‹ Dictionnaire des dictionnaires de médecine français et étrangers, ou, Traité complet de médecine et de chirurgie pratiques (volume 2)Chapitre 32 sur 143 · RU PI A · texte numérisé non relu

RU PI A

saveur est amcrc , k-re et très chaude.

L'analyse chimiciuc a fait reconnaître dans celte plante de I huile volatile, de la chlorophylle, de l'albumine vépOlaie, de l'oiiriiclif, de la troninie , une ma'iere azoïce , de rnniidon et de l'inuline. ('Suubeiran , youv. imiié de pharvî. , l. I , p. 47^.)

La rue est une plante éniinerninent active, et qui lijzure parmi les exciiaiis les plus forts; il sullil d'en toucher de fraîche pendant quelcjuç temps [)0ur éprouver une sorte de ruhefaciion. Adiuinislrée à petite dose , elle cause de {'.'.t'^'aiitm , «le la lièvre accompaLinOe de séclic.o c a la bouche, de mal de (zorgc , etc. : a haute do.-e , elle peut déterminer rinflanuualion cl la mort. INI. Orlila a conclu des e\|)érienccs «ju'il a tentées avec elle sur les animaux viv.ins, 1° qu'elle exerce une irritation locale ca|)able de développer une inflammation plus ou moins vive, qui , en fiéiiér. 1 , lui a |)aru jieu intense ; '"2° (pic son huile essentielle, inlro luile dans les veines, a;:it comme les narcotiques, et (pi'il est probable qu'elle exerce le mémi' mode d'action lorsqu'on l'introduit dans l'estomac , mais qu'elle est peu éner;îique. [Trtiiié des poisons , 3' éd., t. Il, p. ÔÔU.)

Suivant M. Bépin , l'effet sédatif produit par le principe lé'^eremcnt narcoii(iiic (jui existe dans la rue esi toujours subordonné à l'irritation res.senlie par le canal digestif. {Tiierajieitiif/tir, t. ii , p. t'rlH.)

Ou a conseillé la rue dans une multitude d'alTections , mais ses propriétés n'ont ])oiui été confirmées , telles (juc celles de fortifier la vue , en recevant la vajieur de la plante sur les yeux, et même en la mâchant ou la prenant à l'intérieur ; de guérir l'ozénc, en injectant sa décoction dans les narines, etc. Kn Russie , on la regarde comme un excellent remède contre la rage d'après iMarliiis, et on l'emphiie à ce litre en Sil)érie , en Autriche , en Westphalie , et juscpi'cn Angleterre.

A l'extérieur, on l'emploie contre la g île, la teigne , pour tuer les poux , pour produire des dérivations au moyen de la rubéfaction qu'elle cause étant mise , pilée , Mir une réiiion <lu corps, etc. On a conseille de l'appliipier en épicar|te pour ■ziicrir les iicMes intermilientes. Les lavcinens de rue peinent ^'trc utiles comme irritans dans une mulii tude de cas , conmie rengourdis>emeni du ventre , la défécation par atonie , la flatulence , etc.

Ou donne les feuilles eu pdiidre h la dose de (i déciL'ram. à 2 uram. ( Iti a ôti ui ainsi et plus, graduellement, en bols ou di'layee dans un peu de Inpiide ediilcuré , ou sous forme d'électuaire ; er> irifii>ion Iheilorme. ii la dose de 1 h 4 prarn. et plus pour 1 liire d'eau par petlles lasses.

L'eau distillée de rue entre dans des po- Ihuis excitantes et anti siiismodiques , à la dose de 15 à UO ^ram. cl plus.

L'huile essentielle se prescrit à la dose de 5 h l'I gouttes, comme antispasmodique et carmiiiaiive, en potions, en pilules ou en oléo-saccharum.

