‹ Dictionnaire des dictionnaires de médecine français et étrangers, ou, Traité complet de médecine et de chirurgie pratiques (volume 2)Chapitre 37 sur 143 · TOME vu · texte numérisé non relu

TOME vu

exercée entre l'orifice fistideux et la glande. 11 est probable (|ue ce moyen n'aura agi qu'en susi)endaut temporairement la sécrétion de la salive. (Huyer.)

Béclard est parvenu à guérir plusieurs fistules salivaires en formant un nouveau passage a la salive. La fistule interne est établie en plaçant dans la [)artie interne de l'épaisseur de la joue une anse de plomb, dont le sonuuet ré[)ond au canal excréteur dans le point où il est interrompu, et dont les bouts sont noués dans la bouche ; la plaie extérieure, rendue sanglante par excision,est réunie par la suture entortillée. Ce chirurgien a pratiqué 5 fois cette opération avec le plus grand succès. {/trch. gèn. c/cm^'c/., juin 1825, p. 307; oct. 1824, p. 283.) On devra toujours préférer la mélliodc de Béclard à celle qui consiste à introduire un séton pour maintenir l'ouverttire artificielle, toutes les fois qu'il sera possible, comme dans les cas qu'il a cités, de réunir la plaie extérieure au moyen d'une suture entortillée. (Sam. Cooper, Dict., t. ir, p. 238, édit. de Paris.)

5° Dilatation. La ressemblance des fistules salivaires avec celles qui sont entretenues par l'ouverture de tout autre canal excréteur , et surtout avec les fistules lacrymales , devait suggérer l'idée de rétablir la voie naturelle de la saUve. Aussi cette idée s'est-elle présentée à Louis. Ayant été consulté pour une personne qui perdait une partie de sa salive par une ouverture fistuleuse à l'une des joues , il fut d'avis qu'au lieu de pratiquer une route artificielle à cette liqueur, on s'occupât à rouvrir celle que la nature a disposée pour son passage. Il ignorait si ce conseil avait été suivi ; mais l'occasion de tenter ce moyen de guérison ne tarda pas à se présenter une autre fois. Louis essaya de sonder le canal de Sténon, en introduisant un stylet dans louverture fistuleuse extérieure. Ce procédé ne réussit qu'imparfaitement. Le stylet ne pénétra pas dans la bouche ; il était arrêté à l'extrémité du canal. Louis en chercha la cause , et la trouva dans la disposition de ce canal qui ne perce pas obliquement le buccinateur , et qui fait un coude très marqué avant de passer à travers ce muscle. Cette disposition connue , il ne s'agit que de teadre la joue pour faire disparaître

SALSEPAIIEILLE.

le coude en question. Alors la sonde passa très librement. (^)iielques jours après , on employa une autre sonde qui avait une ouverture ou chef à son extrémité, et qui traînait un lil en double. Le stylet et le lil [)assèrent aisément de la fistule dans la bouche , et furent tires en dehors par cette voie. Louis attacha au fil une mèche faite de quelques brins de soie , à laijuelle il lit parcourir la même route. Un des bouts de la mèche fut fixé au bonnet du malade. L'autre était arrêté sur la joue au moyen d'un emplAlre collant. Dès le même jour la salive cessa presque entièrement de passer par la listule. Cette licpieur tombait dans la bouche. Les chairs de la fistule furent touchées et affermies avec le nitrate d'arj^ent. I e onzième jour de Tapplicatiou du selon il fallut le su[)[)rimer , parce (jue le malade s'était exposé au froid , ce qui avait attiré uue fluxion sur la joue , avec une tension douloureuse le long du canal. On remédia à cet accident par des topiques relàchans. Louis se proiiosait de conserver le séton jusqu'à ce que Tecoule- Uïcnt de la salive en dehors eût entièrement cessé. Alors, il l'aurait coupé au niveau de la bouche. Il fut obligé d'en agir autrement , néanmoins le succès a été complet. (Sabalier.)

4° Cautérisation. Le hasard a fait connaître à Louis que les fistules salivaires causées et entretenues par l'ouverture du canal excréteur de la parotide, pouvaient guérir par un moyen beaucoup plus fciuq)le. Ce moyen consiste dans l'application d'un causlicpie non putrescible , dont leschare , Ixtuchant rcxlcrieur, force la salive à reprendre sa route naturelle pour tomber dan*^ l\ bouclie. Une pâte faite avec le uiuriale de mercure corrosif, la croûte de pain en poudre et un peu d'eau de ^Miiinauve , cl le nitrate d'ari^'cnt fondu, a celte «pialite. L'eschare qu'elle produit doit être en (juelque sorte desséchée par des applications toirwpies. Celle dont Louis s'est servi, dans le cas le phis intcressant dont il rend compte , a été une dissoUnion de pierre uiedicauienteusc de Crollius. On avait plusieurs fois [jerfore la joue de[iuis dix-neuf ans que le mal avait commence , a la suite d'un coup de eorne de taincau. Louis vil (pie louNcrture était

