‹ Dictionnaire des dictionnaires de médecine français et étrangers, ou, Traité complet de médecine et de chirurgie pratiques (volume 2)Chapitre 44 sur 143 · SCARLATINE · texte numérisé non relu

SCARLATINE

facilllii dans le lait rl»rtU(l ou froîd ou dan» une ('mulsion d'amandes. (Soubciran, Noiiv. traité de pliarm., t. il, p. 'if).)

Cette sid)stance doniie une saveur peu marquée d'abord, mais (jui devient bienlAt Acre et auièie. Eu poudre, à l'mlérieur. à la dose (le 12 (iécijiçram. environ, elle l'ait naître sur la surface digeslivc une irritation souvent accompagnée de coliques, de flaluosités, de chaleur, pendant laquelle l'exhalation intestinale, celle du foie, etc., sont au;^menlées. Les déjections sont séreuses ou très chargées de mucosités, de bile, etc.

€ Plusieurs auteurs afTirmcnt, dit M. Orfila, q>ie le suc concret du couvolvulus scammonin est vénéneux. Nous en avons souvent administré 15 grammes à des chiens auxquels hon.s avons l'id l'œsophage , et nous n'avons obser\éque des déjections alvines. Les animaux sont morts au bout de six ou sept jours, et l'on a trouvé dans leur estomac quelpies petits ulcères. Or, nous avons démontré qu'il n'est point rare de voir l'opération de la ligature de l'œsophage déterminer cette lésion cadavérique. » {Traité des poisons, ôe édit., l. I, p. 758.)

L'action delà scanimonéc, à dose élevée, chez l'homme, a surtout lieu sur la membrane muqtieuse gaslro-intestinale, et les traces d'inflammation , lorsqu'elle en produit, se reujarquent particulièrement dans les régions pylori-duodénale et du rectum, ce qui est, d'ailleurs, analogue à ce qui se voit dans lu plupart des empoisonncmeiis par les substances irritantes. C'est cette action sur l'intestin qui doit empêcher de la prescrire lorsqu'il y a irritation, chaleur dans ce conduit. Du reste, on lui reproche d'éire un purgatif infidèle; ce qui est parfois vrai et paraît tenir à la soric commerciale em[)loyée, mais ce qui dépend plus souvent, en définitive, de lidiosyncrasie des sujets, de l'état morbilique contre lequel on l'administre, etc. (Mérat et Dclens , Diction, de mat. méd. et de thérap., t. vi, p. :245.)

La scammonée se donne dans les maladies où l'on veut une irritation bien pronoiicée sur la surface intestinale. On a obtenu, de l'usage de cette substance, dans quelques hydropisies.dcs évacuations séreuses qui soulageaient beaucoup les malades. On la donne surtout dans les maladies de l'encéphale, dans les paralysies, quand on veut opérer un mouvement révulsif vers l'abdomen, comme dans les comas, les congestions sanguines de la léte : alors ou en donne une forte dose en une seule fois, ou bien des doses plus faibles (jue l'on répèle toutes les trois ou quatre heures. Les auteurs citent aussi des effets très heureux de cette substance dans certaines névroses, dans la manie, dans quelques épilepsies, dans la catalepsie , dans la colique métallique.

On doimo la Rcammonée en poudre , en

pilules ou (fissouto dans du Intt ou dans une émulsion d'amandes douces. l>a dose est de 3 à i'! déciirram. ((» grains à 1 scrupule).

Kllc entre dans la composition de la pondre irilnis ou covnachinc , des pilnles hifdra- (jognrs (le Boniius, de la pondre cailuuiiqne, des t(dileHcs de citron, etc.

SCMlïriCATîaïU. Jnstniment dont on se sert pour r.iire les srarilicalions. Celtii qui est le plus généralement em- I)loyé se compose d'une l)oiie cul)i(pie , en enivre, en niaillechort on en argent, oirrant, siir une de ses faces, huit, douze ou seize (entes destinées au passage d'autant de latnes de lancette qui sont mues par un ressort (juc Ton détend en appuyant sur une bascule placée à l'extérieur de Pinstruiiient.

