‹ Dictionnaire des dictionnaires de médecine français et étrangers, ou, Traité complet de médecine et de chirurgie pratiques (volume 2)Chapitre 132 sur 143 · TOME VII · texte numérisé non relu

TOME VII

le traitement mélhoili'jue du lélano-; 0:1j-i'te :

1" A chercher et à couiba ti'e ses C'!U>es.

2» A diriger contre Tirrilatiou de la moelle rachidieime des médicaiions si)éciales, indépendantes des premiéi es , et: sintout de celles destinées à moddier la blessure (pii, dans la variété Irauiu itique, est si souvent la cause de sou dévelupi)ement. »

La première indication est, en elf.^t, ici comme toujours, d'éloigner la cause da mal.

Pour les autres causes : si un corps étranger est resté dans la |)laie, il faut l'extraire. S'il existe un étran^lcmeur, il faut débrider. Si un nerf a été iiieomp! 'tement divisé, on peut achever la sec : ,n , niais cette indication e<t plus iheon pie (|ue [)ratique ; car, en fait, elle est (sifTicilc à saisir. Si un cordon nerveux a été compris dans une ligature d'artère, il faui, imitant en cela la conduite de M. Larrey, diviser te lien. Si l'on soupçonne la présence de vers dans les intestins , on recourra aux anthelminliques.

Aux premiers signes du tétanos traumatique, le chirurgien doit porter toute son attention sur la plaie.

Mais, la cause levée , si les symptômes persistent, ou lorsqu'il a été impossible de la reconnaître , il faut se rappeler que le mal n'est pas ailleurs que dans la moelle épinière. C'est là qu'il faut le combattre, à l'aide des moyens anli-phlogistiques les plus énergiques. Sans doute, dans l'emploi de ces moyens on ne doit pas outrepasser les bornes; mais il faut en proportionner l'énergie au danger terrible de la maladie.

Les diaphoretiques , tels que l'eau de fleurs de sureau, etc., et le plus fort d'entre eux , l'ammoniaque liquida , ont été employés avec avantage.

François d'Auxerre a, au dire de Fournier Pescay, employé avec un succès complet contre le tétanos , Talcali volatil fluor et les boissons sudorifiiiues. Il employait l'alcali volatil à la dose de 12 gouttes par verre d'eau. Ce moyen lui a servi noa seulement comme curatif, mais encore comme préservatif au début de plusieurs cas de tétanos.

On n'a pas de peine à se rendre compte

TETANOS.

di) raction (lo> diaphorôliiiiies dans le tctiiios. Ils font «'prouver des pertes à Tcconomie, et agissent, en delinilive, à la manière des anti-plilof^'isticpies. On s'est exagéré le danger qu'il y avait a inlrocliiire l'ammoniaque liquide dans l'esloiiiar, à la dose indiijuee.

«( De tous les remèdes , roj)ium est celui (pii a fait concevoir le [)lus d'espérances, et celui sur lequel aussi le plus d'ex[)ériences ont elé faites. INul doute assurément (pie, dans plusieurs cas de tétanos chronique peu intense , il ne soit jjropre à [)roeurer la guerison. IMais, pour t)l)lenir ce résultat, il est de toute nécessité f'u'on en commence l'usage dès l'apliarilion des premiers sym[)tômes, qu'il suit donné à très forte dose, et que l'adniinislralion en soit répétée à des intervalles peu éloignés, de sorte que l'économie soit constamment sous l'iidluence de ce médicament. 11 est certainement étonnant de voir un malade alfecte de tétanos su[)[tor(er l'action de ce remède et d'autres semblables (pii, dans l'état ordinaire, ru^^ciit elé plus (pie suHisans pour anéantir toutes les pro{)rietés vitales. Des (piantiles (roi)ium qui, dans d'autres momens, eu-sent ete infailliblement mortelles, sont impunément ingérées. On cite des cas dans lesquels 5, 10 et même 20 grains d'opium ont été pris toutes les deux ou trois heures, sans qu'il en soit resuite aucun narcolisme. Il est cependant toujours prudent de commencer par des doses modérées, comme 40 ou Oo gouttes de leintnre d opium, répétées toutes les trois ou (pialre heures ; on en augmentera la dose a cha que administration, jusqu'à ce qu'il en résilie (juehpie cllet marqué >» (Samuel Coopei). l''ournier-Pescay n'admet pa«i (pie l'opium ail jamais procurtî une gU(Mii>on dans le tétanos. INlais cette opinion a ete regardée comme exagérée.

