‹ Dictionnaire des dictionnaires de médecine français et étrangers, ou, Traité complet de médecine et de chirurgie pratiques (volume 2)Chapitre 137 sur 143 · THÉ · texte numérisé non relu

THÉ

et le m.-dade giMirît. La paralysie lui resta ce[)endant , il devint même sujet à des moiivemens t'[)ile[)tiiiues ; mais l'esprit se rétablit eiitièretneiit.

»> On peut doiir , à l'exemple de ce malade, rc[n[)lir entièieiiient riiidiralioii (pii se présente naturolleinent en pareil cas. Le chirurgien timide (jui ne coupait de cette gangrène (jue ce qui se présentait cliarpie joiu- hors du crâne, travaillait inutilement. La corru[)lion (jui se sai>it facilement de la substance du cerveau lorsqu'elle est gangrenée, parce que cette substance est fort molle et fort humide , devait s'emparer de plus en [)lus de la j)arlie morte qu'on laissait, et cette partie morte et corrompue (ju'on laissait contribuait beaucoup à accélérer le progrès de la mortificalion. Ainsi il y a bien de l'apparence que le malade aurait péri s'il n'avait pas enlevé lui-même la cause de ce progrès , en arrachant presque toute la partie de son cerveau qui était gangrenée, u (Quesnay, Mém. cité.)

« Si les litiuidf's cpanrlu's trouvent une îs.sue facile, si les portions contuses, gangrenées, sphaeelees du cerveau se dctachf'nl facilement , on est très étonné de voir d'énormes |)laies au crâne, avec deperciition considérable de substance au cerveau , guérir avec une extrême facilite et presque sans aucun accident. On voit (jufhpiefois des individus ayant un grand trou à la voûte du crâne , une portion c()n^idéral)le de cerveau faisant saillie à travers cette ouverture, portion ramol lie , spbacelée, détruite, en suppuration ou couverte de bourgeons celluleux et va-culaires, et n'éprouver aucun accident, avoir de l'appétit, la liberté de leurs mouvemens, de leurs facultés intellectuelles, etc. » (Uupuylren, au^raje çilc , t. n, p. iiOl.)

« Les pansemens de ces plaies avec lésion du cerveau doivent être doux et légèrement (ompres^fs. H faut, à la fois , ticher de laisser s'écouler les i)roduits de 1 inllammation et exercer sur le cerveau , lorxpi'il fait hernie à travers les ouvertures du crâne , une compression qui , sans le coiitondre , le force cependant a rester ou à rentrer dans celte cavité. Tour cela ou met avec avantage par-dessus le cérat troue cl la cboi-pie qu'on applique sur la

plaie une calotte mince en carton , ou en plomb , que l'on fixe sur les premières pièces de l'appareil à l'aide de compresses et de bandes médiocrement serrées. Lorsque les blessés ont échappe à tous les accidens d'une blessure au crâne et au cerveau , que la cicatrice est complète , ils doivent protéger celle-ci à l'aide de calottes , de pla(jues en cuir ou en métal , d'abord pour mettre le cerveau à l'abri des chocs et des contusions , ensuite pour empêcher qu'il fasse hernie à travers l'ouverture du crâne, ouverture qui n'est jamais fermée [)ar une cicatrice osseuse et même cartilagineuse, surtout quand elle aune certaine étendue. » (Diquiytren, /?>/(/.)

INous avons déjà dit comment on peut extraire les corps étrangers qui compli- <iuent si souvent les lésions en question; il nous reste à ajouter un n)ot sur le traitement préventif et curatif de Tinflammalion : c'est là le poin.t ca[)ilal après le pansement. Le chirurgien doit se guider ici d'après les mêmes principes (pie nous avons exposés précédemment; ce sont toujours les saignées abondantes coup sur coup, les sangsues en permanence , le tartre stibié à haute dose , les applications froides, les irrigations continues d'eau Iraiche qui doivent former la base de la médication.

