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TISME. 81
lorsque le rhumatisme est l)orné aux muscles, il ne se révèle que par un seul phénomène local constant et bien appréciable, la douleur.
11 est fort rare que le rbumaiisme musculaire isolé donne lieu à de la réaction fébrile et aux autres troubles généraux signalés à l'occasion du rhumatisme articulaire; dans les cas où il survient de la fièvre, c'est toujours pendant les paroxysmes, et encore n'acquiert-elle jamais une grande intensité.
La marche du rhumatisme musculaire est soumise à de nombreuses irrégularités; tantôt la maladie débute avec beaucoui> de violence et décroît ensuite insensiblement; tantôt, légère dans le principe, elle augmente peu à peu pour disparaître rapidement ou avec lenteur; tantôt, et même plus souvent, elle olFre des exacerbations et des rémittences alternatives.
La durée de cette variété de rhumatisme ne présente pas moins de variations que sa marche. On la voit quelquefois disparaître complètement en quelques jours; d'autres fois elle se prolonge pendant un temps fort long, de manière à prendre la forme chronique.
Le rhumatisme musculaire existe souvent en même temps que le rhumatisme articulaire ; quelquefois la complication , au lieu d'être constituée par la simultanéité des deux affections, consiste dans la succession alternative de l'une et de l'autre. Cette coïncidence , observée assez fréquemment dans l'état aigu, est cependant beaucoup plus commune 'dans la forme chronique.
Sièges divers. Le principe rhumatismal siège quelquefois dans la couche fibromusculaire qui revêt les os du crâne. Ce rhumatisme, appelé par quelques auteurs épicrdnien ^ peut occuper la voûte du crâne toute entière ou être borné à une seule région ; quand il envahit une moitié latérale du crcâne, c'est une des variétés de l'hémicrànie. La douleur augmente par la contraction du muscle occipitofrontal, par toute pression extérieure et par Talilux du sang vers la lê:e; on n'y reniaripie jamais le gondemenf œdémateux caractérisii(iue de l'érysipèlc du cuir chevelu.
On donne le nom de tortkoU'i au rhu^
«^ niiu\iA'jisMn:.
inali'^me dos inu^clts du cou et j.rincipa- , l)ivt'r>e> m.il,idits (U la moellf L'i>iinère
011 tle ses enveloppes se dislingueiit purfois assez diflîcilement du lumbago. Il y a, en elFet, dans ces alfections exaspéra-
K'iiient à celui (|iii altaqiie le muscle s'.er- Jio eleido masloïdien. Les .symptômes (jui appartiennent à celte maladie sont la jHesque impossibilité de contracter le muscle rbumalise; aussi la tète reste-t elle tournée et pencbce d'un côté, et le malade est oblige, ponr regarder dans une diiection opposée à celle (pie le rliumatisme donne à sa tcte, de mon\oirle tronc tout <rui:e pièce. Le plus léger changement de position pendant le sommeil rev( ille le malade avec des donlenrs tr»"'s vives. Le loilicnlis pourrait ètic confumlu avec la ]);ualysie ou la contracture de certains ninscle< du cf.u ; mais la pins légère attentif n snllira pour éviter Terreur : dans la paralysie, la tète p-eut être ramenée à sa rectitude naturelle sans produire la moin- <lre (iouleur, ( t d. ns la contracture la vue et le toucher font reconnaître la raideur convuisive (\t'< muscles alfeclés.
Le rhumatisme des muscles qui recouvrent les parois de la i)oiiiine a reçu le nom de p'eurodynie. (f^. ce mot.)
Le rhumatisme fixé sur les muscles de la région lond)aiie a reçu le nom de hnn- Lago ; il se révèle par une douleur <]ui augu;enle par la flexion ou l'ext* nsion du tronc et par les pressirms extcric ure.-;. Celte douleur, d'après l,i sensation (]i'> malades, est tércbiai.lc, diiacéranle, saccadée , etc.; elle siège dans hs masses charnues des gouttières vfrlébrale'^; elle ])( ut occuper le-^ (h ux côtés à la fois ou elle bornée à un seid. La marche, quoi- (|ue encore exécutable dans le lumb»go, Ci-t de moyenne inten.^ite ; mais la progro.-'ion est impossible dans le hnid)ago \iolenl. Le diagnosiic du lumbago n'est pas toujours fai ib\ Les douleurs lombaires qui se manifestent dans (crtaines fièvres exanibemaliques, particulièrement au début de la variole, ont avec lui quebiuc analogie; mais la présence de la fièvre et la j>os>«ibilite de contracter les muscles lond»aires sans augmeuler la douleur sont des signe> (liirerenliel>^ sufli'.an^. On évitera encore de conb)ndi<' le lumbago avec b's douleurs néphrétique?, les nausées ou le-i Mimi«;semens, le trouble de la sécrétion ou df l'excreliou uriin.re; souvent la réiratlou du testicule, la réaction générale Tel oui éviter la méprise.
lion de la douleur par la pression et par les mouvemens de la partie douloureuse ; mais lorsque ces douleurs reconnaissent pour cause une lésion de la moelle , la sensibilité et surtout la contractilité des membres inférieurs sont altérées , et la douleur devient plus vive par la pression des apophyses épineuses correspondantes que par celle des muscles. ( f^. Moelle [mîilad. de la].)