« Pour se servir du scarificateur, on commence ordinairement par appeler le sang dans le système capillaire cutané en appliquant préalablement une ventouse sèche [voy. ce mot). Cela fait, on tend ce ressort pour armer en (juelque sorte Tinstiiuncnt; puis on applicpie sur les |)arties celle de ses laces qui présente les feules, on appuie sur la bascule, et l'opéralion so trouve terminée en un instant presque indivisible. » (L.-.T.Saiison, Dict. deméd. prat., t. XIV, p. 334.) Cet instrument olfre l'avantage incontestable de produire très peu de douleur, tant est promple et instantanée sa manière d'agir.

M. Larrey a fait construire un scarificateur qui a de la ressemblance avec la tlamine dont se servent les vétérinaires pour pratiquer la plilobotomie. On en a fait aussi suivant d'autres modèles. M. Lafargue en a proposé un autre qui est multiple.

A défaut de ces inslrumens spéciaux, la lancette , le bistouri el le rasoir peuvent sutTire poin- tous les cas.

SCARLfVTÎXE. KossaHaon Rosxania (Ingrassias) , fehris scarlatina; Rubeola confluenSy morhllli confluenles ; purpura , fièvre rouge , ficvre pourprée ; dermile morhillcuse con/luente ( Piorry et L'Héritier).

La scarlatine est « un exanllième aigu , fébrile et contagieux , se manifestant par de petits points rouges , ou de larges taches d'une couleur écarlate , s'étendant de la face au cou , et du cou aux autres parités du corps , accompagnées de rougeur et de douleur au gosier , se dissipant au

154 SCAJU.

bout de poil (le jdurs par la dc?]na!îimatioii de IV'pidoriiic. » ( Alibert , Monogr. des d.rinat , t. \ , p. 571.)

Les ailleurs rangeiil,daiis leurs doscrijitions, la scarlaline soit parmi les fièvres , soit parmi les plilegina«^ics : les dcrmaîolouislis modernes la placent dans Tordre des exanthèmes. Mais nous savons cpi'ils ne donnent pas tous la même acception à ce mot. (r. KxANTiii.MK et Peau.)

Causes, ^-ifjes. « .le crois que la scarlatine rèiine plus parliculièremcnt dans la seconde enfance et dans radolescencc que chez les enfans à la mamelle. On voit souvent cette maladie se développer à Tiiospicc des Knfans malades, tandis qu'on en ohsorve à penie (juehpies cas à l'hospice des iùifans-'J'rouves , et j'ai vu , pendant l'année IS'-it") , la scarlatine s'emparer à cc^ hospices de trois enfans âgés de un an à quinze mois, tandis qu'aucun des jtlu-; jeiiiM's enf.Uis n'en fut airecté. M. ilirou a depuis long- temps fait celle remarque , à la justesse de laquelle on est porté H croire en considérant (juc prescpie toutes les e[)i(lemies de scailalinc ont été observées sur des enfans déjà rassembles dans des hospices ou des pensionnats.

Quoi (ju'il en soit, je ne doute pas que la scarlatine ne puisse survenir dans la première enfance » (Billard , Traite des

maladies des cvfans , p. 121, Paris, 1S28.) Du reste , les enfans et les adolescens en sont le [ilus fre(piemment attaques ; les vieillards, et, comme vient de le démontrer lîiilard , les enfans à la mamelle en sont bien plus rarement aiïcctés.

Quant au sexe, Alibert {loc. cit., p. r>sr.) et .M. R;iyer [Tialté thcr. et prat. c/c.< mal. de la peau , t. i , p. 'ilo, l'aria , lsrô"j, anirnienl que les fennnes sont plus exposées à la scarlatine (pie les honniies ; cela tient san>j doute , dii le jiremier , à ce que celles-ci ont la jx-au plus délicate el plus susceptible.

La scarlatine peut se montrer dans toutes les saisons, mais parliculièrenient en automne , après des pluies abondantes , immédialemerjt stiiviei^ de grandes chaleurs ; suivant ]M. (lUersanl ( Diction- ??aïrtf en 21 \ol., art. ScART.ATiNE, t. xix, p. lo7), elle paraîtrait beaucoup plus grave dan<; les climats septentrionaux. On a cru remarquer aussi , ajoutc-t il , que la

ATINE.

contagion av:ùi plus d'action dans les endroits où l'air circule dilTicilemont , dans les lieux où l'atmosphère est eliargéc de miasmes qui s'élèvent des marais , des égouts et des eaux basses. La classe indigente en est phis généralement frappée que les aulrts classes de la société , où elle sévit cependant queh]nefois avec une grande violence. lùifln elle ne se transmet pas à tous les individus qui s'exposent à la contracter ; on a même estime qu'un tiers ou un quart seulement de la pojiulation eu était atteint, ((juersant, !oco cit.)

