‹ Dictionnaire des dictionnaires de médecine français et étrangers, ou, Traité complet de médecine et de chirurgie pratiques (volume 2)Chapitre 29 sur 143 · ROUGEOLE · texte numérisé non relu

ROUGEOLE

variétés de Willan. Cotte division est assez l)oiine ()our la prati(ine.

Diagnostic. ««La roséole présente quelque analogie avt^c la rougeole, la scarlatine et rerytliéme. Dans ce dernier, les taches ont plus d'elendue et sont généralement moins nombreuses; leur coloration, j)lus fortement empreinte, est plus foncée et plus permanente ; raireetion cutanée parait moins superficielle. Elle suit généralement une marche moins aiguë, est plus souvent partielle, etc. La rougeole se distingue de la roséole par son caractère contagieux , par sa marche plus régulière, par les phénomènes fébriles et catarrhaux qui la précèdent, raccompagnent et la suivent , etc. La scarlatine a aussi une marche beaucoup plus legiilière, colore la peau d'une manière beaucou[) \)\u< générale , plus [)ersistanle et plus uniforme, et lui donne une teinte plus foncée, comme framboisée , s'accompagne d'une lièvre spéciale, d'une angine con-'tante, etc. " ((libert, oitv. cit., p. SG.) Pronostic. C'est ici qu'est importante la di-iiinclion admi-e par Alihert. La roséole idiopalhifpie est une allection e-sentiellement bénigne et ])a'«sagère, qui n'a d'inconveniens (pie quand elle tend à passer à l'état chronirpie. La roséole symptomatique n'est giave qu'en raison de la maladie princip lie, dont elle est une sorte de crise ou d'e[)i-phénomène. Si, par hasard, ce (jui |tarait bien rare, elle venait à être supprimée, on devrait la rappeler ccmune on le fait j'otirla rougeole. (A^. ce mot.)

'J'raiU'vicnl. Il est des plus simples. Le repos la diele, l'usage des boissons emollientes ou délayantes ( bouillon de veau ou de poulet, ea«i de lin, de laitue, etc.), quelquefois de légers laxatifs , sont le seul nutvf'ii propre a combattre cette légère alleciKin. (Jueh|ues bains chauds pourront encore être utiles. (^)uand l'atreciion se (trulong' et tend a devenir chroniipie, les acides niineraux sont htrtem»'nt recommandes par lialeman. (Oitiraye ciic, I). 151». ; " Clitz le- enfuis , lors(|ue cette maladie n"e>i pas consécutive a une autre alfection cutanée, (pr.iucun trouble fonctionnel ne r.iecompagiie , il suflit <ladministrer un léger calmant, tel (juiin ou deux gros de sir»)p diacode dans de l'eau sucrée , et de leur faire prendre

des bains à une basse température.

» S'il existe en même temps une irritation cérébrale ou bien une alîeclion des voies digestives ou de l'appareil respiratoire, le médecin, attentif à ces desordres, les combattra par des moyens convenables. 11 est surtout important d'observer si la roséole n'est point en (pielque sorte le premier degré d'une maladie plus grave dont les caractères se prononceraient les jours suivans. » (l^illard, ouv. cit.^ p. 120.)

KOrOKOLE, 7'î/i!;co/a (des traducteurs de Hali-Abbas;; hlacciœ (du traducteur d'Aaron); morbilli (de la plupart des auteurs anciens ; fcbris morbiUosa (liotîmann"^; jïhœniriamH!^ (de IMoucqiiet), etc. On peut delinir la rougeole : une alfection exanthémalique contagieuse, aiguë, caractérisée, au début, par un coryza, de la toux, du larmoiement, puis par l'éruption de petites taches rouges, légèrement proéminentes, distinctes, se réunissant bien (^t de manière à former des placpies semilunaires, qui laissent entre elles des intervalles de peau saine , se terminent au bout de (piatre à cinq jours, à dater du moment de l'éruption, et sont ordinairement suivies d'une desquammation furfuracee.

La rougeole est rangée, par les auteurs, au nombre des fièvres Sennert, lloirmann, etc.), des maladies inllammaloires (Sauvages,Pinel, etc.). Les dermatologistes anglais la rangent dans le groupe des exanlheme>; Alihert fait de même, mais on sait que ce <lernier entend par exanthèmes (vny. ce mot ) une fièvre éruptive , tandis (juc, pour les premiers, c'est une simple coloration de. la peau.

