‹ Dictionnaire des dictionnaires de médecine français et étrangers, ou, Traité complet de médecine et de chirurgie pratiques (volume 2)Chapitre 119 sur 143 · TOME Vil · texte numérisé non relu

TOME Vil

OAiiii:.

La fissure était ( n arrière cl à droite. Je pris lui bistouri à lame liés étroite et dont le dos était légèrement courbé à la j)oinle. Le malade étant place dans la position convenable, je plaçai l'index de la main gauche dans le rccium. Je j)longeai l'instrinnent dans la marge de l'anus en arrière et du côté gauche , le dos tourné vers le rectum, par consé(pient vers mon doigt, qui lui servit de conducteur pendant que je le poussai sous la membrane muqueuse , jusqu'à environ quatre centimètres de hauteur. Je fis la section du sphincter sans entamer la membrane muqueuse. Celte opération fut peu douloureuse, il s'écoula peu de sang, et aujourd'hui, deuxième jour, un lavement a fait rendre une selle presque sans soulïVir.

Uout nous promet une prompte gucrison.

Cependant il faut attendre le résultat : il faut surtout mulli[)lier les faits pour asseoir son jugement. Aussi je ne me hâte de ire connaîîre celui ci (jue parce que I maladie est assez rare, et pour engager les T)j[*aticiens à examiner jusqu'à quel I)oijv.oe mode opératoire peut mériter la confiance. Le raisonnement et ce qui .se passe dans les cas analogues me semblent parler en sa faveur. ?s'ous savons, en effet, (pi'une plaie qui lî'a pas de contact avec l'air extérieur est toujours bien plus rapidement guérie, et la secùon sous- cutanée des tendons et des muscles en fournit des exemples trop multipliés pour qu'il soit besoin d'y insister. Malgré cela, je le répète, il faut que l'expérience vienne en sanctionner les résultats ; il faut surfout prouver que cette section est moins douloureuse et plus promplemenl guérie que celle qui se fait dans le fond de la fissure (Lyon , le 5 avril 1841). » {Gazette des hôpitaux , 4 mai 1841, n» 55.)

9» Bégayement. Déjà nous avons annoncé à Tarlicle LA^GUE les tentatives toutes récentes faites dans le but de guérir le bégayement par la myolomie. 11 nous reste à compléter cet article et à indiquer tous les faits nouveaux qui peuvent; éclairer la pratique sur ce sujet. Nous ne reviendrons pas sur les discussions de priorité que nous avons déjà éclairées dans l'article cité , de nouveaux développemcns n'ajouteraient rien à nos connais-

4oi TENOI

sauces , nous passons de «uile à roxamen tieîî nuiliodes et des procèdes opératoires. Mclliodcs et procédés, ^i. Section de la inuacLlatiirc de la langue. \.a première fnilhndc , celle de M. Dii ITeiiljadi , se divise eu trois autres (jue nous aNons déjà ])assées on revue (t. v, p. 527); depuis cet!c prenuère descripiion,^!. DiclTenbacli a adressé à TAcadeuiie des sciences de France une Lettre chirurgicale qui complète ces preniiéres données de la manière suivante pour chacun des trois procédés. « 1" SLCtiou transrerse de la racine dé la largue. Voici la marche (pie je sui\is pour opérer. Le jeune homme était assis hur une chaise , la té'.c appuyée contre la poitrine dun assistant. Je lis tirer la langue autant que possible , puis la saisis dans la partie antérieure avec une pince de Muzeux , de manière que les crochets de la pince pénétrassent dans les bords : en serrant les branches de linstrument , la langue fut ainsi comprimée latéralement , et son vohune devenait plus étroit en gagnant en e[>ai>^seur, deux conditions favorables à Texécution de l'opération.

)) Pendant qu'un des aides amenait la langue autant que possible en dehors et un i)eu de C(Mé , et (pie l'autre retirait en arrière asec des crochets obuis les coins de la bouche , je saisis avec le pouce et Tindex de la main gauche la racine de la langue et la relevai en la conqirimant latéralement. Cela fait , j euron(;ai la lame de mon bisiouii , dont le taillant était dirigé eu h.»ut , dans la partie gauche de la racine de la langue et , après avoir fait pénétrer Uion instrument ju>(|u'au point opposé à celui par oùj'cta'.s entre, je terminai df bas eu haut la section complète. Apr* s avoir fixe le bord postérieur de la [tlaie avec une forte siilure , je sai^^is avec une ])iuce n)uiiie de pointes le bord antérieur; et r..vanl ainsi comprimé latéralement, i'enlev.d dans toute lep.iisseur de la langue , (hî haut «n bas, un morceau de IS iiiilliu). <n forme de coin. Pour cette dernière section , je n.e servis d'iui petit bistouri droit preferablement au bistouri a fistule.

