‹ Dictionnaire des dictionnaires de médecine français et étrangers, ou, Traité complet de médecine et de chirurgie pratiques (volume 2)Chapitre 64 sur 143 · SIMS · texte numérisé non relu

SIMS

le «iiitipi.sjiic agissait bien plus IcnlcnuMU que lorsqu'il ('lait préparc avec de l'eau froide.

" On doit donc, pour faire un sinapisme, pTcndre de la farine de moutarde |)ure : toute substance autre que la farine de moutarde gênerait l'action du sinapisme; la mêler a>ee de l'eau froide ou de l'eau dont la température ne soit pas au-dessous de 30 d(*gr<'s, de manière à en faire une pâte (()n>istanle que l'on étend sur un linpe comme la pâte destinée à un cataplasme; on replie les bords du linge sur tous les côtés, afin d'empêclier la pâle de s'étendre au delà du point sur lequel on veut agir , i)uis on rapplique sur la peau.

» Ou peut a|»pli(jner le sinapisme sur toutes les parties du cori)s : la face est presque la seule partie sur laquelle on n'appli(iue pas de sinapisme.

" La durée du temps jtendant le(iuc'l le sinapisFne doit rester appliqué est importante à déterminer ; car enlevé trop tôt il ne produirait prescpie rien ; laissé trop longtemps il pourrait .imener la vésication. 11 faut en général laisser le sinapisme un (piart d'heure à une detni-heure, suivant le degré d'irritation qu'on veut produire, suiNant le degré de sensibilité i\cf> indi>idus. D'ailleurs on est averti le plus souNcnt parles malades (|ui se l)Iaignentde douleurs très >ivesau\ points où le sinapisme a ét(' applicpjé. Chez lesindi\idus qui ont perdu connaissance, il faut sur^ ciller ce tojiiciue avec soin ; car non si'ulement les malades ne sentent pas son action, ni.iis encore le sinapisme paraît ne pas n\o\r agi sensiblement, et ce n'e^t que lors(|ue la sensibilité est revenue ou quelque temps après l'application du sinapisme, (jue la rougeur, même la voication et les escarres se manifestent. Dans ces dernières circonstances le sinapisme a ét('' applicpie sur la peau dépourvue de sensibilité , sur les extrémités inférieures d'ini para|tlégi(pie, par exemple.

» I.or.'^ipron a retiré le sinaiiL^me, il f.nit laver la place a>ec de l'eau liede et res>u>er avec un linge M'c; si rirrilali(»n élail trop vive, on couvrirait la partie a>ec un linge enduit de ce rat.

" I,ors(|iron \vn\ iiruduire une rubéfaclion très b'gcre, on se contente d'a|)pli(|uer des cata|)lasmes saupoudr('S de fariiu' de moularde. On peut laisser ces cataplasmes sinapisés beaucoup plus longtemps «jue les sinapi>mes ; il faut néanmoins les 5ur\eiller.

" Si l'on veut déterminer une irrilation prolongée , on promène les sinapismes : c'est principalement aux mendires inférieurs que l'on cberche à produire celte action. Il ne faut alors laisser les sinapismes que cinci à dix miimtes; cet e.spaee de temps csi suffisant |."i;r produire une nibrf.ii ('mn jc^eie. car une

rubéfaction trop violente ou trop étendue pourrait causer des accidents. >• (A. Jamain, Manuel de petite diirurgie, 1815, p. 132.)

8IÎVL8 (.Maladies des). A. Sims maxillaire. 1° Plaies. Si un instrument piquant ou trancliant a traversé les i);HMies molles de la face et pénétré dans le .>^inus maxillaire, ces plaies guérissent aussi bien que des plaies simples ; mais si le sinus a été brisé i)ar un instrument contondant, il y a (pielques indications spéciales: il faut relever les fragments osseux afin de rendre la (liilormilé aussi faible que possible ; si les escjuilles sont détachées du périoste, il faut les extraire. Quehpiefois la ))laie du sinus maxillaire est comj)liquée de la présence d'un corps étranger. Bordenave rajv porle un fait dans lecpiel un clou cbassé par une arme à feu avait pénétré la télé la première dans le sinus maxillaire et entretenait une fistule.

2° CuUection de liquide, a. A. Bérard rapporte d'après M. Bertrand, de Bordeaux, (|ne \ingt ans ai)rès un coup violent sur la joue, on trouva dans le sinus maxillain^ 1000 grammes de sang parfaitement li(juide.

b. Collection de mucus. On a désigné encore ';elte maladie sous le nom iVliydropisie du sinus maxillaire , dénomination évidenunenl improj>re, car elle semble in- (licpier un amas de sérosité, tandis que le sinus est rempli de nmcosités sécrétées par la meml)rane nmcjueuse.