Causks. Jgcfi. La rougeole attaque s[)écialement les enfans, elle est aussi |>his ('(tmmune chez les adultes ipie chez les vieillards.''» La rougeole, dit liillard, parait être plus commune après ([u'avaiit la première deiitilion; car, à Tho^pice des Va\fans-Trouvés,cesont plus particulièrement les enfans aii-(le>sus de huit ou neuf mois (pii eu sont atieinis. .^L li.uon a fait cette remarque depuis plusieurs années ; et pendant l'année d.S'.ir) , sur <> enfans (jue j'ai \u atteints de la rougeole, il y en a eu A au-flessus de huit mois. » [Traité des malad. des enfans, p. 117; Paris, 182».)

noue

A CCS rem.Mrqius , uo\u njoiiteroiis (|iii; l'on peut coiisLalcr le l'ait (|iu! uicnlioniic ici Billard , en coinparaiil la rareté tle la rougeole dans les liùpilaux consacrés aux enfans à la inameile , et sa fré(}ueiice à l'hôpital des Enlaus (où Ton reçoit les enfans de deux à quinze ans), dans les pensions, les collèges, etc.

Les deux seœes y paraissent également prédisposes.

Climats et saisons. La rougeole peut être spora(li(|ue ou épidémi(pje. La première se montre en tous temps, mais en est-il de même de la seconde? Dans les épidémies notées par Sydenliam (1G70- 1674), la maladie se montra dans le mois de janvier, et sa plus grande force fut à Téquinoxe du printeuips ; vers le solstice d'été, la maladie cessait de se montrer. D'autres ont observé des épidémies en automne , surtout après des pluies abondantes, d'autres disent après une sécheresse prolongée, et le fait est que cette maladie se montre plutôt pendant les saisons où existent de brusfpies changemens de température que pendant les grandes cbakurs de Tété. Quant aux climats, la rougeole s'observe dans tous les pays aux épocpies précitées.

Mode de transmission. On admet généralement aujourd'hui (pie la rougeole a pour cause déterminante un principe morbif^iue et spécifique inconnu dans son essence, susceptil)le de se transmettre et qui n'attaque ordinairement qu'une seule fois dans la vie. Cette expression vague de principe morhifique remplace la bile des Arabes et les piincipes fermenlescibles éliminés jiar Térupiion dont parlent les auteurs plus rapprociiés de nous. Ce princi[)e, quel qu'il soit, paraît pouvoir ?e transmettre des trois manières suivantes : par con^a^/o?i, i)ar infection, par inoculation.

i° Par con'agitm. Il est bien peu d'auteurs qui l'aient révoquée eti doute; des faits trop nombreux et trop iréquens sont là pour attester la realité de ce mode de communication ; nous ne rapparierons même pas des faits pour le prouver.

2^ Par infection. C'est par elle qu'il faut e.\pli(iuer la facilité avec lafiuelle la rougeole se propage et se répand dans ceiiaines localités.

EOLE. les

3" Par 'imoculntion. Ici , la question étant controversée, nous entrerons darjs quebjues détails. Home, le premier, ayant été témoin d'une épidémie assez grave qui régna à Édind)ourg en 1738, imagina d"inoculer la rougeole afin de rendre cette maladie plus bénigne , comme on commençait alors à le faire pour la pelite-vérole à l'imitation des Turcs. Il imprégnait un peu de colon du sang qui s'écoulait d'une petite scarification faite sur une plaque morbilleuse , il portait ce coton dans une incision pratiquée au bras d'un enfant bien portant, et l'y laissait pendant trois jours. Sur dix ex[)ériences sept réussirent, et des trois cas dans lesquels l'inoculalion échoua, il faut en defahpier un enfant qui avait déjà eu la rougeole et dont la mère se prêta à l'expérience par cupidité. Dans tous les cas où la transmission eut lieu, la rougeole fut très légère. {Principes de mèd.,\.xdi6.. franc, par Gastellier, p. 600 et suiv.; Paris, 1772.) Ces expériences ont été confirmées par Speranza, lors d'une épidémie de rougeole qui régna à Milan en 1822. Ce médecin inocula six jeunes enfans de la maison de travail, la maladie se déclara chez eux avec beaucoup de bénignité et suivit sa marche ordinaire. Les mêmes expériences, renouvelées à plusieurs reprises, lui donnèrent encore de bons résultats. Son mode d'inoculation différait un peu de celui de Home: il piquaitune plaque, recueillait sur la pointe de la lancette le sang qui s'en écoulait, et le portait ensuite sur un autre enfant qu'il piquait au bras. [Bull, des se. méd.^ t. XV, p. 60. j D'un autre côté, M?J. Themmen et Tellegen essayèrent de différentes manières l'inoculation du principe morbilleux , et sur les cinq sujets qui servirent à leurs expérimentations, ils n'eurent pas une seule réussite,; mais que peuvent ces cinq faits négatifs contre le& faits positifs de Home et de M. Speranza? Tout au plus pourraient-ils prouver (juo la contagion par inoculation n'a pa^ toujours lieu. Ce moyen doit-il être tenté dan.s les cas d'épidémies graves ? Nous y reviendrons à propos du traitement.

