TANNIN
rendre des services réels à la thérapeutique. Suivant I\L Cavarra, le tannin pur ne peut, sous le double rapport de son action médicale et de la promiitiiude avec laquelle il agit, être assimilé aux substances qui en contiennent le plus; il leur est de beaucoup supérieur, (liouchardat, £Uui. de mat. mctl. et de pliarin., j). -48.)
ÎM. Pezzoni, médecin à Constantinople,qui en a éprouvé lui-même l'ellicacilé , a vanté son utilité, égale, dit-il, à celle du meilleur quin(iuina, dans les cas de consomption, de niarasme , de chlorose, contre les lièvres d'accès, l'asthénie, elc. (Dict. des se. med., t. Liv, p. Ô41). G. Iiicci la emplojé, dissous dans lalcool, contre les hémorrhagies, et, en solution dans l'eau distillée de laurier-cerise, comme contre-stimulant ( F.scnlnpio, 1"" cahier, p. (!.) J.e docteur Ferrario, de INlilau, la souvent administré à l'intérieur dans les cas d'hémorrhayics i)assives. {Aiifiuli U7iiver- .s(di, jainicr ISiD). Enfin, ^L J. Cavalier, de Draguignan, a rapporté deux observations de méirorrhauies rebelles et inena«;anles, arrêtées par l'emploi du tannin pur. A l'exemple du docteur Posta, qui a indiqué les règles do son emploi, il la donné par doses de 1 décigramme {'2 grains), toutes les deux heures, jusiju'a concurrence de -i grammes (1 gros), ce qui n'a causé aucune irritation gastrique. Il le croit indupié contre les hémorrhagies passives, les liémorrhagies chroniques, et enlin, connue palliatif, dans les hémorrhagies avec alTection organique de l'utérus. ( Mcinor. des Iiùpil. du Midi., t. I, p. .'iO.)
A l'intérieur, on le donne dans les diarrhées ehroni(]ues à la dose de .^ à ilO centigrammes chez les enfans, et de .% à 15 décigrammes chez les adultes ; dans les blennorrhagies chroniques, dans les catarrhes pulmonaires et utérins, à la dose de 1 gram. el même plus, par jour, pendant un et même deux mois. A lexlérieur, on l'emploie : 1" en |ioud;f, on {'uise de labac, dans les ('pistaxis rebelles et les coryza» chroni(|ues; i» en gargarisme, h la dose de 1 grammes pour 1 (piart de litre d'eau, dans les phlegmasies chroniipies do la mucpieuse de la bouche et du pharynx ; T>" en injections, à la dose de 6 a .')(» centigrammes par cha(|ue r»() grammes de véhicule, dans le traitement des blennorrhagies vatziiiales et urétrales; -4" en laveniens. à la do-e de I gramme a 1 gramme 1/2 jiour un demi-lilre d Cau, dans la proclorrhée, dans 1.1 diarrhée chronique, dans la dysenleterie chroni(pje; .'>" en collyre, h la dose do 1 a 2 décigrammes pour chaque r>() grammes dCau, dans rophlhalmic catarrhale ; 0» en é|)iilieme sur la peau, pour resserrer les li.ssus, résoudre le.s iwwi twUrrtii^ elc.
Nous ne pouvons mieux placer qu'ici ce (pii est relatif il la noix de galle, qui, bien quo |ournis>ant le tannin à la médecine, n'agit
Dierc convenable, ce corps peut, au contraire, j pus cependant ab^olumcnt de la mCine nia
TARTRi:
nicre sur rdconomio animale, et est ellemême employée dans certains cas spéciaux où l'on ne pourrait suppléer à son usage par celui du tannin pur.
On nommé noix de galle une excroissance arrondie, qui se forme sur les feuilles de diverses espèces de chênes, et en particulier du quercus infectorin, par suite de la piqûre d'un diplolèpe, insecte de l'ordre des byniénoptères.
La noix de galle est composée, suivant M. Berzélius, de tannin, d'un peu d'acide gallique, d'extractif ou tannin altéré, d'un composé d'acide peclique et de tannin insoluble dans l'eau froide, de tannate et de gallate de potasse et de chaux.
Les galles ont une saveur acerbe , et font une vive impression styptique dans l'intérieur de la bouche ; elles produisent un effet analogue sur les autres surfaces. Le resserrement qu'elles déterminent dans les libres des tissus organiques augmente leur vigueur matérielle; les molécules que l'absorption fait pénétrer dans le torrent de la circulation doivent susciter le même changement dans toutes les parties qu'elles touchent : voilà l'organisme de l'opé^tion tonique de Cette substance. L'action aslrictive qu'elle exerce sur la surface gastrique , lorsqu'on l'administre à l'intérieur, est souvent si vive, qu'elle blesse l'estomac et que, si la dose est un peu élevée , elle provoque même le vomissement.
« En médecine, disent MM. Mérat et Delens, la noix de galle est considérée comme le plus puissant des astringens végétaux européens; aussi fait-elle partie de la plupart des remèdes de cette nature. On la conseille dans les hémorrhagies , les diarrhées , les flux muqueux, les relôchcmens des tissus, la salivation mercurielle, etc., soit à l'intérieur, soit à l'extérieur ; dans le premier cas, la dose est de 1 à 5 décigrammes qu'on peut répéter plusieurs fois dans la journée jusqu'à 2 grammes. Il faut se rappeler l'action tonique et excitante de cette substance lorsqu'on la prescrit. On l'a surtout préconisée comme fébrifuge, et on l'a administrée avec succès contre les fièvres interniiltenles , seule ou associée aux amers. M. Barbier la conseille dans les cas de faiblesse des membranes de l'estomac, pour prévenir leur ramollissement, dans les diarrhées qui proviennent de la débilité intestinale, et il lui a vu arrêter, dès le premier jour, un dévoicment de cette nature qui avait résisté à tous les autres moyens. On en fait des injections dans le vagin, le canal de l'urètre, etc., daub les écoulemcns muqueux, etc. » {Dict. de thér., t. v, p. 583.) Un des usages les plus avantageux qui aient été faits de cette substance , est celui que Godart a indiqué {Ancien Journ. de med., l. XLix, p. 242 et 307 ) contre les gaz qui distendent le canal intestinal à la suite du
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relâchement de ses parois. Ce médecin rapportequinze observations de tympanites guéries par l'usage d'une mixture ( omposée avec 4 grammes de noix de galle, 1)0 grammes de sirop de Kernel, et 180 grammes d'eau de fenouil, dont on prend une cuillerée toutes les heures : les sujets ne rendent pas de vents, qui sont sans doute absorbés , aussi nomme-l-il cette substance le .spécijique des vents.
Enfin , on s'est servi de la décoction de noix de galle dans les cas d'empoisonnement par l'opium et les divers alcaloïdes vénéneux: c'est un des meilleurs moyens de neutraliser leur action; puisqu'elle formeavec eux des tannâtes insolubles, et qu'on n'a pas, d'ailleurs, d'autres agens capables de les décomposer directement dans les premières voies.
Les formes sous lesquelles on administre la noix de galle sont celles de poudre, de décoction, de pommade.
1» Pondre de noix de galle. On la donne aux doses dont il a été question plus haut, soit en pilules ou en électuaire, soit suspendue dans une potion ou une boisson appropriée.
2o Décoction. On la prépare avec la poudre à la dose de 4 à 15 grammes pour 1 litre d'eau. On l'emploie soit à l'intérieur, par exemple dans les cas d'empoisonnement dont il a été question , et alors on la donne par tasses rapprochées, soit à l'extérieur en lotions, fomentations, gargarismes, injections, etc.
3" Pommade. Ce médicament , que l'on obtient en incorporant 1 partie en poids de poudre de noix de galle dans 8 parties d'axonge, a été cité par Culîen comme très employé en Ecosse contre les hémorrhoïdes. On pourrait s'en servir avec avantage dans les cas de relâchement du rectum, du vagin, etc., en frictions ou sur une compresse.
TARTRE STIBIÉ. A l'article Antimoine (V. t. I , p. 400) , nous avons renvoyé à Tartre stibié pour ce qui est relatif aux propriétés toxiques des antimoniaux , à leur recherche chimico-lcgale et à leur emploi thérapeutique ; nous avons donc à examiner ici , sous ce triple rapport , le tartre stibié, qui est de tous les composés d'antimoine celui auquel on a le plus souvent affaire soit dans les cas d'empoisonnement , soit dans les circonstances pathologiques où les préparations stibiées sont indiquées.
L Examen toxicologique. Les expériences de M. Magendie tendent à démontrer : i° que l'émétique exerce principaleme(it son action sur le canal intestinal et sur les poumons , 2° qu'il agit et localement et par absorption. En effet, quand on injecte dans les veines d'un chien ce poison dissous dans l'eau, quand on l'introduit dans l'estomac , quand on l'applique à l'état solide sur le tissu cellulaire , ou ([u'on l'injecte dans ses cellules , on observe des nausées , des
TARTRE STIRIÉ.
vomisspmcns , des flcjoclions alvinos , une difTicuIlc |)lu< 011 moins grande do la rospirulion , en môme temps que la circiilalion s'arrc^Ièrc. On Iroiivo après la inoil dos traces d'iiilLimmaiioii des poumons, de l'esloniac el du (Miial inicsiitial.
l.a dose d'émi'liciuc capable de donner la mort chez les chiens, lorsrpie cette substance est introduite dans l'estomac, varie en raison de l'exisionce ou do l'absonco des >omissemens. l^ilc est de "» à ." déci;:ram. chez les animaux dont on lie l\v<opha;:e. Il est impossible de l.i déterminer lorsque les Yon)issemens ont lieu.
Si Ion a éitard aui observations recueillies chez l'homme, on est porté à admettre cette double action de réméti(|ue , 1" Mir le canal intostinal ; îii" sur les jioumons. Sur le canal intestinal : en elTet , dans tous les cas où les individus ont succofubé après avoir pris de fortes doses d'émétique, on a souvent trou^é des altérations de l'ostomac et des intestins (pii dénolaiont une iiiflanmiation Intense. Sur les poumoi'.s : car dans plusieurs cis on a constaté l'exisionce de taches noi- Tc-'itros, irrcuMilières, s'étendant plus ou moins profondément d.ms h» paronrliynic de ces orf;anes avec hcpalisation du tissu.
Ouant h la dose ca[)able do donner la mort à un indi^i(Ju, il est im[)ossihle de la |)récis(;r d'après les obscr>ations f.iiies sur riionuiio , ol)sorvations qui ne coincidont pas avec les rvpérioncos de INI. IM.iuendio. Ain>i , on a pu administrer ju«quà 8 gram. d'émétiiiue, sans donner lieu à aucun accident , et sans qu'il y ait eu de vomissemens. A la vérité , cette dose n'a pas été prise de prime-abord ; Tuais, dos le flébul , on a dorme GO , 7."> et ICO cenlis^ram. d'omélique, ot souvent plus. Du reste , ce midiramonl a cté administre, dans ces ca.^, chez l'homme malade , el , sous ce rapport , on ne peut pas on inférer qu'une pareille dose j)ro(luirait les mômos elTfischoz l'homme dans l'état de santé. î.os obsorvati(>ris d'empoisormoment par cette substance, et les expériences récentes de ."NI. Orhla s"élévoraionl contre une pareille assertion.
On sentira facilement (ju une foule de circonstances sont susceptibles de faire varier celte dose : l'élal sain ou malade de l'individu , son Age, sa c(>nstilulion , la faciliie avec lacpiollo il vomit, la quantité d'alimens qu'il a pu avoir |irise, la manière dont l'emétiijue aura été administrt' , etc.
Les synqilômos (|ue d('veltq)pe l'empoisonnoment par l'é-métique (onsistenl dans une saveur désapréable au moment de l'iimesHon du poison, des nausées, des vomissemens qui|(]iiofois reitérés , ou diins rabsonco complète de vomissemens ; une doideur cpi^jas- Irifpie plus o!i moin* vive, une cniiir.itlion convidsi\o du pharynx et de l'irsophape, une chaleur brOlanto dans la répion de roslomac, des syncopes, une pêne assez forte de la rcs-
|)iration, le pouls petit, serre et fréquent, une sueur visqueuse surtout le corps, des évacuations alvinos considérables accompagnées ou non de colirpjes, do tranchées, et par suite toute la <érie des sympiùmes (pjc développe riiiflanunation du canal intestinal.
