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quel on lui préfère aujourd'hui le gaz chlore, il a été préconisé depuis long-temps , sou* forme de bains généraux ou partiels, contre les maladies de la |)eau. Ces bains , impro- |)rcment appelés h(d)is sulfureux ou hrnmf de vripeur sulfureuse, et pour lesquels M. Darcet a imaginé un ingénieux appareil qui met à l'abri des accidens de suffocation observés dans les premiers temps de leur emploi , produisent sur la peau , et même sur toute l'économie, une excitation assez vive, marquée par des picotemens , de la chaleur , de la rougeur, et suivie d'une sueur considérable favorisée par la chalein- de ÔO à 40 degrés qu'on a soin d'entretenir dans l'air de la boîte fumigatoire. Leur emploi exige quelques précautions à cause de la nature sulîocjinte du gaz toujours mêlé cependant de beaucoup d'air , et dont souvent on modère encore l'activité en introduisant dans l'appareil de l'eau en vapeurs ; jamais la lôte n'y peut être plongée. Ils sont d'ailleurs contre-indiqués, comme en générai tous les bains de vapeurs, dans les casde pléthore sanguine, de turgescence cérébrale, d'hémoptysie, etc. I! reste, après leur usage, de la rougeur , de la sécheresse à la peau , une sorte de rigidité dans les muscles , qui , au surplus , se dissipe en quelques jours. On les administre spécialement dans le traitement de la gale, des dartres, des rhumatismes chroniques , de certaines paralysies , des engorgcmens abdominaux , de la leucophlegmasie , de l'ascite consécutive aux fièvres intermittentes, des tumeurs indolentes , des scrofules, de la chorée , dans certains cas d'aménorrhée, etc. Leur durée est , en général , de vingt à trente minutes.
Suivant Nysten , le gaz acide sulfureux peut être dirigé avec avantage sur la conjonctive, dans les cas d'amaurose commençante ; on peut y recourir pour ranimer l'action du cœur et des poumons dans les défaillances , la syncope et l'asphyxie, et une allumette bien soufrée suffit pour cet objet.
IIÏ. Acide sulfurîque. Les effets que produit l'acide sulfurique étendu dans une grande quantité d'eau , ne sont pas faciles à caractériser. Si la liqueur en contient trop , si sa qualité acide est trop forte , son impression sur l'estomac cause une contraction douloureuse de ce viscère, un sentiment pénible à la région épigastrique. Un grand nombre de ceux qui en font usage remarquent que leur appétit augmente, que la digestion s'opère plus vite. Cette boisson produit souvent aussi un effet tempérant ou réfrigérant ; dans les maladies fébriles , où le pouls est vif, fréquent, la chaleur animale plus développée, elle semble modérer la vivacité, l'activité morbide des mouvemens organiques , diminuer la chaleur animale , éteindre la soif.
A l'état de concentration , il n'agit pa»
2i4 SOUFRE.
avec moin? d'éncrpic sur les tissus vivaiis (lue sur les cur|)> (Ufranisos |)ri>és de la vie. iiouilliiul , il brille cuiiime un l'er louse ; froiii , il altaque la peau assez proniptemenL pour uceasioiuier fréqueninicnl , à ceux qui le manient , des inflammations praves. Apj)li(]ué sur les membranes muipieuscs , il les cautérise subitement et Sduvcnl les charbonne. Introduit dans les voies dipestives, il enfl.uiime violemment les tissus, désorfzanise les viscères , donne naissance à des eschares ordinairement noires (^parlois blanches), pro duit des douleurs atroces , puis la mort , soit médiatement, soit d'une manière immédiate, surtout s'il a été pris à la dose de (juclques onces. Injecté dans les veines des animaux, il coagule le san^: et les tue , dernier résultat que sa seule a[»plication sur la peau peut amener : aussi a-t-il été rejiardé comme un des poisons corrosifs les plus violens. Dans les cas d'empoisonnement par ce composé , Je traitement consiste à corner en toute hAte les malades de liquides acjueux , mucila^'iiieux, fzras , huileux , lactés. d"eau de savon, et mieux encore de magnésie en suspension dans de l'eau , alin d'étendre et de neutraliser l'acide en même temps qu'on [)rovoque des vomisscmens pour en opérer le rejet. Les aîiti-|)liloi:i<iiques sont ensuite emplojés avec plus ou moins d'activité suivant l'exigence des cas. (Orlila , op. cit.)
Les médecins de l'école italienne, qui veulent surtout combattre les symptômes de rempoisonnemcnt par des antidotes dynaniiipies, et (jui considèrent l'acide sulfuricpie comme un hyposlhénisant des plus énerjiiques , disent (lue l'on détruit ses elTets par le vin, et, licc vcrsù , que les effels du vin sont également dissipés avec cet acide. Ils citent, à lappui de leur opinion, le fait de AV. 1). lirinckle, qui, ii l'exemple de lîruehl ('ramer, donna aux ivrognes de l'eau-de-vie mêlée avec on peu d'acide sulfuriipie dans la proportion de 4 grammes de ce dernier ])ar litre d'eau-de-vie : cette administration produisit, chez trois des individus aux(piels elle fut prescrite, non seulement un aiïaihlissement notable des elVets de l'alcool , mais encore un de^'oùt très prononce pour toute sorte «le boissons alcooliques. Il parail en outre cpie Althof observa , d'un autre cfilé , une action opposée entre l'opium et 1 acide sulfuriquc , et quil prescrivit celui-ci avec .succès pour remédier aux iremblemens et aux autres elTet> queniralne l'abus des opiacés.
L'usape interne de r.icide sulfurique aiïaibli a été recommande -. 1" comme anli-sepli(pie ou anli-pulride , (piehpiefois associé al(»rs au (piin(juina , dans les lièvres aipués, surtout putridcNOl malijfnes, notamment celles rpii sont epidcmiipies et eonta;;ieuses , la pe*«le même ; dans des lièvres avei- coma, (lux «le \ entre uu |.ele(hH','« ; dans la srarlaline et
la rougeoie luoligncs, la >ariolç cuufluculc;
2° comme astringent, souvent mélancé au cachou, au kino . etc., dans les hémorrhagies par faiblesse et qui n'ont [las remplacé un autre flux sancuin , savoir : l'hémoptysie; la mélrorrliagie , où il a été vanté par Crell, Aaskovv^ etc., surtout chez les femmes enceintes ; rhémalémèse et l'hématurie; les hémorrhafîies scorbutiques, liloih le reconjniande même joint à l'opium , dans ia phtliisie par atonie ilof^ poumons, où Quarin l'a donné sans avantajie ; et M. Tiillepsie l'a employé avec succès dans une fièvre hectique de suppuration, avec sueurs nocturnes; ,*>« comme rafraîchissant , pour tempérer la liè>re et la soif; il l'emporte sur tous les autres acides, dans les lièvres inllammatoires , les lièvres ardentes et la péripneumonie, selon Tissot ; la variole béiiijine, etc.; 4" il paraît aussi avoir été «pieliiuefois utile dans certaines maladies spasmodiijues , par exemple, le hoquet, «lans les calculs, la iioiiite, la phthisie jiiLuiteuse, l'asthme et l'iiydropisie. On la aussi indiiiué comme plus ellicace que l'opium pour remédier aux vomisscmens produits par l'émétique. Tout nouvellement enlin , et celle dernière application semble surtout «levoir lixer l'altentioa des praticiens , il a été siirnaié comme lo principe vraiment actif «le l'alun, vanté depuis «lueliiue temps dans le traitement de la coliipie de plomb.
Le praticien ne doit pas, d'ailleurs, perdre de vue que divers inconvéniens ont été attribués à l'usajie «le cet aci«le à l'intérieur. Le moindre serait d'apacer les «lents «pi'il blanchit, mais attaque à la lonjzue ; mais, «le plus, il est diflicilemeiit supjiorlé jiar beaucoup de malades auxipiels il pince l'estomac, cause de la cardialpie et même des vomisscmens. Le fœtus encore dans le sein «le sa mère , et même , «l'après «leux observations de (). ^\ . r.artiey , les enfans à la mamelle sembhmt en ressentir une fAchenso influence. Du reste , Sydentiam le r«'i.'ardait comme contre-imliqué dans les malailies «l«)nt ia cri.se doit se faire par les selles. D'autres conseillent de s'en abstenir quand la respiration n'est pas libre, que les premières voies sont embarrassées, «pi'il existe de la toux, «le ia diarrli«'e. l\i>iere, «pii en connaissait l'utilité «lans les lièvres putrides, dit «|U il n'en est pas de même «lans la pleurésie, ia fluxion «le poitrine, rhem«)plysie, la phtliisie, l'inflammation de l'estomac , ia dysenterie , l'iiématurie , etc.