La rue entre dans la composition du vinai' gre nnli-septiqiie ou des qnntre-volcurs.

lU'lMA, de pÙTTo; , sorclcs, ortlures, impuretés. Cette alleclioii parait avoir été coiifoiidiie, par Willaii, avec qiiehiues variétés de l'eclliyma [ccthyma luridum^ ecthyma cachccticmn), et Von doit à Hateiiiaii d'en avoir fait un genre à part, et d'en avoir donné une boinic description. « Dos plilyctèiies larges et aplaties se manifestent, dit-il , dans celte maladie, sur les dillVrotiles parties du corps ; tnais elles ne deviennent pas conduentes, leiu' base est légèrement cnllammée ; leurs progrés sont lents, et elles doinient issue à une matière mal élaborée qui se transforme en croûtes minces et superficielles, (]ne le plus léger flottement desorganise, et qui se reproduisent siu'-le-champ. »

[Ahrcgé pratique des malad. de la peau, traduction frai)(;aise, p. '21)5.)

liafeman avait classe le rnpia panni les vésicules, mais Biett a fait voir que la véritable place de cette maladie était parmi les bulles, et les partisans de la classi- (ication anatomique ont adopté cette niorlitiration. Alibert a fait comme W'illan , il a confondu le rupia avec certaines formes du pblyzacia. [r. Ectiivma.)

Causes. Le rupia paraît dépendre le plus souvent d'un état cachectique de Teconomic; on le rencontre atjx deux extrêmes de la vie, chez les très jeunes enfans et chez les vieillards. Hillard l'a observé jilusicurs fois clipz des enfans débiles et réduits au marasme. ( Traite des malad. des enfans^ p. lou ; Taris, l.S-iS.) On le voit survenir pendant le cours des saisons froides et bumides, cbez des sujets épuises par une maladie antérieure, affaiblis par tnie mauvaise nourriture, plonges dans la misère et la mal(iroprelé. Il compli(pic (liver--es aflcctions de la i>eau, mais siiriout l'eclbyina iNoiis verrons, eu parlanl des syplnlides, (pie ces dermato><es veroleuses revêtent assez souvent l'aspect du rnpia.

symptômes. Les symptômes considérés d'une manière générale ont été très bien résumes par .>L (iibert [Traité des maladies spcc. ae lapcau^ p. 158 ; Paris, 1839):

<« Des bulles larges et aplaties, qni reposent sur une base plus ou moins rouge, onllammce, se manifestent sur diverses parties du corps et particulièrement sur les membres inférieurs, quelquefois sur les lombes, toujours en fort petit nombre, et isolées les unes des autres. Ces bulles, dont les progrès sont généralement lents, contiennent une matière ichoreuse, osseuse, qui devient séro-purulente; elles se rompent et donnent issue à cette humeur qui se transforme en croûtes superficielles, brunâtres, sous lesquelles existe une excoriation ordinairement superficielle. Celle-ci, qui n'a point le caractère rongeant, mais qui se prolonge quelquefois en conservant l'état croùteux chez les sujets dont la constitution est altérée , laisse après la guérison une maculature livide, qui persiste pendant quelque temps. »

Fariétés. Bateman en a établi trois qui ont été admises par les pathologistes français. Ces variétés sont spécialement fondées sur l'intensité plus ou moins grande de l'afîection.

1° Rupia simplex. On le rencontre chez les divers sujets placés dans les conditions que nous avons mentionnées, et quelquefois pendant la convalescence d'exanthèmes fébriles, tels que la variole ou la scarlatine.

« Il se manifeste par des bulles ordinairement de la largeur d'une pièce d'un franc, rondes, aplaties, développées sans inflammation préalable. Ces bulles renferment un fluide d'abord transparent et séreux, mais qui ne tarde pas à s'épaissir et à devenir purulent. Bientôt la bulle devient flasque, le fluide contenu se dessèche, et forme une croûte brunâtre, rugueuse, plus épaisse au centre qu'à la circonférence, où elle se continue avec Tépiderme qui s'y trouve légèrement soulevé. Une ulcération superficielle du derme existe sous cette croûte, qui tombe dans l'espace de quelques jours ; sa surface se cicatrise promplenient ; mais dans quelques cas, il s'établit une ulcération arrondie (jui , persistant pendant plusieurs jours, se recouvre de croûtes qui tombent et se renouvellent sans cesse; il reste, après la cicatrisation , une teinte rouge, livide sur le point affecté. » (Cazenave et

RUPIA. m

Schedel , Àhrègé pratique des maladies de la peau^ p. 148; Paris, 1833.)

