SKIN
douleur, les récidives sont à craiiulro ; la compression , continuée pendant cei tain !enij)s, fait cesser les accidcns el prévient la récidive. » (p. 60.)
Ai3ci:scnR0NiQUESDUSEiN.« lise forme quehjuefois dans la mamelle, dit IM. Nélaton, sous Tinfluence d'une inllannnalion chronique, des collections de pus dont le debnl échappe à l'observation à cause de la lenteur avec laquelle se fuitTaccumulaiion. D'autres fois , il se manifeste d'abord quebjues symptômes qui indiquent une phlegmasie aiguë et qui ne tardent pas à disparaître. Il reste cependant dans la profondeur du sein une tumeur ordinairement indolente, sans changement de couleur à la peau. Cette tumeur s'accroît, la fluctuation devient sensible; on pralitjue une ouverture, et il s'écoule une quantité qucli]uefois considérable de pus semblable à celui des abcès froids. Ces phénomènes s'accomplissent dans un temps plus ou moins long, qui peut varier depuis un ou deux mois jusqu'à deux ou trois ans. » (i\élaton, loc. cit, p. 59.)
Ces abcès ont été quelquefois pris pour des tumeurs, et on ne s'est aperçu de la méprise que lorsque la première incision a donné issue à un flot de pus.
Lorsque ces abcès sont idiopathiques, après avoir fait évacuer le pus on fait des a()plications émollienles ou des injections excitantes suivant diverses circonstances qu'il est inutile de mentionner ici. Mais une ressource très puissante en pareil cas est une compression bien faite.
Si l'abcès dépend de la lésion d'un organe voisin, c'est contre cette lésion qu'il faut diriger un traitement approprié.
Fistules du sein. On réserve aujourd'hui le nom de fistules du sein pour les trajets qui s'ouvrent d'un côté sur la peau , et (jui communiquent de l'autre avec la cavité de quelques conduits lactés. Les causes qui peuvent leur donner naissance sont l'engorgement laiteux , la réleniion du lait dans ses conduits, une solution de continuité, une violence extérieure. On a noté quelque analogie entre ces fistules et celles de la glande salivaire , « mais à la parotide les canaux sont plus développés , l'humeur sécrétée est plus fluide, la sécrétion continue. Au sein.
tion ; riiumcur est plus consistante, les e;uiaux moins larges: toutes ciiC'jnsl.'uices Tivorables à la guerison plus proirq)te , j)his facile des fistules de cet organe, j» (Vidal, loc. cit.., p. 455.)
« L« traite nient des fistules galactophores, dit M. Yelpcau, doit varier selon que la femme veut continuer de nourrir ou s'en dis[)enser. Dans le premier cas on peut commencer |)ar la cautérisation au moyen du nitrate d'.irgent, en aiflant c^tte cautérisation de renq)loi de poudre astringente, comme celle d'alun ou de sulfate de fer, et de liquides stypliqucs. llé{)etés quatre ou cinq l'ois à queUiues jours d'intervalle , les altouchemcns avec la i)ierre infirnale finissent prcstpie toujours par fermer radicalement la hstule. Si cela ne sufiisait [)as, on en viendrait à des injections irritantes, répétées matin et soir pendant quelques jours, c'est-à-dire jusqu'à ce qu'une inflammation manifeste se fût établie dans le trajet de la fistule. Ces injections seraient faites au moyen d'une seringue urétrale chargée d'une solution légère de nitrate d'argent, de sulfate de zinc, de sulfate de cuivre, de sulfate d'alumine , de teinture d'iode , ou avec du gros vin rouge. En cas d'insuccès encore, il pourrait être utile de fendre l'orifice cutané de la fistule et d'en cautériser énergiquement le fond avec le crayon de nitrate d'argent. Je n'ai, du reste, rencontré jusqu'ici aucune fistule lactifère qui ait résisté à ces trois ordres de moyens. En supposant que la femme affectée de fistule au sein pût se dispenser d'allaiter, les mêmes remèdes réussiraient encore mieux; il serait d'ailleurs permis de leur associer une compression bien faite, un régime et des moyens internes propres à tarir la sécrétion laiteuse. » {Loc cit., p. 51.)
