‹ Dictionnaire des dictionnaires de médecine français et étrangers, ou, Traité complet de médecine et de chirurgie pratiques (volume 2)Chapitre 50 sur 143 · SCIATIQUE · texte numérisé non relu

SCIATIQUE

à la pression. Ce moyen est plus actif et plus simple que r;ipitlir,atiou de vésicatoires que Toii fait suppurer, et de [)lns les paiisemens avec les e[)is|)asli(iues, au lieu d'être utiles, ne font souvent qu'irriter les parties et exaspérer la douleur au point de nécessiter l'application de cataplasmes émolliens arrosés ou non de liqujMUN opiacées. « EnOn, dit 31. Vallcix, <pjcl(pies praliriens ont recours à un vcsicatoire allongé et très mince, qu'ils appliquent de m.iniùre à couvrir une étendue notable du membre, toute la cuisse par exemple. Cette praticjue se rapprocbe de l'emploi du vesicatoirc volant, eu ce qu'elle soumet à l'action vésicante [)lusieurs points douloureux à la fois; mais toute la partic du vésicatoirc (pii ne porte pas sur le foyer de la tumeur est inutile , et prive même le médecin d'une assez grande étendue sur laquelle il p»ourrait agir plus tard si la douleur s'étendait à une plus grande partie du trajet du nerf. » {Ouv. cité, p. G18.}

Cautères, Mo.ras. Ces moyens ont été plus rarement employés ; ils ont le desavantage d'être plus douloureux que les vesicatoires sans être anssi efTicaces, et ils sont inférieurs en puissance à la cautérisation dont nous allons parler.

Cautcrisalion. Le cautère actuel a été mis en usage contre la névralgie sciatiqne par Albucasis et ses contemporains; ce mode de traitement a même été conserve jusqu'à nos jours dans la médecine des Arabes. Abandonné presque généra- Jetnent de nos jours, il a été employé par 4]uel(iues |)raticiens contre les sciati(iues rebelles. Kn elTet, plus douloureux (pie le vesicaloiie volant, ce moyen ne doit pas iMre employé en premier lieii, mais il j)arait jouir (\'u\u' action énergique dans les cas rebelles aux médications ordinaires, €t qui demandent nue révulsion énergicpie. Dcscot [Affections locales dca nerfs) cite un succès remarquable obtenu \vm' son emploi. Dans ces derniers temps, M. Jobert de Lambalie l'a < inidoyé avec i)eaucoup d'avantage; et on peut en lire plusieius observations curieuses dans ses /.'liides £urle systiwe ncrveu.r. <'I,a cautérisation transcnrrenle a bien des fois, dit il, triom- ])lie de ces névralgies que rien n'avait pu \anicre ; et si la guerison n'a i»as tou-

jours été complète , il en est résulté du moins un soulagement durable. Cet agent thérapeutique est donc nu excellent auxiliaire contre cette alîection ; et si les malades ne montraient pas une répugnance aus>i grande contre un moyen qui est plus ellVayant (]ue douloureux, nous pourrions en faire un usage plus fréquent et obtenir des succès plus nombreux.» (Jobert, £lu(Jes sur le syst. ;/c/i\, p. (UO.)

Émissions sanguines locales, Sangsues, f'enlou.^es scarifiées. « Les sangsues, dit M. Valleix , ont rarement été appliquées; le résidtat qu'on en obtenait ne devait pas, en elîet, engager à y recourir. Dans 10 cas on employa ce moyen, (jui n'eut de véritable succès que chez un sujet alfecté seuleinent depuis dix jours. Dans 2 cas, le soulagement fut très faible et de courte durée; et dans tous les autres, il fut entièrement nul. Le nombre des sangsues appliquées varia de 8 à 100; elles furent, dans 3 cas, ordonnées à deux ou trois reprises. Les 9 sujets qui furent peu ou point soulagés par les sang-ucs, hirent tous guéris par d'autres moyens. Cette circonstance suflirait pour prouver que si la névralgie a si souvent résisté aux sangsues , ce n'est pas parce qu'elle était trop ancienne et parce qu'elle avait acquis une intensité qui la rendait rebelle à tous les moyens. » {Ouv. cité,

Frictions médicamenteuses. Ce moyen de traitement a géneralemeiit fort peu d'efTlcaeite.

Hains. Les bains simples n'apportent qu'un soulagement momentané ; il en est de même des bains de vapeur: peu après l'euiploi de cette médication le l)ien-élre cesse, et les douleurs reparaissent.

Excision du nerf. Il est iimlile de dire que celte ressource ne doit être con>erve(î qu(; pour les cas désespérés, lorsque l'intensité des douleurs et des autres aecidens compromettent la vie du malade.

