PAR 2 3S
serve religieusement la discipline générale, il faut encore que les dissidents s'occupent , de concert avec les constitutionnels, à rédiger un nouveau code de discipline, conforme aux anciens canons, et adapté à l'état actuel de l'église gallicane. Enfin , les Pères les invitent à reconnoitre , en attendant celte rédaction , l'élection des éi-équrs par le clergé et par le peuple , leur confirmation et leur institution par le nié/ropolitain : conditions dont l'effet seroitde grossir le parti schismaticiue , par l'accession de ceux qui jusque là y avoient montré une religieuse opposition ; d'augmenter le mal, et peutcire , de le rendre incurable, loin d'yapporterquelque remède. «Nous » prions nos frères , ajoutent les » membres du concile, d'clre inti- » mement persuadés , que le bien de » la religion est le seul motif (\m nous » détermine à exiger d'cu.v l'adoption » de ces articles. "
Afin de porter encore plus loin la complaisance et la bonté envers les dissidents, les mêmes pères veulent bien repousser , par une déclaration solennelle de leurs sentiments, le reproche qu'on leur fait , disent-ils :
" i.o de n'être point unisàfEglise '■ universelle, et de ne pas recon- >> noître le saint Siège comme centre » de l'unité catholique; 2.° de ne '> pas croire que l'Eglise a tous les " pouvoirs nécessaires pour se gou- » verner elle-même ; 3.° de pre- » tendre que les prêtres sont en » tout égaux aux évêques ; 4° enfin, » de nier la nécessité d'une aulori- » sation canonique pour l'exercice >> légitime du ministère pastoral. «
Ils protestent donc de leur attachement inmtuble à l'Eglise catholique , apostolique et romaine, comme si la profession ouverte de l'hérésie et le schisme pouvoient s'allier avec un attachement de celte nature. Ils reconnoissent que le pape est de droit divin le chef visible et ministériel ào. l'Eglise , et qu'il a , en celte qualité, la primauté d'honncurct de juridic-
236 PAR
tion. Cette expression ministcriel est tres-siispecte. Ils disent sur l'autorite (le l'Ej^lise pour se gouverner, cecprils poiivoient dire , a force de distincliouset de subtilit<»s, quand ils pn'tfrent le serment proscrit, ilsparoissent revenir sur leurs pas à 1 epard de raulorilé cpiscopale en matière de juridiclion. Mais quant à ce qui concerne la mission canonique , ils persistent à dire qu'elle n'est nécessaire, que pour le maintien de l'ordre, et pour exercer lét^itimement les fonctions épiscopales et sacerdotales, parce qu'ils sont « inti- » mement convaincus que l'cvêque » et le prêtre reçoivent immediate- » ment de Jesus-Clirist tous les » pouvoirs et leur mission divine. »
Au reste, la mission canonique consiste, suivant eux, dans l'autorisation donnée à l'evcque par le métropolitain , au curé par son évêque. Ils ne parlent pas des vicaires des paroisses qu'ils laissent dans l'elal où îa constitution du cler;^e les a places, c'est-à-dire au choix des cures, y ajoutant le ccnsenlcment de l'évêquc.
Sur la cinqtùenie question concernant /('5 moyens de jjueifiealion , après s'être loues comme des lièros,qui présentent avec maf^nar.iniiie l'olivier de la paix à leurs frores divises, les Pères du concile pniseni appeler indistinctement aiix fonctions du riaint ministère , tous les pasteurs et prêtres qui sont restes fidèles à leur vocation, « quelle qu'ait ete leuro/;/- •" nion surlesqueslionsquiont divisé » l'éi^lise de France. » Ils établissent ensuite en principe, « que la lé- » c'uimile' des litres des pasteurs (^'«î, » eoiisaeres et institués depuis 1791, ne » peut être contestée : c' est une vérité j> démontrée jusqu'à l'éfidenee , et Sur » laquelle \7l justice et la vérité ne. per- » mettent point de transiger. » Ils proposent en conséquence , que , quand il n'y aura qu'un evêque pour un diocèse, et qu'un cure pour une paroisse, il soit reconnu de tous; que quand ils seront deux, l'ancien
PAR
soit replacé, de manière que le nouveau lui succède de plein droit, à moins que la confiance des peuples n'exige que celui qui devroit céder la place , y demeure. Enfin , ils demandent aux pasteurs insermentés , avrc lesquels ils croient pouvoir traiter, une déclaration d'adhésion au décret de pacification , faite dans les trois mois qui suivront la proclamation de ce décret dans l'église metropolitainede Paris, laquelle se fera de la part des cvêques, par-devant le métropolitain, et h son défaut, par-devant le plus ancien sufTragant; de la part des cures , entre les mains de l'évêque diocésain , ou du presbytère, si le siège est vacant. Ils laissent néanmoins aux anciens titulaires , qui n'auroient pas rempli cette condition dans le temps marqué , l'espérance d'être employés ailleurs que sur les sièges ou dans les cures qu'ils occupoient avant les disputes.