Contusions du sein. « Elles peuvent être légères et ne produire (]u'un peu. d'extravasation du sang dans le tissu cellulaire sous -cutané , ou plus fortes et produire une vraie bosse sanguine. Quand le coup est réellement fort, le tissu cellulaire qui se mêle à la glande, les lobes euxmêmes de celle-ci peuvent être atteints , écrasés ; de là des infiltrations de sang plus ou moins considérables ou de veri-
il n'y a pas cette continuité dans la sécic- J tables dépôts sanguins. Le lissu cellulaire
.SKl\.
^oiJs-mamii.air(' pnil être (Ifc-hiré quaml le cori'? ciMitonrlant a nue large surface et qu'il agit forlcniciit. L'ecchymose, syiuptùiiie (le ces diverses contusions , se [)ioduil plus tôl quand le tissu cellulaire sousculané est seul déchiré, plus lard (|uand c'est la glande ; plus tard encore , rpiand c'est le tissu sous-manimaire : (luelquefois la coloration noirâtre de la peau n'apparaît alors (pi'au bout de [dusieurs jours ; et ce n'est pas sur le sein uiCMnc qu'on l\)l)serve, mais vers sa circonférence. » (Vidal^ luco cit., p. 414.)
Psous ne répéterons pas ici ce (\\\\ a déjà été dit sur le rôle que joue le sang une fuis extravasé ou réuni en foyer, et sur les autres ellVis de la cunlio'um [T. ce mot). Bornons- nous à faire reniarcjuer que ce genre de lésion [icut être le point de dé- ]>art de i)lusieurs des transformations, des dégénérescences, des kystes que nous aurons à étudier.
Les contusions du sein , celles surtout qui sont jirofondes , réclament un traileniput ami - [»lilo;'isti(pie éncrgi(iue. S'il n'existe pas de cordre-indicalion , la malade doit être s.iignée largement; des sangsues doivent être appliquées en plus ou moins grand nombre, le sein doit être couvert de topi(iiies résolutifs.
Il convient aussi d'agir sur le tid)e intesiinal. Lorsque la lésion est su[)erflcielle, nous avons vu ({uelquefois .M. Velpeau retira r de bons a\aiilages de la compresf^iou. Si, maigre toutes ces j)récaulions, il sursient un abeès, on le traitera comme nous l'avons indiqué plus haut.
Ecchymoses du si:i.n. Sous ce litre A. Coopcr décrit des taches semblables à celles (jue produirait une contusion, mais iiidej)f ndantes de toute, violence extérieure , et qui se li( nt à l'acte de la menstruation. \ oiel les détails présentés sur ce sujet par le chirurgien anglais : <« Les symptômes de cet'.e alTectiou sont les suivans. J',lle survientordinairement chez des filles qui sont, dans la plupart des cas , au-de.ssous de 22 ans ; elle est précédée d'une vive douletu' dans la mamelle et dans le Lras: rinfillrali»»!! sanguine apparaît quelques jours avant la menstruation, et forme un*' large taelie S( mbl.d)Ie à celle (pu' produit un coup violent ; d'autres taches plus pdiies et moins prononcées se dissémi-
nent siH' d'autres pailles du sein. Ces phénomènes coïneident (piehiuefois avec riiypertrophie considérable des mamelles.
La partie eechymosée est excessivemer.i sensible au toucher , et la douleiu* se propage le long de la partie interne du bras et presque à l'extrémité des doigts. Cette tache disparaît chez quebpies femmes une semaine après la menstruation ; mais dans d'autres cas, où la mamelle est plus prononcée,ellepersistejus(pràre[)0(pie menstruelle suivante. Elle offre l'aspect de l'ecchymose (jui souvent succède à l'application des sangsues , ou bien elle ressemble à la tachequirésulte de l'extravaçation sanguine sous-cutanée (jui survient (luebpiefois, à la suite de la saignée, lors(pie Touverlure de la peau est i)lus petite ({ue celle de la veine.
)> Cette affection curieuse est bien propre à montrer la sympathie qui existe entre l'utérus et les mamelles : car elle reconnaît évidemment pour cause l'afllux considérable de sang qui se fait vers le sein à l'époque des règles. Elle est l'indice d'une excessive irritabilité constitutionnelle et luie preuve de la délicatesse et du peu d'énergie des vaisseaux sanguins, (jui ne peuvent résister A la violence de l'afllux de sang déterminé par celte sympathie puissante.