lets de diverses grosseurs, il s'aperçut que le canal de Sténon n'était ni obstrué , ni trop resserre , puis(pril permettait l'introduction des stylets ; mais il ne put parvenir à faire entrer ces instrumens dans la bouche par Torifice du canal.. Son intention parait avoir été d'agrandir l'ouverture de la fistule , pour que la sonde pénétrât plus aisément. Il cautérisa cette ouverture avec le nitrate d'argent fondu , el mit par-dessus une mouche très agglutinative. S'etant aperçu que cette mouche n'était pas détachée par la salive , et que rien ne passait par la fistule , il en conclut avec raison (juc toute la salive tombait dans la bouche , et il fit des a[)plications de linges trempés dans la dissolution cidessns , afin de retarder la pourriture et la chute de Leschare (pii servait de bouchon. Peu à peu cette eschare desséchée se <lélacha. Elle ne tenait plus cpie par un filament, (pii repondait à sa i)artie centrale ; enfin , elle tomba. A cette époque, on conseilla au malade de n'user que d'alimens li(juides j)ris avec un biberon, et de ne pas i)arler, de peur de provoquer une troi) grande sécrétion de salive. Il se trouva guéri en peu dv. jours. IJeux autres l'ont été de la même manièie par Louis, l'autre jiar Ferrand de lieaune, d'après le conseil de ce chii'urgien.

wSALIVA'llON. (/'. Mercure, Sy-

l'IIlLlS.)

SALSI:PARL1LLL ( smila.r snrsnpnrHln, L.), (le la famille des aspara^'inécs , (Jioécie lio\an(lrie. L.. arbuste priiupaiil do l*An)éri- <pie iiieridionalo. Il ne luuriiit ii la matière iiM'diiale (pie ses racines. Pariiii les sortes fonniierciahîs, on doit donner la jiréférencc à la snlscparciUf roiKji- ou de la J(oii'U(/uc.

La salsepareille conlienl une Imile volatile, nn principe iriitnédialparliriilier(<;a/.vt7i^/»'/;/r), une r(!'siiie Acre amére,nne matière liuilouse, nne matière exlraclive , de l'albumine et de l'ainidon.

'Pontes les expériences tentées sur les animaux, avec la salsepareille, ont donné |)(Mi de résnllafs, à cause de la failtlessc de son nrlion. l'ar le même motif, ses ciïels sont peu sensibles sur l'homme en santé. Ce qu'on a observé (pielqnefois, c'est une sueur abond.uite; mais cet cllel inaïKpje sonveiu tonl-nfait. Il en f.iul donner des di)>es considcral)lcs jtour que l'estomac s'en ressente; il survient alors (pndcpies nausées et nièiTie des vomissemens. (Sonbciran, Piouv. traité de pharmac, t. Il, p. l(i<i.)

tri!» petite , et tu la boudaut avec des sly- [ La salsepareille parait dou(îe d'une action

énergique, au rapport do Pallctta , qui dit, avoir fait sur jui-ni^'inc, quelques essais. 10 centigrammes, prisa jeun, lui lireul éprouver un noùi slyptiquc amer, une sensation de conslrielion à la ^orge, et rien de plus. Le jour suivant, son pouls marquait 70 pulsations par minute : il en prit 50 centigram. Alors, aux pli(?nomènes ci-dessus, vint s'ajouter un malaise d'estomac , et le pouls baissa de G pulsations. Après deux autres jours, le pouls marquant OU , il en prit flO ccnligram. (10 grains); il éprouva des nausées, un resserrement assez tort à l'œsophage, et de la langueur à l'estomac ; le pouls baissa de 8 pulsations par minute. Le jour suivant, ayant répété l'eipéricncc , il eut à soufTrir une légère douleur à la région lombaire, des nausées, des vomissemens, une irritation au gosier; le pouls était plus petit que dans l'expérience précédente, abattement général ; une demi-heure après, sueurs abondantes. En dernier lieu, le pouls étant à 68, il en avala 65 centigrammes (15 grains); il éprouva des nausées , des vomissemens d'une matière amère, mais sans secousse et de peu de durée; irritation, constriction comme précédemment, faiblesse générale tellement prononcée qu'il fut obligé de recourir à l'usage d'une potion cordiale. {Repert. med. chir. d'iTorin., 1825, p. 156.) Ces résultats ont engagé les médecins de l'école italienne à ranger la salsepareille parmi les médicamcns hyposthénisans dont l'action se porte plus spécialement sur les vaisseaux artériels.

On prescrit surtout la salsepareille contre les affections vénériennes anciennes et qui ont résisté au traitement mercuriel, avec lequel, d'ailleurs, on l'administre souvent simultanément. On la donne également dans toutes les maladies où il est nécessaire de produire la diaphorèse, telles que le rhumatisme, la goutte, les exanthèmes cutanés, les aflections du système glandulaire , les obstructions, etc. On l'a donnée aussi comme fondante, adoucissante, restaurante, aphrodisiaque, à cause de la grande quantité de fécule qui entre dans sa composition. (Mérat et Delens.)

