SODIUM
La soude caihîliqne possède toutes les propriétés tliérap(Mili(iuos de la polasse caustique , et peut ôtre employée connue elle dans toutes les circonstances où cette dcrnicre est indiquée : toutefois , nous ilevons dire qu'on Ta j)lus spécialement rcconuuandéc comme anti-calculcusc ; mais nous ajouterons que, pour l'usage à l'intérieur , on lui préfère pcnéralement ses carbonates.
'2° Sulfure de sodium. Tout ce qui a été dit du sulfure de potassiuni ( V. t. vi, p. ';>"()) peut être ai)pliqué à celui de sodium : cependant il est beaucoii]) moins emjjloyé , bien (pi'il mérite la j)référenee. 11 est la base du Uniment savonneux de INI. Jadelot ( V. t. V, p. 414); et ce praticien le préfère à celui de potassium/comme doué d'une action plus douce que ce dernier.
5o Chlorure de sodiimi (tmtriate de f:nnde, hiiilrochlnrnte de soude, srl marin , sel commun). Malpré son bas prix , il est très souvent sopbisiiqué ; mais la plus dangereuse des fraudes dont il soit l'objet est l'addition du sel marin retiré de la soude de varec , en raison de l'iodure de potassium ioduré , et peut-être du bromure que contient ce sel ; aussi est-il maintenant soumis à une surveillance minutieuse. A petites doses , ce sel stimule doucement les organes diiiestifs , cxeite l'appétit, favorise la dijrestion ; c'est un besoin impérieux pour la plupart des hommes. 11 passait jadis pour inaetif, antipittiiioux et puissant résolutif des enporpemens viscéraux ou glanduleux. Le docteur ^^ezenez l'a même vanté naguère contre le squirrlie de l'estomac, affection dont M. Pittscliani a rai)porté, eu lS-i2, d'après plusieurs auteurs , divers exemples de guéiison. 1]. Ilirscbel l'a donné avec succès contre les oiigorgemcns de la rate , suite de lièvres quartes, ainsi que dans les scrofules , ou beaucoup de médecins, en Angleterre surtout, l'ont préconisé, V>. liusch a recommandé, connue moyen d'arrêter 1 hémoptysie , l'usage de 1 ou t cuillerées de siduiion saturée de sel , et l\ichter cite Michaelis , Scliip[)en et Schicler connue ayant obtenu le même succès dans ce cas et contre d'autres hémorrhagies. \Vesiphal , d'un autre côté, rapporte un fait grave de mélrorrhagie arrê- Icc |».ir riinnur.oion des extrémités supérieures d.nis (hi sel échauiïé. .M. A. Lalour a rrcommamlé aussi ce même composé salin contre la pluhi>>ir i)uliiu)naire tuberculeuse. Ijilin, leau sidee n été recommandée dans le choléra é|)idémi(pip : suixant le docteur J. \Vylie , ce remède cl le lait pris en grande (|uantilé n'auraient pas eu moins de succès entre Us mains des paysans de Sainl-Pétersbour^ , en l<sr»(» , que Us remèdes les plus vantes entre ceiix dos nu'decins ; cette solution a été employée, «lil-on , dans les cas les plus graves cl avec grand avantage par
M. OclicJ, à la dose d'une cuillerée d heure
en heure , dans une livre d'enu tiède. Suivant M. Ochel , l'elTet le plus ordinaire de cet agent serait de produire des vomissemens bilieux , bientôt suivis de la disparition des symptômes.
Donné à dose purgative , celle de l'i à r>0 gram. en solution , il irrite plus que la plupart des sels neutres, excite plus de chaleur, de soif, est plus sujet à provoquer le vomissement. F. IIolTmann, qui l'indiqua pour remplacer l'eau de mer ou des sources salées , Greding , qui en donnait la solution à la dose de 7)7." gram., Heberden, Rusch, (jui le prescrivaient à l'état sec , pris le matin à jeun par 2 gram., l'ont indiqué comme trè.s utile pour tuer les vers ou les larves de mouches contenus dans l'estomac : c'est, d'ailleurs , un remède populaire fort usité contre les vers des cnfans et le tœnia luimême.