A l'égard desdeux dernières questions, s'il est nécessaire d adresser au pape le plan de conciliation , et s'il est convenalile de F adresser aux rWijues des églises élran^'cres, les Pères du concile disent qu'il|leur^a/-o////n/2'/'o/-^/'fd informer Sa Sainteté de toutes leurs opérations , et de lui adresser le décret dont il s'agit , en la suppliant d'employer tousses soins pour pacifier notre église et pour ramener nos frères à des sentiments de concorde et de paix. Ils opinent de même sur le second chef,dansla confiance que ces églises les consoleront, contribuant, autant qu'elles le pourront, à la cessation de leurs maux.
Le décret de jiacification qui suit ce plan , en contient la substruTce et les conditions. L'article 7' déclare que l'egiise gallicane « n'admet au « rang de ses pasteurs, que ceux » qui ont manifesté leur fidélité à Irj » republique , et qui en ont donne » la garantie prescrite par la loi. »
Aussitôt que les Pcrts du concile eurent terminé leur feraud travail
PAR
touchant la pacificntion , ils voulurent en faire part à leurs adhérents , par une lettre synodique qu'ils leur adressèrent, lis s'y extasient à la vue du courage étonnant avec lequel ils ont surmonté les obstacles qui s'opposoient à leur reunion , et sur la charité tendre qui, comme une vive lumirre, a pénètre leurs cœurs, conduit leurs pas, dirigé leurs démarches, et porté toutes leurs pensées vers ces frères , qui ^eulcnl ti min élever un mur de séparation, pour à^s opinions différentes, suscitées et entretenues par ces intérêts divers. Ils racontent qu'ils ont sollicité le pape, « par tous les motifs de charité et » pourlintérêt de la religionmeme, » de se rendre pacificateur. » Ensuite, tournant leur zèle vers les payeurs et \esfidiles, ilsleur prêchent, entr'autres choses inutiles à rapporter, la gr.kede Jesus-Christ, ■< sans » laquelle, disent-ils, nous ne sonij> mes rien , sans laquelle nous, ne » pouvons rien. Que les saintes Ecri- » tures,aioutent-ilsunpeu plusloin, » retentissent sans cesse aux oreil- » les de tous , soient sans cesse dans » les mains de tous: » deux chefs qui ne sont pas les seuls à l'égard desquels les réi'ércnds éi-cqucs et les icnéraùles prélref du conciletendent la main aux disciples de Jansenius et de Quesnel , au préjudice de l'orthodoxie et de la soumission due aux décisions émanées de l'Eglise. Dans une autre synodique adressée aux pères et mères, etc. , ils osent bien placer parmi les Hircs les plus inléressants pour la foi et pour les maurs , des ouvrages fabriqués par des mains janséniennes, et remplis des erreurs du parti ; tels que l'année chntienne de j^elourneux, reaposilion de la doctrine chrétienne de Alezengiii , le eak'chisme de ISaples, autrement institution et in^lructivn chr, tienne , dédiée h la reine des Deux- Siciles, et autres semblables.
Mais toute leur affection n'est pas circonscrite dans le jansénisme, ils en conservcnl bien encore une bonne
PAPi 237
part pour la république française.
Suivanteux, « le gouvernement ré- » publicain est celui qui se rappro- » che le plus des principes de l'E- » vangile ; et cette soi^e liberté, cette » éi^altté cuite qui en sont les vérita- "blcs bases, ne semblent-elles pas '> propres, s'écrient-ils avec enthou- » siasme,à rappeler dans l'ordre po- » lilique, l'ordre même que Jesus- » Christ est venu ramener sur la » terrc(i)F»Commentn'ajouteut-ils pas encore, que c'est dans l'Evangile que Thomas Payne a puise les articles de ses droits de l' homme f Cn blasphème de plus leur coûteroit-il beaucoup.^ Du moins, ils veulent que i'élal/lissement et les progrès de cette admirable republique soient l'œuvre de Dieu, et qu'on soit profondément aveugle, si on ne voit pas son doi^l dans les triomphes qu'elle a remportes sur tous ses ennemis. Il nous paroît, au contraire, qu'un chrétien sensé regardera constamment la republique française, les crimes qui l'ont amenée, les atrocités qu'elle a commises, et toute la révolution opérée en France par les philosophes a la Voltaire, comme un châtiment terrible , niais juste , que le ciel a exercé sur celte belle contrée et siir l'Europe enticre-
Quoiqu'il en soit, abaissant leurs vues longues et pénétrantes jusque dans la profondeur des plus secrètes pensées, les pères aperçoivent dans le,î dissensions politiques qui divisent les Français, au sujet de leur chère republique, « la principale cause » des divisions religieuses qui tlè- » chirent, disent-ils, noire église. »
En vérité , si par leur église ili n'entcndoienl parler que de leur secte
(i) Il faut se ressouvenir que la république n'cîoit qu'une anarchie désavouée par la plus saine partie de la nation, et que les termes de liberté et d'égalité pris dars le .sens qu'y donnoient alors les républicains , exprimoienl des opinions inoiistiueu.es.