»■ La le\re jioste: ieure fut , au moyen de la suture dont j'ai déjà parh' et d un double crochet , amcne« astez eu avant pour

OMIE.

que je pus-^c recoudre. Six forts points de suture reunirent la plaie, et empêchèrent Ihemorrhagie d'autant plus sûrement que j'avais eu soin de les faire pénétrer dans le fond même de la blessure. La perte de sang fut assez considérable, ce qui est tout naturel lorsfju'on refléchit à la nature des organes sur lesquels se pratique cette opération délicate et qui exige une main exercée.

» Je demandai ?u jeune malade, dè.< qu'il se fut gargarisé la bouche avec de l'eau froide , de prononcer (pielques mots (pii lui avaient présenté le plus de didiculté... il ne bégayait plus Seulement les contorsions des nmscles du visage continuèrent comme au[)aravant.

^1° Section horizontale de la racine de la langue, arec excision d-unê pièce triangulaire. J'opérai dans ce cas d'après le mode où on enlève une pièce dans toute la largeur de la racine de la langue à peu près suivant la manière que j'ai décrite dans le premier cas cité. Après avoir fixé la langue au moyen d'une pince à crochets, je fis une forte suture dans sa partie postérieure , aussi en arrière que je pus atteindre ; puis , ayant transi)erce avec un bistouri à fistule , la racine de la langue à sa base j'opérai la section complète de bas en haut : je saisis le bord antérieur de la blessure avec une pince munie de pointes à la surface interne de ses becs , et j'eidevai dans toute la largeur et l'éiiaisseur de la langue un morceau triangulaire de IS indlim. La réiuiion des bords de la plaie fut opérée par six forts points de suture. La perle de sang , quoi(jue assez considérable , cessa complètement a[)rés l'application des sutures.

■ Dès (pie rojiération fut achevée , j'essayai de faire prononcer au jeune homme quelques mots , ce (pi'il put exécuter saus le moindre hegayement, mais avec la gène qui résulte naturellement d'une opération pratiquée sur la langue. J'ordonnai une dieie .>.evere et (l(!s gargarismes répètes.

• .")<> Section sous-cutanee transversale avec cotiser cation de la muqueuse. Pour l'opération, pendant laipielle je fus assiste de .>]. le do(Meur Trettenbacher , de I\lunich, et de .■\1>L Ibichiing et llddebraufJl, je saisie la langue avec une pince de IMuzcux cl la tirai fortement en dehors de la

l)()uclift , piiis j'enfonçai en arrit'rc dans la face inférieure nn bistouri à fistule falciforme et ineisai la racine de la langue dans toute son épaisseur, en laissant intacte la inuijueuse qui revêt la face supérieure. La largeur de la plaie que j'avais faite en enfonçant et en faisant ressortir le bistouri ne parut pas dépasser celle de l'inslrument, ce qui provenait de Pexlensibilité de la muqueuse. La langue était si complètement coupée sous la peau , dans toute sa largeur, qu'il eût sulTi , pour la faire céder, de la tirer un peu fortement avec la pince.

wLesangjaillit avec abondance des deux blessures latérales , comme s'il fût sorti d'un gros tronc d'artère , et la langue se tuméfia bientôt par la masse de sang qui s'accumulait dans le vide produit |)ar la section sous-cutanée. Pour rétrécir cet espace , je fis une forte suture d'arrière en avant dans l'épaisseur de la langue , et fermai aussi les deux points latéraux par lesquels j'avais fait pénétrer mon bistouri. Lorsqu'après l'opération le jeune liomme voulut produire quelque son , il ne contracta que légèrement la figure et parvint, sans de grands efforts , à prononcer le mot ndn en exprimant par des grimaces et des gestes la douleur qu'il ressentait. Les jours suivons s'écoulèrent sans qu'il se passât rien de remarquable. La déglutition éiait très gênée , ce qui ne Tempéclia pas de prendre quelques sou[)es mucilagincuses ; la langue était chargée , et le soir il était atteint d'un léger accès de fièvre. Le quatrième jour déjà je pus ôter les sutures ; la réunion était complète dans toute la profondeur de la plaie. Au septième jour, la langue ne présentait plus la moindre tuméfaction ; et le huitième, le jeune homme put quitter la chambre. Il ne bégaye plus du;loul : certains mots cependant lui offrent quelque difficulté , et ce n'est qu'avec effort qu'il peut les prononcer. Quant à l'exécution, cette opération présente plus de difficulté que les autres méthodes. » [Gazette des hôpitaux , 18 mars 1841, n» 33, t. m , 2» série.)