Ses usages à l'extérieur sont aussi nombrcuï que variés ; c'est ainsi qu'à l'état solide , mais pulvérisé, on en introduit dans la bouche des indi\idus atteints de lipothymie , d'apoplexie même. Décrépité , on l'a em[)lojé contre Ihydrocèle et les diverses tumeurs a'démateuses, etc. On l'a associé aussi à l'huile, au camphre, etc., pour appliquer sur les tumeurs goutteuses ; au soufre, sous forme de |)ommade, contre «liverses maladies cutanées, la gale en parliciilier, les dartres, la teigne ; on le fait entrer à la dose de A à 8 gram. dans des suppositoires irrilans ; enfin , on en prépare des eaux salines artificielles , à la dose de G décigram. par litre d'eau, (|u'on surcharge de gaz acide carl)oiii(]ue, et (hmt on a beaucoup vanté les qualités fondantes. l">n sidution jdus ou moins concentrée dans l'eau , il est employé pour I remplacer Vran de mer, dont il oJTre la plupart des avantages, soit comme stimulant cuiaiié, en bains généraux , à la dose de 1 à '■1 kilogram. par bain , avec ou sans addition de chlorure de calcium ou d'iode ; soit comme dcriNatif , en i»édduves ou en manu- Imes , pris ordinairement à une haute température ; soit en ap|:licaiions locales, comme résolutif, sur les parties coutumes , ecchymosées, œdémaiiées , inlillrées , sur les engorgemens indolens , les tumeurs œdémateuses de la lêle des nouveau-nés . les kystes des paupières ; >(»il en Icdions, C(tnjoinlement parfois i\ son usage intérieur et a l'aiiplication locale du même sel eu nature, coiilre les piijùrcs et morsui es des animaux venimeux , enragés, etc. , cl contre les poisons végétaux les plus actifs ; soit en injections , comino slimulanl , dans des trajets listuleiix , dans l'utérus rcm|)li d'hydatides , cl , uni à l'eau de savon, |)our rann.liir le ci-rumen emlurci des oreilles, et remédier ainsi à certains cas de surdité ; soit eidin , \\ la dose «le H à ."iO gram., associé jiaifois a divers corjis huileux, en lavcmens eui|)loyés surtout daus les
cas d'apoplftlc , ma1<< m jets , chc« les Individus irrif.ibles , h causer des lipothymios et nulrcs accidons plus ou uioins {graves. (I\Iérat et Dclcns , Diction, de thérap., l. yi,
4° Borate de sonde. Ce sel a été déjà traité dans ce Dictionnaire. (V. t. ii, p. iri.)
a» Carbonate de sonde. Ils sont au nombre de deux ; le carbonate neutre et le bi-carbonate.
A. Carbonate nnitre. Un peu moins caustique que le carbonate neutre de potasse; cependant on préfère, avec raison, le bi-carbonate à l'intérieur. Le carbonate neutre de soude est au contraire très employé pour l'usage externe ; c'est un agent précieux pour combattre plusieurs maladies de la peau, des dartres rebelles , des cngorgemcns scrofuleui.
En lotions, pour la peau, on l'emploie à la dose de 4 grammes dans 20 grammes d'eau; pour les membranes muqueuses de la vulve, du vagin et du gland, on porte, pour la même dose de sel , la proportion do l'eau à 250 ou même Ô75 grammes. A l'intérieur, ce carbonate se donne à la dose de 3 à 18 décigrammes par jour, dissous dans un véhicule approprié.
B. Bi-carbonate de sonde. Ce sel est très fréquemment employé aujourd'hui; il pénèire dans le sang et peut souvent modifler ses propriétés d'une manière utile: sous ce point de vue il a été conseillé dans les empoison- Tiemens par les acides, lorsqu'on soupçonne qu'ils sont absorbés et qu'ils peuvent causer la mort par coagulation du sang. C'est encore dans le but de modifier le sang que le bi-carbonate de soude a été presrrii dans le traitement du choléra asiatique. Du reste, il est rapidement éliminé du torrent circulatoire par les organes des sécrétions; ainsi on le retrouve bientôt dans les urines et dans le lait. On comprend sans peine qtiels services cet agent pourra rendre lorsqu'il sera utile de modifier ainsi les liquides sécrétés. Il agit aussi en augmentant la quantité de l'urine, et c'est ce qui l'a fait classer par quelques thérapeutistes au rang des substances diurétiques.
Il est très employé dans le traitement des aiïections calculeuses, lorsqu'elles dépendent de la surabondance d'acide urique. Le bicarbonate de soude peut être très utile dans les affections goutteuses, où réconomie est également sous rinduencc d'an excès de production d'acide urique.
On prescrit conlinurilement aujourd'hui le bi-carbonate de soude , d'après le conseil de M. Darcet, pour faciliter la digestion et rétablir en peu de temps les fonctions de l'estomac, surtout lorsqu'elles sont troublées par la formation dune trop grande quantité d'acide, ce qui arrive souvent aux gens de lettres et aux personnes trop sédcntiiircs.