« Le musc , dit cet auteur, est de tous les anti -spasmo'li<|ues celui dont Taclion m'a paru la plus active et la plus eliie,ace : je l'ai employé avec le plus gr^nd succès dans dis ers cas de t(;ianos; j'en donnais jusqu'à 1 et même 2 gros par jour rlivi>és en doses de 1 • à 1.') grains. » INouH ne partageons pas cnticrement l'opinion dn l'auteur au sujet de ce médicamciit. JNous admettons les cas dans Ics-

(piels il a réussi , nous admettons aussi (ju'il ne produit pas le narcotisme, mais nous l'avons administré dans un cas, pour une alFection autre (|ue le tétanos , et il a develop[)é une excitation générale extraordinaire. Peut-être cependant est ce pat- cette excitation même, c'est à-dire comme diiriisil)les, (pie le musc et l'éther peuvent agir edicacement dans le tétanos. On j)arait avoir applicpié avec (|uelque succès un vésicatoire à la nmpie, »pic l'on pansait ensuite avec un demi-grain, puis avec un grain de morphine.

« Les bains liédes, dit l'ournier-Pescay [loco cit.)^ sont indiqués en même temps que la saignée, et plus généralement encore parce qu'ils agissent comme topi(jues et diminuent la tension musculaire, la rigidité de la peau, et qu'ils favorisent la transpiration dont rabondaiice indiiiue une terminaison lavorable.

» Je pense qu'il est avantageux d'associer aux bains tièdes les allusions d'eau froide sur la tête. On place le malade dans le bain, et au bout d'un quart-d'lieurc on verse sur la tète un certain nombre de potées d'eau fi()i;le ; par e\eiiq)le de douze à vingt-ciu(| de suite : puis ayant laissé s'écouler dix ou vingt minutes, l'on recommence ; ajtrès (pioi le malade est transporte dans son lit. Il faut épancher Peau froide au sommet de la t(>te, de manieri^ (pi'elle ruisselle de toutes parts; mais ou doit se garder de la faire tomber de haut: le potal'eau, contenant uneoudeuxpintes de li(|uid(! froid, doit être appuyé légèrement sur la télé ; et il faut le renverser immédiatement, afin (h^ ne pas trop pro longer Timpres^iou continue du froid, et aussi aiin de laisser respirer le malade. . » C'est lors(iue la r.ddeur des muscles de la télé et du cou est considérable, quand le pouls est plein, et eulin lor,s(|ue l'encéphale parait éire affecte d'une congestion sHjguine , (jue ce procédé est d'une grande utilité.

» Je n'ai jamais employé ce moyen eontr(! le tétanos ; mais il l'a clé par d'autres et avec succès. Jeu ai d ailleurs fait usage dans des circonstances analogues, surtout l(jrs(iu'uue congestion sanguine send)b! embarrasser l'encéphale; et , dans ces occasions , je m'en suis bien trouvé, inéiiie .-,ur ma personne. »

TÉTANOS

On a conseillé le l)ain froid; mais il a été nuisil)ie dans presque tous les cas, et M. Larrey en a rapporté plusieurs exemples.

Au commencement de ce siècle , on a employé avec succès les bains tièdes composés de lessive de cendres ordinaires avec addition d'une et même de deux onces de pierre à cautère. Ces bains provoi\ueni une sueur ;i])ondante et chaude, dont les malades ont éprouvé du soulagement. M. le docteur Slultz, qui a fait les premières expériences , administre à Tinlérieur une potion contenant d'abord *2, puis 3, enfin 4 drachmes de carbonate de potasse dans G onces d'eau distillée, à prendre en six parties dans la journée. M. Stultz annonce avoir obtenu trois guérisons par ce traitement.

Un moyen qui paraît avoir réussi dans nn certain nombre de cas , est le mercure. Monteggia dit en avoir obtenu plusieurs

succès , et voici de quelle manière Samuel Cooper s'exprime à son sujet. « Il a été employé en France avec le plus grand succès; toutefois, c'est de bonne heure qu'il faut avoir recours à ce remède. On donne la préférence aux frictions mercurielles ; elles doivent être poussées au point de déterminer une vive affection de la bouche : il faut éviter cependant de produire trop de douleur et une salivation trop abondante. Quelques praticiens prétendent qu'il importe peu que le mercure soit donné à l'intérieur ou administré en frictions. On est généralement d'accord qu'il est avantageux de le faire prendre en même temps que l'opium. Ce mode de traitement fut suivi pour la première fois dans les Indes occidentales, où il compta beaucoup de succès {r. Edimb, physical and litterary esmys , t. iri).