B. Méthodes françaises. Section

DES MUSCLES GÉNf 0-GLOSSES. DaUS CCttC

catégorie nous devons ranger le procédé imaginé par M. Phillips , et que ce

TÉNOTOMIE. i55

chirurgien a placé par erreur dans la classe précédeute. Le voici :

i" Procédé de M. Phillips. « La bouche étant largement ouverte, l'opérateur saisit le frein de la langue à son angle de réHexion sur la langue même. L'instrument qui sert à exécuter cette manœuvre est une éri^ne coudée à angle droit, afin que l'aide à qui on le confie ne gène pas les mouvemens de l'opérateur. Ce dernier implante une petite erigne dans le frein, à une demi-ligne au-dessous des canaux de Warton ; et entre les deux érignes, il donne un coup de ciseaux qui ouvre aussitôt largement la muqueuse. Alors, en abandonnant les ciseaux, il introduit par cette plaie un crochet mousse tranchant sur sa concavité depuis le bouton jusqu'au manche ; il ramasse sur cet instrument toute la masse musculaire (ce sont les génio-glosses) de la langue er, faisant décrire à ce crochet un demi cercle étendu, il coupe en un instant toute la musculature de la langue. • ( Ténotomie , p. 567.)

2° Procédé de M. Amusmt. « Je dois dire, pour les praticiens qui veulent employer mon procédé, que je l'exécute en deux temps distincts. Dans le premier, je détache complètement le frein ou filet de la langue à son attache à l'os maxillaire; je détruis en même temps la membrane cellulo-fibreuse qui se trouve au-dessous et je m'arrête, si le bègue parle mieux et tout à fait bien : ce qui arrive quelquefois. Déjà 4 ou 5 malades sur 21 ont retiré un très grand avantage de ce premier temps de l'opération.

» Sur les autres j'ai été obligé d'aller plus loin, et de pratiquer la section des muscles génio-glosses.

M J'ai déjà dit que l'opération était quelquefois accompagnée d'une hémorrhagie assez abondante. Pour remédier à cet accident, j'employais autrefois des boulettes de charpie trempées dans de l'eau styptique; maintenant je me sers d'un moyen beaucoup plus simple, d'une injection d'eau froide ou d'eau glacée dans la plaie. Déjà, dans plusieurs cas, ces derniers moyens m'ont complètement réussi.

» Quant aux suites de l'opération, elles n'ont rien présenté de particulier jusqu'à présent. Une légère inflammation de la

ÏÉNOTOMIE.

langue, de la gorge h des environs de la plaie a (iiielquefois retardé la guerison , qui, en defmilive , e.<t survenue, torme moyen, huit jours après l'opération. '»

(Lettre à Vlnstittit, 8 mars 1841 ; Gazette des hôpitaux, 15 mars, n" 53.)

3" Procède de M. yelpeau. « J'attirai la langue au dehors, et je pratiquai , à l'aide d'une lancette, une ponction sur le c6té droit de la racine du frein, très près de la mâchoire inférieure. Engageant ensuite ])ar cette ouverture un tenotome presque perpendiculairement à trois centimètres environ de profondeur, je coupai €n travers la totalité de la racine des muscles gènioglosses, sans agrandir l'incision de la membrane nniqueuse. Pour être plus sûr encore du résultat, j'enfonçai un bistouri très étroit obliquement de haut cubas et d'avant eu arrière, comme pour gagner l'os hyoïde, sur le côte du muscle ^'enio-glosse épanoui, en longeant la face inférieure de la langue pour couper de nouveau ce muscle en travers au-dessous des artères raninos. Immédiatement après l'opcration le jeune homme cessa de bégayer, excepte pour les lettres labiales et pour (pielques-unes des lettres dentales. Lu écoulement de sang eut lieu, mais il s'arrêta bientôt de lui même ; et le jeune homme, ne souffrant plus, sortit de l'hôpital (piatre jours après l'opération. Depuis lors il a conservé son amélioration primi tive, sans rien gagner ni [)er(lre sensiblement. Je l'ai revu jeudi dernier ^11 mars), et j'ai constaté qu il lui restait encore une bride assez forte des muscles genio glosses. » ( (iazette des hôpitaux^ '20 mars i841.)

/.'• /'roccdé de M. Daudens. [f^'oy. t. v, p. 527.)

50 Procédé de M. Lucas de Londres.

La membrane uturpieuse et le tissu cellulaire (jui la double sont largement et soi- ^'ueiisement dissèques dans Tetendue d'ini pouce dans le lieu correspondant aux niu'-eles genio glosses , pour mettre en évidence leurs bords antero-iiifcrieurs. A l'aide de deux incisions on divise les deux muscles et on enlève une portion triangulaire de leur substance, dont la base correspond à la muqueuse. La dissection du premier temps opératoire permet d'cviUr les arterci» lanincs, de gros-

ses veines et une branche du net f lingual longeant le bord externe de chaque muscle. {Provi7icial joinnal , février 1841; Gazette des hôpitaux, 50 mars, n° -iO.) C. Section sous- cutanée des muscles DE i.A LANGUE. !<> Procédé de M.

