‹ Dictionnaire des dictionnaires de médecine français et étrangers, ou, Traité complet de médecine et de chirurgie pratiques (volume 2)Chapitre 52 sur 143 · TOME VII · texte numérisé non relu

TOME VII

les tissus sont dans un état de ramollissement |)lus ou moins avancé. Les muscles mous et flasques se déchirent avec facilité; les os cariés, rugueux et friables sont dépouillés de leurs cartilages articulaires, les é[)iphyscs sont séparées ; des infiltrations séreuses ou sero-sanguinolentes existent d.ms les couches superlicielles et profondes du tissu cellulaire jusque dans celui (pji plonge dans l'interstice des faisceaux musculaires ; souvent au lieu de sérosité, c'est du sang (pie l'on trouve épanchie dans les mailles du tissu ; ces sulfusions sanfjuines forment des collections quelquefois considérables au-dessous de la peau , des membranes mu(iueuses ou séreuses. De là des taches ecchymosiqnes, noirâtres, livides, marbrées, que l'on aperçoit à la surface de ces membranes; le tissu du cœur, ramolli et flasque, est évidemment altéré, les cavités, de cet organe, surtout If s droites, sont distendues par un snng noirâtre, fluide; les poumons sont alTaissés et infiltré-; de sang ou de sérosité, principalement à leur partie postérieure hypostaliquement engorgée ; la rate, augmentée de volume, est friable et remplie de sang; le foie présente les mêmes altérations, mais à un moindre degré ; presque toujours on rencontre des épanchemens d'une sérosité plus ou moins trouble ou mélangée de sang dans la plèvre, le péricarde et le péritoine ; il n'est pas rare non plus de trouver les ganglions mésentériques ou autres tuméfiés et ramollis. Au milieu d'un désordre aussi étendu, l'encéphale et ses dépendances restent ordinairement intacts; ce qui explique très bien la conservation et l'intégrité des facultés intellectuelles chez les scorbutiques, jusqu'à la fin.

Outre les lésions que peuvent présenter les solides, il en est une autre qui, à bon droit, a fixé particulièrement l'attention des pathologistes, nous voulons parler de l'altération du sang. Cette altération est manifeste , même pendant la vie : « A l'exemple de Mead, je me suis occupé plusieurs fois de l'exairien du sang des scorbuti(pies; car, dans ma manière de voir, ce fluide mérite autant que les solides, d'élre étudié. Parini les soldats attaqués seulement de lalfecîion des gencives, il m'est arrivé quelquefois d'ordoa-

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iHT la çaigiiëe du bra.^, n.èmc répétée, [râvce quils étaient en outre uflliiits de iiial;i(lie> iiiflaininaloii'es ; le sang se montra couenneux , comme de coulnnie : il m'est arrivé aussi d'en faire saigner dans le premier degré du seorl)nt gênerai, pour obvier au vice de la respiration, au grand avantage des malades. Ici, le sang n'était plus le même; et au lieu dVHre d'abord uniforme, puis de se séparer en deux parties, il olïrait un mélange singulier de raies obscures et vermedies. Plus tard, en conservant dans un vase le sang des hémoirliagies, on avait un lluide noir, dont la surface était verdàtre en plusieurs endroits; en remuant ce sang avec une l)aguetle, on pouvait distinguer la partie fibreuse, flottant comme de la laine cardée ou des cbeveux, dans un Tupiide bourbeux : |)lus fard eiicore, et aux approches de la mort, le sang des hémorrhagies était entièrement noir, di>;sous et sans fibrine. » (Foduré, Diclian. des sciences médicales^ t. L, p. 224.)

I,e sang que l'on trouve sur les cadavres, inliltré ou épancbé dans la plupart des tissus, ne parait pas moins altéré. Il est noir, lluide, parfois sanieux ou ressemblant à de la lie de vin, ])eu coagulable; ou bien s'il forme des caillots, ils sont mous et diflluens. Si l'altération du sang dans le scorbut est un fait unanimement reconini , il n'<'n est pas ainsi du geiue d'altération éi>rouvée par ce fluifle , (jui , jusipTa présent, n'a pas été soumis a des analv>es assez repel«'es ni assez exactes p,iur (jue la science soit fixée sur ce point, rseaiuuoins , le défaut de coagulabilite etaut le caractère essentiel du sang des scorbuli(iues, on a généralement pensé que l.i (piantité de rduine(|ui entre normalenu'Ut dans la composiliim de ce licpiidc était diminuée ; c'est l'opinion exprimée par Iirous<ai^, et adoptée, mais par supposition seulement, par ,M. Audral. On a dit au^^si que Talcaluiite augmentée du sang était la caus»* de son ppu de coagulabilite. Une analyse f.ute {)ar .M. Frcmy est favorable à cette manière de pensir. I"]n envis.ïgeant dans l»*ur en^^e uble les diverses le>ions trouvées dans les cadavres d» s scorbutiques . on est c-onduit à considérer le scurlmt coirnne une uial.ulie gcnt^raie, alféclanl pi iinilivemenl le sauj^

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