» Cette affection est lout-à-fait exempte de danger ; mais comme elle coïncide fréquemment avec une diminution , une irrégularité et quelquefois une abondance morbide de la sécrétion menstruelle, et (pi'elle se rencontre chez des sujets très alfaiblis,el dont la constitutioîi est très irritable , on doit avoir deux objets principaux en vue dans le traitement. Le premier c'est d'augmenter ou de régulariser l'ec(.ulement des règles , ce que l'on peut obtenir par l'emploi des préparations ferrugineuses. Le second c'est de relever les forces générales, au moyen de la quinine administrée dans une infusion de roses.
»< Huant au traitement local, le meilleur topifiue est l'acétate d'ammoniaque li(iuido uni à l'alcool dans la prop )rtion d(! cinq onces du premier [lour une once du second. »< fA. (^)oper , 0/Mi\ chir. , traduction de I\LM. Chassaignac et Richelot , p. .'<55.)
IS'Évr.ALGiEs DU SEfN {tumeuT irri-
SElJN.
tahle). Les névralgies du sein peuvent exister avec une tumeur ou sans turnenr de cet orf^^ine. A. Coopcr a fort bien décrit CCS deux variétés de la maladie , qui , suivant lui , se présente le plus ordinairement chez de jeunes femmes de seize à trente ans. Lorsque les douleurs ne coïncident point avec une tumeur appréciable de la mamelle , voici les caractères que le chirurgien anglais assigne au mal. « Lorsque ta maladie , dit-il , affecte le tissu glandulaire de la mamelle , celle-ci augmente de volume; mais un ou plusieurs des lobes de la glande deviennent excessivement douloureux au toucher. Lorsque la mamelle a été palpée , la douleur persiste quelquefois pendant plusieurs heures. La sensation pénible n'est pas limitée à la mamelle seule ; elle se propage à Tépaule , dans Taisselle , à la partie interne du coude , et jusque dans les doigts. Elle alîecte même le côté correspondant du corps jusqu'à la hanche. Les malades ne peuvent dormir sur ce côté; et la douleur est quelquefois tellement violente , qu'elles ne peuvent même pas rester couchées sur ce côté du corps. Dans quelques cas , le poids de la mamelle , dans le lit , suffit pour causer des douleurs intolérables. La mamelle est le siège d'une sensation de chaud et d'une sensation de froid qui se succèdent alternativement. Quand la douleur est très intense , l'estomac entre en sympathie et il survient des vomissemens. Les souffrances acquièrent un accroissement d'intensité aux approches de la menstruation ; quelquefois elles éprouvent un amendement pendant l'écoulement des règles , et elles restent moins intenses après cet écoulement. La mamelle n'offre aucun signe d'inflammation , car la peau n'est point altérée dans sa couleur. Dans quelques cas, il n'y a qu'une petite portion de la mamelle qui soit atteinte ; d'autres fois la totalité de la glande est envahie , et il n'est pas rare de voir les deux seins malades.
Cet état de souffrance persiste pendant des mois , et même pendant des années , presque sans rémission ; mais la maladie n'a aucune tendance à une dégénération de mauvaise nature. >» (A. Cooper, lococ, p. 552.)
bi les névralgiei du sein coexistent
avec un gonflement partiel ou total de la glande, elles pourraient être juscpi'à un cerlain point confondues avec les dégénérescences malignes; erreur qui donnerait lieu à une opération qu'on doit proscrire ici, à nioms de complications bien établies. Il im[)orte donc que les praticiens soient bien prévenus à cet égard.
Le traitement des névralgies du sein consiste à combattre les causes (\m les ont produites ou qui les entretiennent. « Le célibat, les irrégidarités , les troubles de la menstruation et autres qui se lient aux fonctions de la matrice , prédisposant à cette maladie , le praticien dirigera d'abord ses moyens du côté de l'utérus ; puis des émolliens, puis des caïmans, des narcotiques devront être a[)pliqués comme topiques. Cataplasmes de feuilles de morelle , pommades opiacées , baume tran- (luille, Uniment laudanisé ou belladonisé; voilà d'excellens topiques. Si la femme était sanguine, on ferait bien d'appliquer quelques sangsues autour du sein. « (Vidal, loco cit. , p. 417.)
Quant au traitement interne, A. Cooper conseille l'usage du calomel uni à l'opium et à la ciguë. « La mixture suivante, dit-il, est celle qui m'a paru la plus propre à diminuer l'irritabilité locale.