A l'extérieur, ou il est peu usité comme causii(jue, son action étant .sujette à se |)ro- Ion'M'r et h s'étendre au delà «les limites voulues , on ne «loil l'apidiquer qu'avec précaution jiour cautériser, comme on l'a pr«)pose, les plaies venimeuses, les |>iqùres faites en <lissé«|uant, «les trajets listuleux, «les chancres su|ierliciels , «ertaines éruptions
culauOes, etc. ; Uaus ces deruiers eus niCme,
SOUFRE
et plus encore lorsqu'on l'emploie comme simple slyptiipie, on l'étcnd commuriémoiit «laiis plusieurs Ibis son poids d'eau ou d'alcool. Il doit êlre plus all'inhli encore pour appliquer sur les ulcères scorbuli(iues , cancéreux ou même vénériens, et surtout prescrit en collutoire , en gargarisme, comme on l'a fait dans les cas d'angine gangreneuse ou couenneuse, d'aphlhes, de cancer aqueux de la lèvre inférieure ; de gale, où il a été proposé par llelmich, 1>. Buechncr, JJaldingcr , ïlahnemann, et plus récemment par Bagneries ; enlin , de dartres rebelles , de maladies cutanées analogues à la lèpre, etc. (Mérat et Delcns , Dict. de thcrap., t. vi, p. 464.)
Le mode d'administration de l'acide sulfurique est simple. A l'extérieur, suivant qu'on voudra produire une cautérisation ou une simple excitation, en emploiera cet acide plus ou moins concentré; et, dans le dernier cas , l'élat des parties sur lesquelles on devra opérer servira de mesure : en général, pour des lotions excitantes, 8 à 15 grammes par litre d'eau suflisent. Au contraire, pour l'usage intérieur, 15, 20, 30 gouttes par litre d'eau doivent être rarement dépassées, encore doit-on y ajouter du sucre pour rendre le médicament plus supportable. Cette forme, d'ailleurs, est celle qu'on doit préférer comme étant la plus rationnelle , et celle qui permet le mieux d'apprécier la portée de la médication. {Dict. de tnéd. et de cfiir. prol., t. xiv, p. C5ô.) C'est à cette sorte de boisson qu'on a donné le nom de limonade minérnle; souvent, au lieu d'eau pure, on emploie pour la préparer une décoction légère de plantes muciiagineuses, de riz, de gruau, la solution de gomme, etc. C'est cette limonade qui a été recommandée comme vraiment spécifique dans la colique saturnine, où ses bons elfets se font immédiatement sentir, a-t-on dit, et que l'on a même citée comme pouvant être employée aussi à titre de préservatif par les ouvriers qui travaillent le plomb : elle produit de la diurèse, ne détermine ni diarrhée, ni vomissement, et paraît plutôt augmenter un peu l'appétit.
IV. Acide sulfuvdrique. Ce composé, connu encore sous les noms d'/njdrogèue sulfuré , 6'acide luidrn-sulfuriqtie , est , dans son état naturel, à l'état de gaz , incolore, d'une odeur forte d'oeufs pourris et tellement reconnaissablc qu'elle en constitue le caractère essentiel ; sa dissolution aqueuse est connue sous les noms d'acide sutfiujdrique liquide , d'eau hydro-suif urée.
Ce gaz est délétère pour tous les animaux, c'est ce qui résulte des expériences de Dupuytren et de Thénard. 11 peut faire périr les oiseaux quand il ne constitue que la quinze-centième partie de l'atmosphère , les chiens les plus forts sont asphyxiés dans un
air (pii n'en renferme qu'un huit centième , et les chevaux dans celui (pii en contient un deuxc(;nt cinquantiènn*. (^haussier a drmontré ({u'il causait la mort (|uand il était injecté dans le tissu cellulaire, les plèvres, l'estomac et les intestins. Nysten a confirmé ces observations, et a de plus fait cormaitre cette circonstance qu'il suffit de plonger le corps d'un oiseau rlaiis une cloche contenant ce gaz, tout en laissant à l'animal la faculté de respirer de l'air pur, pour que la mort survienne. Toutefois, ces ,ex|)ériences tendent à donner à ce gaz une propriété délétère peut-être un peu trop énergique ; puisque Parent-Duchâtelet a vu des ouvriers ne pas être incommodés par la respiration d'iine atmosphère qui en renfermait un centième: il a lui-même respiré de l'air qui en contenait trois centièmes. Halle a rapporté l'histoire d'une épiilémie survenue , pendant l'été de 1805, chez tous les ouvriers d'une galerie de charbon de terre près Valcncieimes, dans laquelle il se dégageait de l'acide sulfhydrique. ( A. Devergie , Méd. lé(j., 2e édition, t. m, p. 675.)
Dans les cas d'empoisonnement par l'inspiration de cet acide, M. Orfila conseille de recourir au mode de traitement suivant : 1» exposition du malade au grand air , aspersions avec de l'eau vinaigrée froide , frictions avec une forte brosse de crin. 2" Promener sous le nez un flacon contenant du chlore ou mieux encore du chlorure dechaux ; mais en ayant soin de ne le laisser (pie peu de temps, dans la crainte d'irriter les poumons : ce moyen, d'ailleurs, ne peut êlre de quelque utilité qu'autant qu'il est employé p3u après l'accident et lorsqu'il est encore possible d'espérer la décomposition de l'acide inspiré. 5° Si le malade a avalé une solution aqueuse d'acide suifhydriquc, se hâter de provoquer le vomissement par l'administration d'un verre d'huile, ou mieux, encore d'un décigramme d'émétique ou 12 décigrammes dipécacuanha. 4° Dans le cas où ces moyens seraient insufTisans et les battemens de cœur désordonnés ou tumultueux , pratiquer une saignée du bras, et laisser couler une quantité de sang proportionnelle à la force de l'individu. On n'hésiterait pas à saigner de nouveau quelque temps après, si l'on était persuadé de l'eiret favorable produit par la première saignée. 5° Chercher à calmer les désordres nerveux, les spasmes, les convulsions, par les bains froids et par l'ingesLion de quelques cuillerées d'une potion anti-spasmodiquc : après le bain , placer le malade dans un lit chaud, et continuer à pratiquer des frictions sur l'épine du dos. 6° Enfin , appliquer des sinapismes et des vésicatoircs aux pieds; si, malgré l'usage de ces divers moyens , l'individu restait privé de connaissance, de sentiment et de mouvement. {Op. cit.)
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« Les applications médicinales de l'acido hydro-suiruri(|ue li(]uide , disent !MM. !\IiTat et Dclt'ns , n'ont uuîmc été disîiimuécs jnsquiri do colles des hydro-siillalcs , et surtout des suifuros liiiuides ou hydro-.niHates sulliirés , et elles semblent en ellVt so confondre avec elles; cependant, C. Ucnanlt reconnaît qu'il peut être utile contre l'empoisonneincnt par l'acide arsénieux , si celui-ci a été donné dissous, et qu'on puisse radinini'Jlrer itnuiédiaternent , et \V . Forbes l'a employé dans (piebpies alVeilions de l'csloinac, etc. Celles de l'acide gazeux, au contraire, en sont fort dilïérentes , s'il est vrai que ce gaz soit esscniiellement débilitant, Conmie tel , il a été recommandé pour c.dmer l'irritabilité exa;;érée (jui suit parfois certaines alTeclions pulmonaires. Nieuiaim, <iui l'a employé une fois avec succès dans ce but, faisait respirer avec précaution à son malade le ^az cxbalé d'un mélaufïc «l'acide sulfuricpie avec 4 grammes de sulfure de potasse. On a conseillé aussi, dans les cas de plilliisie pulmonaire, de mettre dans le lit des liialades un flacon ouvert contenant un mélantze «le 15 {^'rannnes de suilurc de cliaux avec 8 granuues d'acide liylro-cbloritpie. Knlin, il a été administré, iidYuctueusement il est vrai, d'après le conseil de >'ysten, dans un cas de rapc conlirniée. A part ces essais bien peu nombreux, Cl (pic lextrème activité de ce corps nenîia^e {.Mière ;: nniUiplier, nous ne pensons pas (pi'd ait été doimé dé^'afie de toute coniliinaison, quoiipie k. Sprenf:el cite J. Uollo comme ayant employé le premier l'Iiydroj:ène sulfuré contre le diabète, et dise que l)lus lard il a été opposé avec le même succes à la dysenterie. Au reste, c'est à ce ^az (pu' , strictement , devrait être rapportée une j).irt de l'action des sources tlicrmalcs dites sulfureuses, celle qui résulte des vapeurs qu'elles exilaient, ainsi (pie les vertus de certaines éluves de môme nature. Ouant à l'cflicacité qu'on avait attribuée vaguement nux vapeurs sulfureuses contre le cbolora épidéinicpie , elle s'est trouvée démentie, à les consid(''rer connue uaz acide sulfureux , par des faiis observés à l'iiôpilal Saint Louis, et, si on les consitlere comme uaz acide hydro-sulfurique , |)ar cette remarcpie du docteur Trompeo qu'à Bade, en Souabe, la maladie a fait plus de ravafzes aux environs <ies eaux miuf'iales (pie dans les autres parlies de la ville.» [IjOco cit.)
