‹ Dictionnaire des dictionnaires de médecine français et étrangers, ou, Traité complet de médecine et de chirurgie pratiques (volume 2)Chapitre 56 sur 143 · SEIGLE · texte numérisé non relu

SEIGLE

l'infusion on de la substance cllc-rnôrnc. {Jourti. (le pliarm., t. \xvii, p. 450.)

§ M. De L'F.r.GOT sons le point m-: vue ToxicoLor.iorE. Ici se présentent deux (luestions essentiellement distinctes, colle de l'action abortive et celle de rinloxiculion proprement dite.

l» Action (ihorùvc. La question de l'avortement est des plus diiricilcs à résoudre. IM. Girardin a déclaré devant l'Académie de médecine que , dans les colonies , l'criiot était regardé comme provoquant l'avortement.

MM. Osière , Thomson , DuchAteau le considèrent comme abortif. Waller , chirurjïien de Londres, déclare qu'il est venu à sa connaissance un cas bien avéré d'avortement occasionné deux heures après l'in^ïeslion du seigle ergoté qui avait été pris avec intention par une femme grosse de deux mois. Teissier, M. Courhaut et plusieurs autres observateurs atlirmcnt aussi que l'S femmes sont très sujettes à avorter pendant la durée des épidémies auxquelles donne lieu l'intoxication par l'ergot.

D'un autre côté, MM. Desgranges, Villeneuve , Gendrin, etc. , assurent que l'ergot n'est nullement abortif. D'après Stearns , plusieurs femmes ont pris inutilement rotte substance pour se faire avorter. Michell et Davies l'ont employée chacun une fois , en vain, pour provoquer l'avortement dans un cas d'étroitesse du bassin. Une icmmc a avoué à M. Roche en avoir fait usage dans le même but sans pouvoir réussir. Bien plus : Harles a vu des avortemens imminens avec hémorrhagie arrêtés par ce médicament , ainsique l'écoulement du sang.M.Cottereau a fait une suite d'expériences nombreuses avec M. Decaignou , en 1829 et 1850, dans le but de s'assurer si l'ergot possédait ou non cette propriété : parmi les femelles des genres chien , chat , lapin et câblai auxquelles ces expérimentateurs ont donné , pendant toute la durée de la gestation , l'ergot de seigle à des doses plus ou moins fortes et en l'administrant de diverses manières , il n'en fut pas une chez laquelle le part survînt avant le terme fixé par la nature.

Que conclure de ces opinions contradictoires : que le fait est fort douteux, et que, «'il y a eu véritablement des avortemens occasionnés par l'ergot, ces cas ont été jusqu'à ce jour extrêmement rares. Ce doute est suffisant, toutefois , pour rendre prudent et circonspect dans les circonstances où l'on fait usage de ce médicament. (Bayle, loco cit.)

2" Intoxication. « Mêlé dans une proportion plus ou moins grande aux grains sur lesquels il se développe, et qui forment la principale nourriture de l'homme, l'ergot, dit M. Raige-Delorrne {Dict. de viédrc, t. vin, p. !:2tj5), produit des aecidens variés. Ces accideris ne sauraient être attribués à une autre cause , malgré l'obscurité qui règne sur quelques points de cette espèce d'empoison-

EnOOTÉ.

nement. L'opinion contraire de ceriflins observateurs n'('>l fondée (|U(! sur des expériences inexactes ou incomplètes. »

Le syn)piÔMie le f)!ijs commun que détermine l'usage du pain ainsi préparé , lorsque la (juantité de l'crtiot (|ui s'y trouve contenue est considérable , est un enivrement (jui n'est |)as sans charmes pour »'eux (pii l'éprouvent. Cette iiiébrialion, lout à-fait analogue à celle que produisent le vin et les autres liipieurs fermeniées , est accompagnée de gaieté, el n'est jamais suivie du malaise et du dégoût qu'entraînent toujours après eux les excès des boi'-sons alcooliques.

Faut-il attribuer au seiule ergoté les épidémies terribles décrites sous les noms d'^rgol'ifi)ne , û' ergot, de convulsio cercnlis cpideniicd, etc. , etc. ? M. Trousseau ne le croit pas {Traité de thérap. ^ t. i , p. 528). Dance ( Dict. de medec. , 'i" édit. t. i , p. ^^IH) a parfaitement fait ressortir la ressemblance de ces épidémies diverses avec celle qui a régné à Paris en 1828 et 1829, et qu'il a décrite sous le nom d'acrodynie. Or, de toute évidence , l'acroiiynie ne tenait pas à l'usage du seigle ergoté , car la population de Paris n'emploie jamais de seigle comme aliment. Que si, d'un autre côté, nous jetons un coupd'œil critique sur toutes les prétendues épiflémies d'ergotisme, nous voyons que celles qui se développent en France ne se montrent pas les mêmes années ; qu'ainsi, pendant que l'Artois en est infesté , la Sologne n'éprouve rien, et réciprequement : or les années très humides en Sologne le sont également dans l'Artois, et par conséquent la production de l'ergot doit y être la même. Il serait bien singulier alors que l'influence de la même cause ne déterminât pas les mêmes aecidens épidémiqucs.

» Nous ajouterons que pendant les années 1816 et 1817 , les plus humides certes qu'il y ait eu peut-être depuis un sircle ; bien que les seigles aient été infectés d'ergot, on n'a pas entendu dire que , dans la Sologne et dans beaucoup d'autres points de la France où l'on se nourrit de farine de seigle , il soit survenu une épidémie d'ergotisme. »

M. Trousseau a soin d'ajouter : « De ce que nous venons de dire , en faudra-t-1l conclure que l'on peut impunément se nourrir de seigle ergoté ? Loin de nous celte pensée. Des expériences directes, faites surtout par Tessier ( Mémoires de la soc. roij. de mcd., t. Il, p. 587 ) , ont démontré que l'ergot était un poison assez violent pour tous les animaux , et ce (|ue nous avons dit de l'effet immédiat de cette substance prouve qu'elle agit sur l'encéphale de manière à en modifier |)uissamrnont les fonctions. Aussi remarque-t-on que les paysans qui pendant long-temps ont éprouvé l'enivrement causé I)ar le pain de seigle ergoté finissent par tomber dans un état tout-àfalt analogue à

Sl'TGI.E EUGOTE.

r;iliriili<somont (lo> ivrofjnes cl «les manneiirs (r(»|iiiiin. LU .luîri* iiluMiomène non iimitis roiii.irqih.bli' , ('"ot le S|)ti;n'ole (iiii s'iMii|»aie (liicliniclois (It's m;iiiis , (li'S pieds cl rnèrnc «1«- tout un nuMiibrc ; spliacele (jui , sui\.iiil 1«'S ii[)par('iK'cs , csl cause par l'oblilcralion des ^ aisseaux aiicriels de la par lie. »

