalablement entendus, comme si leur cause avoit pu être douteuse, et n'avoit pas ete jugée déjà dans les siècles passes et dans plusieurs bérésiarqucs. Ecoutonsles sur ce point : « Quel est cependant » celui de nous dont on ne puisse » dire avec le même saint abbé (Saint '> Bernard) : // est puni pour un grand » crime , ///;' qui n'en a ,avoue' aucun , qui » n est cou^aincu d'aucun F (^uel est >' celui d'entre nous qui n'ait lieu de » dire ce quedisoit au pape Innocent " II, Alberon , archevêque dcTrè- '> ves : les forces que tous inôlez^ tous » vous les ôtcz à tous- même : le mépris » que vous appelez sur moi, mon avilisse- " ment auquel vous tramillez , ils retvm- » bcnt sur vous-même F » Ils exhortent » le pape à revenir sur ses pas , et ils » attendent le soulagement de la même » main dont ils .re plaignent qu 'est venue leur oppression. Il est beau de les voir ensuite deployertoute leur éloquence, pour prouver au souverain pontife le respect et h/uste obeiss^ince qu'ils ont pour sa suréminente dignité.
Ils en offrent pour monument indubitable, la lettre qu'ils lui ont écrite,
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dés qu'ils onl été légitimement élus et cano~ niquernent institues , « mettant au pre- » mier raiij^ de leurs devoirs celui » de vous transmettre individuslle- » mentle témoignage de leur foi , de » leur amour, de leur respect et de » leur soumission, j» Us parlent ici de la lettre qu ils avoient écrite au saint Père, conformément à l'article 19 du titre 2 de la ecnstitution ciàle du clergé, où il est dit , nous le répétons : « Le nouvel évêque ne pourra » s'adresser au pape pouren obtenir » aucune confirmation ; mais il lui » écrira comme au chef visible de " l'Eglise univericlle , en témoignage » de l'unité de foi et de la commu- » nionqTi'il doit <'ntretenir avec lui.»
Luther faisoit des protestations encore plus grandes et plu soumises a Léon X, avant que ce pontife n'eût lancé contre lui et contre ses erreurs, la bulle Eaurgc Domine. Ce- « pendant, disent-ils encore, on » nous accuse devant vous , très- )' saint Pcre , mais qu'avcns-nous » donc fait i" rien (notre conscience » nous l'atteste , et la postérité le » répétera ) ; non , rien que ce que " nous commandoient rigoureu- )> sèment , et les intérêts de notre » religion , et ceux de notre pa-
» trie î*«ous n'avons pu ne pa»
» prêter, en 1791 , le serment que » nous preicrivoît la loi, et que » nous commandoit la charité. En » eflét,en le refusant, dans quel » péril ne mettions-nous pas, et » notre salut, et le salut de nos » concitoyens ? » Comme si le schisme , l'heresie , tin ministère sacrilège et frappé de nullité dans toutes les fonctions qui exigent la juridiction spirituelle et ecclésiastique , pouvoient jamais devenir les objetsd'un devoir, et qu'il ue fallût pas plus tôt subir la mort , que de se laisser ontraîrer, en quelque occasion que ce fût , dans de si énormes prévarications. Ces messieurspleurent ensuite sur leurs confrères, pré/res , étéqvcs même, <> ficmmes , bêlas! /w-
PAR
« bUs dans la foi , ( qui ) ont clé en- » j^lonlis par les Hots impétueux de >• cette merécumante d'impiété. "Us exliortcnt encore de nouveau le saint Père à les seconder, à ne laisser point durer plus long-temps leurs maux , dont il n'est presque pas un seul auciuel il ne soit en son pouvoir de remédier prochainement.
« Dili's seiilcmeni une parole , et une » multitude immense de catholiques '> se sentiront soulagés d'un poids » accablant. » Enfin, après avoir exhorté de nouveau le pape à s'expliquer en leur faveur, ilss'écrient plaisamment : » Plut à Dieu que voire » âge et les grandes affaires qui vous '> occupent, vous permissent d'ho- " norer notre concile de votre pré- » sence , et de participer à nos Ira- » vaux , dont vous seriez l'àme et le » modérateur! Ciel ! de quelle joie " se sentiroient pénétrés tous nos '> cœurs à la vue du père le plus ré- » véré et le plus aime ! »
11 n'est pas nécessaire d'observer ici, que Pie VI ne rép^indit pas à celte missive pleine d'imputations calomnieuses, et dans laquelle la ruse , r hypocrisie, la dérision se démasquoient de toute part.
