‹ Dictionnaire des dictionnaires de médecine français et étrangers, ou, Traité complet de médecine et de chirurgie pratiques (volume 2)Chapitre 38 sur 143 · SAN · texte numérisé non relu

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iiicre , les glo])ule<5 diminuent : puis celte diminution porte sur la fibrine , la peau se rouvre de pi'técîîiçs , d"ec('liyuio?e>, et le sang sort par diirerens organes. On peut supposer que chez les scorbutiques la diminution de la fibrine est la vraie cause des iieniorrhagies ; l'analyse seule pourra nous apprendre si cette supposition est fondée. Le sang est-il altère de la uk^uic nianitre chez les scorbutiques et les chloroliques? Sans que Ton puisse s'étayer d'analyses, qui n'ont pu èlre faites à cause de la rareté du s(orl)ut dans les hôpitaux, on peut répondre presque à coup sûr, que le s.uig n'est point altère de la même manière ; en effet, malgré la similitude des symptômes qui se montrent dans Tune et l'autre maladie , et qui consistent dan? une faiblesse extrême, des étourdissemens, des bourdonncmens d'oreilles , des vertiges , des lipothymies, de la dyspnée , des palpitations de cœur , des douleurs erratiques, etc., des didercnccs très grandes existent dans ces deux maladies. Dans la chlorose, jamais d'hèmorrhagie considèrai)le, de pétechies , d'ecchymoses. Le souille qui est si constant dans la première maladie , ne s'est pas présenté dans trois cas de scorbut. Il est donc permis de croire que l'altération du sang ne saurait être la même avec des diiïercnccs aussi tranchées. » ( Andral , Cours cité , p. 129.)

Daus la première période de la fièvre typhoïde la fibrine reste dans sa proportion physiologique , à moins que rairecliou ne levète d'emblée la forme adyuamique; cas dans le^picl la fibrine dimimie: plus tard cette diminution devient plus notable on suivant les progrès de la maladie ; elle n'est d'ailleurs jamais portée aussi loin d.ins la forme inllamiiiatoirc que dau'^ la forme adynamique. Ici , comme toujours , nue plilegm:»-ie bien caractérisée donne lieu à une augmentation de fibrine. I.e chillVo \r pins clevc de la fil)rine , i\:\u^ la fièvre typhoïde non compliquée d'infl uiimalion locale , a etc 5 1/tI; Je plus bas (»/.) I, a convalescence est annoncée par le retour de la fibiine à sa qoauiile normale.

Daus les fièvres cniplives , il peut arriver (pie la fibiiue ne soit pn» modifiée dans SCS proportions normales ou qu'elle

soit diminuée. C'est un résultat auquel la théorie n'aurait pas conduit, en considérant le travail inflamuialoire dont la peau est le siège ; mais , comme nous l'avons déjà dit d'après M. Andral , les lésions locales sont subordonnées à une cause générale.

Diminution des globules du sn7}g.

M. Andral a avancé que les globules diminuaient d'une manière notable et constante : 1° après les pertes considérables de sang , surtout lorsqu'elles ont eu lieu dans un court espace de temps ; les saignées trop répétées produisent ce résultat, de même que les hémorrhagies ; 'i'' chez les sujets dont la nutrition a été I)lus ou moins altérée soit par une alimentation insufiisante ou de mauvaise nature, soit par la présence de quelque lésion organique qui empêche la digestion ; 5° dans la phthisie pulmonaire, parce qu'elle empêche l'hématose 5 tant que les tubercules sont à l'ctat de crudité, les globules diminuent dans une proportion qui peut varier de 122 à 402; 4" dans la seconde période de la phthisie rabaissement des globules devient plus considérable, mais, dit !M. Andral , à cette époque il y a plusieurs altérations cpii concourent à produire ce résultat. Les sécrétions cutanée, intestinale , pulmonaire sont souvent trè.s abondantes ; on conçoit sans peine que le sang doit alors s'altérer. M. Andral signale comme des conditions qui font diminuer les globules: les flueurs blanches anciennes et abondantes; certains cas où prédomine la diathèse séreuse ; 5" chez les sujets alfectés du diabète sucre , on a trouvé les globules descendus à 122 (Lecanu). La maladie de Ihight n'altère pas la proportion des globules ; 0 chez les individus (jui présentent la cachexie saturnine ; lein- sang a offert une diiviimuion fort notable des globides, qui n'existaient plus que dans la proporl u)n de h8 à 80. Le même fait a été observé à la suite des fièvres intermittentes ; 7" pendant la grossesse, la moyenne générale des globules fut de 114 chez 28 femmes. On observa (pie la diminution des globules était un peu plu< gr.uide vers la fin do la gestation que pendant les cinq premiers uioi'^; S" dnus la clilorose, cette maladie olhc comme particularité la diminution

