RHUM
être longue , il ne faudra pas trop tarder à donner quelques alimens légers. On aura soin de maintenir une température douce et égale dans la cliamhre du malade.
Tel est le traitement que l'on suit le plus généralement en France , cependant d'autres agens llii-rapeuliques oui été tour à tour proposés , soit à titre de moyens ( iiratifs , soit pour remplir quelques médications particulières.
Jntimoràaux. Comme vomitif le tartre slihié est inusiir , à moins de complicalion d'un état saburral ou bilieux. Ce même médicament a-t-il plus d'ellicacilé lorsqu'il est administre à haute dose? Laënnec, (lui, le premier , employa la méthode rasoriennc en France , dit en avoir retiré (|uelque avanta^'e ; d'autres praticiens ont rapporté des succès qu'ils avaient obtenus j)ar ce moyen. Disons cependant (]ue , diins beaucoui) de cas , il n'a |)u repondre à l'attente de ceux (jui l'ont i)rcscrit , et qu'il est maintetiant à peu j)rcs coiiqilétement abanrlonné. Il en est ainsi des autres [)réparations antimoniales , telles que le kermès minerai , l'oxyde blanc d'antimoine , etc.
Frictiona mcrcui'iellcs. Files ont été particulièrement préconisées par !\L 'Trousseau ; après lui (juelques médecins ont ra[)port(; des observations où elles avjiient paru utiles, mais nous croyons (pi'aujourd'hui M. Trousseau lui-même n'a pas souvent recour> à l'enqtloi de ce moyen , déjà tombe en désuétude.
Narcotiques. Ces médicamens ont été souvent administres, soit comme sndori liipies, soit comme caïmans ; cependant, on s'accorde généralement à les reconnaître nuisibles dans la période aigué ; ils agitent plus les malades (ju'ils ne les calment. .Alais il n'en e^t plus ainsi lorsipie rap[)areil lébrde est apaise; alors on jieut donner avec avantage , d;ins cpiebpies cas où la douleur et l'insomnie [uedominent , la belladone , la ju>fjuiame , et surtout Topiinn. Récemment le docteur Corrigan {Journal de J>uhlin] dit que l'opium , administré dès le début de la malarlie , soulage le sympl(^me prinripal , la douleur, et ;ibrèj:e la dune; mais pour obleiùr ce r«'«\illat il conseille de r.idiiiini-trcr ii la do'-e de 1(» ou I'.i Lirains , do-^e nioyemie , daii-^ les vingt-quatre heures ; la lolcrunce^ dit-d ,
VTISMF.
s'établit fort bien ^ sans symptômes cérébraux. Les préparations de morphine ont été administrées par la méthode endermique ; elles ont , dans ce cas , les mêmes inconvéniens et les mêmes avantages que l'opimn donné à l'intérieur.
Purgatifs. Les |)urgatifs ont été vantés par C>ullen et d'autres médecins anglais , niais il ne parait pas que les succès annoncés par ces médecins se soient vérifies, car c^A médicamens ne sont jamais usités comme base de traiteiuent ; seulement on les emploie quehpiefois \)o\\v combattre une constipation trop prononcée, et encore préfère-t-on dans ce cas un médicament peu énergique, tel que l'huile de ricin ou un sel neutre.
Quelques médicamens sont plus ou moins usités. Ce sont la digitale , l'aconit napel, le suc d'artichaut, le ballota lanata, le camphre , le coIchi(jue , le nitrate de potasse, le sulfate de quinine , etc. ; tous ces médicamens ne doivent pas être mis sur la même ligne. La digitale (Currie), le suc d'artichaut ((^opemann , lîallett) , ont été abandonnes. La balloîa lanata , considérée par le docteur lîrera de Venise comme un spécifique du rhumatisme , .'^'administre en décoction à la dose de 1.) grammes pour oOO grammes d'eau, jus- (pfà réduction de moitié ; on en donne la moitié matin et soir.