Qiiaiil.iu brefdu 5 juillet 179^, sur lequel les faiseurs de concile s'apjHjyent de préférence à m;//f aatr.'sprnurf; qii'ils pounvtenl donner, di- •scnt-ils, de la non-authenticité des autres brefs emanesdeRonie,arocrasionde la constitution nouvelle du c!er.i;é on n'y voit rien , pas même oaiis le texte <ju'ils rapportent, qui en coiilredise les <lisposilions ou la doctrine, jjoinde revenir sur ses pas, et (le tomber en contradiction avec lui-même , lorsque les négociateurs français lui eurent présenté, le 9 septembre i79(>,de la part du directoire, 64 articles à signer pour avoir la paix, et dont le 4« exigeoit que le saint Père " desavouât, revo- » quàt, aniudâl toutes bulles, res- » crits, brefs, mandements aposto- "iiques; lettres circulaires ou au-
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" trcs, moniloires, instructions pas- )> torales, etgenéralement tousécrits » et actes émanés de l'autorité du » saint Siège, et de toute autorité en » ressortisant , tjui seruienl relatifs aux » affaires de France depuis ijSg/usqu'au » susdit four, » Pie VI rejeta avecindignation des propositions si étranges, et il répondit avec la fermeté qui convenoit à ini digne successeur de saint Pierre, que ni fa religion ni la lionne foi ne lui permelloient d\iceepler ces condilions. On sait aussi qu'il dit au prélat qui écrivoit sa réponse , et qui avoill'air de vouloir lui en faire sentir le danger. « (^u'on n'y change » rien , parce que telle est notre ré- » solution; et nous la soutiendrons, » dùt-il nous en coûter la vie (i). »
Mécontenls de n'avoir pas reçu de réponse à leur première lettre au pape, les constitutionnels lui en écrivirent une seconde , pour lui apprendre que le concile atoil lernuné sa session, cl lui demander la com'ocalion d un concile gênerai. Celte nouvelle lettre porte en litre comme la j)récédente : « L'Iiglise gallicane, assem- " blée en concile nalional à Paris, » a Sa Sainteté le pape Pie VI. »
Dans celle-ci, qui est plus franche et plus courte, les Peresdu concile se plaignent de ce que le souverain pontife ne leur a pas répondu, lis lui mandent « que son silence a » contribue a entretenir un schisme » (jui a eu les suites les plus desas- » trcuses , cl pour fc'/a/ cl pour la reli- "^'/yrt( il convenoit en effet àcesPeres de mettre la republique avant ce qui » est du à Dieu). Ceux qui s'obs- » tinent à refuser nos embrasse- » menls, contiiuient-ils, annoncent « hautement qu'ils ne nous donne- » ront pas le baiser de paix, que
(1) ?iîim. pour servir à l'hist. ec- <lcs. pendant le 18. e siècle, T. 3 , p. •2.i.p. Sup()lein. i'.u flict. liist. de Fel- Icr, T. n , au inot PIE VI. Les Martyr.-. Je la loi pendant la rcv. franc ■ parM, Guillon, T, 4)P' 2^j^\ tXc.^ t\c.
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» nous ne l'ayons reru de voire Sain- »teté.... Parlez clone, Irès-saint » Père dîtes à tous qu'il n'r a/antuis » ni'cessili' de rompre I niiilé."Vov\)'\Q\\ ! mais de quel côté étoientccux qui la roinpoient ? etoit-ce du côle du cierge demeuré constainnieut attaché à la foi antique, à la discipline établie partout depuis des siècles, et que le souverain pontife avec tous ses collei^ues dans lépiscopat recueilloient avec une bonté vraiment paternelle, comme de vénérables confesseurs de la foi et de l'unité catholique; oubiendu côtéd'un clergé créé en vertu d'un décret puisé dans l'hércsie, schismatique on plusieurs articles, éversif des droits de l'Eglise et de la primauté ; d'un clergé, dont les élections, contraires aux saints canons, étoieut nulles, et nedonnoient aucun droit; dont les consécrations et les ordinations étoient sacrilèges , et produisoientla suspense ipso facto, d'un clergé qui, sans mission canonique, s'étoit emparé de sièges, de cures, etc. , occupés légitimement par des pasteurs recoinius de l'Eglise ; enfm d'un clergé avec lequel ni le chef ni les premiers pasteurs de l'Eglise, si on en excepte un ou deux , ne communiquoient pas? Il estevidentque c'étoit à ce clergé nouveau, intrus, schismatique et hérétique, qu'il ialloit dire de rentrer dans l'unité, et que c'ctoit veritahlement lui qui l'avoit rompue sans m'cessiié , puisque // n r en a jamais de la rompre.