Quant aux altérations (jue l'on trouve après la mort , elles sont celles qui accompapneut les phlepmasies des mômes orpanes: toutefois , il est juste de dire que , dans plusieurs cas , les altérations trouvées apro< la mort n'ont pas répondu à rensembl.' des phénomènes morbides observés pondant la vie. (A. Devergic , inùd. Icg., '•1' édll. , t. m , p. r.GG.)
Nous venons de faire connaître la manière, de voir qui a le plus pénéralemcnt cours en France sur le modo d'aclion (pic l'émétiquo exerce sur l'économie animale ; mais, depuis une trentaine d'années, une autre opinion a été professée h cet égard : c'est celle de l'école italienne ; et il est nécessaire de l'oxjjoscr à son tour , car c'est sur elle que repose la doctrine du contro-slimulisme.
« Los cITeis au tartre siibié chez I homme on santé , (iit ]\I. Giacornini , sont vari.iblcs selon la dose. J contipram. donne ordinairement lieu à (ios sueurs lépères pénérales ; à la dose ào !2 ot métno % cenlipr.un. il fait suer » opieusemont , ou bien d produit des (évacuations aJMnos. Oc '» a 1'» contipram. il cause dos nausées, des frissons, de la pAleur, des vertiges , la saliNation , dos vomissemens répétés , violons . avec sueur au front , obscurcissement de la vue , tremblemen« involontaires dans la mAchoiro inférieure. C'est ce qui a lieu dans le plus grand nombre de cas , rependant l'action du tartre stibio peut varier sinpuliorfmcnt en intensité selon les individus. Il est prouvé, d'ailleurs, par lobservation journalière . que le tartre stibié à la dose d(! plus de l.'l contipram. à la fois, no produit pros(pie jamais de vomissement. Il est pourtant vrai de dire (pie ni("me les fort os doses de ce remède ont (piclquefois été suivies de vonussenu'ns. Lebreton pore observa une personne qui avait pris eu une seule fois '■24pram.de tartre émétique , el qui, l(\s ayant vomis presque imm(''(lialomont , n'en ressoniit au( un mauvai.s ofrot. On observe aussi le vomi^senuMil par l'iopeslicm de 1 "i à iiO contipram. donnés on une fois, pourMi (pi'ds soient dissous dans beaucouj) do véhicule. J,o vomissoment a lieu prcsipie toujours une ou doux fois dans le principe , lorsqu'on l'administre , même à forte (lose, mais par cuillerées |)lus ou moins éloi^Mu-cs. Ces faits, loin de combattre notre |)rincipo , le fortdienl. puis(|u'on sait déjà (|u'ii |)elitos doses, ot consé()uemmenl à mie action ni('-(liocro , le tarlro éméli(|ue |)roduit le vomissement , tandis (|u'a haute dose ce résultat n'arrive pas. Or , qui ignore quo !«
TARTRK STJIUÉ.
premier effet , l'effet Inslanlanù de ce remède , mOme à forte dose, doit 6lre peu sensible, modéré, propre enfm à jjroduire les conditions du vomissement ? Il est pourtant très rare que l'action successive et plus prononcée excite le vomissement; elle donne généralement lieu aux effets qui ont été indiqués plus haut. Par la même raison, le vomissement peut se déclarer si le remède est dissous dans une grande quantité de liquide, car alors l'action se manilestc dès le commencement d'une manière plus faiUle. l'aria même raison enfin, les doses répétées, encore bien qu'elles soient très fortes au total, provoquent le vomissement dans le principe , c'est à-dire tant que l'action générale est légère ; aussi, pour arrêter ce vomissement, n'y a-t-il rien de mieux à faire que de continuer et de hâter l'administration du tartre stibié, parce qu'on augmente ainsi son action génér lie.
» Quelle que soit la voie par laquelle le tartre stibié entre dans l'économie, il donne toujours lieu aux mêmes résultats , c'est-àdire à des sueurs , si son action est légère ; à des évacuations alvines et à des vomissernens, si elle est un peu plus forte ; à une hyposihénie générale enfin, si cette action est encore plus élevée. On obtient ces résultats soit en l'injectant dans les veines , soit en l'Introduisant par absorption endermique, soit enfin par les voies gastriques. Appliqué sur la peau en solution aqueuse, il occasionne assez souvent des nausées et même des vomisscmens : plusieurs personnes ont observé ce fait. Huichinson et Letlsom, ayant plongé plusieurs fois les mains dans une solution de tartre stil)ié , éprouvèrent un sommeil profond , comme s'ils eussent pris ce qu'on appelle un narcotique. La pommade stibiée , si elle est préparée de manière à ce que le médicament puisse être absorbé , peut produire des vomissemens. On a observé aussi, chez un malade atteint de chorée, dont on avait enduit tout le corps avec cette pomniade , le ralentissement du pouls, de la pâleur au visage , une sensation de froid général , des vertiges , de la défaillance , de la faiblesse enfin dans (oui le système musculaire. Que si le tartre stibié nélait pas absorbé , ce qui arrive quand lu pommade n"a pas été préparée avec la solution aqueuse de ce sel, on n'a alors que des effets locaux, savoir de la rougeur et une éruption varioliforme ou pustuleuse.
» Les phénomènes qui viennent d'être notés ont lieu d'une manière plus ou moins prononcée lorsque l'action du lartre éméti que est très forte , et ils s'accompagnent alors de symptômes assez patents d'iiyposihénie générale; ce qui concourt à prouver que le vomissement n'est pas iio phénomène de l'excessive acli(tn de ce comijosé. mais bien le froid général, la pâleur, l'immobililé, TOME VU.
l'engourdissemenl, la petitesse et la faiblesse dans le pouls , la forme dite hippoerati(pi(i de la face et les délaillanees. Les médecuis italiens, qui prescrivent fréquemment , d'après les travaux de Rasori , de Horda , do 'l'onirnasini et autres, les sels antimotnaux dans toute maladie à fond hypersihéni(|ue , sont fort familiarisés dans l'observation de ces phénomènes. Cette pratique a été , dans ces dernières aimées , imitée dans quelques pays étrangers, et les mêrne,s faits ont été observés; aussi personne ne doute plus guère que le tartre émétique ralentit réellement le pouls , et peut , dans certains cas , remplacer la saignée : quelques praticiens vont même jusqu'à soutenir qu'il peut exclure l'enifiloi des émissions sanguines dans le traitement des maladies infiammatoires des poumons. Spence remarqua que le tartre stibié à haute dose , produit une extrême faiblesse dans tout le système musculaire et dans les nerfs. Trousseau a vu par la suite que l'administration de ce médicament augmentait dabord un peu la force de la circulation du sang et qu'elle déterminait des vertiges , ce qui aurait pu dépendre des efforts que les malades avaient fait pour vomir sans résultat ; mais bientôt après le nombre et la force des pulsations artérielles diminuaient et descendaient au-dessous de leur rhythme normal jusqu'à 58 par minute : cet abaissement dura pendant quelque temps. Après la cessation de l'administration du remède , il vit aussi la respiration se ralentir: de sorte que les inspirations descendirent de vingt-quatre à six par minute. Il remarqua en outre que la respiration peut rester fréquente lors même que le pouls s'est ralenti jusqu'à oG battemens par l'effet du tartre stibié. Le ralentissement du pouls a été aussi noté par Teallier. Indépendamment de ce phénomène , J. Frank observa , à la clinique de Delpech et de Lallemand, que dans les affections traumatiques, le tartre stibié diminuait la chaleur animale, modérait l'hématose, et , par conséquent , déprimait toutes les fonctions de la vie organique ; de là, l'abattement et l'engourdissement général. Weinhold soutient que ce sel diminue la sensibilité et détruit l'irritabiliié du cœur et des artères. Lades, guidé par sa propre expérience, est arrivé à la même conclusion que l'école italienne, relativement à l'action de ce médicament ; il lui reconnaît une vertu sédative, indépendamment de sa propriété évacuante. Enfin, pour ne taire aucun des effets qu'on obtient par le tartre stibié à haute dose, je dois mentionner le piyalismc qui a été observé par James, et son action partieulière sur les nerfs de la huitième paire d'après l'observation d'IIaighten et de Magendie. » ( Traduction de la Pliarnuicolofjic , p. 2C0.)
L'école italienne ne borne pas à la manière d'agir de réméiiquc, les différences de l'opi-.
TAU'IRE STiniÉ.
iiion ([u'i 11»' pitilc^so nu sujet dore sel : .-liiisi, l;m(!is (|n'(U Ir.mee «mi piiilc de Usions jiliiei'niasiipies <lé\('l()|i|iees par ce sel diins le r;,i;.il ;.'iis!r{)-iiilesUn;il , les p.irtisiiiis du coiilro-sliinul'.snie nicni forinellenieiil l'i-xistciice de ces ;duhalioiis connue consé(iuence de remploi de cet npont. !\1."M. UtH'amier et J. (Jotiuel ont trouve la membrane interfio de l'esiciuae reeouverle d'ime nnieosiic' épaisse. (^)nalorze ol)ser\ati(ius d'indiNidus irailés par le larlre slibié à liaule dnso , ont élô rapportées par de La{:arde : dans onze de ces cas, les symptômes de |)hloî:ose inleslinalc disparurent sous rinllueiue du inn)e;i, et. chez trois individus (pii suecoiu- I èrenl la membrane nuKjueuse de l'estomac fin irouM'e tlans son élal normal , et méuie nu tant soit peu paie: dans im cas seuieiuent «'Ile éi.-iii louc'OAire. îMériadec-Laëunec a ol)ser\é la muijueuse }:astri(pie décolorée, ])"ile ou fort jicu injectée, comme dans presipie tous les cadavres, chez ceux (pii avaient j)eri d'.iHecl'.on l'.uiuionaire, ?oit simple, soit «■(im[il;(iu('>e de p.!>tri:e, et (]ui avaient été liaités par le laiire slibié ii liante dose. M. Slrambio, de Milan, a |)ublié vinui-quaire observations de pneumonies traitées par le l.irire émétiipie , rerueillies à !a elinicpie ju<*'!ne de liasori par le do( tiiir l'i'ato : il a «liuioniré, par ces observaiiuns, d'une niainere ineonleslable, (pio l'appareil i:astri(pie, riiez ceuT (pii ont suicouibé, ne présentait l»as la moindre aller al iiin iiastiique.
La dissemblance il'opinion ne se borne pas à ces jioinls; elle se reflète nécessairement î;ur le mode de traitement conseillé dans les r..s d'empoisonnement [lar le larlre siil)ié,et il ne |>()uvait en <'Ure autrement. J'in elVcl , tandis (pie les eontro-stimnlistes .•ilVirmenl (pi av» c le vin, l'alcool, les etbérés, les opiacés, on diminue ou on dissipe les ellets tuxiipies d«î l'émélique, M. Orlila conseille , après l'expidsion du poison à l'aide du vomissement ou sa neutralisation ])ar la d('Toctinii de (piin(piiiia ou de tout aiilic M'L'elal as! rincent, dereeo\irir aux sangsues et mi-me h la saij:n(''e pc-nerale s'il y a con'«triciioii au jibarynx ou s'il s'est développé une inflamiiialimi de r(rsopliape , des poumons ou de ) eslomac.
II. r.i.(.in.i'.f;nr.s cniMico -ri'r. \i is-. S'il s'aîii^sait. à la suite d un cas dCmiioioonnenient par le tarire slibié. de proeéiler à des rcbenbes ( himico lé::ales jiour arri\er à In découverte de re poison, il Taudrait se rapp'Ier (jue ses principaux réactifs «ont la polisse , l'eau de chaux , l'acide siilll.ydi iipie «M les su'.fhydrales alc.ilin»-. Mai<, d'après ]M. Orlila, I aiiahse ne doit pas être bornée, comme on la fiil jus(pie dans ces derniers tMiips, il l'examen Ile l 'eslomac, des intestins e des matières (pii s'y trouvent contenues; de doit, an contraire, fMre |ioussée aussi I ,m que pour l'acide cr^éiiicui. Voici les
corn liisions que ce toxicologisle a déduites
de ses expériences.