Extrait de ciguë f g l^^gij
LxtraU de pavot ( ° *
Extrait de semences de stramoine... S.
Pour une pilule.
« On peut répéter cette pilule deux ou trois fois par jour ; mais quelquefois un 1/2 grain de stramoine est trop considérable, on doit alors n'en prescrire que 1^4 de grain. » [Loco cit. , p. 555.)
Tumeurs du sein. 1° Hypertrophies.
L'hypertrophie du sein porte tantôt sur la glande mammaire , tantôt sur le tissu adipeux ambiant ou inter-lobulaire, tantôt sur l'élément fibro-celluleux de la région. De là trois espèces d'hypertrophies du sein qu'il convient d'étudier séparément, quoiqu'elles se trouvent souvent réunies sur le même organe.
A. Hypertrophie glandulaire. Elle consiste , comme nous venons de l'indiquer, dans un développement exagéré du parenchyme de la glande. Ce développement peut acquérir des dimensions éiior-
218 SEIN
mes; chez une malade dont ^V. Dnrston rai)()orle l'observation, le sein , examine après la mort , pesait 04 livres (Philos. irans. , n. 5i2 , t. ii , p. 1047;. Chez une négresse àgee de quatorze ans, dont parle le docteur Iluston , la n)amelle gauche avait 42 pouces de circonférence, el posait 25 livres ; la mamelle droite , du poids de 12 livres; avait 54 pouces de circonférence. On trouve dans les annales de la science plusieurs autres faits à peu près analogues.
Ce genre d*hyper!.ro|)hie du sein parait être plus fré(]uent aux Indes , en Amérique, en Angleterre , en Allemagne qu'en France.
L'etiologie de cette affection est assez obscure. Voici comment s'exprime à cet égard 1\I. .\elalon , qui parait avoir fait des recherches minutieuses sur ce sujet : '< On a noté, dit-il, que c'est ordinairement à l'époque de la puberté et dans la i)remière période de l'âge adulte , qu'on la voit apparaître. L'assertion de A. Cooper, (jui dit (]u'elle se rencontre prineipalenitnt sur des femmes de trente à trente-cmq ans, ne me paraît imllement justifiée [)ar les observHtion.f (pie nous possédons. Je doute également (jue Ton puisse dire , comme 31. Fingerhuih , que c'est ordinairement de trente à (piarante ans (ju'on l'observe chez les femmes non mariées. La plu|)art des sujets (jui en sont affectés ne [)resentent pas un embonpoint considérable .- il est au contraire inditpie dans la plupart des observations (jue les femmes étaient assez grêles, dehrates, maigres et d'un tempérament lym|)hali.pje ; que cependant elles avaient preseule un tJevelo()pemenl précoce des mamelles.
» Jl est une cause (jui paraît avoir une nfluence mar(]uee sin- la produelion de cette maladie , c'est la suppression de Tevacualion menstruelle ; celle circonstance est indi(piee dans prescpie tous les cas, mais peut-être a-t on pris l>lu^ieurs fois ici l'ellet |)our la cause.
" La grossesse doit aussi être con>ideree comme une des causes qui occupent le pre/i)irr rang. Ainsi nous voyons dans Tobservalion de Charles Kober (jue, pendant la seconde el troi.^iéme grossesse , les seins prennent un développement excessif (pu di>[>arail en partie .qucs l'ac-
couchement. Il en fut de même dans Tobservation de Salmuth et de Joerdenius.
» 11 serait important de décider quelle inlluence peut exercer rallaitement , puisque l'on a proposé comme moyen de traitement de provocjuer la sécrétion du lait ; mais aucune des observations que j'ai recueillies dans les auteurs ne peut éclairer ce point de la question. » (>elalon, loco cit., p. y.)