3L Lombard {Gaz. mcd., juin d85i), (]ui a l'Xperimenté l'extrait d'aconit napel , cl (pii a eu à s'en louer , termine les observations intéressantes qu'il a publiées par les conclusions suivantes :
i" l'extrait d'aconit est doué d'une propriété spécifique contre le rhumatisme articulaire; t2" il fait cesser très promptemcnt les douleurs et la tuméfaction , et (lissi[)e les épanchemens de synovie; T/'il n'agit pas comme dérivatif sur la peau ou ^ur le canal intestinal; 4" administré à haute dose, il produit tnie forte stimulation de l'encéphale et paraît modifier la circulation; 5" l'extrait alcooli(pie contient le principe actif de l'aconit , du moins (pianl à ses propriétés auti-rhumalismales; ^V' ou peut administrer à doses croissantes et fr;iclionn<'Cs . d(q)uis <> grains jusfju'à 1 ;:i()s et dcMii d extrait alcoolique d'aconit diii- lesvnigt (piaire heures. Le colchique, \anle i»ar J. VV and, est cite à iNa[>les , en
rhumatisme;
Allomn^nc et surfont m Angleterre , comme un véritable specilique. Ce remède est très employé dans le grand Iiopital de Westminster où on en observe les plus beureux effets ; mais, cbose inexplicable, c'est qu'en France, du moins à en juger par les effets obtenus jusqu'à ce jour, le colchique est loin de mériter le surnom de spécifique du rhumatisme. La plupart du temps, ce médicament occasionne des vomissemens pénibles, desselles fréquentes, douloureuses; on est obligé d'en discontinuer l'usage. Quelques malades , cependant, ont pu supporter le vin ou la teinture de colchique, et en ont retiré du soulagement. Le camphre est moins souvent usité dans le rhumatisme aigu que dans le rhumatisme chronique; toutefois, selon M. Dupasquier {Bev. méd., t. n, 1820), les fumigations de cette substance pourraient être utilement employées dans le rhumatisme articulaire aigu. R. Brocklesl)y, en 1764, a fait connaître tous les avantages qu'on pouvait o])tenir du nitrate de potasse à hautes doses dans le traitement du rhumatisme articulaire.
Depuis lui, Macbride, While l'ont également préconisé. Mais les propriétés antirhumatismales du nitre étaient, pour ainsi dire, complètement oubliées, lorsque, il y a peu d'années, M. Gendrin appela de nouveau l'attention sur ce moyen ; les résultats obtenuspar ce médecin, furent des plussatisfaisans et lui permirent d'avancer que le nitre pouvait guérir le rhumatisme articulaire aigu sans saignées préalables. Tout récemment, M. Martin-Solon a employé le nitre à hautes doses dans le rhumatisme articulaire aigu. M. Azan vient de publier les observations de guérison obtenues à Thôpital Beaujon, à l'aide de ce moyen. On voit, dans le mémoire de ce médecin [Jour, des conn. méd. chir.., février et avril 1841), que les guérisons furent promptes ; que les récidives furent rares et cédèrent rapidement sous l'influence du nitrate de potasse; ce sel fut administre à la dose de 50 à 60 gramm.es, dissous dans 2 à 4 litres de tisane ; cette médication fut suivie de sueurs modérées ou copieuses, d'urines abondantes , parfois d'évacuations alvines sans coliques.
Un rhumatisme moyennement aigu fut guéri après quatre jours de traitement; un
autre très aigu, et arrivé au cinquième jour lorsrpi'on commença le Iraitement , fut dissipé après onze jours. On voit aussi sur ce mémoiie intéressant que le iiitre paraît favoriser la résorption de rèfianeliement péricardiaque. La (piantité moyeinie de sel de nitre administrée à chaque malade fut par jour de 35 grammes ; la guérison de la maladie a eu lieu, terme moyen , en huit jours à partir du traitement, et en douze jours et- demi à partir de l'invasion.