Laccumulation de nuicus est attribuée a un obstacle ajiporté à l'écoulement de ce li(juide i)ar les narines ; il est encore causé p.îr 1 inllammalion de la membrane mu- (pieu.<o : la carie d'ime ou de plusieurs dénis <|ui, traversant le bord alvéolaire, |)énctrent (\;)U> le siiuis ; une dent vicieusement implantée ; enlin cette maladie se dévelo|)pe sans causes connues. .\. Bérard pen.»^e(pie la consistance trop grande des mucosités, ne leur |)ermellant pas do sortir , amène l'accumulation du Hijuide

.\u début, aucun sym|»tôni»' n annonce i'('\l>Unce de la maladie: bientôt le Ii(juidc distend les parois du siniL'^, la paroi antérieure la plus faible cède la jtremière; une lunu'ur diue, sans changenieni de couleur à la j;eau, se présente sur l;i joue au niveau de lu fo.sse canine : eljo jiroémine en liant :iu-de.-sou.- de lorbile, en bas derrière

SINUS

la lèvro supcriciiro ; la tumeur devient [)lu,s mollo; à la pression elle fait entendre un petit bruit analof^ue à celui qu'on perçoit en froissant un morceau de parchemin : il est produit par la lame antérieure du sinus amincie qui cède à la pression et reprend sa place en vertu de son élasticité. La voûte palatine est quelquefois intacte , d'autres fois déviée, amincie ; alors on ])eut sentir le flot de liquide qui va de la joue à l'intérieur de la bouche.

Cette maladie marche avec lenteur et ne cause généralement aucune douleur.

Traitement. Il faut vider le sinus et l'empôcher de se remplir. On a proposé d'arracher une dent et d'ouvrir le fond de l'alvéole. Boyer conseille de faire sur la portion gengivale, au-dessus du bord alvéolaire , une incision courbe à concavité tournée en haut. On enlève avec le bistouri ou des ciseaux la lèvre supérieure de l'incision, et l'on obtient une large ouverture par laquelle s'écoule un liquide visqueux, épais , transparent , quelquefois un peu jaunâtre. On place de la cbarpicî dans louverture, on renouvelle le pansement chaque jour ; bientôt la tumeur s'affaisse et il reste derrière la lèvre une fistule qui ne permet pas une nouvelle accumulation de liquide ; quelquefois la fistule se bouche et la maladie ne se reproduit pas. Dans quelques circonstances la face interne du sinus s'enflamrhe , suppure ; on a recours alors au traitement des abcès.

c. Collection purulente. Abcès. Les abcès du sinus maxillaire sont causés par linflammation de la muqueuse qui le tapisse, par la carie des os, d'une dent, du bord alvéolaire ; quelquefois ils succèdent à une violence extérieure , à la présence d'un corps étranger ; enfin on les a vus succéder à un coryza très aigu.

Les malades ressentent une douleur sourde, profonde, souvent très intense, qui a son siège à la joue : ils la comparent à une douleur de dents ; mais la douleur dure plus longtemps, se propage dans les fosses nasales, dans l'orbite et les sinus frontaux ; il s'écouleparlanarine, principalement dans les grandes inspirations, un pus extrêmement fétide. D'autres fois le pus perfore une de.> parois du sinus et produit une fistule par laquelle le pus s'écoule ; si le pus s'accumule dans le sinus, les paroi^^ te di.: tendent (.omme

dans les cas d'accunmiatlon de mucosité.

Quand on a constaté la présence du pus, il faut lui ouvrir une issue : on doit en extraire les dents ébranlées , perforer l'alvéole ; s'il n'y a pas de dents malades , lîoyer conseille denlever la deuxième ou la troisième molaire , de percer l'alvéole ; cetle ouverture permet au pus de s'écouler et donne la i)Ossibililé de faire des injections délersives. Dans les cas où il y aurait impossibilité d'ouvrir la bouche, et si l'alvéole était trop dure, on doit recourir au procédé de Lamorier, modifié par Desault : il consiste à perforer la fosse canine à sa partie inférieure.

Le chirurgien devra s'attacher en outre à détruire les causes de l'abcès ; s'il existait une fistule dont l'orifice serait sur la joue, on devrait , à l'exemple de M. Bérard , la transformer en fistule buccale ; dans ces cas, la fistule cutanée, nedonnant plus passage au puS; se cicatrise rapidement.

