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Traitement. Bhumatîsme aigu. Celle maladie est le plus ordinairement rebelle aux moyens thérapeuticpies qui semblent en apparence lui être appropriés, d'après l'opinion (pi'on se fait de sa nature; aussi, chaque jour , on entend vanter quel(]ue médication nouvelle ou tirée de l'oubli ; cependant beaucoup de praticiens pensent avec 31. Chomel que lart n'a pas le pouvoir certain d'arrêter , ni même d'abréger le cours du rhumalisme articulaire.
Ce rhumatisme se montrant fréquemment sous une forme éminemment inflammaloire, il a paru rationnel depuis longtemps de le combattre par un moyen qui triomphe facilement, en général , de toutes les inllammations franches et aiguës, nous voulons parler de la saignée.
Sydenham , l'un des premiers médecins qui préconisèrent la phlébolomie , en usa assez largement durant les premières années de sa pratique ; plus tard il crut devoir soustraire une moins grande quantité de sang. Stoll qui, quelquefois avait adopté la première méthode de Sydenham , a remarqu"! que souvent la longue durée du mal n'en fut point abrégée.
« ?.ons brisâmes, dit-il, les forces des malades jilus vite que la maladie, les malades denieurèrenl immobiles pendant plusieurs semaines. » [liaiio medendi.) Sarcone prescrivit avec succès la saignée dans la fièvre rhumatismale qui régna à Na[iles en 17G.4. 'lissot dit dans l'Avis au [)eup!e (p. l()y):(iSi le mal ne diminue pas considérablement après la première saignée, il faut la reitérer au bout de quatre heures : j'en ai fait faire quatre dans les deux premiers jours , et (piehpies jours après une cimpiième. » Sauvages rapportt; (pi',1 Montpellier la phlébolomie était répétée trois fois par jour. Disons enfin (lu'un certain docteur LdVoy a proposé ( omme méthode invariable de traitement de tirer '20 livres de sang par 2 livres à la fois en l'e^^pace de trente-six heures.
Tout recemiuent MM. Piorry et Houillaiid ont employé et vanté les émissions saiiguioes à large dose dans le rhumalisme arliculaire aigu. Le premier de ces médecins recommande de faire des .saignées peu noiiihieiises , mais portées assez loin p lur alléger prestiue immédiatement les douleurs i il n'a pas craint, dit-il, de tirer
RHUMATISME
2 livres de sang et plus vn une seule fois. M. Piony seconde Teiïet des saignées \n\v (les boissons aqueuses abondantes et par des lavemensémolliens ; il remédie à Tétat local pai-rélévation des articulations malades au-dessus du niveau du tronc, et a[)pli(iue 20 , 50 et même 40 sangsues , dans quelques cas, sur celle des jointures la plus affectée, (Joiirn. des conn. mêdic. chir.f l'« ann., p. 45.)
M. Bouillaud expose, comme il suit, la métbode qu'il emploie , en avertissant qu'il s'agit ici d'individus adultes d'une bonne constitution.
« Premier jour de traitement. A la visité du soir on pratique une saignée du bras de quatre palettes.
w Second jour. Une saignée du bras de trois palettes et demie à quatre palettes et faite malin et soir. Dans l'intervalle de ces deux saignées on a recours à une application de sangsues , ou mieux de ventouses scarifiées , autour des articulations les plus malades , ainsi que sur la région précordiale, quand le péricarde ou l'endocarde sont sérieusement affectés eux-mêmes , et cette saignée locale est de trois , quatre , ou même cinq palettes , selon la gravité des cas.
» Troisième jour. Dans certains cas , l'amélioration est telle qu'on peut s'abstenir de nouvelles émissions sanguines; mais il n'en est pas ainsi dans les cas graves , et très graves. On pratique alors une quatrième saignée de trois à quatre palettes et une saignée locale de la même dose , soit sur les articulations , soit sur la région précordiale , s'il existe une coïncidence d'endocardite ou de péricardite , ou d'endo-péricardite.
» Quatrième jour. Dans les cas de moyenne gravité , la fièvre, les douleurs, le gonilement des articulations, en un mot tout l'appareil inflammatoire a le plus souvent cessé dès ce jour, et on s'abstient de nouvelles émissions sanguines. Dans les cas où la résolution n'a pas encore francliement commencé on pratique une cinquième saignée du bras de trois palettes environ.
» Cinquième, sixième et septième jour .
En général , à cette époque , la résolution est en pleine activité pour les rliumatismes articulaires aigus dont la gravité n'a pas
été au-delà de la moyenne. Mais assez souvent dans les ihiimatismes articulaires aigus très graves avec endocardite ou cndopéricarditc , ou pleurésie très prononcée , le temps des émissions sanguines n'est pas encore passé. Alors dans l'espace des trois jours dont il s'agit on pratique deux ou trois nouvelles saignées du bras et une nouvelle saignée locale , en même temps on applique de larges vésicatoires , soit sur la région du cœur, soit sur les articulations , soit enfin sur l'une et sur les autres en même temps. Dans quelques cas de cette dernière catégorie nous avons été obligé de tirer jusqu'à 8 , 9 et 10 livres de sang, et, comme je crois l'avoir déjà dit , nous n'avons perdu aucun des sujets chez lesquels, la maladie ayant présenté cette extrême gravité , nous avons du recourir à cet extrême remède. » [Loc. cit., p. 551.)
Les moyens que l'auteur dont nous rapportons le traitement emploie , concurremment avec les émissions sanguines , sont les cataplasmes ; plus tard , s'il y a lieu , les vésicatoires , la compression modérée exercée sur les articulations , à laquelle il ajoute , au moment de la résolution , l'application de compresses enduites de cérat mercuriel ou trempées dans une solution astringente ; de plus, il fait usage de l'opium à dose ordinaire , soit intérieurement, soit endermiquement , de la diète et des boissons délayantes , diaphoréiiques.
Beaucoup de médecins ne portent pas aussi loin Tusage des émissions sanguines, ils se bornent à ouvrir la veine une ou deux fois et à appliquer un certain nombre de sangsues sur les articulations les plus douloureuses. Qutîlques-uns même préconisent exclusivement la saignée locale.
Les boissons délayantes variées sont d'un usage général , seulement il ne convient pas de les administrer très chaudes, comme on l'a fait pendant long-temps , parce que , comme nous Tavons vu , les sueurs copieuses ne soulagent pas toujours les malades. Il en est encore ainsi des topiques émoUiens ou rendus anodins au moyen du laudanum. Il va sans dire que la diète absolue sera rigoureusement observée pendant la période d'acuité de la maladie ; cependant la durée du mal pouvant