‹ Dictionnaire des dictionnaires de médecine français et étrangers, ou, Traité complet de médecine et de chirurgie pratiques (volume 2)Chapitre 73 sur 143 · SPINA · texte numérisé non relu

SPINA

laire constituée par une tumeur creuse à parois osseuses , minces comme du parchemin, renft'rniant de la matière sanieuse. Le mot spina-ventusa est d'origine arabe; les Arabes ajoutèrent le mot ven- /o.s« à celui de spi7ia^ qui elait usité avant eux pour exprimer la nature de la douleur (]ui acc()m|);)gne la maladie {Encyclopédie methudigue). Plusieurs auteurs modernes ont confondu la maladie en question avec la tumeur blanclie articulaire. Boyer cependant, qui a parfaiteinerit étudie le spina-vento.'^a ^ l'en distingue esscntiellcmcnl ; il le dulinit en ces termes : « On entend par spina-ventosa, dit-il, une allecliou des os cyiiudritjues , dans laipiclle b's parois du canal médullaire subissent une distension lente, successive, quelquefois énorme, en même temps qu'elles sont considérablenient amincies et même percées dans plusieurs points ou (pie leur tissu éprouve une raréfaction singulière, maladie dont le siège j)rimitif parait résider dans la cavité médullaire » (Malad. chir.^ t. ni, p. o7o}. Cette définition est très exacte au fond; cependant elle tendrait à faire croire que la maladie n'a pour siège exclusif (]ue les os cylindri(jues. Jl est reconnu aujourd'hui c|ue les os non-cyiindri(pies, comme ceux du crâne, des mâchoires, etc., sont «•gaiement sujets au spinosa-ventosa; Taffeclion a ru [)()ur siège le tissu diploiquc ou ])lutôt la membranule qui double les cellules de ce tis'^u , et qui est l'analogue de la membrane médullaire des os cylindiiques.

• « IMarc-A. Séveriu considérant une variété de cette maladie, â la(pielle les eufans sont particulièrement sujets, a voulu changer la dénomination de spina-venlosa en celle de pudarllirocace ; mnh quoiipie la douleur aiguë que le mot spina semble designer ne soit \)as con^tiuite , et que l'air ou la matière lymplialupie , dont la dénomination arabe supposerait la tumeur renqilie , soit une de ces allégations dépourvues de toute espèce de fondement , la dénomination i)roposee j)ar Séverin n'en est pas moins vicieuse en re (prelle suppose (pic la maladie, (nj'elle désigne n'a lieu qu'aux pieds des enfans, et qu'elle ne se rapporte (pi'â une espèce particulière. >> ( IJuyer, 1(JC0 cit.^ p. 577.)

ENTOSA.

§ P^ Anatomie PATnoior.TQUE et SYMPTÔMES. Nous empruntons à un mémoire récent de I\I. Rognetta une partie des faits que nous allons exi>oser. {Mcm. sur quelques malad. du sysième médullaire des os, Gazette des hôpit., juin et juillet 1841.)

Les os du crâne ont offert quelquefois des exemples de spina-ventosa ; le frontal surtout s'est hypertrophié, son tissu diploïciue s'est éi)anoui, ses cellules se sont converties en véritables concamérations remplies de matière caséeuse, analogue à du pus concrète, â du fromage mou, et formant une tumeur saillante au-devant du front, etc. I\I. Amussat a jirésenté il y a quel(|ues années à l'Académie un exem pie de ce cas ; le parenchyme osseux avait ete dépouille de relément calcaire; il était mou , facile â couper avec un couteau ; la membranule qui revêt les cellules du diploé était rouge, hypertrophiée.

I\I. Leblanc, médecin vétérinaire, nous a assuré que le spina-ventosa du frontal était très fré(pient chez le bœuf. Le docteur \ iallet en a observé un exemple sur riioinme qui s'étendait depuis Tos de la pommette et le maxillaire supérieur jus- (piâ la base du crâne, constituant une véritable boite osseuse remj)lie en partie de matière crétacée imbibée d'une matière ichoreuse et fétide, et en |)artie par \\\\ l)olype du sinus frontal. [liullelins de la Faculté de médecine^ 1. 1, p. 7î2.)

Une circonstance remarquable dans tous ces cas, c'est , ainsi (jue nous venons de le dire, la carnification du parenchyme osseux. J.-L. Petit l'avait observée, et il s'en étonnait. La chose cependant n'est pas dillicile à comprendre aujourd'hui. Lors- (jirune congestion s'établit dans la membrane diploïfpie, il en résulte din'er<Mis désordres suivant le degré de cette congestion et les cirronstances particulières de rorganisme. Tant(jt celte congestion est lente , aloniquc , et en quehpie sorte passive, analogue à de rd'dènie ; les memluanules se développent, shypertrophient, sécrètent une matière caséeuse, sanguinolente, analogue â de la matière tuberculeuse ; les parois osseuses de chaque cellule , comprimées, abreuvées, sont dépouillées plus ou moins de leur phosphate calcaire, ramollies, et cèdent a raclionexpansive de

la matière sécrétée. Il ostéocèle creuse, à cavité unique ou multiple, ou bien un ramollissement général.

Tantôt, au contraire, la congestion est active, franchement indammatoire , accompagnée ou non de lièvre (ostéite).

Cette condition peut se dissiper et laisser le diploé dans un état de raréfaction ou hien passer à la suppuration. « Lorsffu'un abcès se forme dans la partie alvéolaire d'un os, dit S. A. Cooper, un travail particulier a lieu. Le résultat de la pression de l'abcès est de provocpier la résorption de la partie diploïque de l'os, et de cette manière le foyer osseux continue à augmenter » ( The Lancet ^ t. m, iv, p. 704). On conçoit que lorsque les cloisons osseuses ont été ramollies par le travail morbide, elles sont facilement écrasées , rompues, détruites; c'est ainsi que le foyer du spina-ventosa s'organise.

Un auteur anglais a parfaitement rendu compte de ce premier début du spinaventosa dans le tissu diploïque des os , surtout chez les sujets scrofuleux. « D'al)ord^ dit-il , la vascularité de l'os paraît seulement augmentée; ensuite peu à peu le parenchyme osseux est altéré , la partie terreuse est résorbée, et l'os devient plus mou qu'à l'état normal. Consécutivement la sécrétion naturelle de l'intérieur des cellules s'altère également : ces cellules se remplissent de matière caséeuse jaune ou d'un fluide jaune transparent ; ou bien la liqueur qui les arrose habituellement est résorbée , et plusieurs de ces cellules restent entièrement vides. Quelquefois l'on ne trouve qu'une partie seulement de la tête d'un os qui a subi ce changement morbide. Je suis porté à croire que souvent cette altération ne commence que dans le centre de Tos, car c'est là que l'on trouve le plus ordinairement le dépôt de la nouvelle matière ; tandis que l'extérieur de l'os reste entier et conserve sa solidité naturelle , la partie centrale est privée de son élément calcaire et est ramollie au point de se laisser aisément couper par le couteau. Quelquefois pourtant , ainsi que je viens de le dire, l'altération ne se déclare que dans une moitié de l'os, et, dans ce cas, le dépôt morbide n'a lieu que dans cette partie seulement. Il arrive d'autres fois que tous les os

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