La symptomatologie de cette affection a été décrite par 31. Yel[)eau de la manière suivante. « Son apparition frappe peu d'abord. Comme elle n'est accompagnée ni de douleurs , ni de trouble dans les principales fonctions de l'économie , elle ne fait naître aucune inijuietude , et l'on s'en tient à dire que la femme prend de la gorge. Les rèirles perdent cependant de leur abondance , ne reviennent plus à des époques aussi exactes, souvent même elles se suppriment tout-à fait; la voix e[»rouve aussi (juchpies changemens , elle devient rauque par moment; plusieurs des femmes se sont j)Iaintes d'enrouement pendant l'accioissement du mal. As>ez souvent la glande se dévelo|)pe sans perdre de sa fermeté , en au^'uientant même un peu de densité ; la tumeur conserve aussi parfois l'aspect globuleux ou sj)heroïde (ju'elle présente au moment de la puberté ; elle avait acipiis , chez certaines femmes , nu volume énorme, sans descendre, sans être entraînée |)ar son i)oids du côte de l'abdomen. Le plus souvent on la voit s'abaisser graduellement, descendre ainsi jus(pie sur le ventre ou le devant des cui.sses, pendre en besace ou sous forme de |)oire, el ne rester attachée au-devant de la poitrine (jue par un pédicule assez mince. » (^Vel[teau, loco cit. , p. 54.)
Dapres M. Vel[)eau , le sein ainsi développé peut subir (juehpie transformation de mauvaise nature. Celte ()j)iiiion n'est pas partagée j)ar tous les chirurgiens modernes; toujours est-il que celte lerminaison est 1res raro. On a vu (luehjuehns la lumef.ictiondu sein accompagnée dune inlillralion séreuse 1res considérable , surtout dans les paities déclives de la tumeur. Lhy[(ertrophie glandulaire du sein , lors- (pTelle est portée a un degré assez consideiable, ne constilue jias seulement une diir)rmite, onl'avuc assez souvent amener
la mort. Il importe donc delà combattre; et lorsqu'on le peut, de l'altaqucr à son dé- Injt. M. Nélaton en a judicieusement résumé la thérapeutique.
« On a employé dans le traitement de cette maladie, dit-il , des médications 1res diverses, qui toutes paraissent avoir amené des guérisons ; tandis que toutes aussi ont échoué dans certains cas : les purgatifs répétés , les éméti(jues , le calomel à doses fractionnées , les topi(pies astringens, résolutifs, les émissions sanguines locales et générales , ont été tour à tour préconisés etabandonnés.Tous ces moyens peuvent être utiles ; mais ceux sur lesquels on devra le plus compter sont : 1° les emménagogues et les émissions sanguines, dans le cas où il y aurait suppression des règles; 2» les préparations iodées, que Ton donnerait d'une manière continue , afin d'en imbiber , selon Texpression de M, Velpcau , tons les organes ; 5° ime compression méthodique exercée sur toute l'étendue de la tumeur ; 4° le charbon animal,qui parait avoir été quelquefois employé avec succès. On pourrait encore, à l'exemple de Fingerhulh, chercher à provoquer la sécrétion du lait, puisque ce moyen parait avoir réussi dans deux cas où il fut employé. 11 est à regretter que cet auteur n'ait pas inditjué les moyens dont il s'est servi pour ~^ provoquer cette sécrétion. Quant à la grossesse , nous avons vu qu'elle a presque constamment aggravé les symptômes : les femmes qui présentent un commencement d'hypertrophie devront donc éviter de devenir enceintes. Enfin, si la tumeur détermine des symptômes graves, si elle gène notablement les principales fonctions , si de plus elle avait résisté à tous les moyens précédemment indiqués , on serait autorisé à pratiquer l'amputation de la tumeur, quel (jue fut d'ailleurs son volume, suitout si elle était suspendue par un pédicule étroit. Dans le cas où le pédicule n'existerait pas , il faudrait chercher à en créer un en soumettant pendant quelque tcmijs la tumeur à une compression (pji, bien (pj'appliquée sur toute la mamelle , ))Our piévenir son engorgement, agirait cepmdant d'une manière plus énergique sur la base , de manière à la réirécir et l'atrophier , pour
SEIN. 219
H. Ilypcrlrophie graisseuse. Tumeur adipeuse du i^ein (A. Cooper). Elle a pour siège le tis«.u cellulaire sous-cutané et les cloisons inter-Iobulaires. Nous ne voulons point parler ici des tumeurs de ce genre, circonscrites , lobulées , comme les lipomes (r. ce mol). Nous désignons avec M. Velpeau sous le nom d'hypertrophie graisseuse, adipeuse delà mamelle, une tumeur (|ui comprend presque toute la région du sein, et (|ui peut ac(pjérir un volume considérable.