Mode de transmis.ùon. On regarde connue cause déterminante de la scarlatine ini principe contagieux, spécial, dont la structure et ressence nous soiil inconnus. La contagion est incontestable, niais elle iiarait moins marquée que pour la rougeole et la variole. Quel(|ue respect que l'on ait pour rantorité d'Hildenbrand et celle de M. Oueisanl, (pii répète le fait, on ne peut admettre sans contrôle l'histoire de l'habit noir que rapi)orte le premier. •< Un habit noir (]ue j'avais , dit-il , en visitant une mala le alfectee de scarlatine , et que je portai de Vienne eu Podoiie, sciis l'avoir mis depuis ]>lus d'un an cl dani , me communiqua , dès que je fus arrivé , cette maladie contagieuse , que je répandis ensuite dans cette j>rovince , où elle était jusqu'alors presque inconnue. » ^olons, au reste, (juc la scarlatine peut régner épidemi iuemcnt et jJériodi- (piemcnl , et (pie dans le premier cas l'i/ifeclion peut jouer un grand rô\Q dans la propagation de la maladie.

(3u n'est pas d'accord s»n* l'époque à laquelle la scarlatine est le plus susce[tliblc de se comuniniquer par la contagion ; ce- I codant un certain noud)re de faits tendent a faire croire (\\\o. la transmission directe a lieti plus aisément pendant la périofle de desquammation qu'à toute autre ( poipie di' la maladie.

Des recidiees. « Dans deux mille cas le docteur \\ illau n'a jamais vu cette maladie se reproduire sous aucune de ses formes. Le (locleur liions fait mention , il est vrai , de deux exenqiles d'une récidive arrivée a des epoipus désignées; mais, dans tous les cas, ces exemples doivent être regardes comme des exceptions à un fait général. » (Haleman , Âhrè(j(: prat.

SCARL

(leumaî. de la peau , trad. franc , p. iOo.) IM. Rayer a constaté égalrmciit un cas de récidive {onv. cit.^ p. tidO). Ces cas sont donc excessivement rares , et , comme le dit Rateman , de véritables exceptions.

Symptômes. Incuhalion. Combien de temps la maladie met-elle à se déclarer depuis le moment de la contagion ?.. Suivant MM. Cazenave et Scliedel la scarlatine apparaît au bout de trois à six jours {Ahrégèprat. des mal. de la peau , p. -40, Paris , 1855); 1\I. Guersant donne plus de durée à Tincubation : c'est ordinairement, dit-il , sept, huit , ou dix jours , quelquefois plus , d'autres fois moins , après s'être exposé à la contagion qu'on voit paraître la scarlatine {art. cit., p. 157). Les auteurs n'ont généralement pas noté de phénomènes pendant cette époque , mais Alibert , qui a pu étndier la maladie dans toutes ses phases , prétend que les individus menacés éprouvent de la chaleur à la peau , qu'ils ont une sorte de tristesse compressive , de retirement de l'action tonique à l'intérieur avec faiblesse et débilité de tout ce qui appartient à la vie de relation [ouv. cit., p. 575); on comprend que ces phénomènes, quehiue légers qu'ils soient , pourraient avoir de la valeur dans nn temps d'épidémie.

Quoi qu'il en soit , les auteurs s'accordent pour partager l'histoire de la scarlatine en trois périodes : invasion , éruption , desquammation.

Première période. InvasioJi {incubation de quelques auteurs). « La scarlatine débute en général vers le soir, d'une manière subite , par un accès fébrile accomgné d'abattement , de frissons passagers, de nausées , de douleurs dans les lombes et aux extrémités inférieures. Le pouls , très accéléré , bat par minute de 120 à 140 pulsations ; la respiration est fréquente et irrégulière ; la peau du tronc est chaude , les pieds froids ; dans quelques cas , mais rarement , il survient des convulsions (Cazenave et Schedel , otiv. cit., p. 40). Ajoutons qu'il y a en même temps de la douleur à la gorge avec gène de la déglutition, et que, si Ton examine ces parties , on y trouve de la rougeur. La durée de cette période est de vingt-quatre heures , ou même moins , à deux ou trois jours.