V. SuLiURFs. Nous avons d(*jà traité de plusieurs de ces corps , tels , entre autres, que les sulfures de calcium, d'iode, de potassium, de sodium (F. Calcium, Iodi: , ]'()i\ssiUM. SoDUM) ; nous n'aurons donc à nous occuper ici que des deux suivans :
1" Sitlftirr (Ir rnrhnur (liqueur de l.anij^nilius , nicnol dr snufrr , snufrr rarlnirc, carbure île suufrc), C'csl uii produit de la
distillation du sulfure de fer avec le eliarbon. Il est liquide à la tem|)érature ordinaire, incolore, trans|)arent , d'une odeur pénétrante et fétide , d'une saveur ficre et bnilanle. Il est plus pesant que l'eau , mais plus volatil qu'aucun autre corps connu ; il bout à io deiirés ; il se vaporise rapidement au contact de l'air , sans éprouver d'altération et sans laisser de résidu. L'eau est sans action sur lui; il est solublc , au contraire, dans l'alcool , l'étber et les huiles lixes et volatiles ; l'eau le précipite tout à coup de ses dissolutions aIcooli(pics et élliérées. Il s'enflamme par l'approciie d'un corps en ifinition.
Le sulfure de carbone , découvert par M. Lanqiadiijs, est considéré par ce médecin comme un excitant ili'i pins éner|4i(iues , (jui jiarait auir sur la peau et sur le sysièuie utérin , mais dont l'action , au lieu d'être passafière , se manifeste lentement et se proloniie durant plusieurs jours. Vax cfTel , I\L INIansfcld a observé que ce n'est «pTau bout de trois ou ipiatre jours de l'emploi de cette substance à l'intérieur (pie la transpiration cutanée auiimenle et (pi'elle prend l'odeur du médicament. De jilus, il assure que l'on remarque encore des renvois sulfureux huit joursaprcs qu'on en a cessé l'emploi, ("e médicament très actif a été préconisé en Alleinaiine pir plusieurs praliciens, et entre autres par >LM. Lampadius, IMansTld, W ulzer et Pelleir-'am , contre la izoulle et les adections rhumatismales non accoriipaunées de lièvre. Il jouit aussi de propriétés emménauoiiues très prononcées, surtout lorsqu'on le combine avec l'iode , ou (pi'oii l'administre à répo(iue de la menstruation.
A l'extérieur, on cir.ploie le sulfure de carbone en frictions sur les parties afl'ec'.ées de rhumatismes non inflammatoires , sur les tumeurs arthritiiiues chronicpie.s et même sur les cn^^oru-emens tophacés s'ils ne sont pas trop anciens, et, suivant I\I. INL-insfelil , il ne mantpic pres(jue jamais son efl'ct. (JueNpies gouttes de ce lupiide si volatil jirojetées à d'assez lon;^s intervalles sur l'abdomen dune femme en travail, réveillent parlaitemcnt les contractions de la matrice, lors même que le seigle crgolé a échoué. Krilin, dans les défiillanees liysféricpies, employô comme il vient d'être dit, le moyen est des jilus ellicaces.
A I iniérieur, on administre cet a^ent à la dose de rî à T) gouttes, progressivement, deux fois par jour, dans un véhicule mucila'.'ineux, tel (pie la décoction de gruau, d avoine ou d'orjze. Au bout de (pidipies jours, on doit suspendre l'emploi du médicament pendant une huitaine environ , pour le reprendre ensuite s'il est nécessaire. A I extérieur, on en peut porter la dose jus- (|ua A et même S grammes (I ou 2 gros), en frictions, toujours dissous dans l'huile,
SPKCULU\Ï.
l'alcool ou IVthor, et associ<^ , s'il est nécessaire , au camphre ou à l'iode.
2° Sulfure de chlore. Ce corps, désigné aussi par la dénominalion de chlorure de soufre, s'obtient en faisant arriver du chlore desséché dans une petite éprouvette contenant des fragmens de soufre, il est d'un rouge orangé brun , d'une odeur analogue à celle des algues marines , mais plus piquante : très volatil , il répand des fumées blanches à l'air qui le décompose ; il se combine difficilement aux huiles et aux graisses sans décomposition.
Bielt l'a , dit-on , essayé avec succès comme topique énergique dans le traitement des dartres lichénoïdes squammeuses et de la teigne nummulaire. Il l'a prescrit sous forme de pommade , à la dose de 12 à 18 décigrammes (:24 à ô6 grains) pour 50 grammes (1 once) d'axonge.
SPARADRAP. On nomme ainsi de la toile, de la peau, du papier ou du taffetas endnit d'un ou de deuxcôlés d'une couche légèred'emplâtre approprié à l'usage auquel on le destine. Ces tissus sont aujourd'hui très fréquemment employés. Nous citerons iciseuiementles préparations de cette classe qui sont consignées au Codex , en rappelant que les conditions essentielles d'un sparadrap sont : qu'il soit recouvert d'une couche bien égale de la matière emplastique ; que celle-ci y adhère convenablement et qu'elle ait assez de consistance pour que ses diverses parties ne puissent pas s'attacher ensemble , tout en conservant assez de souplesse pour que le sparadrap puisse être plié en différens sens sans qu'elle se froisse ou se détache.
40 Sparadrap de cire {toile de mai). Il consiste en une bande de toile enduite, sur l'une et l'autre de ses laces , d'un mélange de cire blanche , d'huile d'amandes douces et de térébenthine. Il est employé surtout pour panser les cautères et les vésicatoires ; il calme l'irritation qui souvent se propage autour de Texutoire ; mais il a besoin de n'être employé qu'à l'état récent , car s'il est fait depuis long-temps, il peut agir d'une manière inverse, c'est-à-dire en irritant la surface avec laquelle on le met en contact.
En substituant aux bandes de toile des bandes de papier lissé , que l'on coupe ensuite par petits rectangles, on obtient la préparation connue sous le nom de papier à cautères, que l'on emploie dans les mômes cas et dans le même but que la précédente.
2" Sparadrap commM?î(diachylon) .II consiste en une bande de toile revêtue, sur l'une de ses faces, d'une couche mince d'emplâtre diachylon gommé auquel on ajoute, en hiver , une petite quantité d'huile d'olives et de térébenthine pour qu'il ne devienne pas cassant. Il est employé pour faire les pansemons dans presque toutes les opérations chirurgicales ; la couche d'emplâtre doit être d'une consistan-
ce et d'une épaisseur telles , qu'elle puisse adhérer lacilcnïent aux chairs sans (lililuer : la térébenthine le rend plus adhésif , mais elle a l'inconvénient d'être irritante. C'est de tous les sparadraps, celui auquel on recourt le plus aujourd'hui dans la pratique de la chirurgie.
5° Sparadrap de colle de poisson. {Taffc^ tas d'Angleterre.) On le prépare en étendant plusieurs couches successives d'une dissolution aqueuse alcoolisée de colle de poisson sur une bande de taffetas noir ou blanc, en ayant soin d'interposer entre les deux dernières une couche de teinture alcoolique concentrée de baume noir du Pérou. L'usage de cette préjiaraLion, comme agglutinatif, est populaire ; on s'en sert pour réunir de petites plaies par première intention.
A'> Taffetas vcsicant. On l'obtient en étendant sur une toile cirée une couche mince d'un mélange de cire jaune et d'huile do cantharides extraite par l'élher sulfurique. Ce taffetas ne doit être préparé qu'en petites quantités à la fois , et veut être conservé dans un vase fermé. Il puîlit de l'appliquer sur la peau après l'avoir légèrement humecté avec du vinaigre pour déterminer une Yésication.
On prépare également, avec les cantharides, la cire blanche, l'huile d'olives, le beurre de cacao, le blanc de baleine et la téré'oenthine, du taffetas et du papier épispastlqucs qui remplacent avantageusement les pommades de ce nom pour le pansement des vésicatoires et l'entretien de la suppuration dô ces exutoires.
On peut aussi, dans ces diverses préparations, substituer aux cantharides et à l'extrait huileux éthéré de ces insectes, l'extrait alcoolique de garou ; on obtient ainsi des taffetas et papiers vésicans et épispastiques qui ont, ?ur les précédons, l'avantaue bien grand de n'exercer aucune action irritante sur les organes servant à la sécrétion et à l'excrétion de l'urine.
SPECULUM. « Le spéculum uteri représente une sorte de canal métallicîue propre à dilater le vagin , et à faire connaître les altérations de Putérus par la réflexion de la lumière. » (Jobert de Lamballe^ Mém. sur le spèc. , p. i.) Cet instrument était connu des Arabes et des Romains : depuis eux plusieurs auteurs , entre autres A. Paré , en ont figuré un ayant deux valves ; plus tard , Garengeot en a décrit un autre composé de trois branches. Tombé depuis dans Poubli , jusqu'à ces dernières années, le spéculum a éié remis en usage par les efforts de M, Récamier.