Bonnet de Lyon. « Au lieu de faire, comme I\l. Amussat, la section des muscles en pénétrant par la bouche, je l'ai pratiquée à travers une piqûre faite au-dessous du menton. En agissant ainsi, l'on n'intéresse pas la muqueuse de la bouche ; on évite toute elfusion de sang dans cette cavité, et l'on obtient tous les avantages qui sont inherens aux sections par la méthode sous-cutanée , c'est-à-due la cicatrisation immédiate de la plaie extérieure, et l'absence de toute inllannnation suppurative. iiien plus, on est assure, et cette certitude ne peut être acquise en exécutant les procèdes sui\is juscju'à présent; on est assure, dis-je, de couper les nuiscles génio-glosses en totalité , sans intéresser cependant le gènio-hyoïdien : comme je l'ai démontré publiquement par des dissections. Je fais une picp^re sur la ligne moyenne , à 5 ou 4 centimètres en arrière du menton. A travers celte piqûre, j'introduis un tenotome mousse et le fais pénétrer de bas en haut et un peu d'arrière en avant; son tranchant est dirige contre la niàchoire et , lorscpi'il est arrivé jusqu'au-dessous de la mucpieuse de la bouche, ce que je reconnais avec le doigt indicateur gauche introduit dans cette cavité, je cherche à sentir les a|)0physps géni, et je coupe à droite et à gauihe de ces a[)op!iyses en portant toujours le tranchant du tenotome contre la mâchoire inferieiu'e, et n'agissant que sur la i)arlie sui)erieure de la convexité (jue celle-ci présente en arrière sur la ligne moyenne. C'est à l'aide de celle |)récaution (jue Ton ne coupe que linserlion des muscles génio-glosses , et (jue l'on évite les grni-hyoïdiens; car pour «jue ceux ci fussent coupes, il faudrait (jue leurs uisertions fussent comprises entre la mâchoire et le tranchant du tenotome : ce (jui ne peut avoir lieu, car ces muscles s'insèrent a la |»artie inférieure de la convexité; et rinstrument , dirige comme je l'indique, n".ij)puie pas sur celle-ci. Je ne retire le tcnulouic (iue lorb(|ue le doigt introduit

TÉNOTOIVirE.

dans la bouche m'a fait reconnatlre que son extrémité arrive jusqu'au-dessous de la mu()ueuse, que le tissu fibreux qui unit cette membrane à la mâchoire est parfaitement coupé sur la ligne moyenne, suivant le conseil de M. Amussat, et que les apophyses géni supérieures ne donnent insertion à aucune libre musculaire. Dans ce procédé, les génio-glosses étant coupés dans leur portio.i aponévrotique, on n'intéresse même pas la couche de tissu cellulaire qui est placée sur leurs côtés, les artères sous-linguales sont complètement épargnées, il ne s'écoule que très peu de sang à travers la plaie faite au menton, et les suites sont si simples que, dès le lendemain au plus tard, les opérés peuvent parler, se lever, et qu'ils éprouvent seulement un peu de gène dans les mouvemens delà bouche. » (Gazette des hôpitaux^ 1" avril, n» 4i.)

2» Procédé de M. Colombat de Viscre.

« Ce chirurgien a réclamé en sa faveur la propriété du procédé qui précède; il dit l'avoir mis en pralique dès le 19 février 1841. » [Gazette des hôpitaux, 15 avril 1841, no 46.)

D. EXTIRPATIOX d'un y a Là POINTE

DE LA LANGUE. 1° Procédé de M. Felpeau. '< Dans un quatrième cas, c'est-àdire chez un jeune homme, âgé de dix sept ans , qui bégayait excessivement ; ayant remarqué que la langue était très longue, au point de pouvoir se relever jusqu'au lobule du nez, j'ai mis en pratique mon quatrième procédé. Lui ayant fait sortir la langue de la bouche, deux aides l'ont saisie, un de chaque côté, avec une pince à gritfes, pendant que j'en accrochais moimême la pointe avec une troisième pince. Tenant ainsi l'organe sufïi>:amment tendu, j'en enlevai par trois coups de bistouri un V à base antérieure large de trois centimètres et long de quatre, en ménageant la membrane muqueuse qui tapisse la face inférieure de l'organe ; puis je réunis surle-champ la plaie à l'aide de trois points de suture, un en avant, un au-dessus, et un au-dessous. Aucune ligature d'artère n'a été nécessaire. Ce jeune homme, qui avait déjà été traité autrefois par des moyens orthophoniques, a prononcé sans hésiter et d'une manière nette les seuls mots que nous lui avons demandés. L'o-

pération no date, du reste, encore que de quatre jours, et je craindrais en l'excitant trop de nuire à la guérison de la plaie. Il faut donc attendre et ne tirer encore auciiiie conclusion. » {Gaz. des hôpit.j 20 mars 4 841, n" 56.)

E. Section par la ligature du coRP.s DE LA LANGUF. 1» Procédé de M.

Felpeau. « Avant de procéder à l'opération, M. Velpeau fait l'expérience suivante. Avec une pince ordinaire il saisit le dos de la langue du sujet , et soulève cet organe ; dès-lors le malade, qui auparavant n'avait pu prononcer une seule parole , articule quelques mots. Ce fait, dit M. Velpeau, doit nous donner des espérances, et l'opération est commencée.