M. Andral n'admet pas l'opinion généralement admise (\\n place le siège du lumbago dans les membres lombaires, « Le siège anatomique du lumbago), dit-il, est pour nous dans les enveloppes de la moelle , tandis que les uns le placent dans les muscles psoas, les autres dans les muscles de la région loinbaire, ceux-ci dans l'aponévrose (jui les recouvre, ceux-là dans les ti-sus articulaires des vertèbres, (piebjuesuns dans le périoste même de ces os et du sacrum , quelques autres enfin dans les nerfs de la région lombaire.» {fAÇons orales, t. 111, p. (507.)
Le rhumatisme des muscle>i psoas constitue le p-^oitis. [r. ce mot.)
Le diaphragme rhuînatiac donne lieu à une douleur constric'.ive de la base de la poitrine, (pu augmente pendant les mouvemens respiratoires , et (pii ordinairement est accompagnée de be.nicoup de dyspnée et de hoquet. On pourrait, dans certains cas, confondre celte alîection avec une pleurésie commençante ; mais les troubles généraux et un peu plus tard les signes fournis par la percussion et par rausrultation lèveront le doute.
Dans ces derniers temps, ^L Chomel a fixé l'altenlion des médecins sur le rhumatisme des parois antérieures et latérales de l'abdomen. Cette es|)èce de rbumalisme a j)()ur carat teres principaux, comme les autres du reste, une douleur plus ou moins vive et de la gène dans les mouvemens dis parties allectèes. Nous ne saurions mieux faire que de reproduire ici les jiaroles de M. Chomel sur les caractères (lisîinciifs de ce rhum itisuie , auqm 1 il a dm ne le rom (h* jn c-abdominal. <* El d'aburd 'e [uincipal signe a noter, signe
RHUMATISME
ciunsi-patliognomoiùqun, c'est que la pression abdominale, toute (louloureiise qu'elle est, n'est pas néanmoins ce qui exaspère le plus la douleur ; Texaspération est plus\ive et plus cruelle par les mouvemens que le malade essaie de faire pour se retourner dans son lit ou pour se mettre sur son séant ; et cela se conçoit aisément, puisque de tels mouvemens exigent la contraction des muscles adectés; d'où il n'est pas moins facile de comprendre que les malades doivent forcement demeurer en décubitus sur le dos, empêchés qu'ils sont de se remuer, vu la subite exaspération de la douleur à leurs moindres tentatives. Lorsque la douleur est due à une gastrite, à une entérite ou à une péritonite, elle s'exaspère autant et peutêtre beaucoup plus encore par la pression que par les mouvemens auxquels participent activement les muscles des parois abdominales.
» Au surplus , ce n'est guère avec la gastrite ou Tentérite qu'on peut confondre le rhumatisme pré-abdominal ; car la douleur qui accompagne les inflammations , soit de l'estomac , soit de l'intestin grêle ou du gros intestin, est plus circonscrite, plus localisée , moins diffuse , et puis il y a, dans le premier cas, trouble notable des fonctions gastriques, soit depuis longtemps , soit actuellement ; dans le second cas , il y a aussi des signes qui ne peuvent manquer du côté des dernières voies. Or, ni l'un ni l'autre ordre de ces phénomènes ne vient d'ordinaire compliquer le rhumatisme en question.
» Cest surtout avec la péritonite , comme nous l'avons déjà dit , que la confusion est possible. La présence ou l'absence de la fièvre et des vomissemens , voilà encore , après la considération du mode suivant lequel la douleur s'exaspère le plus vivement, une autre source importante de diagnostic: fièvre et vomissemens dans la péritonite , apyrexie et nul vomissement dans le rhumatisme pré-abdominal, telle est la règle. Mais quelle règle n'a pas ses exceptions ? Si dans un cas de rhumatisme pré-abdominal il y avait , chose [)ossible , développement d'appareil fébrile et coïncidence de vomissemens, le diagnostic deviendrait très embarrassant. Autre signe essentiel : c'est que dans le rhumatisme
pré-abdominal la face ne reste pas constamment grippée , comme dans la péritonite ; elle ne s'altère qu'au moment où la souffrance s'éveille et s'exaspère , soit par la pression , soit par quelqu'aulre circonstance. Il y a bien des péritonites partielles qui sont apyrétiques , et ne causent que peu ou point d'altération dans les traits de la physionomie , mais dans ces péritonites la douleur est circonscrite et toute locale; dans le rhumatisme dont nous traitons ici , elle est dilfuse et répandue dans toute l'étendue des parois anléro-latérales du ventre ; il n'y aurait donc de méprise possible que dans le cas d'une péritonite bornée à ces mêmes parois, forme très rare » [Leçons citées ,
Telles sont les principales sortes de rhumatisme musculaire du tronc ; on observe bien quelquefois le rhumatisme partiel de quelque autre muscle de cette partie du corps, mais il ne serait pas utile d'en faire la description particulière ; citons cependant le rhumatisme du massé ter qui donne lieu à une espèce de trismus.
