‹ Dictionnaire des dictionnaires de médecine français et étrangers, ou, Traité complet de médecine et de chirurgie pratiques (volume 2)Chapitre 59 sur 143 · SE · texte numérisé non relu

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phis, .«surtout quand la porhe s'incruste de sels calcaires comme les artères des vieillards. » (Vidal, IncocH.^ p. 458.)

Traitement. On ne peut guère compter ici sur les topiques et sur une médication inlerne. C'est le traitement de l'hydrocéle ou des grands abcès qui convient. On aura donc recours à la ponction simple ou aidée d'une injection irritante, à l'incision, au scton, ou à l'extirpation des parois de la poche. Cette dernière ressource ne devra être mise en usage que dans des cas exceptionnels, et lorsque les moyens précédens auront été tentés inutilement.

50 Tumeurs fihrineuses. Ce sont, d'après M. Velpeau, des « masses variables quant à leur teinte, à leur consistance, et à la manière dont elles sont unies avec les tissus ambians,mais (|ui ont toutes pour caractère commun d"étre comme renfermées dans un ou plusieurs kystes , de se comporter au milieu des tissus à la manière des corps étrangers, et de ne ressembler à aucun des élémens organiques naturels de Véconomie. Le volume de ces tumeurs varie entre celui d'une noisette et celui de la tête; elles sont ordinairement bosselées , irrégulières , élastiques ou comme fongueuses Elles se rencontrent plus souvent chez les jeunes femmes et les femmes qui ne sont pas mariées, que chez les autres; elles m'ont paru reconnaître pour cause un épanchement de sang ou des concrétions lymphatiques dans les tissus » (Velpeau, loco

cit.., p. 76.)

Abandonnées à elles-mêmes , ces tumeurs ne disparaissent presque jamais ; elles peuvent même acquérir un volume considérable, déterminer une inflammation plus ou moins vive, et se fondre. Le chirurgien doit donc les combattre. Les topiques , les médications internes ne sont ici que d'un faible secours. L'ablation seule peut en triompher radicalement. Cette opération est, du reste, facile, et paraît exempte de dangers. Il n'est pas nécessaire , en pareil cas, d'enlever avec la tumeur une grande quantité de tissus sains.

1° Tumeurs laiteuses , hutyrettses , caséeuses. Comme le sang , le lait peut s'accumuler dans le sein et former des tu-

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meurs plus on moins volumineuses, plus connue, d'autres fois à l'occnsion d'une ou moins consistâmes. Nous avons indi- irritation extérieure; elles alîectent les que quelques-unes des particularités de j femmes pâles, lymplialicpies, s'accompa ces tumeurs en traitant de \er,gorgeme»t Taiteux. Mais le lait ne reste pas toujours dans ses canaux, il |)eut s'cpanclicr dans

la manu'lk', et former là tantôt des tumeurs enkystées, tantôt des tumeurs diffuses. 31. Velpeau a même observé un cas dans lequel des tumeurs tout-à-fait semblables à celles qui nous occupent en ce moment se sont développée» secondairement à la manière des masses encéphaloùles, en dehors du sein, du côte de rais>el!e, et au-dessous de la clavicubî. Quoi qu'il en soit, lorsque ces tumeurs ont de la consistance, qu'elles sont solides, l'extirpation est encore ici la seule ressource. Si la tumeur est bien limitée, on peut se borner à enlever la partie malade avec une légère portion du tissu sain. Dans le cas, au contraire , où les limites du mal seraient mal déterminées, il faudrait sacrifier la totalité de Torganc , si une opération était jugée necessau'e.

5" Dégénérescence tuberculeuse. — « A. Cooper comprend , sous le uoin de itnneur scrofuleu.^c de la uiamellc (\v^ altérations qui, d'après la description brève qu'il eu donne, rentrent dans rall'eciiou tuberculeuse. Il est à reniar(pu'r que les tubercules n'existaient pas à l'état libre dans les cas rapporté-, mais qu'ils se trouvaient combines avec d'autres lésions; de sorte que ces tumeurs étaient de nature complexe. M. Velpeau dit avoir souvent rencontré des tumeurs analogues aux précédentes, sans jamais avoir vu de tubercules isoles dans la mamelle. Il reconnaît deux variétés de tumeurs tubercuîtuses coniplexes. Dans la première on observe des pla(pies ou de petites tumeurs rongeât res siégeant dans la peau et dans le liss\i sous cutané, resseuililant beaucoup à la dégénérescence ligueuse dont celle iniance n'est peul-iMre (junn degré avance; 1.» seconde variété est constituée par des lobules fibreux rainolli>^ au centre, innilrcs (le milieie tubeiculiu«-e. Cetie d»'nnere forme de tumeur lobeieuleuse ou nbro-tuberculeiiso e^t la seule qui constitue, à propremt ni parler, le-, tubercules du sein. Ces limieui.> libr<j-tiiberculeuses surviennent quebpiefois sans cause

gnent ordinairement de tumeurs ganglionaires à l'aisselle et au cou. Elles se distinguent à peine des lobules naturels de la glande, dont elles conservent longtemps l'élasticité.

« L'affection tuberculeuse du sein n'est pas dangereuse par elle-même, seulement elle est le signe d'une constitution détériorée. Le traitement qui convient le mieux est l'extirpation des lumeiirs. Il ne faudrait y recourir que lorsque la constitution du sujet ne serait ])as trop détériorée, que les poumons seraient sains, et que tous les moyens ordinairement employés dans les affections scrofuleuses auraient échoué. » (Nelalon, loco cit.^ p. 4G.)