ATINK. 155

Deuxième période. « L'érnption apparaît , occupant d'abord le col et la face , elle se ré[)and ensuite sur tout le corps dans l'espace de vingt-quatre heures. Elle consiste dans une multitude de points rouges , tellement rapprochés les uns des autres , que la peau oiïre une teinte rouge générale , et paraît rugueuse au toucher. Cette membrane est le siège d'une vive chaleur et de démangeaisons fort incommodes. De larges taches d'un rouge écarlate-framboisé occupent les régions sur lesquelles re[)Ose le corps ; la teinte est également beaucoup plus foncée aux plis des articulations. Non seulement la peau, mais encore la langue , le [)harynx , le voile du palais , la surface interne des pau[)ières, des narines et des joues, sont à cette époque d'un rouge écarlate , et la déglutition est en même temps douloureuse.

» Souvent les bords et la pointe de la langue offrent seuls cette teinte, tandis que la surface est couverte d'un enduit muqueux blanchâtre , à travers letjuel pointillent les papilles , qui sont plus ou moins saillantes et présentent un rouge vif.

» L'éruption est, en général, accompagnée d'une agitation plus ou moins grande ; quelquefois il y a du délire et de l'assoupissement, un gonflement de la face et des extrémités. Dans quelques cas , le mouvement fébrile diminue d'intensité lors de l'apparition de rexanthème ; mais ordinairement il persiste, ainsi que les autres symptômes , qui sont une soif ardente , une chaleur générale très incommode , des nausées, de la constipation et une gêne plus ou moins marquée dans la déglutition.

)> La rougeur framboisée de l'exanthème est toujours plus vive le soir, et surtout du troisième au quatrième jour; elle commence à diminuer vers le cinquième et disparaît ordinairement vers le septième , époque à laquelle la desquammation s'établit. » (Cazenave et Schedel, /oc. cit..f p. 41.)

Troisième période. Desquammalion.

» C'est du quatrième au septième ou neuvième jour que commence la desquammation; d'abord apparente au cou et à la face, elle devient bientôt générale. L'épiderme

15S SCxVUL

se détacl>€ sous forme de farine, de petitcî^ écailles et de <(iii;unmes très laiges ; aux bras et aux jambes, il s'enlève souvent par lamelles ou lanières quelquefois très étendues. J'ai plusieiu's fois remanine (jiie lorsqu'il avait exiï«te une complic.'.tion niiliaire , la desquamma'ion eoin!iienr.;tit par les petites vésicules desséchées. Lorsque la maladie est très légère, la desquammation est presqjje imperceptible, et il f.iut l'attention la plus minutieuse pour s'assurer bi elle existe vraiment. Cette période se prolonge souvent assez long-tenq)s; on l'a vue durer juscpià trente ou (|i!aranle jours, pendant les piels il y avait plusieurs cxfoliaiions successives de l'ipiderme.

Eu même temps que la destjuanimation s'opère, et quehpierois uiéiut' avant cette épo(ju<', sirallVclion est bénigne , on voit le pouls perdre sa fre(iuence , la peau sa clialeur, et tous les autres symplôines généraux diminuer par degrés et dis[iaraitre complètement. Une sueur abondaiite, des iiemorrliagies nasales, des évacuations alvines ou un sédiment plus ou moins copieux dans l'urine , ont (piebjuefois mar- «jiié la terminaison iieureu>e de la scarlatine ; mais ces pln-nomeiies criliqucs sont bien loin d'être constans.» ^Ouersant,«r/. cit., p. 1j5.)

A ARiÉTiis. On peut admettre les quatre suivantes : i''sC(U idtina t^iuiplcr ;1'' fcarlalina (UKjiiiosd ; o' scai littiiui mall- ^iia ; À" scarlalina si7ic eranlhcnuiic.

i" Scarlalina simple.r , scarlatine bcniijnc ^ /ii'crc ro>i<i' des oifans, j'oiirprc, «'te. Sous cps diverses dénonunaiii'us^ les auicin's ont décrit 1 1 Tirine la j)'.us simple , la plus reguhere de la scarlatine; c'est celle (pic nous venons de deciire : nous n'y reviendrons jias.