Les muscles des membres sont au moins aussi souvent que ceux du tronc affectés de rhumatisme; tantôt le rhumatisme des membres est limité à un petit nombre de muscles ou même à un seul, tantôt, au contraire , il est répandu sur un grand nombre de parties à la fois ; il n'offre rien que nous n'ayons noté déjà, La douleur que diminue le repos absolu , et qu'exaspèrent les contractions des muscles malades , en est le principal et le plus constant caractère , c'est même en considérant l'espèce de mouvement qui aggrave le plus la douleur qu'on peut arriver à déterminer d'une manière précise le siège du rhumatisme dans tel ou tel muscle.
Le point le plus important dans l'histoire du rhumatisme des membres est sans contredit son diagnostic différentiel; il est en elfet très fréquent de voir confondre ce rhumatisme avec les douleurs variées qui peuvent siéger dans les membres , telles que les douleurs névralgiques , ostéocopes , saturnines , scorbutiques , etc. Nous tâcherons d'exposer les caractères diflerentiels du rhumatisme avec ces sor-
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tes (i'alTpction?? en traitant plus bas du diagnostic des affections liiumatismales en gênerai.
Symptômes du rhitmalisme des viscères. Jl est gLMU'ralement admis que le principe rhumatismal ne borne pas son aclion aux parties fibre- niusculeuses qui constituent le système locomoteur de la vie animale ou de relation ; mais qu'il peut aussi, quoique plus rarement, allecter tous les organes dans la texture desquels entrent les tissus fibreux ou musculaires. Ouant à la question de savoir si le rliuinaiisme peut se fixer sur des organes où on ne trouve plus ces élémens d'organisation , tels fjuc le poumon , la plèvre , le cerveau, etc., elle nous semble fort diflicile à résoudre , bien (|ue rexistence de ces sortes de rhumatismes ait paru incontestable à un grand nombre d'auteurs recommandables, comme Musgrave , Barthez , etc., etc., qui ont admis des peripncumonies , des apoplexies , des pleurésies, etc., etc., rhumatismales. Dans l'état actïiel de la science , il nous parait rationnel d'admettre, avec INI. Chomel [Lcc. citées , \). 574), (jue les organes fihro-niiisculaires seuls sont susceptibles d'être atteints de rhumatisme (/'. plus bas nature €t siège); d'aprt's ce principe nous reconnaissons la possibilité d'un rhumatisme du cœur , des conduits aériens, du canal digestif, de la vessie , de l'utérus, enfin du périoste, de la dure-mère , de la sclérotique, etc. Nous dirons cependant que ces alleclions rhumatismales sont loin d'être au>;si faciles à reconnaître que les rhumatismes externes, parce qu'elles se traduisent ordinairement par des symptômes locaux , qui ne diiïcrent pas notablement <lc ceux auxquels donne lieu une sinqile irritation mm ihuin.iti^male de ces mêmes parties ; mais elles ont i)our caractère comnnin de survenir prc^^ijue toujours chez les sujets actuellement atlcnUs de rhumatisme p,-itent,et de présenter la mobilité propre a toiit rhumalixiiie ; de j»his la manifestation de ces rhnmatismes internes coïncide souvent avec la brusque disparition de douleurs rhumatismales externes , d'autres fois aussi ils cessent dès (jue (piebiues inu>«clcs externes ou une ou plusieurs articulations se rhuisatiscnt.
Diagnostic différi-ntiei. des affections rhumalismah's en (jênéral. Lorsque le rhumatisme se présente accompagné de phénomènes inflammatoires plus ou moins prononcés , connue cela a lieu (|uand il aifecte les articulations , le diagno-tic de cette inlLunniation rhumatismale otlVe souvent des diflicultés. « Pour distingner cette espèce de phlegmasie articulaire de toutes les autres , dit IM. lîouillaud, il suiïit de pouvoir remonter à sa cause; mais il est un certain nombie de malades qui ne fournissent aucun renseignement satisfaisant, clair , précis, digne de foi, sur la cause déterminante interne de leur maladie. C'est là sans contredit une difficulté de diagnostic, mais moindre qu'on ne le croirait au premier abord.