Les diverses médications dont il vient d'être parlé conviennent dans le rhumatisme aigu articulaire ou musculaire; seulement il est rare que ce dernier soit assez intense pour qu'il faille autant insister sur l'usage des émissions sanguines , le plus souvent il suffit de recourir à des moyens externes et surtout à des bains tièdes ou de vapeur; les topiques irritans et même les vesicans sont fort usités dans ce cas.
Traitement du rhumatisme chronique. Le traitement anti-plilogistique n'est que bien rarement indiqué, sauf les cas où l'affection tend à devenir aiguë, encore ne faudra-t-il en user qu'avec beaucoup de modération. Le plus souvent on diminue notablement les douleurs en recouvrant les parties malades de vélemens de laine ou de fourrure, ou en les exposant aux rayons solaires. On se trouve bien aussi de fricùonner les régions douloureuses soit à sec, soit avec des llanelles imbibées de linimcns composés tantôt avec des substances sédatives, tantôt avec des stimulans. Lorsque le rhumatisme chronique est assez opiniâtre pour résister à ces apphcations , on a recours à l'usage des bains de vapeur simples ou aromatisés, à celui des bains alcalins ou sulfureux. On conseillera aux malades, lorsque leur forlune le permettra, d'aller prendre les eaux thermales naturelles , telles que celles d'Aix, en Savoie, de Eourbonne, de Plombières, de IVéris, du Mont Dore, etc. ; lorsque la douleur est vive et fixée sur une articulation , on pourra la combattre efiicacement par l'application de vésicatoires répétés , de cautères ou même de moxas autour de la partie malade.
Quelques autres moyens moins usités que ceux qui précèdent ont été conseillés : ce sont, l'acupuncture, l'électricité,
RHUMATISiME.
le galvani^mp, rélectro-pimctnve, le massage, etc., etc.
Presque toujours, on donne aux rhumatisans une tisane sudorifuiue; si les souffrances sont assez vives et assez continues pour éloigner le sommeil, on pourra user utilement des opiacés qui n"ont pas ici les inconveniens qu'on leur a attribues dans le rhumatisme aigu. 11 sera bon de recommander aux malades de porter constamment de la (lanelle sur la peau, d'être sobres, d'éviter avec beaucoup de soin lliumidité et les alternatives de température, les fatigues et les excès vénériens.
Terminons le traitement des affections rhumatismales en disant tpie toutes les lois que le rhumatisme se sera porte par métastase sur des parties importantes ou profondes, il est de précepte de chercher à le rappeler dans son siège primitif, par TapplicUion de topiques ruhclians ou niciiie de voicatoires.ee qui n'empèciiera pas de diriger contre lalfeclion consécutive les moyens a[)pro()ries.
Endocahuitk. Aous placions ici Ihistoire de Tendocardite , qui a été omise dans le ch;q»itre des maladies du péricarde.
L'inllammalion de la membrane qui tapisse les cavités du cœur peut être générale ou être bornée à une seule cavité, aux valvules qui garnissent un orilice.
(Quelquefois , elle franchit les limites du cuiur, et se propage vers l'aorte. Les cavités gauches sont plus souvent allectées que les droites.