A. Eiu.oTiSME coNVVLsiF. .I.-A. Srinc décrit l Sut. vicdjcor. Siles sprcini. , m ) h's eiïets produiis par l'eruol , cii ITÔti , eu lîi)h(^nic. « La nialadic, dil-il , débiila i)ar une scri>alinn iucnuMuode aux i)ieds, soiisaliori aual(i<z(u> ù une sorte de liiillaliou ou de rouriuilii'tiiciil ; bieuiùl une \ivc cardialgie se déclare, et les mains cl la icle ne lardent |)as à se lr()\ivcr ancclécs. En outre les doiiiis sont contractés avec tant de force (pie les articulations paraissent cofuinr luxi'cs, cl <pi"d f.iut enipIttUT une grande vi^ui ur pour parvenir à les redresser. Les malades foui entendre des cris aiuiis , et sont dévorés par un feu (pii leur brûle les pieds et les inains. Après les douleurs, la léte est pesante . il survient des verti^'es, et les yeux se voilent d'un nuat;e Icllernrnl épais , (pie certains sujets deNiciMienl a^eul:les ou voient les ohjcls doubles ; les l'acullés intellectuelles Sont perverties ; la manie, la mélancolie ou le eouia se déclarent , les vertij^es aufimenleni , et les malades paraissent ivres. Le mal est aceontpatmé d'opislliolouos ; la boucin; est reni[ilie d'une écume prcscpie sanpuinolenle, ou jaune, ou verdàlie : souveiil la laiiLMie est déchiiée piir l.i violence des coinolxions ; elle se liimélie (pieltjuifid-; au point d'iniercepler la voix et de donm>r lieu à une abondaiiie séciéiion de salive. IVes(pie tous ceux (pii ont epiousé des accitlens c[iile|ili(pies succembiiil; ceux (jui, après le rcirmillemeni ^lv^ membres, dcNienncnt froiils et raides , ont beaucoup moins de distension dans les mains et les pied-, ('es sjmpK'nues sont sui\is de faim canuie, et il csl rare (jue les malades aient de l'aversion pour les alirueiis.

/>'. liiuioi iSMK GANC.nrMV.'X. INL I"ran(;ois (Cnzciir (If smiic , ISIG) Irace le l.<bleau suivant de celle espèce. * l.orscpie W sei^;le rru'o'é a éié pris en pr.inde (pianiilé , ou (pi'on en a fait usa'.:e pendant loii;.'-lcm|)s , la maladie debiile par une douleur lre>vi>e avec chaleur inlolerabh; aux orteils. La douleur moule, s'empaïc du |)ied et ^auiic la jandie. Le pied dcMcnl bienl(")l froid, p^'lc, puis livide. Le fioid s'empare de la j.imlie , (pli esl ire*; dooloureu>e, et le pied c>i devenu insen>ibU*. Les douleurs sont plus vives la nui' (pie le jour ; il y a de la soif, mais l'appétit se soulienl cl le malade fait rCpuliereinenl "CS fondions. Il ne peut se niomoir ni se soutenir sur ses pieds. Ilieniôi il parait (les laclus Violeiles, des ampoules; l.i ;:angrene se montre avec loiile son horreur , Cl monte juMpi'au (reiiou. La jambe si; détache de son arliculalion, cl laisse voir une

|)laie vermeille qui se ferme avec facililé ; h. moins (pie le malad;' , mal nourri , liabilant un lieu froid cl humide, couché dans un lit inlccté de matières ^antïréneuscs , ne poinpo de nouveau des uiiasiucs putride-. »

(hianl au iraiicinenl (pie réclame l'inloxicaiioii par l'cr^ol du seiple , !M, Oiiila, (jui range celle jiroduciion parmi les poisons narcolicoàcrcs, conseille le suivant.

« Si la mal.idie est lé^ière , dii-il ( Traité des pnisnux , 7t^ édii., l. Il, p. 't(>3;, qu'il n'y ait (pi'un peu de lièvre , de l'embarras dans la tête cl (piclipies mouNcmens convulsifs , on donnera \ ou % cuillerées d'une potion anli-siiasmodi(iue , cl on fera boire de l'eau vinai;:rée nu de l'eau dans la(pielle on aura exprimé du jus de citron.

. Si les douleurs , reuïourdissement el le froid (pii leur succedeiii annonci-nl l'apiiriulie de la !:an},'i eue set lie . on cherchera à la prévenir. On |)lacera le iiialatle dans un a()parlement sec et chaud , el dans un lit bien propre dont on renouvellera fréipiemmiiit les couverliires.

» Plusieurs médecins ont recommandé de faire iirendre l'einélique lorscpn; la bouche est amere , la laui:ue charj^ée et les envies de vomir fré(iuenles : l'expérience firouve pourtant que ce médicament auLrmente l'irrilation , cl peut occasionner une diarrhée (jui est loujoiir>i il craindre ; cependant, comme on est qiieli|ucfois obli;:('' d'admini-irer un \oniilif pour faire cesser les symptômes dont nous pailon-; , on doit a\oir recours à l'ipecacuanlia. Alors on verse sur I jiros d'ipi'caciiaiih a .l v»rres d'eau bouillante ; dix minutes après, on |)asse la lupicur : si le premier verre détermine des xomissemens abondaiis , on ne doniu; poiiil les autres. On laNorise I ellcl de ce \umilif par l'eau liedc.

» Dans le cas où le malade se |daindrait (rcnfîniinlisscment el de froid aux membres, on lui ferail prendre des bains de jaiiibi s avec une dccoclion de plantes aromaliqiies ; telles (pie la bnande, le romarin, la saujze, animée avec du vinai;;re : au sortir du bam, on frollerail le pie<l et la jambe av. c la main ou avec de la l.iiiie;(ui bs couvi irait de compre-«-es trempées dans rinfu^iion de fleurs de sureau ou d'oranfier , à bupielle ou ajouterait 1*) à ^20 poulies d'alcali vola' il par verre. Os compresses peuvent également être trempées dans la lessixe de cendres ou dans la décoclion suivanlc , dont on administre ."> verres par jour au malade. On fait bouillir penilant une demi heure \ onces de (/niiifiniiui concas-é dans 1 litre d'eau ; au bout de ce temps, on ajoute l/i once de sel ! nniuiniidr el 1 piiK ces de fleurs de cmnoiiiillr: on laisse rafraîchir (l on passe. On peut cni-ore donner avec micccs une ti«ane dinriision iVariiirn ou de serpentaire de Vir- ^:in (• , ('liiilcoréc aM c du ."^irop de vinaigre ou de loxyincl.