En ellet , je veux bien que certains malades ignorent si leur allection articulaire provient ou non d'un refroidissement; mais il n'en est pas de même d'une maladie articulaire prodiiite par une cause mécani(]ue ou traumaticiue. Or, par cela même que les malades peuvent déclarer s'ils ont été exposés ou non à une cau>-(' de cette dernière catégorie, l'embarras du diagnostic diminue singulièrement. Elfeclivement , par cela même encore (pie raiïeclion infiammaloire des articulations est survenue sans violence extérieure , il y a de grandes probabilités pour (|u'elle se soit développée sous Pinfluence de la cause ordinaire du rhumatisme articulaire. Ajoutez, (Tailleiu's, que la dissémination des (luxions articulaires , la coïncidence d'une endocardite, d'une péritonite , etc. , sont des particularités propres à l'arthrite rhumatismale , et (jui la ditrerencient de l'arthrite traumaticpie.
» Quant à ces alîections disséminées des articulations, à ces arthrites nndiiples (|ui [leuvent accompagner les grandes icsorplions purulentes, les phlébites, etc., pour les confondre de^irmais avec un véritable rhumatisnic ariicidaire ou larthril»! rhumatismale , même en supposant (pie l'étiologie ne n.urmt ici aucune donnée de quehpie in)por!ance, il faudrait reeilement être bien peu familiarisé avec l'.ul de l'observation exacte.
» Le cortège des phénomènes typhoïdes qui précède les afiections articulaires dans
RHUMATISME
les cas de la première catégorie (phlébite , résorptions purulentes) est un élément séinéiologique tout-à-fait caractéristique. Rien de semblable n'a lieu <lans le rhumatisme articulaire bien caractérisé , lequel marche, au contraire, accompagné de Tappareil inflammatoire le plus franc et le mieux caractérisé. Sans doute dans le courant de cette maladie elle-même , en raison de certaines complications d\iccidens divers, il peut survenir des symptômes typhoïdes plus ou moins prononcés; mais , je le répète , ces phénomènes ne se montrent pas au début de la maladie, ne la précèdent pas siu'tout , et cela suffit pour le diagnostic ditl'érentiel qui nous occupe.
» Restent les cas où, chez des individus placés dans les conditions de diathèse purulente typhoïde , etc. , des phlegmasies articulaires peuvent néanmoins apparaître sous l'inlluence d'un refroidissement. Les nouvelles accouchées , par exemple , se trouvent souvent exposées à l'iniluence indiquée , et certaines affections puer[)érales dont elles sont atteintes constituent aussi une prédisposition aux phlegmasies purulentes des articulations. Les cas de cette catégorie peuvent être assez embarrassans. » (Loco cit.^ p. 552.)
La goutte offre plus d'une similitude avec le rhumatisme; aussi plusieurs voientils dans ces deux maladies une véritable identité , avec cette seule différence qu'ils réservent le nom de rhumatisme à l'affection des grandes articulations et celui de goutte pour indiquer que le même principe se porte sur les petites articulations. M. Chomel , dans sa thèse déjà citée, a cherché à distinguer ces deux maladies ; mais, dans ses Leçons cliniques, il a considéré le rhumatisme et la goutte comme étant une seule et même atfection. Cette manière de voir est loin d'être généralement adoptée. Yoici les principales différences qui existent entre le rhumatisme et la goutte : cette dernière est, dit-on, le partage des gens riches , vivant dans les plaisirs, la bonne cliére et l'oisiveté; ils héritent de la goutte avec la fortune de leurs pères, a dit Brown. Le rhumatisme, au contraire, attaque indistinctement toutes les classes et même souvent les gens peu aisés. On a remarqué que très souvent
les gouttcu?: avaient eu d(!S parens caleuleux ; il semblerait donc (juc la prédisposition à la goutte soit iiniée , et celle du rhumatisme acquise. La goutte se déclare par des espèces d'accès qui offrent pour caractère d'être précédés par un dérangement des fonctions gastriques , ce qui n'a pas lieu pour le rhumatisme; on aremarqué , enfin , (jue la goutte se déclarait généralement le soir , tandis que le rhumatisme peut apparaître à toutes les heures. Pour plus de détails différentiels (/^. Goutte).
Les névralgies diffèrent des douleurs rhumatismales par certains caractères qui leur sont propres : 1» elles sont souvent limitées à un seul point , à une seule ligne qui indique le trajet parcouru par une branche nerveuse ou par ses divisions ; 2« les douleurs névralgiques naissent tout à coup, sans prodromes, et acquièrent instantanément une grande intensité; 3» la pression modérée sur le nerf malade, au lieu d'augmenter la douleur, la diminue ; 4° les névralgies disparaissent par momens , et ont , comme le rhumatisme , une sorte de mobilité , mais de plus elles présentent, le plus souvent, une périodicité plus ou moins exacte. (P^oy. Névralgie.)