Le spéculum plein auquel on peut r?p-
2i8 SPl-ruM.
j>nrtpr tonlos \e^ nntro:^ variétôs o^l forme il'iiii tnli«>l('i;('r('inont ('oni(|iic, long de 112 .i d8 renfim. On lui rceonnail une extrémité nU'rine et une extrémité vulcairc , la première est cou[)ee perpendieiilauement à son épaisseur ; la seconde est au contraire éva?ée et taillée de haut en bas en liée de liùte , un nianelie légèrement courhe est adapté à l'extrémilé vulvaire et sert à fixer rin>trument.
I.cs modilicalions que cet inslrmnent a éprouvées reposent, 1" sur la nature du mêlai , ou le labriiiue en argent , eu maillecliort , eu elain , en ti-^sii el;isii(|ue , en verre;2" sur le l'oluuic^ou Ini donne une jjiosseur et une longueur variées, afin de Ujieux Tadapler à la [)roporlion du vagin cliez les divers sujets; 5° sur la disposition du manche que Ton a adapte de manière à pouvoir le démonter à volonté; 4 " sur la forme du cylindre que Ton a <livisé en deux moitiés semblables appelées valves : on a porté le nombre (le ces lames à trois , à quatre , à six et même plus. Dans ces cas elles se trouvent (lispoï-eesde uianièreà pouvoir s'appliquer les unes contre les autres, en formant une sorte de cône vers l'extrémité utérine de Vinstrument. Une fois le spéculum intro- <luit on peut écarter ces valves à volonté (le manière à refouler les parois du vagin <lan'^ l'etefidiie convenable; 5" enfin, on a encore fabrique divers spéculums à développement , à bascule, à fenêtre , à grillage, awc ou sans mauilrin inférieur ou enibout. 11 serait supei (lu d'entrer ici dans de plus grands détails.
Sans décrire les nombreux spéculums qui existent anjourdbiii dans les arsenaux de cbiruigie, nous indiquerons ceux (jui servent , pour auisi dire , de type aux rliverses modifications (juc nous avons indiquées. Le spéculum jilein , dit die M. Hecamier, est celui que nous avon$ donné pour type.
Le spiculuni de U. JAsfranc ; c'est celui de M. lU'camier, que ."M. Lisfranc a rendu plus long et siu- leiiuel le maïu^be a cte renqilaee par une queu(; de 5 (-entinietres... On y ajoute rend)out de ^\. (ialenzo\vr.ky.
Le sprculum de M. Sanwn , coutelier, dispose eu spirale et se déroulant pour se dilater.
\TOCf:i.E.
Le spéculum à bascule de M. Jolert^ dont les deux valves, au lieu d'être articulées dans la portion vulvaire sont réunies par une charnière placée à l'union du tiers interne avec les deux tiers externes. Cet instrument a de l'analogie avec celui que M. llicord a proposé depuis et dont remploi est assez répandu ; ce dernier a été modifié par M. Charrièrc, qui lui a ajouté deux valves.
On peut encore mentionner les spéculum de Dupuytren , de madame Boivin, de !\LAr !Melier , Vidal , Dubois, etc.
.//?7?/<cfl/io/j. Pour introduire le spéculum « la fenune sera couchée en travers sur un lit, les tubérosités sciatiques au niveau du bord , les pieds poses sur deux chaises , les cuisses snfTisamment écartées, l'instrument doit être huilé et convenablement chauiïé. Le cliiriu'gien , place entre les cuisses de la malade , commence par pratiquer le loucher pour s'assurer de la position du col , d'up.e main il écarte les poils et les petites lèvres, de l'autre il saisir le sj)éculum , en embrassant avec l'indicaleuret le médius la concavité de la (jueue , le |)ouce place dans rin>lrument, et il le présente à la vulve la ipieue tournée vers le mont de Vénus pour ne faire avieun obstacle. L'introduction se fait avec lenteur : si la fourchette a une assez longue étendue d'avant en arrière, il faut se garder d'exercer sur le périnée des tractions transversales qui le tendraient davantage; il convient au contraire d'attirer le périnée en arrière. Ou dirige d'abord l'instrument sur une ligne qui irait du (entre de Torifice vaginal à la partie infeiieure du cociyx; et quand ou a pénétré à un pouce environ de profondeur , on lui fait faire iin mouvement de bascule (jui le ramené dans la direction de l'angle sacrovertébral.» (Malgaigne, fllan. deméd. op.^ 3'edit., p.7.'.i».J
A mesure (pie rinstrument avance , la mucpieusc du vagin ollre rapparence d'une cs[)ecc de rosace qui se déplisse; il ne faut pas la confondre avec le col de l'utérus , qui u'olbe pas de rides et (jui présente à l'clat normal une teinte plus pâle que celle de la muqueiHc vaginale. Ouand on aperçoit le coL ou l'enelave dans le bout du si)erulum. (/'oy. Vagin , Utéhus , etc.)
:>I'iiUMATOCÈLt:. (r. Testicule.)
SPEUMATORRHÉE.
SrERMATORnïTi:E. On donne ce nom à l'exrréliou involontaire du fluide spermalique, sans coït, sans attoucliement excitateur, sans manœuvres de masturbation. Ce mot plus généralement employé de nos jours, répond à ceux de pollutions, perles involontaires da semence, pertes séminales.
La spermatorrhée peut avoir lieu pendant le jour et durant la nuit; ou mieux, pendant la veille ou pendant le sommeil : de là une distinction (jui a été établie par tous les auteurs , en pollutions diurnes elpollutions nocturnes. Ce sont ces deux formes de pollutions que M. L. Deslandes a proposé d'appeler spermatorrhée conviilsive et spermatorrhée non conculsive pour les distinguer , car <« la division précédente n'est basée , dit-il , que sur des circonstances accessoires : que les pollutions arrivent le jour ou la nuit, qu'importe s'il n'y a pas entre elles d'autres différences ? Et d'ailleurs ne voit-on pas la spermatorrhée non convulsivela nuit comme le jour, et la spermatorrhée convulsive le jour comme la nuit? » {De l'onanisme et des autres excès vénériens , p. 500.)
Les caractères que cet auteur donne pour distinguer ces deux espèces de pollutions sont les suivans. Dans la spermatorrhée convulsive le sperme s'échappe, comme après l'acte du coït ou la masturbation , par jets, et à la suite d'une véritable convulsion; seulement ce phénomène est produit involontairement, sans avoir été précédé de pratiques ou d'attouchemens quels qu'ils soient. Dans la spermatorrhée non convulsive , au contraire , le sperme s'écoule à mesure qu'il est sécrété sans qu'il y ait éjaculation, sans même que la verge soit en érection et sans que le sujet ressente le mouvement convulsif qui s'opère dans l'autre cas.
Cette distinction est sans doute infiniment préférable à celle qui avait été jusqu'alors presque généralement adoptée , elle n'a que le défaut d'établir des divisions trop tranchées ; car entre ces deux états il y a des nuances nombreuses qui les rattachent l'un à l'autre , et qui démontrent qu'ils ne sont que des degrés différens de la même maladie. « Ainsi , dit M. Lallemand , les pertes de sperme qui ont lieu spontanément pendant le sommeil,
chez un individu ro])nstectcontinent, peuvent élie util es, en débarrassant l'éconoinie d'un excitant dont l'accumulation exagérée peut porter le trouble dans rexercice des fonctions. Elles peuvent encore être provo- (juées par une excitation exagérée des parties génitales, due à des accès de coït ou de masturbation. Un état d'irritation, persistant dans les organes spermatiques après la cessation de ces excès, peut entretenir une sécrétion exa^'érée de la matière séminale, et provoquer des éjaculalions précipitées sous l'influence d'érections incomplètes et pres- «|ue sans plaisir. Enfin, le relâchement des canaux éjaculateurs, accompagnant bientôt cette irritation pathologiqiie, finit par amener l'expulsion du speime sans qu'il se manifeste la moindre érection , la plus légère jouissance : ce qui a lieu surtout pendant la défécation, ou l'émission des urines. La transition entre les modes d'évacuation est quelquefois tellement insensible qu'il est impossible aux malades et même aux praticiens de bien la saisir. Toute évacuation exagérée de sperme est d'ailleurs susceptible de produire les mêmes effets sur l'économie , de quelque manière qu'elle ait lieu. Les dilîérens aspects sous lesquels peuvent se présenter les pertes séminales ne sauraient donc être séparés ni en théorie , ni surtout en en pratique. » {Des perles séminales involontaires ; i'" partie , p. 6.)