3" Corps étrangers, fistules. Des vers , des calculs , ont été trouvés dans le sinus maxillaire; mais on y rencontre surtout des projectiles lancés par la poudre à canon : ou bien ces corps entrent dans le sinus sans causer d'accidents, alors il n'y a pas lieu de s'en occuper ; ou bien ils sont cause d'abcès, alors la maladie sera traitée comme il a été dit plus haut ; ils peuvent être aussi la cause de fistules dont il est souvent difficile d'obtenir la guérison.

Si la fistule est entretenue par une nécrose, elle ne guérira qu'après l'élimination du séquestre. Nous avons vu plus haut comment M. Bérard propose de guérir les fistules faciales entretenues par des abcès ; si enfin la perte de substance faite pour évacuer un liquide contenu dans le sinus était la seule cause de la fistule , l'art ne peut rien pour la guérison , mais on peut, en bouchant l'orifice fistuleux avec un petit morceau d'épongé ou une boulette de cire, obvier à l'inconvénient, léger du reste, qui résulterait de l'introduction de l'air froid ou des aliments dans la cavité du sinus.

4" Polypes. Les polypes du sinus maxillaire ont la plus grande analogie avec les polypes des fosses nasales. Tantôt le sinus maxillaire se trouve rempli ])ar ces derniers qui pénètrent par l'orifice du sinus ; augmentant de volume dans cette cavité, ils no peuvent en être extraits sans bri-

ser l;i p:iroi externe des fosses nasales.

Plus fréciuemnient les polypes se déveloj»peiit dans le sinus maxillaire lui-niôme, ils sont de même nature que les [)olyj)es des fosses nasales : au début il est prestpie impossible dé les connaître : une douleur sourde et profonde, des épistaxis et un écoulement purulent et fétide par la fosse nasale correspondante sont les seuls signes (jui |)uissent les faire soupçonner ; mais l'aujinientation de volume trahit bientôt leur présence en dilatant le sinus maxillaire dans tous les sens ou bien en agissant sur une seule des parois. S'il soulève la voûte orbitaire, l'œil est saillant ; s'il comprime le canal nasal , il y a épiphora : s'il remplit la fosse nasale, il y a gène de la resj^iration ; enfin on rencontre une tumeur à la fosse canine, une dépn ssion de la voûte palatine. Enfin le {)olype peut s'échapper, soit i)ar rouverhire normale du sinus, soit par l'ahéolc^ d imedent arrachée. D.ins nn cas, un polype a\ ail perforé la voût(^|ialaline et renipii la boucheen écartant les deux maxillaires supérieurs.

Le didijunstic o>\ fori difficile au début, où il p(Mil être confondu avec une collection de pus ou (\c lii|ui(lc du .<ii)us maxillaire : cpiand il est développé on |)eut le confondre avec un polype (l(»s fosses nasales ou du pharynx.

l.e pronostic est fort grave à cause (U''> déformations que les j)olypes déterminent. Les polypes cancéreux sont les plus graves, puis viennent les |)olyp(\s fibiiMix : les muqueux sont les moins graves de tous.

La première chose à faire pour le trai- Irmenl de ces pohpes est d'ouxrir as>(V. le simis maxillaire pour agir librement : il faut agrandir l'orifice qui lui donne passage et l'attaquer par l'arrachement, la ligature, l'excision.

Toutes ces méthodes ont l'inconvénient de laisser une partie de la \y,\>Q du polyj>e, et do ne pouvoir être (pie très difficilement applijpiées, h cause de l'étroil espace dans lequel on peut manœuvrer ; à la vérité on peut cautériser la ba.'^e du poly|)e, mais il et bien préféralile d'enlevcTla paroi du sinus sur laquelle s'insère le polype, surtout lorsqiie celui-ci est de nature cancéreuse [Votj. M.WILLAIRE.)

h. SiM's KRONT.MH. Les simis frontaux

SINUS

sinus maxillaires : mais ces maladies sont plus rares cpie celles de ces derniers.