» Le malade est assis sur une chaise, la tête appuyée et fixée sur la poitrine d'un aide; une aiguille chargée de quatre fils est préalablement préparée. M. Velpeau saisit avec un linge, de la main gauclie, la bout de la langue et attire cet organe le plus possible au dehors. Cela fait, avec la main droite il passe transversalement, au niveau du tiers postérieur de la longueur de la langue, et vers le milieu de l'épaisseur de cet organe, l'aiguille préalablement préparée. Après quoi l'aiguille est retirée; elles fils, au nombre de quatre do chaque côté de la langue, sont disposés de la manière suivante. On en prend deux de chaque côté pour donner plus de solidité à la ligature, et on les lie ensemble sur le dos de la langue le plus en arrière possible. Les quatre autres qui restent sont ensuite liés en avant. On comprend facilement que ces deux ligatures circonscrivent alors sur le corps de la langue un coin qui disparaîtra par la mortification des tissus comprimés par les fils, et qu'on aura, en définitive , une perte de substance comme par la méthode de Dieffenbach. M. Velpeau serra les fils avec une certaine force, et prévint que, si le résultat était avantageux, on pourrait confectionner un instrument capable d'opérer cette constriction avec plus de facilité.

» Le malade ne parut pas souffrir beaucoup de cette opération. Immédiatement après, il put prononcer quelques paroles que toutes les personnes présentes entendirent très distinctement.

» Il restait à savoir quelles seraient Us

TÉNOTOMIE.

suites do celte opération en elle-même.

INons avons tenu compte de tout ce qui s'est passe. Les quatre premiers jours qui suiNirent l'opération la langue prit un .accroissement assez considérable ; les jiarties voisines se luuieflèrent aus^i , mais aucun accident sérieux n'est survenu.

<^)uel(iues sangsues aiitour du cou, des gargarisrnes ont sudi pour ramener le cahne. Avant-hier, il ne restait plus (lu'un peu de gène dans le gosier. Ouant au bégayement, nous avons pu constater, ainsi qu'un grand nond)re d'élevés présens à la consultation , qu'd est considérablement amé'iore • le sujet parle même avec a^sez de faillite. • [iîazcltc des hôpitaux, a avril.)

Comparaison cl appréciatioii des mcthoiliS et procèdes. Celte appréciation a «te faite par .M. IJufresseCbassaigne de la manière suivante.

« Celte conq)araison et celte appréciation doivent être faites • 1° sous le ra()port de la cause à laquelle on attribue le bégaycment , cl des moyens d'y remédier ; 2" sous le rapport de la facilite de Ve\cculion ; 5" sous le ra|>port des résultats ; '4*' et enlin sous le rapjiort des acridens et des dangers (jui accompagnent les 0[ierations. H

i'U. Sous le rapport de la cause du hcgayemeut . et des moyens d y remédier. •< La pensée de guérir le begayement j)ar la section des muscles de la langue, dit I\I. Dullcnbac II, se présenta |)Our la première fois à mon esprit en entendant une jtersonne (pii louchait me prier en begay.int de l'opérer. Des lors, en y faisant plus attention, je reniar(|uai que plusieurs louches aviieul en lucnie temps un vice de |)rononciatiou ; ils louchaient presque toujours d'une manière convulsive certains jours plu'ùt (pic d'autres, ce (pii avait aussi lieu |>oiir le begayement; la di(li<!uile momentanée ou même l'impossibilité complète de (prononcer certaines consonnes , syllabes ou mots , v.iriait ainsi <|ue leur maladresse dans l'emploi mécanique qu'ils faisaient de leur langue d.iiis certaines circonstances, (lomme je pensais (pie le dérangement dans le m(^canisme du langage (jui produit le begayement avait une cause dynamique, et (pie je le regardais comme un état spasmodi-

que des voic5 aériennes qui résidait surtout dans la glotte , et qui se communiquait à la langue , aux muscles du visage , et même au cou , je devais aussi croire qu'en interrompant l'innervation dans les organes musculaires qui participaient à cet état anormal je parviendrais à le modifier et à le faire cesser complètement.

» C'est pour cette raison que la section transversale de toute la musculature de la langue me parut iinc entreprise digne d'c- Ire tentée , et que je j)ensai que je réussirais , comme on réussit à guérir un grand nombre de maux spasmodiques , en prali- (|uanl la section transversale des nmscles >• {Gazette des hôpitaux , 10 mars 4841).

« Dans ce peu de lignes, l'opinion du chirurgien de Uerlin sur la cause de la maladie est clairement exprimée ; pour lui c'est un état spa-modique , une innervation ^icieuse des muscles de la glotte , communiquée à ceux de la langue , semblable à celle qui a lieu dans le strabisme spasmodiipie et (ju'on doit guérir en y apl)li(|uant les mêmes moyens. La couclu- .««ion est logiipie ; aussi ne le voit-on |tas agir sur un seul muscle , mais bien sur toute la musculature de la langue , que ce soit la méthode par excision ou parsimi)lc incision (pTil emploie. Ku elFet , l\L le professeur Millier , en faisant l'examen analomi(]ue dd a portion de langue excisée, que M. Velpeau a comparée à une tranche de melon , a trouve (|u'elle était formée en grande partie par le muscle génio-gloysi', jiuis par le stylo et l'bypoglo>-se (nmscles latéraux).