» Si l'onçonrdissomont ot W froid porsis- i ' liiiuM'S vrsic.iloiios sur los

trnl , 011 mot (l<

(Midroils voisins dos niotnhros eiijionrdis ; on- (iri , si rien no pont oiiipi"'! hor lo dovoloppompnl de !a j.'<iii;iiè,t^iio , on jipplicpio pIii«ioiirs fois par jour sur les moud)ros la Iduioiitalion suiv.mic : on fait hoïiillir dans 1 litre d'eau A onces d'alun oalcinc, 5 onces de vitriol romain , 1 onoe do sol cuisine ; on réduit la li(|ueur jusqu'à nioitio. M Jaiisoii, chirurgien en chef du {iraud llùtel-niou ilo Lyon . a retiré <Ies av intapes niarcpiés de l'eiui'îoi de l'opiiini à l'intérieur , dans les cas nuinbreux de gangrené aux membres abdominaux , par suite de l'ingestion du seigle ergoté , qui se sont présentés à lui dans le courant des années 1818, 1810 ot 18^20. La gangrène , du reste , continuait ses ra\ages tant que la douleur porsisiail dans le membre an'ccté , tandis q>ie le cercle inflammatoire commençait à se former lorsque les mabidos pouvaient , à l'aide de l'opium , jouir de quelques heures de sommeil. [Compte rcnlii de la pratique chirurrjicalc de l'JlOtel-Dicu de l'jon, 18^1.)

» Si la gangrène est tellement prononcée qu'il faille couper le meml)re , on alleiid que la nature ait établi une ligne de démarcation entre le vif et le mort , qui indique l'endroit où l'opération doit c re faite. L'amputation ne doit éire pratiquée que dans le cas où la gangrène s'est arrêtée au mdieu d'un membre qu'elle a mutilé d'une manière irrégnlière , en sorte que la partie saine deviendrait après la guérison un obstacle au mouvement ; ou bien lorsque les parties gangrenées, ne se séparant pas assez promptement, se pourrissent et infectent le malade. »

3L Courbant dit ( Traité de l'ergot du s. igle , p. o2) avoir obionu des succès remarquables, dans d^s épidémies d'ergotisme, de l'administration de l'ammoniaque associée au quinijuina, de frictions avec l'ammoniaque étendue d'eau sur les membres alfectés , de fomentations et de bains avec une décoction

SEIN. 203

Lulips , Ips flivi^ions (^tablio<? par M. Velpeaii. (Art. ^],\\\K\.].F.^/iêp('rl()tre (jéncral des sciences nièdica'cs, l. \i\.)

I. Maladies du mamelon et de son ARÉOLE. Ce sont les exoorialioiis, les creva-ises, les alVccliotis eczémateuses ou pni- I igineiises, les ulcères et les chancres. En outre , (lit Br»y(r, le maiTieloii peut olîiir des vices de conformation (jiii sans être, à proprement pirier, un ela|: morbide , réclrunent ce[)endant les secours de Part.

y/, f'ices de conforma lion. Ce sont:

raplaiissement , l'imperforation et l'absence ou la multiplicité dn cette partie. « Si les mamelons des femmes qui doivent all.iiter, dit Hoyer, sont courts, endurcis, et si aucune sérosité n'en suinte pendant les derniers mois de la gros-^es^e, on cliercliera à les amollir et à favoriser leur développement par les topiques émolliens , tels que le lait , le bourre frais, la pommade de cire vierge, d'binle d'amandes douces et de blanc de baleine, qu'on appliquera le soir sur le tnameloii , et qu'on enlèvera le matin par des lotions d'eati de savon. Ou recommandera de faire, pendant le jour, de légers altoucliemens , afin d'y déterminer Tafllux des llcjuidos. La succion exercée par un eufant vigoureux ou luie personne saine est un moyen très efficace de parvenir au même but. On a encore proposé, dans la même inlenlion , le vide fait à la surface du mamelon avec luie p-ipe, une ventouse, un suçoir. Dans un cas de cette es|)éce, Am itus-Lusitanus eut recours , cbez une jeune dame vénitienne , à un moyen assez ingénieux : il fit remplir d'eau bien cbaude, puis vider une bou-

teille de fer dont il appliqua le goulot aune cendres auxquels on ajoute quelques i -, . \. , „,,• . ,1 ..,, i-^., gouttes d'alcali volatil : ce mé.lecin faisait t'"^^'»* ^u mamelon, (pn tut attire dan^, 1 ou-

entrer encorde même alcali dans le pansement des parties ulcérées et gangrenées.

SEÏX (maladies du).

Indépendamment des maladies qui lui sont communes avec les autres organes , le sein est en outre sujet à des afî.'clions qui lui sont pro[)res. De plus il y a dans son développement,dans sa forme, dans ses fonctions , des dillérences telles dans les deux sexes , que, pour se faire une idée exar-ie et précise des maladies dont il peut être afTecté , il est essentiel de les eludier séparément chez la femme et chez l'homme.

Nous adopteronSjdans l'exposé de ces ma-

verture comme datis une ventouse; le lait s'écoida dans la bouteille en assez grande quantité et avec douleur , le mamelon prit une forme plus favorable à l'aliaitement. Avant l'accouchemeni , c'est une sérosité claire et sanguinolente (jui coule communénieul et non du lait. Le vulgaire désigne sous le nom de cassement des cordes la douleur aigùe que produit l'effort du liipnde au mo'.nent où il s'échappe de ses conduits obstrués. Lorsqu'on est parvenu à rendre au mamelon la forme qu'il doit avoir, il faut mettre tous ses soins à éloigner les causes qui pourraient

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l'aplatir encore on le romprim.^nt. »

(Boyer, Maladies chirurgicahs , t. vir, p. l*>t'.)

Rarement le mamelon est tout-à-fait imi)erforé. Lorsque le lait ne coule point au dehors , cfla dépend le plus ordinairement d une obstruction des canaux ; obstruction (pii est alors le résultat ou de raî'lalisseinent ou de linduration du mamelon. >ous venons (Tindiiiuer les moyens auxquels il faudrait avoir recours dans le premier cas; si, au contraiie, on avait affaire à une induration , il eonviendrait d'insister sur les émolliens.On comprend en outre (]ue Pocclusion pourrait dépendre en pariie d'une turf,'escence de la mamelle dans les premiers jours qui suivent Paccouchcment. En pareil cas, ce serait cette turj;Tscence qu'il faudrait combattre par les moyens que nous indiquerons plus loin.

L'absence du mamelon est rarement un vice congenila! ; mais elle peut survenir à la suite d'un accident, ou par les progrès d'un ulcère, d'inie crevas-e , etc. Ouoi qu'il m soit, c'est la un e!at auquel on ne peut remédier. L'allaitement ne peut plus guère avoir lieu que par les moyens artiliciels.