Les douleurs ostéocopes, syphilitiques, peuvent, dans quelques cas, en imposer pour un rhumatisme , mais presque toujours elles se font ressentir ou du moins sont plus fortes pendant la nuit ; ce caractère est cependant insuffisant, parce qu il n'est pas rare de voir des douleurs rhumatismales être exaspérées le soir et pendant la nuit. Ce qui distingue plus particulièrement les douleurs ostéocopes, c'est qu'elles siègent exclusivement dans la partie moyenne des os longs, et qu'elles ne sont jamais un obstacle réel à la contraction de tel ou tel muscle; elles ne sont pas notablement augmentées par les mouvcmens ni par la pression extérieure, à moins que celle-ci ne soit très énergique. Les commémoratifs ou l'existence actuelle de quelque symptôme non douteux de syphilis éclairciront d'ailleuis beaucoup la question.
On distinguera les douleurs saturnines de celles (pii sont dues au rhumatisme, en ce que les premières n'augmentent ni
RHUMATISME
par la pression ni par les contractions musculaires , par leur siège le plus ordinaire dans les deux membres supérieurs ou inférieurs à la fois, par l'existence sinudtanée ou antérieure de la coliiiue de plomb.
Les douleurs articulaires qui se montrent au début de la morve ont été i)riscs pour des douleurs rluimali>'malcs, ici l'erreur ne saurait être de longue durée ; car l)ientôt on voit apparaître le coryza et rcru[)tion pustuleuse toul-à-fait caracterisli(pies de cette affreuse maladie.
Pour ne pas confondre avec le rlnimatisme les douleurs scorbuti(iues des membres, il sufïira de remarquer (ju'elles sont liées à un epaneliement de sang dans les muscles qui fait i)arailre des duretés dans les parties où siège riièmorrliagie alors même que les muscles sont en rejjos. Du reste, la présence des autres phénomènes du scorbut permettra toujours d'établir le diagnostic.
On a souvent pris pour des rhumatismes ces douleurs vagues et contusives qui existent au niveau des ailiculalions ou <lans la continuité des membres, pendant les prodromes de la plu[)art des maladies aiguës. Il r.int convenir que, dans «juel- (pie^ ca«, l'erreur nVsl pas facile à éviter; c,ei)endant on reconnaîtra presque toujours la nature non rhumatismale de ces (1 )ulenrs, en faisant attention à l'état gén''i'al (lu malade, aux frissons, au malaise profond, à la fièvre, à la combature, pheii')iiiène< qui n'aecompagnent (pie 1res rarement l'invasion du rhumatisme , a moins qu'il ne doive être très aigu et fixé sur les articulations.
JlLciDiN i:s. De toutes les maladies, il n'en est point de plus sujette aux rechutes que les alFections rhumatismales. Il est si rare (ju'iine allatpje de rhumatisme ne se re|)roduise pas dans la suite, (pi'on peut pre lire à peu près à cou|) sûr (jue celui (pji en a déjà ete atteint en sera affecté de nouveau sous luiduence des causes les plus h-gères. Ce sont ordinairement les parties sur lesquelles le rhumatisme s'est déjà fixe rpii sont le siège de nouvelles attaques. Les récidives ont e i»lus souvent lieu pendant l'aiitomne et l 'hiver, (i\ielquefois durant l'ele et rarement pendant le printemps. Les interval-
les qui séparent le.? attaques rhumatismales les unes des autres sont très variables et très irrégulières ; ils peuvent n'être que de quelques jours, ou bien s'élever à nu grand nombre d'années. On voit , dans (jnelques cas, la maladie sévir regulière- Jiient dans telle ou telle saison. En général, plus les récidives ont été répétées, plus la tendance à la reproduction de la maladie est prononcée; la diathèse rhumatismale , qui alors est portée à un haut deurè, suflit seule pour produire la maladie , en l'absence même de toute cause occasionnelle.
Tj:n:Mi.\Aiso.\s. Dans la très grande majorité des cas, le rhumatisme se termine i)ar résolution. Tantôt le retour à la sanle a lieu d'une manière insensible, sans crise appréciable, les symptômes disparaissent peu à peu ; les parties conservent ce[iendant un peu de raideur qui se dissipe avec le temps. Tantôt la guérison est annoncée par divers phénomènes critiques, tels (jue des sueurs générales ou une excrétion d'uiine trouble, sédimenteuse, des évacuations alvines, etc. « J'ai vu, dit M. Chomel, au déclin d'un rhumatisme aigu , reparaitie une sueur des pii'ds habituelle, dont la suppression avait eu li<ii vers le début de la maladie; dans des cas fort rares, un écoulement de sang (^naillou) , ou d'une espèce de sérosité ((ilisson), parla membr.uie nnupieuse des fosses nasales; plus souveiit une salivation abondante (Alauduyt). » ( Thèse clive.) Oueltpies phénomènes critiques, plus rares (jue ceux que nous venons d(^ sigria- 1er, ont encore été observés. Ilolfmann a vu l'ouverture d'ulcères s[)ontanes aux jtiids; .Morton, des éruptions aphtheuses, dont Tapparilion a coïncidé avec la cessation du rhumatisme.
