‹ Dictionnaire des dictionnaires de médecine français et étrangers, ou, Traité complet de médecine et de chirurgie pratiques (volume 2)Chapitre 19 sur 143 · TOMB VU · texte numérisé non relu

TOMB VU

TlOWS. D5

turcs mal réunies , on a qucbiuefoiis ru le courage de roiii|tre le cal, ou de h; diviser avec la scie, de le re>é(|ucr ensuite, et de rei)lacer dansune direction convenable les fragmens autrefois réunis vicieusement. Cette opération, prali(juee de no.«5 jours par Warrcn, n'est pas sans danger, comme on le con(;oit, surtout s'il s'agit dun membre volinnineux.

JJ. Dans certaines maladies organiques des os , la résection dans la continuité a été |irali(piée fort souvent avec succès. « La résection pour carie, nécrose, etc. , m.oins fréquemuirnt pratiquée que celle dont il vient déLrc question, n'en est pas moins très souvent indiquée. A part les observations de Tenon, qui ne craignit pas d'enlever le grand trochanter \ de lYIoreau qui, en 1795, fit l'excision d'une [)ortion considérable du tibia; de Percy et de Laurent qui aiTirment avoir détruit ce dernier os au moyen de la scie et du trépan, dans l'étendue de luiit à dix pouces, et enlevé en totalité le péroné, pour une carie, ou plutijt sans doute pour une nécrose de la jambe ; de Béclard, qui, en se conformant aux conseils de Desault, osa aussi résc(juer le tiers supérieur du péroné pour wn spina ventosa; de Hey, qui rapporte dans son ouvrage plusieurs observations d'excision des os de la jambe et du bras; de Couty de la Pommeraye, qui a fait connaître une résection de presque toute l'étendue de l'humérus; les auteurs classiqties français font à peine mention de ce genre d'opération pratiquée encore avec un plpin succès, à l'hôpital Beaujon, pour une nécrose très étendue du tibia , il y a quebjues années. Obligé de se cou former aux circonstances, de varier les procédés opératoires, selon que le membre conserve ou a perdu ses formes naturelles , selon l'étendue et le siège de la maladie , le chirurgien met l'os à découvert au moyen d'incisions longitudinales, ou bien, (juand il le faut absolument, en taillant aux dépens des parties molles un ou plusieurs lambeaux suffisamment larges et de forme variable.

Une fois l'altération mise à nu, on se sert tantôt de la scie, tantôt du ttépan; daiiS d'autres cas, de la gouge et du maillet; de la scie, lorsque l'os est cylindrique ou peu volumineux \ du trépan, lorsque c'est

RÉSECTIONS.

Bii 05 large, difRcile à isoler, ou lorsqu'il olfre une grande épaisseur, ou enfin que les pTties environnante;^ s'opposent à l'emploi de la scie ; du ciseau , si l'on ne veut enlever que quelques couches , qu'une partie de l'os alTecté. On pourrait encore employer les tenailles incisives, ou tout autre instrument que l'opérateur instruit saura imaginer. IM. Seutin, qui a fait avec un succès remarquable l'extraction presque entière du péroné, eut recours au trépan pour en séparer l'extrémité supérieure , »'t divisa l'autre avec une scie courbe. C'est la que les scies llexibies ou «à chaîne sont particulièrement indiquées. Non seulement on peut prali- «jucr la resection à la partie moyenne des membres, pour les maladies organiques mentionnées plus haut; mais on peut encore la mettre en usage au ironc , au crâne, au sternum, aux côtes, à la clavicule, ;uix vertèbres, etc. » (Velpeau, Mèdec.

opcrat., t. Il, p. r>(iO, «« edit.)