« 1° Le tartre stibié, introduit dans l'eslom;u* ou appliqué sur le tissu cellulaire souscutané des chiens vivans, est absorbé et porte dans tous les organes de l'économie animale, comme INI. INlagendie l'avait annoncé sans le démontrer ; !2'' lors(pril est mis en poudre ténue sur le tissu cellulaire sous-cutané de la partie interne de la cuisse, il suflit de 1 décigramme pour déterminer la mort des chiens de jietite taille au bout de trente ou (piarante minutes ; Tt" il est possible , «î l'aide de certains jirocédés chimi(|ues, de retirer l'antinioine métallique de la jiortion du larlre stibié qui a été absorbée; 'i > il devient indispensable de recourir à celte extraction lorsipi'on n'a pas retrouvé le poison dans le canal dijiestif ou sur les autres parties sur lesipielles il avait été immédiatement nppli- (pié, ou dans la matière des vomisscmens, car, en se bornant à rechercher le tartre stibié dans l'estomac et les inlesiins, on court d'autant plus le risipie de ne pas le découvrir, qu'il est très facilement vomi, tandis que l'on pourra obtenir le métal d'une partie au moins de la portion (pii aura été absorbée; "i" un rapport médieo-h'jzai devra élre déclaré incomplet et insunîsanf, par le seul l'ait (pie , (Itnis ie rns indique, on aura omis de rechercher le tartre stibié dans les tissus où il peut se trouver ajirès avoir éié absorlié ; t!" parmi les viscères de l'économie animale, les organes sécréteurs, et notamment le foie et les reins , en contiennent beaucoup plus (pie les autres, ce qui tient evideinni'Mit à ce cpje le sanp séjourne plus long-tpmjis dans les |)i(>miers (pie dans les derniers ; 7" s'il est décomposé jiar le sang et par les organes dans lescpiels i! se rend, cette décomposition n'est pas coiufilèle : puisqu'en traitant ces organes par l'eau bouillante , on obtient un li(piide Ires sensihiemeni aniimonial; à la vérité il ne serait pas impossible (pie l'acide tarlri(|iie seul Cùl décomposé, et (pie le tarire stibié rut réduit à l'élat d'hypo anlimoiiile de potasse s(duble dans l'eau boiiillanle; S" on lient déceler ce poison en traitant convenablement un des viscères de l'économie animale préalalilemenl desséché, surtout lors(iue ce ^iscère est un orcane de sécrétion : mais il est préf(''ral)le d'agir à la fois sur plusieurs d'entre eux , alin de se [irociirer une jilus grande ipiantité d'antimoine mélalli(pie et de le reconnaître plus facilement; 9° il pourrait cependant arriver , dans une expertise médi(() légale, (pje l'on ne retirfit aucune trace de ce métal en analysant les viscères seuls ou réunis, parce (pie r«'Miiéti(pie ne séjourne (pie pendant un certain lemiis dans les vis- ( ercs, et (pie déjà il aurait pu les abandonner pour se mêler aux iKjiiides des sécrétions: alors , on pourrait obtenir une [iroportion iiuiable d aiilimoine en ngissonl coineiiablc-
TARTRE STIBIÉ.
ment sur ces liquides et , en particulier, sur l'urine; 10" le procc^dé h suivre pour l'cxtracliou de l'anlimolue méliilliquc contenu dans la portiou du lartrc slibié absorbée , consislc à carboniser les viscères desséchés par l'acide azotique concentré et pur dans une capsule de porcelaine , à faire bouillir pendant une demi heure le charbon obtenu avec de l'acide chlorhydrique mélangé de quelques gouttes d'acide azotique, à filtrer la liqueur et à l'introduire dans un appareil de Marsh : il ne lardera pas à se dégager du gaz hydrogène antimonié, qui, étant enflammé, déposera une grande partie du métal qu'il renferme dans une assiette de porcelaine. Pendant la carbonisation, l'acide tartrique est entièrement décomposé, et tout porte à croire que le protoxyde d'antimoine passe à l'état d'acide anlin»onieux soluble dans l'acide chlorhydrique , tandis que la potasse du tartre stibié s'unit à l'acide azotique dont on trouve presque toujours un léger excès dans le charbon; 11° ce même procédé doit être préféré à tous ceux qui sont connus pour découvrir une préparation antimoniale insoluble dans l'eau et combinée avec les matières alimentaires ou excrémentitielles solides qui pourraient exister dans le canal digestif ou qui feraient partie des matières solides vomies dans un cas d'empoisonnement par l'émétique; l!2«> l'extraction de l'antimoine métallique des viscères ou de l'urine des cadavres d'individus qui n'auraient pas été soumis à l'usage médicamenteux d'une préparation stibiée, prouve d'une manière incontestable qu'il y a eu empoisonnement : à moins que cette préparation ne soit arrivée dans les organes par suite d'une imbibition cadavérique, puisque ni les viscères, ni l'urine de ces individus, traités de la même manière, ne fournissent aucune trace d'antimoine ; 13° enfin, il est aisé de distinguer les taches antimoniales des autres taches. » {Mém. de l'acad, roy. de mëd., t. viir.)
m. Emploi thérapeutique. C'est surtout dans les affectrons internes que l'émétique, sous toutes les formes , a été le plus expérimenté.
Rasori, le premier, fut conduit par les faits et par le raisonnement à envisager le tartre stibié comme coniro-stimulant.
Des praticiens d'un grand mérite ont soumis les faits énoncés par Rasori à l'épreuve expérimentale, et ils les ont trouvés de la plus grande exactitude. Tommasiniet Ambri, à Parme, confirmèrent publiquement la bonté de la méthode rasoriennc. D'autres médecins italiens en firent autant; les succès devinrent bientôt presque populaires, et d'autres expériences non moins concluantes furent faites en France, en Angleterre et en Allemagne. C. Peschier, de Genève, publia plusieurs faits relatifs à des inflammations de
poitrine guéries par le tartre stibié à hautes doses et sans saignées ; et , chose remarquable , ces guérisons ont toutes eu lieu en très peu de temps et sans récidives , tandis que ses confrères, qui avaient suivi les méthodes ordinaires, perdirent un grand nombre de leurs malades. Kappeler et Laënnec ont également administré l'émétique à haute dose. Ce dernier, surtout, en fit l'objet d'un grand nombre d'expériences particulières, et il fut si satisfait des résultats de cette méthode, qu'il ne l'abandonna plus. Il n'en fallut pas davantage pour faire adopter cette médication ; aussi fut-elle successivement mise en usage par Morelot, Parent, Vaidy, Guersant, Vacquié , Haime, Wolff, Gassaud, J.evrat- Perroton, Benaben, Palais, Bang , Liégard, Rusedow, Chomel, Récamier, Delagarde, Bricheteau, etc.
Presque tous les auteurs, ceux même qui ont préconisé l'antimoine avec le plus de vivacité, sont aujourd'hui d'avis que, dans le début de la pneumonie, c'est-à-dire dans les quatre ou cinq premiers jours, les émiisions sanguines doivent être employées, si ce n'est dans quelques constitutions médicales qui ne se représentent que bien rarement, et chez certains malades dont la constitution individuelle ne permet réellement pas les émissions sanguines. Il ne s'ensuit pas, d'ailleurs, que le tartre stibié ne doive être donné que le quatrième ou le cinquième jour de la pneumonie, et alors seulement que le système sanguin a été vidé; il doit être administré concurremment avec la saignée, et c'est uniquement de cette manière qu'il peut, par ses propriétés anti-phlogistiques, modifier l'état général de telle sorte que les émissions sanguines deviennent superflues.
Dès que la pneumonie est constatée et que l'on a pratiqué une saignée, on prescrit une potion stibiée dont la dose varie en raison de l'âge du malade, du composé antimonial et de la constitution médicale. L'émétique est donné dissous dans de l'eau distillée et sucrée, à la dose de 2 décigrammes à 1 grammes (4 à 8 grains) pour la première journée; l'antimoine métallique à la dose de 5 décigram. à 2 gram. (10 à 36 grains), le kermès à celle de 1 à 3 gram. (18 à 34 grains), l'oxyde d'antimoine à la dose de 1 à 10 grammes (18 grains à 2 gros 1/2). Toutes les préparations insolubles doivent être données dans un looch blanc ou dans un mucilage de gomme adraganthe suffisamment étendu et édulcoré. Pour les enfans, on peut les donner en poudre mêlée à du sucre ou du miel, et les déposer ainsi sur la langue.
On en donne d'abord une cuillerée à bouche, ou même moins encore s'il s'agit d'un enfant. Quand il ne survient pas de vomissemens trop violens et de trop vives coliques, on répèle cette dose toutes les heures. Dans les cas, au contraire, où les
404 TARTRE STIBIÉ.
accidcns gastriques sont trop graves, on l'Ioigno les (losos «lu médicament jusqu'à < e que la lolér.'wiec se soit éi.ibiie, et alors un l'auL;luentc en raison mrrne de l'inlcnsilé de la fièvre et de-s accidens généraux. Dès que la fièvre est calmée, il convient detliminuer la dose (lu médicament, et de la réduire graduellement à mesure que le malade avance dans la convalescence.
La cessation de la fièvre et même de la plupart des accidens locaux ne doit pas être pour le médecm un motif de renoncer immédiatement et tout d'un coup aux antimoniaux. Tout au contraire, il faut insister, mais en réduisant graduellement les doses; c'est le moyen de se rendre maître de la plilegmasie et d'empêclier les recrudescences et les rechutes : car c'est en cela , surtout, que le traitement par les antuuoniaux seuls ou par les anlinu;niaux unis à la saignée, l'emporte sur la méthode liva émissions sanguines exclusives. Les saignées, en eflcl, ont des bornes (jui ne peu\ent être déj)assées sans danger. Si elles n'ont pas jugule la maladie, le nu'dccin (jui n'a que cette arme reste imjiuissant ; tandis (]ue les antimoniaux , (jui peuvent <^tre continués même pendant la convalescence, laissent constamment le malade sous l'inlluence de la médication énerpiijue (pii a arrèié les profzièN de la plilegmasie. (Trousseau et Piduux, Truite de llar. et de 7U(it. méd., t. ii, ii«^ partie, p. a'JS.)
h'hrnwrrfiof/ic pnrrnrhi/walf'itsr du poumon est, après la pneumonie, la maladie qui cède le mieux à l'action du tartre slibié et des autres préparations anliiiioniales. .M.'NI. lîécamier et 'i'rousseau en ont observé plusieurs cas, dar)S lesqiii'ls les accidens ont cédé facilement à cette médication ; mais ils ont reconnu qu il n'en était pas de même |)our rhérnrtrrljagie bronchique. Ajoutons ipie l,a('nnec n'en a retiré aucun avantage dans k'S héruorrha;:ies de ces deux espèces.
Larnncc s'en est servi avec succès dans des cas d «'deme ilu poumon et de calarrluî SulToiant, >ur((iut accompagné d'un peu <le pneumonie. .M.M. Trousseau et l'idoux déclarent (|ue les antimoniaux leur ont rendu service danr. le Irailemenl <lu catarrhe suffocant des vieillards cl dans le catarrhe pulmonaire profond des adulles ; dans le catarrhe aigu simple, ils n Cn ont rien obtenu : à moins qu'il n y ( lU beaucoup de lièNre. IM. Lrachcl emploie rén)éti(|ue h haute dose contre la pleurésie , affection où Laënnec prétend que ce médicament fait tomber promplenient rérélhisme mais sans accélérer la resnr|ition de refiaiK liement ; tandis que !M. Dupanque. au cnniraire, le signale, adinin!>tr«' par absnriilion eulanre, comme le mcàllcur de> absorbans, et (jue .M. Touelli ne l'y a pas lrou\é moins utile. L'éinélique a aussi été recommandé en lavage contie la philiisie, cl. M. Touelli a cité deux cicmplcs
de succès de ce médicament à haute dose dans cette grave afl'ection , où I\l. Froelich ne l'a pas trouvé njoins utile, surtout dans le cas du vomiquc. Le docteur Durr dit employer, depuis quelques années, avec plus de succès que tout autre exutoire, la pommade d'Autenrieth en frictions sur l'épigastre , contre la phthisie non encore accompagnée de colîicpiatiun. I\I. Mastropasqua en a fait aussi usage avec succès sur les vésicatoires, dans cette maladie. Mais, sans mettre en doute la possibilité de résoudre l'affection tuberculeuse, est-il bien certain que tous ces faits s'y rapportent, et qu'il ne s'agisse pas plutôt de quelque catarrhe rebelle ou de phlegmasic chroni(]ue «les p(>umons ou de la plèvre ? A •lose vomitive, l'éméticiue a toujours été recommandé contre le croup, comme propre à lacililer l'expulsion de la fausse membr.me , et à procurer un? diafihorèse salutaire. Quel- (pjcs médecins ont même attribué à l'emploi réitéré de cet agent une véritable spécificité. i\L Scliweighcuser, cpii en a constaté tous k'S avantages, dit (pià Strasbourg il est renarde jiar les médecins, et employé par le peuple, comme propre à entraver la ujarche de cette redoutable plilegmasie. Il rcconunandc de commencer |);:r 1 «lécigramme ( ti grains) dans (luelipies cuillerées d'eau, à cause des mucosités (jui tapissent l'eslotnac, et s'cqijiosent il son action, mais ensuite d'en diminuer la dose. On a vu, S(»us riiilliience de hautes doses de tartre slibié, de kermès, d'oxyde blanc d'antimoine, la fré(pience du pouls et la dyspnée se calmer chez les sujets atteints d'une maladie organique du cœur; mais, au bout de peu de temps, lorsipie la tolérance cesse, les accidens i eitaraissent avec autant de >iolence (ju'auparavant. l/aclion de l'éméli(jue et des autres antimoniaux n'est guère moins constauK* dans la phlébite que dans la pneumonie. M. Kécamier en a retiré i\v> succès marqui's dans plusieurs cas de ce t:fnre; et le professeur Saiison, dont la chirurgie fraïK.ai^e défilore la perte récente , s'esi .ipplaudi maintes fois d avoir employi' le tartre stilti(> à hautes doses et l'oxyde d'antimoine dans les |ihli'-bites qui viennent trop souvent compliquer les suites des grandes ojiérations chirurgicales.