On cite quelques exemples de mamelons ninllii)!es. »'(l'e.-«t un simi)le objet de ditrormiîe, dit lioyer , (]u'om peut faire disparaître en excisant les mamelonsaccessoires. Mais d.ins cette opération , comme dans toutes celles qui ont le même but . il faut apporter la plus grande circon-<pection, alors même qu'elles semblent n avoir aucun danger, et ici il en existe un véritable. Ne peut-on pas confondre le mamelon avec des excrois>.ances sans fonclion«, enlever celui-là, et bisser à sa place une excroissance inutile '.' Mieux vaut s'abstenir (b; toute opération , ou tout au moins ;itlendr(^ qu'un premier accoucbement ait fait connaitie le véritable mamelon. • {f.ncn rit , p. \{\^.)

/?, K.rrorialiotis du wamdon. » Les jeunes femmes (jui allaitent pour la première foi», celles à peau Une, lympliatiqties O'i nerveuses, ont souvent des excoriations. Les succions trop soiivnt répétées, le défaut de propreté, la mauvaise rf)iiform,ilion du bout du s-^iu exposent à celle alleclion. C'est a la surface du ma-

melon, sur sa racine , qu'on voit cette espèce d'exulcération que je comparerai à celle de la balanitc ou à celle du col de la matrice dans cerlaines vaginites. Souvent on voit cette exulcération sur la racine du mamelon, qui seinble alors s'isoler, s'étrangler, n (^idal, Path. externe, t. iv, p. 418.)

Pour prévenir les excoriations du mamelon , il est avantageux de faire usage , avant raccouchement, des lotions avec de l'eau fortement salée, du vin pur ou mémo avec de l'eau-de-vie. Pour les combattre , on a proposé une foule de topicpies dont nous croyons devoir nous dispenser de donner la liste. « La meilleure application locale dans ces cas, dit A. Cooper, est une solution de borax dans les proportions suivaiites : Borax 1 dracbme, eau 5 onces, alcool i/^once. » {OEiic. cJtlr. , Iraduct. franc., p. o07.)

Lorsipie les lotions avec de l'eau de Saturne, la pommade de concombre, Touguent populéum , ou autres moyens analogues ne suflisent jtas , M. Velpeau ne trouve rien de mieux (jue de lotionner la partie avec une solution légère de nitrate d argent ou de sulfate de zinc, ou de |>rati [uer des onctions avec la pomnnde au précipité blanc. « Mais, ajoute-t-il, il ne faut point oublier que la succion opérée par lenfant est ici la cause déterminante du mal , et que la plupart des remèdes dont je viens de parler pourraient avoir ijuelques incouveniens , s'ils re-taient en certaine quanlité sur le mamelon au moment où le nourrisson vient à le saisir. 11 en résulte cpie le meilleur remède , eu pareil cas, se trouve dans un mamelon artificii 1 bien ai)proprié. Lorsqu'on i)rcnd ce dernier parti , de simples secours de proi)reté , ou l'un des topiques indiqués plus haut manquent rarement de'dis^iper le mal en (pn bjues jours. • (Velpeau, Dictionnaire de médecine , 2" édition, t. xix, p. ••> }

(.\ (reva.^ses du inrttndon et de son arcnle. lôllcs reconnaissent les mêmes causes que les excoriations auxquelles elles f uccèflenf le plus souvent. Leur siège le plus ordinaire est le mamelon , et surtout la rainure qui le sépare de la mamelle pro[>renient dite. On les observe quelquefois sur les dillcrens points de i'areole. Ce

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sont des espèces de fissures qui se creusent,, s'élargissent de plus en plus , pendant la succion, suilout si le nourrisson est vorace; on les a même vues quelquefois déraciner presque en entier la base du mamelon. A cliacjue tentative d'ailaiteinent elles fournissent du sang en plus ou moins grande abondance. Elles sont toujours douloureuses ; quelquefois même la doiileur est telle que les femmes les plus courageuses , les mères les plus dévouées redoutent le moment où l'enfant d()it[H'endre le sein. Ajoutons qu'elles ont , en outre , l'inconvénient de troubler la sécrétion laiteuse , d'exposer à de véritables inflammations de la mamelle, et de rendre quelquefois la lactation tout à-fait impossible. (Velpeau.)

L'usage des bouts de sein est tncore plus important ici que dans les cas de simples excoriations. Ce sont du reste les mêmes applications topiques. Si les crevasses sont larges et profondes, quelques cautérisations avec le crayon de nitrate d'argent sont très utiles. M. Velpeau s'est quelquefois bien trouvé d'un suspensum de calomel dans l'eau de guimauve. Quant aux solutions de sublimé, conseillées par quelques chirurgiens , les praticiens prudens se gardent bien d'y avoir recours ; elles doivent être proscrites d'une manière absolue , car on comprend tout le danger qu'il y aurait à en laisser avaler la moindre partie à l'enfant.

D. Dégénérescences croûteui^es. Le mamelon et son aréole sont quelquefois recouverts de croûtes assez épaisses, fendillées, adhérentes, ordinairement suivies d'un suintement sanguin lorsqu'on les détache. M. Velpeau a observé deux cas de ce genre. Cet état est accompagné le plus souvent d'une démangeaison qui force à enlever les croûtes , ce qui est un obstacle à la guérison. L'emploi de la pommade au précipité blanc parait avantageuse en pareil cas.

E. Chancres , ulcères. « Les mamelons peuvent être le siège de chancres ou ulcères vénériens primitifs; ces ulcères ont lieu presque toujours chez les femmes qui allaitent des enfans attaqués d'une syphilis héréditaire : cependant on les observe quelquefois chez des femmes qui ont souffert que de» hommes dont la bouche est

attaquée d'ulcères vénériens imprimassent des baisers sur cette partie. On les a observés aussi chez des femmes nouvellement accouchées , qui , pour vider leurs seins, s'étaient fait teter par une |)ersonne infectée. Ces ulcères commencent oi'dinaircment par un bouton plat , dur , qui suppure promptement , s'élargit et forme un ulcère dont la surface inégale, livide ou grisâtre, et quelquefois fongueuse, fournit une matière acre , vis(jueuse, venlàtre ou rougeàlre; les bords de cet ulcère sont irréguiicrs, élevés , un peu durs ou douloureux: mais la marche et l'aspect des ulcères vénériens du mamelon présentent des variétés, et c'est ce qui rend (jueNpjefois le diagnostic difficile. Le plus souvent ces ulcères sont accompagnés de l'engorgement des glandes lymphatiques de Taisselle , et quelquefois d'autres symptômes syphilitiques. Chez les femmes qui allaitent des enfans attaqués d'une vérole héréditaire , le diagnostic des ulcères vénériens des mamelons n'offre aucune incertitude ; il en est de même chez celles qui les ont gagnés en se laissant teter par leur amant et qui ne craignent point de l'avouer : mais chez celles qui les ont contractés de la même manière et qui n'osent pas en faire l'aveu , le diagnostic peut être difficile ; surtout pour les personnes qui ne connaissent pas celte voie de communication de la vérole. Dans les cas douteux, on suspendra son jugement , on pansera l'ulcère avec parties égales de cérat et d'onguent napolitain double ; et s'il éprouve en peu de temps une amélioration sensible, il ne restera aucun doute sur sa nature. Alors on continuera le même pansement ; mais on aura soin de faire subir à la malade un traitement anti - vénérien complet propre à détruire entièrement le virus syphilitique. » (Boyer , loco citato,

IL Maladies du sein (chez la femme).