yJllirations anatomiqucs. A l'état aigu , l'endocardite est caractérisée par une rougeur plus ou moins foncée de l'endocarde, disposée par plaques ou par rubans, et très rarement par j)oints; cette coloralion anoiniale est plutôt due à linjection des vaisseaux sous-jacens, qu'à la menibrantî elle-même. L'endocarde a jxrdu son [ujli, il est comme villeux, ride ; il est épaissi, friable; dans (juehjues c,\>, ou rencontre des érosions et niènie des ulcer. liions a sa surlace ; il se détache avec plus (le facilite des tissus sous-jacens. Lu même tc/nps que l'endocarde est allere dans sa texture, on rmeontre des produits de sécrétion a sa surface libre cl à sa ^uif.ice adhérente; ce sont de fausses memhianes dispo^ci-s sous forme de grumeaux, de pellle» plaques minces el iso-
lées, à la face libre de l'endocarde , molles et peu consistantes à leur origine ; elles acquièrent plus tard de la consistance, et sont plus ou moins adhérentes. Du reste, on n'observe pas toujours ces produits de sécrétion , parce (ju'ils sont entraînés par le mouvement du sang au moment de leur formation. La surface adhérente de l'endocju'de est le siège d'une exsudation d'abord gelatiniforme , mais (pii , plus tard , peut se tran-former eu matière sèche, dure, cartilagineuse ou même osseuse. L'endocardite donne souvent lieu à la coagulation du sang, il en résulte des caillots variables par leur siège, leur forme, leur volume, leur nombre , leurs adhérences , etc. Ces caillots sont susceptibles de s'organiser.
Les altérations anatomi(|ues dont il vient d'être question éprouvent, par lempassage à l'état chronique, des transformations diverses, d'où résultent des concrétions cartilagineuses, fibreuses, osseuses, calcaires, elc, qui ont pour elfet de produire ces déformations et incrustations valvulaires et aorliques, et ces epaississemens de l'endocarde qu'on rencontre si souvent dans les maladies organicjues du cœur. {r. Cœur [maladies du].) Du reste, tous les auteurs ne voient pas toujours dans ces dernières lésions un produit de l'inflammation; elles sont, dans (piehiues cas, et surtout chez les vieillards, attribuées à une modification de nutrition amenée par l'âge, à une sorte de détérioration senile.
Sywptômcs. Dans le plus grand nombre des cas, l'endocardite survenant dans le cours et comtne complication d'une autre maladie fébrile, et spécialement du rhumali-me articidaire, ou ne s'aperçoit que difiicdement des prodromes qui précèdent son invasion ; cependant on a généralement note des frissons et du malaise ; une fois l'endocardite développée, le malade ressent dans la région precordiale de rojipression, de l'anxiele, (pielcpiefoisde la douleur. Mais le plus souvent ces phénomènes locaux sont assez peu sensdtles |>our ne pas lixer l'attention. Il est plus constant d'observer des [lalpitations |(lus ou moins violentes, tumultueuses , irregulieres.
Si l'on explore la région du cœur par la
lUlUMATISMK.
percussion, on pont, d'après M. Bouillaïul, trouver une auginentalion do rélciidiie de la uiatilé de celle région, même en l'absence de lout épanchèrent dans le péricarde. Ce phénomène, diflicile à comprendre, a besoin, ce nous semble, d'être vérifié de nouveau , ainsi que la voussure précordiale signalée par le même auteur dans l'endocardite.
L'auscultation fournit des résultats beaucoup plus importans à noter; elle fait reconnaître la force, l'étendue, le rhythme des battemens du cœur, qui sont toujours en rapport avec les palpitations (pic nous avons signalées. De plus, rauscullalion révèle l'existence d'un bruit de soufflet plus ou moins râpeux , qui offre de nombreuses variétés; ce bruit se fait particulièrement entendre au premier temps, et quelquefois pendant les deux temps ; il constitue le signe le plus certain de l'endocardite, lorsqu'il accompagne les autres troubles précités.
La main apposée sur la région précordiale distingue facilement les battemens du cœur qui sont superficiels, forts , tumultueux , accompagnés ordinairement d'un frémissement vibratoire , et d'une sorte de crépitation.
Une réaction fébrile, quelquefois très vive, accompagne l'endocardite; le pouls acquiert une fréquence très considérable, dépassant, dans certains cas, 140 et 150 pulsations par minutes ; il est tantôt régulier, tantôt intermittent, irrégulier; parfois plein, dur, vibrant; d'autres fois petit, serré, concentré, filiforme. M. Simonnet {Thèse inaugurale) a noté un caractère particulier du pouls qu'il désigne sous le nom de frottement globulaire, le sang qui circule dans l'artère semble divisé en petits globules.