Quelques praticiens ont proposé d'ajouter è son infusion aqueuse , dit M. Giacomini, une certaine dose d'esprit-tle-vin , sans réfléchir que , par une telle addition , on neutralisait la vertu thérapeutique de la plante. Aussi IVIonteggia, dans un appendice à sa traduction de l'ouvrage de Friizc , propose d'administrer constamment la salsepareille en poudre, et ce conseil a été assez généralement suivi par les praticiens italiens. La dose qu'on doit prescrire est d'une grande importance. Il arrive souvent qu'on perd le temps, les soins et la dépense, à cause de l'insuffisance des doses employées. Tous ceux qui en ont fait un grand usage , et qui en ont obtenu de bons et inconiestables Usui-

SANO. 15i

tais, recommandent instamment de s'en tenir toujours il des doses fortes, i-'ordjee n'eu (lonnail jamais moins de flO gram. par jour. Fraucinetti en ordonne (>0 gram. dans les cas légers, et il en porte la dose jusipj'à 12?» {•ranimes dans les cas graves. C'est cet exemple qu'il faut suivre, iia durée du Iraiterncrit a aus.>>i son importance; elle doit dépas.->eL* l'épotjue de la cessation de tous les syinpi6mes. On perd souvent le résuliat d'un traitement par iinjjalienceou par trop d'éconoinic. On ne iloit pas négliger les autres soins Ingiéniqucs, surtout par rapport à l'alinienlation et à la température atmosphérique. Aussi doit-on éviter toute substance stimulante, défendre le vin , les mets aroinaiisé.s, flatueux , etc. ; et quant à la température, on doit se régler selon la saison et le climat. Celui qui n'aurait pas pris garde, dans l'administraiion de la salsepareille, à toutes ces indications, serait frustré danss on attente, à moins qu'il ne s'agit d'une aiieclion foit légère. J^a meilleure préparation de la salsepareille serait, sans contredit, la salseparine ou ce principequelconque, particulier, qu'elle paraît renfermer. On peut donner ce principe immédiat à la dose de 15 centigrarn., deux, trois et même quatre fois par jour, en poudre ou en pilules. ( Trad. de la pharmacol., p. 308.;

1° Sirop de salsepareille. Ce sirop, qui représente le quart de son poids de salsepareille, se donne à la dose de (iO à 125 grum. (2 à 4 onces), par cuillerées ou dans une boibson appropriée.

2° Sirop de salsepareille composé {sirop de Cuisinier). l\ contient les principes solubles de la salsepareille associés à ceux des fleurs de bourraciie et de rose blanche, des feuilles de séné et des semences d'anis. Il se donne comme le précédent. On l'additionne quelquefois d'une certaine proportion de sublimé corrosif, sur l'ordonnance du médecin ; mais cette addition ne doit être iaite qu'à l'instant d'exécuter la prescription , parce que le sublimé se décompose à la longue dans le sirop.

3° Extrait de salsepareille. On donne la préférence à l'extrait alcoolique, qui représente huit fois son poids de salsepareille. Ou prescrit ce dernier à la dose de 4 à 8 gram. (1 ou 2 gros) et plus, en bols, en électuaire, ou dans un véhicule approprié.

SAiMi , uiy.cc , sanguis. C'est le nom imposé au liquide qui circule dans ies artères et dans les veines. Le sang est composé par lt!S divers produits qui lui sont fournis par les absorptions digestive, respiratoire , cutanée et interstitielle ; modiiie dans sa composition chimique , il peut altérer les organes , et , à leur tour, ces derniers , par suite des changemens qu'ils

132 SANG

sont susceptibles d'éprouver dans leur texture ou dans leurs fonctions , peuvent

occisioiiner des altérations diverses diins

la conslilulion du sang : d'où il résulte qu'en étudiant la pathologie sans idées précoiiriics , sans enthousiasme de série, on se convainc qu'il est snge de se défendre également d'un humorisme ou d'un solidisme exehisif. Aujounrhui , en elTet , on ne met plus en doute Talteration des liquides , et spécialement du sang , dans un grand nombre d'états morbides; mais ce qui est encore un sujet de contestation c'est de savoir , quand il y a à la fois lésion des solides et des liquides , quel est relui de ces deux élemens constitutifs de rorgaiiisme dans lequel a commence l'action morbide.

IJien que nous n'ayons à nous occuper du sang (pic sous le rapport palhologicjue , nous croyons devoir rappeler en peu de m^is les propriétés physiques et chimiques de ce liciuide ; car toutes les fois qu'd perdra , pendant le cours des maladies , les caractères que Ton considère comme étant ceux qui lui appartiennent à l'elat sain, on pourra en conclure qu'il a subi quelque altération.

Propriclcs physiques du sang. Le sang veineux est d'un rouge brun et d'une odeur faible , il est moins cuagulable (pie le sang artériel ; sa température est de 51" R., sa capacité pour le calorique est de 852, et son poids spéeifnpn! de 10:>l. Le sang artériel est d'un rouge vermeil , d'une odeur forte ; il est très coagulable: sa température est presijuc de 5'2" 11. , sa capacité pour le calori(iue est de îS5y, et son [i((i(js speeirn|ue de i0*9.