L'éliologie et la symptomatologie de cette variété d'hypertrophie de la mamelle , ne dilierent guère , dans l'état actuel de la science , de ce que nous avons dit sur ce sujet dans le paragraphe précédent. Mais il n'en est pas de même du mode de terminaison. Lorsque la tumeur a acquis uu grand volume, « elle ne devient le
ainsi dire. » (Nélaton, loco citalo^ p. 15.) \ dernières, l'emploi des moyens cliirurgi
sièj^e de douleur , de chaleur, de symptômes alarmans , dit M. Velpeau, que s'il s'établit quelque travail soit de décomposition , soit de transformation : alors une ou plusieurs des bosselures de la tumeur semblent se boursoufler et se ramollir.
La peau qui les recouvre s'amincit , devient rouge et finit par s'ulcérer ; une matière semi-purulente, mêlée de détritus sanguinolens , noirâtre ou roussàtre , s'échappe aussitôt par l'ouverture : un ulcère caverneux , à suppuration ichoreuse , et des fongosités qui en imposeraient facilement pour du tissu cérébriforme ne tardent pas à se montrer. Chacune des autres bosselures peut subir à la longue le môme genre de décomposition, amener ainsi la mortification et la destruction de toute la tumeur ; mais il est inouï que la maladie suive cette marche jusqu'au bout, qu'elle ne subisse pas avant son terme quelque transformation de mauvaise nature , ou qu'elle ne fasse pas mourir la malade avant d'être arrivée à la putréfaction de ses derniers lobules.
)» Les tumeurs graisseuses n'étant point de nature à disparaître d'elles-mêmes , à céder soit aux médications topiques , soit aux traitemens internes, exigent que le chirurgien les détruise aussitôt que possible. Aussi , quoi qu'elles n'appartiennent pas à la classe des tumeurs malignes, elles n'en réclament pas moins , comme ces
eaux : je ne m'arrête point ici à montrer qu'en pareil cas c'est riustrument qui doit (■'Ire préféré. Il importe d'enlever soigiieusemenl toute la masse graisseuse si l'on veut en obtenir une guérison radicale.
Tour peu qu'on en laissât , il y nurait à craindre la reproduction du mal. Comme ce sont des tissus naturels développés fcous l'influence d'une cause inconnue, on conçoit que les limites du mal soient généralement mal déterminées , et qu'il importe d'enlever plutôt (pichiues parcelles du tissu sain , que de laisser la moindre parcelle du tissu malade. « {Loco citato , p. 38.)
Dans un cas d'liypcrtroj)liie graisseuse de la mamelle, A. Cooper alla clieiclier et e.xlirpa successivement chacun des prolongemens graisseux interposés entre les lol)cs de la glande. QuoKpjc le succès de celle o[)eraiion ait été complet , nous ne pensons pas qu'en i)areille circonstance le chirurgien anglais trouve beaucoui) de partisans.
(\ I/yperlrophic ccUulo- fibreuse. t^EWa doit surtout fixer l'altenlion des chirurgiens, car elle peut donner lieu à des tumeurs (pli simulent singulicremcnt le «(juirrlie ; de là une erreur de diagnostic qui peut conduire à un pronostic et un traitement lort erroiié>^. C'est surtout ici une hypertrophie morbide. Il n'est pas rare qu'a()res une inllammation du sein , aj)rès un abcès , il reste un point induré , un développement plus considérable du «ein ; c'est le tissu enflamme ou voisin de l'inflammation dont les cellules se sont remplies de lymphe coagulable et qui s'est épai>si par imbihilion de cette lymphe.
Il se fait là ce qu'on observe autour des cicatrices, une inflnratioii, mais une induration (pii nest pas due a une dégénérescence comme le squirrhe. Des ell'ets semblables à ceux produits par une inllammaliou vive, par celle qui a amené la formation d'un abcès, peuvent aussi être le résultat d'une influDinalinn locale, sourde, latente. De la la formation de certaines lumeurs qui n'ont été précédées par aucun phénomène as'.ez tranche pour eved- 1er l'attention dusujet... Si 1 hypertrophie, la tumeur a succède a un abcès ou a une inflammation dont les caractères ont ete tranche», le diagnostic est beaucoup plus
SEIN
facile. On a ces antecédens , et on trouve le sein évidemment plus dur, moins élastique, moins bosselé ; il parait plus homogène que dans Tetat naturel. Il semble alors que le tissu cellulo-graisseux souscutané, les brides, les cloisons inter-glandulaires sont confondus en une masse au milieu de Ia<iuelle la glande est ensevelie. .) (Vidal, loco cit., p. 456.)