Le rlin)niiiisinr <iriif ii/nirr est, sans contredit , l'une des maladies ou l'émétiqiip à haute dose se montrr le |ilus eHic.ice. Parmi \iu assez, grand nombre de cas traités par Lai-nnec, ce professeur a trouvé (pje , sous l'infliience de ce traitement, la dur(''e moyenne de la maladie était de sept à huit jours. Sur treize idiservatioiis recueillies à la (Jiiii(pie, le tartre stibie a été ('videmmenl 1res utile cIkz huit malades; il a été inellicace chez iicii\, iiuiNible chez un, et d'un succès coiiteslable chez deux autres. Sur cinii rhumatismes articulaires ai^'us traités par AI. Honore avec le tartre slibié, quatre ont été gué-
TAUTRioUE.
ris. Sur quinze cns cités par M. Delourmcl, treize lurent suivis de guérison.
L'Obsfrrntrnr de Nnplcs contient six autres cas de succès, dont deux ont été publiés par le docteur Spadafora ( Bayle, Bibl. de flicr., t. I, p. T)!!). Du reste, nous devons ajouter qu'un nnémoire de Dance otTre des résultats beaucoup moins favorables; car, sur seize rhumatisans, cinq seulement ont guéri, trois ont été soulagés momentanément , six n'ont rien obtenu, deux ont même éprouvé des accidens, le remède a écboué aussi dans quatre cas de rhumatisme lixe.
Dans les maladies externes, c'est presque toujours a l'extérieur qu'on emploie l'éméti que. W. Elizard parait être le premier qui s'en soit servi pour modifier les ulcères invétérés, pour réprimer les chairs fongueuses des ulcères vénériens. Fischer, Vogler, llirschal , etc., ont employé avec succès l'eau émétisée en application sur l'œil, au moyen dun pinceau, contre l'ophtlialmie chronique et les laies, affections que Witzmann a combattues par une pommade slibiée appliquée en frictions sur la nuque. Ce dernier moyen a été expérimenté aussi avec beaucoup de succès par M. Sauveton, qui ne l'a pas trouvé moins utile dans un cas de cataracte commençante, et contre le catarrhe des sinus frontaux, la surdité, etc. Suivant M. Fontaneilics , la solution de 4 grammes (l gros) d'émélique par demi-litre d'eau est un excellent anli-phlogistique ; aussi l'emploiet-il en fomentations dans la plupart des phlegmasies cutanées aiguës, telles que l'érysipèle, le phlegmon, etc., dans l'engorgement des mamelles, dans l'ophthalmie, et même sur les plaies trop enflammées. Sans parler de W. Blizard, qui se servait d'eau émétisée à l'ex térieur contre la teigne, ni du docteur Temina, qui administre l'émétique à petites doses aux nourrices des enfans à la mamelle atteints de cette même éruption, et qui cite onze observations de succès, on sait que dès long-temps le vin anlimonié d'Huxham est usité en Angleterre contre les maladies de la peau ; que Fages, de Montpellier, employait, contre les dartres , l'émétique combiné aux extraits de douceamère et de rhns mdicans; que Valentin en faisait usage de la même manière; que INI. Piécamier a guéri une goutle-rosc avec la pommade d'Aulenrieth, etc. (.\lérat et Dclens, Diction, de tlidrap., t. m, p. 88.)
Nous terminerons cet examen thérapeutique du tartre stibié on disant qu'il est des personnes nerveuses qui ne peuvent supporter de faibles doses d'émétique sans être prises d'accidens plus ou moins ellrayans , tels que crampes, convulsions, douleurs affreuses dans l'estomac : des doses plus élevées ou plus fréqueuunent réitérées du médicament en sont parfois le remède ; toutefois, une telle susceptibilité doit aussi , le plus
souvent , en conlrc-indiqucr ru!?agc. Dans l'emploi de la méthode rasorienne, les vomissemens obstinés ou la diarrhée qui persiste malgré l'addition du laudanum, obligent (juelquefois à diminuer les doses ou à sus[)endre même rem|)loi de la médication. Cependant I.aërmec a vu la tolérance s'établir après quelques jours de l'usage du remède, qui, d'abord, semblait ne pas pouvoir être su|)porté. M. Busedow, qui a vu, dans un cas de pneumonie , l'adrrjinislration de l'émétique à hautes doses faire naître sur les lèvres, la langue, le palais, et même l'épi glotte, une abondante éruption de boutons analogues à ceux que produit sur la peau la pommade d'Autenrielh, regarde ce sel comme cuntre-indiqué (|uaud la langue est nette, lisse, très rouge, sèche, et la soif très forte. Enfin, les frictions avec la pommade stibiée ou la solution aqueuse d'émélique sont contre-indiquées sur les surfaces très largement dénudées, à cause des eschares qui |)euvcnt en résulter, ou des accidens d'intoxication que l'absorption trop rapide de cet agent peut déterminer.
TARTRIQLU-: (acide). Cet acide n'existe que dans le règne végétal , et toujours en combinaison avec la potasse. Il est d'une saveur agréable quoique très acide.
L'impression qu'il exerce sur l'estomac et les autres organes de la digestion se fait désagréablement sentir lorsque les tissus ont un excès de susceptibilité; ainsi, il n'est pas rare de >oir l'usage de cet agent déterminer des coliques et donner lieu à des déjections alvines. Si on le prend d'une manière soutenue et à dose un peu forte, ses molécules sont absorbées et alors il agace les nerfs , il cause une agitation insolite, des picotemcns fugaces dans toutes les parties, il trouble le sommeil, etc. Pris à doses trop élevées, il est susceptible d'occasionner une sorte d'empoisonnement queles médecinscontro-slimulislcs guidés par leur manière de voir, et par les propriétés byposlhénisantes qu'ils attribuent à cet acide, conseillent de combattre par l'administration des excitans, tels que l'ammoniaque, le vin, l'alcool, l'éther, les opiacés, etc., mais qu'il vaut peut être mieux attaquer par les boissons aqueuses données en abondance, ou mieux encore par la magnésie tenue en suspension dans l'eau.
On l'emploie en médecine comme tempérant dans les maladies aiguës, à la dose de ji à 1.^ décigrammes, dissous dans 1 litre d'eau sucrée ; c'est une solution que l'on a nommée limonade verjétnle ou tartarcnse, par opposition avec la limonade sut fnriqne ou minérale. On l'administre aussi sous forme de poudre, de pastilles, etc. Il fait la base du sirop lart ireux, que l'on emploie, à la dose de 50 à 60 grammes et plus, pour édiilcorer les tisanes délayantes et rafraîchissantes. Il est souvent substitué à l'acide citrique dans les pastilles
(le citron et dans la préparation de la potion iinli-cmclique de Uivière.
La limonade tartrique excite l'appétit, dissipe les accideiis (]ui dépcMident d'une irriialion des orfzancs diiioslifs : deux nioricaiix de cet acide , de la tiro^seur d'une peliie noisette, pris le matin à jeun dans deux verres d'eau fruide convenablement édulcorée, h une heure d'intervalle l'un de l'.iulre, ont vn peu de lem|)s rappelé l'appétit, rétabli l'intégrité des digestions, la régularité des carderobes, etc.
TAXIS. (V. Hernie.)
TKUiXK. a Le mot teigne, tinea, est un mot barbare introduit clans la science ])ar les écrivains du moyen-.ige. On croit (|u'il a été tiré des mots sahafati ou alvalhim des Arabes. îSous ce nom Avirenne décrit une maladie tilcereuse et croùiense du cuir cbevelu, dont il arlmet deux espèces : Tinie humide (pseudo-teigne), l'autre sèche (favus des modernes): <les mots arabes indicjués ci-dessus, par abréviation et par corruption les commentateurs et les traducteurs latins bar- Itarcs ont pu forger les mots de Ihein, ihineum et tinccim; telle est du moins l'opinion qu'embrasse Lorry. Peut-être aussi faut- il croire avec ^lercurialis , que l'on a donne à la maladie le nom de lei- (iïic, tinea , à cause des ravages (pfelle exerce sur le cuir chevelu, compares à leux (jue jiroduit sur les vètemens Tinsecte connu sous le nom de tinca^ teigne. Ouoi (pTil en soit , les auteurs qui écrivirent après les Arabes, notamment C/ordon, Aicolas Florentin, Arnauld de Villeneuve, et particulièrement C'/uy de rhauliac , adoptèrent ce mot et s'en servirent pour designer les maladies sj)écia- Ics du cuir chevelu propre à l'enfance. >* ((fibert, Traite des malad. spécialcn de lapcftu^ p. 'J5."> ; Palis, dSôU.)
Voilà donc le mot teigne admis dans la prieure pour caractériser, comme ledit M. C.ibert, les ma/tidies spéciales du cuir chevelu projires à l'enfance. INous ne voulons pa>< faire l'hi'itoriipie de ces alfcclinns cl indi(|uer les diirerenles variétés qui furent établies par les divers auteurs ju*-qii"a nos jours ; nous allons sciilpuieiit prendre la question a l'epofpie où la dermatologie fut posée par les travaux d'Aliberl, (riiiie part, et ceux de ^^ illan, Hateman et lîi<!ll de l'autre.
Dans son aiicicimc classiticalion, AU-
TEIGNE
bert avait admis cinq espèces de teignes : la teigne faveuse, la teigne (jranulèe , la teifj))e furfuracèe, la teigne anùantacée et la teigne muqueuse. De ces dilférentes espèces , une seule appartient à la teigne véritable. C'est, la première, le favus ^ la deuxième n'est qu'un impétigo du cuir chevelu; la troisième et la quatrième des eczémas ou des pityriasis, et la cinquième un impétigo. « Le même vice, dit M. Gibert (pii a discute à fond la (juestion actuelle, se retrouve dans la nouvelle classification du même auteur. En effet , il a dépo-é sur la troisième branche de l'arbre des dermatoses, le groupe des dermatoses teigneuses ; dans ce groupe , il a
distingué trois genres, savoir : le genre aciior, le genre porrigo et le genre favus. Or ce dernier seul appartient aux teignes proprement dites. L'achor, divisé enachor lactuminosus (croûte de lait) et nchor muci/Ius (teigne muqueuse), doit être rap|)ortc pour la première variété, au pityriasis capitis des enfans à la mamelle et , pour la seconde, «i Vimpêtigo [impétigo larvalis\ Le \)omgo présente trois espèces, savoir : le porrigo granulala, c'est la teigne granulée dont nous avons parlé ci-dessus , et qui n'est (pi'une forme particulière (Vimpctigo chronique du cuir chevelu; le porrigo asbestina (teigne amiantacce)^ et le porrigo fnrfuracea (teigne furfaracce),cdiracterises par des destjuammalions furfuraeeesdu cuir chevelu ordinairement consécutives à \\\\ eczéma chronicpie de cette région. Reste donc seulement , comme nous venons de le dire, le genre fa\:us [teigne lupince de Guy de Chauliac) (]ue M. Alibert a partagé avec raison en deux variétés^ nuances d'une allVction fondamentalement la même qui, comme l'avait si judicieusement remarciué Lorry à la (indu dernier siècle , constitue la seule teigne proprement dite. »(Gibert, owir, cité, p. '257. )
Sous le nom commun de porrigo, et dans Tordre des pustules , IJateman a range six espèces de teignes ; 1" It; por^ rigo larcalis^ dont JJietl a fait Ttmpetigo larvalis ; 2» le porrigo furfurans (pii a[)partie!it soit à Vc^zéma chronique, soit au ]iilyriasis capitis ; ô° et 4" le porrigo lupinusa et le porrigo scutulata
TElG^E
qui constituent les deux principales fornies du genre faïus (véritable teigne) ; 5° Icporriyo dicalvans, qui ne peut constituer une espèce à part pnisiiue la calvitie n'est qu'un accident propre à diiïérentes espèces de teignes; G*» enfin, le porrijjo favosa qui rentre, comme l'a fait voir fiiett, dans Vimpéligo du cuir chevelu.