Quelque avantage qu'on ait retiré de ces remèdes dans des cas de tétanos peu intense, il n'en est pas moins vrai que dans la forme aiguë ils sont sans effet. Dans les essais que le baron Larrey fit en Egypte, les frictions mercurielles parurent aggraver les symptômes ( Mém. de chir. milit., t. le»-, p. iio7). Le docteur Emery , M. Guthrie , et d'autres chirurgiens militaires attachés à notre armée dans la Péninsule , firent faire sur tout le corps, trois fois par jour, des frictions avec de l'on-

guent mercuriel très fort , à une dose excessive, sans en obtenir le moindre succès. Après la bataille de Toulouse on observa même un tétanos mortel chez un homme soumis , avant l'invasion de celte maladie, à un traitement mercuriel actif, qu'il avait entrejiris pour se guérir de la gale (sir J. Mac-Cregor , Medic. chir.

transact.^ t. vi, p. 454). Le sous-muriate de mercure uni à l'ipécacuanha a également été sans effet dans le tétanos aigu ; mais dans les tétanos chroniques, ce médicament a l'avantage de tenir le ventre libre. » On voit, d'après tout cela, que l'action du mercure dans le tétanos n'est pas encore bien déterminée. Nous pensons que ce moyen est trop lent à produire son action , quoique l'on puisse provoquer la salivation on peu de temps, pour qu'il ne doive pas céder la place à des moyens plus actifs.

La digitale a été aussi employée , et n'a produit, d'après sir Mac-Gregor, aucun effet avantageux.

On a également administré des lavemens de tabac, qui , dans quelques cas, ont produit de bons résultats. On connaît l'action relâchante de cette substance sur les muscles; mais on sait aussi que ce n'est pas dans les muscles , et que c'est dans la moelle que réside la maladie.

Dans quelques cas d'incarcération des extrémités des cordons nerveux dans une cicatrice , M. Larrey a détruit cette dernière au moyen du fer rouge , et il a réussi ; d'autres fois il a appliqué un vésicatoire sur la plaie. On comprend que de tels moyens puissent intervenir efficacement dans le tétanos par la violente irritation derivative qu'ils déterminent.

M. Larrey , ayant obtenu la guérison d'un tétanos chronique par l'amputation de la partie blessée , a été conduit à se demander si l'amputation , dés le début de l'affection , ne serait pas le meilleur moyen à lui opposer pour arrêter ses pro-* grés , et il a résolu cette question affirmalivement. Son opinion a été fortement controversée. Assurément, il est bien fâcheux d'avoir à priver un malheureux blessé d'un de ses membres pour une lésion qui, par elle-même, ne réclamerait pas ce moyen extrême i mais, enfin, le sacri-

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fice d'un mpml)re est encore préférable à i rieures ne seraient donc rien par ellesmêmes , et naiir.iienl aucune es[)é(*e d'im-

ceiui (le la mc.

Si, la plaie élant très irritée , le chirur- {,'ien croit pouvoir triompher de celle irrilalion par les moyens ordinaires, il devra les employer ; mais il faul ciaindre de perdre un temps précieux.

11 est surprenant que Ton n'ait pas mis en usage Temélique , selon la meihode rasorienne , dans le irailemeul du tétanos. rSous sonnnes fortement porte a penser que ce moyen rivaliserait avec les antiphlogistiques directs.

Les tétaniques étant souvent dans l'impossibilité de desserrer les dents pour l)oire, et dune autre ^lart rinlrodu'lion d'une sonde par le nez étant dillirile ; comuie nous l'avons dit , on avait conseillé de rompre une ou deux dents pour faire un passaj:e : mais il y a un passage naturel entre la joue et les dents molaires ; une telle mutilation serait donc inutile et blâmable.

ÏIAV. r maladies de la). Nous ne devons conipicndre ^-ous cette dénomination (jue les le>-ion^ tiauniati(pies du crâne, les atitres alleclions ayant ele traitées dans d'autres articles, (^oy. Crane, Dure- MiiUE , Encépuale.)