SANG

toute spontanéfi dos glol)iiles m mi^me tcMDps (juc les autres élomens du sang se inainlienncnt à Pclat normal. On a vu les globules descendre jusqu'à 38 , presqu'auciine maladie n'abaisse autant la proportion des globules.

Diminution de Valhnmine du scrum. Celte espèce d'altération du sang a surtout été observée dans la maladie de Bright et s'y est présentée d'une manière constante. IMM. Andral et Gavarret {Mêni.

cité , p. 95) ont constaté que les parties organiques des matériaux solides du sérum, essentiellement formées d'albumine, dans la proportion normale de 68, peuvent éprouver un abaissement qui les réduit à 61,5, 60,8, 57,9. La diminution de l'albumine du sérum a été d'autant plus marquée qu'il existait dans l'urine rendue par les malades une plus grande proportion de cette substance organique.

Depuis la publication du mémoire dont il vient d'être parlé, M. Andral a cité de plus la phthisie et les grandes perles de sang, comme des cas dans lesquels on observe la diminution de l'albumine du sérum.

Matériaux inorganiques et sérum. On peut les séparer en deux parties , un alcali libre et des sels. L'alcalinité plus ou moins grande du sang est une particularité qu'il importe de connaître, on est porté à croire aujourd'hui que l'alcali dissout la fibrine; et, en effet, la proportion de ce dernier principe est en raison inverse avec l'alcali. Sylvius de Le Boë avait déjà annoncé que dans les fièvres putrides il y avait excès de sel volatil , de l'alcali ; il avait annoncé aussi que le sang est très fluide dans la perte , et que la cause des hémorrhagies et du défaut de coagula bilité du sang était due à la présence d'un acide : on voit que les anciens ont cherché à baser leur humorisme sur des altérations chimiques du sang. La science ne possède encore qu'un petit nombre de notions précises à ce sujet. On peut supposer aujourd'hui, mais on ne saurait l'affirmer, que la fluidité du sang est le résultat de son alcalinité , bien plus que la proportion d'eau qu'il contient; c'est ainsi que M. Fremy a rencontré un excès d'alcali dans le sang fluide d'un scorbutique.

" Les gloI)!jlcs sont su«;pendu!? dans une eau fortement chargée (Talhumine et de sels, c'est la Icin- véhicule naturel ; aussi quand on vient à les placer dans de l'eau jiurc, on les altère trè^ notablement : cette altération doit également arriver quand on injecte de l'eau dans les veines d'animaux soumis à l'expérience ; on n'étend pas seulement le sang d'une plus grande (pjantité d'eau , on altère la constitution d'un de ses élémens qui est le globule.

» L'eau est d'autant plus abondante que les autres principes y sont en proportion moindre , le principe dont les quantités ont le plus d'influence sont les globules ; s'ils augmentent , l'eau diminue. Le sang des plétliori(pjes renferme moins d'eau que celui des hommes qui, placés dans des conditions dilférentes , ont moins de globules. Les sujets nerveux ont dans leur sang une quantité assez considérable d'eau , ce qui explique le peu de facilité avec laquelle ils supportent les émissions sanguines.

)) On ne peut pas augmenter à volonté l'eau du sang. On croit dans le monde qu'en introduisant beaucoup de bois^on3 dans l'économie , le sang contiendra plus d'eau ; mais c'est là une erreur : le sang peut être plus aqueux, mais pour un temps très court; bientôt les sécrétions augmentent et débarrassent le sang de ce surcroît de li(]uide aqueux. Si l'on fait des injections d'eau dans les veines des animaux, on obtient le même résultat; si l'on porte très loin ces injections, il s'épanche des liquides dans le tissu cellulaire : et la mort ne tarde pas à arriver, si la quantité d'eau a été considérable. La mort s'explique dans ce cas parles altérations du sang.» (Andral, Cours cilé^ p. 153.)