S" Rupia proeminens. Cette forme est plus grave, et s'observe surtout chez les vieillards et les sujets dont la constitution a été profondément altérée; elle se rapproche de Vecihyma cacheclicum, et se confond souvent avec cette dernière maladie.

Ici, la maladie débute par une plaque rouge, arrondie, sur laquelle se forme assez lentement une ampoule remplie d'une liqueur brunâtre, plus ou moins épaisse. Ce liquide se concrète et forme une croûte d'abord peu considérable, mais qui ne tarde pas à s'épaissir, en même temps que l'extension de l'auréole et de la sécrétion séreuse à la circonférence augmente sa largeur. « Le développement lent et successif de cette maladie, dit Bateman, produit en derniers résultats, une croûte conique et semblable à la coquille d'une petite moule. » [Loco cit.,\>. 294.) Ordinairement, la croûte est formée et présente cet aspect au bout de quatre à six ou huit jours. Cette croûte peut rester ainsi adhérente pendant un temps fort long, et tantôt elle s'enlève avec facilité,

tantôt, au contraire, elle est très adhérente ; enlevée, elle laisse apercevoir une ulcération d'une étendue et d'une profondeur variables, et d'autant plus marquée que la croûte a séjourné plus long-temps. Deux choses peuvent alors se présenter : ou bien l'ulcéralion se recouvre très promptement d'une nouvelle croûte , ou bien il reste une ulcération de mauvaise nature, quelquefois très profonde dont la cicatrisation se fait, dans certains cas, très long-temps attendre , surtout chez des vieillards épuisés par la maladie ou la misère. Cette ulcération finit à la longue par se fermer, laissant dans le point qu'elle occupait une tache d'un rouge pourpré qui persiste pendant très long-temps.

30 Bupia escarrotica. Cette maladie, au rapport de Bateman, n'attaque que les enfans à la mamelle et les jeunes enfans qui sont dans un état cachectique. (/>. c, p.29o.) Billard qui, comme il le fait observer lui-même, a cependant observé beaucoup d'enfans placés dans les conditions mentionnées par le pathologisle anglais, n a jamais vu celte forme du rupia ;

il2 KLl

il n'a rcncoiiîie que l.i [)ï\iiiicie. (Hupia simph'x.)

Uaiis celte vntiele, la niahulie debiite par des plaques livides et legcremeut proéminentes (lui bieiilôt ser\ciu de base à quelques plilyclèiies séreuses, ('.elles-ci aiignientent de voluuie et eou^liliieiit des bulles lar|,'es , aplaties, irregulières, renfennaut un liquide dont la couleur prend en peu de temps une teinte noirâirc. Kl!es sont entourées d'une auréole d'un rouge violacé, l.a i)ulle une luis rompue, il reste une ulcération rongeante (jui sécrète un jms sanieux et fétide; il ()eut se former ainsi plusieurs éruptions de bulles suivies également d'ulcérations. L'enfant éprouve de vives douleurs, il a de la fièvre , de l'anxiété, et si la maladie est très intense, la mort peut survenir dans l'espace d'un ou de deux septénaires. Dans le cas contraire , la cicatrice se fait attendre très long-iem[)s. (Cazenave et Scbedel, oir\ cité, p. loi.)

Diagnostic. Le rn})ia peut être confondu avec le pt inpbigus et Teczema, « 11 dillère du pem[)liigus en ce que les bulles renferment très rarement un fluide séreux et transparent, mais plutôt un liquide sanieux ; et d'ailleurs la forme de la croûte qui est épaisse, rugueuse, entourée dès le commencement d'une auréole sur lacpjelle l'épiderme est encore soulevé, et qui offre inie ressend)lance plus ou moins grande avec une coijuille d'bullre ou une écaille de patelle, suffit avec les ulcérations si souvent consécutives du rupia , pour le di^^tiuguer du pemphijus. " ^Cazenave et Sebedel, ibid.) Quant à l'eclbyma, tout en reconnaissant l'analogie (pii existe entre cette afTeclion et le rupia, nous nous en referons pour les signes différentiels à ce que nous en avons dit à ce mol. {y. EcinYMA, t. m de ce Diction., p. 4S»> )

J'runostic. Comme le fait observer M.