)» L'oper.ilion de DielFenbach doit raccourcir la lanf:ue et ne semble donc pas avoir pour but de donner plus de liberté à sa ()ointe et de faciliter son application au [)alais , et cependant c'est ce «pu a lieu.

" Dans toutes les opérations françaises où l'on a coupe les muscles genio-gl()*>se , on a jiense (pie le begayemenl tenait à la rétraction s[)asmo(lique deces muscles, qui gênaient alors les mouvemeiH de la langue et ( mpèchaient sa pointe de se porter au [lalais, et en les coupant on a eu pour but de les allonger, et par suite de rendre les mouvemens de la langue plus faciles.

TENO'J

» Ainsi, commo on le voit , les opi^ralions allfiinanflcs rt les opt^rations françaises dilTèrenl tolalenient, en apparence (lu moins , et sous le rapport de la cause à laquelle on allribue le liégayement et sous le rapport des moyens d'y remédier. Dielfenbacli veut vaincre un spasme sans produire d'allongement, puisqu'il fait une }iuture qui rapproche les pari ies séparées; au contraire lorsqu'il enlève un coin de la langue il produit son raccourcissement, ce qui lui paraît une condition indispensable pour obtenir la guérison. Chez nous on veut aussi vaincre nu spasme , mais en produisant un allongement.

M Toutefois ces différences sont plus apparentes que réelles ^ car, en enlevant un coin à la surface supérieure de la langue , ou bien en y faisant une incision transversale, il divise à peu près toutes les libres des muscles génio - glosses ; dès lors il se forme un vide entre leur insertion à la langue et à l'apophyse géni, vide qui doit élre comblé paar une substance de nouvelle formation plus longue que celle qu'elle est destinée à remplacer.

» h Sous le rapport de la facilité d'exéculion. Les opérations allemandes sont infiniment plus difficiles à exécuter que les Oi)éralions françaises. De l'aveu même de DielFenbach, elles sont très difficiles, tandis que la division simple des génio-glosses est très facile.

» e. Sous le rapport des accidens et des dangers qui accompagnent les opérations. Les accidens et les dangers qui accompagnent les opérations de M Dieireubach sont grands : !« Vhêmorrhagie est toujours abondante , et on ne parvient ;, l'arrêter que par les points de suture. « Dans la section sons cutanée, par exemple , où Ton ne pose pas de points de suture , je pensai i\ue Phemorrhagie serait difficile à arrêter, dit le chirurgien de Berlin , puisqu'il n'était guère possible d'employer la compression , et qu'une grande quantité de sang risquait de s'accumuler dans la plaie sous-cutanée pratiquée dans le» muscles delà langue; le gang jaillit avec abondance des deux bless'urts latérales, counne s'il fiU sorti d'un gros tronc artériel, et la langue se tuméfia bientôt par la masse de sang qui s*ac-

O.MIE. -t39

cumulait dans le vide produit par la seclion soiis-culanée » (loro cit.). Cet écoulement de sang [)eut élre porte au point de déterminer la mort : connue cela est arrivé chez un de ses opérés , étudiant à lierlin.

»'ll es tvrai que la section simple des génio glosses par le procédé de M. Pliiliips est ordinairement suivie d'une hèmorrhagic abondante : il avoue avoir vu dans sa pratique des bègues perdre du sang pendant f ept ou huit heures après l'opération, sans qu'il ait été possible d'arrêter cette perle ( Ténot. , p. 585 ); et I\L Guersant, chirurgien de l'Iiùpilal des Enfatis, a publié un fait d'hémorrhagie très opiniâtre dans lequel l'opération fut pratiquée par le procède de 31. Amussit ( Gazette des hôp. , 17 avril 1841). Ce fait a trait à un enfant de douze ans chez lequel l'écoulement sanguin ne put céder à l'emploi du fer rouge plusieurs fois répété , et ne s'arrêta que sous rinfluence de l'eau de Brocchieii et des astringens les phis énergiques. JMais on accordera aussi que le fait cité par M. Guersant doit être considéré comme tout à fait exceptionnel, puisque la constitution de cet enfant était éminemment hémorrhagi(jue; et que chez lui une blessure quelconque eût probablement donné lieii à une hémorrliagie aussi opiniâtre, puisqu'il a été plusieurs fois atteint d'èpistaxis dans lesquelles il a perdu une énorme quantité de sang. Un fait de cette nature ve saurait pas plus empêcher de pratiquer la section des genio -glosses, que la crainte dii tétanos n'em[)êche de pratiquer des iiicisions lorsqu'elles sont nécessaires.