Ues récidives. Les auteurs ne sont point d'accord à cetégard. Ainsi, Rosendit, eu propres termes, que depuis quarante ans qu'il exerçait U médecine, lorsqu'il publia

loi ]\01G

SOI) livre, il n'a p^^ vu un «oui oxcmiilc de r»Tidi\t'. (Vt aile des mc.lad. des eiifiuis^ trarl. de y] l.ef('l)v^c(k'^illel)r^ne ; P. iris, 477S. [), 235.) D'un antre côté, Tonelti, hcliarli, IVIera, De Ilaen, faillie, Dubose de la Hoberdière, MM. Rayer, Guer^ant, ('te., elc, en ont vu des eas bien antlicnti'ine-;. Lfs récidives de la rougeole ne sauraient donc ^tre révn(iué('s en doute, Ion iilus que celles de la \ari()le, inais coniine[)nurcetie(l('iuièie,cl!('«. vont rares.

Épidcfhies. Le plus onliuaircnu'nt , la roui:eole i-rj:ne d'une maniéie cpidenuipie. Parmi 1rs r< l.itions (pii nul clé publiées a *ef éf:ard, nous rilcions d'abord celles de ^ydf'nliaui à Londres, pendant les années ii'wO et 1074; de Iluxbain à Plyinoudi.en 4741: de Rn-en, à Upsal, en 17:v2 ; de Le pci <i (le !a('.l()Iiire,àA ifc.fMi 177'-1 cl 1775; de l'im 1, à laSalpctiif re. eu ITDD.

.\n.\'i ():mik i'ATn()i.()(;i(^)Li: « Voijel avait jilacé le sie^'e de rcxanibènie de la rougeole dan< l'cpiderme. Des rcchenbes lilus exr.c'cs ont démontré que la rou^Nolo adectait spécialement la nicmbraiu' unique use d(s \oies aériennes, et le corps réticulaiie de la peau, (jiron trouve injectés ebez les individus qui ont succombé à cette maladie. Les caractères anatoiniipKvs des i'.flaminations morbillcuses , la rou eenr et la j-écrétinn des broncbes ou de rinfcMin, m- dilTcrcnt pas scnsiblenu'ul de c. Iles que Idii ob>ei ve à la suite des autres indaunnations non specinques des niéines j)ai ii('<;... Dans les rougeobs anr)males et ro/;7)//(7//r'«, on trouve des lésions variées «uivaiU les pailies afT.'ctées; qnci(]uefoi-. aus^i.la mort ne peut être ex- ])liipH'e par les altérations des solides, o!)servées à rou\erfure des cadavres »

(Rayer, J'ra.fe ihcor.ct pi at . de^ mal. de la priiif, I. ), p. 179. l'aris, IS.")»?.)

SvMr7('»Mi.s (lonune tous les auteurs , nous parta^'erons l'iiistoire de celte maladie.

PremUre prrindr. Invasion (sf/uLum ctniiftgii ,appiiralnt efporcsccutiœ). Les ]ilienomènesfp)ir<uMiiiieni l'invasiou projnement dite petivenf être précédés . pendant rpielques jours , dun état d'abattement, de malaise , de liistesse; c'e<t le véritable sladitnn mnfnfjii, l'inrubation ]>ropn mr nt dite. D'autre* foi>j , il n'y a eu aucun trouble précurseur.