Gibert, celle éruption est très grave par elle-même, mais les circonstances défavorables au milieu dcâiiucUes elle bc de-

cl irc, l'état fàcbeux de l'économie des sujets qu'elle affecte jieuvcnt lui donner un certain caractère de gravite. Il faut se ra[>peler que les ulcérations qu'elle laisse a sa suite peuvent être fort longues à se cicatriser, et enfin que chez les enfans cacocliymes le rupia cscarrutica peut être mortel.

Ti alternent. L'enonciation des causes qui peuvent produire le rupia met sur la voie pour les indications que réclame celte maladie. Ain&i, le sujet sera placé dans un endroit sec et chaud, on relèvera ses ft)rces par un régime analeptique et Tusage des forlifîans. Quelques bains simples et alcalins, des lotions aromatiques et toniques de vin chaud, (lueltjues légères cautérisations avec le nitrate d'argent, etc., suffisent d'ordinaire pour amener la cicatrisation des ulcérations quand cellesci tendent à persister. Tel est le traitement du rupia simplcr.

Dans le rupia jirocinincnt, outre le régime fortifiant, on pourra, comme le conseillent j)lusieurs auteurs, faire tomber la croûte avec des cataplasmes et panser les ulcérations avec du cerat saturne, du baume du Pérou, et autres substances analogues. MM. Cazenave et Schedel ont vanté les cautérisations profondes et répétées soit au moyen du nitrate d'argent, soit avec l'acide nitrique ou l'acide hydrochlorique étendus d'eau, et enfin si ces moyens ne reu.-sissaient pas avec le nitrate acide de mercure pur. Biett a retiré de bons elTels d'une pommade au protoiodure ou même au deuto-iodure de mercure, à la dose, le |)remier, de 2 gram. , le second , de ti à S decigrannnes, jiour 52 grannnes d'axonge, à l'intérieur cl à l'extérieur.

Les emoUiens paraissent convenir dans le traitement du rupia cscurrotica , de préférence aux toniques et aux stimulans. Peut-être les chlorures et les anti-septi- (jues seraient-ils utiles, l'acuilc de la phlegmasie une fois dissipée.

SAiMNfc:.

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SABTNK. l>a «abine (jnniprrns .mhinn, L.), f.'imille (les conifères, diœcie monadciphie , ],in., arbrisseau qui croit dans le midi de l'i'',uroj)e. Les feuilles , qui sont surlout usitées, exilaient une odeur térébinlliacce , très forte, très pénétrante, à la l'ois aromatique et fétide; leur saveur est chaude, acre et a m ère.

En contact prolongé avec la peau, la sabinc l'irrile, l'enflamme; appliquée sur une surface saignante ou ulcérée, sa poudre produit une impression irritante et presque caustique. M. OrfiJa, ayant saupoudré avec 8 grammes de cette poudre, une plaie faite à la partie interne de la cuisse d'un chien, y a vu survenir une inflammalion violente , et l'animal est mort au bout de vingt-quatre heures. Des traces f]*inflamniation et des taches livides se remarquaient sur quelques parties du tube intestinal, le duodénum et le rectum en particulier. Cet organe, de même que l'estomac, était sensiblement phlogosé dans d'autres chiens , morts douze ou seize heures après avoir avalé, l'un 15 grammes, et l'autre 2't grammes de sabine en poudre. [Traite des poisons, 3® édit., t. i, p. 7:24.)