2" Scarlntina afffjinnsa , scnrhilinc an(jincu.<e ^ scarlalina cyna'wliica f (^ovenlry' ; eranthona slriiîigiilatord'.nvnh'A):, synanchc parpurn paroliilea ('J'issot}; r/;j(y//)^( malif/na ^ /cbi is (uginosa, maux (le (jorijc ganqrvncux , etc. de plusieurs auteurs ; angine s arlat'uc:ise (liretonneau.

]/imiu)rtance de cette variété , la gravite de ses symptômes, sa fti;quence dans les épidémies et spi-cialemenl dans ccrlaincs localités, mlin l'obscurité quia

ATINE.

régné si long-temps sur son liistoire , exigent ici quel(|ues détails.

INous ne rechercherons pas si , dans les descriptions données par les auteurs du commencement du dix-septième siècle relativement aune épidémie d'angine qu'ils disaient gangreneuse et accompagnée de fièvre avec éruption , il s'agissait de la scarlatine angineusc ; nous manquons de détails suflisaunneiit circonstanciés pour nous prononcer à cet égard. I\Iais ou ne saurait en dire autant du mal de gorge avec fièvre louge «jui , suivant l\)llu'rgill , se montra à Edimbourg en 1735 {Dcscript. du mal de gorge, etc., par J. Foiliergill , Irad. franc, de Lacliapelle. Paris, 17-i9). Le même auteur nous a doniié une description, célèbre a juste titre, d'une epiilemie toute sendjh'.ble, et (jin régna à Londres en iT^'i, mais surtout en 17'i(i. Celle all'eclion s(» montrait dans toutes les saisons, mais surtout i)endant l'automne et au coimnencement de 1 hiver; elle était caractérisée par une angine avec rougeur liés vive de Tarrièrcgorge, lièvre inlense, etc. « En général , le second jour de la maladie , le visage , le cou, la poitrine el les mains jusipi'au ])out des doigts , sont devenus d'une cou- IciU" tiès érysipelaleuse, et sensiblement tuméfies; fort souvent les doigts ont une teinte si remarciuable que, par la seule ins|,ection de ces parties, ou peut aisément juger de la nature du mal.... A mesure (pie la peau ac(piiert celle couleur, ordinairement le mal s'en va; le vomissement et le devoiemenl cessent d'eux-mêmes, et il est rare iju'il continue après le premier jour. Les symptômes du gosier continuent d'èlre les mêmes, excepté (pie le- places j)lanches deviennent d'un blanc plus ojiaipie , et c'ci-t alors (pie l'on découvre évidemment (jue ce (pii paraissait d'aboli] couvrir ui.c tumeur prête à suppurer est récllemeiii un e>ca:i <pii cache un ulcère de même (îiendue. » {(hir. c/7., p. 01, iVl ) A ces traits il est iiupo>sible de méconnaître la vaiiete (b; scarlatine dont i.ous parlotis. La de><cri|)tion donnée l)ar Iluxham fie répid(;niie de 17.>2 est jieutêlre plus claire encore ; la également la maladie débutait par des accideiis ft;brih s généraux , avec coryza , angine , exanthème scarlaiineux bien manifeste,

SCARLA.T1NE.

quelquefois du délire et d'autres phénomoiies (le ré.'iclinn violente. Voioi quel(|iies circouslaiiccs de réruption fort im[)ortanles à retenir. « Le [)lns communément avant Tanj^ine, dit il, venaient les exanthèmes ; mais j)lusieLirs lois nous vîmes les éruptions cutanées succéder au mal de gorge, et elles étaient, <iiieI()uefois considérables , quoiqu'il eût été médiocre ou qu'il n'y eùl pa^ même de il on leur , lorsqu'au contraire^ après le mal de gorge le plus cruel, // n'y avait aucune érnplion, quoiqu'il y eût encore dans ces cas fjrahde démangeaison, et qucla peau s^ enlevât ensuite par écailles ; cela arrivait principalement aux personnes d'un certain âge, très rarement aux enfans. Toutefois il se déclarait en général une efdorescence très remarquable sur la surface du corps, surtout chez les enfans, et cela arrivait le plus communément le second, le troisième ojj le quairième jour. (Snil la description de rexanihèine.) La couleur de reiflorescence était communément le cramoisi ; c'"f/aiï comme si on ciUlariouillé la peau avec du suc de framboises.» (Dissert, sur le mal de gorge, dans l'Essai sur les fièvres , par J. Huxham , trad. franc., p. 449. Taris, 1794). On voit par ces détails que dans certains cas l'éruption manquait , et que la maladie consistait spécialement dans l'angine ; celle-ci était manifestement couenneusc , puisque les malades rejetaient des lamtcaux en crachant. {Id. , ihid.^ p. 448.) L'épidémie observée par Planchon (Journ.