Au nombre des influences qui modifient la proportion de la partie aqueuse du sang , il faut surtout signaler la saignée et la diète. Après des saignées modérées on remarque déjà l'augmentation du sérum ; après les saignées coi)ieuses et les grandes hémorrhagies, l'eau du sang peut acquérir rapidement des proportions énormes. On sait que, d'après M. Andral, dans l'état physiologique l'eau est, dans le sang, de 790 parties sur 1000. On a vu cette quantité s'élever au chiffre 915 après une métrorrhagie. Le chiffre 886 est celui qui

t de gran-

représente le maximum de rdévation spontanée fie l'eau. Le sérum peut augmenter p!us (pi'il ne i)eul diminuer ; ladifférenee en plus peut être de 12.>, tandis qu'elle n'est que de 75 en moins.

M. Andral ronclut d--* ses expériences que le sérum du sang a de la tendance a augmenier dans les plilegmasies, et surtout dans le rliumati^mc et la pneinnonie. Pendant les convale-iccnces la (luanlite d'eau diminue , souvent avec une grande rapidité, et jtcu de teinp- après (jue les sujets ont ennimoinc à prendre des alimens, mai>^ il y a sons ce l'apnor des variations selon les individu-^.

Le Fcrum du sang diminue dans les pyrexies, dans la (iévre typlioïde et dans les fièvres eruptives. Le eliiirre du sérum s'est abaissé jusqu'à 7^25, dit iM.

Andral , dans un cas de fièvre angioténique. (l'est la diminution la plus grande qu'on ait ob-ervee jus(j!i'à j>resent.

La proportion d'eau a toujours été trouvée augmerïlée eliez les elio!eri(jues ; il en est encore ainsi dans la nial.idie de I3rigbt.

Les altéraliou'"; mentionnées jusqu'ici portent exclusivement sur b-s cliangemens de pro[)orlion relative ou absolue des principaux élemens du sang. (^)uant aux altérations de ijualites de ces mêmes élemens, nous suumics obliges de constater le denument de la science à ce sujet ; on sait seulement que la rd)rine des dernières saignées, la lii)rine de nouvellelormalion , est molle et résiste moins (jue la fibrine plus am-ienne : elb; se raitprocbe sous ceriains i-appoits de la libi nie de< jeunes animaux. Espérons (\uo. la nouvelle voie d'olxei v.rion tracée i)ar i\l. Andral , auipiel nous sonnnes rerievables de la coiinaissiiiicc de la j)bipart de«i fails (pii précèdent , sera suivie avec succès , et (pie des tia\aox ulieiieur.s viendront augmenier la >oiiune des notions ac(pii<es sur les altérations du sang dans les maladies.

yillcratiovs (lu sfin;/ par (/cv sub.'^lancesr/ui ncfitniil pas clans la cauiiiosition normale. (Jes sub-lances étrangères peuvent avoir leur analogie dans l'organisme sain , comme la bile , l'urine , le but , ou être sans ana'ogues, connue le |)us, la matière cancéreuse, etc. Lc5 principes élran-

SANG

gers <à l'organisme peuvent être dévoilés dans le sang par leurs propriétés cbimi- (pies, ou bien leur présence n'est admise (pie par induction : telle est celle du miasme.

Bile. La piésence de ce produit de sécrétion dans le sang n'est pas admise par tous les ebimistes. Les uns prélemleiit avoir trouvé de la bile en nature dans le sang des icleriipies. (Orfila , (Marion). D'autres pensent «jne le sang de ces malades n'en contient pas , et (jue sa coloration , dans ce cas , est due à la présence d'une matière particulière. ( Thénard , LassaigiU'). Knrm, d'autres avancent (pie , sans contenir de la bile toute formée , le sang des iiMeriques contient ses principes colorant, (cllievreul, F. Hoiidet, Lecanu.) M. Cbevreul pense (jne les élemens de la bile trouvés dans le sang sont un principe colorant rouge-orangé , un principe colorant vert, et un princi[>e colorant bleu. F)Oiidet a trouve ces mêmes [)rinci- |)es,et (k*. plus de la cliolestét ine. M. Andral n'admet [)as (jue la bile puisse exister en nalure dans le sang ; mais il dit (pie la maiièreidloranle verte peut s'y trouver iutiiuement mi'lee au sérum, au(pMd elle comnmniipie i>aifois une teinte verdàtre ou ja(uie prononcée. L'acide niiritpie fait naiire alnrs dans le sérum un précipité verdàtre, cailleboité, forme par l'albumine unie a la malieic coloranie. L'ictère est la seide alleclion dan-. I.ujuelle "S], Andral a trouve le >ang al i ère par l.i matière verte de la bile, bien tpj'il ait étendu ses recberclies a U!i gr.uid nombre d'autres maladies où on j)()uv.iit supposer ce [^beiioinene. ( )u peut ciiLinpii r ICI coiiibicii était erroiice la dieone des anciens médecins qui atlriliii.iient la lièvre bilieuse au passa^M» de la bile dans le sang; puis pie l'analyse chimique a démontre la présence (l'on des élemens de la bile la où n'existe pas celte fièvre , tandis (|ue le sang des malades atteints de lièvre ou de sym{)!ùmes bilieux a ele trouve exempt des maieriaux de la bile.