Cette discussion était indispensable pour établir Tétat de la science sur les dermatoses du cuir chevelu; on peut aujourd'hui les partager en deux classes bien distinctes , les teignes proprement dites {favus et ses variétés), et les pseudoteignes qui ne sont autre chose que les maladies déjà décrites aux mots Eczéma, Impétigo et Pityriasis.
L'ancienneté du mot teigne , Tusage consacré de désigner ainsi les dermatoses chroniques du cuir chevelu, plusieurs analogies de causes, de symptômes et de traitement nous ont engagé à décrire sous ce même titre les deux groupes , bien tranchés d'ailleurs , que nous venons d'établir.
§ I. Des teignes en général. Les teignes vraies ou fausses offrent ceci de commun, qu'elles sont une maladie en quelque sorte spéciale à l'enfance ; ce n'est pas pourtant que les adultes ne puissent en être affectés , mais cela est beaucoup plus rare. Une circonstance à noter, c'est que ce sont principalement les teigp.es fluentes (vésiculeuse et pustuleuse) que l'on rencontre dans le premier âge, tandis que la teigne furfuracée {pityriasis capitis) s'observe aussi chez les vieillards. Ces diverses circonstances ont depuis long-temps porté les auteurs à penser que les teignes en général étaient un mouvement dépurateur établi par la nature, et dont il ne faudrait pas trop promptementt entraver la marche; beaucoup d'auteurs sont d'avis, dit Alibert, « qu'elles peuvent affranchir l'économie d'une multitude d'accidens qui ne manqueraient pas d'avoir lieu dans un .ige plus avancé.
Prodest porrigo capilis est un axiome généralement reçu par les médecins anciens, aussi bien que par les modernes.
Cette opinion était jadis tellement accréditée, qu'Ambruise Paré, le père de la chirurgie française, uç voulail pas qu'on
songeât .'i guérir la teigne ; il l'en\i';'.ç.;rait coiiimc un tribut de l'enfance, coiinne un phénoinèiie purilicateur, ou i)lii!(jt connue un rcîidu excrémenliliel dont la soitie soulai^e l'organisation >• [Monofjr. dc.t dennaloscs, t. i, p. 425). Ce mouvenjent vers la léte s'explicjue assez bien pu* l.i vitalité si active, raccroi>«sement et le;» jMoportions si remarquables de cet organe chez les jeunes sujets. 'J'outefois, et l'auteur que nous venons de citer en convient; s'il est imprudent de faire dis[)araltre trop promptement une teigne, mai« surtout une pseudo -teigne (eczéma ou impéligo)^ il ne faut pas non plus les laisser s'invétérer trop profondément dans l'économie, et leur donner le temps d(j déterminer dans la constitution un trouble que leur séjour prolongé finirait par produire.
Après 1 âge, viennent certaines conditions spéciales sur lesquelles les auteurs sont généralement d'accord. Ainsi , il est bien constaté que les teignes se montrent spécialement chez les enfans pauvres, mal nourris, logés dans des habitations basses, sombres et humides, vivant au sein de la malpropreté, etc.. Ici s'appliquent la plupart des considérations que nous avons émises au mot Dartres , car, en détinilive , la plupart des teignes (toutes les fausses) ne sont autre chose que des dartres siégeant sur le cuir chevelu.
Les teignes sont elles contagieuses?
Nous verrons, en parlant du favus, que la teigne vraie Test seule^ les autres ne le sont pas.
Anatomie pathologique. Plusieurs auteurs se sont occupés dans ces derniers temps, de rechercher quel était l'élément anatomique affecté dans les teignes. M.
Mahon jeune s'est surtout occupé de cette question dans l'ouvrage qu'il a publié sur les teignes (Recherches sur le siège et la nature des teignes; Paris, 1829), et que nous aurons plus d'une fois l'occasion de citer. Du reste, les pseudo-teignes étant des affections déjà décrites, nous renvoyons aux mois Eczéma ( t. m de ce Dictionnaire, p. 495), Impétigo (t. v, p. 149) et Pityriasis ( t. vi, p. 571) ; quant au siège du favus, nous rapporterons plus bas les inléressanles observations de M. Baudelocquc à cet égard.
«ÎOS TEIGNE.
Du rapport des dijfèrentes espèces de icujnes entre clhs. Al M. IM;ilion frères ont, dans le cours de leur lonij'uc pralirjiie, jusqu'en janvier 1859, donné leurs soins à 59 711» individus atteinte de la toi- ^'ue. « Comme ciiaque malade, dil 31, Malion jeune, a été inscrit avec la désignation de resi)èce de teigne dont il ciierchait la guerison , nous avons pu nous assurer quelle était la pro|)ortion de clia- (|ue espèce comi)arativenient à cliacune des autres. >ous avons trouvé '29,617 faveuses, 1,477 granulées, 5, -ISO mu(]ueuses, t2,'2S() furfuracees, 112 aniianlacées, 97 tondantes.
)»Ain^^i, sur i(K» teignes il s'en trouve 75 faveuses, 1 1 grarudées, 7 inu(jueuses, 6 furfurarées: et on ne rencontre (|ue 2 ou 5 Tiniianlaiées ou tondantes sur 1.000, »
(Ourr. c , p. 289.) D'après la division que nous avons arlrnise, on voit que les teignes vrai«'s (favu^^^ sont aux pseudo-teignes dans le rapport de 73 à 25, ou de r> à 1.
I.à s'arrête ce (|ue nous avons à dire de général sur les teignes, car nous n'avons pas l'intention d'aborder les nombreuses hypothèses (-mises sur leur nature par les dillerens autein-s.
Ji II. P.sr.UDo-TErGNES. Nous déîîignons ainsi les diverses affections dartreuses qui ])euvcnt envahir le cuir chevelu. Ces affections sont au nombre de trois: Teczéma . l'impétigo et le pityriasis.
A. Tkicm-: vksicli.klse i:t squam- TviELSE. l^czrma du cuir chevelu. A^eelte formule se rattachent diiïérens cas de teign« s mu(pieuses , de teignes hirfuracées', la t'igru' auii.uiiarce d'.Mibert.
Caufcf!. lillr se pre«-(Mile surtotit riiez les enfans a la mamelle, cln'/, les sujets I)loiuis , syplidiii(pies , scrohih'ux , clwv. les cnfans |)lus Alm's , à l'epotpie de la seconde denlilion , plus rarement chez les adultes.
Sj/inptômes. Ils ont été parfaitement décrits par M. Kayer. " Celle vaiirlc, ditil, occupe, tantôt une partie de la léte seulement, tantôt toute sa surface, et s'étend presque totijours sur le^ oreilles, la nuque, le front et la face, (^liez les 1res jeunes enfans les vésicules de l'eczéma répandues sur le cuir cheve'u et les tempes forment bientôt des croù'es minces qui acrpiièrcnl une plus grande ei)ais.scur
à mesure que le suintement continue. Le cuir chevelu tuméfie fournit en abon- (laiic<' un fluide visqueux qui colle et enduit les cheveux en masse et par couches, (>t forme en desséchant des croûtes lamelleuses jaunes ou brunes. Dans cet état d'acuité la tète est chaude , le cuir chevelu rouge et tendu , les enfans sont en |)roie à une démangeaison dont rien ne peut exprimer la violence; elle redouble lorsqu'on leur découvre la tète ou qu'on l'expose à l'air : ils la frottent violemment contre leurs épaules ; et pour j)eu (pie leurs mains soient libres , ils se grattent avec une \ivaeité inouïe et le sang coule sous leurs ongles. Lorstpie les cheveux ont été coupes avec soin et les eroôtes enlevées à laide de cataplasmes emoliiens , le cuir chevelu , mis à nu sur quehpies points, semble enduit d'une matière d'apparence caséeuse ; (pu'lqucfois l'inflammation se propage au tissu cellulaire souscutané , qui forme de petites tumeurs proéminentes , accompagnées d'une douleur très vi\e, très aiguë , et qui se terminent ordinairement par la suppuration.
Les ganglions de la nu(pie et des régions paroi idieiuies deviennent douloureux et se tuméfient. Dan-, (piebpies cas les ve>icides de l'eczéma sont mélangées de pustules d'inq)éligo et les croûtes sont alors beaucoup plus épaisses et plus adhérentes. Une grande quantité de poux se montre aussi en même temps siir le cuir chevelu. » ( Traité thèor. et prat. des inuladies de l<i peiu , t. i, p 585. Paris iS55.)
Si les enfans sont entourés de soins appropriés a leur situation , si la tète est lavée plusieurs fois |>ai' jour avec de'^ décoction emollienles, etc., la maladie diminue j)eu a peu d intensité et dans l'espace fl'un a deux mois tout est fini : mais si la maladie e-t négligée , abandoruiee à ellemême , un suintement abondant inonrie la tète des sujets , les linges (pii entourent cett e [)a rlie sou tince.ssanunentind)il)es d'un icbor jaun.Ure d'une odeur fade et désagréable, etc.; puis, au bout d'ini certain lenq)«, l'écoulement se tarit et la partie m.dafle reste rouge, devient plus ou moins sè( Im et demeure couverte de <?qunmmes minces et jaunâtres , blai.ches sur leurs bords, qui se reimuvcllent à mesure qu'el-
TEIGNE
los tombent et finissent sonvent par revêtir l'aspect squainiTioux fiirfunice (\\n caractérise reczeiiia chronique.
Si l'écoulement vient à être supprimé brusquement, soit arlificiellement , soit s()ontancment , il n'est pas rare de voir Tenfant devenir pâle , morose , maii5Mir , être alfecté de dévoiement, etc. Ces accidens disparaissent avec le retour de l'éruption ; tandis qu'au contraire il est d'observation , que tout le temps que dure le suintement les enfaus jouissent dune excellente santé générale : de là ces idées de dépuration dont nous avons déjà parlé. INous y reviendrons encore à propos du pronostic de la pseudo-teigne. Suivant plusieurs auteurs , c'est à cet eczéma chronique qu'il faudrait rapporter la forme particulière si bien décrite par Alibert sous le nom de teigne amianlacée et qui est assez rare.
« La teigne amianlacée, dit-il, est ordinairement caractérisée par des écailles ou membranules micacées, luisantes , argentines, qui unissent et séparent les cheveux par mèches, les suivent dans tout leur trajet et dans toute leur longueur : elles ressemblent beaucoup à ces pellicules minces^ fines et transparentes qui engaînent les plumes des jeunes oiseaux et qu'ils enlèvent avec leur bec lorsqu'ils sont dans leur nid et qu'ils n'ont point encore acquis la faculté de voler , ou plutôt à cette substance désignée sousle nom iVamiante par les naturalistes. Cette disposition par paquets distincts et cylindriques , et qui donne à cette teigne son existence spécifique , est aussi constante que la dépression urcéolée qui signale les incrustations du favus, dont nous parlerons plus bas.
w La teigne amiantacée se manifeste communément à la partie antérieure et supérieure de la tête. Lorsqu'on coupe, très près de la partie alTectée , les cheveux enduits de celte matière écailleuse , cette partie de la peau paraît gercée et comme sillonnée ; elle est d'un rouge ])lus ou moins intense , et frappée d'une légère inflammation : on y dislingue parfois de très petites pusMiles plates; ces pustules sèchent et disparaissent à mesure que Pirrilniion morbide s'affaiblit j)ar Taetion des tofiiques émollieiis... La porrigine amiantacée est peu ou point odorante, il est
vrai qu'elle est presque toujours dans un état de siccité; lorsiprelle en est à l'état humide, l'humeur qui s'échap()e est d'un blanc légèrement roussàtre. » [Ouvr. cité^ p. 4r)4 et suiv.)
liien que d'origine évidemment eczémateuse d'.iprésies caractères mêmes qui lui sont assignés par l'auteur qui l'a fait connaître le premier, la teigne amiantacée offre des caractères tellement spéciaux (ju'il est impossible de la méconnaître; et, chose remarquable , détruite par les cataplasmes elle repullule et se reproduit avec les mêmes caractères. Alibert a , dans un cas , obtenu jusqu'à seize fois la séparation et la repuUulation du produit morbide.