238 PAR
nouvelle, on leurrcpondioil «juapparemniont ils ont raison, puisqu'ils doivent savoir à peu de chose près ce qui s'y passe; mais on voit qu'ils veulent designer ici l'éj^lise t;allicanc, dont ils se disent faussement les membres ; et ils ont tort d'imputer au clergé de cette ej^lise, de se séparer d'eux à cause de la republique, ou d'autres innovations faites dans l'ordre temporel, et pour des vues politiques. Isnorent-ils donc, ou ne se ressouviennent-ils plus qu'on offrit, dans le sein même de 1 assemblée nationale et dans toute l'étendue de la France, de prêter le serment exij^é , avec la seule réserve des droits de la religion et de ceux de l'Ei^lisc ^ Pteserve qui fut rejetce même par un décret.
Mais c'est trop nous arrêter sur Tine pièce , dans laquelle on s attend bien qu'on trouvera l'empreinte du cachet de ceux qui la firent ou l'approuvèrent.
Le concile invite ensuite , par un décret , les églises des pays reunis à la republique française à venir partager ses travaux, il en émet un autre sur la foi, dans lequel il condamne l'heresie de la nbap'.isaiion, X et toutes maximes, toutes propo- -' sitions tendantes à faire commet- » tre des actes de violence , sous >' prétexte de défendre la foi catho- >' lique — comme anti-chretien- " nés et subversives des principes ■■> de notre sainte religion. »
Il fnlloit bien opposer au moins un tlécret ecclésiastique à l'armée de la Vendée, et aux fidèles qui , par ;.ltachement à la religion, avoient montre, dans une multitude de paroisses, une répugnance, et quel- ([uefois une résistance si généreuse au nouveau schisme , que les intrus avoient été obligés de recourir à la force armée , pour pouvoir pénétrer dans les postes qu'ils envahissoient, et s'y installer.
En appliquant au mariage d'une manière indéfinie et sans réserve ,
PAR
la maxime par laquelle ils établis -.
sent," que c'est à la puissance ci- » vile qu'il appartient proprement " de régler les conditions et les » formes nécessaires pour la vali- " dite des contrats, » les Pères du concile s'approprient l'erreur de ceux qui , enlevant à l'Eglise tout droit qui lui soit propre sur le contrat matrimonial des chrétiens, ainsi que sur le lien qui en résulte , et ne rer onnoissant en elle , à cet égard, qu'une autorité , ou usurpée, ou précaire , empruntée et dépendante de la volonté des souverains temporels , ne lui laissent de pouvoir qu'à l'égard du sacrement, dont, disent-ils, elle est la dépositaire , souveraine. 11 convenoit en effet, qu'une église inventée rccem.ment , et bâtie sur un nouveau plan, admît aussi une doctrine as~ sortie , et qu'elle s'unît a d'autres ennemis de l'cglise ancienne, afin de pouvoir braver avec plus d'audace sa puissance et ses anathèmes.
L'erreur dont ils agit , et qui fait la base du décret du conciliabule sur le mariage , est opposée à la pratique constante des siècles du christianisme depuis les apôtres jusqu'à nous. Elle est contraire au dogme defmi parle concile de Trente, dans plusieurs canons de sa session 24° de mutrimonio , et de plus récemment encore par la bulle Auctorem Fidti , dans la condamnation de la S9" proposition du synode de Pistoie- Enfin , elle est tres-pernicieuse dans les suites déplorables qu'»;lle produit depuis que les enncmisde la religion et de l'Egli.se la font retentir aux oreilles des fidèles ignorants, libertins ou chancelants dans la foi.
C'est sur le même fondement que les constitutionnels déclarent, art.
2 de leurs décrets, " que la validité » à\\ mariage est indépendante de » la bénédiction nuptiale. » S ils eussent voulu parler franchement, ils eussent mis la -présence du pn'tre désigné par l'EgHce à la place de la bénédk-
lion nuptiale, et ils ne se fussent point contredits ; puisque , selon eux , les empêchements dirimants apposés au mariai^e par la seule puissance ecclésiastique, n'atteignent que le sacrement.
Au reste , les faiseurs de concile, ou sentent bien qu'ils forment à eux seuls et avec leurs adhérents une église tout entière et indépendante de toute autre, ou se croient au-dessus de fautoritéde l'Eglise universelle, à laquelle ils se J/«7j/ néanmoins fortement attachés ; car, ils tranchent sur la proclamalion des bans du mariage , dont ils n'exigent que deux faites au prone ; et sur les degrés prohibes, n'appelant l'autorisation de l'evêque, que pour bénir les mariages << contractes entre bcau- >» frère et belle-sœur, oncleetnièce, » tante et neveu.... (et) entre les » cousins-germains. »
Cependant il faut leur savoir gré de ce qu'ils reçoivent l'Evangile et l'enseignement de l'Eglise universelle sur funi/i', lu perpétuité et Pindissoluhilité du mariage; même que le suirenunt << ne peut être conféré , ni » aux personnes divorcées, ni aux » ecclésiastiques engagés dans les or- >• dres sacrés , ni aux religieux et reli- » gieuses, ni aux pécheurs publics. »
Nous passons sous silence d'autres décrets et canons sur la réfornialion des mœurs des ecclésiastiques et des fidèles, ainsi qu'une lettre synodique aux pères et mères dont nous avons déjà dit un mot. H suffit de remarquer que les Pères du concile ne laissent point échapper l'occasion d'exalter leur ministère , de prouver leur attachement à la république, d'exhorter leurs adhérents à voler aux armes pour la défendre , quand ils y sont appelés , et de condi;mner indirectement les armées qui comballoient pour la cau.>>e (le la royaulc'.