Propriétés chimiques. Constitution normale du sang. D'après M. Andral, « l'idre la plus ^unple (pi'on puisse prendre (le la ronq)osilion du sang , lorsqu'il circule dans hs vaisseaux , lorsqu'il e^t encore vivant , ronsiste à le regarder comme de l'eau sersant de véhicule à des substances inorganiques et à une matière organique «pii se présente sous trois formes disiincles , une fois (pje le sang est sorti des vaisseaux.

» 11 y a d'abord une matière animale en dissolution dont la propriété caractérisliquc est de se coaguler sponiuiemenl , c'est-à-dire de se séparer de Icau sous

forme de matière plastique , qui a reçu le nom de fibrine. Cette coagulation a lieu constamment quand le sang est sorti du corps, quehpiefois même elle arrive dans les vaisseaux , pendant la vie , sous l'influence de causes morbides.

» La seconde matière animale, également en dissolution dans l'eau , reste toujours ci cet état dans le sang qui circule comme dans celui (jui a été extrait des vaisseaux , on la désigne sous le nom d'albumine.

» Vue troisième matière animale qui ne se retrouve ijuc dans le sang , et qui n'est plus en dissolution , mais seulement suspendue dans l'eau , se présente sous forme de petits cor[)uscules lenticulaires , d'un diamètre de 1,12.") de millimètre , ils ont reçu le nom de globules. Ils se distinguent des deux substances précédentes par leur forme bien déterminée , par leur coloration rouge ; ils sont composés de deux matières : l'une qui donne au sang sa couleur , c'est l'hematosine ; l'autre est une matière encore peu connue dans sa nature , et (|ue les uns considèrent comme de l'albumine , les autres comme de la fibrine.

» Les substances inorganiques sont différens sels dissous dans l'eau ; ils constituent ce qu'on appelle les matériaux solides du sérum.

» Lorsque le sang est sorti de la veine, placé dans un vase , et soustrait à toute espèce de mou\ement , on ne tarde pas à le voir se séparer en deux parties distinctes par leurs pt0[)riélés physiques et chimi(iues : la [iremière est le caillot ou cruor , il est constitué : l'' par la matière spontanément coagulable du sang , c'està (lire par la fibrine ; 2° par les globules, 5° par une graïuhî (pianlite de sérum (|ui reste dans les mailles de la fibrine qui le retient à la manière d'une éponge. La seconde porlion du sang est entièrement li- (juide el composée de sérum , c'est à-dire (l'eau ten.iiit en dissolution les sels et l'albuiiune. " {(Ours de pathologie gcncrule., Com]ite rendu par !\L Monneret, Gazette médic.^ isil, j) (î.'^.j

L'examen microscopique donne pour résultat la connaissance du nombre et de la disposition des globules sépares par le ^eruin , mais il ne permet pas d'apprécier

SANG

les quantités de fibrine et d'albumine qui restent en dissobilion.

Sans nous occuper de décider si la fibrine est un corps réellement distinct, ou seulement une simple modification de Palbumine , ainsi (\iu\ le pense M. llaspail , pour qui la fd)rine ne seiait autre chose que de l'albumine solidifiée par certains sels , nous dirons qu'il im[)orte surtout au médecin d'évaluer la pro[)ortinn de la fibrine, relativement aux autres parties du sang , et qu'il conviendrait mieux , ainsi que le dit M. Andral , de designer cette substance sous le nom de matière spontanément coagulabie , puisqu'il résulte des recherches récentes de IMM. Andral et Gavarret, qu'une des principales modifications morbides du sang consiste dans les changemens de proportion de ce coagulum. Mais pour reconnaître l'augmentation ou la diminution de la fibrine , il fallait évaluer sa quantité moyenne daiis l'état physiologique ; or le chiffre qui représente cette moyetuie est 5 sur 4000. Selon BIM. Lecanu , Dumas , Andral , Gavarret et d'autres, elle peut osciller de 2 1|2 à 5 ll2. Fourcroy en faisait varier la proportion entre 1 et 4,5. Le procédé le plus généralement suivi et le plus simple pour séparer la fibrine flu sang , immédiatement après sa sortie de la veine , est le battage de ce liquide à l'aide d'iuie vergette ou d'un petit balai ; pendant celte opération la fibrine vient adliérer à l'instrument , et il sufflit alors , j)our l'obtenir pure et décolorée , de la laver à grande eau : MM. Prévost et Dumas , Lecanu , Andral et Gavarret, qui se sont, servis de ce procédé , croient qu'il sépare totalement la fibiine.

Selon certains auteurs, les globules du sang sont formés d'une enveloppe fibrincuse renfermant Ihématosine (matière colorante). Selon d'autres, ils sont composés d'albumine solide et de fibrine contenues dans une envelop[)e de matière color.uiîe. Mais tous les auteurs sont d'accord sur l'existence isolée des globules par rapport aux deux autres élémens constitutifs du sang. iM. Andral (/o6-o cit.), se fondant sur ce que les globules ne se coagulent pas spontanément, est f»orté à penser qu'ils ne contiennent pas de fibrine.