Rlt.SECTIO.NS ARTICULAIRES DANS LA

r.ONTiM iTÉ. « Parmi les diiïérentes régions du corps où celte opération a ete tentée, il faut citer les articulations coxofémorale, femoro-libiale , tibio tarsienne, scnpiilo - Inunerale , acromiale , humu'ofubitale et radio-carpienne. Toutes ces résections sont loin d'avoir le même degré d'utilité; il en est même (jui sont généralement abandonnées, ;Mais phisicurs comptent des succès et ont pris rang dans la science; telle est entre autres la résection de r.irticulalion sea[»ulo-huméraie. Elle a surtout été d'un avantage incontestable dans les blessures par armes à feu. On j)ent encore citer la résection de l'articulation humero-cubilale , etc. >• ( Dupuytreii. fjrnvs oral s, t. ii, ]). 4bi>.} Heijle «Miierale, la résection convient mieux aux membres thorariciues qu'aux membres pelviens, et là d'.tutant plus que l'articiilalion e»it nioiii- r:ip[iroehee du tronc.

liien qu'IIippocrate et plusieurs autres auteurs de lauiiqiiité aient parle des réseetions artieiilaires, riiistori(jMe véritabl(î de celte opération ne remonte (pi'au dixhuilièine siècle. " Dnns une Iriire écrite en 17S-2 à Toit, l'ark. chirurgien de i'hnpilal de l.iverpool , fil la propo'.iiinn de veir.Tueher conqilelenient les ni ticul.iiions nialades dans un grau I nombre de cas, cl

de conserver par ce moyen les membres avec un tel degré de mobilité qu'ils pouvaient être encore d'un très grand usage, La méthode de Park, en un mol, consiste à emporter toutes les extrémités articulaires qui sont le siège de maladies graves et tout le ligament capsulaire, ou du moins une aussi grande portion qu'il est possible , et d'obtenir la guérison j^ar le moyen du cal ou en réunissant le fémur avec le tibia lorsqu'on opère sur le genou, et riuimérus avec le radius et le cubitus quand on opère sur le coude, de manière à produire dans ces endroits une articulation immobile, tandis que l'articulation scapulo-humerale conserve sa mobilité....

Pendant que Park publiait sa méthode, P. -F. Moreau , chirurgien français, écrivait en faveur du même moyen. »(Sam.

Cooper, Diclion. de chir., t. i,p.24, édit. de Paris.

yî. articulation scapuîo-humérale.

(^. Épaule.)

/?. articulation humer o-cuhit aie. [f^.

Coude.)

c. ytrticulation radio-carpienne. Celte opération consiste à exciser l'extrémité inférieure du radius et du cubitus ; elle a ete pratiquée par une foule d auteurs, souvent avec succès, à l'occasion de luxation compliquée, de plaie, de tumeur blanche, de carie, de nécrose, etc.

Premier procédé (Moreau). Une incision transversale, (pii commence à l'extrémité carpienne de chafjue incision latérale et qui se prolonge de huit à douze lignes sur la face dorsale du poignet, cir- Cfuiscrit deux petits landieaux en forme d'L sur la région postérieure du radius et du cubitus. On les dissèque et on les relève l'un ajirès l'autre , en commençant par le cubital. Après avoir écarte, isoh; les tendons, on tache de glisser une compr(s^e prolectrice entre les deux os au moyen d'une spatule, et de la ramener de l'espace inter- osseux entre la face palmaire du cubitus et les parties molles. Iri aide s'en empare aussitôt et en tire les deux extrémités vers le radius, afin d'entraîner les chairs dans le même sens; d'un coup de scie le chirurgien opère la diviv,ion de Tos, qu'il détache ensuite du car|)e et du radiu< à l'aide d'un bistouri. La dissection du second lambeau l'occupe

RÉSECTIONS.

aussitôt, ainsi que celle des tendons, très nombreux de ce côté, et de Tarlùre radiale. Pour terminer, il n'a plus qu'à répéter sur le radius ce qu'il vient de faire sur le cubitus.