Au résumé, voici, d'après M. Bouillar.d, les signes diagnostiques de l'endocardite : « La coïncidence d'une endocardite avec un rhumatisme articulaire aigu est certaine, lorsque les signes suivans se présentent réunis : bruit de soufllet plus ou moins râpeux dans la région précordiale; augmentation de l'étendue de la matité de cette région, laquelle olîVe aussi (picbiuefois, mais à un moindre degré que dans la péricardite avec épanchement , une saillie, une voussure anormale; battemens du
cfpur soulevant fortement la région précordiale, (juelquefois irrégnliers, inégaux, intcrmiltens et accoirqjagnés d'un frémissement vibratoire plus ou moins prononcé. » {Loco cit., p. 242.)
L'endocardite peut se terminer par résolution dans un assez court espace de temps, sous rinfluence d'un traitement approprié. Mais dans quehiues cas la phlegmasie de l'endocarde se continue à l'état chronique, et souvent alors est suivie de lésions organiques du cœur ou des valvules. C'est ce qu'on a lieu d'observer souvent chez des sujets qui ont éprouvé des attanues répétées de rlmmatisme.
Causes. L'existence actuelle d'un rhumatisme articulaire aigu est la piincipale cause déterminante de l'endocardite ; cette afiection se développe encore sous rinfluence d'une phlegmasie thoracique, d'une fièvre éruptive,etc.,ou de toute autre infiammation aiguë accompagnée d'un mouvement fébrile intense. Quelquefois l'endocardite apparaît en l'absence de toute autre afi'ection ; alors elle succède à l'action des causes de l'inflammation en général, telles qu'unrefroidisscment subit, de violentes émotions morales, un régune trop excitant, etc. On l'a vue survenir à la suite de contusions fortes portées sur la région précordiale.
Traitement. L'apparition d'une endocardite pendant le cours d'une autre maladie inflammatoire est une raison île plus pour employer avec énergie le traitement anti-phlogislique qui serait encore indiqué quand bien même la phlegmasie cardiaque serait isolée. Ainsi, les saignées générales plus oiî moins répétées selon k's cas, des applications de sangsues ou de ventouses scarifiâies sur la région précordiale , la diète, des boisscis délayantes devront faire la base des moyens dirigés contre l'endocardite. Si la manifestation de l'endocardite a coïncidé avec la suppression de douleurs rhumatismales articulaires, on devra de prime abord appliquer des rubéfians sur l'articulation primitivement malaie, dans le but d'y rappeler le i)rincipe de la maladie. Lorsque Tendorardile se prolonge au-delà de la période aiguë, elle réclame le traitement des maladies du cœur en général, {/^. CiKijR [m 'l'.dies du] )
96 rxICIN.
RIIUS TOXTCODl'XDRON L'iumac vcmveux), arl)ri«;>;t';ui di' l'Ariioriqiio du Nord, cullivt^ CM Europe. Il existe autour de ce végétal, au moins à certaines é|)0(iues de l'aïuiée , une atinos|)lièrc formée par les effluves (pii s'en déuaueni ; elle s'étend dans un rayon de cinq à si\ mètres, et elle est mallaisantc : elle j)ro(luit , sans contact de Tarbre , des démanîzeaisons , des éiuj)liûns à la peau , etc.
Les expériences tentées sur les animaux par INI. Orfda tendent à prouver : 1° que la ])arlie la plus active du Ac^rctal est celle (jui se déiiace à l'état de j:az lorsqu'il ne re(."oit pas les rayons direcis du soleil ; 2° (ju'elle iiizil comme les poisons j\cres; Tt" qwo l'extrait aqueux de cette plante , administré à l'intérieur ou appliqué sur le tissu cellulaire, détermine une irritation locale suivie d'une inflanunation plus ou moins intense , et (ju'il exerce une action stupéliante sur le svsteme nerveux après avoir été absorbé ; 4" (]u'il parait apir de la même manière lorsiju'il a (^lé injecté dans la veine juf;ulaire. ( Traite des ])oisnns , .l'' édit., t. i , j). 7r>l.)
