RENONCULE
bien difficilement perçu à travers Tépaisseurdcs parois de rahdomen. Mais quand celte rupture a eu lieu le diagiioslir, devient bien plus facile. « Les moins grosses passent dans rurelère et dans la vessie, et sont expulsées avec l'urine. Quelquesunes sortent entières ; d'autres sont ronipues , et ne présentent plus qu'une poche vésiculaire. Lorsqu'elles sont trop grosses pour parcourir l'uretère, ou qu'elles sont retenues par un obstacle , elles causent la rétention des autres hydatides dans le bassinet et dans les calices. En s'amassaut dans ces parties elles les dilatent considérablement et produisent un tel changement dans l'organisation du rein , que sa substance parenchymateuse , comprimée , et rapprochée de la tunique extérieure, a peu d'épaisseur, paraît même effacée , ou ne forme qu'un même corps avec celte tunique , qui n'offre plus qu'une poche dont les parois sont épaisses , dures et pleines d'urine et d'hydatides. Ces effets ne peuvent avoir lieu sans quelques dérangeniens dans les fonctions des voies urinaires, sans qu'il survienne des accidens , tels que des douleurs né[)lirétiques qui s'étendent des lombes dans l'hypogastre et l'urètre , la difficulté d'uriner , la rétention de l'urine , etc. » (Boyer , Traité des maladies chir., § IX.) On a vu, mais rarement , des kysles acéphalocystiques se frayer un passage par les lombes après s'être enflammés et avoir formé un abcès.
Le seul moyen de traitement que l'on pourrait appliquer aux kystes acéphalocystiques du rein serait l'ouverture dans le cas où l'on parviendrait à constater la nature de la tumeur. Si celle-ci faisait saillie aux lombes, il faudrait opérer. Quand une acéphalocyste engagée dans l'uretère générait le passage de l'urine , il faudrait imiier l'exemple de M. Brachet et la percer.
Y. Vers. On a rencontré plusieurs sortes de vers dans les reins de l'homme : lo le strongle géant, 2o le spiroptère ^ S** le daclylius aculeatus.
1» Sirougle géant. Corps cylindrique, élastique , atténué aux deux extrémités ; queue du mâle terminée par une bourse de laquelle sort une verge unique. La longueur de ces vers varie de 3 pouces à 5 pieds.
Quant aux accidens qui les déterminent , ce sont des coliques néphrétirpies, de l'hématurie , parfois des rétentions d'ui'ine dans les cavités naturelles du rein, et par suite ram[)lialion de ces organes , la formation d'une tumeur qui peut s'ouvrir spontanément à la région des lombes, ou nécessiter l'opération de la néphrotomie. Moublet a rapporté un curieux exemple de tumeur lombaire incisée par laquelle il sortit plusieurs strongles.
11 faut faire bien attention, comme Ta dit Morgagui, de ne pas confondre ces vers avec des concrétions fibrineuses sanguines.
20 Spiroptère. Corps cylindrique , finement annelé , élastique , aminci aux deux extrémités ; bouche orbiculaire ; queue du mâle roulée en spirale, ailes latérales entre lesquelles sort un organe génital unique. Les plus grands atteignent à peine 5 pouces, et la plupart sont beaucoup plus petits. Dans un cas cité par 1\JM. 13arnett et Laurence {Méd. chir, transact.^ t. n, 3« édit. , p. 58.=>), une femme rendit par l'urètre plus de 800 de ces vers ; les accidens eurent lieu surtout au col de la vessie. S'agissaitil de spiroptères ou de jeunes strongles ?....
Quant au dactyiius aculeatus, malgré l'observation de M. Curling , son existence est encore douteuse.
REMITTEl^ÏE. ( F, L^TERMITTEXTE
[lièvre ]. )
RENONCULE. Genre de plantes de là famille des renonculacées, polyandrie-polygynie, L., qui contient plus de 130 espèces propres aux prairies , etc. Fraîches , elles sont le plus souvent acres et vésicantes, ce qui les a fait ranger parmi les poisons acres, et elles nuisent aux bestiaux; sèches, elles peuvent être broutées sans inconvénient, ce qui prouve que leur principe délétère est très volatile : cuites , ou peut en manger plusieurs comme les épinards, mais l'eau de cuisson est acre et vomitive. Leur eau distillée est un très bon émétique : les médecins anciens en faisaient usage; ils se servaient aussi du suc exprimé pour ronger les verrues, les excroissances, et contre les maladies cutanées, les scrofules, etc.