liinc. 'S\\\. Prévost et Dumas, après avoir extirpe les reins à des animaux, analysèrent leur sang et y trouNèrent une notable (jiian ité d'urée. Ou devait conclure de ces expériences (jue toutes les fois (pie les reins sont devenus impropres à rein-

SANG

plir leur fonction sécrétoire , c'est-à-dire à extraire du sang les matériaux de Turine , et particulièrement l'nree, ce principe devait être rencontré dans le sang. C'est en effet ce qui a lieu dans la maladie de Briglit; comme cela a été démontré parles analyses chimiques de Christison et d'autres, qui ont fait voir qu'en même temps que l'urée existait dans le sang elle manquait dans l'urine : ainsi Turiiie n'entre })as plus dans le sang toute formée, que la bile ; c'est seulement un de ses principes constituans , l'urée , qu'on y a rencontré. Que penser d'après cela de la fièvre uriiieuse admise par certains auteurs ?

Lait. Beaucoup d'auteurs, frappés de l'aspect lactescent que présente le sang dans certains états morbides, av.iient admis que cette altération du sang devait être rapportée au mélange du lait avec le sang ; plus tard on a pensé que le sang ne recelait que la matière caséeuse du lait ; mais l'analyse chimique a prouvé que le sang d'aspect laiteux ne contient pas les principes du lait, pas même le caséum.

D'après M. Lassaigne, la coloration particuUère du sang laiteux est due à la présence d'une matière grasse analogue à la substance cérébrale. MM. Christison et Lecanu , qui ont également reconnu la présence de cette matière grasse , l'ont trouvée formée d'oléine , de margarine et de stéarine. M. Caventou a attribue la laciescence d'un sang qu'il a analysé , à l'absence de l'albumine. M. Raspail la croit due à la formation d'un acide qui , saturant le menstrue alcalin de l'albumine , occasionne la coagulation d« celleci. Ainsi ni le lait en substance ni le caséum ne se trouvent dans le sang.

Produits sans analogues dans Vorganisme sain. « Ces principes nouveaux peuvent 1° s'être formés de toute pièce dans le sang qui s'est altéré , c'est là une altération toute spontanée, une création des produits nouveaux ; 2" ils peuvent être engendrés par les parois des vaisseaux , tel est le pusciui peut être sécrète par les vaisseaux ; 3'' ces produits nouveaux peuvent s'introduira' par voie d'absorption. Le sang peut encore être altéré dans sa composition , parce qu'il s'est développé un corps inorgaiiitpje nouveau.

M. Denis dit avoir trouvé dans le sang de

l'ammoniaque libre ; M. Bonnet de l'hydro-sulfate d'ammoniaque dans df^s cas de fièvres graves. Ces faits ne doivent pas être acceptés sans réserve.

» Pus. On a trouvé bien positivement du pus dans les cas suivans : 1» dans Tinflammalion des |)arois du cœur , des veines et des artères; 2'^ dans les inflammations d'autres organes , dans les cas de variole , par exemple ; 3o dans les cas de vastes foyers de suppuration , et alors le pus pénètre par absorption , molécule par molécule ; 4° on a encore rencontre le pus au milieu de caillots sanguins qui s'étaient développes pendant la vie... Le pus se présente à plusieurs états : à l'état d'infiltration dans le sang ; il est alors combiné avec ce liquide molécule par molécule, ce qui amène un changement de couleur dans le sang : il est quelquefois déposé sous forme de gouttelettes purulentes isolées au milieu du sang des cadavres. M. Piorry, à qui l'on doit d'importantes recherches sur ce point , a trouve dans l'épaisseur ou à la surface de la couenne chez les sujets atteints de pneumonie, des granulations blanches qu'il a considérées comme des collections de pus. Le pus se rassemble aussi en foyers dans les caillots que contiennent les cavités du cœur.