de ïiïéd., t. XXXI, décembre 1769) à Péruwelz était de même nature et ne ressemblait en rien à la maladie essentiellement dii)hthérilique (F. Angine couen- KEUSE de ce Diction., 1. 1, p. 579 et suiv.) décrite par Marteau de Grandvilliers.

Dans ces différentes épidémies, l'angine n'est pas ordinairement mortelle : si les malades meurent , c'est par l'acuilé des accidens généraux, ou plus tard avec de la diarrhée , une fièvre hectique ou la leuco-pnlegmasic ; tandis que dans l'angine di|)hthéritiqije, l'extension des fausses membranes entraîne la mort par le croup. Parmi les meilleures descriptions que les modernes nous aient données de l'angine scarlatineuse , nous devons citer celle d'un élève de M. Bretonneau,

M. Trousseau {Mém. sur une épidémie d'angine couenneuse. Arch. gén.de méd., t. \xi, |). ôii. 1829). Cette forme est donc aujourd'hui bien connue.

Dans la scarlatine angineuse, les symptômes iirécurseurs sont beaucoup plus marqués ; la maladie débute souvent par un sentiment de tension et de raideur dans les muscles du cou ; dès le lendemain , rougeur vive et luisante de toute rarrière-bouclie et du pharynx, voix rauque, déglutition difficile. Bientôt les amygdales, les piliers du voile du palais, le voile du [)alais et le [tharynx se couvrent d'une exsudation épaisse, visipjcuse , et le plus souvent de fiocons d'une matièie jtultacee blanche, caséeuse , qui revêt assez bien la physionomie de la diphthérite, et que les anciens , Fothergill, Huxham, etc., prenaient pour des eschares. Comme nous l'avons dit, et comme l'a démontré M. Bretonneau, ces concrétions couenneuses sont quelquefois teintes en jaune et môme en brun par une exsudation sanguine provenant de la muqueuse sousjacente boursouflée; de là l'aspect gangreneux et l'odeur fétide qui en avaient imposé aux anciens : mais il est facile de reconnaître , en abstergeant les parties ou quand des flocons caséeux se sont détachés, qu'il n'y a pas là de perte de substance, et que la muqueuse n'est nullement ulcérée. l]n même temps, la réaction fébrile est très intense , le pouls est d'une grande fréquence; une ardeur brûlante se fait sentir partout le corps ; l'agitation est souvent extrême. Il y a de la céphalalgie, quelquefois de l'assoupissement ou du délire. Quant aux accidens dépendans de l'angine, ils consistent ordinairement dans la raucité de la voix, la gêne de la respiration, la difficulté de la déglutition , le rejet des boissons par le nez et un sentiment de constriction à la gorge , souvent très incommode pour le malade.

Ici l'exanthème ne se montre pas toujours avec la même régularité et la même extension que dans la scarlatine simple ou bénigne , ordinairement il ne se montre que le troisième jour; il n'occupe pas toute la surface du corps , mais il forme seulement des plaques framboisées irrégulièrement disséminées. La durée de l'érupiion est aussi plus considérable.

SCARL.VriNE.

Dans certains cas, au contraire (lïiixham, Trousseau, Bretonnean), réruption peut nianijuer, et i! reste seulement une aniline scarlatineuse qu'il faut distinguer de la di[)hliierite. Voici comment M. Hretonneau a résolu le problème ( Traité de la diphthèrite ou wflam. pcllic.,^' Mcm.