§ l•^ LÉSIONS THAUM.VTIQLES DES l'Al\- TIES MOLLES DU CRANE. J. PiqÙrcS Ct

phlcfjmon diff-is. Les pii|ùres des té^rumens du crâne tirenl une gravite partie iilitre du grand nond)re de vaisseaux et de nerfs qui ram|tenl dans leur epais><MM% de la struilure a[>onevroti(iue et celluleuse de celle partie , du voisinage du crâne , <lu cerveau et de s<'s envel(q)pes. L'abondance «les nerfs des tegumens du (;rane rend Ipius pijpnes fort douloureuses , et fait qu'elles sont 1res souvent accompagnées des accidens pro[)res a la lésion des blets cl des troncs nervrux. La présence des aponévroses et du tissu cellulaire lâche cl abondant doiuie à l'inllanmiation qui complique les pi(iùres une giande lendancc a .s'étendre ra|»idemcnt au loin et a se compliquer d'eti anglenient en prenant la forme cry.sipelaio - phicgmoneuse. Ouant aux hemorrliagies , elles compliquent rarement dinie manière bien grave es piqure> , ou bien elles sont Ires facileuienl arièlées.

Ces piqûres des parties molles exte-

poriance , si elles ne donnaient souvent lieu à des accidens nerveux ou inlbunmatoires. C'est ainsi (pie Ton voit parfois la lésion du nerf frontal par un instrument pi(iuanl donner lieu d'abord à des douleurs excessives , puis à la [lerte de la vue du côté blessé. L'incision de la plaie et, très probablement , la section complète du nerf blesse ont lait cesser la douleur, mais la perte de la vue a persisté.

{f^. A M AU ROSE.)

Les erysii)éles simples sont annoncés par des fi issons , de la fièvre , et souvent du délire ; la peau du crâne devient d'un rose léger, puis (cdemateux , etc. JNous n'insisterons pas davantage sur les sympti^mes de l'erysipèle ou inllainmation du cuir chevelu , dont la description se trouve ailleurs (A^. ÉR\snniLE). Nous nous arrêterons plus longuement sur le phlegmon diiriis qui succède aux plaies l)ar armes pi(pianles.

Le phlegmon dillus , qui survient si souvent à la suite des plaies de la télé, et surtout «les picpnes , est une des plus graves maladies dont riiomme puisse être atteint. Il consiste dans rinflammation du tissu cellulaire situe sous ra[)onevrose occipilo-frontale et le muscle «le ce nom. Elle e>l annoncée par des maux de tète très forts , i» ar des frissons , des nausées , des voinissemens : le cuir chevelu devient dune exiréiue sensibilité ; en touchant seulement les cheveux du malade , on lui fait éprouver de très vives douleurs. Les tegumens du ci âne se tumelbnl , ils deviennent «rdemateiix , et, a la pression , conservent Pempreinte des doigts; une lièvre continue avec redoublement se déclare , et est suivie pn-scpie toujours de délire : le front «'t les oreilles sont souvent envahis , et cela arrive ordinairement du cinqtiieme au sixième jour, liientùt on sent r:\ et là des points d<î lliictuation \ les |>arties molles se sont séi)arees du péricrâne, «les abcès volumineux se forment el hisent vers les tempes «!t hs apophyses martoïdes : ces abcès s'ouvrent ou sont ouverts par l'art , et une inunun<e quantité de pus s'écoule. A travers ces ouvertures s'échappent , avec le pus , des lambeaux grisâtres, formés par le tissu cellu-

TÊTE

laire épicrAninn et par l'aponc-vrose occipito-fiontale inoilKice. Il est bien rare (pie le péricràne ne soit point affecté et qu'il ne s'ensuive p.is plus tard une ncrrose dans une partie plus ou moins considérable des os du crâne. Lorsque le pus s'est ainsi éroulé par les ouvertures faites au cuir chevelu , le volume de la tête diminue I)eaucoup; on croit que le malade va mieux aller , mais c^îtte espérance est bientôt déçue : les lambeaux du tissu cellulaire gangrené continuent à s'écouler par ces ouvertures; la suppuration reste toujours très abondante , et linit par épuiser et faire succomber les malades. 3Iais la mort ar-