La Sabine, à l'intérieur, cause un sentiment de chaleur à ré[)igastre, le hoquet, des vomissemens, des coliques, des déjections sanguinolentes. Bientôt apparaissent d'autres phénomènes : la vivacité , la fréquence du pouls, des congestions sanguines sur divers points du corps, etc. Souvent, cette plante a provoqué le crachement de sang, elle a f()rcé les menstrues de paraître hors de leur temps. On emploie depuis très long-temps la sabine à l'extérieur pour provoquer l'action de la matrice , et dans le peuple, c'est un moyen abortif très renommé. Cependant, ce résultat a été nié par Ziimann, Haller, etc., et surtout par Scopoli. I\Iais, si l'on considère l'activité de la sabine, son action sur le rectum et l'utérus, l'inflammation qu'elle peut produire, et si l'on réfléchit que l'avortement est souvent le résultat d'une moindre cause , le fait ne paraîtra pas impossible.

L'action emménagogue de cette plante est des plus connues. C'est un des médicamens indiqués par tous les médecins expérimentés pour provoquer les règles, lorsque leur défaut d'apparition tient à l'inertie de l'organe utérin, à la faiblesse, à la laxité de ses tissus; car, s'il y avait pléthore ou excitation, il serait des plu.s contraire, comme cela est évident; en effet, on a vu cette plante, donnée dans des circonstances inopportunes , causer de la lièvre, des vomissemens, des crachemens de sang, une gasirite même, produire surtout des hémorrhoides, etc. La sabine TOME vir.

semble agir dans quelques cas en 5ens inverse, mais cependant toujours suivant le même mode d'action : ainsi, (iunther l'a prescrite avec efficacité pour remédier à des hémorrhagies utérines, qui tenaient à l'atonie de cet organe, dans un cas où tous les autres agcns thérapeutiques avaient été administré» en vain. Sauter l'a prescrite également avec succès dans ce cas, et en outre, pour prévenir les fausses couches qui pourraient arriver par suite de la mollesse, du défaut de force du tissu utérin. (Mérat etDelcns, Dict. de tliérap., t. m , p. G97.)

« Outre celte ap|)Iication spf'Ciale, dit M. Ratier, la sabine a encore été préconisée contre les nflcctions vermineuses, et notamment contre le tœnia, le plusopiniAlre de tous les enlozoaires. Klle a donné d'assez bons résultats, mais plutôt contre les ascarides vermiiulaires et lombricoides que contre le ver solitaire, et d'ailleurs, il y a des vermifuges dont l'eflicacité est bien moins contestable et dont l'action irritante e4 beaucoup moins grave. On peut envisager sous le mêtne point de vue son emploi dans le traitement de la gale, malailii; où tant de remèdes divers ont été conseillés, et dans laquelle les excitans locaux guérissent à peu près constamment. Quant aux maladies diverses contre lesquelles on avait voulu l'aire à la sabine tme sorte de réputation, ou ne peut s'empêcher de remarquer, malgré l'autorité des noms qui se rattachent à ces expériences, que rien ne démontre de liaison bien réelle entre les gué ■ risons obtenues et les propriétés constatées du médicament, et que la révulsion donne une explication satisf.sis.inte à ceux qui ne veulent rien laisser sans l'expliquer. On aura peine à croire, en effet, que la sabine soit spécilique contre la goutte, aiïection dont on cherche depuis si lonsi-lemps le spéciOque, et pour laquelle on en comjjte un si grand nombre. Les mêmes probabilités existent à ! l'égard du rhumatisme , ou , si quehiues j guérisons ont eu lieu , elles ont pu être le ! résultat de la purgation qui ne manque pas ' d'avoir lieu quand ce médicament est employé à dose sulïisanie. II serait plus facile de comprendre son eflicacilé contre les fièvres intermittentes que contre les tumeurs de la matrice ou l'ischurie des femmes en couches. \ maladies dont la nature et le siège sont mal déterminés : aussi , les praticiens éclairés s'accordenl-ils à faire peu d'u'^age de la sabine , comme de tous les médicamens qui n'agissent pas d'une manière particulière et notable sur un organe ou sur une maladie. » ' [Dict. de méd. et de chir. prat., t. xiv, pag. ■ 400. )

iU SAFRAN.