Il n'y a pas encore long-temps, que

pour évalueriez rnpportf? en quantité entre les caillots et le sérum, on se conterlait de com[)arer le volume du caillot à la quantité de sérosité au milieu de laquelle il s'était formé par le repos. Mais nous avons déjà vu (pje la matière spontanément coagulabie pouvait contenir dans ses intestins une notable proportion 'de sérum, d'où il résulte que la quantité réelle de fibrine coiitenue dans le caillot n'esl pas toujours représentée par son volume. Au contraire, la fibrine dominera d'autant plus dans le caillot que la consistance de ce dernier sera plus considérable.

Ainsi donc , la simple considération du volume et de la consistance du caillot spontanément formé, bien que pouvant fournir des données approximatives, ne.

suffit cependant pas pour arriver à des conclusions rigoureuses. Après avoir indiiiué le moyen fort simple de séparer la partie coagulabie du sang , nous allons retracer le mode opératoire suivi parJMM. Andral et Gavarret dans leurs intéressantes recherches; ces auteurs ne se sont pas pro{)osé de séparer les nombreux principes du sérum , ils ont eu seulement: pour but d'isoler les uns des autres d'une part les matériaux organiques, et d'autre part les matériaux inorganiques de la partie défibrinée, en ne perdant pas de vue que la majpure partie des matériaux organiques était de l'albumine. « Ces recherches ont été faites en isolant et pesant les différens principes dont nous voulions déterminer les différences de quantité dans les maladies, et pour cela nous avons employé le procédé suivant indiqué par MM. Prévost et Dumas, et auquel M. Dumas nous a conseille d'avoir recours pour ce genre de recherches.

» Le sang est reçu dans deux capsules d'égale capacité , et dont chacune peut contenir 120 grammes d'eau. Dans une de ces deux capsules on recueille le premier et le quatrième quart de la saignée, on abandonne cette portion de sang à elle même pour la laisser se coaguler.

» Dans l'autre capsule on recueille les deuxième et troisième quarts de la saignée, on bat immédiatement cette seconde portion de sang pour obtenir la fibrine qu'on lave avec soin.

» Les deux portions de la saignée ains

SANG

séparées, doivent avoir la m^me romiiositidii (luelle ([iie soit l'iiilluence de recuuleinent sur la composition du sani,' recueilli.

» Quand la coagulation est elîectuce on sépare avec soin le sérum du caillot , et l'un dessèche :

» 1° La (ibrine (jni aval; été obtenue en battant la inoilic do la saigncc;

» 2' Le séniin;

)> 5° Le caillot.

» On pèse la fibrine sèche, et Ton coniinit a-nsi la quantité de (ibrine tpie contient 1{« caillot sur lequel on opère.

» Ou pèse le seruin api-ès dessiccation oouii'lète, et l'on coiuiait aiini sa coinp!)silion ( n eau et en matériaux solides.

» On pèse etifiu le caillot desséché; la quantité d'eau (ju'il contenait, représentée jKU' la perte éprouvée dans celle ()j)erntinn i\c. dessiccation, permet de calculer 1^ (j'i.iutilé de matériaux solides du sérum (pie contient le caillot desséché : en relraiichant du poids du caillot see, le poids de la (ibrine, plus le poids des maiéiiau\ solides du sérmu (piil eoniienl et qu'où a calcule, il nslc le f)oids des globules que renff rme le caillot.

» (-ette suite d'opérations fournit donc :

)» i" Le poi(U de la fibrine ;

» '2' Le |)()ids des globules ;

» 5° Le [îoids des matériaux solides du sérum ;

» -î" Le pioids de l'eau.

>. Quand on veut séparer les matériaux organiques du sérum de ses matériaux iiKU^'aiiicpies , après avoir complètement desséché ce liquide on pèse le résidu, ])our évaluer la (Quantité fie matériaux solifle<, jMiis en incinère ce résidu avec le ])Ius uraml soin dans un creuset de i)latine. La ma«sc blanche (pu reste au fond ïlii creuset représente les matériaux inorfrani'pips. ». [ /Icdierrhrs sur 1rs mnl. <!c jirnjiori. dr quil'jucs principes du aang^ 4'tc . p. - ( t ^ni\ ;

Lu suivant le mode d'ana!y>^e (pii \ient ^Vétre expose, MM. Andral et C.avarret ont trouvé, sur l^oiiii parties de sang, fil)rine, 5; globules, l-i?; matériaux solides du sérum, MO ; eau. 7i»n.

(juant au sérum , il est compose : 1" d'eau, T'.M); 2^ dune partie org.ini(pie qui est l'a'bumine et une matière animale en-

core mal définie ; 5° d'une partie inorga^ nicpie, ce sont les sels et un alcali libre.