B. Teignes pustuleuses et crou- TEUSES. Il y en a deux variétés bien distinctes.
i° Impétigo larvalis 'porr'tgo larvalis de Yillau , achor muqueux d'Alibert, teigne muqueiise, croule de lait des auteurs, gourme du vulgaire).
On désigne ainsi une dermafose du cuir chevelu et du visage caractérisée par une éruption de pustules superficielles d'un blanc jaunâtre, plus ou moins confluenies, et réunies en groupes , auxquelles succèdent des croûtes épaisses et jaunâtres ou minces et écailleuses.
Causes. Outre les conditions d'âge , comtnunes à toutes les teignes, la variété qui nous occupe paraît spécialement affecter les constitutions molles et lymphatiques. Quelques auteurs ont parlé de la transmission de cette maladieparinoculation, mais nous avons dit plus haut que les pseudo- teignes n'étaient point contagieuses. Cette forme paraît réellement dépendre, dans l'enfance, d'un mouvement dépuratoire et d'une disposition individuelle, car les sujets riches et entretenus proprement en sont aussi bien affectés que les enfans pauvres et vivant dans la nialpropreté.
Symptômes. La maladie occupe le plus souvent le cuir chevelu et le visage , très rarement on la rencontre ailleurs. Elle débute par une irritation légèrement prurigineuse de la peau , occupant une surface plus ou moins étendue , et bientôt suivie d'ime éruption de pustules fort petites (Jçhores ^ ^. Peau) remplies d'une
*ià
TEIGJNE.
sérosité lactescente; en même temps la peau est rouge , lin>anlc : le prurit (jui force reiifaiil à se {j'ralttr, amèiie la rupture de ces vésicules pustuleuses et la déchirure de l'épiderrne ; il en resuite nu suinlcnicnt abondant dune matière vi<(jueuse , jaunâtre, qui se concrète en forme de croûtes épaisses , d'un jauue dore , molles, humides, et se détachant avef facilite. 11 se forme ainsi des placpies de dimensions variables et en nombre plus ou moins considérable,dans certains cas très rap[)rochees et ne tardant pas à se confondre; dans d'autres, au contraire, petites et très éloignées les unes des auires. Les croûtes, incessamment alimentées par la sécrétion d'un iluide très abondant, a('(|uierent (luehjuefois une épaisseur considérable avant de se décoller, et sont remplaeées par de nouvelles concrétions. Lors(ju'on les laisse ainsi s'accunuiler, toute la surface malade exhale une odeur nauséabonde excessivement désagréable et toute partieuliére. Au-dessous de ces croûtes la [)eau est d'un rouge vif, luisante , excoriée , olhant des ulcérations tout à fait superdcielles. Lors- (pie Teruplion occupe le cuir chevelu , les cheveux se trouvent colles ensemble dans tous les points où l'alfeclion s'est develoj)pee , et les croûtes |)resentcnt ici une coloration plus foncée. Dans certains cas le llux nui(pjeux est tellement abondant «pie les linges dont on entoure la tète de. l'enfant en sont constaminent imbibes. Si l'on néglige les soins de projtrete, ou mènie ehez cerlaiuN enfaiis bien tenus, il survient (luehpielois des myi iades de poux (pji occasionnent un prurit insupportable. 1/achorqui siège sur le visage se montre principalcMuent sur le front et les joues , plus rarement sur le nez et les paupières. Son apparition a lieu comme nous l'avons décrit j)lus haut , et cpiand il est très étendu toute la face peut en être couverte counne d'un véritable inaxjue ( d'où le nom de porrif/n ou impclKjo lai valis). La dem.uigeai>on <pii l'aceouiiiague porte les cnfans a se gratter avec «me sorte de fureur, au point (piebpiefois de faire ruisseler le sang. Les croûtes i.'ollrent plus alors la teinte jaune dorée dont nous parlions , mais iiiiR coloration brun - rongeai re «jin: .M. Ahberl comp;>re fort justement à du caramel.
Lorsque la maladie perd de son intensité. Técoulement devient moins abondant, les croûtes se dessèchent, se fendillent et deviennent minces et blanchâtres sur leurs bords; bientiU ce ne sont plus que des .^(juanunes tout-à-fait semblables à celles de la dartre squammeuse humide (/^. Eczéma) : enfin elles cessent de se former; et la peau (pi'elles recouvraient olîre des taches ou plaques plus ou moins étendues, mais moins grandes cpie les smfaces occupées par les croûtes (pji empiétaient sur les parties saines. Ces plaques sont d'un rose framboise assez vif , luisantes , légèrement fendillées, (piehpiefois recouvertes d'une descjuammation furfuracée qui annonce la (in de la maladie. Cette furfuralion persiste encore (pielque temps après que la peau a repris la coloration blancrosé qui lui est naturelle. Si l'éruption occupaitle cuirchevelu, il arrive (jnelipiefois que sa disparition est accompagnée d'une chute des cheveux dans les points où la sécrétion était le plus marquée; mais cet accident n'est pas de longue durée , et le .système pileux se reproduit en peu de temps , aussi abondant , aussi bien fourni (pie sur le reste de la léte. (^)uantl la phlegmasie est intense , elle se propage quelquefois au tissu cellulaire sous-cutané ; et alors il se forme de petits phlegmons susceptibles de se terminer par suppuration : cela se voit souvent chez les jeunes enfans, et plus souvent peut être chez ceux qui sontscrofuleux , et dont le tissu cellulaire s'engorge et suppure aisément. Dans ces cas il n'est pas rare de voir des ganglions engorgés derrière les oreilles.
1' /nipi'l'ujo (jranuUila [Icignc (franu- Iceel punnjo y/t//j*//a/a,Alibert; ya/o/w, terme vulgaire). « La teigne granulée se reconnaît a la manifestation de croûtes , tantôt gri'^es , tantôt brunâtres , dont une partie forme de petits boutons (jui , par leur adhérence à la peau , lui donnent une rugosité sensible au toucher ; et l'autre partie de petits grains de grosseur inégale, sans conliguralion régulière, lescpiels tiennent a la lige des cheveux, (jui en sont liérisscs. » (Alalion, ouïr. cite. p.2iy.) Cette forme est manifestement un iuqietigo chronique du ( uir chevelu.
Causes. Suivant l'auteur que nous venons de ciier, la teigne granulée attaque-
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rait surtout les cnfans de trois à six ou huit ans et au delà; tandis que la précédente alfecterait spécialement les jeunes sujets pendant la première dentition : c'est en effet ce que Tobservation confirme tous les jours. La misère , la malpropreté semblent ici avoir une inlluence plus marquée ; contagion nulle.
Vimpetigo granulata occupe le plus ordinairement la partie supérieure et postérieure de la tête ; bien rarement le voiton sur les confins des tempes et du front, jamais il ne s'éiend sur les parties non couvertes de poils auxquels il doit sa configuration particulière. {F. Impétigo.)
Symptômes. Personne n'a mieux que Alibert décrit la physionomie de cette importante variété. « La porrigine granulée se manifeste, dit-il, par des croûtes d'une forme presque toujours irrégulière et d'une couleur brunâtre. Ces croûtes sont très friables quand elles sont sèches, elles se détachent par fragmens inégaux , bosselés , anguleux , comme les semences de certaines plantes ; on les prendrait quelquefois pour du mortier grossièrement brisé, ou pour du plâtre détaché des murs , et sali par l'humidité et la poussière. Souvent ces croûtes sont très dures et ont une consistance comme pierreuse , que les cataplasmes peuvent à peine ramolUr ; on les voit collées et , pour ainsi dire, suspendues à la partie moyenne des cheveux ou à leur extrémité.
w Le peuple appelle assez ordinairement galons , ces granulations croùteuses qui agglutinent les cheveux par paquets ; quand elles sont un peu humides et qu'elles se brisent facilement sous le doigt , elles offrent une consistance gommeuse qui les fait ressembler à des fragmens de manne en sorte vieillie et noircie par le temps. Ces hideuses incrustations favorisent singulièrement la production de poux qui pullulent avec profusion, si les malades négligent de se peigner. H n'est pas rare de voir, dans quelques circonstances, la tète des enfans horriblement assaillie par cette vermine.
» La porrigine granulée débute par des démangeaisons assez vives : si on examine attentivement la partie alîcclée du cuir chevelu , on voit ([u'elle est frappée d'une rougeur éryihémateuse 5 elle est quelque-
fois tuméfiée. On aperçoit çà et là des pustules enchâssées dans le derme, et qui ne dépassent pas le niveau du tégument ; dans d'autres cas elles soulèvent la peau et deviennent tuberculeuses. Ces pustules fournissent un licpjide visqueux, plus ou moins abondant, ou une matière purulente ([ui s'épaissit, se coagule par le contact de Tair, et donne lieu à des croûtes nouvelles , tout-à-fait analogues , pour la forme et pour la couleur , à celles qui sont déjà tombées. » (Alibert, ouvrage cité, p.
Lorsque cette teigne est humide et mal soignée , elle exhale une odeur particulière fort désagréable, nauséabonde , qui, suivant M. Mahon , est analogue à celle du beurre ou de la graisse rancis. Cette odeur diminue ou s'efface même quand les granulations sont sèches et comme gypseuses.
C. Teigne furfuracée ( pityriasis capitis , teigne furfuracée, porrigo furfuracea d'Alibert, crasse laiteuse du vulgaire).
Causes. On observe celte affection chez les enfans à la mamelle et chez les vieillards ; les adultes n'en sont point exempts, et, comme le font observer plusieurs auteurs , elle paraît coïncider avec un défaut d'activité des bulbes pilifères. Le fait est qu'on la rencontre et sur la tête des enfans qui n'ont encore que peu de cheveux, et à un âge avancé quand le cuir chevelu s'est dégarni.
Symptômes. « Il est difficile , disent MM. Gazenave et Schedel , de suivre son développement , on ne le reconnaît guère que par la présence de petites écailles. Il ne s'accompagne jamais d'autres symptômes que d'une démangeaison quelquefois assez vive : le malade se gratte, il fait tomber des parcelles d'épiderme ; ces squammules sont presque immédialement remplacées , et , à la chute , on n'aperçoit pas de point enflammé : au contraire , si avec l'ongle on enlève une petite squamme , ce qui est très facile , souvent on trouve audessous un point mou ; en le grattant on enlève encore une petite lame analogue à la première, et quelquefois on en détache ainsi successivement plusieurs sans arriver à une surface enflammée.
» Quoi qu'il en soit, on aperçoit sur la
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peau une foule de laniellps extrêmement petites et miiicps , Manches, sôrlies , le plus souvent adhérentes par nne extrémité et hhres par l'antre. Quelquefois elles ressemhlput à nne env('lopj)e unifjne , qui aurait été tellement fchihllée , qu'elle serait rédnile à des lamelles très minces et tr 'S petites, f.e moindre monvemeiU suffit pour donner lieu à une desqiinmmalion fnrfu racée des plus ahondantes.
» Quelquefois cette exfoliation se compose de petites porîions (Tepiderine semblahlcs a îles molécules de son, connue au menton par exemple ; il suffit de [)a-ser la main pi)ur les faire lomher , en peu d'inslans elles sont reformées. Au cuir chevelu , au contraire, les stpiammules sont plus éleudiies: elles égalent ()iieliiuefois la largeur d'une petite lentille, dont elles ont assez bien la forme , d'ailleurs, si ce. n'est qu'elles sont tout à-fait aplaties. » (.4hr. piaf, des mal. de la peau^ [). 552; Paris, d855.)
Après avoir ainsi décrit les phénomènes que présentent ces diverses alleclions du cuir chevelu , en les rattachant a«ix dillerentes maladies aux<iuelles elles appartiennent , il nous reste «pielque chose a dire sur le diagnostic , le [ironostic el le traitement.