Le principe acre des renoncules cause une violente irritation. Un grand nombre, appliquées sur la peau, l'enflamment bientôt, soulèvent l'épiderme en vésicules qui ne lardent pas à suppurer, y produisent même quelque- (lucl'ois de profondes uicéralions, si on les laisse trop long-temps. Les meudiuns, en
];ÉSECTIONS.
cherchant, à Tiiidodc la rcnonciilo ficro, de la leuonculc liiilbciiso, de la rciioiiciile scé- Icralu, à cxcilcr la i)iliô par des uUi res feints, risquent à 5'eii faire de réels, très diffiriles h piiérir. La phlopose de la bouche, l'eieoriation de la lanciie suivent de près la mastication de ces plantes. Introduites dans l'csloniac, elles l'irritent violeninieni, et les Aives douleurs, les déraillanccs, les anxiélés, les convulsions affreuses (lu'elles causent .«îonl souvent suiNiesde la niorl. l.'iiuloiisie cadavérique fait voir les organes digestifs enflannncs, ulcérés.
11 suflit de froisser avec les mains la renoncule scélérate pour que ses énianalions produisent l'élemunient et fassent couler aliondanuuenl les larmes. M. Orlila conclut des expériences qu'il a tentées sur les chiens, et de celles qui ont été faites par Krapf et par IMenck , que le danger «les renoncules dépeiul de riiinauunaliou locale violente qu'elles delerinint nt. ei de leur action syrn- ])allii(iuo sur le système ner\eux , et (pje leurs principes délétères ne paraissent pas être absorbés. {Traite des poisowi, ô^ édit., t. I, p. ToU.)
On a fait bien rarement usa::e de ces plantes à l'intérieur. Si l'on en «loit krapf et (jiliberl, le suc de la renor)cule scélérate, étendu de beaucoup d'eau , jx'ut être administré connue diureii(iue. On prétend en avoir vu de bons elTels dans certains cas d'asthme, de phthisie, de blennonhée, d'ulcères de la vessie, de dysuric, dans l'iclere, dans les anVelions scrol'uleuses. krapf dit aus>i (pi'il a \\\ par s(tn u'^age se ranimer l'ardeur \ént'rienne éteinte. Dans tous les cas. (pu'hpics grains eu substance, ou ii grammes de stu' dans I litre d'eau, sotU les doses auxquelles on pourrait se permettre d'administrer les renoncules intérieurement.
^laisc'ost extérieurement et pour remplacer les \ésicaioire< ordinaires, qu'on a le plus habituellement employé ces planle.n. Leur application de celle manière a, dit-on. guéri (b'S ( é|»halalL'ifS cluonujues , vicdenles, des dituli urs ihumatismales , ai thriti(p]es et autres, ^m s'cvi S(r\i de la bulbe de la reionrule bidln'U»e. qui est la partie la plus acre, pour irriter la plante des pieds, et rap|ieler «ux exirémll«s inférieures la goutte |)ort('e À la ftoitrine. Dans les lièvres intermittentes rel»elles, on a souvent appli(jué ces plar)ies pilées sur l'épi^zaslre ou sur le p(Ut:m't : Seruierl et Van .Swieien ont >u ce moyen suf fire pour empèrber le retour des nicès. Cle n e^i, d'ailliiii •» , qu'a delaut de >ésirafis ordinaires (pi il pe\it (•()n\enir de recourir à l'application des renoncules, bien «pj'elles aifiil, sur les canlharides , l'avaniaire de ne point irriter de même l'appareil urinaire; mais I iiiflrimmaiinn p!u>i inlen«e el plus rioiiiuuieiise a la(]uelle elles dnnmiit lieu, les ulcérations profonde:^ cl tendantes à !•• gan-
grène (|ui en résultent .«oinent, ne permettent de s'en ser\ir ([u'aNec la plus grande ciiconspectiou, de peur (pj'uu phlegmon, puis la niortilicaiion, ne succe-lent à la rubéfaction, ainsi qu'«m l'a observé, dit M. INIartin- Solon. {Dict. (le nicd. et de thir. prat ., l. xiV, p. ^58.)