Dans Tétat actuel de la science, les procèdes analytiijues qui ont pour effet de démontrer les proportions relatives de la matière spontanément coagulable ou fibrine des globules, des matériaux organiques el inorganiques du sérum, enfin la proportion d'eau, paraissent être ceux (pi'il im[)orle le plus au palhologi^te de connaître. C'est à ce point que l\L Andral s'est ;u-rété dans ses recherches. Nous allons cependant expo!-er succinctement les résultats auxquels sont arrivés les chimistes qui ont cherché jiar l'analyse à pénétrer plus profondcment la composition intime du sang. Le caillot et le sérum du sang ont été l'objet de nombreuses recherches de la part des chimistes ; d'après M. Berzelius, dont l'analyse est encore une des plus estimées , le caillot serait composé de fibrine, de matière grasse, d'albumine et d'hémato?ine. Le sérum contiendrait, sur 1,000 parties, D05 d'eau; M» d'albumine; io do substances solubles dans l'alcool, savoir: G d'hydrochlorate de [)otasse et de soude supposées unies à 4 parties de laclate de soude; i de substances solubles seulement dans l'eau, savoir: soude carbonalée, phosphate de soude et un peu de matière animale. ]\L .Alaicet reconnaît à peu près l'existenco des mcines élémens, mais il indique d'autres proportions. lU>id Claimy, Hraude, \ ogel mettent l'acide carbonique au nombre des principes constituans du sang.

Proust admet de plus de l'ammoniacpie, un hydro-sulfuie, des traces d'acide acéti(pie et du benzoate de soude. M. Raspaii signale également l'existence de Tamnu)nia(pie. Divers autres chimistes ont encore reconnu dans le sérum du sang la présence de cjuehiues autres produits , tels (|ue les sous carbonates de chaux, de magnésie, de fer; du |)éroxy(le de fer, de l'acide acéti(pie, de l'osmaZ('>me , de la cholestérine, etc.

Diver.ses conditions qui ne sortent pas de l'état physiologique, ap[)ortent de notables changemens dans la proportion des piiu(ipau\ clemens du sairg ; (\o, iu)mlirenses analyses comparatives ont coîiduit M. Leeauu aux résultats suivans : « La liroportion deau est [ilus faible dans le

SANG

sang de l'homme que dans le sang de la fennne. La propojtion d'all)iiinine est sensiblement la môme. La proportion des globules est pliirs forte dans le sang d'homme. La proportion d'eau est phis forte dans le sang d'individus lymi)hatiques que dans le sang d'individus sanguins du môme sexe; la proportion d'albumine est à peu près la même. La proportion des globules est plus forte dans le sang d'individus sanguins que dans le sang d'individus lymphatiques du même sexe. » [Études chimiques sur le sang humain; Thèse, 1857, p. 63.)

Des expériences semblables de I\I. Denis [Essai sur Vapplicat. de la chimie à V élude phys. du sang humain , p. 290) sont confirmatives en général de celles de M. Lecanu. De plus, M. Denis a étendu ses recherches pour connaître les différences apportées par l'âge ; il a trouvé qu'une très petite proportion d'eau et une très forte proportion de globules se remarquent dans le sang fœtal. Ces proportions persistent dans le sang du sujet pendant les premiers temps qui suivent la naissance, tant que l'enfant conserve la couleur fortement rosée qui lui est propre. De deux à trois semaines , jusqu'à cinq mois environ, la proportion d'eau augmente, la proportion de globules diminue. De cinq mois à quarante ans environ, la proportion d'eau diminue , la proportion de globules augmente; de quarante à soixante-dix ans, la proportion d'eau augmente de nouveau, et de nouveau aussi celle des globules diminue. Dans l'enfance , l'âge mùr et la vieillesse, la proportion de l'albumine reste sensiblement la même.

M. Denis a encore étudié l'influence déterminée par la nourriture. D'après lui, la proportion d'eau est plus faible, et contrairement la proportion de globules plus forte, chez les inclividus bien nourris que chez les individus peu ou mal nourris.

Si l'on cherche à formuler une conclusion générale des faits qui précèdent, on voit que toute cause qui tend à diminuer la masse du sang scm])le tendre en même temps à diminuer la proportion relative des globules en augmentant celle de l'eau; de telle sorte que l'influence de ces causes a pour résultats d'amener, et la moindre plénitude des vaisseaux sanguins, et

l'appauvrissement, la fluidité du sang qu'ils renferment.

yJltéraHon pathologique du sang. Dans l'exposition que nous allons entreprendre des modifications apportées dans la constitution dii sang par les maladies , nous suivrons la division adoptée par M. Andral dans son mémoire et dans son cours de pathologie générale ; c'est à cette double source que nous puiserons principalement.

Le régime obligé dans beaucoup de maladies et avant tout la diète et les saignées exercent une certaine influence sur la composition du sang. Les anciens disaient que ces moyens avaient pour effet de diminuer les parties solides et d'augmenter les parties aqueuses. M. Andral a cherché à vérifier cette assertion ; il a constaté que ce sont les globules qui diminuent et que ce n'est que très tard et à la longue que la quantité de fibrine s'amoindrit , encore faut-il distinguer deux cas lorsqu'on recherche l'influence des pertes de sang, (t lo Celui qui se présente dans h's maladies aiguë» où l'on pratique des émissions sanguines modérées, et où l'on met le malade à la diète. Dans ce premier cas , les globules seuls diminuent et la fibrine n'est pas sensiblement influencée. Il n'en est pas de même dans le second cas, qui est celui des sujets épuisés par des hémorrhagies abondantes ou qui meurent d'inanition: alors seulement la fibrine diminue dans le sang, ainsi que tous les autres élémens ; l'eau augmente toujours. Dars un cas de perte utérine considérable, les globules étaient tombés à 21 (la quantité normale est 127); il y avait 1,8 en fibrine; matériaux solides du sérum , 61 ; eau , 913. » [Cours cité, p. 68.)