Cependant ces himinws noiuraux continuent : « Ilelas! combien votre » silence a été nuisible ! des Ilots de » sang ont coulé et cordent encore » parmi nous , parce qu'on a fait pa- » roîîre en votre nom des brefs qui » autorisoient la nvolle , en menaçant » d'excommunier des citoyens soumis » et fidèles — Eùt-on pense à lespro- » duire , à les répandre , si vous » vous fussiez empressé de parler en » père qui veut réunir tous ses cn- •» fants? « Aussi Claude Lecoz les ap-
peloit-il élégamment, dans une de ses prétendues lettres pastorales, des brefs homicides. IMais il n'y a (ju'à lire ces brefs (jui inquiètenttant les constitutionnels du concile, pour s'apercevoir que Pie VI y a déployé tous les sentiments que peuvent inspirer la charité chrétienne et la tendresse d'un père qui sent ses entrailles se déchirer quand il ost forcé de montrer de la sévérité.
La fin de la lettre est curieuse :
« Au surpbis , très-saint Père , une »> grande église est troublée ; si elle '> est accusée, elle doit être jugc.^, » elle demande à l'être : c'est à \\\- » glise universelle assemblée qu'elle > remet sa cause. En conséquence , » elle réclame de votre Sainteté la >» plus prochaine convocation d'un >' concile œcuménique. » Ainsi, à l'exemple des pelagiens, les constitutionnels du concile appellent du jugement du saint Siège et de ccliu' de toute l'Eglise dispersée, qu'ils récusent au moins par le fait , au jugement de la même Eglise assemblée en concile : appel qui ne convient assurément qu'a des hommes nui unissent au schisme l'hérésie la plus formelle et la mieux caractérisée.
Mais laissons les relicxions qui se présentent ici en grand nombre , pour retourner aux opérations intermédiaires du concile , abrégeant autant qu'il nous sera possible.
Après la première lettre au chef de l'Eglise, on lit dans le recueil des canons , etc. , un décret pour inatcr les ecclésiastiques dissidents , <]ui résident en France., à se rendre au concile national . llsappelent dissident le clergé insermenté.
Dans la lettre qu'ils adressent en conséquence aux evêques et prêtres dissidents, ils se plaignent de la discorde qui règne, comme s'ils n'en étoient pas eux-mêmes une des principales causes. Ils prêchent eloquemment la charité , comuse si cette vertu nesupposoit pas la foi, et pouvoit se trouver dans un parti qui a
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rompu l'unîte catholique. Ils cumulent les textes des saints Percs , qui cependant ne leur sont pas favorables, ils parlent de sacrifier l'cjrarliiude at:s rci^les au bien dv la paix ; mais ils ont fait déjà ce douloureux sacri fice en laveur du schisme et de l'erreur. Ilsoflrentencore tousceux qui seront compaldila atrc la juilur cl la vérilc; et celte offre si (généreuse en apparence, ils la dcnientiroi:t bientôt dans leurs plan et décret de pacilication. Ce qu'il y a de plus ctonnaiit dans cette adresse, c'esi qu'ils osent hicn s'appuyer, pour reclamer b paix, sur un texte de saint Denis d'Alexandrie, dont la teneur tout entière les condamne d'une manière positive. Voici àquelle occasion ce grand pontife parloit , et voici son texte telqu'ii est rapporte par .Eusèhe , //m/, cfcici. i. ù. cap. 4-5, et lion pas comme on le cite,/. 8. c à~. L'impie Novalien étant parvenu , h force de fraude et de violence , à se faire imposer les mains à Rome , du vivant du saint pape Corneille, écrivit a tous les cveques catholiques, selon l'usdf^e, pour leur annoncer son élévation sur le premier siège, et leur demander leur communion. 11 prciextoit que tout s'cloit fait maigre son refus et sa résistance. Saint Denis lui répondif ainsi : « S'il est vrai , comme vous «nous l'aft.rmez, qu'on vous ail >' ordonne mal;.,'rè vous, vous le fe- » rez voir en cédant volontaireu)ent.
» Car il fallùitsouiïrii tout, pour ne » pas diviser riiij,iise de Dieu ; et le » martyre que vous eussiez endure » pour éviter de faire un schisme , »> n'eût pas ete moins {glorieux, » même il l'eût ete plus, selon moi , » que celui que l'on souffre pour ne » pas sacrifier au A idoles : ici, on en- » dure pour son âme seule ; la , c'est '< pour toute V Eglise (i). » La cause dont il s'agissoit alors, etoitla memp
(i) Si <ïul<lcin iii\i!us, ni asscris, co .idduttus c-i , i.l nohis oslemlcs tuj