Causes. Jusqu'à nos jours un grand nombre des causes de la spermatorrhée avaient échappé et presque toutes avaient été rapportées à l'action de certains agens extérieurs , ou bien à celle de maladies diverses ; mais rarement on s'était occupé de l'état anatomique des organes génitourinaires et des modifications que les maladies impriment à leurs fonctions. Aussi M. Lallemand a-t-il tracé le premier d'une manière complète la véritable symptomatologie de celte affection. Ce chirurgien a examiné d'abord les effets produits par la blennorrhagie; il a fait voir comment l'inflammation s'étend de l'ouverture du gland aux testicules et aux veines , en laissant dans les tissus des traces de son passage. Il a passé ensuite en revue les altérations que subit la prostate dans ses follicules muqueux et dans le tissu cellulaire qui les unit. Il a vu les orifices des canaux éjacu-
250 SPEUMATOimnÉE.
lateurs érodés pnr de-; ulcérations on bien tirailles par des cicatrices , leur cavité rouj^e , injectée et même iilcéroo ; dans (juthines cas les vésicules séminales contenaient du pus liquide un concret; de même les canaux deferensje corps d'ilygniore, les testicuU s. Sur plusieurs sujets on suivait ces alleralions dans la direction des voies urinaires, dont toutes les parties étaieut altérées à des degrés dillerens. Ces lésions avaient pour consé(]ucr.ee une augmentation de sécrétion i\u sperme et de iurine , l'expulsion plus fréquente et plus précipitée de ces produits. « .lai eu de fre(|uenl('s ocea.sions de me convaincre, dit M. Lallemand , que les pollutions diurnes étaient encore plus fré(juentes à la suite des retrecissemens de Turètre que je Tavais pensé moi-même. Dans bien des nécropsies , j'ai rencontré à la suite de retrecissemens anciens, les vésicules séminales, les canaux deférens , les testicules et même leurs envelop.pes aussi malades que la vessie , les uretères et les reins. Enfin, il faut encore tenir conq)te de la dilatation passive des conduits ejaculateurs par les elforts violens et i)rolonges de l'urine sur les parties situées derrière un obstacle étroit. » {Luco citalo , t. 111, p. 2i)y.)
Le même observateur a encore signalé l'influence de l'irritation produite sur les organes genito- urinaires par la matière sébacée du prépuce, de celle qui suit la masturbation et des excès vénériens , les érections prolongées entretenues par des ra[»ports éroti.jues, des lectures, etc., l'équilation forcée, etc.; enfin les fàclieux elTets produits sur les mêmes organes par le café et les diureliiiues , les bois«ons alcooli(pjes , le llié pris avec exagération , ceux du seigle ergoté , des cantliarides , etc. , etc.
Telles sont les causes internes on externes rjui, agissant sur le canal excréteur du sperme et de l'urine , provoquent des pertes séminales involontaires; il en est d'autres qui prennent leur |)oint de départ dans le rectum et à la marge de l'anus. Au premier rang il faut placer les ascarides, \)u\s l'inlliience de la diarrbée, de la constipation, des ulcérations du rectum, des tumeurs, des brides , des cicatrices situées au voisinage de l'anus et fa-
vorisant une con^lipation babiluelle. Reste l'indication des causes prêdisposai^les , ou, disons mieux, des (ïispLK^iliotfs congcniales. INI. Lallemand a ol)servé dans un bon nombre de cas rintluence du phénomène naturel de la longueur excessive du prépuce par suite de l'exiguité du tissu érectile, rîiy[iospadias, la largeur démesurée du méat de l'urètre , la flaccidité des corps caverneux. Du côté des testicules, il a vu les pertes séminales co'incider avec leur petitesse, leur descente tardive, leur mollesse , la déformation de leur surface , l'allongement du cordon et du scrotum, le varicocèle, l'induration de la prostate. L'incontinence d'urine chez les enfans est du plus fâcheux augure. Il en < st de même , mais à un moindre degré, de la rétention d'urine et du gonflement de la prostate. Enfin on a pu remarquer linlluence de certaines dipositions héréditaires et celle de la continence absolue. Symplômcs généraux, n Lorsqu'on voit, dit Wichmann, un homme plongé dans une extrême maigreur, pâle, engourdi, stujtide, énervé, se plaignant d'une grande faiblesse, surtout dans les cuisses <'t les lombes, paresseux dans ses actions, cacochyme, ayant les yeux enfoncés , on jx-ut avec raison soupçonner cette cause de dépérissement. Les malades (pii sont dans cet état ne se plaignent absolument d'aucune doiileur : les forces digestives sont ruinées , ce[)endant Pappetit se .soutient; il augmente même et va quelquefois jusipi'ri la voracité; après le repas, ils semblent avoir plus de force ; mai:» ils paient cher ce faible avantage par les incommodités (jui résultent de la digestiori, surtout s'ils ont trop écouté leur perfide appi'til. L'estomac, ainsi que la plupart des ai; très vi-^cères , exécute mal ses opérations; plus on a mangé avec voracité, et jtlus aussi le ventre est gonflé par le rel.irliement des organes digestifs : ce gonflement est accompagné d un sentiment pénible d'anxiété qui poursuit encore ces malheureux à d'autres époques de la joiirnée et les porte à hiir la société; leur f(i!ur est plus ouvert à la tristesse (pi'à la joie, c'est-àdire que la nouvelle d'un événement mallieureux les affecte [dus désagréablement que celle d'un événement heureux ne leur cause de plaisir.
SPER^IAT
On remnniiio m eux, comme dans los / mn'«(url)al(Mjrs,iine certaine faiblesse d'intelligence et de la slupidilé ; le sommeil le pins natiH'el ne repose pas leurs forces, et le matin ils éprouvent des bàillemens et des pandiculations ; la mémoire et la vue sont parliculièrement alfaihlies. Tel est l'état des choses jusqu'à ce que la maladie , ayant jelc des racines profondes , dégénère en vraie phthisie.
On ne voit, au moins dans le principe, ni causes morales, ni afFeclions de l'àme, ni chagrins que l'on puisse accuser ; aucun viscère ne paraît altéré ; on ne peut soupçonner aucun principe délétère caché dans le corps et consumant les chairs- Le malade est sans douleur, si l'on en excepte celte douleur obtuse , compressive qu'il rapporte aux hypochondres , et qui tient au gonflement extrême des intestins affaiblis. Si vous ajoutez à ces caractères l'absence de la fièvre et des causes ordinaires d'épuisement, soyez bien persuadé que la pollution diurne existe, et qu'elle est la cause cachée de tous les symptômes. Telle est la description générale de celte maladie, d'après un nombre considérable d'observations particulières que j'ai eu l'occasion de recueillir. » (Wichmann , De poUutione diurnd frcquenti , etc. , traduit par Sainte-Marie.)
Symptômes locaux. Pollutions nocturnes. « Les pertes séminales , dit M.
Lallemand, qui surviennent pendant le sommeil , sont faciles à conslater; m.ais il n'est pas toujours aussi aisé d'apprécier le degré d'importance qu'on doit y attacher ; car elles ne sont pas toutes également fâcheuses.... Les plus abondantes sont parfois loin d'être nuisibles , quand elles sont dues à une véritable pléthore spermatique ; mais ce cas est le plus rare , et, d'ailleurs , elles produisent rapidement ce caractère par cela seul que l'habitude tend à les rendre de plus en plus fréquentes : mais , dans le plus grand nombre des cas, ces évacuations sont insignifiantes ou du moins très peu importantes. Due à des excès, à des abus, etc., la maladie acquiert rapidement une influence fatale; peu à peu les rêves erotiques, les érections et les autres phénom.ènes d'excitation qui les accompagnaient diminuent ou disparaissent, et l'émission du sperme
ORTUÏÉK. 051
s'opère sans érection, sans rêve, et même sans aucune seu'^alion i)rirliculière. La liqueur.'•éminale perd i)eu à peu sa consistance, sa couleur, son odeur et même ses zooi>permes pour ressembler de plus en plus au mucus et au fluide prostatique. Les pollutions étant devenues ainsi l)assives , la dimiiujlion d'excitation des organes génitaux et l'altération du sperme marchent avec ra[)idité, rendent les symptômes généraux plus graves et le traitement plus diflicile. » (Lallemand^ ouv. cit., 4' part., p. 525-340.)