Ils dressèrent aussi un décret pour Xorf^anisalion <les écoles chrétiennes. On y remarque qu'ils pla-
PAR 239
cent parmi les livres élémentaires à mettre entre les mains des jeunes gens, l'ancien et le nouveau Testament.
Le décret sur la vaeance des offices ecclésiastiques offre quelques d spositions dignes de trouver place ici. Le i''^ article estainsi conçu : « Les offices » ecclésiastiques vaquent par mort » naturelle ou eiiile, pcr émigralion , >> déportation indéfinie , abandon, démis- » sion , mariage , apostasie , ou pro- )) motion à un autre office, suivie " de la prise de possession. »
On y établit des monitions à faire à l'absent , et un tribunal composé de l'evêque et de trois membres du presliytcre , nommés par l'accusé ; de trois archiprotres, nommes par i'évêque, et de trois curés, nommés par les curés de l'archiprêtre de l'accusé. Il y a appel du jugement porté dans ce tribunal , au métropolitain qui doit être assisté du presbytère de la métropole, de manière qu'il y ait au moins dix juges. A l'égard d'un évêqiie, le tribunal qui le juge est composé du métropolitain et de ses comprovinciaux au nombre de sept, à chercher , en cas de besoin , dans la njetropole voisine , etc. , etc.
Dans le discours qui précède leur décret sur les élections, les consiilutionnels ne reconnoisscnt que deux anneaux dans la chaîne non interrompue de la succession des pasteurs; savoir Y élection et ï ordination. « C'est, disent-ils, par ces deux » voies, selon l'expression de Bos- » suet , que , de pasteur à pasteur , à\'- » i'égue'a eWque , se transmet l'aulo- » rite que Jésus-Christ laissa aux » apôtres. » Comme si la mission canonique n'entroit pas nécessairement dans la chaîne dont ils parlent, et que le célèbre évêque de Meaux en eiit méconnu l'indispensable nécessité ! Ils s'elevent ensuite contre la tyrannie des souverains et de la cour de Rome , l'insouciance du clergé et du peuple, et l'ambition
'Ao PAR
des chapitres des callicilralcs, qui influèrent , selon eux , sur les changements survenus aux élections des pasteurs de l'Eglise. Us accusent les
PAR
Pèrc3 du concde reprennent comme très-déplacec , comme subversive de l'ordre , pleine de scandale et suspecte d'intentions perverses. Us
eveques nommes parla cour, (la- i^ourmanucnt ceux qui transigent
voir abandonné leur troupeau , lors de la nouvelle constitution donnée à ia Fiance : doù ils concluent la légitimilé des évêques nouveaux, l'Ius par le peuple et ordoniu's par d'anciens ct'cques ; et que c'est ainsi que la chaîne a été continuée sans rupture cnt re les premiers eveques et ceux qui occupent actuellement, disentils, leurs sièges. Enfin, ils relèvent leur élection comme irei-/t'{^ilime , et leur institution comme ^/«5 conforme aux anciens canons. Du reste, pour les cleclions aux siej^es et aux cures, ils se rapprochent de la conJitulion ci- (He du c/cr^e, avcc quelques nuances qu'ils y admettent.
\ iennent à la suite de ces règlements deux autres décrets , dont Viin a pour objet de pourvoir aux sièges vacants, et l'autre d'en ériger dans les colonies. Us en créent en conséquence , pour Saint-Domingue, la (Guadeloupe, la Martinique, S.ainte-Lucie , Cayenne , l'île de France , l'île Bourbon ( ou de la l\eunion ) , etc. , et ils assignent les melropolesd'où ces nouveaux sièges ressortiront.