Deuxième procédé ( M. Yelpeau ). Au lieu de deux demi-lambeaux , M. Velpeau veut qu'on en fasse un seul carré sur la face dorsale. Pour cela , il pratique une incision sur chaque bord de Tavant-bras, depuis la racine du pouce et du dernier métacarpien jusqu'à deux pouces au-dessus des apophyses styloïdes du radius et du cubitus ; ces deux incisions sont réunies sur la face postérieure de Pavant-bras par une section transversale. On dissèque et l'on renverse de haut en bas sur le dos de la main un lambeau qui met à nu tout le dos de l'articulation ; on désarticule, on détache les chairs de la face antérieure, et on les protège à Paide d'une attelle en carton ; alors on scie les extrémités osseuses, puis on réapplique le lambeau, qu'on fixe à Paide de quelques points de suture. Ce mode opératoire est sans doute plus facile que le précédent , mais il est peut-être plus grave, la plaie qui en résulte étant plus étendue.

On pourrait aussi au besoin s'écarter de ces deux procédés et en suivre d'autres si l'on pouvait attacher de Pimportance à l'exécution d'une opération si simple par elle-même.

D. Articulation coxo- fémorale. La tête fémorale a été excisée d'abord par White sur un jeune enfant atteint de coxalgie, ensuite par d'autres avec succès, White a pratiqué une simple incision, mis l'articulation à découvert, a ouvert la capsule, luxé l'os et excisé à quatre pouces au-dessous de la calotte fémorale. Dans des cas de carie, de coups de feu de cette partie, la même opération a été pratiquée; souvent, il est vrai, les malades ont succombé. Aujourd'hui cette grave opération ne paraît indiquée que dans les cas suivans : 1° quand la portion correspondante de Pos est fracturée par un coup de feu ; 2" quand le col du fémur a été fracturé et que la lésion s'est terminée par un abcès et par carie ; 5^ quand il y a luxation compliquée de fracture et de déchirure des parties molles ; 4° quand le membre ne peut servir par ankylose de Particulation,

d'après M. Velpeau ; ."i* quand il y a carie ou nécrose bornée a la tète fémorale.

L'exécution de cette opération est très facile. On découvre l'articulation à Paide d'un lambeau externe , carré ou trian^'ulaire, qu'on relève comme on le [)ralique à l'épaule ; on ouvre l'articulation , on luxe et l'on scie au delà du mal. Le pansement est comme dans les fractures compliquées de plaie.

JJ. articulation fémoro-tibiale. ( P^.

Genou.)

F. Articulation tihio-tarsienne. On peut appliquer ici les mêmes procédés que nous avons indiqués pour le poignet. Dans un cas de carie occasionnée [)ar une entorse , Moreau a opéré de la manière suivante. « Deux incisions fuient faites au bas de la jambe du côté externe : une , longue de plus de cent millimètres, descendait le long du bord postérieur du péroné jusqu'au-dessous de la malléole ; une autre en travers , qui commençait au bas de la première et se portait vis-à-vis l'insertion du petit pèronier. Deux autres incisions furent pr.itiquées du côté interne. Celle qui était longitudinale se portait le long du bord interne du tibia jusque derrière la malléole interne, et cellft qui était transversale, partant de celle-ci, allait jusqu'au tendon du jambier antérieur. Cela fait, le péroné fut dégagé, et sa partie inférieure fut coupée avec un ciseau au-dessus de la malléole, et le tibia fut porté de devant en arrière ; le pied fut renversé en deliors pour faire sortir la partie coupée, et cette partie fut enlevée sans beaucoup de peine. Comme l'astragale était malade aussi, on retrancha la portion articulaire de cet os et une partie de son corps. Le pied fut replacé, chaque lambeau de chair fut assujetti avec un point de suture, et l'on appliqua un appareil convenable. Les accidens inflammatoires n'eurent rien de menaçant. Le pied se consolida avec la jambe. » (Sabatier.)

A l'article Pied nous avons parlé de la manière d'extirper Pastragale el quelfjues autres os de cette région.

Nous ne devons pas terminer cet article sans faire remarquer que tout le manuel opératoire des résections articulaires peut être singulièrement simplifié aujourd'hui à Paide de la scie à chaînon ; deux sim-

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