‹ Dictionnaire des dictionnaires de médecine français et étrangers, ou, Traité complet de médecine et de chirurgie pratiques (volume 2)Chapitre 103 sur 143 · TOME Vil · texte numérisé non relu

TOME Vil

mécanique.*; ou chimiques. Les feuilles sèches d'une plante la plus innocente , comme la mauve, si elles ne sont pas finement pulvérisées, déterminent, lorsqu'on les inspire dans les narines, ces mêmes effets irritans. A côté de ces phénomènes locaux produits par le tabac, s'en présentent d'autres : tels qu'une céphalalgie d'abord légère , des étourdissemens et une sorte d'ivresse. Il n'est pas nécessaire d'avaler le tabac pour éprouver des nausées accompagnées d'angoisses à l'estomac, et même le vomissement. Il est vrai que ces symptômes ne sont pas de longue durée quoique l\amazzini les ait vus persister plus ou moins long temps chez les fabricans de tabac , lesquels éprouvent souvent une toux opiniâtre et des tremblemens dans les membres. Un ami du docteur Chomel, en flairant du tabac d'Espagne, tomba en défaillance et son corps se couvrit d'une sueur froide. Ce sont-là des effets dynamiques en opposition avec les premiers; ils sont la conséquence de l'absorption de quelques parcelles de nicotiane. Les différentes espèces de tabac offrent des effets soit dynamiques, soit physico-chimiques fort variables. Toujours, cependant , l'intensité de l'un de ces effets est en raison inverse de celle de l'autre. Ces différences dépendent principalement du climat que la plante habile, du terrain ou elle végète, de la manière de la préparer, de l'état plus ou moins avancé de sécheresse, etc. On comprend que, si la poudre de tabac n'est pas humide, la pituitaire ne peut l'absorber ; alors il n'y a pas d'effets dynamiques, et l'action, seulement mécanique, consiste dans le chatouillement de la muqueuse : l'etret inverse a lieu si la poudre est fine et un peu humectée. La ferm.entation influe beaucoup aussi sur la nature de l'action du tabac, car elle développe des principes salins nouveaux qui irritent les narines et qui donnent lieu à des effets dynamiques divers. J'ai observé qu'à conditions égales la poudre fcrmentée chatouille, il est vrai, et irrite vivement les narines, mais produit moins d'effet sur l'oii-

rë|)h;ilp. On priil sVn convaincre on se simv.iiil conipiiiiiliMniLMil de la poudre tic k'iiil'ws ijon feiiiiriiiécs el do ci'lle de feuilles fcrmeiuées, au nièuie de;iié d'iiuriiidilé.

« L'aelion mécanique irril.mle du tcibac chez les fumeurs esl exccssivcmeni faible; on pdurrait j)resque lare^'arder comme nulle. On se tromperait si on voulait s'explitpier ce fait par la salivation abondante (luéprouvent les liimeurs. Si on relleclut qu'en tenant entre ses dénis un fétu de {)ail!e, ou un caillou dans la boucbe, la salive esl sécrétée en abondance, on doit déduire que le surcroît de sécrétion (jui a lieu cliez les fumeurs lient h la présence diin corps étranger entre les dents. l-.lVccliM-nu'nt , on n'éproiivc pas de la salivai ton abondante lorstpi'on a lli.ibitude de tenir la pipe ou le cifiare «lu bout des lèvres. La fumée du tabac n'est pas du tout irrilanie, je ne cesserai de le répéter, pui<(|ue je ^ois plusieurs |)ersonncs en in>:pirei il pleins pownioMS sans en é[)rou\cr la moindie toii\ ni la moindre inilation a la Kor'^e; et moi-même. (|ui ai iine aversion ïiron<'ncée pour la fumée de liibac, ji' me suis trouvé daiis un lieu oii l'air était fortenu'nt impréjiné de vapeurs de nicol iane, et j'y ai resjiiré pendant (pieU|ue temps sans autre gène «pie rii>crsion paituuliere pour celle odeur. Il en est aulr(ni( ni lorstpie la >apcur de la nicoliane est alxorbée. De l.i laiiiinriir ;;éiié- Tale, de l'on^ourdissement, un troubb' «lans les idées frappent celui qui pour la picmierc fois inspiie la fumée du tabac ou s'en trouve enveloppé. Il éprouve de la pesanteur à la léle, des verti-zes; il cbancelle , pâlit, a de frcipienles envies d'uriner, des nausées , des douleurs à l'estomac, um- faiblesse pénérale, 4\\\ froid h la |)eau, ilvs sueurs vers le front, (".es phénomènes sont les avnnl-coureurs du vomissement, qui s'efTeclue sans aucun soulagement des autres symptômes. On ne doit j>as en accuser la salive qu'on aurait pu avaler ; car la même cb.ose a lieu chez les personnes renfermées dans îles cbamlires closes, v[ même aux meilleurs fumeurs qui y restent «•oîiime simples spectateurs. Ces svmplômes peuNcnt empirer au point de donner lieu à la défaillance, à l'assoupissement, h l'asphvvie cl même à la mort. Un connaît le fait relatif aii\ dcu\ frères dont parle llehvlnt: , qui moulurent dans un élal léibar;:iqiie pour ..\oir >idé, en fumant, lun dix sept et l'autre iJix-huil pipes de lab.ic.

» Ceux «|ui chiquent en éprouvent des pfYelS d'irritatii.n mécanique Ires prononces, savoir : une Copieuse salivaliou , île la chaleur dans la I o uhe, cl quel.iiief</i> même une vciilable inflammation aux gencives, au gosier, a la langue. Les elTcls dynamiques en

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