Dans une nouvelle synodique sur (•.n-crs abus introduits dans quelques paroisses, les Pères du concile s'elevent avecbeaucoupde vigueur contre les prêtres ^/m-agues qui , sans autorisation , de leur propre chef, et par i'.es vues intéressées , peut-être plus isiauvaises encore , vont se jeter sur les paroisses, ou pour y supplanter les pasteurs lef^itimement établis, et s'emparer de leurs places, ou pour pactiser avec des peuples sans cures, promettant de les desservir moyen- • lanl unen.odiqne rétribution; sini^crant ainsi dans le ministère pastoral sans autres titres que leur ordination et le choix que ces peuples ont fait d'eu';. Conduite que les
de la sorte avec ces prêtres inconstants; ils vculentqu'on les repousse, et ils 3p])rennent aux peuples que leur droit inaliénable de choisir leurs pasteurs, droit qu'eux-mêmes reconnoissent volontiers , qu'ils défendent de toutes leurs forces , et que même ils creeroient s il n'etoit pas déjà établi , ne va cependant point jusque là. 11 nous paroit que c'est dommage que des casuistes si profonds et si fermes dans leurs principes , aient sitôt oublié qu'ils plaroient naguère la chaîne de la succession pastorale tout entière dans ces deux anneaux , X élection tiX ordination ; et qu'en conséquence le ministère de ces prêtres {^'/roioi^ues devoit être , à très-peu de chose près , aussi légitime que celui des eveques du concile. Ve'lection de ceux-ci avoit-elle été plus canonique? Et les prêtres iy7o>'o^u.'-5avoient-i!sreçu une ordination moins efficace? Mais quand on innove , les contradictions sontsouventcomniodes ; quelquefois même elles deviennent nécessaires :
tout l'art consiste alors à ne pas les prodiguer, et à les couvrir d'enveloppes apparentes et bien ajustées.
Les Pères ont ensuite bonne grâce à s'écrier : « prêtres ! les évêques sont '> vos supérieurs. » ( Laconstilutionci- ■.-iledii clergi , dont vous avez juré le maintien , ne le dit pas fort clairement sur ce qui concerne la juridiction. ) « Jésus-Christ les a places au-dessus » de vous pour è'o/nrragr l'Eghse. »
( Mais la même constitution vous défend de gouverner sans les prêtres et avec une autre prépondérance sur eux , que celle d'un simple prési.lent dans un tribunal.) ■; Et vous » osez vous ingérer { il falioit ajouter » comme nous), dans ce gouverne- » ment, sans leur approbation, sans » leur consentement , coutre leur
PAR
n oriîrc exprès. » Nous ignorons si les eccU'siastiques auxquels s'adres- .od celte apostrophe virulente, y repondirent : ils avoient du moins Leaii ieu. Qi;oi qu'il en soit, les Ptr'res invoqucntavecassez de maladresse le 5o' canon arabique , qui ordonne qu'il n'y ait qu'un e'vêque dans une ville , et qu'un prêtre dans une église de la campagne. Us seplai- {^nent aussi de la dureté de plusieurs /îi/i/es envers leurs pasteurs; et enfin ils décrètent qu'aucun prêtre ne doit s'immiscer dans l'exercice des fonctions pastorales de son propre mouvement, sans y être <////7Jf«/ autorisé par l'évêque , ou par \t presbytère , en cas de vacance du siège ; et qu'étant ainsi placé , il ne puisse être rejeté sans uniuf^enientdumênietrihunal.
Un autre article porte encore , que « la religion impose aux fidèles >■> l'obligation de fourniraux besoins » de leurs pasteurs, aux dépenses » du culte, et aux frais communs du » diocèse. »
Dans l'exposé des principes iilurf^iqiies , qui précède deux décrets sur cette matière, exposé où l'on trouve quelques vues saines et lumineuses , les Pères avoient a;o«A/îf' le 7*" article ainsi con(;u : « La liturgie doit, au- » tant qu'il est possible , associer » l'intelligence des fidèles au sens " des prières et des cérémonies. »
Propobllion qui se rapprocboil en effet de la 86<^ de Quesnel , et de la (i(>« du synode jansénien de Pistoie, comme tendant à introduire l'usage de la langue vulgaire dans les prières liturgiques. Mais devenus bientôt plus hardis, ils l'insinuèrent dans le considérant du second décret, et y ordonnèrent non-sculenient que les prières du prône se feroient désormais en langue vulgaire, mais que , « dans la rédaction d'un » rituel universel pour l'église galli- " cane, \ admimslralioa des sacrements » xcra en langue franç'tisc : les formules »» sacramcntcllesseronten latin. » Us vt'uKint aussi que, hors le cas de né
cessité, les fidèles communient seulement à la messe , immédiatement après le prêtre. Ils ordonnent encore qu'on lise , après les prières du prône , et à la première et dernière messe , où il y en a plusieurs , l' ep'itre et Viran^ile , y ajoutant , à la grande messe , une instruction , et aux autres messes , les réflexions r/m accompagnent Tcpîtrc et l'évangile. On entend apparemment recommander ici ïannee chrétienne de Letourneux.
Nous ne ferons aticune réflexion sur ce que le concile ordonne touchant V administration des sacrements en lan^rie rul^aire , sauf les formules sacramentelles : peu de jan.sénistes etoient allés jusque-là, quoique ce fût leur vœu bien prononce ; et Ton sait assez avec combien de raiso:i l'FIglise s'oppose a de pareilles entreprises.
Suit un re'i^/emrnt pour maintenir l'ordre et la décence dans la célébration de rofficc dii/n. On y bannit du sanctuaire , les laïques , et du chœur les fenmies. Ily est défendu aux pauvres de mendier dans les églises ; et on y invite les fidèles à ne leur faire l'aumôiie qu'à la porte du temple. Enfin on établit des silentiaires , pour maintenir l'ordre pendant les offices.