La Sabine se donne sous les formes suidâmes :

1" l'ovilrr. A l'inliVieur, à la dose de T) à 10 dt^citirnm. en pilules ou (lélaNOe dans un liiiuide .ipproprié. On s'en sert assez sou\ent à i'eiteriour connue d'nti oalliérciiquc, pour détruire les excroissances >énéricnnes ; on l'a aussi appliquée sur les ulcères de mauvaise nature, sur les os cariés , et sur les dents ^Mées, pour caimer l'odontalgie. [Dict.

dt":3c. m,'(l., I. \Li\, p. 57(j.)

On a conseillé, vu son énergie, de l'associer, pour riisa;:e interne, à ûu sucre , à de la pomme, à des substances nuicilaizineuscs, afin d'adoiicir et de modérer son action.

"l" Iitliisiov. On la prépare a\ec :2 à 8 grammes de feuilles [loiir I litre d'eau. Klle il été' vantée par l\au, dans les inflammations dites n^lhriiiiiurs dr In iti'ilricc cl tir lu ressir, h la dose d'une cuillerée à bonclie toutes les ilcux heures. Si l'on recourt à la décoction mi lieu de l'infusion , on obtient le produit i\u'\ a été usité en lotions contre la pale.

,")" ICon disi'ilUr, On la prescrite de 1" à 30 grammes et ménu' plus «lans une potion. 4'5 Iliiile volatile. Celte essence se donne à la dose de i à (> ou 10 poutles, en potion, en ]»ilules ou mieux en oléo-saccliaruni. (^)uelquefuis, on la prescrit en frictions, anumée il l'état de liniment, dans les cas de douleurs artliriii(|ues, rhumatismales, etc.

.»)" Triniinr. A l'intérieur, à la do«e de 40 h r>() ou (iO t-'oultes. dans une mixture ou une jiotion, comme sliniul.int encrpitiue. A r«'\térieur, en frictions, de la mènu' manière et dans les mêmes cas que l'huile volatile.

C Povniiadc. Kilc résulte du mélange exact de 1 partie en poids de poudre de sabine «ivec TrOU t; jiariies d'axoiiLie ou de céral. f.lle est employée surtout comme epispasti(|ue.

SAt.r«r.M. Os du bassin. Le sacrum est exposé i\u\ Iraelures et ;i <iuel(|ues déplatcinens partiels, (pii iiflient bî-aucoup d'analoil'xe avec les lésions du même ordie qiu* l'on observe dans les autres points de la colonne \ertél;ral('. .Nous étudierons aux mots Vi:r.- TF.BH \i,F. {colonne) et VEinL;nRi;s, ces diverses lé>ions.

Les fraelures des os des lies n'ayant pns été traitées aux mots IUssin et It-i.voui:, nous les dé'rriroiis dans le même article.

.SA! r»AN. Le .'«alran cultivé (crocus sntirn.i , L.), de la fanulle des i ridées, Iriandrie inoiiopynie, Lin.). Les stigmates sont la seuh^ |)arlie usitée , et ce sont eux qui sont désijinés dans les ollicines sous le nom de sajrmi. Il contient de Ihu.le volatile , une matière colorante , beaucoiip de mucilape et de lalbumine \éj:élale : c'ot au piemier de ces principes «)rpani(pie5 qu'on i apporte ses ]>r()pr!é"lés physiologiques.

A la dose de 2 à r» pram. , il excite les orjram s gastriques . au;:meiile l'..|tpéiil , et

de la chaleur à ré|)ipas(re , des ratisées , puis des coliques , mais ces elTets ne durent que quelques instans ; du reste , il ne survient p(iii\l de vomissement, et si des évacuations aUines ont lieu , les selles restent solides, rendant la durée de celte action, il survient des hémorrhapics ; les rèi:les paraissent , il en est résulté parfois de xèritables meirorrhagies. A fortes doses, le safran porte à la tête ; il cause une perturbation dans les facultés morales (îrjv.^^r). Il produit la paielé, le dc^eloppemcnt des forces, des facultés morales , etc.; il peut même causer du délire, des vertiges , et amener un embarras du cerveau avec pesanteur de tète, faiblesse musculaire , somnolcme, pMeur de la face, etc. Une dose élevée, comme ti't décipr. , a occasionné paifois le ralentissement du pouls.