'MIL, fieiue de plantes de la famille des cainelliées , polyandrie tri^iynie, L., qui coniprenail plusieurs espèces et)nfondiies aujourd'hui en une seule sous le nom de ini: m: LA cniM. [tlira sinrusis , de Cand.)- (Vest un arbuste ou arbre de médiocre hauteur nilli\é en (Ihine , au Japon , dans llnde cl au IJrésil : les feuilles seules soûl mises eu us.'ii^e.

On trouve dans le commerce un grand nombre dCspeces de tliés , mais (pii |)araissciil ne <linerer les tme«j des autres que par lâl^edi's femlles, jiar les i)réparations qu'on leur a fait subir cl par le triage aucpicl ou les a soumises. On peut les diviser en deux séries, les thrs vrris et les l/ws tioirx. Les principales .sortes de thés verts sont le (fie hnjswrn^ le ilic clinUuKj , le lin'- prrir. el le l/u; powlrn à cnuuu; parmi 1rs thés noirs on distingue surloul le ilié bnwj cl le du'' jicli'to.

Le llié conlienl un peu d huile essentielle, du laimin , de la gomme , de l'albumine , du biineui el des sels, une résine soluble dans lalcool avec une odeur de lhé|lrcs agréable. ."M. Oudry a ex irait du ilié une base organi(pu^ , la iliciun.

Le Ihé de bonne qualité a une odeur otjrcablo qui uo lui est pas inhérente, dil-ou.

'iHYM.

mais lui csl communiquée par les fleurs de Volea fragrans , du camclUn srsanquu , du tnafforiurn sambac , cl, suivant M- A. Richard, par celles de la rose-lhé. {Dict. class. illiisl. uat., t. XVI, p. !210.)

L'action du thé varie selon la force de rinfusion et l'espèce de thé employée. A la dose de 2 gram. pour l/ti litre d'eau , elle excite à peine les appareils digestifs, circulatoire et cérébro-spinal , augmente sensiblement la sécrétion urinaire et la transpiralion. A une dose double et triple, elle active encore l'action des reins et de la i)cau ; mais, de plus, elle stimule l'appareil digestif, augmente la rapidité de la circulation , et excite le système nerveux d'une manière remarquable , au moins chez la plupart des sujets. Ainsi , le thé augmente l'activité de l'esprit, le dispose à la gaieté, éloigne le sommeil , et occasionne dans les membres une sorte d'agitation qui commande le mouvement. Ces effets , plutôt agréables que pénibles , se dissipent après .ivoir duré une ou deux heures. A dose égale , le llié vert produit des effets plus marqués que le noir : ce dernier , plus dépouillé de ses principes acres et vireux , moins irritant, est plus estimé des peuples du Nord ; le premier, doué d'une plus grande énergie , est celui que l'on emploie le plus en France, en Angleterre, en Hollande , etc. ( Martin-Solon , Dict. de méd. et de cliir. prat., t. xv, p. 512.)

Comme médicament, le thé ne se donne guère que pour faciliter la digestion ; on y a recours au moindre trouble de cette fonction, et son emploi , dans ce cas, est populaire et domestique. Dans les embarras alimentaires du système intestinal , il débarrasse les viscères par son action excitante , de la surcharge nutritive. On donne aussi le thé comme sudoriCque; propriété qu'il a jusqu'à un certain degré, mais à laquelle la chaleur de l'eau d'infusion ajoute sans doute beaucoup aussi : on l'a recommandé dans 1 invasion de quelques affections cutanées , dans le rhumatisme chronique. La qualité styptique qu'il possède l'a fait regarder comme astringent par plusieurs auteurs , et recommander dans les flux de ventre, la dysenterie, etc., surtout par Geoffroy. On l'a proposé , par la même raison , en décoction contre l'empoisonnement par l'arsenic, comme on y donne le quinquina, la noix de galle. (Bégin , Thérapeut., p. 642.)