Dans d'autres décrets sont instituées I." une fête commémorative du rétablissement du culte , laquelle «loit être solenniséc à perpotuifé, le dimanche de la Ouinquagesime ; 2." des prières pour la république, placées dans le canon de la messe , dans les oraisons et collectes , au salut.
Ces deux décrets sont .suivis d'un autre, dans lequel on arrête, que « tout catholique fran(;ais doit aux » lois de la république une soumis- » sion sincère et constante. » Tant la république etoit chère à ce clergé né descs cléments ! Onrcnouvelleaussi l'article du décret de pacification .
rapportéci-de.ssus,pag. 280 ,coll. 2' Mais une jiièce plus curieuse cn- ; core , c'est l'instruction du conriiy
2 ''2 PAU
pourcxliorlerles peuples à prrtcr !<• scrineut de haine à la ro^auttrt h [\inarchie , etc. Ces casuisles ne voient rien dans ce serment qui puisse effrayer la conscience d'un français timoré. Ils réfutent des objections assez légères qu'ils supposent qu'on y fait. Ils appellent à leur secours les principes du richérisme le plus pur.
Ils donnent leur exemple comme une des refiles qui doivent bannir les doutes , terminer entièrement la cause. Suivant eux , Jésus-Christ << consacre par sa conduite cette " };rande maxime conservatrice des >> droits des puissances : l'Ef^lisc est » dans r état, et non l'e'lat dans l' E}^lise. » Maxime qui ne peut présenter un jcns vrai que quand on l'applique aux objets du ressort exclusif des puissances temporelles , et qui est fausse , quand 11 s'agit de la doctrine chrétienne , de l'administration des sacrements , du gouvernement spirituel desàinés, à l'égard desquels le .souverain, quel qu'il soit, doit se soumettre, d'après l'ordonnance de Jésus-Christ lui-même, à la puissance ecclésiastique , en sorte qu'en ces points l'état est véritablement dans l'Eglise, non l'Eglise dans l'état. Au reste, il ne faut pas s'elonner si les Pèresdu conciliabule émettent sans explication cette maxime de saint Optât de Milève , qui ne l'enlendoit pas comme eux. Ils «voient juré de maintenir la constitution ciiile du clergé , dont nous avons fait coniioître le principe fondamental; et ils maintiennent en ceci cette constitution. «Nous vivons, nos très- >' chers frères , disent-ils encore , » dans un état républicain , nous y » voyons les droits de l'homme consa- »' crés , les opinions religieuses respec- » tées ; le culte catholique y est non- " seulement toléré , mais encore pro- » tégépâr les lois. » Si, par ces droits Je l'homme , ils entendent ceux qui furent décrétés par l'assemblée natîonale , cescasuistes se montrent ainiirables, en y applaudissant. ILs
PA[l
le sont encore plus, quand ils réduisentia religion catholique à des opi~.
nions religieuses et au culte , à moins que par ce mot culte , ils ne preten~ dent désigner la religion tout entière; dans ce cas , le concile ne paroît guère bon théologien ; et en se re jouissant de voir les doctrines contraires à la foi catholique , respectées, il fait justement soupçonner q^u'il n'est pas assisté par le Saint- Esprit.
Les Pères déploient toute la pompe de leur éloquence dans leur mandement du 28 octobre , à l'occasion de la paix d'Udine pour relever la gloire de la république, la protection du ciel sur elle et sur ses armes triomphantes. «L'histoire, s' écrient- >• ils, en racontant la chute d'un » trône qui sembloit aflermi par » les siècles, et que nulle puissance » au monde n'a pu défendre , dira » aussi dequellemanieres estelcvee
» la république française Ehran»
» lée , des le principe , au dedans et » au dehors , déchirée par des fac- » tlons, épuisée parles déprédations, ') minée par une guerre intestine , » elle s'e.st vue encore attaquée tout » à la fois par des puis.sances qui » avoicnt réuni toutes leurs forces » pour la détruire; mais elle s'est » ailermie par les orages, et a ré- » sisté aux efforts combinés des » rois et des peuples ligués contre » elle, etc. » Sans doute que les Pères constituticmnels ne prévoyoicnt pas alors que cette republique si fière dans sa contenance , si robuste dans sa constitution , et si invinciblement appuyée par la valeur de ses troupes victorieuses, viendroit, dans trois ans , expirer loutà coup aux pieds d'un étranger ; et que quinxe années s'etant ensuite écoulées, le trône antique se releveroit en France , comme par miracle , de la poussière de ses débris , et réduiroit en poudre celui de l'usurpateur.
Les Porcs saisissent aussi l'occa-
PAR
siondelapaîxd'Udincpoiirmonlrrr leur zèleànieltre l'Ecritiire sainte «•litre les mains de tout le monde.
