‹ Dictionnaire des dictionnaires de médecine français et étrangers, ou, Traité complet de médecine et de chirurgie pratiques (volume 2)Chapitre 40 sur 143 · SANGSUES · texte numérisé non relu

SANGSUES

plus de sang que dans les autres conditions; ce fait peut tout aii plus être présumé , tandis qu'il est certain que dans la pléthore il existe une modification de proportion des élémens du sang de telle sorte que les globules peuvent s'élever jusqu'à 140 , la fibrine demeurant normale ; de cette manière Teau est relativement diminuée. Ainsi il serait plus juste de dire que la pléthore est constituée par un sang trop riche en principes siimulans que par un sang trop copieux. La même chose peut se dire relativement à Tanémie généralement considérée comme produite par la diminution de la masse du sang , car les vaisseaux dans l'anémie ne sont pas dépourvus de sang , seulement celui qu'ils contiennent est considérablement appauvri, (c Dans l'anémie développée spontanément il n'y a pas une diminution très notable de fibrine , tandis qu'elle est très prononcée dans l'anémie accidentelle ou provoquée. Les modifications de quantité qu'éprouve la fibrine n'ont donc presque rien à faire dans l'anémie , excepté dans le cas où tous les autres élémens du sang diminuent, comme par l'etfet de la diète et des saignées. Le caractère fondamental de l'altération du sang dans l'anémie est la diminution des globules , mais cet abaissement est très variable ; quelquefois il est très faible, et les symptômes cependant très prononcés : l'inverse peut avoir lieu , cependant l'on peut dire qu'en général Valaissement des globules mesure le degré de l'anémie... De plus Teau augmente.» (Andral, cours cité, p. 435.)

En terminant cet article , dans lequel nous nous sommes efforcés de consigner les notions encore peu nombreuses que la science possède sur les altérations du sang, disons que, grâces auximportans travaux de M. le professeur Andral, la pathologie du sang a fait de notables progrès, et qu'aujourd'hui on ne saurait répéter avec M. Montfalcon , auteur de l'article Sang du Dictionnaire des sciences médicales : u Le fait de l'altération du sang dans les maladies est prouvé, mais il n'est pas démontré. »

SANG-DRAGON. Substance résineuse, balsamique, qu'on obtient de plusieurs végétaux {pterocarpus druco , dracœna draco, calamus draço , yucca Uraconis , dalbçrgia

monetaria, perriularia snngu'inntenta , etc.), etdontoii connaît plusieurs sortes {(^n roseaux, en brKjin'.iies, en peiiis paiyis, en rnamc et eu grains.)

Le snng-draj^on est friable, a une légère Ofb'ur aromatique, il est de couleur rougcnoirâlrc et sans saveur, s'écrasanl facilement sous la dent sans y adhérer ni se fondre, ne colorant la salive (|uc faiblement par sa suspension puisqu'il ne se dissout pas. M. lierberger y a trouvé de la matière grasse, de l'oxalate de chaux , du phosphate de chaux, de l'acide bcnzoï(iuc, un principe particulier astringent {dracnniu). Le sang-dragon est insoluble dans l'eau, solublc dans les huile» et l'alcool. (Mérat et Delens.)

On a accordé à ce médicament une qualité astringente très considérable. On le regarde comme un des meilleurs dessiccatifs, un des plus puissans resscrrans que nous possédions, et il entre, à ce titre, dans la plupartdes compositions styptiques. On l'emploie pour diminuer les écoulemens excessifs et nuisibles de toute nature , tels que les hémorrhagies, l'expectoration trop abondante, les flux dysentériques, les gonorrhées, les flueurs blanches , les sueurs considérables, etc. On le prend eu pilules ou en teinture; on le prescrit depuis 2 jusqu'à 4 grammes et plus. On l'a aussi préconisé pour la guérison des ulcères; on lui croit la propriété de resserrer les lèvres des plaies. 11 fait partie des diverses préparations pharmaceutiques, et entre autres des pilules d'Helvélhis.

SANGSUES. Genre d'animaux de la classe des annélides,lype de la famille des hirudinées. On en connaît un assez grand nombre d'espèces ;mais cellequi intéresse principalement le médecin est la sangsue officinale (jatrobdella medicinalis, Blainville), qui présente un certain nombre de variétés , dont les plus communes sont connues sous le nom de sangsue grise et de sangsue verte. On les reconnaît à la forme olivaire qu'elles prennent lorsqu'on les retire de l'eau. Quant à la sangsue de cheval ou sangsue noire [hœmopis vorax, Moq.), on la cite à tort au nombre de celles qui sont ou peuvent être employées en médecine, MM. Huzard fils et Pelletier , chargés de vérifier si la sangsue noire , étant substituée aux sangsues médicinales, pouvait donner lieu à des accidens dangereux, se sont assurés qu'elle ne pouvait pas même piquer le derme des animaux vertébrés, ce qui a été conûrmé par les observations de M. Moquin- Tandon; à plus forte raison, ne peut-on pas leur attribuer les accidens inflammatoires, qui suivent quelquefois l'application des sangsues, et qu'on a cru dépendre de la présence dans la plaie des mâchoires de ces animaux, qu'ils y laissent parfois, a-t-ondit, comme la guêpe fait de son aiguillon. Les sangsues qui s'attachent à la peau des chevaux et des

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