rive , souvent avant cet épuisement , par la propagation de Tinflammation aux membranes du cerveau et au cerveau luimême , ce qui est annoncé par les symptômes propres à ces alTeclions : des frissons avec augmentation de fièvre , du coma , du délire , etc. A l'ouverture des sujets on trouve la dure-mère séparée de la face interne des os , et entre elle et eux une quantité plus ou moins considérable de pus , l'arachnoïde elle-mèuie enllammée , et à sa surface , et étendu en nappe , du pus en plus ou moins grande quar.tite. Cette distinction du pus rassemblé en masse ou étendu en nappe à la surface de la dure-mère , de l'arachnoïde ou du cerveau , est d'une grande importance. En effet , dans le cas de collection , de foyer, l'opération du trépan peut l'évacuer avec facilité ; dans le second cas c'est tout à fait impossible , et les malades meurent inévitablement. Une complication, rare il est vrai , mais très grave , des phlegmons diffus du crâne, c'est une hémorrhagie par les artères volumineuses qui sont contenues dans rep:ùsseur des parois du cuir chevelu , ou entre l'os et l'aponévrose épicrânienne. Les artères participent à l'itiflammation, s'érodent , s'ulcèrent et laissent échapper le sang qu'elles contiennent. (Diipuytren , Blessures par armes de guerre, t. ii, p. 128.)

Le traitement des plaies en question n'offre rien de particulier. Il s'agit seulement de raser les cheveux sur le point blessé , de simplifier la plaie et de la couvrir avec un peu de toile de diachylon {F. Plaie). La chose la plus importante est de prévenir ou combattre la réaction

phlegmoneuse. Les saignées , les applications froides, le tartre stibié à haute dose, le calomel par la bouche , et les autres moyens anti-{)hlogisti(iues connus, tels sont les remèdes auxquels on a recours en pareils cas. Si des abcès se forment, il faut les ouvrir et les traiter en conséquence ( ^. Crank). Nous n'avons pas parlé du débridement dans ces sortes de plaies , parce que les modernes ne le croient plus nécessaire ( F. Plaie) : à moins qu'il ne s'agît de^ plaies compliquées dont nous traiterons plus bas.

B. Plaies par armes Iranchantes ou arrachantes. « Une plaie faite aux tégumens du crâne par un instrument tranchant , mais sans contusion , doit en général être considérée comme une ]>laie simple , soit qu'elle soit longitudinale , oblique ou à lambeau. Dans tous ces cas , on en procure la réunion par les procédés ordinaires: en mettant en contact les bords de la plaie , en rei)laçant avec exactitude le lambeau qui est encore susceptible d'agglutination , lors même que l'os a été mis à découvert. Mais cette plaie , quoique légère en apparence et de peu d'étendue , est quelquefois compliquée de spasmes, de convulsions, d'accès épileptiques, lorsque l'un des nerfs qui se distribuent sous la peau du crâne a été contus , divisé, ou piqué. ). (Lassus , Pathol. chir.^ t. ii, p.2o4.)

« Les plaies en question peuvent être rapportées à deux espèces : celles dans lesquelles les parties molles , quoique déchirées, ou irrégulièrement divisées, conservent encore leur situation naturelle, et ne sont point séparées du crâne dans une grande étendue , et celles dans lesquelles elles sont considérablement détachées des tissus sous-jacens. Celles-là , lorsqu'elles sont simples , et qu'il n'existe point de symptômes d'une autre lésion , ne demandent pas un traitement différent de celui qui est applicable aux lésions de cette espèce sur les autres parties du corps. Quant à celles dans lesquelles il y a un large lambeau soulevé , Pott n'hésite pas à prononcer qu'il faut toujours essayer de le conserver , à moins (ju'il ne soit tellement déchiré que sa perte soit inévitable , ou qu'il existe des symptômes manifestes d'une lésion plus profonde. Autre-

TETE

foi> il éfait (Vns.ipre de faire l'excision des lambeaux ; mais les essais de Pott po\ir les conserver ont été si souvent heureux , qu'il recommandait toujours de se conduire ainsi , lors même (]u'une partie du crâne se trouvait tout à fait nu. Je ferai remarquer ici que tous les praticiens s'abstiennent maintenant d'eiilev<'r le lambeau , dans les cas même où Pott croyait sa conservation impossible , c'est-à-dire lorsque le lambeau était tellement altéré qu'il ne pouvait mau(]uer de tomber en gangrène .- comme cette terminaison peut n'avoir pas lieu , et qu'il n'y a point de danger à en courir la chance ; comme , d'autre part , l'excision est très douloureuse , et sans aucun résultai avantageux , lors même que la gangrène devrait survenir cette opération , sous tous 1rs rapports, doit être rcjelée. \/,\ complication d'autres lésions n'est pas même un motif en sa faveur ; car jamais , pour l'examen du crAne ou l'applicalion du trepaii , il n'est besoin d'exciser ciuchiues lambeaux des parties molles.