Ils disent que « celui qui ne m a relie » pas à la clarté de ce flambeau , » s'égare dans la vanité de ses peii- » sées. » C'est donc une loi imposée à tout fidèle de lire les livres sacres. Mais comme tous ne savent pas les langues anciennes, il s'ensuit qu'ils sont tenus de recourir aux versions faites en langue vulgaire. Or, il se
f)résente ici quelques embarras pour e choix : on a traduit laBiMe à (ienève , à Louvain , à Port-Ro) al , et ailleurs; est-il indiffèrent de se servir de la version faite par les ministres protestants de la capitale du calvinisme, ou de tout autre qui peut tomber sous la main? Il nous semble que les Pères , qui se répètent assez souvent sur cet objet, eussent dû penser à décider ce cas, cl indiquer, s'ils avoient pu le faire, une traduction de la iVible digne de confiance, et que tout fidèle , quelles que fussent ses dispositions, pût lire sans imprudence et sans danger. Mais il paroîtqueles Pères ne portoient pas leurs vues si loin, etqu'ils vouloient seulement soulager encore en ceci la douleur extrême que ressentent les jansénistes , leurs frères , depuis plus de quatre-vingts ans , époque cruelle oii la bulle Jjnigcnllus, qui les coiidamnoit , fut jetée dans l'univers catholique et recrue par lui avec un fatal respect.
Le concile termine son mandement par une invitation spéciale aux dissideiils , de venir joindre leurs actions de grâces à celles des constitutionnels pour la paix proclauiee sur le continent , et ne plus faire avec eux qu'une union salnlc dausla/)a/.r et la charité de Jcsus-Chrisl.
Dans la synodique où le concile; annonce sa fin et rend compte de ses travaux, il dit un mot qui réduit un eu la gloire que ses ex])loits ( outre es obstacles à sa tenue dévoient lui asssurei aux yeux du nsoiide entier.
PAB
" Réunis sousl'égidedelaloi, dil-il, » depuis l'ouverture jusqu'à la clo- » ture du concile, nous avons eprou- » vé sans interruption la bienveil- » lance prolectricedesautoritéscon- » stituees, qui se sont assurées les » droits les plusjnstes ànotrerecon- » noissance. » Ensuite ils font part à leurs adhérents d'une dir/am/inn qu'ils adrcssentàtoute la chrétienté, comme un monumcnl a jamais durable de leur amour pour la venté, et de leur courage pour en défendre les droits.
ici , les révérends et vénérai/les tant évêques que prêtres , se plaignent que , ciuoique assemblés pour pacifier l'église de France, etqu'ils n'aient cessé d'ouvrir les bras à leurs frères dissidents , ils n'ont néanmoins (détenu presqu'aucun succès. De là , ils prennent l'Egli.'-e universelle àtémoiii de leur conduite et de la conduite de ceux qui refusent leurs in- (.■itutions tendres et fraternelles. \h a]OU ten t que le ms/3rf/ dont ils sont pénètres pourlesouverainpontife,leur(ir</()n«e (/(■ regarder comme apocryphes les brefs du lo mars et du i3 avril 1791 , et celui du igmars 1792, puisqu'ils ne sont revêtus, disent-ils, d'aucun caractère d\iulhenlieité ; et que , suivant eux, « s'ils étoient authenti- » ques, //*■ dciToienl être dénoncés àl'E— » filise unii-erselle; car ils renferment » des assortions attentatoires aux » droits souverains des peuples et » surtout \\\3l doctrine de Jésus-Christ , » en condamnant l'obéissance à des » lois qui ne sont pas contraires a celles » de la religion. » "^'oilà, pour nous servir d'une de leurs expressions , des symplômesh'xcn saillants de leur profond respect pourle chef dei'Eglise.
Cependant, ils gémissent <' de » voir un grand nombre de chrétiens » plongés dans l'ignorance, au point >) de croire qu'on ne peut être ca- » tholique sans le conscnteuient (\\i " premier des pasteurs. » Il nous paroît que les constilulicnnels se i montrèrent ici plus igiiorai'ts que (ceux qu'ils taxoient avec l.>rmes <!o.
rndt'faut. Car, s'ils se rossoiivenoicni de ce que Jcsus-Christ dit à saint Pierre, quand il rétablit fondement de son Ec;lise , de ce que les canons anciens, qu'ils vantent tant, avoient statué, de la discipline reçue de tout temps , de ce que les Pères enseignent d'une voix unanime , enfin de ce que l'histoire ecclésiastique atteste hautement , ils connoîtroient mieux les prérogatives du premier siège de la catholicité ; ils sauroientque tout rayon qui ne tient pas à ce centre, est hors de l'unité; et que quand le pontife suprême a prononcé la sentence d'excommunication , il n'appartient pas à une église particulière d'en absoudre. Mais on nous parle d actes arbitraires , comme si tout ce que l'autorité légitime a fait dans tous les temps contre les entreprises de ennemis de la religion , de l'ordie et du bien public , n'avolt pas toujours été signalé par eux comme arbitraire. Il sen^ble aussi que les constitutionnels cherchent à s'armer ici décourage, et à soulever les peuples contre l'excommuriicatioii dont Pie VI les avoit menacés dans son bref du 19 mars 1792, par la crainte qu'ils ont de l'exécution de cette menace.