» Lorsque la matière purulente est ainsi mêlée au sang, ce dernier devient un véritable poison ; il perd sa consistance ; il est mou, friable , se réduit en petits grumeaux. La portion liquide constitue un véritable ichor. Lorsqu'on môle du pus et du sang , on empêche celui-ci de se coaguler, parce que le pus agit de cette manière sur la fibrine....

M Matière encéphaloïde. Les veines des sujets qui succombent à une alfection cancéreuse renferment quelquefois des masses d'un gris rougeàtre , constituées par une matière comme putrilagineuse et ichoreuse en certains points. La ressemblance qu'offre le sang ainsi altéré avec la matière encéphaloïde est très grande , et l'on conçoit très bien que l'on ait dit qu'il y avait dans ces cas cancer du sang. Le liquide s'est-il transformé en cancer, ou bien y a-t il eu absor[)tion pure et simple de la matière cancéreuse? La science ne possède pas un seul cas où l'on ait trouvé de la matière encéphaloïde dans les vei-

SANG

nés sans qu'il y en ait eu dans d'autres organes. Les vcities ([ui renferment celle nialiere sont ordinairement siluees dans le voisinage des orjs'ancs atteints de cancer ou lifLMit leur origine des li-sus allé-

res Souvent on a iiris pour de la nia-

liérc cancéreuse du sang i)lu-; on moins altéré, et Ton ne saurait Ure avec Uo[) de circouspecliou tout ce (ju"on a écrit a cet

égard.

» Il est bien rare de constater dans le sang l'exislence d'animaux doues de vie. Un médecin italien, i\l. 13ella Chiaje, a observé dans le sang un véritable enli^zoaire qu'il a designé sous le ncni de poly>tôine du sang. 'Jreuller rapporte l'observation d'un liomme (jui , s'etant baigne dans un lleuve, fût pris d'une benioriliagie causée par la rupture des veines variipieuses d'une jambe ; on trouva dans une de ces veines un cori)s organisé dont 'Jreutler a donné la ligure, et qui a ele considère par plusieurs auteurs comme un ver venu du deliors.

» rirus. Il y a des cas où le sang s'altère dans ses qualités pbysicjues et cliimi- (pies par suite de l'introduction dans le sang de princijies deléu'ires, tels que des gaz, des poisons ; quelques virus provenant des animaux, comme celui de la morve , du charbon , de l;i puslnle maligne , peuvent infecter le sang. Lorsque les animaux ont été surmenés, leur s.ing s'altère et, injecte dans les veines d'autres animaux, y détermine des accidcns redoutal)l('s : dans ces cas, le sang esl moins diflluent j \\ a une grande tendance a eiurer en dissolution.» (Andral,roM7*5c., p. 2110.)

Ici se termiu'ut les altérations (\\\ sang plus ou moins comi^lelement révélées par les procédés analyticjues que fournil la cliimie. Adoptant toujours l'ordre suivi par M. Andral dans son cours de pathologie générale, nous allons étudier niauitenant les altérations manifestées par des modilirations survenues dans les propriétés physiques du sang. Qnant aux altérations <jue le microscope nous révèle, nous les [)asserons sous silence, dit AL Andral, parce qu'elles n'ollrenl rien de bien distuict cl de bien tranché.

Couenne du sanrj. Le jjIus remanpiable changement (pje présente l'aspeci dn

mène connu sous le nom de couenne. Elle est formée de fibrine retenant une certaine quantité de globules et de sérum ; il convient de l'étudier sous le rapport de son épaisseur, de sa consistance, de sa transpiuenee et de sa couleur. La couenne est, pour M. Andral, parfaite ou imparfai;e ; la première est d'un blanc-jaunâtre opaque, la seconde verdàtre et rudiinentaire.