On ne doit atta(iuer cette classe de tumeurs du sein par une opération, que lors- (lue les moyens (]ue nous allons indiquer ont échoue; et encore ne doit-on s'y décider (pie si la tumeur a acquis un volume, considérable , et si la malade désire vivement en être débarrassée.
S'il existe encore un reste de phlegmasie, on aura recours aux saignées locales et aux topir|ues émolliens; il pourrait même être avantageux, dans (juehpies cas, de pratiipicr une ou plusieurs saignées gcneialcs. Mais lorscpril ne reste plus aucune trace d'inflammation, et que le sein est indolent, les frictions résolutives, soit avec la pommade d'iodnre de plomb, soit avec la pommade d'hydriotate de potasse, soit même avec l'onguent mercuri€l, unies a (|U(d(pies bains généraux, à (pi'dqucs purgatifs et aux tisanes altérantes, sont très avantageuses. Une ressource qui est ici d'une eflicaciiéremaripiahle, c'est la com- [)ression, mais une compression bien faite.
'■2" Kystes. A. Cooper les décrit .*^ous le titre de maladie liydalique de la mainmelle. M. \ elpeau en admet tntis esj)èces : 1» kystes séreux ou hydali'/ues ; ii" liysles sera sanguins; 5" kystes scrumiKjueux. M. rSelaton a pris pour base de sa classification, le nombre des poches de la tumeur : 1" kystes uniloculaircs ; Si» kystes d loges multiples. ."M. \ idal a expose dans le résume suivant, tout ce (pu est nécessaire au praticien sur ce sujet.
<« .\. Cooper considère toute tumeur contenant de la sérosité comme une hydaiide. I!u France on n'appelle ainsi (juc les lumeurs (pii renferment des corps particuliers, blanchâtres, re|)ules vivans par (pndipies auteurs, lesquels nagent dans un Inpiide plus ou moins transparent et blanchâtre, {f^. IIyuatide.s.) Ainsi, dans le^ kystes, si ou trouve ces corps et cette humeur, on les i>pi)elle ky^Us hydaliques:
lr»s kystes sêro-sangïiins c,OT\\\ox\uont iiik; humeur noiràlre, roussàtre, ayant de l'analogie avec le sang menstruel. Les kystes séromtiqiieux renferment une matière de couleur grise ou jaunâtre d'aspect mucilagineux, et prrsiiue complètement liquide. Tous ces ky>tes sont des espèces d'organes creux qui se développent dans le tissu cellulaire du sein, d'une manière très latente; ils n'excitent aucune sympathie , ne causent dans le plus grand nombre de cas aucune douleur. Quand ils influencent la localité et l'organisme, ce n'est que comme corps étrangers; aussi les malades ne se plaignent de ces tumeurs que quand elles ont déjà acquis un certain développement. Les kystes hydatiques sont les seuls dont le développement s'opère ordinairement avec une certaine rapidité. Ils peuvent , en effet , en moins d'une année , acquérir le poids de plusieurs livres. Ces kystes n'ont, le plus souvent, qu'une loge comme les séro-inuqueux ; mais les séro-sanguins sont ordinairement multiples. Plus les kystes sont superficiels, moins le diagnostic ofl're de difficultés; car la fluctuation est alors plus facile à produire. La consistance du liquide, l'épaisseur, la dureté des parois peuvent obscurcir le diagnostic, en rendant difficile ou même impossible la perception du flot du liquide. Aussi les kystes séro-muqueux sont souvent les plus difficiles à reconnaître, parce que l'épaisseur de la poche est plus considérable ; elle peut même s'incruster de sels calcaires, comme on le voit pour la tunique vaginale dans certains cas d'hydropisie. Si les kystes hydatiques étaient considérables et superficiels, la percussion pourrait produire une espèce de tintement appelé bruit hydatique , lequel a surtout été signalé par M. Récamier. La rapidité du développement de ces tumeurs, le grand volume qu'elles peuvent acquérir, doivent aussi être pris en considération. Les kystes séro-sanguins se reconnaissent à des bosselures, à des masses globuleuses élastiques , fluctuantes , quelquefois comme fongueuses , et au peu de développement que prennent ces tumeurs. Les kystes séro-muqueux ne présentent pas ces bosselures ; ils ont quelquefois la forme, la consistance des tumeurs fibreuses, et môme