1° Inflammations. — Les inflammations proprement dites du sein ont été mal décrites jusqu'à ces dernières années sous les nom de mastoïle, mastite, mammite.

Les progrès récens de l'anatomie chirurgicale devaient éclairer cette question. M. Velpeau l'a fort bien compris ; et voici les divisions qu'il a admises et qu'il est , bon d'adopter.

SEl-\.

1° In/Iammalions superficielles ou sous-cudmécs :

a. De l'artule. b. Du tissu cellulo-graisseux.

t2« Inflnmmations profondes ou sousmavimaire< :

a. I liopalliiques. b Syinploniatiiiucs.

5° Inflammations (jlandulains:

a. Kiigorgcrnpiit laiteux, b. lullamniation proprement dite.

1" In/lammutions sous-culanccs. a. De Varcole. baus toute ia région du sein occupée par Paréoie el le ujamelon, les lissus sont telleinent serrés (pi'on ne conçoit guère (pi'ils puissent è!re le sie^e d'une ii^.llanuuation purenici.t sous- cutanée , di.^linjle «.i«'s innairiuiations glandulaires ou parencbyiiiaieuscs. Cepend.uit îl est assez coninujn de voir se développer sous ce disijue des pulegtnasies caraeleiisecs par un gonlîemeiit parser.ic de bosselures ou de petits bourrelets , par une roiigcur tirant sur le livide, par nue douleur sourde et lancinante, le tout a\cc saillie du mamelon uu aspect conoïde de tout le ï-cin. Celte variété d'uiflammation, j)res(pje toujours causée par les exulceralions, les gerçures ou toute aulre irritation de la peau, et qui ne se rencontre guère (jue chez les nourrices ou les nouvelles accouchées, a ceci de particulier : qu'elle marche très rapidement vers la ré>olulion, si on en supprime les causes deierminantcs ou si on la traite convenablement dès le priiicipe ;(iu'elle se leiuiine en peu de jours aussi par de petits foyers [)Mrulents, ordinairement multiples, de forme irregulière, et qui aniinci>sent très rapide niciit la peau. Ou arrête celte ii llammatiou par les moyens indiqués «i rccea^ion des exci)riations, des crevasses et autres aiïei'tions cutaïuH's du sein. Il est l>on (rajoiitrr à ces moyens la saignée générale, (juehpies dérivatifs intestinaux , de même que <les cat'q)lasmes emolliens el l'applicilion des sangsues. [M.iis, en i)areil cas , les sangsues doivent être aj>pliquées en cercle , soit autour du sein. S(Mf autour de l'aréo- 1', et non pa«i sur la pl.Kiue enllanum'c. » (Yel[^eau, l<>'. cit., p. 17.)

h. InP'innniition du lissu ccllulogrtiis^eur. fc)lle peut être aigi;è ou chronique. Llle b'établit de trois manières

principales. 1" De dehors en dedans.

Dans ce cas elle est produite j»ar un éryiheme, un érysipele o;i toute autre maladie de la peau; par uu froissement , un vé-icaloire , une brûlure, etc. C'est assez iudi(pier par la (ju'on lobserve à tout âge. Les fondions générales n'exerc( nt ici aucune inlluenee partuMiliere. 2" De dedans eu dehors. Une atlVclion préalable de la gl.inde elle même est ici le poirit de dél)ari du mal. i\l. A elpeau pense qu'il serait en outre « [)ossil)le que des contusions, des pressions (jui auraient porte primitivement sur le devant de la glande, se comportassent de manière à l'aire naître une phlegmasie allant des parties {)rofondts vers la superficie. • [Loc. cit.) S» La phlegmasie envahit d'emblée le tissu cellulaire sous- cutané soit à la suite (Vui.e violence extérieure, so\[ spontatument ou par une cause inierue.

(Juels que soient d'ailleurs la cause et son mode d'action , ce geiu'e d'inllammation du sein ollre presque toujours les mêmes caractères; ce sont ceux du i)hlegmon sous-cutané en général. Quelquefois diduse, le plus souvent circonscrite, elle s'annonce par du gonllement , de la douleur, de la chaleur el une rougeur plus ou moins intense de la partie. Lorscjue la phlegmasie occupe une grande étendue , le gonllement ollre une particularité très importante à noter pour le diagnostic dillerentiel dts dillereuies inflammations du sein. Alors, en ell'el , le maïuehui et son aréole ne partuipent |)oiut, uu du moins très peu , à la luméfaclioii ; unies voit , au contraire , déprimes el foruiant pour ainsi dire une cavité plus ou moins profoiide, siii\ant le degré de gonllement des parties environnantes.

i.es tcrmuiaisons les plus fréquentes de riiifl immation sous-cutanée du sein sont la rcsohuion , la suppuration. jNous nous occuperons de cette s( conde terminaison en traii.uil des abcès. L'indiuation , la gangrène ou les dégénérescences (jui pourraient aufsi en être la >uite seront étudiées plus l(,in. INOus devon*^ nous borner ici à examiner (juels sont les moyens (jue la iherapeutitpie met a la disposition du chirurgien pour amener la résolution.

« Combattre les alleciions rroûteuses, érylhemateuses, crysipelateuses, toutes les

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irritations oiifin de la peau et du sein , les(|iieiles nu^nacciit de retciilir au-d«'ssous , est la première chose qui doive occuper le praticien. Quant au traitement curatif, il est le même que celui des inflaniniations sous -cutanées en général.