En 1788, Dufresnoy publia des observations de ^Miérison do dartres et de paralysies par celte plante.
Depuis cette époque , nn prand nombre de médecins ont employé ce véfzétal , surtout ' dans le traitement de la paralysie des extrémités infi'-rieures , et dans beaucoup de cas avec succès ; il est vrai de dire (pie c'est j)articulièrcnH'nt dans ceux où celte maladie est duc à la débilité izénérale, au défaut d'innervation , au rbtmiiitisme ou à la ;:outle , etc., et non lorsqu'elle est le résultat d'une lésion cérébrale ou apoplectique. L'and)liopie et l'amaurose ont aussi été f^uéries quelquefois, llorsiield l'a prescrit contre le tabès, riiypodiondrie , etc. (iibson assure, de son côté , aNoir retire de très-bons eiïets de l'enqii(»i de ce >c;:étal dans la pbtbisie pulmonaire. (Ciiacomini , Traduclion de la phurmacnlnriic, p. 5(>.'».)
Les formes employées sont les suivantes : l» J'cnidrc. l'.réra dit avoir administré ce méilicamrnt avec succès , à la dose de 0 déci;;ram. par jour en plusieurs prises.
±> Tisane. On fait infuser \ Rram. de feuilles récentes dans 1 litre d'eau bouillante, ô" Suc r.Tf^rimr. Li( hlenfels dit avoir romballu , avec ce suc, des (qibibalmiex berpeliques et scrofuleuses (pii avaient résiste ii une foule d autres remèdes. ( Giacomini , toc. cil. )
4° E-Tiraii. Des praticiens le croient vénéneux , d'autres lui refusent toutes propriéli'S , ce (jui dé'penil sarjs doute du mo(l<' • ipératoire crnpln\é. C'est la forme la plus onlinairemenf u«iilée. D'abord , on le dotuie à la «!nse de 7.*i centipr. à 1 pran».. trois à quatre lois par jour ; on augmente progressivement les doses de manière à les porter
en six semaine*! on deut mois à 4 ou 8 pram. cbaque fois, les malades prennent alors i2 à TA) pram. d'extrait en vinpt-quatre beures. INL Eouquier, qui en a administré d'énormes doses, dit no lui avoir vu produire aucun résultat en bien ni en mal , et qu'il n'a pas api d'une manière appréciable sur l'estomac. [Lullrt. de la l'aciilié , i. \ , p. -4')9.) Selon IMM. Trousseau et Pidoux, il ne résulte de son administration aucun inconvénient ; les fonctions dipesiives ne sont pas troublées, et elles acquièrent au contraire plus d'activité. Ils ajoutent qu'il ne se manifeste aucun pliénoméne nerveux , si ce n'est (]uel(îue(ois un spasme de la vessie, en vertu diupiel les malades éprouvent un besoin fréquent d'uriner , une sorte de ténesme vésical ; mais cet inconvénient, si c'en est un , cède promptement à lemploi de quelques lavemens émolliens et de quelques bains généraux. ( Trait, de thcr. et de mat. niéd. , t. I , p.52G.)I\I. Giacomini dit, au sujet des fortes doses de ce nu'dicament , qu'il faut so rappeler (pie souvent la manière de confectionner les extraits leur fait jjcrdre leurs qualités , surtout si elles résident dans un principe volatil , et que , par conséquent , il ne faut jamais se iiermettre de prescrire une forte dose d'extrait tiré d'ime plante vénéneuse , mali:r('' l'inellicacité ilos, doses ordinaires indiquées dans les bons traités de thérapeutique. [Loc. cit.)