EOLb*.

" L^ i'ou::îeole s'annonce comme les autres exantbèmes aii,Mis, par des frissons légers (jui alternent avec des bonirées de cbaleur; la léte est comme étourdie, souvent elle est j)i ise d'une pesanteur sus orbitaire. Il faut surtout regarder comme un symptôme de l'invasion celte espèce de couibature (pii se fait sentir dans les épaules, dans les bras, dans le dos, ainsi qu'aux lombes et aux extrémités; le i)0»ilg s'accélère, les paupières et les tarses se tuméfient ; les yeux touges et larmoyans sont airectes d'un sentiment d'ardeur, les joues se cobuent , Texanthème morbilleux se caradéri-e suitout par une distillation sércii^e (]ui s'eireelue par les narines, et (jui suscite avec plus ou moins de fréquence le pbéiiomcne de réteriunnent ; la poi- 'rine se resserre, quebpies malades sont trav.iillés par des quintes de toux, par des douleurs au cardia. (,^)uelques-uns d'entre eux ont des nausées ou des vomissemens; d'autres sont atteints du (lux de ventre. Cet accident survient surtout pendant la crise laborieuse de la dentition. La cépbalalgie gravalive annonce l'embarras des sinus frontaux. Il se forme quelquefois dans l'iniérieur de ces sinus des congestions sanguines aux(pielles succèdent des bémorrbagies nasales.... Au surplus, tous les pbénomcnes de l'invasion résultent de la plilogose générale (jui se déploie a[)rès Pincubation, et ipii met en jeu tout le système sensible. » (.Mibert, Monogr. des dtrmaf., 1. 1, p. 5.^)7.) yVjoutons (jue, cbez les très jeunes eiifans , il y a (juelquefois des convulsions, ou, plus lard, du délire ; c'est aussi à cette épo(jue que le voile du palais et la luette se couvrent de taches rouges (|ui deviennent promptement conlluenles.

Deuxième période {ftadium cruplioiiis). « Vers le (piatiiéme ou ciiKjuième jour de petites lacbes rouges, distinctes, circulaires, légèrement élevées , conime paj)uleuses , se montrent au front , au menton , au nez et aux joues; bienttU le col , la poitrine , le tn)nc et les membres se couvrent successivement rPune semblable enqition; les tacbes s'élargissent ; elles sont legcrement proéminentes, et ressemblent, pour la forme, à des [)iqi^res de puces. (^)uelquefois on observe , vers leur centre , une petite vésicule ; bienl<M leur

noiJG

nombre augmon'e, et on ^e rôimissanr.

elh's fonncnt des taclios plus largos, (ruiio forme irrcgiiiièrcnifint semi-lunaiio, offrant entre elles de petits espaces dans lesquels la peau conserve sa couleur naturelle. Dans quelques cas, surtout à la face et aux mains , la rougeur d(;s taches atteint ordinairement son plus haut degré d'intensité, environ vingt-quatre heures après leur apparition, et réruption est le plus souvent terminée dans l'espace de trente-six heures. La face est souvent très tuméfiée à cette époque, et dans quelques cas la tuméfaction des paupières met obstacle à la vision. Dès le sixième jour de la maladie, la rougeur diminue à la figure, tandis qu'elle augmente sur les autres parties du corps. » (Cazenave et .Schedel , ^br. prat. des malad. de la penu^ p. 51; Paris, i835.) Tandis que l'éruption se fait, quelques-uns des phénomènes propres à l'invasion , les nausées , les vomissemens disparaissent , la fièvre elle-même diminue dans un certain nombre de cas ; mais la toux, le larmoiement et le coryza ()ersistent, semblent quelquefois augmenter, et il n'est i>as rare de voir la toux se prolonger pendant quelque temps encore après l'éruption.

Troisième période {déclin, crises, desquammation). Vers le quatrième jour de l'éruption , c'est-à-dire le septième ou le huitième de la maladie, les taches commencent à perdre leur coloration rouge et à pâlir, en prenant ujie teinte jaunâtre. Ces plaques ne tardent pas elles-mêmes à disparaiMre dans Tordre de leur apparition , laissant quelquefois à leur suite une desquammation furfuracée. Le coryza disparaît , mais la toux continue pendant un temps plus ou moins long.

