‹ Dictionnaire des dictionnaires de médecine français et étrangers, ou, Traité complet de médecine et de chirurgie pratiques (volume 2)Chapitre 63 sur 143 · SÉNÉ · texte numérisé non relu

SÉNÉ

firmer ces premi«'ros notions. » {Lococif., p. 10-4.) Quehiiies linimens ammoniacaux ou l)plladoiu'.s , ou môme des cata[)!asines éniollicns résolutifs suffisent pour faire disparaître cet engorgement (jui , d'ailleurs , a une grande tendance à se dissiper spontanément.

SK^IKX-CONTRA. Médicament composé de frimmons de |)lusieurs espèces du ficnre armoise, (|ui croissent dans le levant, (letle dénomination est l'abrévialion de semcn contra vcr)nes.

Le semen-contra a élé trouvé , par I\I. 'W'ackon Hodcr, comjiosé d'im |)rincii)e amer, d'une substance brune résineuse amère, d'une résine balsami(iue ^erle aromali(]ue et Acre, de cérino, (J extraclif ^'ommeux , d'abimini\ <le malatc de chan\ , de liuneux etfde parties terreuses. I\I. Rallier de DusseldorlT y a découvert un princi|)e jiartieulier cristallisable, auquel iM. Alms de ."Mcckleinbourg a donné le nom de sdiiioii'nw.

I.e scmen-conlra a^it sur l'estomac de la même manière que labsinllie, avec celte particularité, toutefois, que les sujets auxquels on en fait jjrendre voient les objets coloriés en jaune ou en jaune verdâtre lorsque la dose est forte; |)henoinene ([ui paraît dû, suivant ^I. (liaconuni, à ce (jue la partie colorante de la substance se porte cii et là sur les exosnioses séreuses, et coiiseiiiiemnienl dans l'humeur aipieuse de l'œil, 1, urine prend aussi une coloration jaune ; la sueur ft (luehpielois même la salive oITrent une nuance safranée. La santonine , d'après IMerck , à la dose de 10 à 1'» centigrammes repi'lee plusieurs fois, exerce une action anllielminli(iue très énerjziipie ; à une dose plus élevée, elle produit des coli(|ues et des éructations (pii rappellent l'odeur du semencontra. !\L (iiacomini , qui l'a essayée sur lui-nième à plusieurs reprises et à la dose de li il !• <lrci;;rammes. n en a éjirouvé (junn ralenlissenieiil très notable du pouls, une .sensation p('iul>le a Icstomac cl un senliuient de faiblesse générale extrême. [Tratluciimi delà I'li(irm(i((»lntj',r, p. iSî).)

On emploie le semen-contra comme antbelmintique ; on s en est servi quelquefois <lan^ les deran'^emens d'e*tomac ; ou l'a emploM" êt:alemenl dans (pielques cas de (ie\re, de né\ roses et dCn'^'oru'emens viscéraux. Knfin , certains praticiens ont snp|)osé (pic ce remède pourrait être indi(pié dans ([uel- <pies alTeclions de» yeux cl notamment contre l'ainbliopie et l'amaurose, sans doute à cau>e de la pro|triélé «pi'il possède de faire \oir les objets en rouL'e ou en \crl.

On l'administre h la dose de l à S 'jramincR chez les adultes, cl <'n quantité moitié moindr»' chez les enfans. On le d<tnne en poudre, ce qui l'a fait appeler poudre à vrrs, dans la soujic, en i>ilules , en bols, en élcc-

tuaire; on en mêle avec du sucre, pour en préparer des drauées , des contilures, des opials, ou avec de la pAte pour en fabriquer du i)ain d'éjjices; on le conseille aussi en infusion. Ce médicament, (i.ii est actif, a le double av.intaL'e de chasser les vers et de remédier à la faiblesse intestinale , à la surabondance muqueuse qui a provoqué leur développement ; peut-être même pourrait-on croire qu'il n'est vermifuge que parce qu'il est tonique. On associe le semen-contra, pour produire ce dernier cfTet , à des aromates ou à des purualifs pour autzmenier sa force anthelmintique. 11 entre dans la phi|)art des médicamens de ce nom, comme poudres, opiats, sirops, etc. Il produit parlbis des nausées, surtout chez les jeunes enfans, (jui le prennent avec répugnance. (Méiat et l)elens, Dirt. (il- thrrnp. t. YI, p. 305.)

SKNK. Le séné est fourni par le cn^sia acuiifiilia , le ccissiu laiiri'o'atd el le cas.sia obovdia (famille des légumineuses, décandrie monocynie), qui croissent en Orient.

On emploie en médecine les feuilles de ces vétzéiaux sous le nom de soie proprement dit ; et leurs fruits ou lé'ç^umes, sous celui de foUicnlcs.

Les premières sont petites , ovales et pointues, d'un vert jaunAlre , mêlées de pétioles brisées par petits morceaux , d'une odeur forte cl siù (jcm-rls , «l'une saveur anuMC et nauséeuse.

D'après IMINI. Lassaipne et Fcneulle, les feuilles sont composées d'un principe particulier (cathnriinv), de chlorophylle, d'une huile volatile peu abondante , dune huile crasse, d'une matière colorante jaune, d'une matière miKpicuse, d'albumine, d'acide nialiijue.de malate et de larlrate de chaux, d'acétale de jjolasse et de ([ueUiues sels minéraux. La calharlinc en serait la partie aciive ; sa saveur est amère et nauséabonde; elle est soluble dans l'eau et dans l'alcool, et insoluble dans l'éiher ; à rinlérieur, elle ajjit comme purgative et vomitive. {Jnurn. de pliiinii., t. vu, p. .^)48.)