M. Malagodi l'a pratiquée, nous ne pourrions dire dans quelles conditions. Après l'opération, la doidein* disparut, il y eut paraly.>.ie de la jambe et du [)ie(l. Il restait neajuiioins de la pesanteur, du fourmillement et une sensibilité obtuse à la face interne fie la jarube. M. Vidal a décrit de la manière suivante le procédé mis en

SCIATIOUE.

pratique par M. Malagocli. « Le malade est couché sur le ventre ; incision de deux l)Ouces commençant à quatie travers de doigt au-dessus du jarret, et se dirigeant en haut en suivant le milieu du membre. La peau et l'aponévrose incisées, on est dans l'intervalle des muscles fléchisseurs: les séparer avec les doigts et le manche du scalpel. Le nerf esta découvert, l'éloigner des vaisseaux, passer l'index au-dessous de lui, faire fléchir la jambe pour amener plus facilement le nerf à l'extérieur; on en excise environ dix huit lignes. » (Yidal, Traité de pathologie externe, 1. 1, p. 488.)

Médicamens internes. Narcotiques.

Nous ne reviendrons pas ici sur ce que nous avons dit à l'article Névralgie, en général, sur l'action des narcotiques -, ils nous suffira d'ajouter qu'ils n'ont jamais guéri seuls une névralgie sciatique. Ils n'ont pour tout résultat que l'avantage d'engourdir le malade et de rendre ainsi la perception des douleurs plus obtuses. On a songé plus récemment à leur application par la méthode endermique , et c'est l'acétate de morphine qui a été préféré. Le seul avantage que l'emploi de ce moyen fait obtenir, c'est de calmer momentanément les douleurs; mais jamais la cure n'est arrivée par le fait seul de ce médicament.

Huile essentielle de térébenthine.

L'usage de ce médicament remonte à une époque fort reculée; on l'employa d'abord à l'extérieur puis à l'intérieur. Usité d'abord en Angleterre et en Allemagne, on doit surtout aux travaux de M. Martinet de l'avoir fait connaître en France. « Des divers modes d'administration, celui qui mérite la préférence est l'usage intérieur, mais à une dose modérée, 4 grammes par jour environ , donné en trois prises , et de manière à ce que l'absorption soit et plus lente et plus complète ; de la sorte, cette huile n'est pas entraînée par les évacuations. A la dose d'un scrupule , dans un véhicule convenable, cette essence donne lieu à une chaleur assez vive dans Testomac et dans le reste du lube digestif, et à une sensation plus ou moins forte dans le nerf et le membre malade, quelquefois môme il s'ensuit une sueur générale. Chez certains sujets on

observe de légères coliques ou un peu de diarrhée, et, plus rarement encore, un« augmentation des urines ou la dysurie.

Mais si la dose est portée à 4 grammes par prise , des coliques , de la diarrhée, de la slrangurie , des vomissemens peuvent en être la suite ; ces i)hénomènes se dissipent d'eux-mêmes par la seule suspension du médicament. » ( Martinet , Du trait, de la sciatique^ etc., 2" édit. , p. 180.)

Les préparations le plus souvent employées sont les suivantes :

Looch.

I\. Jaune d'œuf, n" 1.

Essence de térébenthine, 12 grammes.

Sirop de mentlie, 6-4 grammes.

Sirop de fleurs d'oranger, 64 gramm.es.

Trois cuillerées par jour.

Pour prévenir les vomissemens , on y joint de 2 à 4 grammes de laudanum.

M. Kécamier préfère : huile de térébenthine, 8 grammes.

IJuile rosat , 128 grammes.

A prendre par cuillerées, de deux à six fois par jour.

Pour éviter l'irritation de la muqueuse intestinale ou le dégoût qu'inspire la térébenthine , M. Martinet a formulé les deux opiats qui suivent :

N'o 1. Huile de térébenthine, 8 grammes.

Gomme arabique pulvérisée, 48 grammes.

Sucre pulvérisé , 16 grammes.

Sirop de fleurs d'oranger, 52 grammes.

A prendre le tiers par jour en trois fois dans un pain à chanter.

N° 2. Huile de térébenthine , 4 grammes.

Magnésie calcinée , 3, 3 grammes.

Huile de menthe , 8 gouttes.

A prendre en trois fois par jour.

Enfin , lorsqu'on veut employer ce médicament en frictions sur le point douloureux , M. Martinet conseille le mélange suivant :

Huile de camomille, 64 grammes.

Huile de térébenthine, 52 grammes.

Laudanum de Sydenham , 4 grammes.

Malgré quelques reproches adressés à rini'fficacilé de ce médicament par un petit nombre de médecins, il est vrai, un grand nombre de praticiens l'ont expérimenté

Page 1