Variétés. M. Rayer (omu. cité) admet les cinq suivantes : l» rubeola milgarls ; 2» ruh. sine calarrho , eive spuria; ^^ ruh. nigra ; 4° febris morbillosa\ 3° ruheola anomala , rub. maligna.

1» Rubeola vulgaris [morbillibcnigni, morbilli rcgulares de Sydenham). C'est la forme que nous venons de décrire, elle est remarquable par la régularité de sa marche et sa bénignité habituelle.

2'^ Ihibeola sine catharro {rub. spiirià). "C'est une forme particulière, observée parle docteur Willan, dans quelques cas

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rares, pendant une épidémie de rougeole, (|iii ne hit importante à obsorvrr «pie [Kirce que la fièvre ne se dr'clara (pi'après le développement de la rougeole. La marche et les phénomènes extérieurs de réruption sont les mêmes que dans la rougeole orrlinaire ; mais elle n'est point arcompagiuc de catarrhe , d'ophihalmie ou de fièvre. Un intervalle de phmieur? mois, même de deux années, a été observé entre cette variété et la rougeole , accompagnée d'un état fehrile qui s'est manifesté ensuite; mais cette rougeole disparait le plus souvent au hout de trois ou quatre jours après l'éruption non fébrile. »> (Haleman , Abrégé prat. des malad. de la peau ^ trad. franc. , p. 9G.) M. Rayera pu constater la vérité des faits annoncés par Willan et Rateman. « Ainsi, dit- il, j'ai vu' plusieurs enfans d'une même famille , hahitant le môme ap[)artempnt , couchant souvent dans la même chambre, être atteints d'une rougeole catarrhale fortement des«;inée, hors un seul d'entre eux, dont la maladie offrait le premier stade de la rougeole et ceux de léruption, moins les phénomènes de la bronchite. » [Ouv. c, p. 17o.)

5° Rubeola nigra « Le docteur Willan a donné cette epithèle à une forme insolite de la rougeole, qui a lieu aux environs du septième ou du huitième jour, lorsque l'éruption devient tout à coup livide avec le mélange d'une couleur jaunâtre. (Bateman , ouv. cité., p. 97.) M. Rayer a aussi o'oservé cette variété ciiez des enfans atteints de tubercules puîmonaires , et de cœco-colites chroniques , épuisés par la diarrhée et [lar la fièvre hectique. Il a également renconiré quelques cas dans lesquels certaines taches otfraient une couleur rouge vineux , analogue à celle du purpura simplex, et dont la teinte ne disparaissait pas sous la pression du doigt. » [Ouv. cit., p. 176.)

4" Rubeola sine eruptione (febris morbillosa de quelques auteurs). Sydenham a noté , en 1674, en même temps que réguaient des rougeoles anomales, qu'il y eut une fièvre du même genre et médiocrement répandue, dans larpielle il y avait, sur le cou et les éj^aules seulement , des taches assez semblables à celles de la rougeole. « La fièvre, quoique entièrement de

lor> ROUGI

même gpiire , était plus violente , ct<lurait jiiM]u\iii (iiiatorziiMiie jour , et (luehiutfois davantage. .. (Ouv. cit., p. ^ili».; (^le^^ory et M. Guer?ant ont vu des cas dans lesquels on riMirontrait rappareil fcbrilc et catarrlial .sy/;j5 éruption.

3" nubeolœ anomalœ {rougeoles anomales et compliquées (louircoles malignes]). .. Cette es[)ece , dit Aiibert , mériterait une très longne description , car la roni,'c()le est susceptil)le de revêtir une nnillituJe de formes , et prend alors plus de gravité ; c'est surtout dans les épidémies que ses aberrations se manifestent ; c'est alors qu'elle est souniise à mille influences imprévues. La constitution de l'air, le mauvais régime , etc., troublent la marcbe ordinaire de ses symptômes.