La terminaison du rhumatisme par suppuration est encore une (piestion controversée; elle est niée par beaucoup d'auteurs, entre autres par M. (Ihoinel, qui ne considèrent pas comme appartenant au rhumatisme les faits dans les(juels la suppuration a ete observée. D'autres médecins, et en plus gr.md nombre , tout en reconnaissant que le rhumatisme ne se termine (|ue 1res rareiiient par suppiiration, ne mettent ce|M'n(|,int |)as en doute la possibilité de ce lait; nous nous réser-
Il nu .VI V
vfms (1c doiuier i)liis de délails sur ce. jmiiit, en traitant de raiialoiii ie [)ailiol()gi(|ne. Une des terminaisons fréquente el inconteslal)le des afïections rliiniiatismales est celle qui a lieu par métastase. Souvent, en etlet, on voit le rhumatisme abandonner subitement les parties qu'il avait primitivement envahies, et être remplacé par des maladies diverses. C'est ainsi que des pleurésies, des pneumonies, des inflammations du cerveau ou de ses membranes, des alfeclions variées du tube digestif, des névroses, des névralgies, ont succédé à la disparition brusque du rhumatisme. Stoll dit avoir observé un assez grand nombre de métatarses rhumatismales ; il rapporte en ces termes celles qui se portent sur les organes Ihoraciques : « L'humeur rhumatisante abandonnait les membres subitement, et au moment où on s'y attendait le moins; et elle se portait sur la poitrine, où elle occasionnait la dyspnée et Torthopuée avec une toux très violente, de l'oppression et des crachats quelquefois sanguinolens.
Une jeune fille ressentit tout à coup un froid extrême ; le rhumatisme s'étant porté sur les poumons, elle ne pouvait respirer que dans une position droite; une sueur froide se ramassait en gouttes; on ne sentait pas le pouls au poignet, le cœur battait d'une manière très irrégulière et avec beaucoup de fréquence. » {Médec. prat., t. ni, p. 103.) Ce passage de Stoll est assurément fort remarquable ; on voit que ce savant praticien avait déjà reconnu que le cœur pouvait devenir malade dans le cours des affections rhumatismales; ce qui, dans ces derniers temps, a été démontré jusqu'à l'évidence par les belles recherches de M. Bouillaud, dont nous avons déjà parlé. Dans un Mémoire récemment publié par le docteur Grifou- Ihière {Jour, des conn. méd.chir. , juillet 1841) , on trouve cette question posée : Existe-t-il des entérites rhumatismales?
L'auteur n'hésite pas à répondre par l'affirmative , après avoir rapporté plusieurs observations ; seulement il n'admet leur nature rhumatismale que parce qu'elles se sont manifestées chez des sujets rhumatisans. C'est en elfet, comme nous l'avons dit, un des principaux caractères qui puissent faire reconnaître les rhumatismes in-
IISMK. .s7
tel n<'s Tous les faits d(^ métasl.i c rliumatisinale (fint nous venons de parler |)tuv('nt-ils èire rapportés au développemeut de la caii-^i; intime du rhiimalisinej' D'après le i)rincipe (pie nous a\ons a lopté, on j)ourrait l'admettre en ce qui concerne les organes à texture fibro inusculeuse. Mais rpiand la disparition du rhumatisme est immédiatement suivie de desordres dans ces parties dépourvues de tissus fibreux ou musculaires, comme le cerveau ou les nerfs, par exemple, l'explication cesse d'être satisfaisante , à moins d'admettre que le rhumatisme peut siéger dans tous les élémens organiques. Wou.'* sommes forcés d'avouer que cette question présente encore beaucoup d'obscurité.
AxATOMiE PATHOLOGIQUE. Le rliumatisme n'occasionnant presque jamais la mort, ce n'est que bien rarement qu'on peut étuilier, siu- le cadavre, les altérations causées par cette affection. Biillou, au rapport de Barthez, dit que les partie.^ tendineuses des muscles qui avaient été rhumatisées étaient infiltrées et pénétrées? d'une sérosité visqueuse. Barthez aJ!)Ute qu'il a vu lui-même des faits sem.blables. Drelincourt de Leyde trouva une exsudation gélatineuse , concrète , au-dessus des muscles, chez un homme qui était mort des suites du rhumatisme. Clapton- HavcTs a eu l'occasion de voir la même chose dans deux cas. Cullen a rencontré des épanchemens gélatineux dans la gaîiîe des tendons des muscles affectés. Baillou, Barthez, Baglivi, Plater ont observé du sang infiltré dans les interstices des muscles lombaires. Morgagni a noté la coloration brune de ces mômes muscles, chez un jeune homme, à la suite d'un rhumatisme chronique. Que conclure de cette diversité de lésions observées par les auteurs à la suite du rhumatisme? Nous n'hésitons pas à dire qu'il n'en est aucune qui puisse être considérée comme spéciale à celte affection. La suppuration consécutive au rhumatisme est-elle un fait démontré? Nous avons déjà dit que M. Chomel ne l'admet pas, bien (ju'il en ait lui-même cité plusieurs exemples dans sa thèse; bien plus, cet auteur, dans ses Leçons cliniques , déclare qu'il y a une case à remplir, c'est celle où se placera fanatomie pa'liologique : « Il y a là une