Les divers élémens du sang se modifient relativement à leurs proportions respectives ; ils peuvent se modifier ainsi isolément et indépendamment les uns des autres. Tantôt il n'y en a qu'un seul dont la proportion soit changée, soit en plus , soit en moins ; tantôt il y en a deux modifiés à la fois, mais en sens inverse : de telle sorte que l'un augmente en même temps que l'autre diminue. M. Andral a vu , dans ses nombreuses observations , que sur 1,000 parties de sang la fibrine a varié de proportion depuis 0,9 jusqu'à 10,

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les globnlps dopui;; 21 jusqu'à 185, les dcr maintenant si iniitiriaux solides du séniin drpuis 57 jusqu'à loi, el Teau de r^.'i à î>j:>.

MM. Andr.il el (iavarret (Mrm.citi' ont admis cjnatre espèces d'altérations du sang basées sur les dillerences de proportions qui peuvent survenir dans les «'lémens du jour : 1° la fibrine est augmentée; '2" la librine reste eu quantité normale ou diminue en même tcnqis (|ue les globules restent aussi en quantité normale ou augmentent ; 5" les globules sont spontanément diminués ; 4" ialbumine du sérum est diminuée.

Jugmetrtalion de In fibrine. I/augmentation de ee [)rincii>e a constamment lieu dansl^'S pblegmasies aiguës; elle en constitue le medleur caractère. La condition de cet accrois<etn(iit moibide de la (ibriiie est rinlensiie don lrav;til phlegmasique local , en exceptant toutefois celui (jui a Jieu dans la vaiiole et dans la lièvre typboïde. D'après M. Andral, l'augmenlalion de la fibrine est un caractèn^ tellement sûr de linllammation, que, si dans une maladie on rencontre plus de 5 en fibrine, on peut assurer bardiment (|u il y a dans (juebiue organe une plilegmasie.CJel nuteur cite un giaud nombre d'exem[)les clans les(juels le diagnostic a pu être fondé d'après cette considération. INI. Andral donne comme moyenne de l'augmentation de la fibrine dans les pblegmasies le chiffie 7, comme minimum î), et connne maxi- UHim du et demi.

La constitution forte ou faible des sujet'; atteints de pblegmasie ne |)araîl pas , comme on aurait pu le croire au preinier abord, exercer d'influence sur l'accroissenicnt de la fibrine. Les maladies concomitantes d'une pblegmasie n'empèelieut pas la fibrine d'augmenter de pi opoiliou ; ou voit parfois cliez les eb!oroti(|ues la fibrine atteindre les cbilTres G el 7 |)endant le cours d'une inflammation intercurrente.

(Jiiel (\uo soit le siège occupé par la pblegmasie, la fibrine augmente mais dans des j)roj)ortions qui différent ; c'est ainsi que le maximum de celte auLunentation a ele reneontr»' dans la pneumonie et dans le rbumali>ime articulaire aigu. L'augmeiitati(Ui de la fibrine s'observe dès le début des inllainmalions. « Un peut se dcman-

la fibrine augmente

avant le début de la pblegmasie dans le prodrome. Pendant la (ièNrey a-t-il une disposition (|ui s'elTectue à l'avance dans le sang? La pblegmasie n'eelate-t-elle que lors(pril y a trop de fibrine dans le sang? Ou est-ce le travail local qui produit raccioissement de fd)rine?Ces (juestions peuvent être posées mais non résolues dans l'état actuel de la science. Dans deux cas une saignée fut pratiiiuèe avant le début de la maladie, et il n'y avait pas augmentation de librine. » {Andral, luco cit.,[i. 69.)

La proportion de fibrine suit toutes les pbases de la maladie; elle au;:mente ou diminue avec rinflammalion. Lorsque cette dernière éprouve des alternatives d'exacerbation et de rémission, on observe des cbangemens corrcspondans dans la quantité de fibrine. Le passage de la plilegioasie à l'état ebronitiue e>t accom|»agiie du retour de la proportion normale de la fibrine.

La librine reste quelquefois \ni peu augmenlée [)endanl la convalescence, alors même <pj'()ii ne permet encore aux malades (|u'une alimenlalion Ires peu réparatrice; mais plus souvent la lil)rine diminue, et sa |)roportion normale se rétablit malgré ralimentation.

Les émissions sanguines que l'on prati- (pie pendant le cours d'une j)bleginasie n'empècbent pas la fibrine de s'élever audessus de son clnlfre normal jiisrju'à une certaine epocjue. On ne doit pas en conclure (pie lessaignets sont inutiles contre les inllammalions, mais seulement (pi'elles n'ont pas la puissance d'em[»écber sur-lccbanq) la di'^pnsilion de l économie ta produire de la librine.