Les follicules, analy.sée.s par M. Veneulle, lui ont jirésenié une composition analogue; mais il y a moins de calharlinc et beaucoup plus de mucilage. {Jount. de pharm., t. \, p. :i.S.)

l,e séné est un bon purpalif, un évacuant certain. Il a^it, en fiénéral , deux ou trois heures après son ingestion . il cause iiariois quehpjcs borbory^mes, quelques coliipies léfzercs ; mais, le plus souvent, il ne produit |)as le moindre trouble. Les évacuations sont ordinairement f.icile<, nombreuses cl liquides vers la lin. Le séné nOnre qu'un seul incon- ^enient, c'est d être fort (lesaL;réable il jirendre, par son odeur nidoreusi; <|ui soulevé le cdiir, ce (jui donne lieu it des rapports désaj:réables et parfois ii des vomissemens pénibles. On lut joint parfois des aromates.

SLTON

poiir masquer sa savour si nauséeusp. Le scfnô (Mitre dans les clcctuaires diapha'nix, catholicnn double, etc.; il fait partie du sirop de salsepareille romposé; il est la base des potions purgatives coiiimcs sous le nom de viedeciiics uoircs.

SE'rO\'. Lo sétoii est un exutoiro <iu'()n forme en perçant la peau en deux points correspondants, qui intéresse le tissu cellulaire sous-cutané, et dont on entretient la supj)uration à l'aide d'une mèche de coton ou de fil , ou d'une bandelette effilée des deux côtés.

Le séton peut être appliqué sur toutes les parties du corps , mais le point où on le pratique le plus souvent est la nuque , au niveau de la quatrième ou de la cinquième vertèbre cervicale ; on le place quelquefois au pubis dans les affections chroniques de la vessie ou de l'utérus, plus rarement sur les parois de la poitrine. On passe quelquefois un séton à travers un kyste, l'hydrocèle du cou , l'hydrocèle enkystée du cordon, lorsqu'on veut y développer une inflammation et y provoquer la suppuration. Il sert enfin à dilater certains canaux, le canal nasal, par exemple.

Pour faire un séton, « il faut : I ^ un bistouri droit ou une aiguille a selon de Boyer; 2" un stylet aiguillé; 3" une bandelette de linge effilée, large de 8 à 1 0 millimètres , assez longue pour suffire à plusieurs pansements ; i" une bande , une petite compresse carrée, un petit plumasseau de charpie , un linge troué enduit de cérat; 5'' une alèze pour garantir le malade contre le sang.

» Le malade est assis sur une chaise, le dos tourné au chirurgien, celui-ci rase les cheveux qui descendent au niveau du point où l'on veut faire l'incision. De la main droite on tient le bistouri comme un archet de violon, le dos en haut , le tranchant en bas ; de la main gauche on fait à la peau un pli longitudinal dont on confie l'extrémité supérieure à un aide, et dont on maintient l'extrémité inférieure ; on enfonce alors le bistouri perpendiculairement à la longueur du pli, on traverse ce dernier de part en part , on retire légèrement le bistouri en sciant la peau pour agrandir lincision , en ayant soin de la faire un peu oblique, afin de faciliter la sortie du pus. On glisse alors le stylet garni de la mèche enduite de cérat sur une des faces de l'in- T. vu.

strument, on fait le pansement en api)li- (juant successivement le linge cératé, la charpit^ , la compresse, et l'on fixe lajipareil au moyen de hi bande médiocrement serrée.

» Au bout de cinq ou six jours la suppuration s'est établie : il faut procéder au second pansement. On détache les pièces d'appareil assez doucement pour ne pas faire sortir la mèche de laq)laie;on graisse une petite partie de celle-ci avec du cérat, et avec des pinces à anneaux on la fait passer dans la plaie en tirant sur l'autre extrémité ; on coupe avec des ciseaux toute la partie qui a été en contact avec la plaie, et comme au premier pansement on applique un linge cératé , un plumasseau, une compresse, un bandage convenablement serré. » (A. Jamain, Manuel de petite chirurgie, 1845, p. 232.)

Lorsque la mèche est usée, on fixe une nouvelle mèche à l'ancienne avec une couture très lâche , ou on la passe avec le stylet aiguillé, comme il a été fait au premier pansement. La mèche doit marcher de la partie la plus élevée vers la partie la plus déclive.

Si dans le cours du traitement la plaie devenait douloureuse, on la calme à laide des émollients ou des sédatifs ; si la suppuration n'était pas assez abondante , on enduirait la mèche d'onguent épispastique au lieu de cerat .

SINAPISMES. « On donne le nom de sinapisme à une espèce de pâte dont la base est la farine de moutarde, supportée sur un linge et appliquée à nu sur la peau.

') La farine de moutarde doit sa propriété irritante à une huile volatile qui se trouve dans les semences du siuapis nigra. Cette huile se dégage lorsqu'elle est en contact avec un liquide. Mais tous les liquides ne présentent pas au même degré la propriété d'isoler celte huile volatile, aussi le choix du liquide est-il loin d'être indilTérent. L'eau froide est préférable. M. Trousseau a démontre que l'eaa à la température de 75 degrés coagulait l'albumine qui forme une des parties constituantes de l'huile essentielle de la moutarde, que les acides concentrés et les alcalis caustiques jouissaient des mêmes propriétés, que l'eau moins chaude empêchait le dégagement de riiuilc volatile, et que le sinapisme n'agissait que quand l'eau était refroidie. Il a encore démontré que le vinaigre, dont on se servait autrefois pour véhicule, altérait aussi l'huile volatile, et qu'ainsi préparé

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