Les principes volatils aromaticjues du safran apissenl avec force sur les nerfs lors- (ju'ils sont très abondans et comme concentrés dans l'air que l'on respire. Ainsi , un court séjour dans un lieu qui renferme beaucoup de cette substance cause de la pesanteur de tète, des vertiges, de l'aceablemenl ; on assure même que des individus ont été pris, dans de telles circonstances, d'un sommeil létharpique auquel ils ont succombé. Aussi, quelques médecins ont-ils rangé le safran parmi les poisons narcotiques ; cependant M. Orfila a f<iit des expériences qui prouvent (ju'il n'est i)oint «lélétère pour les (biens , ou du moins qu'il ne l'est qu'à un depré très faible. (ïraiU des poisons , ô» éd., t. II, p. I!):;.)

Le safran est un puissant emménapogue ; il est, sous ce rapport, employé souvent dans la médecine maternelle , sans avis du médecin , ce (jui peut avoir plus d'un inconvénient , dont le principal est (pie laménorihee peut dépendre de causes excitantes, et le salran , dans ee cas , ne ferait qu'accroître le mal, loin d'y remédier. D'après les mêmes erremens , on s'en est servi |)our faire couler les lochies , provoquer l'accouchement , et tout aussi inconsidérément dans plus d une circonstance; car c'est le plus .sou- \e!it a l'innammalion de l'uiénis, |)ar exemple, ipi'esl due la suppiossion du flux puerjieial. ('omme anli-spasnioili(jue sédatif, le salran a été également fort usité. On le regarde comme propre à provoquer la gaieté , h calmer l'by pocliondrie , la mélancolie. Ou le donne dans l'hystérie, dans les spasmes, la c()(|uelu(he même, etc. , allections ou il n'est toutefi)i'<in(li(iue(jirautant(pril n'existe aucun phénomène d'irritation ou de pldeu'masie.

\a\ substance , on donne le safran depuis 0 jusqu'à 2V décigr. Cette dose est a jieu près aussi celle que l'on fait infuser dans un litre; d'eau. L'extrait de safran se donne à "i, ou 0 dccigram. Sa teinture s'administre de iiO à r>o poulies, (ie médicameni peid

fa>orise la digestion. Lorscm'on en prend i heaueoup de son acIiNiie pai la dessn cation. \1 du iiir. cl plu"i, on éprouve du maaise, A l'exicrieur, il est employé comme réso-

lutif. On en prépnrc des cataplasmes pour dissiper des ciifforgenieiis froids et pour hûlcr la disparition des ecehymoscs. On le lait entrer aussi dans certains collyres. (Dict. de méd. et de cliir. prnt., t. xiv, p. 409.)

SAGAPP]NLJIV1, suc pommo-résineux que l'on croit fourni par le fcrnta pcrsiin de Willdenow , plante de la fanulle des ombellifcres, pentandrie digynie, Lin.

Le sagapenum est en masse et rarement en larmes ; mou , demi-transparent , sa saveur et son odeur sont alliacées , se rapprochant un peu de celles de l'asa-fœtida , mais moins fortes ; il se ramollit entre les doigts , se dissout dans l'alcool faible. Il contient , d'après l'analyse de Brandes, de la résine, de l'huile volatile, delà gomme, des sels et du mucilage (Bassorine).

Les anciens le donnaient comme fondant , résolutif, pour réveiller l'aclivilé des organes digestifs : il est emménagogue , anti-spasmodique , sudorifique, etc. A l'extérieur, on s'en est servi comme résolutif et maturatif. Ferrein prétend qu'il purge fortement depuis 12 décigram. jusqu'à 4 gram. dans les afleclions soporeuses , la paralysie, l'épilepsie , l'hystérie, etc. : la dose ordinaire , comme fondant , est de 2 à 6 décigram., en poudre, forme sous laquelle on le prend plus volontiers. Il entre dans la thériaque , l'emplâtre diachylon gommé, etc.

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