M. Andral a encore observé l'accroissement anormal de la fibrine dans qiiel- (|ues alfeclions (pii ne sont pas considérées comme des inflammalions, telles (pie la |»btlii«.ie pulmonaire et certains cancers; mais il fait remarciuer (pu; rv>i maladies se compliquent souvent de pblegmasies inter- (Urrentf s. Il serait bien possible (jue ce fut sous l'inlluence de ces complications inflammatoires que se serait accrue la fibrine,

La |)r()porlion de la fibrine du sang est modifiée pendant la grossesse. Si on divise

SANG

son cours en deux p('îrio(los, Tiuic s'étentlaiit (leiniis le inomout. (\o. lu ('onc.eplion jiisqiraii sixième uiois^Tauln! depuis cette dernière époque jusipfau neuvième mois, on trouve (pie dans la [)romière période la quantité de (iluiue descend au-dessous de l'état normal. Pendant ce temps, sa moyenne est de '2,0, son minimum de 1,9, son maximum de 2,7. La seconde période présente les variations suivantes : entre le «sixième et le septième mois ou trouve 4,2 fibrine ; du septième au huiiième 5,1 : on revient à la moyenne physiologique ; du septième au neuvième mois , la fibrine revient à la proportion déjà observée du sixième au septième mois.

Diminution de la fibrine. Cette diminution peut coïncider avec une proportion normale des globules , et alors elle est absolue ; elle n'est plus que relative lorsque la quantité de fibrine reste normale et que les globules s'élèvent au-dessus de 127 ( proportion pbysiologifjue).

Enfin, il peut arriver qu'il y ait en même temps diminution de fibrine et accroissement de g'o!)ules. Dans tous ces cas le ra[)port de quantité entre ces élémens du sang est rompu, et il y a altération de ce liquide.

La diminution de la fibrine a été constatée dans certains états morbides fort différens, mais cependant rapprochés par ce caractère commun '-tels que les hémorrhagies, la fièvre typhoïde , les pyrexies, les fièvres éruplives , etc. M. Andral voit dans cette particularité une raison d'éloigner les hémorrhagies des phlegmasies dans lesquelles la fibrine est augmentée , malgré le rapprochement que font les auteurs de ces deux classes de maladies.

« Dans les fièvres ou pyrexies la fibrine est normale ou diminue , jamais elle n'augmente; ce qui les dislingue très bien des phlegmasies. Lorsque la fièvre est le symptôme d'une phlegmasie, alors l'état du sang est commandé par la phlegmasie et offre la lésion (pu est propre à celle-ci, c'est-à-dire que la fibrine augmente ; mais dans la fièvre où il n'y a pas de phlegmasie, où le mouvement fébrile est toute la lésion, l'état du sang reste une altération à part. Nous devons faire remarquer à ce sujet que la fièvre peut marcher avec deux sortes de phlegmasies : 1'^ avec une

phlegmasie qui a son point de départ dans la cause conununo qui pioduil la fièvre comme Péruption cutanée dans la vaiiole, la rougeole, la scarlatine; dans ce cas, la lésion locale est liée à une cause plus générale. Le sang alors n'est pas autrement modifié qu'avant l'inflaminatiou de la peau, et celle-ci reste sans influence sur la constitution du sang ; aussi la fibrine n'est-elle pas augmentée. 2" Il n'en est pas de même dans un second ordre de lièvres où la phlegmasie existe à litre de C(;mplication ; on retrouve alors les caractères de celle-ci, la fibrine augmente...

» La diminution de la fibrine conslitue une des altéralions du sang qui déterminent le plus fréquemment des hémorrhagies. Ces résultats confirment ceux auxquels M. Magendie a été conduit par ses expériences sur la defibrinalion du sang. Cependant il ne faut pas croire que cette diminution des quantités normales de fibrine soit la seule condition (pii les produise. 11 y a des cas où l'iiémorrhagic tient à un excès de globules dans le sang ; la fibrine reste normale : mais les rapports physiologitpies qui doivent exister entre ces deux principaux élémens venant à cesser, il en résulte un véritable état morbide du sang; c'est ce qui a lieu dans la pléthore. Dans les vraies phleguiasies , dans la pneumonie, par exemple, les hémorrhagies sont très rares ; elles se montrent au contraire très fréquentes dans la fièvre typhoïde et la scarlatine, où la fibrine est diminuée.

» Lorsque la saignée a affiiibli l'économie, mais d'une manière médiocre, on n'observe pas d'iiémorrhagies , parce que les globules et la fibrine n'ont encore subi aucun changement ; mais si la perte de sang a été considérable , les hémorrhagies surviennent par différentes voies : on voit des pétéchies , des ecchymoses , des épistaxis ; ces accidens tiennent à la diunnulion de la fibrine , qui n'arrive cependant qu'après que les globules ont déjà notablement diminué. Dans le cours ordinaire des maladies chroniques , il est rare d'observer des hémorrhagies ; mais si la maladie a altéré profondément toute la constitution , soit en s'opposant au travail de la digestion (cancer d'estomac), soit d'une tout autre ma-

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