Quoiqu'il en soit, ils osent espérer encore quelque remède aux maux de l'église de France, de la part du même pape dont on leur a cependant donné, disent-ils, l'assurance des dispositions hieturillanlfs à leur égard. Mais « dans cette at- » tente, ajoutent-ils, nous travaille- » ronssans relâche à répandre la lu- » mi'erc , jusqu à ce que tous les yeux '> voient la limite qui sépare l'autorité >' légitime de l'abus qu'on peut en » faire. '>Travailcurieux,sans doute; lumières apparemment profondes et sublimes, mais encore inconnues au monde chrétien , puisqu'il faut un trm-ad sam; relâche pour les .y répandre. Cette jactance singulière a toute la physionomie d'une menace, qu'ils adressent à leurtour au chef de \'V.-
FAP».
glise et à tous ses collègues dans l'e-piscopat ; on doit donc s'attandre que les sources dans lesquelles ils puiseront leurs autorités et leurs documents, ne seront pas les mêmes que celles oîi l'Eglise enseignante trouve la tradition et les rcglessages qu'elle regarde comme une boussole.
Il est vrai qu'un grand nombre de jurisconsultes modernes leurfourniroient à cet égard une mine trèsriche à exploiter.
Après cette bravade menaçante, les pères continuent ainsi : « Dans » le casoù l'acte de justice, que nous » avons sollicité tant de fois, nous » scroit refusé; considérant que nos » ennemis ( ces frères qu'on a tant » caressés jusque-là) , après avoir dé- » chiré la France . n'ont cessé de nous » calomnier aux yeux des autres égli- » ses de la catholicité, forts de la » jusllce de notre cause , de la droiture de » nos intentions...; au nom des pasteurs » et de tous les fidèles de l'église gal- » licane, nous demandons «n/w^fmen/ » le^^al et canonique, de l'Eglise unner— » selle. En conséquence, nous faisons » au chef de l'Eglise les plus vives » instances pour qu'il convoque au » plutôt un concWe acnménigue , à la » décision duquel nous nous sou- '• mettons d'avance. » Les constitutionnels jettent ouvertement ici le masque ; ils demandent un fuf^ement L'f;al et canonique ; par cc jugement, ils entendent la sentence d'un concile œcuménique ; et c'est à une décision de cette nature qu'ils se soumettent d'avance. Peut-on niéconnoître plus clairement, quoique d'une manière oblique, l'auîoriîéde l'Eglise dispersée , et lui refuser 1 infaillibilité que Jcsus-Christ lui a promise , quand il a dit qu il scroii ai- c elle , TOUS LES iOVKS, jusqu h la fi'i des siècles , et que les portes de f enfer ne prétaudront point contre elle? Ou ces hommes téméraires espèrent qu'on leur accordera la tenue du concile qu'ils réclament, et c'est de leur p.yt le < onilile de la pi esomplion ; ou lis
n'y romptcnt point; et alors leur demande est illusoire, et ils ne l'émettent que |iour tromper les peuples, gaijiier du temps, et solider leur révolte. Ce n'est pas tout.
« Kn ras de refus de la convocan tion d'un concile oecuménique, » nous demandons /'oim motive des 3> facultés de théoloj^ieeldesuniver- » sites de l'Europe. » Comme s il pouvoit venir de la quelque décision bien rassurante contre le jugement du saint Sré;;e et du corps des premiers pasteurs ! « Surtout nous ré- » clamons le jugement des autres » ei:Xises nalionales ,3i qui la justice, » la charité et l'exemple des pre- » miers siècles imposent le devoir de » s'intéresser solidairement à toutes » les portions de l'Eglise catholique.»
Comme si tous les éveques ayant déjà prononcésurleurs sièges, d'une manière expresse ou tacite , avec leur chef, il pouvoity avoir quelque raison d'appeler en conciles nationaux ceux des diverses contrées. Les jansénistes Saint-C3Tan,Quesnel et consorts ne portèrent pas d'abord leurs prétentions si loin. Us n'exigèrent, pendant un temps, que des monuments attestant l'adhésion des églises delEurope à la bulle L'nigenitus. Pourquoi leurs enfants se montrent-ils sitôt plus hardis et plus difficiles que leurs pères ? Ils se vantent quelquefois d être: les disciples du grand Bossuet ; comment osentils s'écarter de sa doctrine dans un point si essentiel et si périlleux? Cet c'vêque illustre ne disoit-il pas, et ne devons-nous pas dire tous avec lui :
« De quelque manière que l'Eglise » donne son consentement, l'aflaire » est ton t-à- fait terminée; car il ne j> peut jamais arriver que l'Eglise » gouvernée par l'Esprit de vérité » ne s'oppose pas à l'erreur (i) ? »
Enfin,les Pères s'écrient: «Placés » en face de l'incorruptible posté-
(i) Dcfens. déclarai. Clcii. galHc. t. i. <;. 2.