‹ Dictionnaire des dictionnaires de médecine français et étrangers, ou, Traité complet de médecine et de chirurgie pratiques (volume 2)Chapitre 36 sur 143 · SALIVAIRES · texte numérisé non relu

SALIVAIRES

étroite au fond, La jonc fut pprcée au- (Icvanl du nias^eliT , de liant eu bas et d'arrière en avant. Du phénix eut soin, en pliirant la canule, (jue le biseau regard«-\t le fond de la plaie , et que rextremitc opposée ré[H)nd(t à l'ouverture intérieure de la joue. Trois points de suture entortillée rapprochèrent les bords de la plaie extérieure. Le pansement fut .simple : on pourvut à l'ctal (lu malade , que Idn fit tenir couché sur le dos , que Ion fit saigner et à qui on prcsrrivit un régime sévère. On s\qt(.rrul bientt'tt (jue la salive passait dans la bouche à travers la canule. Lorsqu'on pansa pour la première fois , ce qui arriva le (|uatrieme jour, la jilaie fut trouvée dans la voie de consolidation ; le septième, elle était guérie et l'on ôla les ai Mulles ; le dixième , la cicatrice était parfaite; le seizième, la canule fut tirée par la bouche au moyen du fil qu'on avait eu la précaution d'y attacher. Depuis ce temps la fistule n'a plus reparu. (Sabalier, ibid.)

'J'ioisième proccdc (\lonro). •« C'est en suivant le< mêmes priiici[)es, quoi(pie par nu proeédé un peu difféient, que Mouro 8>st conduit dans la cure d'un ulcère de même nature, dont il a (hunu* Pobservatinn dans les Mémoires de la Société d'i"> dimbourg Lu jeune homm»' d'un teinj»'r.imenl délicat, après une cour-eà cheval, pendant une nuit froide, fut atta(]ue d'une tumeur fort duie vers le milieu de la joue gauche ; cette tumeur suppura , et le chirurgien l'ouvrit avec la lancette par le de dans de la bouche; il lit ensuite (iu»> ouverture extérieurement , et applipia (\v< caustiques |)our consommer les diuetts qui restaient encore (]r la tumeur. Il ne s'agi-^ait [)lus (]ue de condiiire la plaie à une bonne cieairiee ; mais la dech irge constante d'une lynqihc fluide et séreuse y niellait obstaelc. Le chirurgien dilata fie nouveau l'ouverture , et y appliqua pend;uil loiig-ttin])S des asIringeiiN et de-; dessiccalifssous dilléientes formes, et sans aucun succès. Monro fut consulte; l'ulcèie de la joue était assez large jiour recevoir rexirèniile ilu potieo. Lorsque le iria'ade remuait la m.'choire , la salive foulait abondannnent par un petit trou , du fond de l'ulcère ; il n'en sortait qtriine j»eiite quantité lor«qMe la mâchoire ne faisait aucun mouvement ; mais pendant le

temps que le malade dînait, il mouillait une serviette eu huit doubles, qu'on mettait par dessus l'emplâtre qui couvrait l'ulcère. Ou convint , à l'inspection de cette maladie , qu'il fallait faire couler la salive dans la bouche par une ouverture artificielle IMouro pratiqua cette opératitui eu dirigeant la jiointe d'une grosse alêne de cordonnier dans l'ouverture du conduit , obliquement vers le dedans de la bouche et en devant. Il avait introduit deux doigts d'une main dans la bouche pour tendre les tégumens et les pousser en dehors pendant qu'il perçait la joue. Il pas<a un cordon de soie dans cette ouverture, et en lia les deux bouts vers l'angle de la bouche , sans «errer la ligature. Le passage dans lequel le cordon était engage desint calleux, ce (pi'on reconnut , dit .Monro, jiar la liberté qu'on avait de mouvoir le seton dans cette ouverture , sans causer de la douleur au malade. Au b(iut de trois semaines on retira le cordon et l'ulcère guérit en 1res peu de temps. » 'J.oiiis. Mnn. cilè.)

2° rowprctsion. Un autre moyen employé pour la guerison de ces fistules est la compression (|u'on exerce soit entre la fistule et la glande parotide, soit sur la glande elle-même.

Dans le premier cas on se propose de suspendre seulement pour un temps le pa'^sage de la salive par le canal, et de favoriser la réunion des bords de la fistule. O mode de compre^^siou a été employé avec sureès pnr Maisonneuve. (le chirurgien, ay;nit à traiter une fisinle du canal salivaiie déterminée par un coiqi de sabre à la joue, ima^'ina d'employer la compression , non sur l'ouverture de la fistule, comme (piehpies autres lavaient tente sans sueces , mais sur la partie saine du canal , entre son ouverlure ae( i leutcUe et la gl inde. (''était, comme le fait remarquer Louis, une digue <ju'il opi)Osait au cours de la sa'ivc pour en tarir la source dans la [)laie, aliii (pi'elaiit ainsi à sec, on piU cicatriser solidement le petit trou par le- (jiiel la salive »'écha[)pait. On continua celte comj'rcssion pendant vingt jours qu'on jugea nécessaires à la consolid;ition de la ciealricf'. ('e jirocédé a l'inconvénient de produire un goiidemcnt considérable de la glande parotide par l'accumu-

SALIVAIKES.

lation de la salive danî5 ces produits, mais on parvient à en diminuer les mauvais effets par des topiques émolliens. 11 est à peine nécessaire de dire que cette méthode ne peut convenir que dans les cas où le canal est libre, et qu'il faut toujours s'en assurer au moyen d'un stylet avant d'entreprendre la cure de la fistule par la compression.

M. Déguise a fait part à la Société de la Faculté de médecine d'un procédé qu'il a mis on usage avec succès ; il consiste à établir une double route arlilicielle à la salive pour tomber dans la bouche. Ce procédé a réussi dans un cas où les autres avaient échoué. M. Déguise perça la joue en deux endroits , et passa , dans cette double ouverture , nn fil de ploml) recourbé dont les deux extrémités lurent passées dans la bouche , et dont la partie moyenne et convexe placée dans le conduit naturel de la salive , correspondait à l'endroit même de l'ouverture fistuleuse. Il exécuta cette première partie de l'opération à l'aide d'un petit trois-quarts porté dans l'orifice fistuleux et enfoncé dans la bouche , en traversant l'épaisseur de la joue de devant en arrière , puis de derrière en devant. La canule servit à conduire dans la bouche le fil de plomb dont les extrémités furent recourbées sur ellesmêmes pour éviter tout déplacement. Les bords de la fistule externe ont été réunis à l'aide d'une suture entortillée , et ils se sont promptement cicatrisés. Pius tard le plomb fut retiré avec précaution, et la guérison a été durable. Percy a perfectionné cette méthode en pratiquant une seule ouverture de haut en bas, au lieu de deux , et en glissant l'un dés chefs du plomb dans le canal naturel , tandis que l'autre est passé dans la bouche par l'ouverture artificielle.

Dans le second cas , c'est-à-dire lorsqu'on exerce la compression sur la glande elle-même , on a pour but d'atrophier cet organe, de détruire ses fonctions, et surtout d'empêcher la sécrétion de la salive. Dcsault est le premier , et peut-être le seul , qui ait employé la compression dans cette intention. Il est parvenu à guérir, par ce moyen, une fistule salivaire du conduit de Sténon , qui , pendant trente jours , avait résisté à une cotripressiou

Page 1