G" "rumeurs osseuses. Elles sont essentiellement bénignes; il est assez rare qu'elles acquièrent un volume considérable. « Mêlées aux autres genres de tumeurs, elles ne changent rien au pronostic ni au traitement de la maladie; mais quand elles forment elles-mêmes la maladie principale, leur thérapeutique se réduit à un seul point. Il faut n'y rien faire du tout ou les extirper. L'extirpation en est généralement facile et sûre, si elles sont arrondies, mobiles, bien limitées.

On doit au contraire y regarder à deux fois avant de mettre le bistouri à la main, s'il s'agit de rayons , de ( loisons ou de plaques ostéiforines irrégidières, mal circonscrites. On a, du reste, l'avantage, en enlevant ces sortes de fumeurs , de ne. point en redouter la reproduction si la toialiie des parties dégénérées a d'abord été bien déracinée. » (Velpeau loco cit., p. S5.)

7" Tumeur , Dcgcncrescence cancéreuse. C'est la classe des lumeiirs dites uialigncs. Le cancer du sein comprend les productions squiirlieuse, encephaloïde, colloïde et melanique. On trouvera des détails sur chacune de vt'<- productions à l'article Cax.kh ( /'. ce mot ). Nous n'avons à nn-nticmner ici (pie quelques parlieul.iriles relatives au siège du mal, aux sympl()iues qui peuvent le faire distinguer des Iuiim iirs précédemment indiquées , et a la lherapeuli(pie (juil convient de leur a[)pli(pier.

Nous renvoyons l'ctio1o«>iG du cnncer des mamelles à ce qui a été dit à Tarticle Cancer.

Le diagnostic des tumeurs cancéreuses du sein mérite de nous arrêter. C'est pour le praticien le point capital de la question. Nous empruntons au travail de M.

Nélaton les réflexions suivantes, dont la justesse sera facilement appréciée. « Le diagnostic des diverses espèces de cancer de la mamelle, dit M. Nélaton , présente souvent des diiïicullés insurmontables.

C'est surtout lorsque la maladie est à son début, qu'elle peut être confondue avec plusieurs de celles que nous avons fait connaître; quelques-unes même ont assez de ressemblance avec le cancer ulcéré, pour donner lieu à la méprise. Je vais successivement les opposer aux affections cancéreuses, et indiquer les caractères dibtinctifs des unes et des autres.

» 1» On trouve assez souvent une mamelle qui, aux approches des règles surtout, offre plus de volume et de sensibilité que l'autre. Dans cet état, si la menstruation éprouve quelque dérangement, la mamelle affectée prend de suite et plus de volume et plus de dureté ; et en l'explorant on y rencontre des induralions qui ont quelque ressemblance avec les squirrhes et qui, par leur persistance, peuvent donner lieu à de sérieuses inquiétudes. Cette maladie , qui a fort bien été décrite par Mercatusetdellouppeville.cède assez promptement à l'emploi des moyens propres à régulariser la menstruation , et le traitement devient la pierre de touche de l'airection.

» 2« MM. Bayle et Cayol ont observé des engorgemens ayant aussi l'apparence du squirrhe , et placés sur le trajet des vaisseaux lymphatiques qui se rendent de la mamelle à Paisseile : ce gonflement, légèrement douloureux dans le principe , peut devenir indolent et rester dans cet état pendant plusieurs mois. La saignée, en cas de pléthore , la tisane de patience, des bains; et si ralléction résiste, une tisane sudorifique, quelques légers purgatifs et des frictions mercurielles sur les parties indurées, en amènent la résolution.

» 50 L'on voit souvent à la suite de coups , de pressions long-temps prolon-

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gces, d'attonchemens réitérés, se développer dans le sein des tumeurs dures , inégales, dues ;\ une phlegmasie chronique de la glande. Des tumeurs de ce genre, en cédant à de simples moyens résolutifs , ont fait croire à des médecins d'un grand mérite , parmi lesquels je citerai Van Swieten , qu'ils avaient guéri des engorgemens squirrheux de la mamelle. Ce sont de pareilles tumeurs qui , traitées avec succès , ont acquis aux chirurgiens une grande réputation.

» 4» Lorsque le sein a été le siège d'une suppuration prolongée, il reste parfois des duretés qui, si on les irrite, deviennent rouges, douloureuses et peuvent en imposer pour un cancer étendu à la peau. L'heureux emploi des moyens anti-phlogistiques et caïmans décèle la véritable nature de ce genre d'engorgement.

» 50 11 reste parfois , à la suite des abcès ou des tumeurs laiteuses , des engorgemens durs et persistans qui peuvent être pris pour des cancers, et que l'on reconnaît à leurs causes et aux bons effets que l'on retire , dans leur traitement , des tisanes sudorifKjues , des évacuants et des applications résolutives.

» Nous dirons avec MM. Bayle et Cayol qu'un des principaux caractères des affections précédentes c'est que toutes sont plus ou moins douloureuses au toucher, tandis que le cancer, dans lequel se développent spontanément des douleurs lancinantes , est insensible à la pression à moins qu'il ne soit compliqué d'inflammation.

» 6" Jusqu'ici les tumeurs dont j'ai parlé ne peuvent être confondues qu'avec les affections cancéreuses non ulcérées du sein. Il n'en est pas de même des engorgemens scrofuleux , qui simulent le cancer à ses diverses périodes. Ces engorgemens ont été bien décrits par Bayle. D'après lui, les femmes sur lesquelles ils se rencontrent ont les lèvres épaisses , le nez épaté, les angles de la mâchoire saillans. Durs et indolens dans le principe , ces engorgemens se ramollissent, s'ulcèrent, et présentent des solutions de continuité à bords renversés, à surfaces fongueuses, avec des veines dilatées dans le voisinage, etc.... Dans ces cas difficiles , c'est d'après làge de la malade , sa constitu-

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