La feniirie est elle jeune, sanguine et robuste, il sera bon de lui pratiquer une ou plusieurs saignées du bras. S'il n'y a point de réaction générale , et que l'intlammalion soit cependant vive, on appliquera sur la région malade de quinze à quarante sangsues. Il vaut mieux applicjuer les sangsues dans ce cas sur les tissus enflammés eux-mêmes que de les poser autour du sein. En supposant que la suppuration ne paraisse point encore inévitable, il est bon de revenir deux ou trois fois , dans Tespace de quehjues jours, à ce genre d'émission sanguine. Des cataplasmes de farine de lin posés à nu, simples ou arrosés de laudanum d'abord , arrosés d'extrait de saturpe ensuite, doivent être associés aux saigi < ( s locales. 11 est essentiel aussi que le sem soit convenablement soutenu , qu'on le relève mollement, par exemple , à l'aide d'un bandage, et que la femme se tienne le plus possible sur le côté opposé. C'est là une précaution qui me paraît importante, surtout dans le cas où le poids de l'organe et le point où s'est établie la maladie paraissent concourir à l'appel des fluides vers la région enflammée. Si les moyens précédens étaient contre-indiqués par quelque circonstance spéciale , on aurait encore quelque chance de faire avorter l'inflammation en ayant recours , dès le principe, à d'abondantes et de nombreuses onctions mercurielles. C'est ici , en outre, qu'une compression bien faite réussi: parfois merveilleusement. On doit seulement se souvenir que la compression est difficile à maintenir sur le sein, (ju'elie exige là des soins minutieux de la part du chirurgien, et que beaucoup de malades ne peuvent la supporter.

» Je suis parvenu plusieurs fois à dissiper l'inflammation sous-cutanée du sein en couvrant toute la région douloureuse d'un large vésicatoire volant ; m;iis comme ce moyen ne réussit pas toujours et qu'il a quebpie chose d'effrayant pour les femn»es, je conseille de ne l'employer que faute de mieux.

» Comme traitement général, il est bon d'agir avec queb|ue énergie sur les intestins; on maintient le ventre libre au moyen de lavemens ou de boissons laxatives. On ne s'en tiendra aux boissons légèrement amères ou délayantes que s'il s'agit d'une inflammation par cause externe ; on en viendra, au contraire, à des purgatifs plus actifs, tels que l'eau de Pullna , l'huile de ricin, le jalap , la scammonée ou le séné , s'il est (jue.slion d'une nourrice ou d'une inflammation à la .«uite des couches. Je n'ai pas besoin d'ajouter que s'il existait en même temps quelque affection herpétique, soit comme cause , soit comme com[)licat:on , il conviendrait de la traiter aussi par les moyens ap[)ropriés.

)) L'emploi du calomel ou du tartre stibié sous dilférentes formes, vanté par plusieurs praticiens dans ces derniers temps, convient peu, si j'en crois ma propre expérience, au genre d'inflammation dont je parle actuellement. » (Velpeau, lue.

Cît.^ p. -15.)

2° Inflammations profondes ou sonsmammaires. Comme les inflammations sous-cutanées, les inflammations profondes du sein peuvent s'établir de trois manières différentes : 1» elles reconnaissent pour cause une irritation de la glande , ces cas sont les plus fréquens ; 2° elles trouvent leur origine dans une affection des parois thoraciques ou même des organes contenus dans la cavité pectorale ; 5° elles se développent spontanément et pour ainsi dire d'emblée dans le tissu sous-mammaire lui-même , et alors les causes en sont le plus souvent inappréciables.

Ces inflammations sont donc idiopathiques et symptomatiques. Quoi qu'il en soit d'ailleurs de leur mode de développement, voici les principaux caractères à l'aide desquels on pourra établir le diagnostic. « Le sein olTre un développement plus ou moins considérable; sa surface e.st tendue, hémisphérique et sillonnée quelquefois par de grosses veines. Lorsque l'inflammation est intense, les téguniens sont chaiids et oflVent une teinte légèrement rosée. f3ansles cas ordinaires, la |)eau, tant soit peu chaude, présente d'ailleurs sa couleur normale. Le gonfle-

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ment a coci de particulier, que la glande mammaire paraît comme soulevée d'arrière en avant , repo>ant sur une espèce d'epohgt' , et (pion n'ob>erve point, comme dans les inllammations sous-ciUanees, de bosseliu'es, de [)laipies, poit fongueu>es , soit livides, a lexlorieur. Ce genre (rinllammaliou est ordinairement accompagné d'une rearlion pins ou moins vive ei de tous les ^yniptôiiies (Tune liivre inflammatoire. A ces siiiuis, il sera toujours as»ez facil«' de distinguer une intlamniation pr.ifonde du seiii de celle i\u'\ occupe le tis-u cellulo-graisseux souscutané de la niém»', région. >ous verrons bientôt quels sont les caracUres qui les distinguent des plilegmasic- de la glande elle-même. » (Yelpeau , Lcrutis orales, t. II, p. liiO.)

La marche des inflammations sous-mammaires est ordinairement rai)ide. Quelques jours suflisent pour les voir atteindre leur >unnnum d intensité. On a même vu le sein actjuérir le double, le triple de son volume dans l'espace de (luarantehuit heures. La suppuration en est la terminaison presque constante. On trouve quehpafois le tissu cellulaire gangrené , comme dans Terysipele phlegmoneux ; mais il est extrêmement rare de voir la maladie s-c terminer par linduration des parties alfeclees. (^)uanl a la résolution , on ne peut guère espérer de l'obtenir (jue lor>(|ue la m.iladi<' est alta(iuee à son début : et encore devons- nous ajouter <pie ménje alors les moyens les mieux diriges restent impui-sans.

7'raHimvnt. Les détails qui précèdent indicpient assez (pie les inllammalions profondes du sein doivent être at!a(]uees avec énergie à leur début. Lu égard au siège profond du mal, on comprend facilement que les lopi(pies, de quehiue nature qu'ils soient d'ailleurs, i\v. peuvent exercer ici qu'une légère influence, et il serait peu rationnel de perdre un temps précieux à fan e usage de pommades , donguens, etc. C'est à un autre ordre de moyens qu'il faut avoir recours ; les émissions sanguines ^-enerales et locales , les premières surtout, d(»ivent être placées en première ligne. Il faut (pie les saignées soient larges et répétées si on vetit juiru-

saignées doivent cire appliquées autour du sein et non sur la surface de cet organe. C'est là une i^avticularite qu'il importe de ne point oublier; on en devine facilement les motifs. Conjointement à cette médication anti-phlogistique, on se trouvera bien de reuq)loi à l'intérieur du calomel et du tartre slibié a haute dose. Mai> tous ces moyens deviennent généralement inutiles lorscpie la suppuration est établie; et nous a\ons déjà dit qu'il est lare (pTaprcs quatre ou ciiKi jours au |tlus iV\in état (ranclunient aigu la tumeur inflammatoire ne soit abcédée.