Percival estime le thé antispasmodique : mais si les névroses où on le donne étaient produites par l'excitation des nerfs, il y serait plus nuisible qu'utile ; il ne faut le prescrire que dans celles par débilité. On a regardé l'usage du thé comme propre à empêcher la pierre et à la dissoudre si elle était formée. Ten- Rhyne assure n'avoir jamais vu de calculs vésicaux au Japon ; Kaimpfer dit qu'il n'a Jamais observé la pierre ni même la gravelle

parmi les buveurs de Ihé : mais, en F.urope , les faits contraires sont trop nombreux jjour admettre cette opinion. Ivitiii , or» a ie;.'ar(it; le thé eomme un bon remède contre la faiblesse de la vue et les névroses des yeux.

S'il fallait en croire les Chinois, le tht; aurait encore bien d'autres vertus ; c'est pour ce peuple une véritable panacée : suivant lui, c'est un cordial par excellence ; il ôte les douleurs de tète, cn)pêche les vertiges, guérit riiydropisie, le rhume, le catarrhe , les maladies du foie, de la rate, la colique ; il rend le corps vigoureux, etc. : mais il y a , comme l'observe IMurray, plus de foi que de vérité dans ces assertions, {Apparat, mcdic.y t. iv, p. 250.)

A côté de ces avantages vrais ou exagérés du thé , se trouvent des inconvéniens non équivoques. A trop haute dose, il agite les nerfs , accélère la circulation , augmente l.i chaleur du corps, cause de l'insomnie, da^ mouvemens convulsifs des membres, une sorte d'ivresse , etc. : c'est, en un mot , un excitant dont il ne faut pas abuser. Autant il peut convenir aux personnes replètes, lymphatiques, d'une nature lourde, iiesante , qui font peu d'exercice, aux gros mangeurs, à ceux qui se nourrissent d'alimens gras, huileux, visqueux, etc., autant il serait nuisible à celles qui sont dans les conditions contraires , surtout si on en usait trop fréquemment , et si on en prenait des infusions trop chargées. On a remarqué à la Chine que les grands buveurs de thé sont maigres et faibles , qu'ils ont le teint plombé , les dents noires , qu'ils tombent dans le diabète, etc. Smith prétend que l'abus du thé finit par détruire la sensibilité des nerfs. Quelques auteurs ont attribué les inconvéniens du thé à l'abondance de l'eau chaude des infusions qui fatigue l'estomac, etc.; Cullen réfute cette opinion , et pense que c'est à la feuille elle-même qu'il faut les rapporter. ( Mat. méd. ^ t. II , p. 527.)

La dose ordinaire du thé est de 4 gram. par 1/2 litre d'eau bouillante. On peut remettre encore moitié poids de nouvelle eau, si on n'a laissé infuser la première que peu de temps. On fait un sirop de thé ; mais il n'est en usage que pour les voyages, et comme moyen d'obtenir extemporanémcnt une infusion de thé sans recourir à l'emploi des feuilles. ( Mérat et Delens , Dict. de t/ierap, , t. VI, p. 714.)

THÉRIAQUE. (F. Électuaire.)

THRYDACE. ( Y. Laitue.)

THYM, genre de plantes de la famille des labiées, didynamie gymnospcrmie , L., dont deux espèces seules méritent de trouver place ici.

I. Thym vulgaire ( tlujmiis vulgaris, L.). Cette plante est originaire des contrées qui avoisinent la INléditerranée. Son odeur est forte , aromati(iue , suave ; sa saveur cit

THYMUS.

;imère et un pou iicre. Elle contient une iissi'Z l'orlo proporliun d'huile volatile (jul lui rotnnnini(pie des piopriéiés sliuiul.intes portées à un liaul (Jecié. Elle peut ôlre employée aux nuîuics doses que la suivante.

11. Tin m-si:i\poli:t ( tlnjnint ^erpiiUmn , L. }. Cotte plante , abondante sur les pelouses, dans les bois secs, etc., une odcnr afîrénble et une saveur arnèrc , léi:èreinent «ainplirée et un peu Acre. Elle contient de l'huile volatile , mais en moindre (juantilo que l'espeee précéiiLiite.