5" Teinture. Celte teinture est un remède utile contre les oi bllialmies qui dépendent du vice dartrcux ou de la diatbèse strumeuse ; Ammon et Granner la prescrivent à la doM* de '«• à 10 pouttes dans (i(> pram. d'eau distillée, à |)rendre i)ar cuillerées à tbé plusieurs fois dans la journée. Duerr l'a l)réconisée aussi contre le diabète et l'incontinence d'urine.
RiriX. Le ricin ordinaire (ririiius royuinn- Jiis , L., ])nhua-ffiristi) , de la famille des eu- ])horbiacées , monoecie polyandrie , Lin. , vépétal oripinaire de l'Inde et de l'Afrique , s'élève souvent à une hauteur de quarante pieds. Ses atuandes ou praiiies, seule partie usitée , ont nue saveur oléapineu«e , douccAtre , puis Acre à la porpe. D'après Geyer , elles contiennent une résine brune presijiie insipide , retenant un peu d'un principe amer , de la pomme , de la libre lipneiise , une huile pra>se, de l'albumine et de l'eau. ( A. l'dcbard , Dlctiou. des drof/ues , t. iv , p. 'rlH. )
L huile do ricin r(''cenle est épaisse , vis- (pjeuse , à peine teinte en jaune , facilement et complètement soluble à froid dans l'alcool: bien pure, elle n'a pas d'odeur marquée, et sa saveur est d'abord fade. JMais il existe une huile de ricin color(''e, lé:.'erement roupefiire,, d'une sa\eur très acre ; c'est celle (pii \\n\l d'Ameri(iue. l'.lle est bcaucou|) plus active (pie cdie de nos pharmacies ; mais elle a le
gianil iiiconvi^iiicnl de donner hJOiivciil lieu à de violciiles eoli(HJCs. On peut , en la chinlfaut, enlever à l'huile de ricin une grau le pariie de sun âcrelé : on l'oblienL alors moins énergi(iue {huile doure de ricin.)
Cinq ou six semences du ricin sunî.senl pour procurer des vomisseniens et (piehiues gardcrobes. M. Orfila rapporte des expériences qui semblent prouver que ces graines, prises en substance, déterminent une irritation locale ; il en a fait avaler depuis 15 décigr. jusqu'à X'ù, gram. à des chiens, en leur liant l'œsophtige, et tous ceui chez qui cette circonstance a eu lieu ont péri en vingt-quatre heures , avec des taches rouges ou livides sur la muqueuse de l'estomac et des intestins. ( Traité des j^oisom j S» édit., t. I, p. 706.)
« Je remarque d'abord , dit M. Mérat à ce sujet , que IM. Orfda écrit que l'enveloppe des semences est acre, tandis que j'ai observé qu'elle ne présente pas cette saveur d'une manière évidente, ce qui laisse quelque doute sur le ricin employé ; ensuite il n'est pas certain que ce qui fait périr un chien fasse périr un homme ; il faudrait savoir en outre si un œsophage lié pendant vingt-quairc heures no suflirait pas pour faire périr un chien , ne fût-ce que de faim ; et enfin , ce qui semblerait prouver que le ricin n'a pas été positivement cause de la mort, c'est que les altérations cadavériques observées ont été presque insignifiantes ; le premier chien à qui on en fit prendre sans lier l'œsophage , non seulement n'en mourut pas, mais n'en fat pas même incommodé. > {Dict. des se. méd.f t. XLix, p. 12.)