» On peut dire en thèse générale que la division des génio-glosses près des apophyses géni n'est presque jamais suivie d'hémorrhagie qui soit difficile à arrêter et (jui pusse inquiéter. Pour mon compte, j'ai pratiqué celte division vingtneuf fois et il n'y a qu'un seul cas où j'aie vu suivcnir trois jours a[)rès avoir coupé le (ilet et divisé profondément les libres de ces musclas , au moment où ils entrent dans la langue , une hémorrhagie consécutive qui durait depuis trois ou quatre heures, et nécessita , pour être arrêtée, l'emploi du stylet rougi au feu; mais les niu'^cles, comme on U.voit , n'avaient pas

L'té coiipô'^ à Itiir ioininot. Dan* nii autre r.is , où j'avais f()U[>o It's géiiio glossii a li'iir iri^Pitioii gunicime , il s'ecuiila e/ivirou vingt oncf's de sang; cet écoiilemeiit futs!ii\i (l'une syncope qui dm a longtemps , nécessita l'extension de l'opéré sur un plan horizontal, et les asi)ersions d'eau froide sur la face : niaii^ cet accident n'eut aucune suite fcàelieuso , puis que le malarle dormit bien pendant la nuit et put se lever le lendemain.

»'2°y^prh l'hhnorrhnqic. Dieiïenhach a signalé comme |)ossil)les dans ces opérations , des accidens formidables qui ne se manifestent pas dans les opérations françaises. « L'importance d'une si grande opf^ration, dit-il, les dangers qui peuvent en ré'^ulter, la perte de la langue par la gangrène, ou par une trop forte snpptiration , ou même par la maladrosse d'ini assistant qui j)eut f.icilement la déchirer , sont autant de considérations qui demandent à «'tre mûrement pesées, et qui, jointes à la difliculté qu'elle présente, empêcheront des opérateurs peu exerces de vouloir la tenter» {Gazelle des hopit., -IS mars iSM).

" 50 Sous h' rapport des résuUats. Il est vrai qu'à part les graves dangers qui peuvent se manifester, 1\I. Diellenbaeh îijoute plus loin : « Dans ces derniers jours j'ai opéré quatorze bègues en enlevant une pièce tiiangulaire dans la langue, et chez Ions le bégaycmcnt a entièrement cessé. M [Ihid.)

)' Si des résultats aussi beaux s'étaient soutenu^ , ce (pu' nous ne pouvons apprécier «Ml l'r.mce, puisque le chirurgien de lîerlin ne nous a rien f.iit connallie depuis le mois de m.irs dernier, époque à hKpielle une grande ])arlie de s-es opéra lions ctaiciit de Ir(q) fraîche date pour être sainement jugées, ils seraient inlininient jtlus bcuix (pie ceux fournis par l'opi-raiion fraiiriise. Je ne serais point étonne cependant que les sucées foinnis ])ar Popération allemande, a |-art les accidens qui peuvent raeeompa::ner , fussent plus nombreux que ceux fournis par la niMrc , attendu rpie M. I)ieireid)a(li agit kur presque tous les mu-^cles de la langue en même tenq)s, tandis que nous, nous n'agisîons que sur un seul d« scs muscles.

OMIE.

^'es! il jia« en effet évident pour tout le uioniie (]ue les muselés stylo-glosso , hyot:Io-sc, glo^so-slaphylin , lingual et les libres propres de la langue elle-même peuvent devenir le siège d'une contiaction spasniodi(iue connne le génio-glosse, et gêner la langue dans l'articulation et dans la prononciation des mots , et (|ue consérpiemment celui (pii en coupera le I)lus grand nombre aura aussi le plus de chances de réussite ?

» Ainsi donc , je dirai en me résumant que si l'opération allemande était moins (liiïieile, moins dangereuse qu'elle parait l'êlre et (ju'on le dit, et que si les résultats nous ctaient plus connus, on devrait la préférera l'opération fran(;aisc , parce qu'elle oll're plus de chances de succès , mais «jue , dans rin(M'rlitude , il faut s'en tenir à la section [>ure et simi)le des génio-glosses à leur insertion à l'apophyse geni. C'est aussi celle (pii est généralement adoptée en France. «(Dufresse, Du slrab. et du brgaycm.^ 1841. )

Jndicdiions , contre-indications. On peut reunir ainsi ces points divers de la question. Les indications , signalées par ÏM.M. Anujssat, Dielfenbaeh , Haudens , Dufressc et autres, sont les suivantes.

1" Légère déviation de la langue à droite ou à gauche.

2" Impossibilité de porter la pointe de la langue sur la lèvre supériciu'e sans le secours de la njàeboire inférieure, (pii alors s'avance pour la soutenir.

5" Développement rcmar(pial>le des nni-cles genio glosses à leur insertion aux apophyses gcni : développement ai>«e à constater en faisant porter la pointe de la langue vers le palais.