Le serpolet a tontes les propriétés des autres labiées aromali pies , il est excitant, toni(pie , anli-«pasm()di(|ue , céphalicpie , etc.; les médications (pi'il produit sont miles dans rortains déraniremens de l'eslomac , dans (juchiues névroses, pour provocpier raelinn des reins, pour remédier à l'hypoehondrie , à la mélancolie, pour faciliter surtout l'exl)ectoration chez h s sujets aflertés de catarrhe i)nlmonaire chronicpie, chez les vieillards , pour favoriser l'écoulement menstruel, |»oiir eomltallrc l'ana^^arcpie , la cachexie , la rliloroso , l'atonie f^Miérale , etc. Limié atlribue parliculiérenu'iit à sou infusion théilorme ia propriété de dissiper l'ivresse et la céi)halal;:ie (pii en est la suite. On en prépare des bains aromatiques forlifians contre la fail)lesse musculaire , les douleurs rhumatismales chronicpios , cell'S (pii dépen lent des scrofules , etc. Sa décoction sert aus.si en lotions contre la ^.'ale , le pruri^'o , etc. ; on rapj)li(ine en fomentations sur les épanehomens (edém;:teux, les inliltrations, les ecchymoses , etc. Son huile essentielle, très fratiiante et caustique , est prescrite à la dose de '■2 à 10 ou Iti gouttes, comme cordiale , anli-spasmodiipie , enunéna;;o2ne, etc., dans une i)oiion ou en oléo-saecharum ; on en met aussi 1 ou "l gouttes dans les dents cariées.

Ce sont surtout les somnatés fleuries de c;Hte plante (pic l'on met en usa;:e à la dose (h' 'k a S uram. jinur infuser dans iin lilrc d'eau bouillante : on en emploie le tlouble et ])lus jiowr préparer la décoction.

TIIVMrS (paîhulogie). Organe temporaire, le tlivinus, à cause de sa sitiiati(ui profonde derrière le slernrm et de robsenrilè de ses fonctions encore à peu ]>rès inconnues , avait peu occupe l'atlcnlion (\Cy' paljjologisles , lorsipie dans ces derniers temps le docteur Kopp a publie un travail im[)ortant sur une alFeclion de cette L'iuide, à hupielle il a doiuie le nom iVasthmr thi/mi<pte , et qu'il rapporte à une hyiiertro|'ir,c de ce corps; depuis celte m iladie a élé parlieulièremeut étudiée en Allemagne, où on la désigne aussi sous le nom lYasthvic de Kopp. Celle

maladie n'était cependant pas entièrement iiicoiuiuo à répo(iue où parut (IstiU) le mémoire de Kopp. Il y a plus d'un siècle que Richa, Verdrics reconnaissaient dans riiypertropliie du thymus une cause d'asthme chez les enfans. P. Frank dit positivement : « Dans Easllime dit des enfans on a trouvé les glandes bronchi- (jues gonflées outre mesure , et surtout le îhymiis tiotahlement tuméfié. »

[Ep'ilnm., vr , 2, p. 175.) Hrera , en l'année 1810 , eut Toccasinn de vérifier ra-iserlion de Frank. A. Ilood trouva cliez se[)t enfans et, ce (jui est plus reinar- (|uable, chez deu.v adultes mcM'ts asthmatiques, le thymus avec un développement anormal. !Mais néanmoins ÎM. Ko[)p est le premier (juiaiffiiit coimaitre celle variété d'asthme comme maladie distincte, et cpii en ait publié Phistoirela [)lus couij)!èle en recueillant non-seidement les observations fournies par sa [)rati(]uc, mais encore celles i\ lui coininuni(pn'es par les docleurs l\ullmaiin, 'J'rilschler et Ulrich. Le mémoire de M. kopp fut bieniôl suivi de recherches sin- le même sujet faites |)ar MM. ('a-pari et Pageiistccher, Conradi , Schneider, lîiiieh, Pilsehafi,etc., et eidiii, en 1835, I\L Ilirsch de Kœnig>beig a enrichi la science d'un mémoire intéressant.