Quchpies instans après la sortie du sang, ce licjuide se divise en deux couches qui se superposent : la couche profonde est constituée par la sérosité , par la presque totalité des globules et par une très faible quantité de librine ; la couche superlicielle est un liijuide transparent, d'une teinte verdàtre, formé de beaucoup d'eau, de quehiues globules et de la |)resque totalité de la fibrine, (pii est en dissolution dans le sérum. Après un certain temps, la couche sui)erficielle s'épaissit et ressemble à une conclie d'huile qui commence à se figer; sa consistance augmente rai)i(lement : on aperçoit dans son intérieur comme des cellules. Dans le principe, la couche superficielle occupe toute la largeur du vase ; puis elle se conlracte de la périphérie au centre : par suite de ce retrait, les bords se retroussent et on a la couenne parfaite. La couenne ayant absorbé presque tojite la fibrine, le caillot (jn'elle rerouvre et amiuel elle adhère n'en renferme plus qu'une petite quantité.

La condition essentielle qui, selon I\I. Andral. parait j)rèsider à la formation de la couenne est l'augmentatiou relative de la fihriiH! par rapport aux globules, et non la simple augmentation de (pianlité de la fibrine. « L'augmentation de rapport de la fibrine aux glohules, dit Î\I. Andral, a lieu de dnux manières différentes: l'' les gl(»bules sont restés à l'état norliial , mais la fibrine a augmenté de 4 à 10 et dans ce cas la couenne se forme constamment; et plus ce rapport sera tranché au prolit de la fibrine , |)lus la couenne sera épaisse. C'/est ce qui a lieu dans les phlegmasies, où il y a augmentation réelle et absolue de fibrine. Dans les ()hlegmasics, la consistance de la nouvelle fibrine diminue. ^Z" Il y a dans un autre cas augnirntiili; n relative de fibrine, lor.'^qucceb

sang dauii beaucoup de cas, cal le phenu- ] le-ci restant normab;, les globules dirni*

SANG

nnent et descendent au-dessous de 72, 80. On voit alors la couenne se former, et elle devient aussi parfaite, aussi belle que dans rinllainniation ; ses bords se renversent et donnent au caillot la forme d'un godet : c'est ce qui a lieu dans les chloroses les plus intenses. Chez une jeune (ille qui n'avait que 28 en globules au lieu de 127 , une très belle couenne se forma. L'explication de ces faits est de la plus haute importance et met fin aux débats qui se sont élevés entre les médecins, qui trouvaient surprenant de rencontrer la couenne dans la chlorose , c'est-à-dire dans une maladie qui est considérée généralement comme un état morbide opposé à l'inflammation. La production de la couenne, dans ce cas, tient à la seule diminution des globules. Nous avons dit, en effet, que la fibrine restait normale. » {Cours cité, p. 292.)

Selon M. Denis, la couenne du sang se forme avec d'autant plus de lenteur que le sang contient plus d'alcali libre et moins de sels, et que le sérum contient moins d'albumine. M. Andral pense que lorsque la couenne se forme lentement , cela dépend de ce qu'elle est produite par une fibrine de nouvelle formation plus molle et moins consistante.

Quelques circonstances relatives à la manière d'opérer la saignée et de recevoir le sang influent sur la manifestation de la couenne : une ouverture large de la veine, l'écoulement facile du sang, la forme du vase dans lequel le sang est reçu, qui doit être d'une profondeur et d'une largeur moyennes ; le repos absolu du sang dès après la sortie du vaisseau , sont les conditions principales qui favorisent la formation de la couenne. 11 importe que le jet de sang n'ait pas trop de hauteur; quant à la matière du vase, elle ne paraît pas avoir d'influence quoi qu'on en ait dit. M. Andral n'a pas vu que la couenne fût plus prompte à se former l'hiver que l'été : cependant, en entourant de glace un verre dans lequel le sang serait reçu , la séparation de la couenne deviendrait difficile ou impossible; il en serait encore de même si le vase était fortement chauffé.

Doit-on adopter l'opinion des auteurs qui pensent que la couenne du sang est

un signe certain de phlegmasie? On ne saurait douter que, d'une [)art, la couenne n'ait été observée nombre de fois dans des maladies non inflammatoires , telles <|ue la chlorose ; d'autre part, qu'elle n'ait manqué là où existait une inflammation évidente. M. Andral n'attache aucune valeur à la couenne comme pouvant servir à caractériser l'inflammation; pour cet observateur, la présence de la couenne indique seulement un changement de proportion entre les globules et la fibrine : condition qui peut se rencontrer dans les maladies les plus diverses, mais qui cependant est plus commune dans certaines maladies inflammatoires.