Paris,482fi': " Dans l'an^'ine srarlatineu>îe, dit il, la muqueuse des tonsilles est recouverte plutôt d'une exsudation couenneuse que d'une fausse membrane , et cette exsudation ne prend pas l'aspect liehénoïde ni la cobcrence (jui distinguent la pellicule dipiitlieritique. J)ans l'angine scarlatineuse , la maladie ne débute pas par un point circonscrit ; les fosses nasales, les amygdales, le pbarynx sont envahis d'emblée. Enfin, il n'y a pas ici tendance à la propagation des voies aériennes ; si la maladie est mortelle , ce n'est point par le fait de l'angine. Jamais dans les descriptions d'épidémies de scarlatine on ne voit mentionnée la suflbcation striduleuse. » La mort survient d'ordinaire , comme nous l'avons dit plus haut, à la suite d'accidens consécutifs à la scarlatine.

Ici, les complications pneumoniciues et cérébrales sont assez fréquentes et fort graves.

3" Scarlatinasinc exanthcmale. Nous avons vu que dans les épidémies de scarlatine angineuse , rérui)tion pouvait manquer ; ce phénomène s'observe surtout dans les épidémies etdansles cas de scarlatina siniplcx. Stoll, Dancc en ont cite des exemple^;; et dans une très bonne dissertation , M. 'Jaupin, ancien interne de riiùpiial des Knfans , a de nouveau attiré l'atlention sur ce sujet.

4" Scar lai lue maligne. Ici l'affection est des |)lus graves et peut revêtir toute espère de forme. « Elle débute comme la scarlalnie angin<'use , et dans resj)aee de deux à trois jours elle est caractérisée par des sym|)t('in)es d'une extrême gravite. Souvent aussi elle s'annonce par une douleur fixe dans queUpie partie du corps.

Ce phénomène', observe par Dehaen , était du plus mauvais augure dans la constitution epiilemique de i777 à i778, décrite par Meza. A un frisson profond {horror) succède une Tnvre ardenle : soif inextinguible, céphalalgie, pouls fréquent

et véhément, ardeur à la gorge , vomissement et diarrhée, coma ou délire ; trois ou quatre jours aj)res, éruption de taches plus élevées que dans la scarlatine bénigne; parfois urines sanguinolentes.

» L'apparition de l'exanthème est tardive ; sa teinte est faible et livide , il est parfois parsemé de petéchies , sa durée est incertaine , il peut paraître et disparaître à i)lusieurs reprises. Le pouls est petit et irregidier, les dents et la langue sont couvertes de croûtes noires ou brunes ; les yeux sont mouillés et fortement injectés ; un écoulement fétide a quelquefois lieu |)ar les fosses nasales ; les joues sont d"uu rouge foncé, il y a en même temps surdité, délire chez les adultes , coma , agitation chez les enfans; haleine fétide, resi)iration bruyante et laborieuse, occasionnée par des mucosités, épaisses et visqueuses, déposées dans le pharynx ; déglutition ditlicile ou imi)Ossible, conslriction des mâchoires , exsudation noirâtre à la surface des amygdales et des parties voisines : un coma continuel, la difliculle extrême de la respiration , une diarrhée abondante , la formation de nombiTuses [)éléchies annoncent une mort prochaine , qui a heu quelquefois soudainement dés le deuxième, troisième ou quatrième jour.

M Le petit nombre de malades qui survivent à ces premiers accidens, ont encore à redouter les suites de l'inflammation des voies aériennes et des organes digestifs , (jui persiste après la guerison de Texantheme. Des esehares gangreneuses se forment souvent aux trochanters et au sacrum ; elles sont suivies de larges ulcérations dont la guerison dillicile prolonge encore la convalescence. Lorscpi'elles sont jointes à des inilammations intestinales t hroniques , ces ulcérations sont toujours graves, et queUpiefois mortelles. • (Rayer, OUI. c.y p. i2o:).)

Complications. Elles sont assez comnnines et fort importantes à bien connaître. Dabord du col»' de la peau, il se forme assez souvent des éruptions de miliaire (jui se montrent vers le (|uatrième ou cin(|uieme jour, et se développent spo cialement sur la poitrine , le col et les «'paules ; bien rarement on observe siimdtanement la scarlatine et la rougeole ou la variole. Quelquefois vcri la lin, pendant

SCARLA^TINE.

hdcsqiiammation,ilFe pi (-sente des éruptions prurigineuses, ou une urticaire; du côté des parties intérieures on rencontre l'angine sur laciuelle nous avons tant insisté, et des plilegmasies |)ulinonaircs, cérébrales ou gastro-intestinales quelquefois fort graves. Dans une épidémie, décrite par Tissot , sous le nom de cynanche purpuro-parotidea , et dans une autre observée par Lemercier {Âevue médic, t.