Diagnostic di/fi-rentiel des pscudoieiijncs. Les pseudo-teignes vesieuleuses et pustuleuses ne pourraient être confondues en-emhle (pj'aulant (pu' le suintement seiaii très considérahie , et (jue les vé-^irules ou le*^ pullules atnaienl disparu; mais la formation des sipiannnes d.uis les jwemières , des croûtes dans les secondes servirait hientnt à les faire reccuniaitre : (li>>ons toutefois rpie la méprise n'entrai lierait aucun inroiiN ciiient, puisque le traileinrut est le même , et (pie de plus il y a assez souvent fusion des deux ordres de lésions {eczéma impcli^finodes ), comme nous l'avons déjà f,\il ohsorver à propos de la teigne vé-iculeuse. Quant a 1 impr- Hgo granitlata y nous verrons plus hiiu les (hllerences q«ii le séparent dv. favus [,e siège du mal et son aspect gianulé lui assignent d'ailleurs des caractères réellen^enl distinetifs des autres espères diin peiigo. La teigne furfuracee ipitijriasi.s capilis) ressemble souventauxeczemas du
cuir chevelu passés à l'état chronique; mais si l'on songe aux syniptôtnes antécedens d'acuité que ces derniers ont souvent présentés, si l'on examine l'état de la peau au-dessous des fuifures épidermati- (pies , la rougeur , les rugosités , les fissures que cette membrane présente dans l'eczéma chronique feront bientôt reconnaître cette dernière alfection. La forme amianlacèe se décèle par sa physionomie toute particulière.
Pronostic des pseudo teignes. Nous avons dit (pie les anciens regardaient ces éruptions , surtout les formes humide, vesiculeuse ou pustuleuse , comme un inoiivcnienl ciiii jiie depurateur. Quelijues auieiirs niotleines, tout en rejetant cette idée humorale e(Mniue n'é'atit pas rfc mo(/t', avouent cependant (jue les eiif.ins (jui en sont atieinis en eprou\ent des elTets salutaires. « il est prome, dit Hillard , que durant le cours de cette maladie (la teigne nniqueuse) les enfans présentent rarement les complications gastri(pies ou ihoraciques qui rend( nt (pndiiuefois si funestes les maladies cutanées, et l'on voit ordinairement la teigne mucpieuse disparaître sans laisser après elle les traces d'aucune de ces modilications morbides qu'a|)portent (juehpiefois à la constiiution des individus certaines alfections de la peau, .l'ai vu un assez grand nombre d'enfans à la mamelle atteints de la teigne muqueuse à riiospice des J'ofaiisTrouvés ; très peu d'entre eux ouf péri, et le plus grand nombre a replis, .ques la disparition de celte iiillaiiiinalion , un état de fraieheur et d'embonpoint rpii venait à l'appui de la crcnanef populaire dont il a été parlé.» ' Trailc dc^ mahrl. des cvf. vourean nrs, p. I.')!. Pais, LS2S). Les auteurs citent un grand nombre d'accidens graves survenus à la suite de répereu-sions de teignes. Alibert rapporte (prune nourrice ayant arrêté avec de la fleur de farine très chaude une teigne nuKjueuse chez une petite fille de • piitie mois, ecllp-ci devint [làle , tiist(? , et fut saisie d'une fièvre dévorante à la- (pielle elle succomba bient(*»t. I-'oreslus , Th. Parlholin, etc. , ont observé des f lils analogues. On lit dans la Gazette mèdira/e (51 octobre iS-îu, p. Cîmv l'observalion d'un jeune homme de tieize ans chez le quel la suppression d'une dermatose
JEfGlNE.
teigneuse fut suivie d'une olUe avec uiéningi((! supputée mortelle.
Qjj.'uit à la gravité des pseudo-ttignes considérées en elles mêmes, elle est loutà-fait nulle; mais dans certains cas d'eczéma chronique et de pityriasis ca[)itis , ruffection est invétérée et très rebelle.
Un accident assez désagréable qui peut succéder aux différentes espèces de teignes c'est ralo|)écie , dont (luehpies auteurs depuis Willan ont fait une espèce de teigne à part sous les noms de porrigo decalvans (Willan et hi\\ emnn), poni go lonsurans (Aliberl), teigne tondante {M dlion). Bien que pouvant être la suite des teignes vraies ou fausses, l'alopécie paraît dans certains cas la seule lésion appréciable; peut-être, comme le pense M. Gibert, ost-ce un pityriasis (decalvans) qui constitue l'alfection. M. Mahon a décrit et figuré celle forme avec beaucoup de soin dans son ouvrage (p. 153-144 et pi. 5). Alibert y a insislé avec détail {ouv. cit.^ p. 469), et l'a môme d4stingué de certains cas de lavus avec alopécie [favus sine favis). C'est donc à tort que M. Gillette, dans l'observation intéressante d'alopécie contagieuse citée dans le t. i de ce Dict. (art. Alopécie, p. 185), accuse le célèbre dt'rmaloIo:<iste français de n'en avoir point parlé. Yoici, du reste, la très boune description qu'en donne M. Mahon : « Les individus alFeclés de cette teigne nous ont toujours offert sur le cuir chevelu au moins une tonsure plus ou moins étendue mais toujours régulièrement circulaire , où les cheveux étaient régulièrement coupés ou pluiôt cassés à une ou deux lignes au-dessus du niveau de l'épiderme. A celle [)lace la peau était extiémement sèche, plus compacle, plus serrée que los parties voisines (pii éiaieiit saines; les aspérités (jui se faisaient remarquer étaient sensibles à la vue et surtout au tqucher: elles étaient semblables à celles qui deviennent ap[)arcnles sur la surface de la peau à la suite de I impression subite du froid ou après le frisson causé par un sentiment d'horreur, entin à ce qu'on apjiclle vulgairement la chair de poule. I.a leinte de la peau était un peu bleuâtre; maislors- (ju'on la gratiait, la surface soumise à ce frottement se recouvrait d'une p()u>sière fine et très blanche que Ton peut comparer
ti de la farii.e très ténue. (Ceci semblerait confirmer l'cipinion de M. (iibert relaivement ^\\ pHyriasis dtcalcans.) Llle commence (cette affection) par se njanifester sur un [)oint 1res exigu (|ui devient le centre d'un cercle qui va toujours en développant sa circonférence; le hérissement des cheveux est le résultat immédiat de < ette altération des follicules. Quehiuefoisraffeclion se communique à d'autres places éloignées du siège de l'invasion. 11 s'y établit \m petit point (pii se développe comme le [)reniier par une extension excei t i(pic ; à la longue toutes ces circonférences finissent par s'atteindre, se confondre et ne faire de toute la tète qu'une suiface enlièrement tondue et recouverte des aspérités dont nous avons parlé. iSons avons vu trois ou quatre exemples de l'invasion du cuir chevelu par cette affection singulière. » [Omr. cilé^ p. 134 et 156. ) Cette description était indispensable pour compléter l'histoire des pseudo-teignes et de ralo[)é(ie.
Traitement des pseudo teignes. Le traitement offre des dilférences suivant l'espèce à laquelle on a alFaire; les teignes aiguës , vésiculeuses ou pustuleuses affectant les jeunes enfans, les mêmes affections chez les adultes et enfin la teigne furfuracée présent lit des indications différentes que nous allons succtssisement passer en revue.
Des teignes vésiculeuses elpnsluleuses aiguës cJiez les jeunes en f uns. D'après ce que nous avons dit, il est facile de comprendre que TafFection qui nous occupe n'exige pas dès les premieis temps un irailement fort actif. Mais comme à la longue le sujet peut se trouver épuisé, surtout quand le fluxmu(]ueux e.^t très abondant, il est un moment où le médecin ne doit plus rester spectateur (n (juelque sorte oisif de la maladie; il doit la réprimer et arrêter ainsi un mo;ivement naturel, sans doute, mais exagéré. On commencera donc par s'en tenir aux soins de propreté : on tiendra les cheveux coupés très courts, presque ras; on conseillera les lotions avec de l'eau de son ou de guimauve. On appliquera siu- les ( heveux des cataplasmes érnollieiis pour faire tomber les croùtfs, les cmitècliei- de s'aiiionceler et calmer ririitalion prurigineuse; si
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rinflamination est très viol nie et qu'il se forme de petits phlegmons sous-cutanés, on pourra appliquer une ou deuxsangsnes dans le voisinage : suivant, au reste, la force du sujet. Quand la maladie dure depuis très long-temps, on peut avoir recours aux lotions de Harrèges, ta la pomma de soufrée ; en même temps on donne de légers laxatifs, tels que le sirop de chicorée ou un peu de manne dans du lait. En tout état de chose, si l'enfant est à la mamelle, on peut lui continuer le lait de sa nourrice , mais en ayant soin de lui faire boire dans la journée quehjues cuillerées d'eau d'orge ; s'il est sevré , on rendra son alimentation moins substantielle et plus rafraîchissante. Quand l'éruption se supprime brusquement , on la rappelle au moyen de topiques gras, tels (jue le beurre et l'axonge, qu'on laisse séjourner assez long- temps sur la peau de manière à les laisser devenir irritans, on pourra même y ajouter un peu de pommade épispastique ; enfin, si ces applications échouaient, on placerait un vesieatoire volant à la nuque. On a réussi a l'aide de ce moyen à rappeler des éruptions supprimées spontanément, et dont la suppression avait été le d'aceidens plus ou moins graves
signal
Quand
adultes, il faut agir avec i)lus d'activité et appliquer le traitement de l'eczéma et de riinj)eligo.
De la forme chronique. Ici on em- ])loiera le traitement des dartres dans toute sa rigueur. Tisanes amères, purgatifs de temps en temps, cheveux tenus très courts, cataplasmes pour faire tomber les squammt's ou les croules, puis onctions aNec les pommades sulfureuses, ioduroijulfureuses , au calomel , etc.; lotions de liarréges, bains sulfureux ou sulfuro-gelalineux , etc.
Du pHyrifisia capili!(. « Quelques tisanes ameres reudurs laxatives par l'addition du sulfate de soude à la dose d'une (h'mi-once par pinte, ou mieux du souscarbonatc de putn-^ne à la dose d'un ou deux gros ; des lotions alcalines sur les parties alT.'Ctéos, des bains alcalins, quelquefois (les douches de vapeur sont les moyens par lesquels ou peut combattre avec suecèi celte légère aiïection... Chez le- en^in*: elle est souvent tclleuii ni peu
grave, qu'il suffit de leur brosser légèrement la tète; la peau ainsi irritée prend une activité nouvelle, et l'exfolialion cesse entièrement)) (Cazenave et Schedel, ouvr. cit., p. 537). Des lotions avec de l'eau de savon ou avec une eau additionnée d'une teinture alcooli(]ue aromatique pourront aussi dans ce dernier cas agir avec efficacité.
De lacahitie. II faut raser les cheveux et oindre les parties malades avec les onguens conseillés contre la chute des cheveux. L'huile de noisette, le sel marin en I)ommade ou en lotion , divers excitans ont^eté conseillés, sans parler des autres drogues prônées par le charlatanisme. La recelte suivante que mentionne M. Gibert l)eut être bonne pour réveiller l'inertie des bulbes pilifères.
» Pr. : !\loelle de bœuf préparée. 2-4 gram. Huile d'amandes douces. 8 Quinquina rouge .... 4
» On délaye la poudre de quinquina avec une jielite quantité de l'huile , dont on ajoute ensuite le reste. Lorsque le mélange est fait, on fait fondre à une douce chaleur la moelle (pie l'on incorpore peu à peu à ce mélange en se servant d'un
, ,. ,r ,. ^ ^^^,„^\u^r, 1 mortier et agitant jusqu'au refroidisse- 1 1 alieclion se montre chez les ^ •' ' . ^
ment complet. )» [Ouvr. cité,[i. 5U9 , note.)
Du reste, et pour plus de détails , nons renvoyons au traitement de la teigne pro- |)remenl dite ou favus.
§ III. Dk la. TEIGNK VRAIE. FAVUS ,
tinca lupiîiosa ((««ly de Chauliac) ; favi, favositas , linea favosa ou farina des auteurs; tinca fuoaa (Astruc); pnrrigo lupivnsa ciporrigo srutulata (\\ illan et r.ateman); porrign favnsa et scuUi/ata (Hiett, Cazenave et Schedel); ringtvorm des Anglais, etc.