J\L F. Hatin , dans un mémoire sur la couenne dite inflammatoire qu'il appelle hêmaleucose ou coagulation blanche du sang, parce que, dit-il, le mot couenne a quelque chose de bas et de commun (jui dépare le langage médical, et ensuite parce qu'il manque de justesse, ne regarde pas non plus ce phénomène comme un signe infaillible de l'inflammation. Il se rencontre, selon cet auteur, dans le sang des personnes que l'on saigne pendant le travail de la digestion ; il Ta vu encore se développer après un exercice gymnastique un peu soutenu.

M. Gendrin a fait l'observation que le sang couenneux , lorsqu'il est sorti avant ou après une syncope , cesse de l'être lorsqu'il s'écoule pendant cet état.

Rapportons ici l'opinion de M Piorry, quelqu'eloignée qu'elle soit des idées reçues généralement. « Nous considérons comme inflammatoire le sang dont le caillot se recouvre d'une couche pseudomembraneuse plus ou moins épaisse , et nous désignons par le nom d'hémite la maladie qui consiste dans cet état particulier du sang.

w C'est peut-être faute d'un mol qu'on n'a point étudié ici la chose; car il n'est pas possible de regarder, dans tous les cas , l'état couenneux du sang comme symptomatique d'une affection locale des solides. Bien souvent c'est l'appareil circulatoire seul qui est lésé, et il Test d'une manière trop générale pour que le point de départ ne soit pas dans le fluide qui le parcourt; il n'est pas de praticien qui n'ait été frappé de ce phénomène. Or,

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comment se fait-il (ju'aiiciin traité de médecine n'en parle ex professa'/ n'est-ce pas encore une fois parce que le mot hémite ne se trouvait jKa^ dans la nomenclature? Pour nous, (juand une [thlegni.isie lociie se conipli(iuera d'une notable formation de couenne sur le sang, nous admetiroiis (ju'il y a C()in(»lication de l'iiemite et d'une iiitlaniiiialiou (Tor^'ane. » {Traité di's allêrat. du sang, heniitc ,

Le sérum , au miiieu du(|uel naije le caillol, représente «juelquefois réellement la quantiie d'eau contenue dans le sang. 31 en est ainsi lorsque le caillot est petit et dense ; mais les gros caillots, au contraire, en retieniuMU toujours une plus ou moins ft)rte proportion. La couleur du sérum est variable ; elle peut être verd.itre , jaunâtre , rongeai re , lactescente. Ces injances diver^es doivent être rapportées à une certaine (juanlité de globules qui restent suspendus dans le sérum. Dans quebjues cas, la couleur jaune est due à la [)re5ence de la matière colorante de la Lile.

« La densité du sérum, dit I\L Andral, dans les dilfcrentes maladies est i)eu connue. I\L Rayer cependant a porté son attention sur ce point, et obtenu (pielques résultats curieux. D.ms la m.iladie de Bright, la densité du sérum est diminuée; ce <pii se coneoit très bien par le pa-sage de Talbumine du sang dans lurine. La diminution de la densité du sérum s'expli(pie encore par la dimiinilion des glohules, celle-ci [jroduisant raugmenlalion des quantités du sérum. Dans les i)hlegmasies aiguës, la densité du sérum est dimimiee, n'arrive (jue très t.ird lorsf;ue les globules ont diminué. Dans la maladie appelée sderème ou endurcissement du tissu cellulaire, M. Clie\reul a observe que le sérum (pii se sépare du caillot oiïie un aspect gélaiiniforme très remarquable, y. (Cours cilc. p. '21U.)

Couleur du sanij à la >ortic de la veine. Il est beaucoup de cas dans lesquels le sang en deliors des vai^-scaux , ne présentfî pas sa coloration normale; parfois ou r.i vu d'une belle couleur rouge comme le s;ing artériel : ce plieno;neno, selon liurdacb , aur.iil pariieuliei ciUMit lifu lorscpie les organes de nutrition et de sé-

crétion ont une activité inaccoutumée.