Cependant, bien que l'hypertroiihie du thyimis ait elé const itèe par tous les auteurs (pu ont lait des recherclies sur cette alFeclion , (pielqucs-uns , et entre autres ]M.M. Caspari , Pagenst«H'her , lUe-ch, ne voient jias dans cette hypeitro()hie le siège essentiel des accès a^th'naiiinies; ils les ra[)parien! à un sp;\siiu' de ia glotte. « Car, dit AI. llcesch, les symptômes de sulîocalion (jue l'on observe ne sont pas ceux produits par \\\\ oh-tade mécanique à la circulaliotj du sang dans le cuMir ; il n'y a point d(î bpotliymie, point d'asphyxie et point de cyanose instaiitaiîee : s'il survient une coloration en bliu de la face, ce n'est (pie plus tard quand l'accès se [nolonge et (pie la respiration est restée plus ou moins long-iemps sus[)endue. Les enfans tiennent la ))oiiche ouverte pour aspirer de l'air; et (\vy> (ju'une petite coIoiuuî a pu pénétrer dans les voies aériennes, ce (jui s'annonce par le cri particulier <pie jet-

THYMUS.

tent les petits malades, l'acrès est fini.

» ICn s(M'()ii(l lien , l'accès ne survient ])as à la suite d'dï'brts ou de mouveinens irréguliers coniine cela devrait arriver s'il était provoijué par la pression niécani(pje d«j thymus sur les gros vaisseaux ; il survient au contraire dans les momens de repos et surtout quand les enfans se réveillent. Enfin la guérison , (juand elle peut être obtenue, est due principalement aux anti-spasniodiqiies. » {Journ. der pract. /ici/À;.,par Ilufeland, 4856.)

L'asthme thyinicpie n'étant pas encore une maladie hicn connue, en France du moins, nous croyons indispensable, avant d'en reproduire la description générale donnée par MAI. Kopp et Hirsch, d'analyser succinctement les principaux faits particuliers qui ont servi de base à ces auteurs.

M. Kopp eut l'occasion d'observer un jour un jeune enfant qui, malgré une bonne alimentation, conservait une extrême maigreur depuis le moment de sa naissance jusqu'à sa mort, qui eut lieu dans un accès de sutîocation. Il arrivait souvent à cet enfant de retenir son haleine. Cette difficulté dans la respiration passa d'abord inaperçue , puis les accès devinrent plus forts ; ils se manifestaient surtout à l'instant du réveil , lors de la déglutition ou lorsque le petit malade jetait des cris. L'enfant succomba le septième jour dans un accès de suffocation convulsive. L'autopsie ne fut pas faite ; mais quelque temps après M. Kopp donna ses soins au frère du petit nialade précédent pour des accidens dyspnéiques tout à fait analogues.

« Le j-ujel de la seconde observation est

[)lein\iit pas, et s'accompagnait du cri caractétislique que nous avons signalé.

Après un arrêt plus ou moins long dans rcx[)iration , l'enfant reprenait [)eu à peu haleine et témoignait par ses cris du sentiment de douleur et d'anxiété qu'il venait d'éprouver. Pendant le paroxysme , le pouls était irrégulitr et intermittent, les yeux fixes, les mains et les pieds froids, la face bouffie et bleuâtre. Ces accès, qui revenaient de jour en jour plus forts et plus rapprochés, se montraient surtout intenses aux instans oii l'enfant s'éveillait; une diarrhée ou une autre complication gastrique intercurrente aggravait chaque fois cet état, qui empira également pendant la durée d'ime toux catarrhale. Cependant, excepté sou défaut de respiration, la santé (le l'enfant n'était pas autrement altérée. 11 se passa ainsi quelques mois avec la même gêne de la respiration et Thabilude qu'avait prise l'eifant de porter la langue entre les dents. Toute espèce de traitement avait été interrompu, lorsipi'un jour le docteur Koi)p fut averti que les accidens avaient repris une nouvelle intensité... Un (juart d'heure après la visite du médecin il survint un nouvel accès et l'enfant mourut dans un véritable état d'asphyxie, la face bouffie, bleuâtre, la langue entre les dents: peu auparavant il riait encore , lorsque tout à coup il retint son haleine; le sentiment d'angoisse et de suffocation augmenta de moment en moment et se termina rapidement par la mort. Le petit malade avait atteint Tàge de dix mois. )) Aulopsie cadavérique. Langue un peu longue et épaisse à la racine , trachéeartère normale et entièrement libre; glande