» Le chirurgien devra donc essuyer le lambeau avec soin , enlever les corps f'irangers , et le replacer l^ plus promplement et le mieiix j)ossil)le dans sa situation naturelle. ( Mioiipie Pott permette l'emploi des sutures pour la reunion de certaines plaies à lambeaux des tégumens du ciàiie, cependant le^ meilleurs ])raticiens se coiiteutput maintenant en général de l'usage des bandelettes agglutinalives. Quehpiefi)is la réunion aura lieu ])resf|ue coirq)lctement , à l'exception de ipichpies [>oints, <!e <|ui résulte de l'impossibilité où l'on a i'te de meiire \p< bords de la plaie dans un rontact immédiat , la cicatrice sera cependant jietite. D'autres foi^ on n'obtiendra pas une reunion >i parfaite. Dans ce cas la su|)puration aura lieu ; <lu piN se rassemblera dans les endroits où la réunion ne se sera |>as faite, La gueri<on n'en s»ia ce pendant pas moins complète : une ou deux petites ponctions donneront issue au pus; Lt tète conservera ses tégument propres , <eX la cure ne sera réellement que bien peu retardée par la formation de (juelques petits abcès.

» Dans (pielques cas, continue Pott, loiit le lambeau se réunira parfaitement ]»rc*que sans aucun et môme sans aucun

accident , surtout chez le> sujets jeunes et d une bonne constitution. Dans d'autres circonstances, la reunion auia lieu dans quelques endroits et point dans d'autres : il en résultera de peiits foyers (ju'il faudra évacuer peut-être en plusieurs point dilférens. Dans quelques cas particuliers, enfin, il n'y aura aucune réunion, l'indaunnation s'emparera du tissu cellulaire lacéré et de l'aponévrose mise h lui ; les parties se niortitieront, la supptuation deviendra très abondaiite , le crâne sera peut-être dénudé : mais , même dans cet état de choses, le plus fâcheux sans doute et heureusement fort rare; lorsque des précautions suiïisantes ont été prises, si c'est une plaie sim[)le à lambeaux , que le chirurgien ne s'eiïraye pas mal h propos, et il verra cpie la guérison est plus facile à obtenir qu'il ne se Pétait imaginé d'abord. Q)uil ait soin de modérer riullammation |)ar des moyens appropriés; (piil attende patiemment <pie la suppuration soit franchement formée, que les eschaies soient entièrement séparées ; qu'ensuite il fasse un nombre suffisniii d'ouvertures |)oiir donner issue aux collections purulentes; rpi'enfin, au moyen d'un bandage et d'un pansement mèihodique, il ïnaintienne les j)arties dans un contact immédiat : et il aura la satisfaction de voir que si la réunion par première intention a été impossible , la réunion immédiate réussit parfaiteuicnt. De cette manière, il conservera les leginnens crâniens , hâtera la guérison, et il évitera la ditrormité, parliculièment desagréable pour les femmes, qui serait résultée, n(Uî- seulement de la cicatrice , mais encore de la perte des cheveux. La réunion peut être souvent obtenue quoique le ciàne se trouve entièrement dénudé ; et cela , non-seulement lorsque le péricrànc en a ete d'abord arrache , mais encore lorsque cette membrane (ibreiise est tombée en gangrène et s'est separe<' d'elle-même , comme l\)tt l'a souvent observé. L'exfoliation du crâne deniub' par une violence extérieure, sans aucune complication, serait, dit l'oit, beaucoup plus rare si on ne la regard'»» pas comme inévitable, et si e lrait»'menl n'était dirige preciseiiicnt dans rinteulion de l'obtenir Les os des enfans et des jeunes sujets sont d'un tissu si tendre qu'ils

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