Celte particularité annonce, en effet, que le sang est très ricbe en globules. Krinier , ayant coupé les nerfs des membres pour recbercber quelle était l'inlbience de l'excitation lUTNCuse sur la coloration du sang, a trouvé que, peu de minutes après la section, le sang veineux s'écoulait avfc la coloration vermeille du sang artériel. Vai remplaçant le courant nerveux [)ar l'excitation galvanique , IVxpériinenlaleur (jue nous venons de citer l'a vu être noir ou vermeil suivant qu'il intei'ceptait ou qu'il rétablissait le courant galvanique. Arneman , au cou:- aire, prétend que le sang privé de rinlluence nerveuse dc\ient plus noir, parce que, dit- il, le defaiit de stimulation nerveuse ralentit le mouvement circubitoire. L'opinion d'Arneman paraît ap[)uyee par le fait observé par llossi de Turin, qui, ayant examine le sang d'un chien ({u'on eleclrisail, le trouva plus rouge. Vers la lin d'une saignée copieuse , le sang, de noir qu'il elait au couunencement, devient rare et vermeil ; la même chose a lieu dans les hemorrh.igies abondantes, et chez les sujets allad)lis. Le sang est pâle et notablement décoloré dans l'anémie ; on observe encore cette décoloration dans le sang menstruel et dans celui (pii provient de sujets nerveux. Cette diminulion de la couleur normale du sang indicpie «ju'il ne contient (pi une faible proportion de globules. Quant au sang (jui sort blanc de la veine, circonstance notée par beaiu-oui) d auteurs, tels (jue I\Iorgagni , llunter, Laner, Lréd. Hollman , Rayer, Gendrin, et attribuée par <]uel(pies-uns d'entre eux a la [uesence du lait dans le sang, on sait mamlenant, comme nous Pavons dit plus haut, que cette assertion n'a rien de tonde, et que celte coloration anormale du sang est duc à la présence d'une matière grasse particulière. Souvent il arrive (jue le sang prend une couleur [ilus foncée (pie celle «|ui lui est naturelle; il est même parfois toul-à-f.iit noir : c'est ce (jui a lieu particulièrement dans l'asphyxie et dans tous les cas où les fonctions respiratoires éprouvent un dérangement profond et rajtide. On a encore observe celte coloralion noire du sang, dans le ty[)hus , dans les lièvres malignes, charbonneuses, et

SANG

dans certaines affeclions attribuées à des miasmes. Enfin, quehiuefois le sang a offert une couleur toute particulière, tel est le cas rapporté par Fourcroy, d'une femme qui eut des hémorrhagies par les paupières, les narines et les oreilles, et dont le sang, d'abord do couleur brune passait bientôt au bleu, et celui observe par M. Gendrin, concernant un homme atteint de vertiges , dont le sang au sortir de la veine était trouble, d'un rouge clair, et devenait rouge-blanchâtre marbré à mesure qu'il se refroidissait. Ouelques gouttes tombées sur le carreau blanchissaient en peu d'instans, et prenaient l'aspect du chocolat au lait ; au bout d'une demi-heure , le caillot nageait dans une grande quantité de fluide blanc et opaque, toul-à fait semblable à du lait.

Odeur du sang. Quelques faits semblent prouver que l'odeur du sang peut être modifiée. Haller a signalé que le sang des varioleux et des scorbutiques, exhalait une odeur [jarliculière putride; une odeur analogue a été indiquée par Huxham dans les fièvres putrides. La remarque d'Huxham n'est pas confirmée relativement à la fièvre typhoïde. Morgagni a cité une odeur acide fournie par le sang de sujets atteints de fièvres intermittentes, de gale. L'odeur du sang dans la fièvre jaune a quelque chose de caractérislisque, selon Stevens et Rusch.

Saveur. Lauer a noté que le sang fourni par deux femmes atteintes de syphilis avait une saveur salée, au lieu de la saveur à la fois douceâtre et salée propre au sang normal; le même auteur a signalé la saveur acidulé du sang des rachitiques ; d'après ]\ï. Lecana [Thèse citée, p. 91), le sang des cholériques est fade, sans mélange de saveur salée. Il est légèrement amer dans l'ictère.

'Température. La chaleur du sang présente des modifications dans les maladies. Selon Lauer, le sang conserverait plus long-temps sa chaleur à l'air libre, dans les alïections inflammatoires, surtout lorsqu'd existe une couenne. Dans lacyanose, on a vu la température du sang tomber de 52 degrés à 21 degrés ; le choléra épidémique a fourni des e.xenq)les d'abaissement de la température du sang jusqu'à

24 degrés. Dans l'asphyxie par le gaz

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