un enfant né à terme , d'une constitution 1 thyroïde tuméfiée , extravasaiion sangui-

frêîe et délicate , d'une voix faible. Il jouit cependant d'une bonne santé jusqu'à Làge de quatre mois ; mais alors commença à se manifester le même trouble de la respiration qu'on avait déjà observé chez le premier enfant , une suspension de la respiration revenant par intervalle et s'accompagnant chaipjc fois d'un cri léger et i)laintif : cet état ressemblait assez bien à la respiration sanglotante et entrecoupée des enfans. Cependant le petit malade témoignait de la douleur pendant la durée de l'accès; celui-ci survenait subitement, même (piand le petit malade ne

ne recouvrant la trachée au point de jonction de la glande thyroïde et du thymus.

» Thymus tellement gros et épais qu'un assistant le prit pour un lobe du poumon, s'éiendant depuis la glande thyroïde jusqu'au diaphragme, large de deux pouces, pesant plus d'une once et appuyant fortement sur la trachée-artère, à l'endroit où s'était fait ré[)ancheinent de sang; en incisant son parenchyme, qui n'était induré en aucun point, il s'en écoula une a^sez grande (pianlité d'humeur laiteuse qui en l)énétrait toute la substance.

»> Poumons rouge - brun , gorgés de

322 THV

sang, comme dans raspliyxip ; cœur llasque et atrophié , tiuu ovale encore ouvert ; glandes muqueuses volumineuses et tuméfiées, les autres viscères abdominaux sains; la grande fontanelle très large , les os du crâne encore (lexibles , sutures écartées. » {Guzclte médicale^ 183»),

Un troisième garçon, frère des prcccdens, fut aireclé de la même manière à l'âge de (juai.re mois; il succomba et l'on trouva à laulopsie les mêmes altérations du lliymus (\\\e dans l'observation (|uc nous venons de citer, avec cette dillerence que le trou o\ale était leime.

Dansées troisob-ervaiions ainsi que dans cim[ autres anidogues par les synq)lômes observés pendant la vie et par les altérations du thynniï» trouvées après la mort qui lui ont ete conmiuniquées, M. Kopp a cru voir une liaison po>iiive entre les symptômes de la (lys[)née et Tliypcrtro- ])!ue du tliymus. i^elon cet auteur, les accidens dyspnéiciues sont piodiiils par la compression (lii'exerce le tliynuis liy[)ertro[)lue sur les voies aériennes.

De son côte , I\I. Ilirscli a rassemblé cin(| cas d'aslbme tbynii(]ue qui ne dillerent pas essentiellement de ceux rapjjortes p.ir le docteur ivop[). De ces cin<| ca>, deux se terminèrent par la gui'rison et trois [)ar la mort. Deux fois seulement rauto[>>ie fut faite, et l'on cons'.aia (pie le thymus avait acquis un voliune considérable.

Description (jcncrale de la maladie Les causes prédisposantes de Tasllune ihyn»ique sont : une consiitulion faible , la diathese scroluleuse, une dis[)osiiion parliciiliére transnâse par hérédité , selon IM. Hrcra ; les maladies de rmerus avant et pendant la grossesse , les alfoctions du système glanduleux auxquelles certaines familles sont disposées, le sexe masculin les trois petits malades observes i)ar .M. Kopp étaient nés de la même mère; les deux enfans observes par .M. llullmann étaient également frères. Le sexe mascuhn a ete aussi note dans la plupart i\v6 autres observations. Tous les cas (ra>l lime ihymiiiue ont été observes chez des enf.ms à-jes (h» trois semaines a dix huit mois. Les maladies des bronches, le Iravad de la den'ition , certaines alfeclions

Page 1