4' .\gitation sp;ismo(li(pie de la langue pendani l'acte (h! la phonation; celle-ci s(! porte dans ce niouient dans la ca\it<^ bueeale, sans frapi)er de sa pointe la voûie du palais. Les bègues parlent la bouche étant entr'ou\erle toujours au même degré; il send)lc (jue la m.Achoire inférieure soit immobile dans la crainte de pincer la langue , (jui s'étale et se [)orte convulsivement sous les arcades dentaires.

3" Souvent le fdel est dur, et arrive jusipie près de la |»ointe de la langue.

0 Chez (piehpies bègues, la langue sembk' collée dans la paroi infcricuru de

TÉNO'J

la boiiclio , ot ii'cxeiTc que très peu de inouvemcns.

Quant aux coniro-indirations , les auteurs ont à peine ,'il)or(]é ce snj<'t; elles se liient de l'elat du bègue et de Taljsence d'iuie ou de plusieurs des indications que nous venons d'énumérei*.

j4ccidens qui suivent Vopération , résultats définitifs. « I/opéralion du bcgayement peut èlre accompagnée et suivie d'accidens graves, au nombre desquels M. Amussat signale principalement la syncope et l'hémorrliagie.

» La syncope arrive assez souvent pendant ropéraliou : l'cmolion , la douleur et la vue du sang peuvent être la cause de cet accident; mais I\I. Amussat pense que, le plus souvent, il faut Tattribuer à ce que la respiration est un instant suspendue pendant l'opération , les malades étant obligés de tenir la bouche ouverte. Depuis que M. Amussat a soupçonné la cause de la syncope qui survenait chez beaucoup de bègues , il a pen^é qu'en laissant respirer librement, dans le cours de l'opération , il éviterait cet accident. C'est , en effet , ce qui a eu lieu chez trois bègues qu'il a opérés hier .- aucun d'eux n'a éprouvé la moindre défaillance.

» L'hémorrhagie est l'accident le plus commun et le plus redoutable , mais on n'aura pas à craindre cet acc'dent si on se borne à pratiquer complètement le premier temps de l'opération ; et dans les cas où elle surviendrait pendant la section des génio-glosses, il serait facile de l'arrêter si on avait eu le soin d'opérer de manière à avoir sous les yeux toutes les parties coupées : car alors on pourrait tordre ou lier les vaisseaux , les cautériser, même avec le fer chaud. D'ailleurs, on la préviendrait sûrement en faisant, comme nous l'avons déjà dit, la ligature des muscles avant de les couper.

»M. Amussat dit avoir eu souvent à combattre des hémorrhagies assez fortes, mais dont il s'est toujours rendu maître , immédiatement après l'opéralion , avec la compression aidée de l'eau glacée. H était ainsi parvenu au chiiïre de 83 opérations sans avoir éprouvé d'autres accidens , lorsque, soit que cela ait tenu à la teuipéralure élevée qui régnait déjà ou à toute

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autre cause , il survint, chez le S.")" opéré le 'J9 avril 18il , un abcès énorme sous le menton. Cet abeès fut ouvert; il sortit dii |)iis , des caillots sanguins, des hémorrhagies survinrent le huitième jour, le (juiiizième jour et le dix huitième jour après l'opération , et le malarb; succomba le 17 mai , plutôt par suffocation (pie par la perte de sang, qui , à chaque hémorrhagie , était peu considérable , la compression ayant toujours sufTi à rarrètei* presqu'aussitôtson apparition. A rautO[)sie on a constaté qu'une petite artère venant de la sublinguale avait été ouverte du côté gauche , et qiie les hémorrhagies successives qui s'étaient déclarées avaient été fournies par ce vaisseau. On a constaté de plus que les poumons étaient adhércns dans toute leur étendue à la plèvre costale , et que , à raison de ces adhérences ancieiuies, (jui diminuaient beaucoup la force expultrice des poumons, les mucosités épaisses et visqueuses sécrétées par les bronches n'avaient pu être chassées au dehors et avaient suffoqué le malade.

)>Chez le 84' opéré le même jour, il s'est développé , sous le menton , un abcès qu'il a fallu ouvrir, et (pii maintenant a complètement disparu. » {Gaz. des hôp. , 1" juin , n" 67.)

Il serait inutile de revenir sur les accidens arrivés chez les bègues opérés par d'autres chirurgiens ; ils ont olfert les mêmes particularités et n'ont guère eu lieu dans une proportion plus considérable.

Quant aux résultats de l'opération, M.

Velpeau les a caractérisés dans le passage suivant. « Des faits qui me sont propres , je conclurai :

lo Que l'excision d'un V de la langue, n'offre, pour remédier au bégaycment, que très peu de chances de succès ;

2<» Que la destruction d'une portion transversale de cet organe par la ligature, ne réussit pas mieux;

5" Qna la section des piliers du voile du palais, des muscles glosso-pharyngiens est également impuissante contre celle infirmité ;

40 Q)ue la section prolongée du frein de la langue, telle qu'elle a élé eirectuée d'abord par M. Phillips , puis par moi , par

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