L'huile de ricin possède ime propriété que l'on ne trouve pas dans les autres huiles douces. Quand on en prend 45 ou 60 gram. en une seule fois, elle pèse sur l'estomac; elle cause du malaise , quelquefois même elle est rejetée par le vomissement. Si on la donne par cuillerées , en mettant une distance d'une heure entre chacune d'elles, ces accidens n'arrivent plus, et l'on obtient sûrement l'opération laiative. Les effets se font même assez rapidement sentir , ordinairement les évacuations alvines commencent trois ou quatre heures après l'ingestion du médicament , et elles continuent ensuite pendant cinq ou six heures. L'action de cette huile est , en général , si douce qu'on a pu en donner jusqu'à 125 gram. sans le moindre inconvénient. Cependant, chez des malades affectés d'une gastro- entérite, ou dont la surface interne de l'estomac et des intestins est couverte d'ulcération , on voit ordinairement l'huile de ricin susciter des coliques violentes , déterminer des tiraillemens très douloureux d'entrailles , provoquer des vomissemens , des selles répétées , etc.
Les médecins de l'école italienne pensent que l'huile de ricin est indiquée et 'ouit d'une efficacité remarquable dans le cas de TOME vir.
niala'Iie iiillainmilnire du tube <li;:r>stir. I\l. (liacornini , (jui la re;^ar.le comme douée d'une propriété hyposlhénis uite eiilciinuo et en nil^me temps vasculaire, établit (|ue , loistiu'elle est rcc.enuiient et convenablement préparée, il n'y a pas de mal.uiie phlej^niasiipie dans laquelle elle soit contre iiiili'juée , el que ni la délicatesse de la couslitiUion , ni le jeune hgc ne doivent faire rejeter son usage, à moins d'aversion absolue de la part des sujets , ainsi (pie cela s'oljservc quehpicfois. Si les accidens qui lui ont été attribués dans certains cas sont réellement liés à son cmj)loi , ils doivent se ratt'jcher à ses mauvaises qualités ou à son niélange avec quelque substance délétère. « Il ne faut pas , (lit-il , s'en laisser imposer : souvent les douleurs intestinales ne sont pas ducs à l'action malfaisante de l'huile; lorsqu'il y a de» fèces dans les intestins, et que ces derniers ne sont, pas bien portans, lo riiqlade éprouve» des borbarygmes.de? éprcintt^s, des douleurs dépendantes de rimpr«;ssion mécanique des matières excrémonlilielles qui traversent les intestins. » {Truduclion de la pharmacologie,
On croyait jadis les graines de ricin vé • néneuses, et les médecins ne les adminis traient jamais. Ce n'est que vers 1767 quo l'on songea à en extraire l'huile et à em ployer cette dernière comme calhartique , en Angleterre, où pn la désigne par le nom vulgaire d'/'n<//e de castor. Toutefois, elle ne fut bien connue et son usage ne fut bien népandu en Europe que par les travaux et les publications d'Odier de Genève , en 1778. Aujourd'hui, elle est employée fréquemment.
« On s'en sert avec avantage, dit M. Martin-Solon , à la suite des couches , dans quelques cas de péritonite, où l'on reconnaît l'indication d'évacuer le canal intestinal. Corvisart l'unissait au sirop de nerprun , et prescrivait ce mélange un peu épais à la fin des péripneumonies ; il obtenait de cette médication de grands avantages que nous avons souvent observés dans le service de M. Husson, et que depuis nous avons nousmême fréquemment constatés. On l'emploie avec succès comme anthelmintique contre les lombrics. MM. Dunant et Odier prétendent qu'on peut également s'en servir pour l'expulsion du tœnia. M. Mérat n'est pas de cet avis ; il est certain que les faits n'ont que rarement répondu d'une manière adirmative à cette assertion. Cependant, employée conjointement avec la décoction de fougère mâle et l'éther , elle a quelquefois réussi au professeur Bourdierdans le traitement de ce parasite dangereux.
» Pison rapporte qu'au Brésil on applique de l'huile de ricin sur le nombril des enfans, pour leur faire rendre des vers. Nous avons essayé de frictionner ainsi le ventre avec de l'huile de ricin, Sioit comme laxatif, soit comme anthelmintique, nous avons rarement