D'après Krapf, le principe vénéneux de ces plantes ne lient ni de la nature des acides m de celle des alcalis. Les acides minéraux, le ^ inaigre, le vin, l'alcool , le miel, le sucre, ne font (pie rendre son acli(m plus intense. D'un grand nombre de substances que cet expérinuMitateur essaya pmr en miliger la causlicilé, l'oseille el les groseilles non encore par\enues à maturité lui parurent seules amener (piehiue résultat ; mais , de tous les remèdes qu'on peut employer contre celle espèce d'rmf!ois(>nnement, il regarde l'eau comme un agent (|ui rmiporte de beaucoup sur les autres. Si, (e (pii arrive rarement, kMomissement du poi>on n'avait pas lieu par soii {fl'el même, des boissons mucilagineuses ou oléagineuses abondantes seraient les îuoyens ipiil cotp.iendrait d'em- [doyer |)0ur le favoriser. Ces boissons, l'eau, (iuelquel'ois les anii-spasmodiipjcs, tels sont les secours sur lesquels on doit le plus compter. [Dift. (tes se. })icil., t. \Mi, p. A(i\.)
HliSS:(:TI<).\S. On appelle .'ùnsi une opérai ion a l'aide de iafiiielle on abat une portion Osseuse, sans enlever les parties sons jacenles, comme dans les ampntatioiis j)ropreuiei.t dites. Cette opération remonte aux époques fiés reculées de l'art, pnis<|uc Galien lui-inêine nous a transmis les détails d'un cas fort remar- (juahle de résection du sternum. On dislingue deux espèces de ré-^eclions ; les unes portent sur ta conlinuilé, les autres ï«ur les exireniiics articulaires.
Iîi^:.se(;t[o\s j»a\s l\ continuité. On résèipie les os dans leiu' continnile à Poceasioii de frartuiM s récentes romplicpiees, de fraclures anciennes non reunies, de carie, de nerro>^e, d'osleosarcome, de spina-venlosa ou de loule autre Jiialadie or- ;;ani(iue iruuirahle. Ces o|)era!ions valienl à Tintini, et l'on peut à peine fixer fpiebpu'S règles générales. Des inslrunu'us divers ont ele iinaizines pour les pialiquer, savoir : 1» Ors lennillca incisives. On ne s'en sert ordinairement que dan*^ les résections fl«s os de la face. IM. Lisfranc a sub-titué aux tenailles ordinaires des cisailles a lames courtes et étroite-;, et rpii cou[)eiit merveilleusement les parties les plus dures; on pourrait, au
l)psoiii,r(!trrtncliei' par ce moyen des portions (le eôles, des os mclatarsiens ou inétacaipieiis , ele. ; 2" des acic^ diicrscs^ telles (pie la scie à chàiiiou , la scie en crête (le coq, la scie-couteau, les (liirérentes scies à main, la scie à amputation ordinaire, la scie mécani(pje de M. Heine , ou celles de Tliomson, (le M. Samson, de M. IMarlin , si uliles pour la rcjseclion des os plats ; 50 la gouge et le maillel, qu'on lie doit employer (lu'avec beaucoup de ménagement , en raison des couimoiions fiicheuses qu'on pourrait produire ; 4" le trépan, qui est si utilement employé lors- T]ue la lésion est très circonscrite.
//. Vans les fractures compliquées , Tindicalion de la réseclion se présente dans deux circonstances dilTérentes; dans Tune, il y a isL-ue de l'un des fragmcns à travers une plaie ; dans rautre, il y a comminution par l'action d'un projectile de guerre. Dans le premier cas , on se propose de réséquer la portion saillante, de réduire les ftagmens ensuite, et de réunir les parties molles par première intention. Pour cela , deux aides alfermissent le membre, le chirurgien fait saillir l'os dénudé après avoir ou non dénudé la [ilaie, garantit les parties molles à l'aide d'une attelle de carton, placée au-dessous de l'os, et retranche celui-ci d'rm trait de scie à amputation, ou bien avec la scie à chaîne. Le reste est accom[)li d'après les règles exposées ailleurs. {F. FRACTurvES.) Dans le second^ on veut, comme dans le cas précédent, épargner l'amputation, et mettre la fracture dans des coiidilions de réunion facile. Pour cela , on débride la plaie dans le sens longitudinal en évitant autant que possible les gros vaisseaux et les nerfs ; ou extrait toutes les esquilles mobiles, on fait sortir successivement les deux fragmens anguleux, on les résèque et l'on panse le membre comme dans le cas précédent.
B. Dans les pseudarlhroses ou fractures terminées par fausse articulation, on résèque aussi comme dans le dernier cas; seulement on peut, lorsque la chose est difficile, se contenter de la réseclion de l'un des bouts de la fracture. Dupuytren a guéri plusieurs cas de ce genre, en se comportant de la sorte. (^. Fracture.)