5" I/iflamnia lions de la (jlande j/mmmalre. (Juoicjue pouvant survenir à la suite de causes internes ou externes, d'irritations mécaniques ou autre-i, il n'en est pas moins vrai (jue les inllannnations de cette espèce se rapportent presque toujours au travail de la lactation. Aussi est-ce chez les nourrices et les femmes en couches qu'on les observe le plus souvent.

a. Engorgement lailcur. In/tanimaiion des canaux gnlaclophorcs. « l\etenu, epais>-i , concrète d.ins les canaux (jui lui livrent passage, le lait dilate ces conduit>i, en augmente le volume, fait naître ainsi de vives douleurs accompagnées le plus souvent d'une réaction générale plus ou moins vive, et constitue par là un engorgtuient du sein assez frecpjcnl cpie l'on observe dans les derniers mois de la grossesse, chez les nouvelles accouchées et les nourrices. Cet engorgement n'est pas, à proprement parler, une véritable inflammation; mais on coiu'oit aisément (ju'il puisse en devenir très facilement la cause. 11 est caractérisé par les sympt(')mes suivans. Les mamelles prennent un accroissement [iliis ou moins considérable , ordinairement facile à distinguer de celui qui dépend d'une inflaiiimatiou jtrofonde en ce (pu.' le^^'onllement, au lieu d'être régulier et uniforme , est bosselé et comme sillonne de cordons durs; cliainb^ et Ires sensible à la moindre pression, la peau du sein est peu rouge: qudquefois même elle est plus pâle (puî dans Petat normal. Il existe ordinairement de vives douleurs, et les malades en exi>riment la sensation en disant (pie leur uiainelle semble être traversée par une foule d'épingles. Il y a 1er linflainmalion ou borner bCbclltts. Les ] toujours uu certain degré de lièvre, et

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rapjH'tit d.^t plii«?oii moins siispondii. Tantùl l't'iigor^'ciiu'ut iaitpux oc(',ii[»e toute la glande ; taulùt il est ciic.onscrit sur un ou plusieurs de ses points. Dans ces derniers cas il se picsenie sous forme de bosselures plus ou moins diires, d'un volume variable, qui persistent rpiebiuefois fort long-temps, et qui ont pu donner le change pour des tumeurs de mauvaise nature. »> (Jeanselme, Leçons cliniques de M. Velpeau, t. II, p. 123.)

Le passage brusque du chaud au froid, une sécrétion trop abondante des mamelles, une rétention trop prolongée du lait dans l'organe sécréteur , une moulée du lait trop brusque, par saccades, une succion trop précipitée, telles sont les causes principales de rengorgemeut laiteux.

Traitement. <■■ Lorsque l'engorgement laiteux commence, dit Boyer, on doit d'abord chercher à diminuer-ia sécrétion du lait et à augmenter son excrétion ; on prescrit donc à la malade de prendre peu de nourriture, et on provoque d'autres évacuations au moyen de légers diaphorétiques et surtout de doux laxatifs administrés en lavemens. D'un autre côté, on rend plus abondant l'écoulement du lait amassé dans la mamelle , en la faisant téter par un enfant robuste, ou en la faisant sucer par une personne adulte. Lorsque l'engorgement est plus considérable , il arrive quelquefois que l'excrétion du lait est complètement suspendue. Dans ce cas, la succion exercée sur le mamelon ne procurerait aucune évacuation ; elle irriterait le sein sans aucune utilité. On couvre alors la mamelle de topiques résolutifs, tels qu'un cataplasme de farine de graine de lin et d'eau savonneuse avec addition de 10 à 12 grains de sel fixe de tartre (sous-carbonale de potasse). On a beaucoup vanté , dans le traitement de cette affection, les bons effets de l'ammoni.aque ; on l'emploie ordinairement sous forme de Uniment à la dose de 2 gros dans 2 onces d'huile d'amandes douces, à laquelle on ajoute quelquefois un jaune d'œuf. w (Boyer, lococit., p. 175.)

Le Uniment de M. Banque, composé d'eau de laurier-cerise, 60 grammes; extrait de belladone , 2 grammes ; éther , 50 grammes, est aussi très avantageux en pareil cas; nous en dirons autant du lini- TOivws vit.

ment avec riiuile, rainmoniaque et le camphre mis en us.ige par A. (>oo[)er.

IM. Velpeau se sert du mélange d'un ou deux jaunes d'œuf, d'un gros d'ammoniacjue et d'un deini-gios de (camphre, auquel il ajoiite quelquefois autant d'ether. Nous devons dire , toutefois , que ces dilFerens topiques ne sont réellement utiles (jue lorsqu'il s'agit d'un engorgement laiteux pur et simple; M. Yelpeau déclare, et nous avons été quelquefois à même de nous convaincre de la justesse de cette remarque, que , s'il existait une véritable inllammalion , ces moyens , loin d'être avantageux, ne pourraient qu'aggraver le mal.

Si rengorgemenl déterminait un certain degré de réaction générale, et (pje la femme ne pût pas continuer de nourrir, on devrait praticjuer une saignée générale, et faire usage de quelt|ues purgatifs. Loi>que, malgré tous ces soins, il se développe une inflammation réelle, il faut la combattre par les moyens que nous indiquerons dans le paragraphe suivant.

b. Inflammation du tissu mammaire et de sa trame cellalo fibreuse, c Soit que l'intlammalion s'établisse de prime abord dans les lobules de la glande, ou dans le tissu cellulaire qui les unit, soit qu'elle s'y transmette des canaux galactophores, elle n'en présente pas moins à peu près les mêmes caractères séméiotiques. C'est surtout, et mèine presque exclusivement, chez les nourrices, (jue l'on observe ce genre d'inflammation. Cependant je l'ai rencontrée plusieurs fois chez des femmes enceintes , et même dès le troisième mois de la grossesse. Chacun sait d'ailleurs que c'est la [jhlegmasie du sein qui détermine le plus souvent la lactation ou l'état des couches. Les symptômes qui la Cciractérisent sont les suivans. Au début, la peau de la région mammaire est peu rouge ; il existe quelques douleurs sourdes, vagues, disséminées çà et là dans l'épaisseur de la mamelle. Il y a peu de gonflement; les doigts font seulement reconnaître quelques bosselures dures, ré.sistantes, de volume variable. Mais bientôt, si la maladie n'est point arrêtée dans sa marche, les tegumens revêtent une rougeur plus ou moins intense ; le sein prend un développement assez considérable, ordinairemcni

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fariln h distinguer de celui fini dcp^^nd i d'une iiidamination profonde. Les don- ! leurs de\iennent lancinantes et concentrées autour de l'aréole; elles dilfcrent drt celles que produisent les inllamuiaiions superficielles ou profondes, en ce qu'elles ne sont ni pongiiives , ni gravatives, ni larges. •> (Velpeau, Leçons orales, t. ii, p. 12S.)

