II. Ma-ladies du sein CIIE7, l'homme
Le sein est beaucoup moins sujet aux maladies chez l'homme que chez la femme ; cependant il en est quelques-unes que nous devons mentionner , tels sont les abcès y les indurations^ les tumeurs cancéreuses^ et les kystes.
Les abcès se développent ordinairement à la suite d'une violence extérieure qui a donné lieu à une inflammation de la partie. On les a vus cependant se montrer très souvent sans cause extérieure appréciable. C'est surtout vers Tàge de la puberté qu'on les observe dans ces cas. Ils sont ordinairement très circonscrits.
« La glande mammaire de l'homme, dit M. Velpeau , est si dense , si épaisse, que les inflammations , si elles deviennent purulentes , ne peuvent guère faire naître d'épanchemens qu'entre elle et la poitrine ou dans la couche cellulo-graisseuse extérieure. Jamais ces foyers n'acquièrent un grand volume ; ils marchent ordinairement avec une certaine lenteur , et leur diagnostic est presque toujours extrêmement facile. » [Loco cit.^ p. 101.) Ces abcès se comportent du reste à peu près comme le phlegmon ordinaire , et réclament la même thérapeutique.
On observe quelquefois chez les jeunes sujets de dix à quinze ans \xi\q induration des mamelles : cette induration peut être aiguë ou chronique. L'état aigu est le plus fréquent ; il se présente avec tous les caractères du phlegmon commençant , et réclame les mêmes médicaiions. L'état chronique est plus important à connaître, car il a quelquefois donné le change pour un squirrhe , avec lequel il a quelques points de ressembhmce. Ainsi la mamelle est dure, inégale , épaissie, mobile ; mais il faut comprimer la tumeur avec une certaine force pour développer de la douleur. « Presque toutes ces indurations , dit M. Yelpeau, cèdent en peu de semaines aux médications résolutives ordinaires. Une saignée générale , des sangsues , quelques purgatifs, des tisanes légèrement amères, des cataplasmes de farine de graine de lin d'abord, des frictions , soit avec l'onguent
mercuriel,f;oit avec les pommadefîiodurées ensuite, et enfin la compression uianquent rarement de les faire disparaître. Si l'induration des mamelles s'est montrée vers la puberté , chez un jeune garçon , il est d'ailleurs très probable que les progrès de Tâge seuls en amèneront la résolution. « {Loco cit.^ p. 105.)
C'est sous la forme de squirrhe (jue se développe le cancer de la mamelle chez l'homme. Il résulte des observations qui ont été publiées sur ce sujet , qu'il est moins souvent répété dans ces organes que chez la femme ; aussi l'extirpation réussit-elle le plus généralement. Dans le plus grand nombre des cas, il n'y a pas de récidive.
Les kystes doivent êlre très rares. M.
Velpeau en rapporte un cas curieux qu'il a observé : la tumeur avait acquis en moins d'une année le volume d'une tête d'enfant, et s'était développée sans cause connue, sans produire de douleurs, sans faire naîire d'inflammation. Une ponction et une injection iodée furent praticjuées , tant sur la tumeur principale que sur une nouvelle bosselure qui se montra six jours après l'opération , et le recollement des parois du kyste fut complet au bout de trois semaines.
III. Maladies du sein chez le nouveau-né. Le sein du nouveau-né présente quelquefois une variété d'engorgement qui a été noté. M. Velpeau a présente sur ce sujet les considérations suivantes : « Le sein des très jeunes sujets, dit-il, est sujet à un engorgement assez singulier : le plus souvent, après avoir augmenté ens'accompagnant d'un léger travail phlegmasique , le gonflement se dissipe rapidement sans qu'on y fasse de remèdes ; d'autres fois cependant une douleur assez vive s'y joint, la peau devient rouge, et un véritable abcès se forme. Le mal a ceci d'étrange, qu'il se comporte , jusqu'à un certain point, comme l'engorgement laiteux des femmes enceintes ou des nouvelles accouchées ; toujours est-il qu'en pressant la tumeur on fait quelquefois suinter par le mamelon un li(iuide véritablement laiteux. Il y a plus , c'est que , en examinant ce liquide au microscope , M. Doiuie y a con^talé l'existence de tous les élémens du lait, et les réactifs chimiques n'ont fg.it que con-