Pollutions diurnes. Souvent elles succèdent à l'état que nous venons de décrire ; ce qui les distingue essentiellement c'est leur production dans l'état de veille, et c'est surtout pendant la défécation et l'émission des urines cpi'elles se produisent. Les premières peuvent être parfois purement- accidentelles , mais en général elles constituent une alfeclion grave. Au début, elles sont fort abondantes ; les efforts d'émission sont accompagné» d'un certain gonflement des tissus érectiles, de quelques sensations particulières : le sperme a encore toutes ses qualités ; mais, à mesure que la maladie fait des progrès , il devient plus aqueux, il est expulsé avec moins d'ellbrls. Les pertes que provoque l'émission des urines sont les plus graves elles plus réfraclaires , elles sont aussi les plus obscures. Dans ces cas le sperme ne sort qu'avec les dernières gouttes d'urine,lorsipie la vessie achève de se débarrasser par quelques contractions énergiques ; quelquefois même il sort seul, lorsque la vessie est complètement vidée. Dans les cas récens on voit rouler dans l'urine, au fond du vase, de petites granulations de volume variable , demi-transparentes, assez semblables à des grains de semoule ; les malades sont avertis du passage par un frôlement qui tient à la densité inaccoutumée de l'urine : il en est même un bon nombre qui éprouvent des phénomènes particuliers; ainsi, ils sentent les contractions spasmodiques des vésicules , leur verge se rapetisse et se retire vers le pubis : d'autres éprouvent une douleur au périnée ou à la marge de l'anus , un frisson^ un élancement général , etc. Plus tard , ces indices mêmes disparaissent ; et les granulations dont nous parlions sont remplacées
SPERMATORRHÉE.
par un nuage que Ton a comparé à celui qui se forme daus une (léeoclion (Voiec \n\ peu conceutree : uiais il faut y uoter la présence de points brillans. Dans tous ces cas, Texanien (]v> urines tendra à éclairer le diagnostic. Jjilin il est (pielques malades qui perdent non-seulement le sperme pendant la mixtion ou la défécation, mais encore éprouvent une pollution par suite de la \)\us légère excitation: conmie la jiression des cuisses , le frottement des vétemens contre le gland , pendant le travail du cabinet, à la suite d'iuie im{)ression morale (pieleonque. <f Dans tous ces cas, dit M. Lallemand, [oiiv. c, p. 58t2), le premier symptôme (jui a décelé le commencement de la maladie a toujours été une diminution notable dans Tenergie et la durée des érections , tandis que Péjaculation devenait j)lus facile; oti a vn par la suite lesejaculations devenir encore l)lus préci[)itees , involontaires, les tissus érectiles cessent de repoiulre aux sollicitations les plus directes, {-^ii un mot, une im[)uissance habilic-llc ou ac(/iilsc e^.t un des signes les i)lus certains des polliuions diuriH'S. »
Ouels sont le> moyens (]up, la cliiniie et la pbysique mettent à notre disposition pour éclairer le (liagnoslic? L'analyse des matières est Iro]) incerlaine dans sesresidtats pour la lenter ; reste la microscopie. ^ous ne jiouvons entrer ici dans l'exposition des moyens que l'on met en praticpje pour arriver à ce but , ce sont les résultats ipie nous devons faire coiuiailre «Dans le principe , lorscpu^ les évacuations sont rares, le sperme conserve ses caractères dislinclifs , les animalcules ne preseiîtent rien de remarquable sous le rapport du nombre et des dimensions. Mais si l,i maladie est grave, le sperme est plus liquide, les animalcules moins développés , moins vivaces. (^)uand les érections conuneiu'ent à dimiiuier , le sperme est encore pluaqueux; les dimensions des animalrules sont <1 un quart , d'uu tiers plus peiiies qu'à l'elat normal, la (pieue est di'lieile a distinguer avei- un grossissement de T)»)!» fois. Plus tard encore ils devieiujent rares, et enfin disparaissent complètement; à leur place on ne trous e plus (|ue de>< globules semblables, brillans, et de la grosseur de leur lèle. » (Lallemand, owr.
cité , p. 400 et suiv.) Les antres caractères jKirtcnt sur la vitalité {]v<. zoospermes, qui sont, à mesure que la maladie s'aggrave, peu vivaces, et même meurent aussitôt après leur émission ; enfin sur la rapidité de leur décom|)osition : dans (juelques cas reconnaissables encore au bout de cinquante jours , ils avaient, lorsqu'ils provenaient des individus les plus malades, disparu au bout de buit jours.
Pronostic. « Il est en rapport avec des circonstances très dillerentes. Les pollutions accidentelles , cbez les bommes vigoureux, sont salutaires plutôt que nuisibles, et suppléent à l'exercice régulier des organes auquel les sujets ne peuvent se livrer. Les pollutions survenues durant la veille |)ar suite de la création d'images voliq)tueuses ou de la présence d'objets altrayans, sans érection, et parle fait seul d'utie trop grande excitabilité génitale , sont moins graves que celles qui se reproduisent involontairement la nuit pendant b; sommeil; et celles-ci sont d'autant plus fun(î-tes, (ju'ellesont ete précédées d'excès plii"^ considérables , (pi'elles sont plus anciennes, et (pTiuie liabilude plus puissante les lend en (iiiehpie soite inévitables. Le jugement de la maladie devra être proportii)nne au degré d'émaciation du sujet, a l'état des principaux viscères, et enlin à l'existence des facultés intellectuelles et d'uiK^ énergie de la volonté plus ou moins développée, ipii le rendront |)lus ou moins suscej)tible de combattre avec eflicacitc les excitations génitales , et de se soumettre avec courage aux exigences d'un traitement qiu'l(]uefois pénible à observer. » ( liegin , Dict. de mcd. et chir. prat. ^ t. xni, p. .'.58.)
'J'raitcment. Les pollutions résultant bî plus souvent d'une pblegmasie des voies séminales, nous pouvons re^^■^rder le traitement de la spermatorrbee involontaire comme devant cire, à beaucoup d'égards, celui d'un calarrbe clironique : telle est lopinion de M. L. Deslandes. Nousallons pass<'r en revue les principaux moyens auxquels on a eu recours avec succès.
Divers topi(|ues refrigerans ont été employés par les anciens auteurs , C. Aurclianus , \\ ichmann ; les douches froides sur le periiicf! leur ont aussi réussi. M. Davila (Thcsc {\c 31onipcllier) a vanté,
SPIGELIC.
d'après M. Lallemand, les lavemcns irais. Les bains sulfureux ont clé employés par M. Lalleniaiid , (jui les i)rcsrrit frcqueinniciit. « Quaiil aux moyens méeani(pjcs , tels que l'applicalion autour de la verge d'un lien lUroit susceptible de comprimer douloureusement Toiganedès !es|)remiers débuts de rérection,et d'arrêter ainsi l'orgasme génital en procurant le réveil , on peut y recourir , mais sans y attacher une grande importance , sans surtout négliger aucun des moyens indi(piés plus liaut ; ils sont bien susceptibles de prévenir actuellement la pollunon, mais la guérison radicale de la maladie ne peut résister qu'à des modifications profondes imprimées aux actions organiques. Les électromèlres et autres mécanismes plus compliqués, imaginés pour faire obtenir le même résultat, n'ont rien de préférable au lien simple , et ne méritent pas les honneurs de la description. » (Bégin , ouv. cité ^ p. 441.) D'autres moyens thérapeutiques directs ont encore été cités par M. Davila : des malades ont été soulagés ou guéris par le séjour d'une sondeàdemeure, par l'application d'aiguilles à acupuncture dans le périnée j à la racine des bourses, au pourtour de l'anus ; mais à tous ces moyens , M. Lallemand a préféré et conseillé dans son ouvrage la cautérisation par le procédé (/^. Urètre [rétrécissement de l']) qu'il a décrit contre les rétrécissemens de l'urètre. L'exploration extérieure et intérieure du canal lui fait reconnaître une douleur le plus souvent dans la portion membraneuse ou le col de la vessie. Les symptômes que nous avons énumérés plus haut le mettent également sur la voie, et alors il applique la cautérisation, soit de la vessie, soit du col de cet organe, soit de la portion prostatique de l'urètre. Par la lecture de ses observations on s'assure que ce moyen a été pour ainsi dire héroïque dans la majorité des cas, et cependant presque toujours la maladie était arrivée à un degré désespérant; il est encore remarquable qu'un fort petit nombre de cautérisations a suffi.
« Une foule de médicamens internes ont été proposés , ceux que l'on a le plus vantés sont les martiaux et le quinquina. Selon M. Lallemand , ce médicament et tous ceux qui contiennent du tannin ne
procurent jamais que des amélioration» de courte durée; beaucoup d'auteurs se sont, du reste, élevés conti'c l'usage des astringcns dans la spcrmatorrhee , lui attribuant, entre autres inconvéniens , celui , toujours très grand dans cette maladie , de causer la constipation. Les narcotiques ont souvent été prescrits ; cependant , selon M. Davila, l'emploi des opiacés devrait faire redouter la consli[)alion. Je citerai encore les acides minéraux , la limonade t)hospliorique, l'eau de chaux , certaines préparations saturnines , la magnésie , le cachou , l'ipécacuanha , la bénoite , etc. Les avantages qu'on a retirés du baume lie copahu et du poivre cubèbe dans la blennorrhagie n'indiqiieraient-ils pas que ces substances pourraient être utiles dans quelques cas ? » (L. Deslandes, ouv. citéy p. 544.)
Les auteurs qui ont traité spécialement ce sujet, se sont épuisés à tracer des règles convenables au traitement prophylactique et réparateur. Il serait superflu d'entrer dans ces redites qui ne s'appliquent pas plus au traitement de la consomption dorsale qu'à celui de la plupart des maladies qui déterminent l'appauvrissement de l'économie ; calmer le sens vénérien, restaurer les individus épuisés, tel est le double but à remplir. L'influence de la raison et des exemples, l'intimidation quelquefois , les distractions de toute espèce , les voyages , tels sont les moyens qui remplissent la première indication ; ceux qui ont trait à la seconde sont trop faciles à saisir pour qu'il soit même besoin de les indiquer.