l.icune réelle, une case vide dnns Thisluire du riiuiiialisme articulaire aigu; nous lie sauiions, comme ou Ta vu, conseulir à dissiuudcr le dcnùmeut de la science à cet égard, et accepter, aux dépens de la saine criti(iue, des cas d'arthrite traumatique ou d'infection purulente comme lésions rliumalismales; rien de plus facile, certes, (pje de créer à plaisir une riche auatomie pathologique du rhumatisme, en attrihuaut indistinctement à cette alFection maintes altérations (ju'on i>eut trouver dans les muscles ou dans les articulations. »Plus loin, l'auteur ajoute : « Et ercore un coup, nous conclurons que l'analomie pathologi(juc a été jusqu'à présent aus>i vainement interrogée à l'égard du ihumatisme articulaire aigu, qu'à Teganl du rhumatisme musculaire; et qu'à \r.ii (hre, elle est nulle pour l'un et l'aulie , dans Tetat actuel de la science. » {Leçons citées, p. 263. )
M. Houillaud, dont les ohservalions ont eu pruicipalement [jour ohjet le rhumatisme articulaire, est loin d'adopter Vop'iiiion de M. Chomel ; il avoue (jue l'anatomie pathologique du rhumatisme n'est pas la [)artie la plus avancée de son histoire ; mais, néamnoins, il cite un grand noud)re de faits dans lescjucls le rhuuiali>me articulaire a entraîne à sa suite des altérations notahles , et i)arlicidierement la suppuration. Cet auteur a trouvé lessynoNiales rouges, épai>sies , rauiollies , plus faciles à détacher que dans Tetat normal: la rougeur présente divers degrés, depuis la !-iiMj>le teuUe rosée jusqu'à la teinte rouge fonce ou même livide ; cette roug<'ur s'est l()uj((ur>^ montrée sous forint^ de jï'.acpies ou d(î bandes, et jamais avec i'aspeet d'arborisations vasculaires; elle ne s'est [>as rencontrée également dans toutes les peiiode-; i\i' la malaflie ; il en est même où elle uianf|ue coujpletement , a ?*a place on trouve une teinte terne, grisâtre, etc. ; l'epaississement et le ranmllis>ement sont également variables. Les cartilages et les fibro-cartilages arlicidaire^ ont été aussi rencontres, par.M. rxniillaud, épaissis, tuméfies, ramollis, parfois avec un travail d'érosi(ui, d'ulceraiion, de destruction, et dan^ quehpies <a><méme l'alU'r.ilion avait peucire ju-^qu'a la substance osseustî.
RHUMATISME
Relativement à la nature du produit de secrelion rencontré dans la cavité articulaire, i\I. 15(iuillaud dit n'avoir pas vu un seul cas d'épaneliement pur et simple de synovie; ce (piil attribue à ce que la forme purement hypercr inique ou supersécrétoire du rhumatisme articulaire n'est pas celle qui cause ordinairement la mort. Dans 55 observations rap[)ortées par ÎM. liouillaud , il a vu «21 fois (jue la matière épanchée était formée j)ar du pus véritable, louable, bien lie, homogène, phlegmoneux, (pielquefois jaunâtre ; 1 fois le pus était séreux et sanguinolent; G fois il existait un mélange de pus et île synovie, ou \uie synovie purulente, trouble; dans l'un de ces cas il y avait inie couche niembraniforme sur la synoviale malade; 1 fois on ne rencontra que des fleurons albumineux; dans un autre cas il existait unluiuide sei'O-albumineux. Chez un sujet l'epauchement était constitué par une synovie épaisse , jaunâtre , trouble, semblable à de l'huile concrète , ou mieux au lluide spermalitiue si l'on su|)pose celui-ci coloré en jaune. Chez un autre sujet la synovie était jaunâtre et plus corisistante qu'à l'état iu)rmal. Etifin, dans un dernier cas , on ne vit (jue de la sérosité amassée dans la cavité de l'huinérus (]ui reçoit rolécrâne.
'« Ce n'est p.as seulenu-nl dans les synoviales articulaires, ajoute l\I. Rouillaud , mais aussi dans les synoviales des tendons et dans le ti>su celliil.iire niuseul.iire cpie ([("> Cdlli ('lions purulentes ont ele rencontrées cliez un bon nombre de sujets dont nous avons i-appoi It; les observations ; c'est (ju'alors il existait en même teuq»s un l'iiuniati^me articulaire, un rinimalisme muscul.iire et un rhunialisine des gaines tendineuses.
» Les vaisseaux des membres frappés d'un long et \iolent rhumatisme (jui s'est termine d'une nianière funeste, les veines surtout, [jrescnient assez souvent, coirune hî démontrent plusieurs de nos observalions , des altérations plus ou moins profondes, soit que ces vaisseaux aient été frappés eux-mêmes d'iufl.imnïaiion rhumatismale. >oit (]ue rinllamniation rhumalisniale des articulaiions et desuuiseles se soit prolongée jnscpTà eux par voie de eouliguil»'. »» (Aorof//., p. '25.)