)' On dit (pje la rougeole est anomale quarifl ses divers stades sont pervertis ou altères , (|uand ils cessent d'avoir les conditions requises pour obtenir une issue favorable , (juand la période de Vinvasion , par exemple , se prolonge bien au delà de ses liuiites , (juand celle de Veruplion n'a pas été convenablement préparée , cpiand elle s'elTectue avec trop de précipitation , quand , au lieu de commencer |)ar le \isage , elle débute sur une a\itre partie du corps. L'eriq)ii()n ipii retarde, et ipii s'accouq)lit avec lenteur n'e>l pas d'un j)resage plus lieurciix ; elle annonce la faiblesse de la nature et Tioutilité de ses efforts. » (Ouv. cit., p. 5»)l.)

Les coniplicalions d»; la rougeole offrent qnel(|ues dillerenccs ."iuicnnt les dijcs ; ainsi , M. Baron a reniar(pjc <]ue l'angine et les aiïections cérébrales étaient les complications oi'diuaires de la rougeole cbez les enfans à la mamelle ; les symptômes de gastro- entérite sont toujniu's moindres (piand ils exisfeut , ou ne se montrent qu'a la fm. (Hillard , loco cit.) Cbez b's enfans au-Iessi;s d'un an ce sont surtout les pncumnuir.s (jui ^oiii. :riavcs et souvent moi telles; aus>i , sur dix cas dont M. Hciudiu a donné l'analyse dans son excellente dissertation {/ieclurrius .w/r les roinpliratiotis <jui (irronipnf/iiciil lu rougiolr du z l'cnfuncr ^ ll,e-e ; Paris, IS.l."), n" '.M , p 'io , la pneumonie s'e^t rencontrée neuf fois, sept lois dDoble el deux fois !»inq)le. Le croup a ele ob->erve (pitlquefois , mais [Ayn rarcnu'nf.

h:OLK.

On a vn plusieurs foi;; la rougeole et la variole at:a(iuer simulianement un même individu ; De Ilaen, Vogel, .Macbride eu ont cité des exenq)les.

Mais c'est surtout dans les épidémies que Ion rencontre des complications. Kn voici un tableau résnuiéque nous empruntons à M. Rayer {ouv. citc.^ p. 18'2), et «pii mettra les praticiens en garde contre des cas analogues s'ils eu remontraient.

" L'epidemie de rougeole observée en 1671 , à Londres, i)ar Sydeidiam , et celle qui régna à Upsal , en 1752, décrite par Rosen , furent bénignes ; des rougeoles anomales et malignes régnèrent à Londres en 1674 ; l'épidémie observée en 1741, à Pîymoudi, par lliixbam , était assez souvent compli()uèe de pneuiiKUiie ; \\'atsen a \u dans fbôpital des Enfans- Trouvés de Londres, en 1763 et 176S, deux épidémies de rougeoles putrides ; des rougeoles très graves, conq)li(iuées de miliaire , furent observées à Vire , et décrites par Polinièreet Lepecq de la Clôture, en 177*2 et 1775. Les rougeoles (jui régnèrent à Paris eu Pan vi étaient compli«|uees d'alfections abdominales ; en l'an vu elles étaient (piebpjefois associées à la scarlatine. Dans une eiùdemie de rougeole oljservee à la lin de ISUO et au commencement de lîsnl , p.u' Ponsl)rucli , (piel- (pu's enfans furent atteints de /lèvres inorbi/ieu.scs .'<ans et uplion. Ils avaient nue lie\ie violente avtc tous les symptômes caiarrbaiix cpii accompagnent la rougeole ; puis , ou il survenait une eru;)iion à peine visible, (pii disparaissait rapidement, ou seulement une sueur abondante , ou une diarrliee , ou »ine évacuation extraordinaire d'urine ; cbacone de ces évacuations avait(]uelquecbosedespceial; c'etaientevidemment , dit-il , des lièvres morl)illeus( s «jiii avaient été précédées de Vin/luenza , ou de la coiiueluclie.

" l'.ii eliiduiii! comparativement ces épidémies , el un grand nombre d'au'res dont i'bi>toire nous a ele lai'«see , on voit (pie la |>lupai t ont olfert un caractère particulier de liénignifc ou de nuilignilé ^ et (puî jire^fpu; toutes ont ele précédées d'allcclions catarrliales , de co<pielucbes , de grippe ()\i (Vinfl'iinia , maladies anciennement indiquées comme les pi éludes des con>«iitiitioiis morbilleuscs ; enfn» , elles

ROUC ont quelquefois succédé à des épidémies de varioles. Cette année 1853, nous avons observé , à Paris , cette succession signalée par Storck et De Haen..rai vu plusieurs enfans qui , après avoir éprouvé pendant quinze jours une véritable toux fêrine, ont ensuite été atteints de la rougeole. »< (Uayer, ouv. cit.^ p. 4 82.)