« On doit entendre sous le nom de favus, dit i\L Ciibert, une maladie .spéciale du cuir chevelu généralement propre à renf.uice , susceptible de se transmellre par contagion , paraissant siéger dans les follicules pileux, entrainant souvent Valopccic , et particulièrement caractérisée l)ar des crortles sèches fortement enchâssées d.ins le tissu de la peau (auquel elles adhèrent intimement), d'une couleur jaune pile et sale, offriint uic dépression
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4ii(
centrale plus on moins régnli('re qui donne au produit croOleux quelque ressemblance avec les alvéoles d'une ruche à miel, d'où le nom de favus , ou avec les semences de lupin, d'où le nom de tinea hipnosa. » (Ouvr. cit., p. 259.)
Causes. Les conditions d';lge dont nous avons parlé à propos des teignes en général s'appliquent rigoureusement ici. Notons comme circonstances particulières que le favus s'observe plutôt ciiez les enfans de sept, huit et neuf ans que chez ceux qui sont à la mamelle. Toutefois les jeunes sujets , les adultes et même les vieillards peuvent en être alïeclés. On croit que le tempérament lym[)hatique favorise son développement. On le rencontre souvent dans ces maisons de correction où sont entassés les enfaiis des deux sexes. Suivant les remarques d'Alibert , «( les indigens qui habitent des rues étroites et boueuses, où tous les genres de misères sont réunis; les porteurs d'eau, les voituriers, les revendeurs, les bergers qui couchent dans les granges ou dans les étables, avec des chevaux , des bœufs, des pourceaux , des dindons, des poules, et qui vivent dans leur atmosphère ammoniacale ; les vendeurs de poisson , les pêcheurs qui ont constamment les jambes dans les rivières et leurs habits mouillés, sont particulièrement affectés de ce genre de teigne. » [Ouvr. cité., p. 505.)
Contagion. « La contagion de la teigne, dit M. Gibert, est reconnue par presque tous les pathologistes, et Bateman n'hésite point à attribuer la propagation de la maladie, dans beaucoup de familles aisées, à la fréquentation des collèges, dans lesquels les enfans bien portons sont souvent en contact avec les enfans malades, et font usage dans bien des cas des mêmes linges , des mômes ])eignt's , des mêmes coiffes et des mêmes chapeaux.
Plusieurs fois nous avons été à même d'observer à l'hôpital Saint-Louis , ou au traitement externe du même hôpital, des individus (enfans pour la plupart) qui paraissaient avoir contracté un favus en se servant de peignes, de bonnets, de coiffes, etc., (\m avaient servi à des sujets atteints de cette maladie. Dans les salbs de iVL Bieit on a pu voir deux ou trois fuis des embrassemcns entre jeunes gens pro-
pager le mal , qui alors se montrait au menton ou aux environs de la bouche.
Chez un malade même (pii avait porté une perruque provenant d'un individu atteint de favus, la maladie se montra aux bras et aux jambes. Cette circonstance bizarre put s'expliquer quand on apprit que cet homme, en se retournant la nuit dans son lit, déplaçait habituellement sa perruque], et la retrouvait presque toujours le matin en contact avec ses bras ou ses jambes. Il y a quelques années, M. Guersant a vu dans un pensionnat le favus se manifester pour la première fois , et attaquer successivement une douzaine d'enfans dans l'espace de (juelques semaines ou de quelques mois, à l'occasion de l'introduction furtive dans l'établissement d'un sujet affecté de celte maladie. » [Ouvr. cité.^ p. 259.)
A ces faits , nous pourrions en ajouter plusieurs autres. Ainsi M. Mahon prétend avoir contracté des croûtes faveuses, pour avoir négligé de se nettoyer les mains après ses divers pansemens. Alibert cite quelques cas analogues. « Et pourtant, s'écrie-t-il , des doutes singuliers nous restent au sujet de tout ce qu'on a avancé à cet égard. En effet, continue cet auteur, nos élèves ont souvent tenté d'inoculer, en notre présence , le produit de l'incrustation faveuse sous plusieurs formes , et en variant les procédés, le plus souvent il n'en est rien résulté : dans d'autres cas il est survenu une inflammation passagère, qui s'est bientôt évanouie ; parfois une suppuiation semblable à celle qui pourrait s'établir par tout irritant mécanique , ou par l'insertion d'une substance étrangère dans le tégument. Rien de régulier dans l'organisation de la croûte, qui ne s'est montrée ni jaune ni alvéolée. Pour obtenir un tel résultat il faut donc une prédisposition physique dans l'économie, qu'on ne rencontre que très rarement. » {Ouvr. cité, p. 505.)
La question , comme on le voit , n'est donc pas encore nettement résolue ; et s'il ne faut pas trop redouter la contagion , on doit, d'un autre côté, et jusqu'à plus ample informé, éviter les contradictions qui peuvent la favoriser. Ce point de la science exige do nouvelles recherches.
De L'hcrèdilè. On en cite quehpjeg (xeinpbs: ain^i Aliieit avu un septua-é-
naire couvert d'incruslations favcuses ; (Jeux de ses fils, (luoiquc adultes, portaient aussi le même mal ( ibid., p. o(i2\ Ici on pourrait iuvociuer la conlafiiou ; le suivant est plus décisif : une femme alTectée de favus donna naissance à un eniant qui , au bout de cinq jours , lut atteint de celte mcMnealfeclion (Mahon, ouïr, cile , p. 5G). Le même auteur ra[)|)orte plus loin (p. 7--2-7,'> ) , jus(]u"à 11 cas .iiialoLMics, et dans quelques-uns on voit la maladie se reproduire pendant nlu*ieur> gcnéralion>^. Chose jcniaripiahlc , les enfans ont ele allectes bien que leurs i)arens fussent guéris depuis long-teîn|>s.
Sieye du favus. Le favus se montre spécialement sur le cuir chevelu; on peutcependiuit le rencontrer sur les autres parties du corps : soit par extension du mal , celui-ci ayant débute par la télé ; soit que la conlaj^'ion directe ayant eu lieu, Terupliou >e soit faite au point de contact. Les parties sur le.^cpielles on rencontre le [)lus ordinairement le favus, sont les tempes, le front , la nuque ; au tronc il se montre spécialement a la rej:ion dorsale ou loinb.iii (' ; aux coudes , aux j,'eiu)ux , à la jiarlie iiiferieure et (Xlerne des jauilies -, là, en un mol, où la [u-au est le plus dense et serrée.
SvMi'i ("iMi s. Ils ont été très bien résuuics par M. (iibeit. « l/ci uplioii, dit il, commence par de 1res peiiis poiuls jaunâtres peu ou pouit élevés au-dessus du niveau de la peau , (pii , dès leur début, présentent une petite croilte déprimée en j^'odcl, produit de la concrétion de l'humciir (pi'ilhs coutieuueut. (lelic crtti'ile , souvent lr.i\er>ee piu' \\u pod o;i \in cheveu , s'accroit peu a j)eu , et accpuert un voluiue v.uiable, suivant (pi'clle re.ste isolée ou (ju'elle s(î confond par ses bords avec les iroùlcs voi>in(s ; clic est scclie , fortennnl adhérente, et conune enchà-sce dans !c li^>u d.- la peau : si on veut reulever de vise force , (ui excite de la douleur et ou fait sai;:ner les legimien-î, (|u'on trouve au-(l('Sv()ijs rouu'cs et rxcoiics; ces excot i. liions , quand la maladie se prolon^^e et snu^'iave , peuvent s'étendre a une certaine ptofondeur. L'sbidbes des pod> s'ei.ll.iiium'nt et «^'excorient ; les rln \eux s'idieicut , deviennent ;:reles , décolores , lanugineux et lominnl ; \\ en re-
TfclGiNE.
suite souvent une alopécie incurable; la surface de la peau demeiue lisse et luisante dans la région dépouillée de cbeveux. Chez les enfans, des potix [)ullulent quelqwefois sous les croûtes et ajoutent encore aux démangeaisons vives que cause la maladie cutanée. L'humeur qui se concrète en croule , exhale une odeur nauséabonde, sui gcncris.^ comparable à celle <pu se répand autour de certains individus atteints de fièvres graves et que Ton a assez jusiement nommée odeur do .u)uris. Souvent , quand rinllaunnalion de la jieau est vive , les ganglions lymphatiques occipilaux et mastoïdiens se tuméfient, de [)etits abcès se forment dans le tissu cellulaire sous-cutané ; Tophibalmie même, le coryza |)euvent élre provoqués par rcxtension de Tirrilation : toutes ces complications peuvent passagèrement occasionner un nmuvemcnt fébrile » {Ouvr.
cité , p. 24'2). Tel est l'ensemble des caractères généraux (pie présente le favus ; passons actuellement aux détails.
yariclrs. On s'accorde généralement à en admeitre deux.
lo Favus uRCEOLAnis , porrif/n lupi- Ud.^d (\\ illan et n.ileman); porrifjn fnrosa ( I)ielt , favus vul(jaris (Alibert). Cette es[)ècc est la plus facile à reconnaître ; Alibert l'a pruf.iitement dé[)einte dans les j)assagc.s suivans,
« (^)uand les croules rudimcutaires (hi favus eoiniiienrent a paraître , il n'est pas d'abord Ires facile de les distinguer; mais bienl('»l on les v<iit s'agrandir insensiblement, et manifester lUie couleur d'uu jaun<î soufre : leui' centre s e déprime 1res visiblement eu aulanl de godels ; les bords en sont saillans et relevés , ce <pn leur donne , connue nous l'avons déjà remar- (|ué , une sorte de ressemblance avec les alvéoles de ruche à miel , ou avec les cupules {]{'. certains lichens parasites. H nest pas rare de voir les cheveux s'échap- [»er à tiavers les incrustations... (^)uelquefois .. il arrive que ces incrustations se joignent par leurs bords, et qu'ellps produisent, par leur agrégation ou leur contiguïlc , des plaques qui sont connue gaufi ces, et d luie elendu' considérable. L'o'il v di-iin::ue, en elfel , dans <ha(iue croûte, i.i depre-sion centrale dont noiH avons dcj t parle , et ipii est l'altribut esseiitiel
TEIGNE
et caractéristique de ootle espèce de teigne.
»» Quand on a soin de ne pas tro() comprimer la tète par dos linges on par des bonnets , les croûtes sont d'un jaune clair comme celui d'un bAton de soufre ; elles conservent d'ailleurs très bien leur forme régulière et primitive : mais à mesure qu'elles vieillissent, ou qu'on cherche à les faire tomber par des cataplasmes émolliens, elles deviennent blanchâtres, s'usent et se détachent du cuir ci>evelu ; bientôt on n'aperçoit plus que leurs débris. Quelque soin que l'on prenne de nettoyer le tégument où elles se sont d'abord montrées , elles ne tardent pas à renaître , et constamment avec la même configuration. »
2" Fivus scuTiFORMis OU squarrosui (Aliberl), porrigo scutula'a (Willan, Bateman , Biett , Cazenave et Schedel) , teigne nummulaire ou annulaire ( de certains auteurs); ringworm (des Anglais), etc.. Cette forme est beaucoup plus rare, et paraît moins grave que la i)récédente; elle est rarement aussi générale. Ici les points jaunes se réunissent et s'agglomèrent de manière à donner naissance à des plaques croùteuses , arrondies , en forme de médaillons [mtmmi), inégales , raboteuses à leur surface, n'olfrant pas les godets réguliers du favus urceolaris.
Quand ces croûtes ont été détachées par l'action des cataplasmes, il s'en produit de nouvelles tout à fait semblables aux premières. Les plaques nummulées peuvent offrir de quelques lignes à 1 ou 2 pouces de diamètre. Lorsque l'éruption est considérable, et que toute la tôte est couverte d'incrustations semblables à celles que nous venons de décrire , la maladie offre un aspect tout particiilier, et (ju'il est important de bien connaître pour le diagnostic. « La télé est occupée par une espèce de calotte épaisse , dont la circonférence présente des traces évidentes de la forme première de l'éruption. Ainsi , on observe des quarts , des moitiés de cercle bien distincts , et l'on ne trouve des cheveux qu'aux points de réunion du cuir chevelu avec la peau de la face ; au-dessus de cette espèce de couronne, formée par des cheveux grêles et laiiU!:ineux,on voit une enveloppe crustacée d'un Jaune grigâtre, ne présentant point, comme daui le