SPIGÉLIE. Genre de plantes de la famille des gentianées, pentandrie monogynie, L. ), dont deux espèces sont employées en médecine.
I. SpigÉlte anthelmintique (Spigelia anthelmia, L.). Plante annuelle, propre à l'Amérique méridionale. Toute la plante est; douée d'une odeur forte, sans être cependant aromatique. Elle a une saveur amère et un peu acre.
Elle a, dit-on, des propriétés toxiques très prononcées, les bestiaux qui en mangent périssent avec des douleurs horribles; elle cause des vomissemens, des éblouissemens, de la stupeur, de la dilatation des pupilles , dos soubresauts dans les tendons, de la gêne dans la respiration, etc. (Goxe, American^ dlspem., p. 128). Deux cuillerées de son suc exprimé, données ù un chien par M. Uicord,
SPm.V BTFIDA.
Madianna, l'ont fait périr en deiiî heures dix minutes, une cuillerée seule n'avait presque rien produit. On eroit aux Antilles que le suc de citron est le contre-poison de cette plante, mais M. Uieord s'est assuré que, loin de (iiniiiiuer les accidens, cet a'-'cnt ne lait (pic hâter la mort. L'eau de chaux a été essayée sans plus de succès. Les nc^rcs disent que la racine est le contre-poison du reste de la i)lante, mais c'est une erreur ; car elle en est la partie la plus active. Le sucre terré, c'est-à-dire , le sucre |)urilié a paru à M. Ricord être le remède le plus elliiacc contre les elTets de ce poison.
La dessiccation fait perdre à ce >é?étal ses propriélés délétères, car, dans cet état, son nsaiie n'est suivi d'aucun inconvénient pour l'homme. On l'emploie à la Jamaïque de préférence à tous les autres vermifuLies. Les médecins antziais en ont rendu l'usape très familier dans leur pays. Ses eiïets ne sont pas moins avantageux dans certaines maladies convulsivcs.
Pour son administration, on a recours ordinairement en Amérique à la préparation .»;uivanie. On met environ S ^raïu. de la plante sèche dans un 1 litre d'eau ; on l'ait bouillir jns(iu'à réduction de. moitié, puis on passe avec expression , et on ajoute à la colatnre un peu de jus de citron et sullisante quantité de sucre. La dose est de l'-2-> pram. pour les adultes : on en fait prendre ensuite ♦iO ^'rani. toutes les six heures , jusipi'à ce que le remède ait produit l'efTet attendu. Celte dose doit être beaucou]) moindre f)our les enfans ou les [)ersonncs faibles. (^)uel(juefois aussi on prescrit la plante en poudre à la dose de 1"2 à IS décipr. , en bols, en élecluaire ou délayée dans un peu d'eau sucrée. Knhii, on en prépare un siro[) (\w l'on donne h la dose de '2 ou r» cuillerées h bouche, avec beaucoup de succès , aux enfans, en ayant foin de leur faire prendre ensuite nu peu d'huile de ricin.
IL Si'iGi'xiK DU MARYLAND (Spigrliri mnrijlundica , L. ). Otte espèce , herhacée , vivare , croit dans l'Américpie septentrionale. Les feuilles ont une odeur faible, peu caractérisée, une saveur léticremeiil amere et nauséeuse; la racine contient un peu plus de principe amer, et doit être préférée.
]M. l'eneulle a trouvé, dans les racines, une huile prass**, une huile volatile , un peu de ré>ine , de ralbuiiiine, une matière amère nauséeuse , une matière muqueuse sucrée , de l'acifle pallitpie, du liuneux, du mainte «le potasse, du malate de chaux et d'autres sels. Dans les feuilles, il a trouvé, de plus, de la chloro[)hylle. {Jouru.dr plmrm., l.ix,p. 1f)7.) Cette plante a été cniplovér parGarden, LiniiitiL', Chalmers, Home , etc., dan> quelques affections nerveuses et roiitre les fièvres intermittentes. Le docteur r.arton la lr«»uvee trop active dans quelques maladies des en-
fans, non vermineuscs , surtout dans les fièvres rémittentes qui sont si souvent suivies de l'hydropisic du cerveau. C'est particulièrement comme vermifupe (]u"on la prescrit, notamment contre les lombrics, à la dose de 4 à 8 pranunes , suivant Coxe. Chapmann dit que son action est vive et ressemble à celle des narcotiiiues ; il est vrai qu'il la prescrit à la dose do "25 à TiO centiprammes en poudre, et à celle de 8 à 15 prarnmes en décoction. Linninp en prescrivait G décigram. aux enfans malin et soir.
Sl*L\A-IJIFII)A (épine foiirclme , liydroracliis), niala-iie délerininee par une ossification incomplète des laines de quelques vertèbres et par une tumeur remplie de fluide , ayant le plus ordinairement son siège sur les dernières verièbrcs lombaires , (juebiuefois sur les vertèbres cervicales et dorsales , et , dans quebpies circonstances , sin* l'os sacrum. Celte tumeur est le plus souvent unique , quelquefois cependant il en existe deux ou trois à des liauleurs dillerentes (jui commiuiiquent ensemble par le canal racliidien ; de sorte qu'en réduisant le liquide de Tune à l'aide de la comj)ression , ou bien en Tévacuant à l'aide de la ponction, on produit un elVel sur l'autre. Hidloo et \ alsalva ont chacun reiu^ontie une hydroracliis occupant toute la longueur de la colonne vertébrale : mais ces cas sont très rares.
^ I'^ Anatomie pathologique et SY.Mi'TÔMES. C'est une question de savoir si le si)ina bilida est toujours constitué par une hydropisie de la cavité rachidienne , ou bien s'il n'existe pas des cas dans les(pjels la tumeur serait formée par un kyste extérieur à la dure-mère. On conçoit que dans le premier cas le mal constitue lujc véritable hydrorachis communiquant avec la moelle , connue l'hydrorep'itale , tandis que dans le second la tumeur serait tout-à-fait isolée et n'aurait pas de ra|ipor(s immédiats avec les centres nerveux. C'est à cette dernière variel»! qu'on rattache les cas qui ont pu èlre guéris par la ponction. M. Velpeau soutient précisément cette; doctrine.
l'examine extérieurement « le spinabilida se présente sous la forme d'une tumeur ordinairement ronde cl à base large, fliiebiuefoispyriforme et supjiortèe [)ar un pédicule étroit , transparente d.ms (pielques cas, plus souvent opaque, sans ciian-
SPIINfA BIFJDA.
gcment de couleur à la peau , toujours circonscrite et Icgèrenicnt compressible.
Lorsqu'il existe plusi(Mjrs tumeurs , la pression exercée sur l'une d'elh^s augmente le volume et la tension des autres. Si l'une de ces tumeurs vient à s'ouvrir , l'autre diminue de volume , puis augmente de nouveau si l'ouverture vient à se fermer. Quand il y a tout à la fois hydrorachis et hydrocéphale , les fontanelles , qui sont plus larges que dans l'état naturel, se gonflent lorsqu'on [)resse la tumeur de l'épine. Cette tumeur existe presque toujours à la naissance ; quelquefois , cependant , on ne trouve à la place où elle doit se développer qu'une plaque dure ou flexible , quelquefois colorée , quelquefois luisante , qui s'élève bientôt en une bosse dont les progrès sont plus ou moins rapides.» (Doyer, iMalad. cinr., t. V, p. 218.)
Dans un cas observé par le docteur Vinchon fils , sur un fœtus , la poche était si volumineuse qu'elle a mis obstacle à raccouchement : on a dû appliquer le forceps ; mais lorsque la tête et les épaules étaient sorties, la partie inférieure du tronc s'est accrochée : des tractions méthodiques ont été exercées inutilement ; alors M. Vinchon introduisit la main dans le vagin et trouva sur la région lombaire de l'enfant une tumeur énorme de la grosseur de deux têtes d'enfans , molle et fluctuante. « Cette tumeur refoulée en haut par les lèvres de la vulve inextensible remontait jusqu'au détroit supérieur , et s'accrochait en quelque sorte sur le rebord de l'excavation iliaque gauche. Elle était un peu réductible à la pression de la main, quoique dans une proportion de beaucoup inférieure à celle qui eût été nécessaire pour la sortie du fœtus ; mais aussitôt que cette pression cessait, la tumeur reprenait son volume ordinaire...
L'accoucheur a introduit dans le vagin une branche de ciseaux droits conduits sur l'indicateur et a percé la tumeur sans difficulté. Écoulement d'un flot de liquide sanguinolent...; le fœtus est mort quinze heures après. A l'examen , on a trouvé à la région lombo-sacrée une énorme poche ridée et flasque , du volume de la tête d'un enfant, se vidant par la pression. A travers la peau on sent manifestement un
écartement des vertèbres de la grandeur d'un demi-pouce environ. L'autopsie cadavérique cependant n'a pu être faite. » {Gazelle des hûpilaux ^ d858.)