« Celte infl.iinmalion, dit Boyer, se termine quelipiefois par resolution, pins fréquenitiK ni par suppuration, il est une antre e-fx-'cc de terininaisdu ; c'est une sorte d'endurcissement chronique , suite d'une resolution imparfaite ou d'une suppuralion partielle, et (pii persiste (jnelquefois pendant un temps fort long. Dmk qneUjues cas, cet engorgement chroiii(ine, après avoir résiste au tenq»s et aux remèdes, s'est dissipé pendant le cours d'une nouvelle grossesse. » {I.oco rit. , p. i7u.j

Traitement. Il faut bien distinguer les cas dans lescjnels la malade est une femme enceinte ou une nouvelle accouchée , de ceux où il s'agit d'une nourrice. On comprend (\vu' pendant la grossesse, on ne peut point songer a extraire le lait. Il en est de même pour les nouvelles accouchées qui ne peuvent pas ou ne veulent pas nourrir. Il faut donc ici se borner à dimiiuier la sécreiion laiteuse qui tend à s'établir. Saignées générales j)eu abondantes et répétées , applications de sangsues sur le seiu ou autoiir du sein, topiques émolliens ou nareo!i(pies d'abord, résolutifs ou légèrement excitans ensuite , purgatifs salins , bains généraux , compression melhodi(pie, ti>an«'!^ aiieranle^, régime sévère; telle est la série de moyens qu'on a proposée en pareil cas. On dfviue, <lu reste, (jue celle nw-dicalion esta|)plica- Me à toutes les femmes qui ne nourris-

Sil s'agit d'une nourrice, la première question (pii se présente est celle ci : Fautil ou ne faut-il pas continuer la lactation? Dans \.\ majorité des cas, surtout si l'iiiflamm ition e>l intense, l'allaitement doit être suspendu. S'il existait alors umtrop grande accumulation de lait, il vaudrait nweux l'extraire p ir les moyens artificiels. Vm pareil cas. du reste, dit IM. Vrl|icau,à mouis d indiration forme b- , les eims.-ions sanguines, les purgatifs et

les tisanes dites dépnralives doivent être soigneusement évitées. Il faut se borner à couvrir le sein de larges cataplasmes de farine de graines de lin, entretenir la liberté du ventre par des lavement, du petit-lait, du jus de pruneaux ou quebiue boisson relâchante, et diminuer la quantité des alimens. Si rinllammalion n'existe que d'un côté, on se trouvera bien de donner l'autre sein à l'enfant. Dès que la phlegmasie a perdu de son intensité, il est utde de r.^donner la mamelle malade au nourrisson ; mais il ne faut pas qu'il la garde long-temps , il vaut mieuxqu'il la reprenne plus sonvi'Ut. Avant et après chacpie allaitement, le mainelon sera lotionné avec une décoction émolliente.

.ib î's du sein. Voici le cadre dans lequel .M. \ elpeau a résume ces abcès :

i"» yihcès superficiels ou sous cutanés : a. de l'aréole; b. du tissu cellulo-graisseux.

2« u4bcès profonds ou sous-mammaires : a. idiopaihuiues ; b. symptomaii(pies. 30 yJbeùs glanduleux : a. primitifs ; b. secondaires.

1° y^bcès superficiels , sous-cutanés.

Comme les intlanunations dont ils sont la terminaison la plus commune, ils offrent des caractères distincts suivant qu'ils occupent Pareole ou la couche cel- Inlo -graisseuse proprement dite.

a. yibcès de Varcole. INIultiples, généralement très circonscrits, de forme globuleuse, d'un assez petit volume, recouverts d'une peau tendre, livide ou bleuâtre, ces abcès ont une grande tendance à proéminer en avant. Il ne faudrait point les confondre avec des inégalités naturelles , avec certaines dilatations des conduits galactophores, avec l'aspect fongueux que présente le sein de certaines femmes. Le moyen suivant, eonseille par !\I. Yelpeau j)our C(Uislater la lluetnalion , est très avantageux ; il nous a heureusement servi d ms plus d'nue circonstance. " Il consiste à conq)runer la mamelle dans le sens d'un de ses grands diamètres , comme pour la rétrécir , avec les doigts et le pouce d'une des mains, pendant que l'indicaleiir de l'autre main explore la bosselure uiliammaloire d'avant en arrière. Si du pus v\\^\i\ reellrment , on trouvera ainsi le point saillant du sein depiessible, tcn-

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du à la manière tWmc petite vessie, tandis que les bosselures voisines continneront de donner l'idée d'une éponge ou de quelque corps solide. Celte compression donne aux véritables abcès une teinte livide, un aspect lisse, une tension , une flexibilité qui les distinguent manifestement de toute saillie purement inflammatoire. » (Velpeau, Diction, de méd., loc. cit. y p. 26.)

Abandonnes à eux-mêmes, ces abcès se terminent le plus ordinairement par l'ulcération des tégumens. Quelquefois cependant on les a vus envahir la glande ou le tissu cellulo-graisseux qui l'entoure. Il importe donc d'être fixé sur la thérapeutique qui leur convient. S'il s'agit d'une nourrice et que les conduits lactés paraissent intacts , on peut continuer Tallaitcment; on comprend que dans le cas contraire on devrait le suspendre.

Les tégumens qui recouvrent ces foyers se décollent avec une si grande facilité , qu'on ne saurait trop se hâter de donner issue à la matière dès qu'on a constaté la fluctuation. Les incisions doivent être larges, de telle sorte qu'on puisse évacuer la totalité du pus à l'aide de quelque pression. Quelques cataplasmes émolliens suffisent ensuite pour amener une prompte cicatrisation.

h. Jbcès du tissu cellulo-graisseux.

Ce sont de véritables abcès phlegmoneux, dont ils offrent tous les caractères. Le plus souvent on n'en observe qu'un ; quelquefois cependant ils sont multiples. On en a vu jusqu'à six sur le même sein. Ils peuvent acquérir un volume très considérable ; on en a rencontré qui avaient la grosseur de la tête d'un enfant. La peau qui les recouvre est amincie et présente une teinte livide ou bleuâtre. En appliquant d'une main la mamelle contre la poitrine, tandis que de l'autre on explore la tumeur, il est ordinairement assez facile de reconnaître la fluctuation.

« Abandonnés à eux-mêmes , ces abcès s'ouvrent vers le dixième jour en détruisant les tissus de l'intérieur à l'extérieur. Il n'y a presque jamais résorption ni métastase. Par exception, le pus peut s'étendre en fusée vers l'aisselle, l'hypochondre, l'épigaslre ; l'humeur reste sous-cutanée : c'est un phlegmon diffus , ce qui suppose

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