V, p. 455) , le phénomène le plus saillant fut une éruption des parotides.

Outre les différentes maladies dont nous venons de parler qui peuvent compliquer la scarlatine ou lui succéder , il est un phénomène assez commun dans la convalescence de cette maladie et dont nous devons dire un mot, c'est Vavasargue.

Cette hydropisie se montre bien plus fréquemment après Taffection qui nous occupe qu'après toutes les autres fièvres éruptives : elle est presque toujours occasionnée par un refroidissement, et surtout par l'action d'un froid humide. L'anasarque débute par du malaise , de la tristesse , de la lassitude , de l'insomnie , la rareté et la couleur brune des cuisses; les paupières et la face se boursoufllent , les extrémités inférieures s'œdématient, etPhydropisie gagne bientôt tout le corps : d'après des exemples rapportés par MM. Rayer et Martin-Solon (f^. Reins [maladies des] à propos de la maladie de Bright) , on peut croire que ces hydropisies avec albumine dans les urines peuvent être regardées , dans la plupart des cas , comme des néphrites albumineuses.

An'Atoaïie pathologique. Les désordres observés après la mort dépendent surtout des complications : à la peau tantôt on observe de larges plaques livides ou violacées occupant le tissu du derme , tantôt au contraire il n'y a aucune trace d'éruption, mais on remarque que la putréfaction survient avec une extrême facilité. Assez ordinairement , surtout quand l'individu a succombé après plusieurs jours de maladie , il y a des congestions dans les différens viscères .- si la mort est survenue par le fait de l'anasaniue , on trouve les reins offrant les désordres qui caractérisent le premier degré de la maladie de Bright,

OiAGSosiic. L'ensemble des symptô-

mes présentés par la scarlatine ne permet [)as de confondre cette alfeclion avec la rougeole ; voyez d'ailleurs ce dernier mot, où ijc trouve le diagnostic différentiel. Nous venons de voir , en parlant de la scarlatine angineusc, comment on pouvait distinguer l'angine couenneuse de la diphtherile, alors que l'éruption venait à manquer, nous n'y reviendrons plus.

Pronostic. La scarlatine bénigne, chez un sujet jeune et bien constitué, ne saurait être dangereuse que par le fait d'une rétrocession. La scarlatine angineuse, surtout celle qui règne épidémi(iuement , est assez souvent grave ; enfui tout le monde connaît le danger des scarlatines malignes.

Certaines circonstances individuelles, l'état puerpéral chez les femmes , l'afTaiblissement causé par une maladie antérieure ou par un mauvais régime , Thabitalion dans une localité malsaine , l'épuisement par la débauche et les excès de tout genre , sont autant de circonstances qui donnent de la gravité au pronostic ; enfin les modifications qu'imprime à la maladie le génie épidemique de telle ou telle constitution, doivent être mises en ligne de compte.

Traitement. Le repos au lit, les boissons délayantes, la précaution de ne pas découvrir les malades, et par contre de ne pas les étouffer sous le poids des couvertures ; les lavemens , pour combattre la constipation , sont les moyens qui conviennent dans les cas de scarlatine simple. Les considérations que nous avons émises à l'article Rougeole , à propos des émissions sanguines , des vomitifs et des purgatifs, s'appliquent mot pour mot au traitement de la scarlatine ; nous y renvoyons donc le lecteur. Il nous reste à parler des indications réclamées par quelques-unes des comphcations les plus importantes.

L'angine scarlatineuse doit spécialement attirer l'attention du praticien ; et d'abord, quand l'inflammation gutturale est très marquée, faut-il recourir aux émissions sanguines? Les praticiens anglais et français ne sont pas d'accord à cet égard. Les premiers, par l'organe de Currie et de Bateman, rejettent l'usage de la saignée générale ou locale , tandis que les seconds paraissent g'enlendre pour conseiller la

Page 1