M. iJondIaud signale, comme caractères
RIIUMA
îinatomiques du rhumatisme articulaire chronique, rcpaississcment, av(!C ou sans dégénérescence de tissu , l'érosion , l'iilcéralion , la destruction des memhranes et franges synoviales, des capsules fibreuses , des ligamens inter-articulaires. Les extrémités articulaires des os sont hypertrophiées ; cetle hypertrophie coïncide tantôt avec une augmentation de densité , tantôt avec un ramollissement considérable. Les fibro-cartilages, et surtout les cartilages articulaires , sont souvent ramollis, ulcérés ou cariés, amincis, usés ; une fois dépouillées de leur cartilage, les extrémités des os peuvent présenter des ulcérations ou caries plus ou moins profondes; il s'élève souvent de leur surface des boursoudemens, des végétations rougeâlres, fongueuses, de véritables bourgeons charnus. De ces diverses lésions résulte souvent une soudure ou une sorte d'ankylose des surfaces arliculaires. Dans beaucoup de cas le tissu cellulaire péri-arliculaire et les gaines tendineuses participent aux désordres de l'articulation elle-même.
Le rhumatisme chronique donne lieu à des épaiichemens purulens qui ne diffèrent pas de ceux de la forme aiguë ; souvent aussi on rencontre à la surface libre ou à la surface adhérente des synoviales , des dépôts crétacés ou plâtreux, de forme plus ou moins arrondie ou disposée par plaques ou couches d'une épaisseur variable. Ces concrétions , que les auteurs ont décrites sous le nom de tophus , sont communes au rhumatisme chronique et à la goutte, mais appartiennent plus spécialement à cette dernière alfection. [f^oy.
Goutte.)
L'anaiomie pathologique du rhumatisme étant encore une question litigieuse, nous croyons devoir rapporter l'opinion de M. Andralàce sujet : « Quelque soit le siège du rhumatisme , dit-il, il est bien positif que souvent on ne trouve rien à l'autopsie. Bien souvent j'ai ouvert des cadavres d'individus mortsdessuites de rhumatisme, sur lesquels je n'ai rien trouvé ; dans d'autres circonstances on trouve les veines qui entourent les articulations dilatées et gorgées de sang, les ligamens, le périoste et la membrane synoviale rouges , injectés , epdis ; de petites collections i)urulentes dans le tissu cellulaire environnant , des
TISME. 8i>
accumulations de pus ou de sérosité dans la cavité même de la membrane synoviale. Quehjuefois , et surtout à la suite de Tétat chronique, on a trouvé les cartilages articulaires rosés ou piquetés de rouge, épais, ramollis , cariés et soudés entre eux. » {Leçons orales citées, t. m, p. 599.)
Nature et siège. « Le rhumatisme est , dit M. Andral , une affection de nature inflammatoire pouvant occuper primitivement les tissus fibreux et musculaire et consécutivement le tissu séreux. » {Loco cit., p. 598.)
M. Chomel s'exprime ainsi sur la nature du rhumatisme : « Certes, dans un grand nombre de cas le rhumatisme apparaît avec tout le cortège des symptômes inflammatoires ; mais nous avons vu qu'il n'en est pas toujours ainsi, et ce n'est pas ici le cas de dire que l'exception confirme la règle. » Après avoir chercliè longuement à démontrer (jue le rhumatisme n'est pas une inflammation franche et (jue , lorsque l'inflammation existe , elle est sous la dépendance d'un principe interne appelé virus, nuasme ou principe, qui constitue le fond et l'essence de la maladie, M. Chomel s'exprime ainsi : « Que conclure donc de tout cela , c'est que le rhumatisme ne doit pas être rangé parmi les phlegmasies proprement dites, et que, lorsqu'il se présente sous la forme inflammatoire , l'inflammation n'est point idiopathique , mais symptomatique et qu'elle a une nature spécifique ; c'est ce que Stoll avait bien senti lorsqu'il a tracé son admirable parallèle entre l'inflammation rhumatismale et l'inflammation vraie. » {Loco cit. , p. 459.)
M. Pioche voit dans le rhumatisme aigu une inflammation consécutive à une altération du sang, ce qui rend raison , selon lui , de la tendance qu'a l'affection à se généraliser. {Dict. deméd.et chir.prat., art. Arthrite.)
M. Bouillaud expose en ces termes ses propres idées sur la nature et le siège du rhumatisme articulaire : « D'après les altérations que le rhumatisme articulaire a laissées à sa suite chez plus de trente m.alades, d'après l'exacte description des symptômes, etc. , n'est-il pas aujourd'hui (le la dernière évidence (pie cette maladie , bien caractérisée , a pour siège pria-