Selon IMorgagni , la maladie peut se déveloijper aussi dans les premières années de la vie ; alors que les vertèbres sont encore suscej)til)les d'être fendues par la force expulsive du liquide. « 11 peut , ditil , s'aecuuuiler de l'eau dans le canal vertébral , soit qu'elle vienne de la cavité du crâne , ou qu'elle soit sécrétée dans son intérieur , de sorte que tantôt il y a à la fois hydropisie des deux cavités , et tantôt d'une seule : ce qui s'opère sur le fœtus et sur les enfans comme sur les adultes , mais beaucoup plus souvent sur les premiers ; parce qu'il est connu que sur eux les os des vertèbres, comme ceux du crâne, peuvent facilement céder , et cèdent réellement : il se forme ainsi une fente , tantôt dans quelques vertèbres , tantôt dans toutes -, et leau pressant les enveloppes de la moelle épinière , il se développe à la partie postérieure de l'épine une tumeur plus ou moins grande qui est analogue à l'hydrocéphale. Or les os des vertèbres se fendent principalement à l'endroit qui doit être le siège des apophyses qu'on appelle épineuses, non seulement, comme on le croit , parce que les os y sont alors désunis , car ds le sont également sur les côtés , où ces apophyses s'unissent aux corps des vertèbres ; mais aussi , selon moi , parce que la résistance des muscles et des tendons est beaucoup plus faible à l'endroit des apophyses épineuses que sur les côtés. » {Épîlre xn , n» 9.) Il résulte de ces remarques que les enveloppes de la tumeur doivent être formées par les tégumens et les membranes propres de la moelle.
On comprend par là pourquoi la tumeur doit se former le plus souvent à la partie inférieure , la plus déclive , du canal rachidien. Dans un cas de Lancisi, cité par Morgagni , l'hydrorachis s'est déclarée àlarégiondu coccyx, sur un enfant âgé de quatre ans , par suite d'une contusion à la tête qui a donné lieu à une hydrocéphale; le liquide aurait passé de la tête dans la région coccygienne. *< Une tumeur de celte espèce , située au dos, au-dessus de l'os sacrum , ayant été ouverte sans succès,
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comme c'est l'ordinaire , il s'en écoula i trice. Par la pression sontenue , la tumeur
plus d'une livre d'eau 1res limpide , et diniinue de volume et laisse distinguer
Ton remaiMiua »[ue la lète de l'enfant s'affaissa aussitôt et diminua de volume.
Dans un autre ras, une tumeur analogue ayant ele ouverte et pi(|uee au dos , il s'en t;cha|»[)a de l'eau très limpide qui s'écoula par six fois les jours suivans , jusi^u'à 3 oiu't'S cliaciue fois ; et aussitôt que la matrice fut fermée , et qu'il ne sortit plus de sérosité, la tète de l'enlant commenea à s'élever , et bientôt il se forma une liydrocéphale d'une énorme grosseur. j'(Morgagni , lococit.)l\ ne s'ensuit pas cependant, ainsi que l'auteur le fait remarquer judicieusement, que le s[)ina-Ijilida doive être toujours com[)liqué d'hydrocéphale ; l'observation journalière confirme une pareille manière de voir.
Dans quelques cas très rares les vertèbres étaient non seulement fendues en arriére , à lendruit de la tumeur, mais encore en avant, où il existait une autre tumeur couverte i)ar le péritoine ; il ])arai- Irait même (jue dans «luehjues circonstances plus rares encore la moelle elle-même était divisée à l'endroit de la tumeur, tandis que dans d'autres elle se prolongeait dans la i)Oche liydropique comme une véritable hernie f.^lorgagni, ibid). Kn général, cependant , la moelle est a l'état normal audessous de la poche aqueuse. " Au-dessous de cette tumeur, dit Kuisch, je trouve la moelle epiniere en très bon état. »
[Obs. ôi.)
On aura une idée exacte des symptômes et de l'état anatomique du spina-veutosa en gen«'ral en méditant le fait suivant. «Un enfant âge de dix-sept mois présentait dè^ la naissance une tumeur du volume d'une prime, bleue, a la partu^ inférieure des lombes ; il était bien portant et très vif. La tumeur offrait une petite ulcération à la surface, d'où il s'eco\ilail de la matière sanieuse ; son volume avait elc progressif, au point d'ollVir "2 i)0uces et i\2 en largeur, 1 pouce et l|ti en profondeur: sa forme est celle d'un ovale aplati, s'étendant du niveau de la crête de l'os des iles à la marge de Tamis ; elle est diaphane et très fluctuante : la peau (\\u l.i recouvre parait à l'état naturel , .i rexccj)tion d'un point inférieur ou elle est li-se, luisante, louge cl analogue à une cica-
l'ouverture osseuse de repine,(pii est lisse, ovale et fendue inférieurement. Elle admet l'entrée du petit doigt et parait dépendre d'un défaut d'ossification du bord inférieur de la dernière vertèbre lombaire ou de la portion correspondante du sacrum.
La santé de Tenfant avait été toujours bonne , l'appétit excellent , les fonctions urinaires et rectales très normales : il jiaraît très intelligent; et sa tète, quoique volumineuse , ne présente rien d'extraordinaire : il peut s'asseoir, se coucher sur la tumeur sans le moindre inconvénient , et la pression très forte ne produit aucmi symptôme désagréable. L'enfant ne marclie pas encore , mais il jouit de toute l'integrile fonclionnelle des membres inférieurs. Ponctions répétées de la tumeur et compression , son vohmie diminue ; pjiis réaction inflammatoire , mort. A l'autopsie on trouva les tégumens de la tinneur airiissés , ridés et épaissis. La dissection démontre que la peau , le tissu cellulaire et le sac de la tumeur sont épaissis et confondus ensend)le ; sa cavité égale celle d'une noix et contient 4 à « grammes de liquide limpide : la face interne de la poche est de couleur nacrée; la séreuse est à l'état sain. L'ouverture osseuse du canal vertébral est obli(pje, de 1 pouce et i\'i de long . 1 pouce de large ; elle parait dépendre de l'absence d'une ou des deux dernières apophyses épineuses. » {Ohs. de y]. Skiimer , Gaz. mrd., i.sr>7, p. tii>6.)
Dans ce cas, les fonctions du rectum et des membres inférieurs étaient intactes ; souvent, cependant, ces organes sont paralysés par suite de l'altération qu'éprouve la moelle sous-jaeente par la présence du licpiide : il est des cas dans lesquels la |)aralysie se déclare momentanément toutes les fois que l'on veut réduire la tumeur. Les fonctions cérébrales ellesmêmes éprouvent du dérangement dans ces cas : mais toutes les tumeurs hydrorachitiques ne sont pas réductibles.
V La plupart des enfans attaqués de cette maladie devieiuient maigres, faibles, languissans; quelques-uns sont affectés en venant au monde , ou peu de jours après leiu' naissance, de paralysie des membres inférieurs , du rectum et
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(le la vessie. Chez les uns les pieds sont conloiirnés ; chez (rautres les cuisses et les jambes sont converles de phlyetènes et même de laclies gangreneuses soit au moment de la naissance , soit par suite des progrès de la maladie. L'auiaigrissement général et l'afTaibUssemenl des membres inférieurs font, chez la phipart des malades, des progrès continuels jusqu'à la fin de la vie. Quelquefois , jjourtant, le contraire a lieu , ainsi que Ruysch l'a observé sur une jeune fille , qui , née dans un état remarquable de maigreur et de faiblesse , prit un embonpoint considérable , et recouvra l'usage des membres inférieurs avant de succomber à Tliydrorachis dont elle était alFectée depuis sa naissance. » (Boyer, lococît.)
Les terminaisons de la maladie sont en général fâcheuses si le mal est abandonné à la nature ; la paralysie et des convulsions précèdent ordinairement la mort, qui arrive le plus souvent dans la première enfance; dans quelques cas rares, néanmoins , la vie se prolonge. Camper a observé un individu atteint de spinabifida qui a vécu vingt-huit ans , et M. Moulinié de Bordeaux a traité un individu qui avait dépassé cette période ; ce cas est peut-être unique dans la science : le voici. « Jacques Péru , âgé de trente-sept ans, portait dès l'enfance une tumeur hydro-rachique, au bas de la colonne vertébrale , près du sacrum. Elle avait peu à peu acquis un volume considérable. Mesurée verticalement , elle offre 2 pieds 3 pouces de circonférence ; transversalement, 2 pieds de circonférence.
La tumeur est pendante et mobile, resserrée et comme pédiculée à son insertion. La peau est distendue , rouge et menace souvent de se perforer; cependant Thypéréniie n'est qu'accidentelle et se dissipe pour reparaître. Le malade ne peut souffrir le moindre contact ; il porte instantanément la main au front , où il éprouve une forte douleur : il a des vertiges; si l'on fait des investigations par le toucher, il appréhende excessivement toute espèce de rapport. Cet état de choses, cependant, n'avait pas empêché le sujet de se bien porter d'ailleurs et de se livrer aux rudes travaux des champs ; il n'aurait pas demandé un asile à l'hôpital sans une