Convalescence. Outre les complications dont nous venons de parler , il n'est pas rare de voir la convalescence d'une rougeole , grave ou bénigne , entravée par divers accidens plus ou moins graves ; quelquefois ce sont des éru[)tions secondaires de pustules, de furoncles; ailleurs des opiubalmies chroniques , des blépharites très rebelles ; d'autres fois , des phlegmasies des voies urinaires qui persistent pendant un temps très long. On a vu assez fréquemment des engorgemens aigus ou chroniques des ganglions lymphatupies , terminés quebiuefois par suppuration. Les phénomènes de la scrofule se sont , duis certains cas , manifestés jtour la première fois après une rougeole. Ceci nous conduit à parler du développement des tubercules après la rougeole. L'école de Broussais ne manquait pas de dire que la bronchile de la fièvre éruplive avait déterminé leur formation ; aujourd'hui on se rapproche davantnge de la vérité en disant (|ue , chez les individus prédisposés, elle hâte et favorise leur apparition; mais si l'on refléchit que bien des individus ne deviennent phthisiques que plusieurs années après avoir éprouvé la rougeole ; que , d'un autre côté , il n'est pas rare de rencontrer des tubercules dans les poumons des jeunes sujets , on sera conduit à penser que la bronchile ou la pneumonie de la rougeole surprenant un poumon qui contient déjà des tubercules , l'accroissement et le ramollissement de ceux-ci en seront la conséquence.

L'anasarque peut se montrer aussi à la suite de la rougeole , mais bien plus rarement qu'après la scarlatine. ( f^. Rkins îmaladie desj , à l'occasion de la maladie de Bright.)

Marche et durée. La marche de la rougeole , sauf les cas d'anomalie dont nous avons parlé , est généralement régulière et suit assez rigoureusement les phases que nous lui avons reconnues dans no-

',EOLE. lor

I tre description. Mais , dans certains cas d'épidémies malignes , ou quand il y a des coirq)licatious graves , le sujet peut succomber. Quant à la (lurée , nous l'avons précisée en décrivant les diverses périofles , il n'est donc pas nécessaire d'y revenir ici.

DtAGNOSTic. Les anciens auteurs confondaient la rougeole et la scarlatine en une seule et même aflection. Les travaux des médecins plus rapproehés de nous dissi|)èrent l'obscurité (jui régnait sur les symptômes de ces deux maladies , et depuis la fin du siècle dernier la distinction a été parfaitement établie. C'est donc vainement que quelques auteurs contemporains voudraient nous replonger dans la confusion dont on a eu tant de peine à sortir, et réunir la scarlatine et la rougeole comme une seule et même maladie , dermife morbilleuse ( Piorry et Lhéritier , Traité des maladies du samj , 1856) , dont la première ne serait qu'un degré ( dermite morbilleuse confluente ) de la seconde. Ziégler s'est attaché à suivre pas à pas les différences qui séparent ces deux maladies : voici le tableau qu'il en a tracé.

« 1° Trois ou quatre jours avant l'éruption de la rougeole , le malade éprouve un enchifrènement incommode; il éternue souvent , se plaint d'une toux sèche et rauque ; ses yeux sont humides et larmoyans. Il n'en est pas de même dans la fièvre scarlatine : ici , les yeux sont ardens, enflamuiés; les malades se plaignent de mal de gorge , il y a assoupissement et un peu d'apathie.

» 2° La rougeole se montre au quatrième jour, et attaque d'abord les parties supérieures , et ensuite peu à peu les inférieures , l'éruption scarlatine paraît dès le premier jour sur fout le corps.

» S'» La rougeole produit sur la peau des taches rouges bien marquées , de la grandeur à peu près d'une lentille. L'éruption de la scarlaiine ne forme aucune esjièce de tache , toute l'étendue de la peau au contraire se trouve couverte d'une rougeur uniforme.

)>4o Les taches de la première s'élèvent un peu au-dessus de la peau; celles de la seconde ne dépassent pas le niveau des tégumens.

» 50 Les taches de la rougeole pâlissent

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