1° Lésions traumaliques. « Les blessures des sinus frontaux par les armes de guerre, par les armes contondantes, et surtout par les projectiles lancés par les armes à feu, présentent des parlicularilés cjui nous forcent à insister quelque temps sur la lésion de cette portion de la voûte du crâne. L'enfoncement de la table externe des sinus frontaux par un corps contondant est un accident assez commun chez les individus qui ont ces cavités fort déveloi)pées. Elles le sont assez même (pieKiucfois pour loger des corps étrangers volumineux , connue des balles et autres projectiles qui s'y perdent entièrement. On en a vu y résider pendant fort longtemps, et finir par tomber dans les fo.-^ses nasales. Cet enfoncement des sinus frontaux peut en imposer un moment pour une fracture du crâne avec saillie i\o> osa l'intérieur, mais un j)eu d'attention suffit bi(Milôl pour détruire cette erreur. Il en est de même de celle cpii consiste à prendre pour (les battements du cerveau les mou- Ncmenls imprim(''s iiarl'airàla membrane piluilaire. Ou(>l(pies auteurs célèbres ont commis c(>tle méprise, el ont pris même |K)ur une su|)puration du cerxeau celle do celle meml)rane. Un phénomène (pii accom- |)agne très souvent la lésion des sinus frontaux , c'est la déchiiure de la membrane |)ituitaire, le passage de l'air des fos.^es nasales dans le tissu cellulaire ambiant, et un emphysème plus ou moins étendu du front, des j)auj)ières, etc. [Voy. Ouihte.)

)i Relever les i)ièces dos enfoncées dans le sinus fronlal . extraire celles (jui sont délaclK'es par les priij(>etiles, les projectiles eux-même> (jui peu\eiil \êl relogés, com- |)rimer h'gèrement pour melire obstacle au passage de l'air, employer les ré.solulifs et les antiphlogisfKpies, tel est le traitement à emi»loy(^r(lans la lésion des sinus frontaux, lésion (pii n'est [)oint grave par elle-n»ême, et (pii jiourrait ne lede\enir (|uc i)ar le voisinage du cerveau ou lai.^ser à sa suit(^ une fistule aéri(»nne, par la dé|)er(lition de subslanceéprouv('vii la |)aroi antérieure de cette cavité, maladie, du reste, i)lul('»t inconuuode ipie dangereuse. »)( Dupuylren , lilessurcs pur (U'tncs de (jucrre, t. Il, p 100.)

On comprend, du resie, (|ue dans

«ont exposés aux mêmes maladie- (|ue le- le- ca> (le fractures du s(jurcil il faudra,

tanlAt agrandir les plaief5 préexistantes , tnnirtt en étal)lir de nouvelles; de in(hrio que si les fr.igmens olfrcnt (juehiue mobilité, il siiffuM de les détacher à Taide de bonnes pinces, tandis que s'ils restent très adhérons par quelque point, l'emploi des ostéotomes,de la gouge et du maillet, du trépan pourra être indiqué.

Ici , le chirurgien doit ne point oublier que les fusées purulentes sont surtout à craindre du côté de l'orbite , et que pour les éviter, il n'y a pas de meilleur moyen que de laisser ou de créer une libre issue aux fluides de ce côté. En conséquence , les incisions reconnues nécessaires devront être placées , autant que possible, j)lutôt au-dessous qu'au-dessus du sourcil. J'ajouterai qu'il vaut mieux les faire grandes que petites, et que les tenailles incisives , les osféotomes modernes et le trépan devront être préférés à l'emploi du ciseau et du marteau , toutes les fois qu'il ne paraîtra pas trop difficile de les appliquer, et (|ue le moindre ébranlement du crâne semblera oIFrir quelque danger. Il semblerait que LnugguXh [Thèses de Haller), eût entrevu cette indication quand il conseilla l'emploi des ciseaux plutôt que de recourir au trépan. O. Acrell s'en était tenu au contraire à la trépanation sur le sourcil , chez un sujet dont le front avait clé fracassé et enfoncé. Maigre le blàine déversé sur le trépan des sinus frontaux, en 1765 , par Bertrandi, qui lui reprochait de laisser une fistule incurable , et de ne pouvoir être conduit convenablement , M. Larrey s'en est servi , avec avantage, en allant même jusqu'à perforer le crâne; Collignon parle d'un morceau de balle qui, arrêté dans la paupière supérieure , détermina l'exfoliation de la paroi antérieure du sinus frontal sans laisser de fistule à sa suite; et Ton trouve dans les Mémoires de M. Gauthier de Claubry une infinité d'exemples où la trépanation des sinus frontaux eût évidemment été très utile, w (Velpeau, Méd. opér.y t. m, p. 279, 2" édit.)

Lors(ju'une portion de la partie antérieure du sinus a été enlevée , il coule par l'ouverturr, une matière semblable à la Kuppuration du cerveau , et qui peut faire croire que ce viscère a été olfensé. On lit flans les Mémoires de l'Académie de chi-

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